320 ANNALES DE NORMANDIE
TV. — NOTES ARCHEOLOGIQUES
CAMPS ET ENCEINTES. — Sir Mortimer Wheeler et ses collaborateurs viennent de publier (1) les résultats obtenus à la suite des recherches faites par l'auteur et ses collaborateurs au cours de deux campagnes de prospection dans la France du Nord-Ouest en 1938-1939 et en 1954-1956. Le but premier de ces investigations était de vérifier les liens existant dans le mode de construction et de défense des camps de ce côté-ci de la Manche et des ouvrages analogues du Sud de l'Angleterre.
Ces recherches, bien que s'étendant à une grande partie du N.-W. de la France, intéressent tout spécialement la Normandie, puisque sur cinq des camps où des fouilles furent pratiquées, trois sont situés en Normandie, à savoir : Le Petit-Celland près d'Avranches, le camp du Canada à Fécamp, le Câtelier à Duclair.
La personnalité de l'auteur, les techniques de fouilles employées, le luxe de l'édition, les cartes et les plans, les magnifiques illustrations font de cet ouvrage un outil de travail d'un intérêt exceptionnel pour les archéologues normands et bretons spécialistes de l'époque gauloise, et pour les historiens qui s'intéressent à « La campagne des Gaules » dans nos régions.
Ce livre se divise en deux grandes parties : d'abord l'exposé synthétique des résultats obtenus, puis les matériaux justificatifs, c'est-à-dire la description minutieuse des fouilles faites dans les cinq camps considérés comme camps-types. A ces deux parties s'ajoutent : un catalogue, avec dessins commentés, des poteries gauloises découvertes lors des fouilles et des poteries armoricaines déposées dans les musées (2), un répertoire descriptif des 93 camps (oppidums ou camps sur éperon-barré) étudiés sur les 200 visités (3), une bibliographie analytique et critique (p. 133 à 158) ; un remarquable appendice de M. Ayhvin Cotton sur les « mûri « allici ». leur répartition et leur technique de construction, enfin un index. Cet ouvrage est donc un instrument de travail complet.
Dans leur synthèse de présentation, l'auteur et ses collaborateurs indiquent qu'ils ont pu déterminer trois sortes de camps :
1° Les grands oppidums, camps de tribus entières à raison de un par cité. Tels celui de Saint-Désir de Lisieux. camp-refuge des Lexovii, d'une superficie de 200 ha (4). celui du Petit-Celland, camp-refuge des Unelli (?) ou celui de Huelgoat (Finistère). Ces camps seraient légèrement antérieurs à la conquête, au moment où la Gaule était déjà en état d'alerte, soit vers 56 av. J. C. Ils sont de très grandes dimensions (plusieurs dizaines d'hectares), en principe protégés par' un « munis gallicus », c'est-à-dire par un mur à parement interne ou externe de pierre, renforcé intérieurement par une puissante charpente de poteaux et de madriers croisés, fixés entre eux par des clous de fer.
2° Des camps, promontoires de falaises fortifiés du tvpe de ceux situés sur la côte atlantique du Finistère et du Morbihan (tel Castel Coz), camps- refuges de populations vivant de la mer. L'auteur en a noté une vingtaine
(1) Sir Mortimer Wheeled et Katherine M. Richardson, Hills-Forts of Northern France (Reports of the Research Committee of the Society of Antimiaries of London, n" XIX : Oxford 1957) ; 1 vol. relie in-4" (210 mm. X 270 mm.) ; XV1-230 p. ; 50 pi. h. t. ,{5 fisc. (50 sh.).
(2) On cherche vainement dans les musées de Rasse-Xormandie les poteries de cette époque.
(3) On lira non sans envie, les moyens mis à la disposition de nos éminei'ts collègues britanniques et comment cette sensationnelle prospection fut organisée (introductory no'e p. XIIl-XM).
(4) Le plus grand oppidum de l'Ouest et du Nord de la France, ce qui indique l'importance de la cité des Lexovii.



















