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Le bilan de trois mois de combats

[article]

Année 198954-4 pp. 679-681

Regaud. Le bilan de trois mois de combats. In:Politique étrangère, n°4 - 1989 - 54ᵉannée. pp. 679-681.

DOI :https://doi.org/10.3406/polit.1989.3893

www.persee.fr/doc/polit_0032-342x_1989_num_54_4_3893

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POLITIQUE ÉTRANGÈRE I 679

LE BILAN DE TROIS MOIS DE COMBATS

L'échec d'une stratégie anticités

Les Khmers rouges n'ont pas attendu le retrait total des troupes vietnamiennes pour lancer de grandes offensives, particulièrement dans la région de Battam- bang. La « ville minière » de Pailin constituait depuis longtemps un enjeu militaire, économique et symbolique très important, et les Khmers rouges attaquaient cette localité (vidée de ses habitants) depuis mai 1988. A la suite du retrait vietnamien, les Khmers rouges ont intensifié leur pression et ont fini par investir Pailin le 22 octobre 1989. Il existe cependant deux versions de l'événement. Dans un premier temps, la plupart des observateurs ont annoncé que la 196e division d'infanterie et le 95e régiment indépendant de l'armée de Phnom Penh avaient été anéantis par les Khmers rouges. Dans ces conditions, la défense de Battambang devenait problématique 1.

Plus récemment, les observateurs occidentaux en poste à Bangkok considéraient que les troupes de Phnom Penh avaient délibérément abandonné Pailin (et ce, en bon ordre), peut-être justement pour provoquer un vent de panique en Occident et accroître l'isolement international des Khmers rouges, en prévision d'une contre-offensive de saison sèche, où l'armée pourrait plus aisément employer ses véhicules blindés, son artillerie, ainsi que l'aviation. Phnom Penh aurait alors décidé de regrouper ses forces à l'arrière, sans pour autant abandonner l'idée de reprendre cette localité.

Peu de temps après, le 28 octobre, les Khrriers rouges s'emparaient de la localité de Samlot, située à 80 kilomètres au sud-est de Pailin et à une dizaine de kilomètres de la frontière. Samlot n'est pas tellement intéressant d'un point de vue stratégique, mais plutôt d'un point de vue symbolique. C'est de là qu'était partie en 1967 une jacquerie, durement

réprimée par l'armée et la police de Sihanouk et qui fut considérée par les Khmers rouges comme le point de départ de la révolution des campagnes 2.

Depuis, le régime de Phnom Penh a affirmé avoir repris le contrôle de Pailin le 13 novembre, cette ville ayant été évacuée par la majorité des troupes khmères rouges, notamment la 415e division 3. Malgré les démentis d'officiers de renseignements thaïlandais, on notera que les Khmers rouges ne semblent plus revendiquer que le contrôle de la région de Phnom Malai et de Samlot. Ils garderaient cependant le contrôle de la région minière entourant Pailin, où ils ont déjà concédé des licences d'exploitation à de nombreuses entreprises thaïlandaises qui emploient sur place environ 6 000 mineurs d'origine thaïlandaise et birmane 4.

Dans le même temps, la résistance nationaliste était pressée par ses « sponsors » de faire la preuve de ses capacités sur le terrain. Le 30 septembre, l'ANLPK et quelques unités de l'ANS et de l'ANKD lançaient des attaques en plusieurs points dans la région de Svei Chek, Ta Sar et Banteay Chmar, au nord-ouest du Cambodge, dont la capture était censée leur ouvrir la porte de Sisophon. Cependant, à la différence de la région de Phnom Malai et de Pailin, montagneuse et boisée, l'environnement de Svei Chek est plat et dénudé. Les guérilleros nationalistes, attaquant de façon très conventionnelle et en terrain défavorable, ont été des proies faciles pour l'artillerie (en particulier des « orgues de Staline » et des canons de 130 mm) et les troupes de Phnom Penh. Après trois offensives, entre octobre et fin novembre, l'ANLPK est quand même parvenue à s'emparer de Svei Chek au début du mois de

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