Capitale de la République italienne (Italie), chef-lieu du Latium, située sur les rives du Tibre (2 726 539 hab. en 2009). Fondée selon la légende en 753 av.J.-C.,Caput mundi de l'Empire romain depuis le Ier s. apr.J.-C., R. fut de manière quasi ininterrompue le siège de la papauté (Saint-Siège) et, jusqu'en 1870, la capitale desEtats de l' Eglise. La ville attira de tous temps pèlerins, artisans, artistes et entrepreneurs de la Suisse entière.
Les rapports entre R. et l'actuel territoire suisse remontent au milieu du Ier s. av.J.-C., lorsque les Romains améliorèrent les voies transalpines (Julier, Grand-Saint-Bernard) et fondèrent Forum Claudii Vallensium (Martigny), laColonia Iulia Equestris (Nyon), Aventicum (Avenches) et Augusta Raurica (Augst). Au IVe s., la christianisation du territoire suisse partit de R. qui, ensuite, vit affluer les pèlerins de ces mêmes régions. Avant la Réforme, le Saint-Siège entretint de bons rapports avec les Confédérés; il établit ensuite unenonciature permanente à Lucerne (1586) pour maintenir le lien avec les cantons catholiques.
LaGarde suisse pontificale (1506) fut la première présence suisse permanente à R. Formée de mercenaires demandés par Jules II à la Diète, elle était destinée à la protection personnelle du pape; elle réussit à protéger Clément VII lors du sac de R. en 1527. La ville fut l'un des principaux chantiers de la Renaissance avec la construction de la basilique Saint-Pierre, commencée en 1506, et le développement urbanistique voulu par Sixte Quint (1585-1590). Ces travaux attirèrent des artistes et des artisans (tailleurs de pierre, maçons, architectes, stucateurs, peintres et sculpteurs;Maestranze) originaires des territoires lombards devenus bailliages de la Confédération dans les premières décennies du XVIe s.; ils provenaient surtout du Luganais, du Mendrisiotto et du Locarnais. Les plus connus sont Domenico Fontana, son neveu Carlo Maderno, Giovanni Serodine, Francesco Borromini et Pier Francesco Mola. Ces Tessinois, réunis en corporations et en confréries, contribuèrent de manière considérable à la construction de la R. de la Renaissance où se côtoient le maniérisme et le baroque.
Aux XVIIIe et XIXe s., R. fut la destination d'artistes et de savants, comme Angelica Kauffmann, Jacob Burckhardt et Arnold Böcklin, qui répandirent le mythe de la ville classique dans les arts et l'historiographie. Depuis le XVIe, et surtout au XVIIIe s., outre lesmaestranze, R. vit affluer de Suisse des immigrants au service de la curie et des familles nobles, en particulier des palefreniers, des cochers et des domestiques des vals Maggia et Lavizzara, ainsi que des marchands ambulants et des rôtisseurs du Locarnais. Au XIXe s., ce fut le tour d'artisans, comme les rémouleurs de Losone, et de commerçants, qui devinrent de plus en plus nombreux au XXe s.
La présence suisse à R. bénéficia d'un second souffle grâce à l'expansion de la construction dans la capitale après 1871 et au développement de l'industrie hôtelière; parmi les pionniers de ce secteur figurent le Grison Albert Hassler qui ouvrit son hôtel à la Trinité-des-Monts (1892), Heinrich Wirth, d'Obwald, qui fit de l'hôtel Hassler l'un des plus prestigieux établissements de R. et César Ritz, promoteur du Grand Hôtel (1894).
La résidence d'Emilio Maraini (actif dans l'industrie sucrière), construite par son frère Otto, fut donnée par sa veuve Carolina Sommaruga à la Confédération en 1946. La villa est depuis 1947 le siège de l'Institut suisse de R. qui a pour but de développer les échanges scientifiques et culturels entre la Suisse et l'Italie. La ville accueille en outre l'ambassade suisse (légation jusqu'en 1957) et l'école suisse de Rome fondée en 1945 par Alberto H. Wirth (fils de l'hôtelier Heinrich Wirth, d'Obwald).
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