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À,prép.
I.−À dans le syntagme verbal(à sert à construire un complément du verbe)
A.−À introduit un complément unique
1.À introduit un compl. unique apr. un verbe à la forme active
a)À + subst. de l'animé ou de l'inanimé :
apparteniràcéderàconveniràcroireàdéplaireàdésobéiràéchapperàéchoiràimporteràincomberàmanqueràmentirànuireàobéiràpenseràplaireàrecouriràen remontreràrenonceràrésisteràressembleràrêveràserviràsourireàsuccéderàsurvivreàtenirà
1. L'amour était un mot trop faible pour exprimer le torrent de feu qui le brûlait, dès qu'ilpensaitàelle.Ce n'était pas de l'amour, et c'était mille fois plus que l'amour...R. Rolland,Jean-Christophe,Le Buisson ardent, 1911, p. 1379.
2. Il n'y a pas encore un an que ce rêve a pris fin et il me semble que j'ai déjà tout oublié de nos détresses. Je nepense qu'à nos élévations,à nos enchantements,à notre joie.G. Duhamel,Chronique des Pasquier,Les Maîtres, 1937, p. 8.
3. Jecrois en vous, comme je n'ai jamaiscruà personne au monde. Je vous crois. Jecrois en vous plus encore que je ne vous aime, par une sorte de nécessité, par un mouvement de l'être aussi fort, aussi spontané que l'instinct de conservation.G. Bernanos,Dialogues d'ombres,1928, p. 41.
Rem. 1. Oppos.à / -;à /de (cf. aussi hist. II A 1). − Certains de ces verbes admettent également la constr. dir. La différence de constr. va de pair avec une différenciation sém. :céderàqqn(ouqqc.), « ne plus résister » /céder qqc., « abandonner qqc. »(cf. manquer, penser, servir, tenir.) D'autres se construisent par ailleurs avecde + subst. (oude + inf.) :conveniràqqn /convenir deqqc.(de + inf.)(cf. manquer, profiter, sourire, servir, tenir). Échapperàs'oppose às'échapper de : la prép.de signifiel'éloignement d'un lieu concr.(s'échapper de prison). À marque au contraire que l'on s'estapproché de si près du lieu (abstr.) signifié par le compl. circ. que l'on a manqué d'y être pris(échapperàla prison; échapperà« éviter de justesse »). L'idée d'éloignement n'est plus marquée dans ce cas que par le préf.é-.2. Le verbecroire admet la constr. avecà et la constr. avecen. Cf. croire et ex. 3.3. Certains des verbes cités peuvent être complétés aussi parà + inf. :penserà,renoncerà,servirà,suffireà,tenirà...
b)À + subst. de l'inanimé ouà + inf.
Verbes se construisant avecà + subst. de l'inanimé :
accéderàacquiesceràadhéreràapplaudiràassisteràatteindreàattenteràcompatiràconclureàcontreveniràcorrespondreàdérogeràémargeràfailliràforfaireàinsulteràmordreàobtempéreràobvieràpareràpréexisteràprésideràprocéderàréfléchiràremédieràretoucheràsatisfaireàsouscrireàsubveniràsuccomberàsuppléeràtoucheràvaquerà
Pour(veiller)àce que, cf. que.
4. La voici qui procèdeà une redistribution des rôles : ...P. Claudel,L'Échange,2eversion, 1954, p. 727.
Verbes se construisant soit avec un subst. de l'inanimé, soit avec un inf. :
aspireràcollaboreràconcouriràconsentiràcontribueràcoopéreràéquivaloiràjoueràparticiperàregarderàtravailleràveilleràviserà
5. En attendant cette harmonie suprême, il est juste que ceux qui ne sont que propriétairesaspirentà devenir savants; ...Ch.Baudelaire,Salon de 1846,1846, p. 97.
6. Après un certain nombre d'années j'ai fini par comprendre que la nature des choses me faisait une loi d'aspirerà la mort.J. Bousquet,Traduit du silence,1936, p. 7.
Rem. Admettent par ailleurs une constr. dir. :aspirer qqc., consentir qqc., jouer qqc., travailler qqc., regarder qqn ou qqc., veiller qqn, viser qqn ou qqc.
Verbes se construisant avecà + inf. (ou exceptionnellement le subst. verbal corresp.) :
balanceràchercheràcommenceràcondescendreàconsisteràconspireràcontinueràexcelleràhésiteràinclineràlésineràmarchanderàpeineràpersévéreràpersisteràprêteràrenâcleràrépugneràréussiràtarderàtendreà
7. Ils étaient vêtus de noir etcherchaientà se faire tout petits. Ils s'arrêtèrent, saisis, sur le pas de la porte, et le monsieur se découvrit machinalement.J.-P. Sartre,La Nausée,1938, p. 119.
êtreà + inf.signifie l'obligation, la destination... :
8. N'ayant pas le courage d'écarter de telles suppliques, je finis par écrire deux billets, l'un au signataire de la missive qui me parvint et l'autre, au couvent; plus, quelquefois, si des pointssontà préciser, si des informations plus étendues sont nécessaires.J.-K. Huysmans,En route,t. 1, 1895, p. X.
êtreà + inf.« être en train de », périphrase exprimant l'aspect duratif :
9. Tous deux devaientêtreà causer sous le hangar, lorsque lui s'était avancé pour appeler le sous-chef.É. Zola,La Bête humaine,1890, p. 59.
Rem. 1. Sens des verbes constr. avecà. − Les verbes qui se construisent avecà + inf. expriment gén. l'imminence de la décision ou l'hésitation (balancerà,condescendreà,consentirà,hésiterà,lésinerà...), l'effort en vue d'aboutir à un résultat (concourirà,conspirerà,contribuerà,peinerà,tendreà...).Équivaloirà etconsisterà impliquent un jugement dont le compl. représente l'aboutissement. Qq. verbes signifient sans plus divers stades de la réalisation du procès exprimé par l'inf. (commencerà,continuerà,réussirà...).Cf. aussi les verbes de mouvement ou de position, empl. dans leur signif. la plus abstr., qui ont obligatoirement pour compl. un subst. ou un inf. introd. parà - et qui expriment une idée d'aboutissement (aboutirà,(en) arriverà,parvenirà,(en) venirà,(en) resterà...) (cf. D 1).2. Pourêtreà,cf. être.3. Concurrence avecde (cf. aussi hist. I A 1). − La concurrence entre la prép.à et la prép.de n'est réelle que pour les verbescommencer etcontinuer. Certains verbes actuell. constr. avecà ont pu l'être avecde*. Cette constr. n'est plus vivante ou répond à une volonté d'arch. :aimerà / debalancerà / deconsentirà / dehésiterà / depenserà / deréussirà / desongerà / deveillerà / de2 verbes gén. constr. avecde le sont parfois avecà (p. arch.) :tâcher de /à etessayer de /à. Qq. verbes peuvent être constr. soit directement avec l'inf. soit avecà + inf. :adorer - /àaimer - /àpenser - /àprétendre - /à4. Insertion d'un compl. d'attrib. − Qq. verbes du typemontrer ont pour obj. princ.à + inf. et admettent l'insertion d'un compl. d'attrib. :apprendre (à qqn)à + inf.enseigner (à qqn)à + inf.montrer (à qqn)à + inf.Cf. demanderà + inf. /demanderàqqn de + inf.
2.À introduit un compl. unique apr. un verbe à la forme pronom.
a)À + subst. de l'animé ou de l'inanimé
Constr. typiquement pronom. :
s'apparenterà(*apparenter qqnà...)s'appliqueràs'attacheràse confesseràse cramponneràse dévoueràse donneràs'égaleràse fieràse heurteràse joindreàse mesureràs'offriràs'en prendreàse raccrocheràse rendreà « se soumettre » :se rendreàses arguments
10. C'était un procès gagné d'avance par les conditions écrites que j'ai; mais la situation du gérant de lapresseétait telle aux yeux du public qu'en le faisant j'aurais paru mejoindreà ses ennemis.H. de Balzac,Correspondance,1838, p. 467.
11. Comme un aveugle qui a perdu son guide, je me suis heurté à tous les arbres de la route, et je m'en suisprisaux arbres au lieu de m'en prendreà ma cécité.M. Du Camp,Mémoires d'un suicidé,1853, p. 271.
12. Mon Dieu! Que c'est bête, des'attacherà un homme!Champfleury,Les Aventures de Mademoiselle Mariette,1853, p. 70.
Constr. pronom., issues de verbes à double constr. (cf. inf. B) :
s'arracheràqqn /qqc. <arracher qqn /qqc.àqqn /qqc.s'abandonneràs'annonceràse compareràse destineràs'intéresseràse présenterà
13. C'était une occasion de me faire voyager etm'arracherà cette oisiveté dangereuse de la maison paternelle et des villes de province...A. de Lamartine,Les Confidences,1859, p. 135.
14. Je recommence àm'intéresseraux étalages.V. Larbaud,A. O. Barnabooth,1913, p. 177.
Cf. aussi le typedire qqc.àqqn/se dire qqc. (à soi-même) :
15. « Sent-elle la force de ce qu'elle dit,se demandait-ilàlui-même ... »Stendhal,Lamiel,1842, p. 99.
16. « C'est bien dommage!se murmurait-ilàlui-même...bien dommage! »A. de Châteaubriant,Monsieur des Lourdines,1911, p. 2.
Rem.S'appliquerà,s'attacherà,se destinerà se construisent également avecà + inf.
b)À + subst. de l'inanimé
Constr. typiquement pronom. :
s'adonneràs'arrêteràs'attendreàs'éleveràse monteràse porterà
17. J'avais compté sur les plus nobles promesses, jem'attendaisà cette publication comme au lever du soleil.E. de Guérin,Lettres,1842, p. 454.
[S'attendre à se construit également avec l'inf. :s'attendreàtrouver qqn]
Constr. issues de verbes à double compl. :
s'abonneràqqc. <abonner qqnàqqc.s'affilieràs'assimileràs'étendreàs'intégreràse limiteràse mélangeràse mêleràse plierà
[Se borner à, se limiter à, se préparer à admettent également la constr. avec l'inf.]
18. Il fut un temps où je n'avais souci de rien autre chose que deme préparerà la noble carrière où ma naissance et mes lumières naturelles me paraissaient appeler; ...O.-V. Milosz,L'Amoureuse initiation,1910, p. 7.
c)À + inf. (éventuellement subst. d'action)
Verbes typiquement pronom.
[Verbes exprimant l'attrait]
se complaireàs'entendreàse laisser alleràse plaireàse prendreàse prêterà
19. La Cibot put d'autant mieux ôter le mouchoir où la clef du secrétaire était nouée, et qui se trouvait sous l'oreiller de Pons, que le malade avait exprès laissé passer son mouchoir dessous son traversin, et qu'ilse prêtaità la manœuvre de La Cibot ...H. de Balzac,Le Cousin Pons,1848, p. 260.
[Verbes exprimant l'effort]
s'acharneràs'apprêteràs'évertueràs'ingénieràs'obstineràs'opiniâtrerà
20. Quelques heures lui restaient encore, que nul ne prenait au sérieux. Les quatre dernières, de trop,s'obstinaientà sonner tout de même, dans la nuit de samedi à dimanche, ...J. Malègue,Augustin ou le Maître est là,t. 1, 1933, p. 12.
[Verbes marquant l'engagement dans l'action]
s'aventureràs'enhardiràs'essayeràse mettreàse résigneràse vouerà
21. Je m'approchai d'elles, et ellesse mirentà pousser des cris aigus, en essayant de se sauver, comme si j'allais les tuer aussi.G. de Maupassant,Contes et nouvelles,t. 2, Les Rois, 1887, p. 301.
Constr. pronom. issues de verbes à double compl., du typedécider qqnà + inf. →se déciderà
s'astreindreàs'autoriseràse contraindreàse décideràse destineràse détermineràs'entraîneràs'exerceràse forceràs'habitueràs'initieràs'obligeràs'occuperàse préparerà
22. Après une longue résistance qui l'a mené jusqu'au bout du monde, ils'estdécidéà y répondre. Menant en laisse sa volonté frémissante, il s'est présenté à l'autel, et c'est de Dieu même qu'il a reçu réponse.P. Claudel,Partage de midi,1reversion, préf., 1906, p. 983.
23. Depuis le retour d'Étretat, ons'occupaità tout changer dans l'appartement des Dandillot, et il ne s'agissait presque jamais que de contrarier les goûts du disparu.H. de Montherlant,Les Lépreuses,1939, p. 1371.
Concurrenceà /de1. Un certain nombre de verbes constr. avecde + inf. à la forme active se construisent avecà à la forme pronom.a) Verbes à compl. unique :attendre defaire qqc. « ne rien faire avant de » /s'attendreàqqc.« prévoir que cette chose arrivera »essayer defaire qqc. /s'essayeràfaire qqc.hasarder de /se hasarderàoublier de /s'oublieràrisquer de /se risqueràb) Verbes à double compl. :refuseràqqn de faire qqc. /se refuseràfaire qqc.offriràqqn de faire qqc. /s'offriràfaire qqc.Certains verbes à constr. simple avecde exigentà à la fois dans la forme pronom. et dans la double constr. :décider defaire qqc., décider qqnàfaire qqc., se décideràfaire qqc.
2. On notera d'autre part les oppos. :s'arrêter defaire qqc. /s'arrêteràqqc.s'amuser deqqc. /s'amuseràfaire qqc.se délecter deqqc. /se délecteràfaire qqc.se divertir deqqc. /se divertiràfaire qqc.se fatiguer deqqc. /se fatigueràfaire qqc.s'occuper deqqc. /s'occuperàfaire qqc.
3.De tient qqf. la place deà dans une lang. archaïsante :s'accorder dese contraindre dese décider dese forcer des'obliger des'offrir dese refuser dese résoudre de
4. Un certain nombre de verbes qui prennent auj. la prép.deont pu se constr. avecà :s'efforceràs'empresseràépargneràessayeràmanqueràêtre obligéàêtre presséà
24. Ces caractères [les tyrans d'Italie] donnent à l'histoire quelques anecdotes scandaleuses, mais luiépargnentà raconter la mort cruelle de vingt millions d'hommes.Stendhal,Hist. de la peinture en Italie,t. 1, 1817, p. 13.
25.Obligéà nourrir pour lui la chaleur agréable du foyer, il détourne de temps en temps la cendre qui s'amoncelle; il ranime d'un souffle léger une étincelle qui s'étend peu à peu sur un charbon prêt à s'éteindre, et finit par embraser toute sa noire surface.Ch.Nodier,Trilby ou le lutin d'Argail,1822, p. 132.
26. ... et, de bonne heure, elle fut accoutumée à ne jamaismanquerà se rendre à la grande messe, à vêpres, complies, etc.H. de Balzac,Annette et le criminel,t. 1, 1824, p. 48.
27. Sur une habitation américaine que gouverne un maître humain et généreux, de nombreux esclavess'empressentà recueillir la cerise du café; les enfants la précipitent dans des bassins d'une eau pure; ... [A noter ques'empresser à signifie ici « accourir en foule pour ».]F.-R. de Chateaubriand,Les Natchez,1826, p. 297.
28. Pour danser d'autres bals elle [la jeune fille] était encore prête Tant la mortfut presséeà prendre un corps si beau!V. Hugo,Les Orientales,1829, p. 177.
29. Elle partit dès le lendemain, et, sur le seuil, comme ilessayaità la retenir, elle répliqua : ...G. Flaubert,Madame Bovary,t. 2, 1857, p. 125.
30. En 1837, à Lausanne, j'ai côtoyé le calvinisme et le méthodisme, et j'ai dûm'efforcerà l'intéresser.Ch.-A.Sainte-Beuve,Pensées et maximes,1869, p. 48.
B.−À introduit le complément indirect dans une double construction
1.À + subst. de l'animé, compl. d'attrib. (le compl. dir. est gén. de l'inanimé)
a)Apr. des verbes signifiant « donner », « acheter », « promettre », « envoyer » ou leurs anton. :
abandonner qqc.àqqnaccorder, acheter, adjuger, adresser, allouer, asséner, assigner, attribuer, bailler causer (causer des ennuisàqqn)céder, communiquer, compter, concéder, conférer, confier, consacrer, consentir, décerner, destiner, devoir, dispenser, disputer, donner, envoyer, expédier, fournir, garantir, infliger, inoculer, jeter, laisser, léguer, ménager, offrir, pardonner, payer, prêter, porter, procurer, prodiguer, promettre, racheter, rapporter, remettre, rendre, renvoyer, reporter, représenter, retourner, rétrocéder, rogner, sacrifier, servirsusciter (susciter des ennuisàqqn)tendre, transmettre, Anton. :arracher, dérober, enlever, ôter, prendre, ravir, refuser, retirer, soustraire, voler
31. Je ne crois pas interrompre l'ordre de mon récit en consacrant encore quelques pagesà mes amis.G. Sand,Histoire de ma vie,t. 4, 1855, p. 266.
32. Nommé curé de la paroisse Sainte-Croix-Saint-Ouen à Rouen, le Père Du Breuil y jouissait de l'estime et de l'affection universelles, lorsque cette malheureuse imprudence commise par d'autres, et dont il fut l'innocente victime, vint l'enleverà son troupeau.Ch.-A.Sainte-Beuve,Port-Royal,t. 5, 1859, p. 175.
33. ... son amitié pour Lamartine, son aptitude naïve àprêter de la noblesseà des politiciens radicaux.M. Barrès,Mes cahiers,t. 13, juin 1920-janv. 1921, p. 6.
Cf. avec un compl. dit « de prix » :coûter (des effortsàqqn)valoir (des soucisàqqn)
Rem. Les verbes signifiant « ôter » se construisent par ailleurs avecde suivi d'un subst. de l'inanimé :arracher qqc. deqqc., ôter qqc. deqqc.
b)Apr. des verbes signifiant « dire », « enseigner », « commander » ou leurs anton. :
affirmer,annoncer, apprendre, avancer, cacher, celer, certifier, commander, communiquer, confesser, confier, conseiller, crier, défendre demander, dérober, dévoiler, dire, dissimuler, écrire, enseigner, imputer, inculquer, insinuer, inspirer, interdire, jurer lire, mander, montrer, nommer, notifier, objecter, ordonner, pêcher, prédire, prescrire, prononcer, prouver, raconter, rappeler, réciter, redire, remémorer, répéter, reprocher, révéler seriner, signifier, souffler, soutenir, suggérer, télégraphier, téléphoner, témoigner, vanter
34. Elle te dit tout ce que doit dire une mèreà une fille chérie.H. de Balzac,Correspondance,1821, p. 115.
35.Demande-leaux mères, qui n'osent plus laisser sortir seuls leurs fils lorsqu'ils ont un visage agréable;demande-le surtoutà Abbas-Pacha qui, pendant mon séjour au Kaire, fit faire à Boulaq une razzia d'enfants.M. du Camp,Le Nil, Égypte et Nubie,1854, p. 40.
c)Apr. des verbes signifiant « fabriquer » ou son contraire :
briser, casser, confectionner, construire, fabriquer, faire
d)Dans la constr. verbe +à +qqn +de + inf. − A côté de la constr. verbe +qqc.àqqn, de nombreux verbes cités ci-dessus peuvent avoir la constr. verbe +àqqn +de+ inf.; elle présente une nette anal. avec la précédente :de+ inf. joue le rôle du compl. dir. de l'inanimé; seule est changée la position du compl. d'attrib. de l'animé introd. parà :
accorder qqc.àqqn /accorderàqqn de + inf.ommander qqc.àqqn /commanderàqqn de + inf.conseiller qqc.àqqn /conseilleràqqn de + inf.crier qqc.àqqn /crieràqqn de + inf.défendre qqc.àqqn /défendreàqqn de + inf.demander qqc.àqqn /demanderàqqn de + inf.devoir qqc.àqqn /devoiràqqn de + inf.dire qqc.àqqn /direàqqn de + inf.écrire qqc.àqqn /écrireàqqn de + inf.garantir qqc.àqqn /garantiràqqn de + inf.inculquer qqc.àqqn /inculqueràqqn de + inf.interdire qqc.àqqn /interdireàqqn de + inf.jurer qqc.àqqn /jureràqqn de + inf.mander qqc.àqqn /manderàqqn de + inf.notifier qqc.àqqn /notifieràqqn de + inf.offrir qqc.àqqn /offriràqqn de + inf.ordonner qqc.àqqn /ordonneràqqn de + inf.pardonner qqc.àqqn /pardonneràqqn de + inf.prescrire qqc.àqqn /prescrireàqqn de + inf.promettre qqc.àqqn /promettreàqqn de + inf.redire qqc.àqqn /redireàqqn de + inf.refuser qqc.àqqn /refuseràqqn de + inf.reprocher qqc.àqqn /reprocheràqqn de + inf.seriner qqc.àqqn /serineràqqn de + inf.signifier qqc.àqqn /signifieràqqn de + inf.suggérer qqc.àqqn /suggéreràqqn de + inf.télégraphier qqc.àqqn /télégraphieràqqn de + inf.téléphoner qqc.àqqn /téléphoneràqqn de + inf.valoir qqc.àqqn /valoiràqqn de + inf.
36. Mais à cinq heures, voyant le péril de Wellington, Blucherordonnaà Bulow d'attaquer et dit ce mot remarquable : « Il faut donner de l'air à l'armée anglaise. »V. Hugo,Les Misérables,t. 1, 1862, p. 405.
37. Jereprocheà Hugo de manquer de sens critique, de discipline critique, de goût de vérité, de besoin de propreté dans les choses historiques, ...M. Barrès,Mes cahiers,t. 12, 15 janv.-30 juin 1919, p. 4.
38. ... elledemandaà la comtesse De Coantré, sa mère, d'accompagner l'enfant Alban.H. de Montherlant,Les Bestiaires,1926, p. 385.
Rem. 1. Concurrenceà /de. − Certains verbes présentent par ailleurs une constr. double avecde. La différence de constr. va de pair avec une différenciation sém. :dispenser qqc.àqqn « donner » /dispenser qqn deqqc. « exempter »fournir qqc.àqqn /fournir qqn deqqc.garantir qqc.àqqn /garantir qqn deqqc.payer qqc.àqqn /payer qqn deqqc.servir qqc.àqqn /servir deqqc.àqqnQq. verbes de la forme pronom. constr. avecde admettent un compl. d'attrib. introd. parà :s'ouvriràqqn deqqc.se plaindreàqqn deqqc.s'en prendreàqqn deqqc.se rapporteràqqn deqqc.se recommanderàqqn deqqn
Rem. 2. Genre du compl. dir. − Le compl. dir. est gén. de l'inanimé. Un certain nombre de verbes, cependant, appellent indifféremment un compl. dir. de l'inanimé ou de l'animé :abandonner qqn (ouqqc.)àqqnadresser qqn (ouqqc.)àqqnannoncer qqn (ouqqc.)àqqnconfier qqn (ouqqc.)àqqnenvoyer qqn (ouqqc.)àqqnprésenter qqn (ouqqc.)àqqnravir qqn (ouqqc.)àqqnvanter qqn (ouqqc.)àqqn
2.À + subst. de l'animé, compl. d'agent dans une tournure factitive
a)[Apr.faire. − À l'emporte surpar apr. les verbes subjectifs ou dans des phrases où l'agent ne joue pas véritablement de rôle actif :]
(Personne) n'avait fait ressentiràDon Cesare (...)des sentiments aussi vifs.ces visions faisaient (...)désireràtous la libération.Le déferlement de razzias ... faisait perdreauxTempliers leurs terres ...(des histoires) qui faisaient hocher la têteauxvieilles gens.Comment ferez-vous avaler celaàvos parents?(Elle) fait quitter le lycéeàses enfants.Tu fais boire ce jus de tomateàton fils?(un grand seigneur) qui fait visiter ses domainesàun croquant.(Il) fait faireàson adversaire un merveilleux saut.
Except., l'agent est de l'inanimé :
... (Le danger que ce parti) faisait couriràl'unité de la nation.... (pour) faire rendreàla terre de nouvelles richesses.
Les manifestants ... font suivreauxmachines le même chemin.(E. Spang-Hanssen,Les Prépositions incolores du français moderne,pp. 129-133).
b)[Apr.laisser, la tournure est arch.]
À + subst. de l'inanimé :
39. ... s'il ne fit pas arrêter Céluta, c'est qu'il selaissa fléchiraux larmes d'Adélaïde.F.-R. de Chateaubriand,Les Natchez,1826, XX, p. 142.
40. Il avait son ordre secret pourtant; je me suislaisséun peu trop décevoir peut-êtreà sa pure grâce de causeur et d'écrivain : quelques points sont à reprendre.Ch.-A.Sainte-Beuve,Port-Royal,t. 1, 1840, p. 257.
À + subst. de l'animé :
41. ... mais j'étais trop timide d'un côté, trop exalté de l'autre, pour melaisser séduireà des filles de joie.F.-R. de Chateaubriand,Mémoires d'Outre-Tombe,t. 1, 1848, p. 164.
c)La tournure est également possible apr. les verbes de perception :
entendre direàqqn que...voir faire la même choseàqqn
Cf. par etinf., hist. II A 3 a.
3.À + subst. de l'inanimé
a)[Apr. les verbes d'« attribution » :]
adjoindre qqc.àqqc.apporter qqc.àqqc.consacrer qqc.àqqc.donner qqc.àqqc.fixer un délaiàqqc.
42. Le délai que je fixeà leur divulgation m'en est un assez sûr garant.P. Benoit,L'Atlantide,1919, p. 9.
43. Je veuxadjoindreà nos efforts, mettre au service de la France les forces morales pour tenir en échec les forces économiques, les forces bestiales coalisées contre nous.M. Barrès,Mes cahiers,t. 13, juin 1920-janv. 1921, p. 3.
44. Quelque réponse qu'apporte la suite des événementsà cette question passionnante, l'honneur de l'école française restera sauf.H. Bremond,Hist. du sentiment religieux en France,t. 3, 1921, p. 513.
45. Ilsdonnentà leur toilette les derniers soins.M. Achard,Voulez-vous jouer avec moâ,1924, I, 1, p. 23.
Cf. aussiintéresser qqnàqqc. :
46. ... pourintéresser un Anglaisà une guerre, rien de tel que de lui suggérer qu'elle ressemble à un match de boxe.A. Maurois,Les Silences du colonel Bramble,1918, p. 10.
b)[Apr. les verbes signifiant « mettre », « poser », « unir », « comparer » :]
allier qqc.àqqc.annexer qqc.àqqc.assimiler qqc.àqqc.associer qqc.àqqc.comparer qqc.àqqc.confronter qqc.àqqc.coudre qqc.àqqc.fixer qqc.àqqc.incorporer qqc.àqqc.joindre qqc.àqqc.lier qqc.àqqc.mêler qqc.àqqc.proportionner qqc.àqqc.rapporter qqc.àqqc.réduire qqc.àqqc.relier qqc.àqqc.subordonner qqc.àqqc.substituer qqc.àqqc.
c)[Apr. les verbes :]
borner qqc.àqqc.limiter qqc.àqqc.objecter qqc.àqqc.répliquer qqc.àqqc.rétorquer qqc.àqqc.
47. Jusqu'ici, il avait su limiter sa curiositéà des tentatives prudentes, à des demi-avances qui n'engagent pas le partage de l'être.G. Roy,Bonheur d'occasion,1945, p. 255.
4.À + inf. (ou subst. d'action), compl. de destination
a)Le compl. dir. est un subst. de l'animé : il est « suj. » de l'inf. ou éventuellement du subst. d'action
[Apr. des verbes exprimant l'appel à l'action :]
amener qqnàfaire qqc.appeler qqnàautoriser qqnàconduire qqnàconvertir qqnàconvier qqnàdécider qqnàdestiner qqnàdéterminer qqnàencourager qqnàengager qqnàexciter qqnàexhorter qqnàgagner qqnàinduire qqnàinviter qqnàporter qqnàpousser qqnàvouer qqnà
48. Ceux quiconduisent les hommesà la conquête des choses n'ont que faire de la justice et de la charité.J. Benda,La Trahison des clercs,1927, p. 9.
49. Vous qui vivez auprès d'elle, vous savez combien je la vois rarement, combien sa présence m'enchante, et je suis touchée que vous m'invitiezà venir la voir.Colette,La Naissance du jour,1928, p. 5.
Cf. en emploi absolu :
50. − C'te question! fit-elle avec mépris, mais non d'une façon définitive, comme si elle eût tenté de lui imposer le silence. Au contraire, sa voixinvitaità une réplique.G. Roy,Bonheur d'occasion,1945, p. 10.
[Apr. des verbes exprimant la contrainte :]
assigner qqnàfaire qqc.astreindre qqnàcommettre qqnà (arch.)condamner qqnàcontraindre qqnàemployer qqnàforcer qqnàobliger qqnàoccuper qqnàréduire qqnàrésoudre qqnàutiliser qqnà
51. ... ils me reprochaient la faute de ma mère, et voulaient meforcerà rougir d'elle ...G. Sand,La Petite Fadette,1840, XVIII (Rob.).
[Apr. des verbes exprimant la préparation à l'action :]
aider qqnàfaire qqc.dresser qqnàendurcir qqnàentraîner qqnàexercer qqnàformer qqnàhabiliter qqnàhabituer qqnàinitier qqnàpréparer qqnàstyler qqnà
52. Je n'aiderai personneà contempler ce qui s'attache de splendeur, dans mon souvenir, aux cordons rouges d'une vigne d'automne que ruinait son propre poids, cramponnée, au cours de sa chute, à quelque bras de pin.Colette,La Maison de Claudine,1922, p. 8.
53. En effet, alors qu'on lepréparaità sa première communion, Mmede Coantré avait donné à son petit-fils l'édition pour la jeunesse deQuo Vadis et depuis ce temps Alban était Romain.H. de Montherlant,Les Bestiaires,1926, p. 385.
[Apr. le verbelaisser. − Laisser est gén. suivi de l'inf. sans prép.(laisser qqn travailler). Cependant, quand l'inf. est un verbe d'entendement, la constr. avecà est possible :]
je vous laisseàimaginer l'étrange nouvelleje vous laisseàentendre ce que ...je vous laisseàpenser la ...je vous laisseàdeviner qui ...
b)Le compl. dir. (gén. de l'inanimé) est simultanément obj. du verbe et de l'inf.
Typeavoir qqc.àfaire :
il n'a pas encore grand effortàfaireil avait une revancheàprendreAvez-vous d'autres informationsàme demanderquand il a une colèreàcuversi j'avais un conseilàvous donneravaient toutes leurs étudesàcomplétern'aurait jamais assez de joursàvivre pouril avait le tramwayàprendrecomme si elle avait eu une fauteàse faire pardonnerpeut-être aurons-nous du nouveauàraconterquand j'aurai de l'argentàdépenserqu'il a bien d'autres gensàhaïrje n'ai plus que mon chapeauàil n'avait que la couràtraverservous n'avez qu'un motàdireje n'ai plus que ma robeàenfileril n'avait qu'un signeàfaireil n'eut plus que sa femme de chambreàaimeril n'a que de mauvais coupsàrécoltercomme j'avaisàle craindrej'ai exactement toutàapprendrej'avais encore toutàconnaîtren'avoir rien de mieuxàfaire qu'àn'a pas autre choseàfaireont toujours quelque choseàdemandera quelque choseàfaire savoir...
(cf.Sandf. t. 3, 1943, § 203).
Rem. Le compl. de l'inf., qui s'interprète aussi bien comme le compl. deavoir, peut se placer soit apr.avoir, soit apr. l'inf. Une nuance de signif. sépare cependant ces 2 types de constr. :avoir de l'argentàdépenser signifie « posséder de l'argent que l'on peut dépenser »;avoiràdépenser de l'argent signifie « devoir dépenser de l'argent ». La forme négative accentue cette oppos. :n'avoir pas d'argentàdépenser/n'avoir pasàdépenser d'argent.
Typetrouver qqc.àfaire :
elle trouva d'emblée la phraseàdirepour trouver des nomsàdonner à ...
cf. mettre du lingeàsécher/mettreàsécher du linge : le compl. dir. est « suj. » de l'inf.
Typelaisser qqc.àfaire (laisseràqqn qqc.àfaire). Laisser admet la double constr. lorsqu'il signifie « laisser derrière soi, abandonner... » (sens concr.) :
elle ne laissait rienàdireil laissaitàlouer cette propriétéavant de te laisseràdévelopper en toi-même la leçon ...
Typedonner qqc.àfaire (avec insertion possible d'un compl. d'attrib.donneràqqn qqc.àfaire) :
pour la donneràtraduiredonner du filàretordredonne-les-moi doncàporterdonne çaàcomposerdonnez-moi des pommes de terreàéplucheret donne son enfantàsoignerje donnerais mon poingàcouperdonner un osàrongerje donneàgarder mon muletlui donnaisàfeuilleter mes brochuresavant de lui donneràlire deux lettreson lui donna justeàrecopier quelques rapportsil donnaitàentendre queil nous donneàpenser que
c)Le compl. dir. est de l'inanimé; il n'est ni « suj »., ni obj. de l'inf. :
ils mettent leur éléganceàne pas se montreril mit pareille patienceàparfaire ...il ne mettait donc aucune bonne volontéàfournir ...elle mettait tout son orgueilàfaire reconnaître ...il mit tous ses effortsàme maintenir ...ils mettaient bien du tempsàpousser ...il mit quelques instantsàcomprendreil mit plus de vingt ansàretrouver ...il mit une semaineàmourirconsacrer du tempsàfaire qqc.dépenser son existenceàfaire fortunedépenser une partie de son argentàdécorer ...employer cette demi-heureàvisiter ...utiliser ses connaissancesàfaire ...attacher le plus grand prixàdémontrer ...
(cf.Sandf. t. 3, § 231).
54. Christophe avait passé la moitié de la nuità achever un travail insipide de transcription musicale...R. Rolland,Jean-Christophe,Les Amies, 1910, p. 1089.
d)Loc.avoirà,trouverà,donnerà,laisserà (sans compl. dir)
Avoirà.− Marque l'obligation.(Empl. le plus souvent en tournure négative ou restrictive) :
j'aiàparler à qqnje puis avoiràparler à qqnje n'ai pasàentrer dans ces considérationsje n'ai plus qu'àrevenirils n'ont pasàcraindre une bévuevous n'aurez pas beaucoupàpatienterelle a beaucoupàgrandiron n'eut pas longtempsàattendreelle n'a pas longtempsàvivrequi avait encore deux ansàcourirelle n'a que cinq minutesàresterj'ai quatre joursàrester absentqui ait encore eu bien longtempsàfaire semblant dej'en ai pour trois nuitsàrêver dej'en ai pour toute la journéeàtravailler
(cf.Sandf. t. 3, § 195-202).
55. Je vous dédie ce livre, mon cher maître, comme j'ai dédié « Lorely » à Jules Janin. J'avaisà le remercier au même titre que vous.G. de Nerval,Les Filles du feu,1854, p. 491.
Trouverà(le compl. de l'inf. n'est pas compl. du verbetrouver) :
jamais elle ne trouveraàles marierelle avait trouvéàs'employerque vous trouviezàvous distraireelle trouva viteàse consolersi je trouvaisàvendresi vous trouvezàconclureon n'avait jamais trouvéàdire sur ...il trouvait toujoursàdire que
Donnerà :
angoisses (qui) donnent tropàsouffrirune livre (qui) donne fortàpensermieux que ces vers ne donnentàcroirelui donneàchoisir entreécrits qui donnentàrire ouàpleurernous donna beaucoupàréfléchirne lui donnait d'ailleursàréfléchirqui donneàaimerqui donnentàdînerelle donnaitàvivrem'a donnéàpenser
(cf.Sandf. t. 3, § 163).Pourdonneràmanger, donneràboire à qqn, donneràtéter, cf.Sandf. t. 3, § 203.
Laisserà :
la solution laisseàdésirerson attitude laisseàpenser
C.−À entre dans la construction d'une locution verbale
1.Loc. verbales contenant la prép.à
a)À + subst. non actualisé :
àbail (avoir, mettre, prendre, tenir)àbout (être, mettre, pousser)àcharge (avoir, être, prendre)àcœur (avoir, prendre)àcheval (être, monter, aller)àcran (être, mettre)àcrime (imputer)àégalité (être, arriver)àfaveur (avoir)àflot (être, mettre)àgage (avoir)àgenoux (être, mettre)àhonneur (avoir, tenir)àinjure (tenir)àjour (mettre)àmal (tenir, tourner)àmépris (avoir, tenir)àpart (être, mettre)àpartie (prendre)àpoil (être, mettre) (vulg.)àtâche (avoir, prendre)àterme (être, arriver, mener)
Pouralleràbicyclette /aller en bicyclette, cf. en.
56. ... nous n'abuserons pas de nos avantages, de peur qu'en pressant trop l'évidence, nous ne finissions par jeter les ennemis du Christianisme dans l'obstination, dernier refuge de l'esprit de sophisme pousséà bout.F.-R. de Chateaubriand,Le Génie du Christianisme,1803, p. 119.
b)À + subst. actualisé
[Apr. le verbeêtre :]
auxabois (être)àl'affût (être)auxanges (être)àl'article de la mort (être)àl'avenant (être)aubeau (être)auxcent coups (être)aucomble (être)aucomplet (être)auxcôtés de (être)àla dérive (être)audiapason (être)àl'écoute (être)auxécoutes (être)àla hauteur (être)aumieux (être)àla mode (être)auxordres de (être)aupain etàl'eau (être)aupoil (être) (fam.)àla renverse (être)àla six quatre deux (être) (fam.)àl'unisson (être)
[Apr. le verbeêtre commutant avecmettre :]
àl'abri (mettre /être)àl'aise (mettre /être)àl'épreuve (mettre /être)aufait (mettre /être)àla page (mettre /être)àla porte (mettre /être)ausupplice (mettre /être)àla charge de (mettre /être)aucourant (mettre /être)àson aise (mettre /être)àson compte (mettre /être)àsa place (mettre /être)àsa merci (être /réduire)
57. S'il n'avait été engourdi par le sommeil, il eût mis l'hommeàla porte; ...R. Rolland,Jean-Christophe,Les Amies, 1910, p. 1090.
[Apr.mettre, prendre, tirer, etc. :]
àl'actif de (mettre, porter)auclair (mettre, tirer)aucompte de (mettre, porter)àla courte paille (tirer)audéfi (mettre)audépourvu (prendre)àl'évidence (se rendre)àses fins (arriver)auflanc (tirer) (fam.)auxmains (en venir)àl'ordre (rappeler)àla raison (appeler, mettre)àla rigolade (prendre) (fam.)ausérieux (prendre)ausort (tirer)àsa tête (en faire)auxvoix (mettre)
2.À introduit le compl. d'une loc. verbale
a)À + subst.
Le subst. de la loc. verbale n'est pas actualisé :
avoir accèsàqqc.avoir affaireàqqnavoir foiàqqc. (vx)ajouter créanceàqqc.demander conseilàqqndemander pardonàqqndire adieuàqqndonner assautàqqc.donner audienceàqqndonner carrièreàqqc.donner congéàqqndonner coursàqqc.donner ordreàqqnfaire affrontàqqnfaire allusionàqqnfaire appelàqqnfaire attentionàqqc.faire concurrenceàqqnfaire confianceàqqnfaire créditàqqnfaire honneuràqqnfaire malàqqnfaire plaisiràqqnfausser compagnieàqqnporter bonheuràqqnprendre goûtàqqc.prendre plaisiràqqc.prêter assistanceàqqnrendre grâcesàqqn
58. Il revint avec des bonds de cœur, en s'accusant d'avoir douté d'un frère, en priant pour sa conversion à l'entière vérité, en ayant foi plus que jamaisà l'union définitive des hommes.Ch.-A.Sainte-Beuve,Volupté,t. 2, 1834, p. 171.
59. La preuve en est que nul ne dépensait plus largement, quand l'intérêt du pays était en jeu. Au reste,faisant confianceà ses agents et leur demandant rarement des comptes.R. Grousset,L'Épopée des croisades,1939, p. 193.
Le subst. de la loc. est actualisé :
brûler la cervelleàqqnclouer le becàqqncouper le cheminàqqndonner l'accoladeàqqndonner l'assautàqqc.donner le branleàqqc.donner le changeàqqndonner la chasseàqqn, qqc.donner son compteàqqndonner un coup de mainàqqndonner un coup d'œilàqqc., qqnfaire un accrocàqqc.faire son affaireàqqnfaire un affrontàqqnfaire ses amitiésàqqnfaire la barbeàqqnfaire la charitéàfaire ses complimentsàqqnfaire la conversationàqqnfaire la couràqqnfermer la boucheàqqnmettre le combleàqqc.mettre le feuàqqc.renvoyer la balleàqqnriver son clouàqqn (fam.)rogner les ailesàqqnsouhaiter la bienvenueàqqntordre le couàqqn
b)À + inf.
Le subst. de la loc. verbale n'est pas actualisé :
avoir avantageàrefuseravoir mauvaise grâceàinsisteravoir grand'peineàfaire asseoiravoir intérêtàconnaîtreavoir peineàcroire queavoir plaisiràpardonneravoir propensionàcritiqueravoir scrupuleàmarcheravoir tendanceàpenserdonner matièreàjaserprendre plaisiràobservertrouver joieàparcourirtrouver matièreàne pas désespérer
60. Vous m'avouerez cependant que j'aurais bien mauvaise grâceà vouloir lutter d'agréments contre Sainval, par exemple, qui n'a pourtant que deux ans moins que moi.T. Leclercq,La Scène double,1835, I, p. 346.
61. Jegoûte toujoursgrande joieà supprimer tout l'inutile. Mes corbeilles à papier s'emplissent de « repentirs » qui, maintenus, eussent paru du foisonnement; ... [plus cour. :goûter une grande joie à]A. Gide,Journal,1930, p. 963.
Le subst. de la loc. verbale est actualisé :
n'avoir pas de difficultésàse trouveravoir une dispositionàs'enrhumeravoir des difficultésàpasseravoir de la facilitéàapprendreavoir une grande facilitéàparlern'avoir plus de goûtàjoueravoir de la joieàmortifier ...avoir du malàcomprendreavoir beaucoup de malàrejoindre ...avoir de la peineàcroire ...avoir beaucoup de peineàfaire qqc.avoir du plaisiràfaire qqc.avoir une propensionàmentiravoir de la propensionàcritiqueravoir une tendanceàaccepter ...avoir une certaine tendanceàpenser que ...avoir une petite tendanceàprendre ...éprouver une joieàprendre possession de ...fournir un prétexteàne rien fairemontrer un réel plaisiràaccepterse réserver du plaisiràfaire qqc.trouver de la joieàsentir ...
D.− introduit un complément de lieu (de nature ponctuelle)]
1.[Le compl. de lieu est indispensable au sens du verbe]
a)[Apr. des verbes marquant un déplacement (réel ou fig.) du suj.]
[Verbes constr. avecà (ou une prép. équivalente), mais excluantde]
aborderàaboutiràaccéderàaccosteràalleràconfineràcouriràentreràpasseràpénétreràse cogneràse heurteràse réfugieràse rendreàtendreàs'arrêteràatteindreauport(vx)avanceraucombat(vx)marcheràla victoire
62. Partons maintenant, dit Corinne, et retournonsàla ville.G. de Staël,Corinne,t. 2, 1807, p. 84.
63. Deux mois plus tard, par une après-midi grise et douce de novembre, MmeCarolinemontaàla salle des épures, tout de suite après le déjeuner, pour se mettre au travail.É. Zola,L'Argent,1891, p. 219.
Rem. Parmi ces verbes, les uns expriment le mouvement sans plus, auquel la prép.à confère une direction (ex.passer). Les autres signifient par eux-mêmes le mouvement et le terme de ce mouvement, signification queà se borne à confirmer (ex.accéderà). Avec les verbes imperf.aller, courir..., à peut être renforcé parjusqu(e).Constr. avec la prép.de, approcher etse rapprocher constituent la seule exception à cette classe de verbes. Ils reflètent une représentation mentale qui consiste à poser l'idée d'un repère av. celle du mouvement qui y conduit, à l'encontre des verbes commeatteindreà qui envisagent d'abord le mouvement, et ensuite son terme.S'approcher de signifie un mouvement en direction d'un point, de manière à être près de ce point; la première idée est trad. par le préverbea, la seconde par la prép.de (cf. sup. I A 1, rem. 1, l'analyse deéchapperà).
[Verbes constr. tantôt avecà (ou une prép. équivalente), tantôt avecde. L'oppos. « approche »/« éloignement » est trad. par le jeu des prép. :
arriverà / departirà / derevenirà / des'en allerà / detomberà / de
b)[Apr. des verbes dits de « position ». − Ces verbes excluentde; la prép.à marque une réf. à l'espace, indépendamment de toute idée de direction]
demeureràêtreàhabiteràresteràs'arrêterà (au sens de « habiter »)vivreà
64. Très ennuyé, l'ancien beau résistait, lorsque Hourdequin, apprenant de Macqueron que plusieurs des conseillers municipauxétaientàla mairie, où ils l'attendaient depuis une demi-heure, dit en homme sans gêne :− C'est ça, allez donc voir l'église...É. Zola,La Terre,1887, p. 158.
c)[Apr. des verbes à double constr. marquant un déplacement ou l'accompagnement]
accrocher qqc.àqqc.accompagner qqnàla gareappliquer qqc.àqqc.attirer qqc.àsoiconduire qqnàla gareétendre qqc.àqqc.placer qqc.àla banqueramener qqnàla maisonramener qqc.àsoisuspendre qqc.àqqc.traîner qqnausupplice
65. Chacune de ces habitudes d'obéir exerce une pression sur notre volonté. Nous pouvons nous y soustraire, mais nous sommes alors tirés vers elle, ramenésàelle,comme le pendule écarté de la verticale.H. Bergson,Les Deux sources de la morale et de la religion,1932, p. 2.
Cf. en emploi absolu :
66. J'ai voulu que l'expérience conduise où elle menait, non la mener à quelque fin donnée d'avance. Et je dis aussitôt qu'elle nemèneàaucun havre (maisen un lieu d'égarement de non-sens).G. Bataille,L'Expérience intérieure,1943, p. 17.
2.[Compl. circ. propr. dit] :
67. Plus loin,àl'orient, au bas de la montagne que domine la Wartbourg, et entre cette montagne et l'ancienne chartreuse consacrée à la Sainte en 1394, on voit se déployer une vallée charmante arrosée par un paisible ruisseau qui coule au milieu de prairies pleines de roses et de lis; ...Ch.de Montalembert,Hist. de Sainte Elisabeth de Hongrie,1836, p. 111.
68. Quelques personnes,aubalcon etàl'orchestre, attendaient, perdues parmi les fauteuils de velours grenat, dans le petit jour du lustre à demi-feux.É. Zola,Nana,1880, p. 1095.
Rem. 1.− Concurrenceà /en ou une autre prép. locale (cf. hist. I A 3).La prép.en n'alterne avecà que devant certains subst. fém. et qq. subst. masc. à initiale vocalique qui ne sont pas incompatibles avec l'idée d'intériorité. L'art. livre en combinaison avecàune valeur de détermination, celle de généralité étant fournie paren qui exclut l'art.; on notera que la prép.en figure essentiellement dans des syntagmes plus ou moins figés :il travailleàl'usine (de chez Renault) /il travaille enusineàl'appartement / enappartementàla Bourse / enBourseàla campagne / encampagneàla cour / encours d'assisesàla face / enfaceàla faculté / enfacultéàla gare / engareàl'hôtel / enhôtelàla maison / enmaison deàla mer / enmeràla place de / enplaceàla prison / enprisonàla tête / entêteàl'usine / enusineàla ville / envilleOn notera également l'oppos.àl'air / enl'air, où le maintien de l'art. apr.en fait exception à la règle et oùen l'air s'oppose àsur le sol ouen mer, tandis queàl'air s'oppose àenfermé dans, à l'intérieur de.La présence deà dans les 2 ex. suiv. est tout à fait insolite; le sens « à l'intérieur de » entraîne normalement l'emploi des prép.enoudans :69. On se prêtait ces petits livrets; chacun transcrivaitàla marge de son exemplaire les mots, les paraboles qu'il trouvait ailleurs...E. Renan,Vie de Jésus, 1863, p. LVI.70. ... l'abbé se rappela qu'un jour il avait croisé les jambes,àla classe.É. Zola,La Faute de l'Abbé Mouret, 1875, p. 1302.L'alternance de la prép.à avec des prép. de sens concr. telles quedans, sur, vers, contre, est possible, surtout dans l'expr. des relations spatiales les plus concr.; maisà tend à se maintenir devant les subst. précédés de l'art. sing. de la généralité, en partic. lorsqu'ils sont pris dans un sens abstr., et dans des groupes qui se situent à la limite de la loc. verbale :êtreàla rue /être dansla rue;àla cuisine / dansma cuisine;àl'usine / danscette usine;aucœur / dansmon cœur.Par arch., la prép.à apparaît dans des énoncés où l'on attendrait auj. des prép. de sens concr.; peut-être est-elle ressentie comme vieillie dès lexixes. :À pourdans :71... les frères Almagrurins, de Lisbonne, pénétrèrent, dit-onauxterres les plus reculées de l'Occident.F.-R. de Chateaubriand,Voyage en Amérique, en France et en Italie, t. 6, préf., 1827, p. XLII.72. Vous autres hérétiques, vous n'avez point foiauxreliques?P. Mérimée,Chronique du temps de Charles IX, 1829, p. 106.73. Il [le cardinal de Retz] passait ses joursauxéglises...F.-R. de Chateaubriand,Vie de Rancé, 1844, p. 127.74. Ce bonhomme... ôta sa pipe de sa bouche... et le mettantàsa poche :− Si le curé risque sa peau, dit-il, je risque la mienne!O. Feuillet,Hist. de Sibylle, 1862, p. 97.À poursous :75. ... vous paraissez déterminée à passer une partie de l'hiverànotre beau soleil de Provence.P. Mérimée,Lettres à une autre inconnue, 1870, p. 53.À poursur :76. ... quand nous sommes assis en plein air autour du feu, les cheveux m'en dressentàla tête, des aventures qu'elle nous conte.P. Mérimée,Chronique du temps de Charles IX, 1829, p. 24.77. ... il [Charles X] s'en est allé avec une ère entière du monde; la poussière de mille générations est mêlée à la sienne; l'histoire le salue, les siècles s'agenouillentàsa tombe...F.-R. de Chateaubriand,Mémoires d'Outre-Tombe, t. 4, 1848, p. 572.78. La foule noire et serrée sur les perrons se dispersaitauxtrottoirs blancs...A. Daudet,Le Nabab, t. 2, 1877, p. 244.À pourvers :79. La façade de la basilique de Tyr, construite vers l'an 313, était dirigéeàl'orient.A. Lenoir,Architecture monastique, t. 1, 1852, p. 95.
Rem. 2.À /chez, auprès de, vers (cf. aussi hist. II A 3). − La prép.à ne construit pratiquement plus, dans le sens local, un subst. de l'animé. Cependant on trouve auxixes. :À pourchez (devant un subst. au plur.) :80. Rien de tout celaauxpeuples de la solitude : leur nom n'est point écrit sur les arbres;...F.-R. de Chateaubriand,Mémoires d'Outre-Tombe,t. 1, 1848, p. 308.81. Un beau jour, il mourut subitement; on courut chercher son fils unique qui étudiaitauxJésuites.P. Mérimée,Portraits historiques et littéraires, 1870, p. 156.À pourauprès de :82. Tenez, informez-vousàvotre prédécesseur de ce que vous avez à faire.P. Mérimée,Théâtre de Clara Gazul, 1825, p. 379.83. Les enfants (...) étaient demeurés tranquillement assis devant la table (...) MmeFaujas s'était arrêtée un instantàchacun d'eux, les dévisageant comme pour pénétrer d'un coup dans ces jeunes têtes.É. Zola,La Conquête de Plassans, 1894, p. 909.−À pourvers 84. L'inconnue ... courutàcet homme, qui parut la comprendre à demi-mot.P. Mérimée,Arsène Guillot, 1847, p. 87.À s'est maintenu dans la loc.envoyeraudiable et, en lang. fam., dansalleraucoiffeur (pourchez le coiffeur).Rem. 3.À introduit un topon. − Se construisent avecà : Les n. de pays (ou de régions du globe) masc. et à initiale consonantique (contrairement aux n. de pays fém. et aux n. de pays masc. à initiale vocalique qui se construisent avecen) :auHonduras,auMaroc,auLuxembourg,enFrance,auMonténégro,auProche-Orient,enEspagne,enIsraël,enOrient. Certains n. de régions (du masc. et à initiale consonantique) dont les locuteurs connaissent mal le statut pol. (par oppos. aux n. de provinces, de départements, etc. introd. paren ou pardans) :auBéninauBiafraauCoromandelauFayoumauGandharaauKasaïauKashmirauKatangaauTexasH. Glättli (cf. bbg.op. cit. p. 137) note une tendance toute récente à mettreau devant les n. de provinces masc. restés d'un usage cour. (auLanguedoc,auPérigord). Les n. de pays et d'îles au plur. :auxAntillesauxBaléaresauxÉtats-UnisauxIndes Qq. n. fém. de grandes îles précédés de l'art. déf. :àla Guadeloupeàla Martiniqueàla Nouvelle-Amsterdamàla Réunion Les n. d'îles empl. sans art. :àBornéoàCeylanàChioàCubaàHaïtiàJavaàMadagascaràMinorqueàNoirmoutieràNouméaàOuessantàTerre-NeuvePour l'île d'Elbe, de Ré, de Sein, on dità l'île de (oudans l'île de). Les n. de villes (empl. sans art., à moins que l'art. ne fasse partie du n. lui-même :La Rochelle, Le Mans) :àParisàFlorenceàLondresNoter l'usage (région.?)en Avignon pouràAvignon.On trouve encore auxixes.à + art. fém. ouà + art. élidé au lieu deen devant des n. de pays (ou de régions du globe) :85. Après l'insurrection de la Morée, en 1770, des familles grecques se réfugièrentàla Floride : ...F.-R. de Chateaubriand,Mémoires d'Outre-Tombe, t. 1, 1848, p. 335.86. La peste noire duxivesiècle, connue sous le nom de lamort noire, prit naissanceàla Chine : ...F.-R. de Chateaubriand,Mémoires d'Outre-Tombe, t. 4, 1848, p. 60.87. Je ne croyais pas que l'on peignît si bienàla Chine...P. Mérimée,Lettres aux Grasset, 1870, p. 60.88. Il l'enverra à l'hôpital et peut-êtreàl'Amérique. J'en suis fâché pour elle. C'était une jolie fille.A. France,La Rôtisserie de la Reine Pédauque, 1893, p. 222.89. J'étais le plus jeune et le plus turbulent; mon père disait, par plaisanterie, qu'il faudrait m'envoyeràl'Amériquefaire le flibustier...Id.,Les Dieux ont soif, 1912, p. 179.On notera aussi :90. M. Eugène Delacroix, dans son voyageàMaroc...P. Mérimée,Études sur les arts au Moyen Âge, 1870, p. 16.Rem. 4.À dans les loc. adv. de lieu. − A la différence des autres compl. circ., les groupes sans art. introd. parà sont peu nombreux :àbord,àcôté,àdistance,àdroite,àgauche,àmain gauche,àbon port,àproximité,àquai,àterre,àtable. Le poss. ou l'art. déf. peuvent s'introd. dans quelques-unes de ces loc. :àson bord,àson côté,àses côtés,aucôté de, etc. A noter les loc. adv. :boutàboutcorpsàcorpsfaceàfaceseulàseulterreàterretêteàtêtevisàvis La prép.à sert à introd. de nombreuses loc. prép. de sens spatial :Rem. 5. La prép.à sert à introd. de nombreuses loc. prép. de sens spatial :àl'abri deàl'adresse deàl'approche deàla barbe deàl'encontre deaubout deaubras deaucentre deaucœur deaucoin deaudedans deaudelà deàl'endroit deàl'entour deàl'entrée deàl'issue deauhaut deaumilieu deaupied deausein deausortir deauxyeux deàl'ombre deàla place deàla sortie deàla tête deaudevant deaudos deauxenvirons deaufond deaufort deaufront deCertaines connaissent l'alternanceà sans art. /à + art. :àflanc de + subst. /auflanc de + art. + subst.àras de + subst. /auras de + art. + subst.àtravers + subst. /autravers de + art. + subst.Cf. aussi sans art.àfleur de91. Le soleil se couchait et nous marchions depuis longtemps dans l'ombre, lorsque enfin ma jeune guide m'indiqua du doigt,àflanc de coteau, une chaumière qu'on eût pu croire inhabitée, sans un mince filet de fumée qui s'en échappait, bleuissant dans l'ombre, puis bondissant dans l'or du ciel.A. Gide,La Symphonie pastorale, 1919, p. 878.Cf.àmême :92. Si je vous disais qu'à des moments, la nuit, quand j'ai réussi à m'assoupir et que je m'éveille pour le voir toujours à la même place, dans son coin d'ombre, ses pauvres fessesàmême le carreau, je ne peux pas m'empêcher de le plaindre, je m'attendris, je le raisonne...G. Bernanos,Monsieur Ouine, 1943, p. 1503.Dans bon nombre de ces loc. prép.,à s'oppose à la prép. d'éloignementde :aufond de /du fond de,aumilieu de /du milieu de;àcôté de marque le contact, tandis quedu côté de localise de manière vague et signifie « aux alentours de ». Le fr. mod. ditdes deux côtés de, de chaque côté, de tous les côtés. On trouve encore auxixes.auxdeux côtés de :93. La route de Nice,auxdeux côtés de laquelle se trouve bâti le faubourg, était bordée, en 1851, d'ormes séculaires,...É. Zola,La Fortune des Rougon, 1871, p. 18.94. ... au-dessus des portes,auxdeux côtés de l'alcôve, des peintures laissaient encore voir les ventres et les derrières roses de petits amours ...Id.,La Faute de l'Abbé Mouret, 1875, p. 1316.
E.− introduit un complément circonstanciel de temps]
1.[Le compl. situe le procès dans le temps]
a) introduit un subst. rel. au temps]
àl'aubeàl'auroreàl'avanceaudébutàcette époqueàl'heureàl'heure diteàl'heure fixéeàl'ère quaternaireààcinq heuresaujour ditàl'instantàmidiàminuitàla minuteàce momentàPâquesàla Pentecôteàprésentàla Saint-Glinglinàla Saint-Valentinàtemps
95. J'en tiens la nouvelle de Jeannette la veilleuse qui au moment où Catherine entrait ... à l'hôpital, en sortait après y avoir été retenue pour un mal dont elle est guérieàst'heure ...A. France,La Rôtisserie de la Reine Pédauque,1893, p. 278.
Par arch.aumatin,aujour prochain :
96. ... premier baiser ignorant, cueilli comme un bouquet,aumatin du mariage.É. Zola,La Faute de l'Abbé Mouret,1875, p. 1341.
97. Mais quoi! m'abandonner! je renierais mon service, je délaisserais le culte que je me dois! Il faut que je veuille et que je me tienne en main pour pénétreraujour prochain dans un univers que je vais délimiter, approprier et illuminer ...M. Barrès,Un Homme libre,1889, p. 77.
b) introduit un subst. d'action ou un subst. signifiant un signal ou un repère; le compl. peut glisser insensiblement vers la valeur causale] :
àl'annonce deàson arrivéeàson avènementàce dernier chiffreaucommencementàla demande deàces motsàla nouvelleàces parolesàleur réveilaucoup de siffletàvotre dernier voyageàla vue deàpremière vue ...
98. Edmond demeura impénétrable; il ne sourit même pasàl'énumération des avantages qu'il eût partagés s'il eût pu quitter l'île; ...A. Dumas Père,Le Comte de Monte-Cristo,t. 1, 1846, p. 298.
99. Au-dessus de ma tête une haute coupole où, par une ouverture, glisse de biais un rayon de soleil qui m'aveugleàmon entrée.J. etJ. Tharaud,L'An prochain à Jérusalem,1924, p. 5.
c) introduit un inf. à valeur temp.-causale]
100. Insensé qui perd sa force ainsi et qui ne sait pas que les mortels s'enflent d'orgueilàdécouvrir chaque matin sur leur oreiller les cheveux de Jupiter!G. Flaubert,La Tentation de Saint Antoine,1849, p. 461.
2.Le syntagme prép. marque une idée itér. ou distributive, grâce à la présence d'un élément nom. suggérant l'idée de retour ou d'intervalle :
àchaque coupàses heuresàla quinzaineàmaintes reprisesàson touràtemps perdu
101. Le mobilier est louéàla quinzaine chez Fitily, le tapissier des cocottes.A. Daudet,Le Nabab,t. 1, 1877, p. 196.
102. Un temps indéterminé s'écoule. − Profond silence. − On entend un coq chanteràdeux reprisesàlongs intervalles.P. Claudel,La Jeune fille Violaine,2eversion, 1901, p. 571.
103. Pour ma part, je m'acquittais de ma tâche avec zèle et mon orgueil grandissaitàchaque fil que je tirais.A. France,Le Petit Pierre,1918, p. 82.
104. L'homme c'est bien malaisé à définir. Admettons que ça reste un enfant, pas vrai, Monsieur? Gentil et câlinàses heures, mais plein de vices − les dégoûtées n'ont qu'à rester filles.G. Bernanos,Monsieur Ouine,1943, p. 1503.
On notera l'absence de prédéterm. dans :àcoups répétésàheure(s) fixe(s)àintervalle(s) régulier(s)àlongs intervalles
Rem. La loc.àla fois se rapproche de l'idée d'itér. par la présence obligée de plusieurs suj., attributs ou obj.Àcette fois a été supplanté parcette fois, à + numéral +fois, par + numéral +fois :105. Il fallut lui arracher la cape, autrement il se faisait tueràcette fois.P. Mérimée,Mosaïque, 1833, p. 270.106. Il [Rougon] m'a répétéàtrois fois qu'il ne voulait plus s'occuper de cette vilaine histoire.É. Zola,Son Excellence Eugène Rougon, 1876.
À entre dans un certain nombre de loc. adv. signifiant la progression :boutàbout, feuilleàfeuille, pasàpas, petitàpetit, peuàpeu.
3.[Le compl. marque une durée dont on vise le terme :]
àbref délaiàéchéanceàbrève échéanceàcourte échéanceàhuitaineàtermeàcourt termeàlong termeàmoyen termeàl'aveniràla finàla longueàcette date (en phrases négatives)àcette époque (en phrases négatives)àce jour (en phrases négatives)
Cf. aussiàjamais etàla semaine prochaine, fam.àla prochaine.
107. Périodiquement revenaient des moments difficiles, où l'on était obligé de se serrer le ventre. On se dédommageait, en mangeant double ration, quand on avait de l'argent. Mais c'était,àla longue, un régime exténuant. Pour le moment, ils étaient dans la période des vaches maigres.R. Rolland,Jean-Christophe,Les Amies, 1910, p. 1089.
Cf.ànuit « aujourd'hui » (région.) :
108. C'est que ... fit-il timidement ... enfin, si vous pouviez vous acquitterànuit? ...O. Mirbeau,Le Journal d'une femme de chambre,1900, p. 80.
et, p. arch.,auprintemps« jusqu'au printemps » :
109. Il voulait attendreauprintemps ...P. Mérimée,L'Abbé Aubain,1847, p. 158.
[La prép. peut se combiner avec un adv. de temps :]àbientôt,àdemain,àtantôt.[Dans le parler pop.,à peut introd. un compl. circ. constr. avecdans :]àdans quinze jours.
Rem. 1. L'oppos.à / zéro devant un subst. rel. au temps est révélatrice de la valeur deà (cf. aussi hist. I A 3 b) :à10 h /le 10 aoûtàla nuit (tombante) /la nuitparlerà5 h /parler 5 hÀ marque qu'il s'agit d'une date, d'un repère dans le temps, alors que le compl. dir. de temps délimite un espace temp. à l'intérieur duquel le procès se situe (il viendra le 10 août = « il viendra au cours de la journée du 10 août »), à moins qu'il ne signifie l'étendue de durée du procès lui-même (il a dormi cinq heures = « durant cinq heures »).2. Oppos.à /en (oudans). −À présente une valeur inchoative,en (dans) marque qu'on se situe à l'intérieur de l'espace de temps déf. par le subst. ou que cet espace est vu dans toute son étendue de durée;àl'automne signifie « au début de l'automne »,enautomne « l'espace de temps que dure l'automne ».Cf.à 8h / en 8h (durée)àce moment / en cemomentauxpremiers temps de la conquête / ence temps-làÀ se substitue qqf. àen (dans des tours auj. arch.) :110. ... les jardins des environs étaientàcette saison pleins de fleurs...G. de Maupassant, Contes et nouvelles,En famille, t. 1, 1881, p. 350.111. O Violaine! Oubliezàce moment, comme je les oublie, hier, demain, et comme un être intact et neuf, recueillie tout entière sur l'heure présente, accueillez cette parole inconnue dont je sens en moi le travail et la poussée.P. Claudel,La Jeune fille Violaine, 2eversion, 1901, I, p. 573.ou àpendant, au cours de :112. Rancé eut le bonheur de rencontrerauxétudes un de ces hommes auprès desquels il suffit de s'asseoir, pour devenir illustre, Bossuet.F.-R. de Chateaubriand,Vie de Rancé, 1844, p. 9.Pour denouveau /ànouveau, cf. nouveau.
F.−[À introduit un complément circonstanciel de manière, de matière, d'indice, de cause, de moyen, etc.]
1.À + subst. non actualisé (le plus souvent compl. de manière)
a)Le syntagme verbal a un caractère plus ou moins figé. Mais le compl. n'est pas aussi indispensable au sens du verbe qu'il l'est dans la loc. verbale proprement dite et le verbe de base n'a pas une ext. aussi considérable (cf. sup. C) :
àballe (charger, tirer)àbien (conduire, mener)àblanc (charger, tirer)àbloc (gonfler, serrer)àbras (porter) (arch.)àcarreau (se garder, se tenir) (fam.)àclef (fermer)àcomposition (amener, venir)àconséquence (tirer)àcrédit (acheter, vendre)àdécouvert (agir)àdéfaut (condamner, payer)àdessein (se tromper)àdiscrétion (avoir « posséder »)àfacettes (tailler)àfond (aller, s'engager)àforfait (vendre)àégalité (se battre)àgenoux (prier, tomber)àglace (geler)àintérêt (acheter, vendre)àloisir (s'entretenir)àmerveille (aller)àpatience (exhorter)àmort (foncer) (fam.)àoutrance (se battre)àperte (travailler, vendre)àpic (arriver, couler, tomber)àpied (aller)àplaisir (répéter)àpoint (arriver, cuire)àprofusion (avoir « posséder »)àrebours (compter)àrésipiscence (arriver)àsatiété (avoir, manger)àsuffisance (avoir « posséder »)àtempérament (vendre)àterme (louer, mener)àtort (agir, considérer)àverse (pleuvoir)àvue (tirer)
113. ... il était grand amateur d'huîtres et se plaignait de n'en avoir jamais mangéàsatiété, ou, comme il le disait :tout son soûl.J.-A. Brillat-Savarin,Physiologie du goût,1825, p. 91.
114. Ce vieillard était vêtu de son bel habit de taffetas épinglé, orné de larges boutons d'acier, taillésàfacettes.A. Dumas Père,Le Comte de Monte-Cristo,t. 1, 1846, p. 46.
115. Il neigea ce jour-là. Dans les îles de la Manche, un hiver où il gèleàglace est mémorable, et la neige fait l'événement.V. Hugo,Les Travailleurs de la mer,1866, p. 55.
116. Il finit par glisseràgenoux, comme on couleàpic.G. Bernanos,Sous le soleil de Satan,1926, p. 234.
àarmes égales (lutter)àbâtons rompus (parler)àboulets rouges (tirer)àbout portant (tirer)àbras ouverts (recevoir)àbras raccourcis (tomber)àbride abattue (aller, arriver)àcœur ouvert (parler)àcorps perdu (se lancer)àcoup sûr (agir)àdeniers comptants (payer)àfonds perdu (miser)àgorge déployée (rire)àlivre ouvert (lire)àmain armée (attaquer)àmain levée (voter)àmains jointes (prier)àmots couverts (parler)àpas comptés (marcher)àpieds joints (sauter)àpoings fermés (dormir)àpoint nommé (arriver)àtombeau ouvert (foncer)àvoix haute (parler)
117. Il se décida enfin à me parleràcœur ouvert, comme autrefois : « Non. Je ne peux pas ... ».G. de Maupassant,Contes et nouvelles,t. 1, Un Sage, 1883, p. 918.
àbelles dents (arracher, mordre)àbon compte (s'en tirer)àbon droit (agir, penser)àbon escient (agir)àbon marché (acheter, vendre)àbonne fin (mener)àbonne intention (agir)àchaudes larmes (pleurer)àdouble tour (fermer)àgrand fracas (annoncer)àgrand'peine (obtenir, réussir)àgrande eau (laver)àgrandes enjambées (avancer)àgrands frais (obtenir)àgrands pas (marcher)àhaute et intelligible voix (parler)àjuste titre (refuser)àlongs traits (boire)àpetit feu (cuire)àpetit train (avancer)àpetites journées (avancer)àpleine bouche (aspirer)àpleine voix (crier)àpleines mains (cueillir)àpleins bords (couler)àpleins gaz (rouler)àpleins seaux (verser)àpremière vue (considérer, penser)àras bord (couler)àvil prix (vendre)
118. La représentation, annoncéeàgrand fracas par l'honorable Batulcar, devait commencer à trois heures, ...J. Verne,Le Tour du monde en quatre-vingts jours,1873, p. 132.
119. Il (...) se pencha hors du fauteuil de fer, aspira l'airàpleine bouche, physiquement suffoqué par son âme.H. de Montherlant,Le Songe,1922, p. 5.
àbout de bras (porter)àdos de mulet (porter)àperte de vue (s'étendre)àprix d'or (acheter, vendre)àtour de rôle (agir, se succéder)àvue d'œil (grandir, progresser)àbouche que veux-tu (embrasser)àbras le corps (prendre)àchaux et à sable (bâtir)àcœur joie (s'en donner)àcor et à cri (réclamer)
b)Certains compl. peuvent fonctionner comme loc. adv. de phrase, totalement indép. du verbe :
àcoup sûràpoint nomméàproposàjuste titreàtort ouàraisonàtort etàtravers
A la limite, certaines loc. adv. se rapportent à un adj. ou un part. :àpeine levéàpeine sensible
c)Les groupes du typeà + subst. +de tendent à former des loc. prép. :
àbout deàcharge deàcondition deàcoup(s) deàfin deàseule fin deàdéfaut deàforce deàproportion deàpropos deàraison deàtour de
120. Il n'aurait certes pas eu la force d'en dire davantage. Mais la justesse de sa comparaison lui faisait jouir la cervelle. Il but un coup,àseule fin de se féliciter.J. Romains,Les Copains,1913, p. 4.
Rem. Ces compl. circ. s'organisent parfois en champs sém. :−àsouhait,àvolonté,àdiscrétion,àfoison, à profusion,àsatiété,àsuffisance−àcœur,àdessein−àcrédit,àintérêt,àperte,àtempérament.Dans certaines tournures adv. au schéma syntaxique figé, la qualification adj. reste plus ou moins libre :àgrands pasàmenus pasàpetits pasàpas précautionneuxàpas pressésàpas traînantsàmenus gestesàgestes sacrésCette organisation sém. assure une certaine productivité à ces types syntaxiques.
2.À + subst. actualisé
a)À introduit un compl. de manière (le syntagme verbal a un caractère plus ou moins figé) :
àl'aveuglette (avancer)àla baguette (mener)auchange (gagner, perdre)àla criée (vendre)àses dépens (apprendre)auxdépens (condamner)àla dérobée (regarder)auxéclats (rire)àl'esbroufe (agir) (fam.)àsa faim (manger)àla folie (aimer)aujugé (tirer)auxlarmes (rire)aupair (loger)àla pièce (travailler)auxpièces (travailler)auralenti (marcher, travailler)àla régalade (boire)àla renverse (tomber)àla rescousse (appeler, arriver)àla sauvette (vendre)àla tire (voler)auxtrousses (courir)auvif (piquer)auvol (saisir)àla volée (jeter, semer)àla cloche de bois (déménager) (fam.)au doigt et à l'œil (mener, obéir) (fam.)àla force du poignet (réunir)àla fortune du pot (recevoir)àl'œil nu (observer)àdeux mains (applaudir)àl'œil nu (observer)auxpetits oignons (cuisiner)aupied levé (remplacer)àdeux râteliers (manger)àla sueur de son front (gagner qqc.)àtoute brideàtous crinsàtoutes jambesàtoutes les saucesàtoute vapeuràtout ventàtoute volée
Rem. Certains des compl. qui entrent dans la formation de loc. verbales (cf. sup. C 1) peuvent compléter par ailleurs des verbes de sens plein et fonctionner dans ce cas comme compl. circ. de manière, soit p. ex. :àl'affût (chasser) (être à l'affût)àl'aise (marcher) (être à l'aise)àl'unisson (chanter) (être à l'unisson)
b)À introduit un compl. de moyen, de manière, de matière..., libre à l'intérieur d'un certain champ sém. :
aboyer :àla lune,auvoleur ...aller (se déplacer) :augalop,aupas,autrotappeler :àl'aide,ausecourscrier :àl'assassin,àl'aide,auxarmes,aumartyre,àla rescousse,auscandale,auvoleurjouer :auxbilles,àla marellemarcher (fonctionner) :àl'essence,aufuel,àla vapeurmonter :àl'assaut,àl'attaquepasser (peindre, enduire) :àl'alcool,aubleupasser :aucrible,àla critique,aupeigne finpavoiser (orner):auxcouleurs de,auxinitiales depeindre :àl'eau,àla gouache,àl'huile,aupinceau,aupistolet,aurouleause battre :aucouteau,àl'épée,aurevolverjouer :auplus fin,àl'innocent,aumartyrpasser (tourner, virer):àl'aigre,aujauneprendre (considérer):àla légère,ausérieux,autragique
121. Pour les âmes plus méfiantes de notre époque la légende dorée apparaît au moins encore, telle que l'un de ces purs vélins où de candides enlumineurspeignirent des figures de saintes,àl'eau de gomme ouaublanc d'œuf,sur des fonds d'or.J.-K. Huysmans,En route,t. 1, 1895, p. 9.
Un type particulièrement fréq. est fourni par la combinaison d'un verbe de comportement et d'un adj. substantivé − en partic. d'un adj. ethnique − empl. au fém. (avec une valeur souvent péj.) :
àl'allemande (saluer)àl'anglaise (filer)àl'espagnole (aimer)àla française (vivre)àla garçonne (s'habiller)àla hussarde (aimer)àla prussienne (combattre)àla russe (boire)
122. Nous n'étions pas élevésàla française, et, du reste, nous Français, nous n'étions qu'une bien faible minorité dans le collège; ...V. Larbaud,Fermina Márquez,1911, p. 10.
c)À introduit un compl. d'indice ou de cause
Le verbe de base est un verbe de perception ou d'entendement. Le compl. désigne un indice :reconnaître qqnaupas.
je vois çaàdes tas de petits trucsdécouvrir le coupableàun indiceil s'apercevaitàd'imperceptibles affleurements que ...il peut se dépisteràun symptôme commun à ...tu le sensàun léger fourmillement de tout ton dosmaisaumouvement de ses bras, je pouvais croire que ...on devinait,auxrides profondes qui se creusaient dans son visage, que ...àl'accent méprisant qu'elles avaient, ... la fille entendait qu'elles mentaientet je surpris d'ailleurs,auton employé par lui, qu'il ...àcette colère, Jean vit que ...il comprit,àla description, que ...il se demanda,àla seule lecture de la lettre, si ...
123. La maison entière le sentait, l'oignon frit, cette bonne odeur qui rancit vite et qui pénètre les briques des corons d'un empoisonnement tel, qu'on les flaire de loin dans la campagne,àce violent fumet de cuisine pauvre.É. Zola,Germinal,1885, p. 1234.
124. Cette après-midi de dimanche, le juge était assis, avec sa femme et la tante Sabine, dans le pavillon du jardin, quand ils le virent venir, montant péniblement la route; MmeSuzanne l'eut vite reconnuàson parasol vert; tout le monde fut étonné.Ch.-F.Ramuz,Aimé Pache, peintre vaudois,1911, p. 9.
À + compl. de cause(cf. sup. E 1 b).− Cette valeur deà n'est guère possible que dans une lang. litt. :
125. On raconta aussi, mais ce fut plusieurs années après, qu'une pauvre femme possédée, ayant fait un pèlerinage à Notre-Dame-De-Lorette, fut miraculeusement délivrée de sept démons, et que l'un d'eux assura que le duc avait été assassinéàson instigation.P. de Barante,Hist. des ducs de Bourgogne,t. 4, 1824, p. 263.
126. Il faut que l'herbe tombeautranchant des faucilles ...V. Hugo,Les Orientales,1829, p. 171.
127. Vous [femmes riches] avec la beauté, vous avez l'ornement;La fête vous enivreàson bourdonnement ...V. Hugo,Les Chants du crépuscule,1835, p. 56.
128. Le calme, voilà le rêve de cette pauvre femme [MmeChèbe] agitéeàtoutes les tergiversations d'un compagnon incommode.A. Daudet,Fromont jeune et Risler aîné,1874, p. 153.
129.La Vie Française avait gagné une importance considérableàses attaches connues avec le Pouvoir.G. de Maupassant,Bel ami,1885, p. 290.
130. ... car le dernier lien qui unissait les deux sœurs, toujours près de se rompre, renoué toujours, s'était tellement aminciàl'usure des querelles quotidiennes, qu'il cassa net, pour ne plus jamais se rattacher, et à l'occasion d'une bêtise où il n'y avait vraiment pas de quoi fouetter un chat.É. Zola,La Terre,1887, p. 361.
131. Les routes parcourues avaient été pénibles, mais bientôt elle se ranimeraitausucre acidulé des myrtilles.F. Jammes,Clara d'Ellébeuse,1899, p. 49.
132. Ma douleur s'endormaitauxteintes etauxsonorités,semblable à ce pâle extatique, plus pâle que son burnous, et qui s'hypnotisaitauxgrêles cris des fifres nasillards ...F. Jammes,Clara d'Ellébeuse,1899p. 283.
Cf. cependant dans l'usage mod. (on peut hésiter entre l'interprétation temporelle et l'interprétation causale) :
133. Dans cette nature nerveuse et sans équilibre, les sentiments sautaient aux extrêmes,àla moindre secousse.É. Zola,La Joie de vivre,1884, p. 1038.
d)Certains compl. introd. parà tendent à devenir des loc. adv. :
àl'aiseaubesoinaudemeurantàl'enviàl'excèsauhasardàla hâteàl'improvisteàl'inverseaujusteauplus justeauplus malaumieuxàl'ordinaire (arch.)àla perfectionauresteàla rigueuràla véritéàson gréàsa guiseaupetit bonheuràpeu de choses prèsàson corps défendantàpeu de fraisaubas motaudernier pointauplus haut pointàses risques et périlsauvu et au su de ...àce compteàce compte-lààcet égardàcertains égardsàce prix-là
134. Vous y trouvez des républicains et des doctrinaires, des légitimistes et des philippistes, des parisiens, des banquiers, des colonels, des marins, des classiques et des romantiques; et tout cela joue des proverbes, tout cela se raconteàl'envi des histoires.A. de Musset,Revue des Deux Mondes,Chronique de la quinzaine, 31 déc. 1832, p. 104.
135. ... un printemps gai, charmant, exquis, tout frais débarqué de la nuit sans avoir averti de sa venue, en bon provincial qui arrive du midi, tombe sur les gensàl'improviste et s'amuse de leur surprise.G. Courteline,Messieurs-les-Ronds-de-Cuir,1893, I, p. 20.
136. Il s'habillaàla hâte, monta dans une voiture, descendit en avance à la gare; ...J.-K. Huysmans,En route,t. 2, 1895, p. 7.
e)Certains compl. tendent à devenir des loc. prép. :
àl'aide deàl'appui deàl'avis deaubénéfice deaudétriment deàla différence deàl'égal deàl'égard deàl'encontre deàl'exception deàl'exemple deàl'exclusion deàla faveur deàseule fin deauxfrais deàl'instigation deàla mode deaumoyen deaunom deaunombre deàl'occasion deàl'opposé deàla garde deauhasard deàl'imitation deàl'instar deàl'insu deàl'intention deàl'inverse deaulieu deàla merci deaupéril deàla place deaupoint deaupréjudice deauprix deauprofit deaureçu deauregard deàla requête deaurisque deausujet deautaux deàl'usage deauvu deauxyeux de
137. Votre amitié, que je n'avais pas prévue et que j'ai dû croire envoyée du ciel, est certainement une des rares merveilles qu'il m'aura été donné de voir sur la terre.Àl'exception de notre grand peintre Henry De Groux, qui donc est descendu aussi profondément que vous et d'aussi bon cœur dans ma fosse noire?L. Bloy,La Femme pauvre,1897, p. 5.
3.À + adj. :
àbas (jeter, mettre)àblanc (chauffer, tirer)àchaud (opérer)àcru (monter)àfaux (porter)àfroid (opérer, traiter)àjeun (être, rester)àneuf (mettre, remettre)ànu (être, mettre)àplat (être, mettre, tomber)àplein (fonctionner, tourner)àras (couper)àsec (être, mettre)àvide (tourner, revenir)àvif (être, mettre)
138. Dans l'eau, dit-on, tu puisas ta rudesse;je n'en bois pas, et, censeur, plus joyeux,En moins d'un mois, pour loger ma sagesse,J'ai misàsec un tonneau de vin vieux.P.-J. de Béranger,Chansons,t. 1, 1829, p. 141.
4.À + inf.
a)À + inf. a une valeur causale
Le verbe princ. est à la forme active :
je le taquineàlui dire ...ne rien perdreàle connaîtreon ne risque rienàle consulteron court des risquesàse montreril blêmit de fureuràlire cette lettreprendre la maladieàcourir les curésprendre de l'aplombàêtre richesuis-je donc une pleutreàtomber ainsiil frissonnaàvoir ...tu m'amuses tropàêtre continuellement ...il m'agaceàtoujours nous traiter devous me gênezàêtre toujours làvous souffrez plusàlui résisterelle les effrayeàpasser toute seuleil eut chaudàseulement assujettir son ...tu me portes sur les nerfsàme regarder ainsine jouait-il pas un jeu dangereuxàle mettre ...
139. Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être Se dérident soudainàvoir l'enfant paraître, Innocent et joyeux.V. Hugo,Les Feuilles d'automne,Lorsque l'enfant paraît, 1831, p. 756.
140. ... Je souffre extrêmementà vousrésister en quoi que ce soit ...P. Mérimée,Arsène Guillot,1847, p. 128.
141. Un grand effort pour parler, mais la faiblesse pour trouver les mots. Et mes larmes coulentàvoir cette affection qui voudrait, mais ne peut se répandre.A. Gide,Journal,1890, p. 14.
142. − On lui fait sa piqûre, souffle la sœur, debout derrière lui, et elle va se fatigueràparler. Dieu sait! ... Ne l'écoutez pas trop longtemps.G. Bernanos,Madame Dargent,1922, p. 6.
Le verbe princ. est à la forme pronom. ou à la forme passive :
l'esprit s'aèreàvoyageril s'aigritàrester enferméil s'exciteàle regarderil s'épouvanteàl'entendreje m'ennuieraisàne rien faireelle s'étonneàlui trouver l'air soucieuxelle va s'enrhumeràcourir la nuitse proposer une tâche surhumaineàvouloir ...se sentir émuàdécouvrirêtre rassuréàle savoir
(Sandf. t. 3, § 241).
143. Je me rongeais de tristesseàproduire continuellement pour une irrassasiable destruction.G. Flaubert,La Tentation de Saint-Antoine,1856, p. 625.
144. Pourtant vous êtes choquésàme lire : c'est par un certain souffle de révolte que vous distinguez dans mes écrits, et je suis un peu étonné qu'il vous impressionne à ce point, étant aujourd'hui très fréquent.M. Barrès,L'Ennemi des lois,1892, p. 21.
Rem. 1. Constr. appos. − Souventà + inf. est séparé de la princ. par une virgule :...vous ne manquez pas d'un certain aplomb,ànous interroger ainsielle le prenait peut-être pour ...,àvenir l'intimider avec ses histoires ... que tu es drôle,àfaire ...tu n'es pas raisonnable, mon papa,àte désespérer toujours ainsi. Est-il ennuyeux, ce chien,àvous accompagner ...est-ce que tu nous prends pour des mendiants,ànous laisser ainsi. est-ce qu'ils se fichent de nous,àsonner quand il n'y a rien?(Cf.Sandf. t. 3, § 250).Rem. 2. On notera les constr. suiv. qui frisent l'incorrection (le « suj. » de l'inf. n'est pas le même que celui du verbe princ.) et appartiennent à la lang. parlée :ça vous amuseraàregarderqui m'amusaientàécoutercette réponse m'assommaitàécrirele ménage me convenait mieuxàfairec'est une chose qui me dégoûteàpenserune gerbe de fleurs qui semblait l'embarrasseràtenir en même temps que sa canneun sujet qui m'embarrasse un peuàtraiter avec vousune affaire qui l'ennuyaitàtraitermême la photographie le gênaitàregarderça vous intéresse doncàsavoirla description m'en plairaitàfaire par le détailson nom seul me salit la boucheàprononcer(Cf.Sandf. t. 3, chap. 4).Rem. 3. En incise ou en tête de phrase :àvaincre sans péril ...àne plus boire de café, je ...àcauser plus longuement, nous ...àbien considérer les choses, ...ce chant,àl'examiner de près, ...àbien peser chaque ...,et cependant,ày bien réfléchir, cette ...et cependant,àbien peser les choses, je ...ày bien songer, ...c'était fini ...,àen juger par ...maisàsupposer que ...àtout prendre, ...àrelire tout ce qui précède, je ...àen croire Étienne, ...rien qu'àregarder la ...,àparler franchement, ...il n'y a pas,àproprement parler, ...àvrai dire ...àcommencer par moi ...(Sandf. t. 3, § 243-244).
b)À + inf. a une valeur conséquentielle ou finale :
avoir de l'argentàne savoir qu'en faireavoir faimàmanger de la terrefaire un bruitàcasser les tuilesil fait une chaleuràcuire des œufsil pousse des crisàfaire peuril pousse un juronàfaire damner ...il exhale des soupirsàrenverser un chênedanseràperdre haleines'ennuyeràpérirrireàs'étrangleril tousseàfaire pitiéengraisseràcreverremercieràn'en plus finirla battreàla laisser morteaimer qqnàen mouriril sent le vinàtomber à la renverseelle sent le muscàs'en boucher le nezje sentais mon cœur battreàm'étoufferelle disait celaàfaire peurils disent des choses écœurantesàtaper dessusse frotter les épaulesàles écorcherlui serrent le brasàle broyeril s'attardaitàen être indiscretrecevoir qqnàlui faire perdre le goût deperdre presque tout,àen être réduit à ...je ne suis pas comme toi,àvouloir ...
(Sandf. t. 3, § 174-176).
145. Les conscrits dansaient, ils se balançaient bras dessus bras dessous, ils poussaient des crisàfendre les nuages,et frappaient la terre du talon en secouant leurs chapeaux, ...Erckmann-Chatrian,Le Conscrit de1813, 1864, p. 44.
146. Une boîte de sardines apparut; elle se jeta dessusàcroire que le fer blanc de la boîte lui-même y passerait; ...G. de Maupassant,Contes et nouvelles,t. 1, Les Dimanches d'un bourgeois de Paris, 1880, p. 323.
147. Elle se cassait des noix à pleines poignes ... de très haut, d'un coup colossal,àfendre tout le meuble en longueur.L.-F. Céline,Mort à crédit,1936, p. 189.
II.−À dans le syntagme adjectival (à sert à construire un complément de l'adjectif)
A.−Adjectif +à + substantif
1.Apr. des adj. exprimant une idée de lieu ou de temps gén. liée à une idée comparative, à une idée de proximité ou de contiguïté :
adéquatàadhérentàadjacentàafférentàanalogueàantérieuràapplicableàassimilableàattenantàcoextensifàcomparableàconformeàconnexeàconsécutifàcontiguàcontraireàégalàéquivalentàextérieuràidentiqueàimmanentàinférieuràinhérentàirréductibleàparallèleàpareilàperpendiculaireàpostérieuràpréalableàpréférableàproportionnelàréductibleàrelatifàsemblableàsous-jacentàsupérieuràtangentà
148. Il était si petit que la basse glace du trumeau refléta sa pauvre mine, ses joues creuses, un nez long, au bout pointu, rouge et comme usé,pareilà ces sucres d'orge qu'amincissent, en les suçant, de patients garçons.F. Mauriac,Le Baiser au lépreux,1922, p. 147.
2.Apr. des adj. exprimant la possibilité, l'habitude, la facilité :
communàdéfavorableàdommageableàétrangeràfacileàfamilieràfavorableàfunesteàhabituelàimpossibleàindispensableàinconnuàinutileànaturelànécessaireànéfasteànuisibleàordinaireàparticulieràpossibleàpréjudiciableàprofitableàpropreàspécialàspécifiqueàutileàune poésie difficilement accessibleàqqn qui ...ce papotage est compréhensibleauxseuls initiésdes dépressions invisiblesàl'ennemiécrire dans une langue impénétrableauxhumblescette idée-là est intolérableàune mèrequelque affreux mystère inconnuauxhommesinaccessibleàtoute divisionindispensableàce résultatfamilièreàce publicun paysage propiceàde patientes pensées
149. Son corps n'est étrangerà aucune des parcelles de ce sol sec et pur ...P. Claudel,Sous le rempart d'Athènes,1927, p. 1126.
Rem.À introduit obligatoirement un compl. de l'inanimé apr. un certain nombre d'adj. :invulnérableauxcoups,auxballesimperméableauxarguments,àla pluieclairàl'espritune représentation assimilableànotre raisondes évidences sensiblesaucœur
3.Apr. certains adj. marquant une appréciation affective, en partic. exprimant la sympathie ou l'hostilité
a)Qualifiant un subst. de l'inanimé :
agréable : un holocauste agréableàDieubon : la vie est bonneàces apprentischer : une félicité chèreàVoltairedélicieux : un goût de péché délicieuxàEdmonddouloureux : que l'attitude fût douloureuseàKyo ...doux : une créature douceaucœur des opprimésintolérable : cette idée est intolérableàune mèreodieux : l'idée est odieuseaupayspénible : cette lecture serait pénibleàl'intéresséprécieux : la personne du Consul était précieuseauPays
150. Il la pleura sans dissimulation, sans pudeur, indifférentà la douleur de sa femme qui ne lui parlait plus, ne le regardait plus, vivait seule, murée dans le dégoût, dans une colère révoltée, et priait Dieu matin et soir.G. de Maupassant,Contes et nouvelles,t. 1, Le Pardon, 1882, p. 661.
b)Qualifiant un subst. de l'animé :
cher : il est cheràses enfantsdur : durauxinfidèlesimpitoyable : impitoyableàleurs rivauxindulgent : indulgentauxhumblesloyaux : loyauxàla Couronneodieux : il devient odieuxàbeaucoup d'officierspénible : il est pénibleàtout son entourage
151. Allons donc! Il veut être attaqué de front, emporté de haute lutte, ce Paris gobeur et poltron, duraux timides, tendre aux violents.E.-M. de Vogüé,Les Morts qui parlent,1899, p. 46.
B.−Adjectif +à + infinitif ou substantif d'action
1.À suggère une idée de destination.− L'adj. suggère l'idée d'une disposition, d'une aptitude ou d'une incapacité. :
Le subst. qualifié par l'adj. est « suj. » de l'inf.une femme adroite
àle retenirun enfant alerteàsaisir ...une intelligence apteàtout comprendredes femmes ardentesàconquérir un ...une nature ardenteàs'épancherdes natures avidesàrespirer (les grandeurs) / gén.avide dedocileàposer (sa tête)un caractère enclinàdominerenclinàse mêler dedes femmes énergiquesàdéfendre leur ...enragésàpasserexactàpayerdes mains habilesàtailler leshardisàparlerimpropreàremplir ses fonctionsimpuissantàmaîtriserinapteàgérer ses affairesingénieuxàfabriquer ...inhabileàdemanderinlassablesàcommentermaladroiteàse conduirenégligentàécouterdes femmes perspicacesàdeviner ...ponctuelàs'acquitterportéàfaire qqc.puissantsàsubjuguer ...régulieràtenir paroleune fille savanteàtromper les hommessubtileàlui tirer sa signatureun emploi suffisantàassurer ...sujetàboiresujetàse tromperunanimesàrelater ...vifàse défendre
152. ... sans doute il s'était assis au bord de la route, plus tranquille d'être là, voyant venir le danger, tout prêtà rentrer d'un saut età défendre sa maison.É. Zola,La Débâcle,1892, p. 164.
153. Au reste, sa honte le mettait dans un état désaccordé et douloureux trèspropreà la composition littéraire, et il est seulement à regretter qu'il ne s'en soit pas servi pour animer quelques-uns des chapitres de sa Zootechnie.M. Barrès,Mes cahiers,t. 14, févr.-juill., 1922, p. 4.
154. Bien que les médecins consultés fussentunanimesàaffirmer que le gamin, tuberculeux jusqu'aux moelles, tuberculeux depuis l'enfance, n'avait jamais dû être curable, Barbazano se reprochait de s'être consacré trop tard à la santé de Michèle; ...R. Martin du Gard,Confidence africaine,1931, p. 1109.
Dans un certain nombre de ces constr., l'inf., indifférent à la voix, prend tantôt un sens actif, tantôt un sens passif :
un goût âpreàrespirertu n'es plus bon qu'àmettre à l'asileun animal bonàrôtirune loque bonne ...àmettre dans un cerisierdes épingles bonnesàéborgnerelles ne sont bonnes qu'àêtre mises au feudes heures bonnesàvivredes terrains bonsàbâtirdes fruits bonsàmangerun vin prêtàboireun fruit prêtàcueillirun arbre prêtàêtre enlevéune lampe prêteàallumerune chaîne prêteàlivrerun terrain propreàbâtir
155. Une flamme impossibleàatteindre, impossibleàéteindreau souffle de la mort.Ch.Péguy,Le Porche du mystère de la 2evertu, 1911, p. 173.
2.À suggère une idée de conséquence.− L'adj., pris avec une valeur intensive, a pour conséquence le procès désigné par l'inf.; la prép.à est l'équivalent desi ... que, tellement ... que; l'adj. est appréc. ou dépréc.; ces tours appartiennent à une synt. affective :
une nuit belleàen être insolenteune femme belleàle faire décorer en six moisil est bêteàmanger du foinil est bêteàpleureril est bêteàréjouirdéplaisantàcrierfouàcharger de chaînesgentilleàl'embrassergrosseàdonner envie de pleurerdes herbes hautesàcacher qqc.idiotàpleurerinjusteàcrierivreàtomberjolieàcroquerlancinantàhurlerlargeày coucher à troismaigreàdonner des frissonspauvreàne savoir que ...pleinàcraquerpleineàdéborderreconnaissableàne pouvoir s'y trompersaleàne pas être pris avec ...scintillantesàéblouirc'est sérieuxàen être grotesquesolennelàpérirc'est tristeàen mourir
156. Son œil profond et sa vive pantomime promettent une personnalité forte, mais cet œil ardent flotte et rêve. Le regard est souvent mobileà faire peur; ...J. Michelet,Introduction à l'histoire universelle,1831, p. 445.
3.À suggère une idée de supposition ou d'éventualité.− Le subst. qui sert de support à l'adj. fonctionne gén. comme régime dir. de l'inf.
a)La qualité, fortement affective, est attribuée au subst. dans l'éventualité particulière suggérée par le verbe empl. à l'inf. Elle ne lui appartient pas de droit ou par nature, mais lui est conférée subjectivement par le suj. implicite (animé) de l'inf. :
visage dramatiqueàcontempler (à le contempler, si on le contemple) (ce visage est dramatique)des soldats beauxàvoir mourirune dondon comiqueàconsidérerun visage dramatiqueàcontemplerune toux fausseàentendredes accents gaisàentendreune salle glacialeàvoirla somme est grosseàdemanderune grille hauteàsauterun escalier interminableàdescendrejolieàregarderjolieàvoir dormirlaidesàvoir grouillermélancoliquesàentendrenostalgiqueàchérirune ville toujours nouvelleàdécouvrir
b)La qualité est attribuée en fait par la prép.à à l'inf., le subst. ne servant à l'adj. que de support syntaxique(mur facileàsauter /sauter ce mur est facile /il est facile de sauter ce mur) :
commodeàexcitercommodeàtransporterdes idées difficilesàexprimerdes postulations difficilesàse figurerde l'argent duràgagnerun moment duràpasserdes noix duresàbriserdes roueries duresàretrouverun conseil facileàexécuterde l'argent facileàgagnerun livre facileàmettre en pochede l'eau facileàse procurerun mur facileàsautercette France impossibleàaimerune souffrance impossibleàgagnerimpossibleàfaire voirqqc. d'impossibleàpensersimpleàcomprendresimpleàfaire
157. Je serai couché sous un plafond pauvre, Dans un froid silence épais comme l'eau, Terribleàentendre.P.-J. Jouve,Les Tragiques,Livre de la nuit, 1922, p. 11.
Rem. Certains adj. pourraient se ranger dans les 2 catégories précédentes :c'est abjectàdirec'est affreuxàdireune personne agréableàfréquenterun village agréableàfréquenterune odeur agréableàsavourercharmantesàvoir batifolerc'est curieuxàconnaîtrecurieuxànotercurieuxàvoirdangereuxàtraverserles plus dégoûtantsàregarderdélicieuxànoterun moment désagréableàpasserdésespérantàattendreune écorce douceàcaresserdrôleàraconterqqn d'embêtantàconfesserépouvantableàsupporterétonnantesàvoir en détailétrangeàdireun poulet exquisàregarder rôtirdes litres gênantsàporterc'est grotesqueàdiregrotesqueàvouloirc'est honteuxàvoirc'est importantàconnaîtredes détails indispensablesàconnaîtreinsupportableàpenserune douleur lourdeàporterc'est malheureuxàdirerafraîchissantsàentendreredoutableàhumerune montagne scabreuseàescaladerun contrat terribleàsignervoilà le plus troublantàpenserun détail utileàconnaître
On ajoutera un certain nombre de tournures dans lesquelles le subst. n'est ni le « suj. » de l'inf., ni son régime dir. (verbe empl. intransitivement ou verbe trans. ayant déjà un compl.) :une personne agréableàvivreune personne facileàvivreune route mauvaiseàmarcherla somme nécessaireàprendre le trainla tendresse nécessaireàsupporter cette chosele jour nécessaireàbien voir le tableauun recoin propiceàs'y glisserune occasion propiceàmontrer qqc.un temps propiceàremettre qqc.
III.−[À dans le syntagme nominal (à sert à construire un complément de nom)]
A.−Le substantif déterminé par le complément introduit parà est un substantif d'action
1.Il correspond à un verbe à compl. unique (cf. sup.I A 1)
a)Il correspond à un verbe actif :
accéderàla propriété /l'accessionàla propriétéil aspireàréussir /son aspirationàréussir
À introduit un subst. :
son accessionautrônel'acquiescementàsa propositionl'adhérence des pneusausolson adhésionauxthèses de Bergsonmon appartenanceàla race blancheson aspirationàun monde meilleurl'assistanceauxséancessa collaborationaujournalson consentementàla médiocritésa contributionauxMélanges Brunot,la croyanceaumalun manquementàla disciplinel'obéissanceauxordresla participationauxséancesun penchantàla mélancoliele recoursàl'aidele renoncementàla violencela résistanceàl'érosionla souscriptionàl'empruntsa tendanceàla tristesse
158. ... il n'est de vraie faiblesse que dans l'intime consentementàl'illusion, non dans l'illusion elle-même : de celle-ci on se délivre, et on est fort.R. Abellio,Heureux les pacifiques,1946, p. 10.
Rem. Les subst. d'action sont rarement suivis de l'animé (le compl. introd. parà est qqf. un coll. ou un sing. à valeur de généralité ou désignant un être surnaturel) :la croyanceauDiablela désobéissanceauxparentsl'obéissanceauxparentsla résistanceàl'ennemile recoursaumédecin
À introduit un inf. :
son aspirationàréussirsa condescendanceàrefuserson consentementàn'être que ...son hésitationàrépondreson inclinationàbien faireson penchantàs'abîmer dans ...sa persistanceàconserver les ...sa prétentionàcommanderla répugnanceàlaisserla tendanceàcritiquer ...
b)Le subst. d'action correspond à un verbe pronom. (cf. I A 2) :
sa résignationaumal /se résigneraumalson obstinationàrefuser /il s'obstineàrefuser
À introduit un subst. :
son adaptationauclimatson applicationautravailson attachementàla religionsa conversionaucatholicismesa résignationàl'injustice
159. Tu es digne de l'attachement que je te porte. Aussi vas-tu recevoir une haute récompense de ton applicationàmes affaires.H. de Balzac,César Birotteau,1837, p. 89.
À introduit un inf. :
cet acharnementàpervertirson applicationàne pas quittersa complaisanceàécoutercet entêtementàne pas lui donnerson obstinationàrefuser
160. Mais d'après mon dilemme, j'étais tout à fait indifférent au résultat. Cependant, ma complaisanceàme laisserdonner tout ce qui pouvait empêcher l'effet de ce que je venais de faire dut persuader les spectateurs qu'il n'y avait rien de sérieux dans toute cette tragédie.B. Constant,Le Cahier rouge,1830, p. 41.
2.Le subst. d'action correspond à un verbe à double compl.
a)Le subst. correspond à un verbe à double constr. oùà introduit un compl. d'obj. second. de l'animé appelé compl. d'attrib. (cf. sup. I B 1) :
l'annonce de la nouvelleauxinvités /annoncer la nouvelleauxinvitésl'abandon du fortauxennemisl'application du traitementaumaladel'assignation d'une résidenceàun fonctionnairel'assujettissement d'un peupleàun autrel'attribution du prixàun Françaisl'aveu de sa fauteàses parentsla communication du dossieràla policela consécration d'un autelàla Viergel'enseignement des mathématiquesauxenfantsl'envoi d'une lettreauxadhérentsl'expédition d'un colisauxvieillardsl'inoculation du virusàun animalla promesse d'un cadeauàl'enfant
b)Le subst. correspond à un verbe à double constr. oùà introduit un compl. d'obj. second. de l'inanimé (cf. sup. I B 3) :
l'annexion de la Savoieàla Francel'assimilation de la vieàun songel'association du fils aînéautrônela condamnation du soldatàla prisonl'initiation des enfantsauxmathématiquesl'objection d'un argumentàsa manière de voirla préparation des élèvesaubaccalauréatla réduction des fractionsàun dénominateur communla subordination des intérêts privésàl'intérêt général
3.Le subst. d'action est suivi d'un compl. circ. (cf. sup.I D, E et F)
a)Le subst. d'action est suivi d'un compl. circ. de lieu ou de but :
son arrivéeàl'hôtella courseausuccèsle dépôt de la sommeàla banquela descenteauxenfersune entréeauball'envoi d'un représentantàla firmel'expédition du paquetàla maisonses fiançaillesàParisla miseautombeausa mortàTombouctouson passageauthéâtreune promenadeàla campagneun séjouràla campagneune sortieaurestaurantson travailàl'usinela vieàla campagneson voyageàla campagne
161. J'ai reconduit Poinsot à Bicêtre, le jour même de sonentréeàl'internat.J. Michelet,Journal,1820, p. 75.
b)Il est suivi d'un compl. circ. de temps :
son arrivéeà 5h,àl'aubeson départàla nuitson passageàmidiune promenadeà 5h précises
c)Il est suivi d'un compl. circ. de manière, de moyen ...
Le subst. d'action est suivi d'un compl. circ. non actualisé :
achatàtempérament,àprix d'or,àcrédit, ...actionàcourt termearrivéeàpoint nommébavardageàcœur ouvertchasseàcourrecombatàoutrancecompteàrebourscondamnationàdéfautconversationàbâtons rompuscourseàpiedcuissonàpetit feudépartàfond de traindéplacementsàdos de ...,àbicycletteengagementàcorps perduestimationàvue de nezgardeàvuelavageàgrande eaumarcheàpiedmiseàflot,àsecpayementàcrédit,àtempérament,àtermeprêtàfonds perduprogressionàpetit train,àpas de louprenvoi du jugementàhuitainereprochesàvoix hauterireàgorge déployéesautàpieds jointstiràvue,àboulets rouges,àblanctransportsàdos de ...travailàperteventeàcrédit,àpertevoteàbulletin secret,àmain levéevoyageàdos de ...
162. Malheureusement on se trouve entraîné dans ce souffle de dénigrementàoutrance...A. Gide,Journal,1910, p. 289.
Cf. aussiun duelàmort (se battreàmort) :
163. Ce fut avec la pensée d'unduelàmort qu'il proclama de nouveau son ban de guerre contre Hilperik, parmi les franks orientaux et les peuples d'outre Rhin.A. Thierry,Récits des temps mérovingiens,t. 2, 1840, p. 36.
Le subst. d'action est suivi d'un compl. circ. actualisé :
un appelausecoursun chantàl'unissonla chasseàl'affûtune condamnationauxdépensla miseàl'épreuvel'observationàl'œil nula peintureàl'huile,aupistoletun remplacementaupied levéla réussiteàla force du poignetle tiraujugéle travailauxpiècesune venteàla criée
164. L'expérience est la mise en question (àl'épreuve), dans la fièvre et l'angoisse, de ce qu'un homme sait du fait d'être.G. Bataille,L'Expérience intérieure,1943, p. 18.
B.−Le substantif déterminé par le complément introduit parà est un substantif qui entre dans une locution verbale suivie deà
1.Subst. +à + subst.
a)Le syntagme nom. obtenu correspond à un syntagme verbal trans. dir. :
l'accueilauxnouveaux /faire un bon -à /accueillir qqn, qqc.l'aideauxpays sous-développés /apporter son -à /aider qqnl'appuiàqqn /donner son -à /appuyer qqnpour non-assistanceàpersonne en danger /accorder son assistanceà /assister qqnla cautionàqqc. /apporter sa -à /cautionner qqc.ses complimentsàqqn /faire des -à /complimenter qqnses conseilsàqqn /donner des -à /conseiller qqnun défiaubon sens /lancer un -à /défier qqn, qqc.la visiteauxDupont /faire une -à /visiter qqc.
b)Le syntagme nom. obtenu ne correspond pas à un syntagme verbal :
l'adieuàqqc. /faire ses adieuxàdes allusionsàqqc. /faire allusionàson affrontàqqn /faire affrontàses avancesàqqn /faire des avancesàun clin d'œilàqqn /lancer un clin d'œilàses coups d'œilàqqn /lancer des coups d'œilàl'exceptionàqqc. /faire exceptionàdes signesàqqn /faire signeà
165. Nous ne savons qu'une exceptionàl'asservissementuniversel, et c'est à Rotrou qu'en appartient l'honneur.Ch.-A.Sainte-Beuve,Tableau hist. et crit. de la poésie française et du théâtre français au XVIesiècle, 1828, p. 259.
Cf. le malàs'ouvrir /avoir du malàs'ouvrir :
166. Plus bas, sur les moisissures des sous-bois, des papillons lourds et larges et bordés comme des « faire-part » tremblottent demalàs'ouvrir et puis, plus bas encore, c'était nous, en train de patauger dans la boue jaune.L.-F. Céline,Voyage au bout de la nuit,1932, p. 223.
Cf. la foià /avoir foià :
167. C'était encorela foi en la vie, en la santé, en la force,à l'éternelrecommencement.É. Zola,Le Docteur Pascal,1893, p. 171.
168. Notre dévouement,notre foiàune idée qui nous dépasse, nous confèrent une force que nous ne nous connaissions pas.M. Barrès,Mes cahiers,t. 13, juin 1920-janv. 1921, p. 8.
2.Subst. +à + inf. (ou subst. d'action)
a)Le syntagme nom. correspond au groupemettre, éprouver, sentir ... + indéf., partitif ou poss. + subst. +à+ inf. (en concurrence avec le groupeavoir + art. déf. + subst. +de + inf.) :
art : avoir l'- de /mettre son -à + inf. :son -à + inf.assurance : avoir l'- de /éprouver de l'-à + inf. :son -à + inf.générosité : avoir la - de /mettre sa -à + inf. :sa -à + inf.honte : avoir - de /éprouver de la -à + inf. :sa -à + inf.ingéniosité : avoir l'- de /mettre de l'-à + inf. :son -à + inf.joie : avoir la - de /éprouver de la -à + inf. :sa -à + inf.obligeance : avoir l'- de /mettre de l'-à + inf. :son -à + inf.plaisir : avoir le - de /éprouver du -à + inf. :son -à + inf.pudeur : avoir la - de /avoir de la -à + inf. :sa -à + inf.rage : avoir la - de /éprouver de la -à + inf. :sa -à + inf.sincérité : avoir la - de /mettre sa -à + inf. :sa -à + inf.soin : avoir le - de /mettre son -à + inf. :son -à + inf.volupté : avoir la - de /éprouver de la -à + inf. :sa -à + inf.
169. ... tous les traits du méfiant naufragé des Grecs je les retrouvais en lui. L'expérience des choses publiques, des nations et des hommes (...) un soupçon général de tous les cœurs etun amerplaisiràse jouer des vanités; ...A. de Vigny,Mémoires inédits,1829, p. 109.
b)Le syntagme nom. est issu d'un groupe verbe +à + inf. (en concurrence avec verbe +de) :
affectation : affecter de ..., mettre son -à /son -àvouloirangoisse : être angoissé de ..., éprouver de l'-à /son -àdemanderdégoût : être dégoûté de ..., éprouver du -à /son -àsortirembarras : être embarrassé de ..., éprouver de l'-à /son -àme répondreempressement : s'empresser de ..., mettre de l'-à /son -àacceptergêne : être gêné de ..., sentir de la -à /sa -àse montrerhâte : se hâter de ..., mettre de la -à /sa -àle rejoindrejouissance : jouir de ..., éprouver de la -à /une -àse mouvoirnégligence : négliger de ..., mettre de la -à /cette -àrejoindresatisfaction : se satisfaire de ..., éprouver de la -à /sa -àrefuser
Rem. Est issu d'un groupe verbe +pour + inf. :son insistanceàdemander /insister pour
c)Certaines constr. s'expliquent par l'anal. avec les constr. précédentes :
son incurieà + inf.sa précipitationà + inf.sa propensionà + inf.sa répulsionà + inf.son zèleà + inf.
C.−Le substantif déterminé par le complément introduit parà correspond à un adjectif construit avecà
1.Subst. +à + subst. :
l'antérioritéàl'ère quaternairela conformitéàl'originalla conformitéauxusages établisl'extérioritéaumondesa fidélitéàses convictionsson hostilitéàcette solutionl'identitéaumodèlel'infidélitéàla parole donnéela loyautéautrônela postérioritéàla Révolution
Rem.À construit très rarement un subst. de l'animé :sa fidélitéauroi,àsa femme
2.Subst. +à + inf. ou subst. d'action
a)Le subst. correspond souvent à adj. +à + inf. :
son adresseàfaire des robesson âpretéàrefuserson aptitudeàregarder ...une ardeuràvivreson assiduitéàvenirson attentionàl'écouterson aviditéàêtre admissa chaleuràaccepter ...cette constanceàse reproduirecette difficultéàcroirecette facilitéàse lirecette frénésieàjouircette impétuositéàramener ...l'impossibilitéàimaginer ...son impuissanceàêtre heureuxson incapacitéàcomprendrecette indolenceàse faire bellesa lenteuràs'éloignercette promptitudeàadapter ...la rapiditéàdire ...sa rudesseàvouloircette souplesseàendosser ...la spontanéitéàexpliquer ...sa téméritéàripostersa tiédeuràréprimer ...votre vigueuràdéfendre ...
170. Il ne croyait certes pas offenser Dieu par ce blasphème qui n'était que l'aveu de son impuissanceàimaginercette vie éternelle ...G. Bernanos,Journal d'un curé de campagne,1936, p. 1182.
171. ... tant de mes compagnons m'y ont aidé, soit par leur témoignage, soit parleur vigilanceà préserver mes notes de l'inquisition allemande, que ces pages qui ne porteront que mon nom sont issues d'une véritable gestation collective.F. Ambrière,Les Grandes vacances,1946, p. 9.
P. anal. :
cette démenceàjouirsa rigueuràtirerson éléganceàaccepter ...son orgueilàrefuser ...sa paresseàsortirsa timiditéàaborder la questionsa tranquillitéàosersa pudeuràmasquer ...sa vanitéàvouloir ...
172. Il faudra donc que je surmonte ma paresseàécrireet que je ne fatigue plus ma mémoire; ...A. Chénier,L'Amérique,1794, p. 83.
b)Rare.Le subst. correspond à un adj. suivi dede :
sa fiertéàconstater /être fier deconstatervotre impatienceàvaincre /être impatient devaincre
D.−Le substantif déterminé par le complément introduit parà est un substantif de sens concret (désignant des êtres inanimés ou des animaux)
1.À introduit un compl. de destination
a)À + subst. non actualisé :
arbreàpainboîteàcigaresbrosseàchaussuresbrosseàdentscaisseàoutilscorbeilleàpapiercornetàdéscouteauàpainépinglesàlingeétuiàlunettesfilmàsuspensfourchetteàescargotslivreàsuitesmoulinàcafémontagneàvachespapieràlettre(s)papieràmusiquepièceàscandalepièceàthèsepiègeàsourisplateauàfromagepotàlaitrobeàeffetsacàmainsacàprovisionsseauàchampagnetableàouvragetasseàthé /de thé : contenu /têteàclaquesvacheàlaitverreàvin /de vin : contenu /
b)Rare.À + subst. actualisé :
l'assietteaubeurre (pop.)la boîteauxlettres (néol. :boîteàlettres)la crucheaucidre (pop.)
c)À + inf.
« Qui sert à » (actif) :
airàdansercartesàjouerchambreàcouchercouteauàdécoupercrèmeàraserferàrepasserferàsoudermachineàbattremachineàécriremachineàlavermachineàvoterpâteàreluirepoêleàfrirepoilàgrattersalleàmangerverreàboire
« Qui est à » (passif) :
boisàbrûlercireàmodeler,àcachetergommeàmâcherl'hommeàabattremaisonàvendretabacàpriserterrainàbâtirvinàemporter
Cf. avec un verbe intrans. :
siècleàvenir
2.À introduit un compl. indiquant le moyen par lequel fonctionne un instrument, un appareil ...(à + subst. non actualisé)
a)Le subst. introd. parà désigne la source d'énergie :
appareilàsousappareilàforce humainearmesàfeubriquetàgazchambreàgazfreinàmainfusilàair comprimélampeàhuilelampeàpétrolemachineàsystème musculairemachineàvapeurmoteuràessencemoulinàventpoêleàcharbon
b)Le subst. introd. parà désigne l'élément spécifique du fonctionnement :
armoireàglacebateauàvoileboîteàcasiersbombeàailettesinstrumentsàcordeslampeàarcmoteuràhélicemoulinàaubespatinsàroulettes
c)Le subst. introd. parà marque la spécificité du fonctionnement :
avionàréactionbombeàretardementfauteuilàbasculemoteuràexplosion,àréactionsystèmeàéchappement libre
173. ... cette bombeàretardement était déjà montée avec une minutie dont j'étais fier ...F. Mauriac,Le Nœud de vipères,1932, p. 14.
3.À introduit un compl. d'accompagnement.−Àsignifie « avec », « qui a » :un charàbanc« avec bancs / qui a des bancs » :
a)À + subst. non actualisé :
un arbreàfeuilles conifèresles bêtesàcornesun bonnetàpoilla bourgeoisieàtalentun chapeauàfleursle charàbancun chinoisàbedaineune femmeàbarbeune femmeàcheveux brunsun habitàqueueun hommeàfemmesun hommeàmoustachesun hommeàtalentsune moquetteàfleursdes rentiersàlorgnonsune robeàcarreauxun serpentàlunettesdes souliersàtalons
174. Vous autres femmesàprincipes, vous avez des idées singulières. Vous voudriez qu'un homme vînt au monde tout raisonnable, et que, jusqu'au moment où il se marie, il n'eût connu l'amour que dans les romans.T. Leclercq,Proverbes dramatiques,La Scène double ou Il ne faut pas badiner avec le feu, 1835, 1, p. 348.
175. Mais, cousine Bette, je donnerais bien, c'est-à-dire je dépenserais bien cinquante mille francs pour enlever à ce grand bel homme sa maîtresse, et lui prouver qu'un grospèreàventre de chef de bataillon etàcrâne de futur maire de Paris ne se laisse pas souffler sa dame sans damer le pion ...H. de Balzac,La Cousine Bette,1847, p. 112.
176. Les vantaux du portail tapèrent, rabattus comme par un coup de vent fou, et deshommesàgrands chapeauxde paysans se jetèrent dans la cour.H. Pourrat,Gaspard des Montagnes,La Tour du Levant, 1931, p. 6.
b)À + subst. actualisé :
une Bibleàla tranche vert choula chambre nueauxpersiennes closesl'Europeauxanciens parapetsune femmeauxyeux de braisela filleauxyeux d'orun garçonàl'air tristeun hommeàl'œil fixel'hommeàl'oreille casséela mèreaufrais sourireles routesauxvieux calvairesun vieillardaugilet mal ferméla vieilleauxregards fatidiquesla Viergeàl'enfant
177. Il y a même des gens, presque aussi inconnus de nous que du public, qui disent nous admirer. Il y a dans tout ce monde un beau jeune homme,augilet en cœur,àla chemise en échelle,aurevers d'habit noir en velours, ...E. etJ. de Goncourt,Journal,févr. 1868, p. 406.
178. Cetenfant d'une extrême beauté,auxyeux bleu vif,auxcheveux blonds bouclés, à teint délicat, montrait une inquiétude morale bien extraordinaire chez un homme de son rang ...A. Maurois,Ariel ou la Vie de Shelley,1923, p. 6.
4.À introduit un compl. de manière.−À signifie « qui est à » :un rôtiàpoint(« qui est à point ») :
a)À + subst. non actualisé :
un chasseuràpiedcet hommeàchevalune langueàpartune plaieànu,àvifdes racinesànuun rocheràpicun rôtiàpoint
179. Cette personne n'avait rien d'ailleurs que de naturel et d'ouvert; jeune encore, d'une taille robuste, d'un embonpoint marqué, mais plein d'aisance; une de ces physionomies qui préviennent par un mélange de distinction et de rondeur; l'accent agréable, l'œilàfleurde tête, clair et résolu.Ch.-A.Sainte-Beuve,Volupté,t. 1, 1834, p. 205.
180. Cette fois, j'étais de la louée des foulaisons à Marigrate, un gros ménage sur les bords de Durance, une campagne avec desblésàperte de vue, des bois chasseurs, des vignes, tout le tremblement.J. Giono,Un de Baumugnes,1929, p. 9.
b)À + subst. actualisé :
un bateauàla dériveune carpeàla Chambordune choucrouteàl'alsacienneune crèmeàla vanilleune femmeàl'aise partoutun jardinàla françaiseun jugementàl'emporte-pièceun jugementàleur honneurun livreàmon goûtun nezàla Cléopâtredes œufsàla coqueun ouvrieràla tâchedes pâtesàl'italienneune pelouseàl'anglaiseune poseàla Napoléonune robeàla modeune tarteauxpommesdes théoriesàl'état naissantun tuyauàla noix (arg.)
181. Mobilier disparate et démodé, qui contraste avec les vestiges somptueux du cadre, et témoigne qu'ici, depuis un demi-siècle, on « fait des affaires », non seulement sans aucun souci d'élégance, mais sans même utiliser declasseursàl'américaine.R. Martin du Gard,Un Taciturne,1932, p. 1245.
182. Ce coquillage que je tiens et retourne entre mes doigts, et qui m'offre un développement combiné des thèmes simples de l'hélice et de la spire, m'engage, d'autre part, dans un étonnement et une attention qui produisent ce qu'ils peuvent : remarques et précisions tout extérieures, questions naïves, comparaisons « poétiques », imprudentes «théories »àl'état naissant ...P. Valéry,Variété 5,1944, p. 12.
Rem. Le subst. de base est except. un subst. abstr. :
183. Qu'importe son mérite! Si une chambre composée de demi-sots s'amuse de ses quolibets et prend ses conversations de tribune pourl'éloquenceàhaute portée d'un véritable homme d'état, que vous importe?Stendhal,Lucien Leuwen,t. 3, 1836, p. 337.
184. Unbourdonnementàmille pétillements etcrépitementslui emplit les oreilles. Des fumées, qu'une rougeur éclairait d'en dessous, filaient sur le toit du hangar.H. Pourrat,Gaspard des Montagnes,La Tour du Levant, 1931, p. 6.
5.À introduit un compl. de lieu ou de temps
a)À + subst. non actualisé :
185. Le théâtre représente une salle du château de M. de Bremont; porte et deux croisées au fond; deux portes latérales. Laporteàgauche de l'acteur est celle de la chambre d'Édouard; ...E. Scribe, A.-F. Varner,Le Mariage de raison,1826, I, 1, p. 384.
b)À + subst. actualisé :
186. L'aiguille a fait son tour. Votre tâche est finie; comme un pâle vieillardle siècleàl'agonie se lamente et se tord.T. Gautier,La Comédie de la mort,1838, p. 22.
187. J'aime à vingt-trois ans cette ride de rien, presque invisible,ce pliàvotre beau front, entre vos deux sourcils.G. Bernanos,Dialogues d'ombres,1928, p. 41.
6.À introduit un inf. d'obligation ou un inf. conséquentiel
a)L'inf. a pour obj. le subst. de base du syntagme :
le butàatteindrela conduiteàtenirun coupàfairecinq enfantsànourrirquarante gaminsàinstruireun ordreàdonnerun osàrongerune réclamationàsatisfaireune résolutionàla routeàsuivrela suiteàdonnerun touràjouer
b)À + inf. n'a pas pour obj. le subst. de base du syntagme (verbe intrans. ou verbe trans. ayant déjà un obj.) :
une boucheàrendre jalousedes contesàdormir deboutdes crisàfaire peurdes épaulesàdémolir les portesune injusticeàcrierun nomàcoucher dehorsun sourireàdamner tout un concileune têteàtourner toutes les autresune têteàvendre des camembertsle type d'affaireàtout casser
188. Bref, elle m'adorait. C'était des cajoleries, des mamours, des p'tits noms de chien, un tas d'gentillessesàme donner des réflexions.G. de Maupassant,Contes et nouvelles,t. 2, Histoire vraie, 1882, p. 336.
189. ... puis, c'étaientdes fêtesàtout casser, chaque trimestre, quand le notaire lui versait sa rente de trente-sept francs cinquante.É. Zola,La Terre,1887, p. 322.
190. A mon arrivée, il achevait la lecture d'un journal qu'il jeta sur la table, comme s'il se débarrassait d'une couleuvre, avec cet air d'ennui suprême etce sourireàdonner des engelures que vous lui connaissez, ...L. Bloy,La Femme pauvre,1897, p. 275.
Rem. 1.À + subst. de l'animé marquant l'appartenance (cf.hist. II B). − La constr. n'existe plus que dans le parler pop. ou paysan(le cousinàma femme), sauf dans qq. expr. qui appartiennent au lang. fam. ou hypocoristique(un filsàpapa).2. Un certain nombre de syntagmes nom. correspondent, en emploi appos., à un syntagme verbal du typeavoir le sourireauxlèvres :un couteauàla mainla joieaucœurle poignardaucôtéle sourireauxlèvresle styloaupoing191. Vers trois heures de l'après-midi, dans le mois d'octobre de l'année 1844, un homme âgé d'une soixantaine d'années, mais à qui tout le monde eût donné plus que cet âge, allait le long du boulevard des Italiens, le nezàla piste, les lèvres papelardes, comme un négociant qui vient de conclure une excellente affaire, ...H. de Balzac,Le Cousin Pons, 1848, p. 1.Cette prép. a un sens si éloigné de toute donnée concr. et se prête, selon les cont., à des différenciations sém. si nombreuses qu'il est hasardeux de procéder à une classification des « sens », qui ne serait autre qu'une classification sém. des cont. dans lesquels cette prép. peut apparaître. Certes, par oppos. à la prép. d'éloignementde (venir deParis, être deParis), à signifie la direction vers un point (qu'il s'agit d'atteindre)(alleràParis) ou la coïncidence avec un point (considéré comme une limite sans idée de dépassement)(êtreàParis) Mais ces valeurs fondamentales (« direction vers » et « coïncidence ») se prêtent aux exploitations les plus diverses : L'idée de « direction vers » se perçoit plus ou moins confusément dans bon nombre de verbes à constr. indir. :aspireràtendreàs'abandonneràqqc.s'adonneràla boissons'attacheràqqc.se complaireàou dans les adj. constr. avecà : (terrain) bonàbâtir; enclinàdominer. C'est elle qui prédomine dans les doubles constr. :donner qqc.àqqnentraîner qqnàagirforcer qqnàfaire qqcElle permet à la prép.à de fournir, avec les verbes de mouvement l'idée de direction ou de destination (allerà,se rendreà), et, sur le plan temp., à constr. qq. loc. qui signifient le parcours d'une certaine étendue de durée (àvie,àbrève échéance,àl'avenir ...). Elle donne lieu, enfin, à l'idée de finalité dans le syntagme nom.(moulinàcafé, machineàcoudre). L'idée de « coïncidence » (ou de « situation ») connaît de son côté les exploitations les plus variées : . elle apparaît non seulement au sens local avec les verbes dits « de position »(se trouver, êtreàParis) ou, plus gén. dans le compl. « circ. » de lieu (qui n'est pas indispensable au sens du verbe :se promeneràla campagne) et, au sens temp., pour situer dans le temps un procès répété ou non (àhuit heures,àchaque fois); . mais elle permet aussi à la prép.à d'exprimer des notions comme le moyen(peindreàl'huile), la manière(vendreàcrédit), l'indice(reconnaîtreaupas), la conséquence(s'ennuyeràmourir) et même l'hyp. ou la cause (àlire ce texte avec attention, on ...). Cette diversité dans l'usage sém. de la prép.à, à quoi s'ajoute le fait que dans bon nombre de cas, le sens deà paraît si ténu qu'il en est quasiment insaisissable (pourquoiatteindreà maiss'approcher de, s'échapper demaiséchapperà?cf. cependantsup. I A 1, rem. I et I D 1 a, rem.) conduit le lexicographe à préférer pour son étude un cadre proche des données syntaxiques.À fonctionne tantôt dans le syntagme verbal :atteindreà (I), dans le syntagme adj. :apteà (II), dans le syntagme nom. :moulinàcafé (III). Dans le 1er, il sert à constr. bon nombre de verbes actifs (atteindreà) ou pronom. (s'attendreà) ou de verbes à double constr.(reprendre qqc.àqqn) dans lesquels : . le compl. est à place fixe (apr. le verbe); . le compl. est indispensable au sens du verbe; .à n'est pas commutable avec une autre prép. (sauf, except., avecde); . le compl. est commutable avecylorsqu'il est de l'inanimé mais non avecoù (il aspireà /...à quoi aspire-t-il et non *où aspire-t-il?). Ainsi le compl. d'obj. indir. introd. parà s'oppose avec netteté au compl. circ. (compl. de lieu commutable avec ety; compl. de temps, de moyen, de manière commutable ni avecoù, ni avecy). Toutefois les compl. de certains verbes « déterminés »(alleràParis), tout en se rapprochant du compl. circ. en ce sens qu'ils expriment un lieu et qu'ils sont commutables avec ety, restent cependant apparentés au compl. d'obj. indir. par le fait que, nécessairement postposés, ils sont indispensables pour l'achèvement de la phrase :je vaisauthéâtreàParis /àParis je vaisauthéâtre mais non, *authéâtre je vaisàParis (authéâtre : compl. déterminé de lieu du verbealler, proche du compl. indir.;àParis : compl. circ. de lieu propr. dit, libre du verbe). D'autre part,à + compl. circ. fonctionne fréquemment dans des expr. plus ou moins figées(vendreàcrédit, lutteràarmes égales). Dans le syntagme adj.,à appartient de même à certains adj. qui se construisent régulièrement avec lui (enclinà,apteà ...); avec d'autres il introduit un compl. proche du compl. circ.(curieuxàregarder). Enfin, dans le syntagme nom., il convient de distinguer : . les subst. issus de verbes ou d'adj. constr. avecà (l'abandonà;l'aptitudeà ...); . les syntagmes issus de certaines constr. doubles(lancer un défiaubon sens >le défiaubon sens); on mettra en évidence l'autonomie du syntagme nom. par le fait qu'il peut fonctionner comme suj. ou comme compl. prép.(à cause de ce défiaubon sens ...); . le syntagme nom. propr. dit(machineàcoudre).
Prononc. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [a]. Oppos. phonol. / a / − / ɑ / dansà /a (nom de la lettre).Enq. : / a /.2. Homon. : à /a, as (verbeavoir). La plupart des dict. ne tenant pas compte de l'aspiration et de la différence de timbre ajoutent à cette série les interj.ah etha, eta subst. masc.− Rem.Darbois 1830 note également la forteresse de Hâ et Ath, ville belge queWarn. 1968 pourtant transcrit [at].3. Hist. des formes. − La forme graph. mod.à avec un accent grave apparaît dans les dict. dep.Nicot 1606. Pour l'introd. des accents dans les manuscrits lat. du Moy. Âge,cf.Beaul. t. 2 1927, pp. 5-6, et pour l'adoption de l'accent grave sura par Montflory en 1533,cf.Id.,ibid., p. 29 et 31. Dès les plus anc. textes, on trouve les formes concurrentes suiv. :a)Ab etad empruntées au lat. (cf. étymol.), encore attestées, d'apr. les dict., l'une auxiiies., l'autre auxves. (cf.Gdf.). Dans les textes anc.(Eulalie, Saint Alexis), les formes enad sont empl. devant initiale vocalique et les formes ena devant initiale consonantique.Cf. ex. étymol. :ad a deu ...;ad un comte,ad une spede;a la mer;a mangier;acels dis ...Cf. aussiFouchéPhonét. 1952, p. 660. Dans les textes plus tardifs,ad est employé indifféremment devant voyelle ou consonne.Cf.Gdf., xiiies. :Ad us etad coustumes ...,xves. : ...Ad ce mon cœur allume.b) Les formes contractéesal >au, als >as etaus, aux, issues dea le, a les. Dans les formesaus, l'ssera remplacé parx par suite de la confusion graph. faisant dex,graph. cour. deus, un simple succédané des. Pour la question dexempl. pourus, cf.Beaul. t. 2, pp. 78-84 et 195. Les formes mod. enau(x) l'emportent à partir duxiiies.− Rem. En a. et m. fr.,a peut s'agglutiner au mot qui suit, provoquant le redoublement de la consonne initiale :a + subst.afforfait, a + adj.aggree, a + adj. poss.asson, a + verbeassaveir (cf.Gdf.). On rencontre encore de nombreux cas d'agglutination auxvies., sans qu'il y ait cependant redoublement de la consonne initiale, ex. :acoup, acertes, atout (cf.Hug.). Une trace de cette agglutination reste dans le motassavoir* queLittré met encore en vedette (expr.faire assavoir); il précise cependant que l'on écrit maintenantfaire à savoir.
ÉTYMOL. − Corresp. rom. : prov., ital., esp., cat., port., roum.a.I.− Attestations. − [1reattest. 842,Serm. cf. inf. C1].A.−Notions se rattachant àad : mouvement, direction, instrument, etc.1. a) Mil.xies. Mouvement vers un lieu (Alexis, éd. Paris et Pannier 16a ds T.-L. : vint ... dreitementa la mer);ca 1100, vers une pers. (Rol., éd. Bédier, 70 : Seignurs barunsa Carlemagnes irez); emploi fig. : notion de finalité (Alexis, 10e ds T.-L. : de tot en tot ada deu son talent);doner a + inf. (ibid., 51e,ibid. : as plus povres ledonetamangier);b) mil.xies. constr. prép. avec valeur : de datif lat. :parler a (ibid., 34d,ibid. : parleral visitor),doner a (cf. sup. Alexis,51e); de génit. lat. (ibid., 9b dsGdf. : Filiead un comte de Rome ...).2. Notion de situation : 881, dans le temps (Eul., 12 ds Meyer dsGdf. : Chi rex ereta cels dis sovre pagiens); mil.xies., dans un lieu (Alexis, 34d ds T.-L. : serveita l'alter).3. Notions :a) d'instrument : 881 (Eul., 22 dsGdf. :ad une spede li roverent tolir le chief);b) de manière :ca 1100 (Rol., éd. Bédier, 1276 : L'escut li freinst, Ki estad or ea flurs);c) de rapport : mil.xies. (Alexis, 5e ds T.-L. : Enfant nos done qui seita ton talent),tenir a(ibid., 14a dsGdf. : celuitienad espos, Qui ...);d) de compar. :ca 1100 (Rol., éd. Bédier, 1598 : Beste nen est Ki poisset currea lui [qui puisse courir comme lui]).B.− Notions se rattachant àab :séparation, orig., etc.1. Mil.xies.prendre congiet a (Alexis, 120c ds T.-L. :prenent congietal cors saint Alexis).2. 1172-1174, notion d'orig. (G. deP. Sainte-Maxence,S. Thomas, éd. Hippeau,ibid. :a ses clers prist conseil); 1176 (Chrétien de Troyes,Clig., éd. Micha, 2824 : Que ses oncles li mande Qu'a lui pes ne trives n'atande).3. Av. 1167, notion d'agent (Marie de France,Lais, éd. Roq.,Laustic, 225 dsGdf. : Ki se faiseit amera tus).C.−Notions se rattachant àapud : relation, accompagnement.1. 842, notion de relation (Serm., Bartsch dsGdf. : Etab Ludher nul plaid nunquam prindrai).2. 2emoitiéxes., notion d'accompagnement (Pass., éd. Avalle, 428 : Castel Emausab elz entret,Ab elz ensemble si sopet);id. (St Léger, ds Förster et Koschwitz, 8 : Primos didrai uos dels honors Quae il auuretab duos seniors).II.− Étymologie. − A.− Du lat.ad exprimant les notions de mouvement, de direction : vers un lieu (dep.Liv. Andr., 28 dsTLL s.v., 485, 40; fréq. chezPlaute,ibid., passim; maintenu en lat. médiév. dsMittellat. W. s.v., 148, 10 sq.); vers une pers. (fréq. ds Plaute, dsTLL, 478, 65 sq.); constr. verbe de mouvement +ad+ inf. :dare ad manducare [class.dare + inf.],Itala, Johan., 6, 52, cod. vercellensisibid., 559, 62. Constr. prép. alterne surtout en lat. vulg. − avec datif :Plaute,Epid., ibid., 475, 15 : ad hostes exuvias dabit (cf. 741-744,Lex Baiuv., 1, 1 dsMittellat. W., 149, 38 : alodem suam ad ecclesiam ... donare), d'oùdonner à,Horace,Satirae, 2, 6, 90 dsVäänänen,Lat. vulg., § 249 : tandem urbanus ad hunc ... inquit (cf. Trad. ratisb., 25 dsMittellat. W., 153, 69, ad ipsum abbatem loqui), d'oùparler à; voirG. De Poerck etL. Mourin,Réflexions sur la prép. ad,Vox rom., XIII, 279-281; − avec le génit. :Itala, Aggaeus, 2, 23 dsTLL, 558, 47 : unusquisque in gladio ad fratrem suum (cf. finvies.,Form. andec., 28 dsMittellat. W., 153, 39 : terra ad illo homine). De la notion de mouvement, celle de proximité, puis de situation (sans mouvement) : dans le temps, dep. Pacuv., (Trag., 363 dsTLL, 556, 50 : terra exhalat auram ad auroram humidam;cf. débutixes.,Annal. Einh. dsMittellat. W., 150, 66 : anno 771, ad II nonas dec.); dans un lieu, dep. Plaute, (Truc., 281 dsTLL,522, 15 : quid apud [ad A] nostras negoti ... est aedis tibi?). De la notion de proximité, celles : − d'instrument : dep. 1ers. dsTLL, 551, 50sq. (cf. avec 3 a :Vég.,Mil., 3, 24,ibid., 77 : ad latiores lanceas ... beluas occidebant); − de manière (cf. avec b :Pline,Epist., 5, 6, 13,ibid., 551, 42 : formam aliquam ad eximiam pulchritudinem pictam); − de rapport (dep. Plaute,ibid., 80sq.; cf. avec c :ixes.,Sangall., p. 81, 5 dsMittellat W., 152, 59 : ad mensura egrotantis);tenir a « considérer comme »,cf. anno 774,Concilium Suess, can. IX dsBourc. 1956, § 236 b : nullus sacratam feminam ad mulierem habeat; − de compar. (cf. avec d :Cic.,De Orat., éd. Courbaud, 2, 25 : sed nihil ad Persum).B.− Du lat.ab exprimant les notions : − de séparation, dep. lat. arch. :discedere ab « se séparer de (qqn) » dep. Plaute, dsTLL s.v. discedere, 1278, 80sq.; cf. avec 1 : − d'orig. avec verbe « espérer », « craindre », « attendre » + nom de pers. (Tite-Live, 21, 13, 3,ibid., s.v. ab, 31, 59, d'où 2; exprimant l'agent (dep. Plaute,passim ibid., 28, 71sq.), d'où 3,cf. aussi hyp. de H. Fr.Müller,Orig. et hist. de la prép. «à »dans les loc. du type «faire faire qqc. à qqn » (cr. par Rübel dsZ. rom. Philol., XXXVIII, 371-373) qui y voit la trace d'undativus graecus compl. de l'inf. passif puis actif, remplacé par le tour prép., opinion reprise parGam.Synt. 1957, § 85, et Spitzer dsZ. rom. Philol., XLIII, 279sq.C. − Du lat.apud (FouchéPhonét. 1952, 659, rem. IV), par l'intermédiaire de *abu, hyp. confirmée par formeab desSerments; prép.apud, fréq. à partirvies., surtout en Gaule, pour exprimer notions de relation et d'accompagnement;cf. avec 1 :Merov., 70, p. 62, 51 dsMittellat. W., s.v., 832, 23 : quod exinde socer suos [e. suus] concammio apud ipso Magnoaldo fecisset;cf. avec 2 : anno 726-727,Hist. Franc., 10, 252 dsMittellat, W., s.v., 832, 27 : rex omnem exercitum suumapud [cum ds Greg. Turon.] armorum apparatu jussit venire;cf. a. fr.o(d). A partir de l'époque mérov., confusion fréq. entrea(b) etad (cf. TLL, s.v. ad, 558, 78sq.; Mittellat. W., s.v. ad, 155, 12sq.) et entread etapud (cf. TLL, s.v. apud, 344, 35-54;Mittellat. W., s.v. apud, 832, 1-17) ce qui explique la triple orig. de l'a. fr.a.HIST. − En a. fr. la prép.à, dont les orig. lat. sont très diverses (cf. étymol.), a un emploi beaucoup plus large qu'en fr. mod. Au cours de l'hist. de la lang.,à ne cesse de lutter contre des prép. concurrentes anc.(en, de, pour) ou de création plus récente(chez, dans, avec), le mouvement gén. étant un mouvement de recul, en partic. devant un subst. de l'animé.I.− Emplois stables. − Dep. l'a. fr., la prép.à a exprimé le mouvement vers (ou jusqu'à) une limite non franchie, tant au sens concr. qu'au sens fig. Cette stab. ne va pas sans fluctuations de détail au cours de la longue période considérée.A.− Dans le syntagme verbal. 1. Constr. indir. simple. − À noter une concurrenceà /de devant l'inf. (cf. I A 1 b, rem. 3). En a. fr.,à s'emploie apr. des verbes auj. suivis dede : souffrirà,jurerà,menacerà (T.-L.). Auxviies. :oublierà;manquerà;prescrireà;rechercherà;risquerà;omettreà;retarderà;se proposerà;il est aiséà;avoir accoutuméà;prendre gardeà; etc. (Haase 1914, pp. 327-331).− Rem. 1. Inversementde a pu s'employer apr. des verbes suivis auj. deà. Citons, auxvies. :apprendre de;chercher de;s'offrir de (Goug.Gramm. 1951, p. 154).2. À noter aussi la constr. en a. fr.à + inf., là où le fr. mod. a la constr. dir. : Alerenta veoir Costantinople.Villehardouin, 192 (T.-L.).2. Verbes à double constr. Concurrence des prép.à /de devant l'inf. dans le typeinviter qqnà + inf. (cf. I B 4 a) : auxvies.des'emploie là où l'usage mod. est de mettreà : convier qqn de;inciter qqn de (Goug.Gramm., p. 154).3. Dans le compl. circ.a) Dans le compl. circ. de lieu (cf. I D, rem. 1 et 3) Concurrenceà /en. Ses causes : . les orig. lat. deà, qui lui donnaient les valeurs deen <in et notamment celles du locatif, avec idée de pénétration. − On sait que le lat. class. opposaitesse in urbe« être en ville » ou « à la ville », d'une part àire in urbem « aller en ville » (avec franchissement d'une limite et pénétration) et d'autre part àire ad urbem « aller vers la ville » ou « à la ville » (avec tout au plus atteinte de la limite mais sans pénétration). Il est évident que la prép.ad s'imposait quand la pénétration était inconcevable : cas d'obj. n'ayant pas d'intériorité accessible (ire ad januam « aller vers la porte » ou « à la porte »; cas des pers. (ire ad aliquem « aller vers qqn » ou « à qqn »)). Le lat. vulg. avait simplifié ce système d'oppos. trop subtiles et avait fini par dire indifféremment d'une part,ire in ouad urbem « aller vers la ville », « à la ville », « en ville » (sans considération de limite approchée, atteinte ou franchie) et d'autre part,esse in urbe ouad urbem « être en ville » ou « à la ville » (sans considération de mouvement); cette ext. à l'expr. du locatif avait été facilitée par des tours class. exceptionnels, commestare ad januam « se tenir à la porte », d'où l'idée de mouvement est exclue; . un accident phonét. − On sait que phonétiquement *à le donneau, mais que de même *en le donneel, eu, ou et risque ainsi de se confondre avecau. C. Fahlin (cf. bbg.,op. cit., pp. 62-63) cite comme 1erex. de la confusion ainsi créée,Merlin (fin duxiiies. ou début duxive) où l'on trouve simultanément : (... il n'ael monde chastiel (I, 198); (...) c'est la choseou monde (I, 11); (...) canques il voitau monde (II, 179). Ses manifestations : . devant les subst. masc. à initiale vocalique(enfer) et les subst. fém.(forêt) qui appellent une prép. ayant le sens de « à l'intérieur de »,en s'est imposé au prix du sacrifice de l'art., tandis queausupplantait apparemmenten − qu'en fait il contient − devant les subst. masc. à initiale consonantique :cf. enforêt, enenfer,maisaubois,auparadis; . devant les subst. masc. à initiale vocalique(hôtel) ou les subst. fém.(maison, tête) devant lesquels la prép. peut signifier soit l'approche, soit la pénétration, l'alternanceen /à est possible :àla maison / enmaison de;àla tête / entête;àl'hôtel /en l'hôtel; devant les subst. masc. à initiale consonantiqueau supplanteen :aulogis,auvisage; . même phénomène pour les noms de pays et de provinces : en a. fr. la prép. usuelle esten, à étant très rare. Or devant ces noms, précédés ou non de la prép., s'introduit l'usage de l'art., rare encore auxiiies. puis avec une fréquence croissante jusqu'auxvies., la tendance étant ensuite à l'élimination de l'art. Aussi trouve-t-onen devant les noms de pays masc. à initiale vocalique et les noms fém. (l'élimination totale deà la ouà l' au profit deen sans art. ne date que duxixes. où l'on trouve les dernières attest. deàla Chine,àla Floride). Devant les noms de pays masc.au < *en le ou *à le est resté, même devant les noms très anc. (auPortugal,auDanemark); . devant les noms de ville,à concurrenceen, qui devient rare, dès lesxiieetxiiies. sauf dedant les noms de villes bibliques ou lointaines. Auxxiveetxves.à cède parfois la place àen (ou àdedanz) quand on veut souligner qu'on est à l'intérieur de la ville. D'autre parten semble se réintroduire devant les noms de ville à initiale vocalique (cf.C. Fahlin,op. cit., pp. 137-145). Auxviies. on trouve encore enDamas, enFlorence, enParis et enAlexandrie, enÉpidaure, etc. (Haase, p. 341). Pouren Avignon, cf. sup. I D 1, rem. 3. . Au suj. de l'oppos.auprintemps / enété,enautomne, enhiver, les grammairiens sont divisés. Beaucoup, tels Bally et Wartburg, la justifient par l'absence de l'art. devantété, automne, hiver − s'agissant de véritables noms propres l'art. était inutile − et par sa présence (dansau) devantprintemps <primum tempus, à l'orig. simple nom commun ayant donc besoin d'un déterm. (sur cette question controverséecf.C. Fahlin,op. cit., pp. 107-111-114-116 et W. v.Wartburg,Problèmes et méthodes de la linguistique, pp. 113-114). . Auxviies.à est encore concurrencé paren devant déterm. On trouve a)s'intéresser enma conversation, enleurs maux; avoir quelque part envos bonnes grâces; se confier enla bonne fortune; croire enles livres de Moïse;b)mourir enla peine; mettre enla place de; être enla disposition de,etc. (Haase, pp. 341-343). Concurrenceà /dans, sur, vers :. La prép.dans s'impose vers le mil. duxvies. (cf.C. Fahlin,op. cit., p. 159) et tend à supplanterà devant les subst. ou apr. des verbes appelant une prép. signifiant « à l'intérieur de ». Mais auxviies. l'anc. état de lang. est encore abondamment attesté par des tours comme :se baignerausang d'un frère; renfermer qqnàde petites choses; se jeteràd'autres desseins; être blesséàune attaque; tomberaudésespoir; laisser qqnaubesoin; entreraudétail; tremperaucomplot (Haase, pp. 313-317).− Rem. Inversement l'usage a imposéà là où lexviies. employaitdans :s'intéresser dansles affaires; abandonner qqn danssa folie; pousser les choses dansles dernières violences; trouver du goût dansla vie; oublier sa dignité dansla vue de; être attaché danscette bienheureuse terre (Haase, pp. 346-347). . La prép.à a été concurrencée également par d'autres prép. de sens concr. Pour lexviies., citons :à supplanté parsur : rétablir qqnautrône; trouver le diableàson chemin; insister toujoursauxmêmes principes (Haase, p. 314);à supplanté parvers : se frayer un cheminàla foi (Haase, p. 321).b)À concurrencé par le degré zéro dans le compl. circ. de temps (cf. I E 3, rem. 1). − Des compl. circ. auj. constr. sans prép., étaient souvent, en m. fr., précédés de la prép.à :aulendemain matin,àce matin,ausoir(Goug.Gramm., p. 185).c) Concurrenceà /pour dans le compl. de but. − La prép.à avec une valeur finale a perdu du terrain au profit depour, comme en témoignent les emplois suiv. : auxvies. : Et aultres instruments requisa bien arboriser.Rabelais,Gargantua, 23. Auxviies. :avoir des appuisàse soutenir; se servir de ses mainsàfaire qqc.; se faire un prétexte de qqc.àne pas ...; chercher la solitudeàcacher qqc.; s'en prévaloiràéviter qqc.; n'avoir rienàrendre content; faire son possibleà (Haase, p. 331).− Rem.Inversementà a été parfois préféré àpour dans l'usage mod. :être destiné pourposséder qqc.; se tuer pourremarquer toutes ces choses (Haase, p. 363).B.− Dans le syntagme nom. − Le syntagme nom. présente dès l'a. fr. les caractères mod. du syntagme nom. dont le subst. déterminé est un subst. concr.1.Àmarquant la destination (cf. III D 1).À + subst. sans art. :à est suivi normalement d'un subst. non actualisé : boîtesa ongement.Meng. Rag., 1849 (T.-L.). Cependantà + art. + subst. est plus répandu qu'en fr. mod. : fourcheau fiens.Jub. N. Rec., II, 164, (T.-L.).2.À marquant l'accompagnement (cf. III D 3).À + subst. sans art. :à est suivi normalement d'un subst. non actualisé : chapea manches.Men. Reims, 145, (T.-L.).3.À introduisant un compl. qui exprime le moy. par lequel fonctionne un appareil ex.roueàaubes (cf. III D 2), semble ne pas avoir existé en a. fr.II.− Emplois en régression. − A.− Dans le syntagme verbal. 1. Constr. indir. simple (cf. I A 1 a, rem. 1).Recul du compl. indir.à + subst. de l'animé, certains verbes qui ont maintenant un régime dir. de l'animé s'étant constr. auxvies. avecà + subst. de l'animé :aideràqqn; assisteràqqn; satisfaireàqqn; favoriseràqqn; rencontreràqqn; supplieràqqn; éclaireràqqn (Goug.Gramm., pp. 149-150).2.À devant l'attribut de l'obj. (cf. I C 1 pour les emplois mod. qui subsistent). La prép.à a reculé au profit depouretcomme. En a. fr.,à est la prép. normale apr. les verbesavoir, prendre, vouloir : Rochebrune aa non.Bast., 87 (T.-L.). La concurrenceà /pour existe dès l'a. fr. : Ne vos taing or miepor sage ne por cortois / Ne vos an taing or miea sage ne por cortois.R. Charr., 140 (T.-L.). Auxviies., on trouve encore largementà devant des subst. abstr. :réputer, recevoiràfaveur; compteràgrand malheur; teniràbonheur,àinfamie; interpréteràmal; avoiràmépris; deveniràrien (Haase, p. 315).3. Dans le compl. circ.a) Recul deà devant un subst. de l'animé (cf. I D, rem. 2) au profit dechez, vers, sur : en a. fr.,à sert très couramment à indiquer le mouvement vers une pers. : .à signifiant « envers » :a li n'a pas häine.Berte, 1377, (T.-L.); .à signifiant « sur » : traoientas noz.Villehardouin, 218 (T.-L.); .à signifiant « vers, chez » :a vos m'anvoie.Ch. lyon, 5072 (T.-L.). Auxviies.à est encore largement empl. devant l'animé : . « chez » :souffrir qqc.àun homme comme vous. (Haase, p. 315); . « vers » : (se)tourneràun officier. (Haase, p. 314); . « sur » :se lanceràlui.(Haase, p. 314). Recul deà devant un subst. de l'animé au profit deavec, contre, pour exprimer l'accompagnement, la relation. . En a. fr. :à lui se vuet asseyer.Rich., 2217 (T.-L.). Tobiea sa fame ne jut.Tob., 1011 (T.-L.)... de cumbatreas Turs avoient grant ardour.Bast., 170 (T.-L.). Et va a chascun(s) demandant Qui est li sirea cui il vont Et cil lors respondu li ont Qu'il vont au seignor de Cocagne.Joufr., 1370 (T.-L.). « Je tireavous de l'erbalestre » c'est-à-dire : « Je tirerayavec vous de l'erbalestre ».Fabri,Art. de Rhetor, I, 13 (Hug.). . Auxviies. : Tu suis mes ennemis, t'assemblesà leur bande.Malh., I, 7, 89 (Haase, p. 320). Je m'amusea votre fille.Sev., II, 444 (Haase, p. 320). . A noter, en fr. mod., l'alternanceà /avec /contre apr.se battre, se mesurer. Recul deà marquant l'intérêt. − En a. fr., le tour suiv. est fréq. :Au conte ocïent son cheval.G. Gui. I, 5404 (T.-L.). Auxxviieetxviiies., on hésite entreà etpour : On faitpourCamille un crime de sa flamme.Corneille,Othon, IV, 1, 1206 (Haase, p. 363). Ce n'est pas un petit avantageà un homme ... de n'avoir point à faire de guerre à sa patrie.Balzac,Dissert. chrét., V (Haase, p. 335). D'autre part la prép.à continue en a. fr., la prép. lat.ab marquant l'orig. : prent cungéa ses freres.S. Brand., 145 (T.-L.). Apprenneiza mi, ke ...S. S. Bern., 17, 25 (T.-L.).A cui marceant l'acaterent.Fl. et Bl., 511 (T.-L.). Cette constr. a été éliminée parde et des loc. adv. commeauprès de, de la part de. L'agent (apr. un inf. dépendant delaisser oufaire à la voix pronom.) a cessé de pouvoir être constr. avecà(cf. I B 2) : La Grèce ne lui a point reproché de s'être laissé gouvernerà Nestor.Balzac,De la Cour. disc. I (Haase, p. 337).b) Recul deà devant un subst. de l'inanimé. Recul deà au profit deavec, pour exprimer la manière, la circonstance (cf. I F 1). Troverent le conte Loeysa grand plenté de bons chevaliers.Villehardouin, 498 (T.-L.). Noter dans les ex. suiv. la cœxistence deavec ouod + subst. de l'animé et deà « avec » + subst. de l'inanimé : Tut li altre passerent od le rei l'ewe de Cedrona plainte,a duleur ea plur.Rois, II, XV, 22 (Gdf.). Revenoientavec leurs peres ...a mains d'avoir eta plus de pechiez.L. Mest., 236 (T.-L.). En fr. mod.à subsiste encore dans des compl. circ. figés :àfoison,àgrands cris, etc. Recul deà au profit depar, de, pour exprimer une circonstance explicative (cf. I F 2 c) :Al sanc qu'il ot perdu etal caut quil destraint se pasma quatre fois.R. Alix., 188, 1 (T.-L.).A l'orgueil de ce traître De mes ressentimens je n'ai pas été maître.Molière,Tart. V, 3, 1709 (Haase, p. 324).− Rem. Pourà par, symétrique dede par, cf. par.B.− Dans le syntagme nom. − Une modification fondamentale se produit dans le syntagme nom. : la prép.à a cessé d'introd. le compl. d'appartenance et a été remplacée parde.On disait en a. fr.la nefàcil saint home; la terresasdous freres; la mereauroi; l'amorausaint home; la coeaulion, etc. (d'apr. T.-L.) : Se jo ne sui fillede roi Si sui je fillea rice conte.Parton.,10216, Crapelet (Gdf.).− Rem. Dans ce dernier ex. on notera la coexistence des 2 prép.à etde. En m. fr.à + subst. de l'animé est encore fréq., maisde est devenu la constr. usuelle : La bauge du sanglier, du cerf la reposee, La ruche de l'abeille et la logeauberger.D'aubigné,Trag. II, 1525 (Goug., p. 211). Auj. la constr. ne survit plus que dans la lang. pop. et fam. :la cousineàGermaine; un filsàpapa (cf. III D 6 b, rem. 1).
STAT. − Fréq. abs. litt. : 1 396 290.Fréq. rel. litt. :xixes. : a) 2 023 201, b) 2 054 474;xxes. : a) 1 830 617, b) 2 010 176.
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