Une moto, apocope de motocyclette, est unvéhicule motorisé, sanscarrosserie, à deux roues le plus souvent monotraces (en ligne), pouvant être équipé d'unside-car[1]. Inventées dans la deuxième moitié duXIXe siècle dans le même temps que les premiersmoteurs thermiques, les motos se déclinent aujourd'hui en plusieurs types selon leurs usages :sportive,supermotard,routière,tout chemin, routière sportive. Le conducteur, appelé « cyclomotoriste » (pour les moins de 50 cm3), « motard » ou « motocycliste », est assis àcalifourchon sur uneselle, les mains tiennent leguidon et les pieds s'appuient sur des repose-pieds. Unpassager peut se tenir à califourchon derrière lepilote, si la moto est conçue avec une selle et des repose-pieds pour passager.
Historiquement, « Motocyclette » est un nom propre. Déposé en1897 par les frèresEugène et Michel Werner[2], fabricants installés àLevallois-Perret, il est depuisdevenu un nom générique[3]. Il semble que ce soit le préfet de Paris qui, trouvant ce nom approprié, ait décidé qu'il désignerait, désormais, l'ensemble des véhicules à deux roues motorisés[4].
Comme souvent, lorsqu'une technique est émergente, sa finalisation se produit en plusieurs endroits presque simultanément[5],[6]. Ce fut le cas pour l'automobile et l'avion, il en a été de même pour la moto : le, un procès-verbal est établi à lapréfecture de laSeine en vue de la délivrance d'unbrevet[7] concernant un « vélocipède à grande vitesse » ; il est délivré sous le numéro 83691 le à Monsieur« Louis-Guillaume Perreaux - Ingénieur à Paris, 8, rue Jean Bart »[8]. Cependant, rien ne certifie que ce « vélocipède » ait roulé avant1871. Il était équipé, alors, d'un moteur àvapeur entraînant la roue arrière et de pédales agissant sur la roue avant. Un exemplaire de cette moto est exposé aumusée de l'Île-de-France au château deSceaux.
De l'autre côté de l'Atlantique, une autre invention à deux roues mue par un moteur à vapeur voit le jour : lemotocycle Roper(en). Vulgarisé lors de sa présentation à des fêtesforaines américaines dont témoignent la presse locale d'époque et des affiches, l'existence de ce véhicule autorise également lesAméricains à s'attribuer la paternité de l'invention de la moto[8]. Cependant, contrairement à l'invention de Perreaux, le véhicule de Roper n'a pas fait l'objet d'un dépôt de brevet permettant d'officialiser sa date de création que les experts ne se sont jamais accordés à définir. LaSmithsonian Institution possède un spécimen daté de 1869 dans sa collection[9].
L'invention deDaimler, datant de1885, a été conçue dans le but de tester un moteur fonctionnant aupétrole. Elle était équipée de roues latérales stabilisatrices, donc de quatre roues au total. On peut, cependant, avancer que la Daimler fut la première moto dotée d'un moteur à combustion interne[10].
Les premiers constructeurs de motocyclettes explorent de multiples solutions techniques et commerciales[11] :
en1887, le FrançaisFélix Millet fabrique et vend quelques exemplaires d'une moto équipée d'un moteur à pétrole à cinqcylindresen étoile placé dans la roue arrière[12] ;
en1897, Léon Cordonnier brevète son moteurIxion dont l'essor commercial sera très important au siècle suivant 1902 ;
la même année, les frèresEugène et Michel Werner commercialisent un cycle à moteur placé au-dessus de la roue avant, auquel ils donnent le nom de « motocyclette »[2].
Au début des années 1910[6] le choix de motos civiles est très large, avec des modèles dont les moteurs ont un à quatre cylindres, sont à deux ou quatre temps, et, pour ces derniers, à soupapes latérales ou en tête. L'offre va s'élargir encore avec la rapide croissance du britanniqueBSA[36], qui va devenir un des plus importants constructeurs mondiaux.
La seconde moitié de la décennie est marquée par laPremière Guerre mondiale, qui va pénaliser certaines marques, mais aussi permettre la très forte croissance de celles qui sauront tirer profit des commandes militaires. Triumph livre ainsi plus de 30 000 exemplaires de son monocylindre Model H, confortant sa première position en Europe. À l'inverse, Indian négocie mal cette période et se fait dépasser par Harley-Davidson, qui, en livrant à l'armée américaine près de 20 000 modèles bicylindres et en continuant à livrer le marché civil, devient l'un des plus gros constructeurs mondiaux.
Lesannées 1920 commencent mal sur le marché américain, le plus important marché au monde : les ventes de Harley, premier constructeur américain, sont ainsi divisées par deux entre1920 et1921, pour remonter progressivement jusqu'en1929.
En Europe, Triumph connaît une forte croissance avec des ventes passant de 4 000 machines en 1920 à près de 30 000 en 1925, exportées dans une soixantaine de pays. L'organisation industrielle du secteur évolue fortement avec des disparitions[39] mais aussi des créations, dont deux au moins vont durablement marquer l'histoire de la moto : celleMoto Guzzi en Italie[40] et deBMW en Allemagne[41][42]. Les moteurs quatre tempsculbutés commencent à supplanter ceux àsoupapes latérales, les freins à tambour se généralisent[43], et à la fin de la décennie l'éclairage électrique, remplaçant celui àacétylène, est de série sur la plupart des modèles.
Les motos sont désormais concurrencées, pour un usage professionnel ou familial, par les voitures. Aux États-Unis, lesFord T puisFord A, par exemple, sont au prix des motos de haut de gamme américaines. Et, en Europe, les premières voitures économiques produites en série, comme laCitroën C 5HP, laRenault NN ou laFiat 509, offrent une alternative aux side-cars.
En 1929 commence lagrande dépression qui frappe l'économie mondiale et va déclencher une profonde restructuration de l'industrie.
Modèles des années 1920
Moto Guzzi monocylindre horizontal de 500 cm3 (1921).
Seuls deux constructeurs américains survivent à la crise : Harley-Davidson et Indian[44]. Les exportations américaines de motos chutent de 38 000 en 1920 à environ 10 000 en 1930. La concentration en Europe se poursuit également : de nombreuses petites marques disparaissent, Peugeot reprend Automoto, BSA rachète AJS, Triumph est racheté parJ Sangster, qui possède déjà Ariel, et DKW fusionne avec Audi.
Cette période est marquée par la sortie d'un grand nombre de modèles de petite et moyenne cylindrées, notamment propulsés par des moteurs deux temps Villiers, et par la forte croissance du marché allemand, qui compte plus de 750 000 motards en 1934. DKW, avec 20 000 machines vendues chaque année, devient l'un des plus importants constructeurs européens. BMW introduit les moteurs à compresseur et la fourche avant hydraulique, certains modèles ont de série une suspension arrière, notamment les Moto Guzzi et Gilera, cette dernière marque introduisant aussi le refroidissement à eau. Les boîtes de vitesses à quatre rapports avec sélecteur au pied se généralisent, et, juste avant la guerre, Triumph sort deux modèles de bicylindres en ligne, motorisation qui structurera l'offre anglaise pour plusieurs décennies[45].
Pendant laSeconde Guerre mondiale, lesarmées alliées comme celles de l'Axe vont massivement utiliser des motos, mais dans des buts différents[46] : les alliés s'en servent uniquement pour le transport individuel et les communications, alors que les forces allemandes s'équipent aussi de motos plus lourdes, souvent attelées de side-cars pour porter mitrailleuses et autres armes, et capables de tracter des remorques[47].
Durant le conflit, les forces alliées commandent 88 000 motos à Harley-Davidson, près de 40 000 à Indian, et 425 000 à l'industrie anglaise, dont 125 000 à BSA, 100 000 à Norton, et 50 000 à Triumph. Les forces allemandes s'équipent deZündapp KS 750 et deBMW R 75, souvent en version side-car. Ces deux modèles, conçus à partir de 1937 sur appel d'offres de laWehrmacht, partageaient de nombreuses pièces communes et étaient tous deux propulsés par un moteur flat-twin de 750 cm3 avec transmission finale par cardan[48]. La Wehrmacht utilise également des motos plus légères, comme les DKW NZ-350[49] etRT 125[50] à moteur monocylindre deux-temps.
Modèles militaires de la Seconde Guerre mondiale
BSA WD M20 (1939).
Norton WD 16H (1939).
Zündapp KS 750 (1942).
Harley-Davidson WLA (1944).
Après-guerre et années 1950 : restructuration en Europe, naissance des motos japonaises
La période de l'immédiat après-guerre est marquée par une refonte importante de l'industrie mécanique mondiale[51] : de nombreuses installations industrielles ont été détruites, les sociétés qui s'étaient spécialisées dans l'armement doivent trouver d'autres débouchés et les clients cherchent des moyens de transport peu onéreux.
De nombreuses petites marques européennes disparaissent. En France, la production se concentre autour de Peugeot et deMotobécane, et sur des modèles de petite et moyenne cylindrées. En Angleterre, Triumph rejoint le groupe BSA[53]. Aux États-Unis, Indian fait faillite en 1953, et Harley-Davidson, devenu le seul fabricant local, élargit son offre à des modèles de petite et moyenne cylindrée. En Allemagne, BMW et NSU connaissent une forte croissance, Zündapp abandonne le segment des grosses cylindrées à partir de 1958 et, la même année, DKW, après avoir fabriqué de nombreux modèles de petite cylindrée, se retire du marché pour se concentrer sur l'automobile. Au Japon, quatre sociétés se lancent sur le marché des deux-roues motorisés :Honda puisSuzuki,Kawasaki, etYamaha. Initialement présentes presqu'exclusivement sur leur marché intérieur, elles révolutionneront le marché mondial à partir desannées 1960.
À la fin des années 1950, la quasi-totalité des motos est dotée d'un cadre suspendu, d'une fourche télescopique, de freins à tambour à l'arrière comme à l'avant et d'un éclairage électrique complet. Les modèles de forte cylindrée sont équipés de moteurs à quatre temps et de boîtes de vitesses proposant jusqu'à cinq rapports. Les modèles de faible cylindrée sont souvent équipés de moteurs à deux temps.
Modèles de la fin des années 1940 à la fin des années 1950
Le début de la décennie 1960 marque l'apogée des bicylindres anglais, qui, sous les marques Triumph, BSA, Norton et, dans une moindre mesure, Royal Enfield, détiennent la moitié du marché des grosses cylindrées aux États-Unis. Le marché américain des deux-roues motorisés est en très forte croissance, notamment sous l'influence de l'arrivée des constructeurs japonais qui y commercialisent d'abord de petites cylindrées, puis montent progressivement en gamme. Ainsi, dès 1965, les ventes aux États-Unis de Honda, qui y introduit leSuper Cub de 50 et 125 cm3, puis les bicylindresCB 305 (1961) etCB 450 (1965), sont2,5 fois supérieures à celles de Harley-Davidson.[réf. nécessaire]
Le marché européen subit la même évolution : le succès des cyclomoteurs et des scooters est très important, mais les voitures économiques concurrencent les motos de forte cylindrée, dont les fabricants européens font en outre face à l'arrivée des modèles japonais. Ceci provoque une nouvelle étape de consolidation en France, où seuls Peugeot et Motobécane sont encore actifs, en Angleterre, où Norton est absorbé par AMC et Royal Enfield voit ses actifs dispersés, ainsi qu'en Allemagne, où NSU arrête la fabrication de deux-roues pour se consacrer aux automobiles.
La fin de la décennie est marquée par le lancement d'une moto que la plupart des historiens du secteur considèrent comme symbolisant l'entrée dans l'ère moderne de la moto : laHonda CB 750. Ce modèle à quatre cylindres en ligne, dont la principale véritable innovation est lefrein avant à disque, offre un niveau d'équipement, de finition et de qualité qui va devenir la référence pour l'ensemble des autres constructeurs.
La concurrence japonaise a un effet majeur sur beaucoup de constructeurs occidentaux. Aux États-Unis, Harley-Davidson perd son autonomie et se reconcentre sur les grosses cylindrées. L'industrie anglaise manque de disparaître et deux marques seulement survivent : Triumph, qui ne produit plus qu'un seul modèle en fin de période, et Royal Enfield, qui survit en Inde. En Italie,Aermacchi, Bianchi, Lambretta et plusieurs autres constructeurs disparaissent.
À la fin de la décennie, le marché des grosses cylindrées est dominé par les constructeurs japonais, avec BMW comme principal concurrent en Europe. Les freins avant à disque commencent à se généraliser, et la disposition des commandes les plus importantes est standardisée, en particulier la commande de frein arrière au pied droit et le sélecteur séquentiel de vitesse au pied gauche.
L'architecture globale des motos modernes se stabilise et se standardise à partir des années 1980. Certaines évolutions techniques marquent la période :
les freins à disque équipent même les modèles de puissance moyenne, et sont souvent doubles à l'avant des modèles les plus puissants ;
les systèmes defreinage avec ABS, expérimentés à la fin des années 1970, sont commercialisés à partir de la fin desannées 1980, notamment sur lesBMW K 100 LT/RT etK1[54] ;
la recherche de performances et d'économie de carburant amène au remplacement progressif des carburateurs par des systèmes d'injection, comme, en 1980, sur laKawasaki Z1000H[55].
Les constructeurs occidentaux se spécialisent sur les modèles puissants[56].
Aux États-Unis, Harley-Davidson, un temps protégé par des réglementations douanières américaines limitant l'importation de modèles de forte cylindrée japonais, redevient indépendant en 1981 et retrouve la croissance. Indian renaît en 1999 avec une gamme de cruisers de forte cylindrée.
Au Royaume-Uni, Triumph se relance en 1990 avec une gamme entièrement nouvelle et des moteurs à trois et quatre cylindres. En Allemagne, BMW élargit sa gamme de modèles bicylindres à plat à la ligne de trails GS, puis, partir de 1983, à un nouveau type de motos, la ligne K, dotée d'un moteur à quatre cylindres à plat, et enfin à une famille de trails monocylindres puis bicylindres en ligne constituant la ligne F[57],[41].
Les quatre constructeurs japonais continuent de dominer le marché, et introduisent de nombreux modèles innovants, notamment des modèles à six cylindres en ligne face à la route comme laHonda CBX 1000[58], ou encore des moteurs à cinq soupapes par cylindre comme celui de la Yamaha FZ750[59]. Ils lancent le marché des trails avec leurs modèles monocylindres tout terrain comme lesYamaha XT,Honda XL puisNX, ou encoreSuzuki DR, ainsi que celui des maxi scooters à partir de la fin des années 1990 avec leYamaha Tmax[60] et le Suzuki Burgman[61].
Le marché des deux-roues motorisés est en très forte croissance en Asie où se constituent des constructeurs qui vont devenir parmi les plus importants au monde dans lesannées 2010[62] :
en Inde, Royal Enfield est relancé par le groupeEicher Motors en 1994 ; le groupe Bajaj, après avoir produit des scooters sous licence Piaggio dans les années 1960, s'allie à Kawasaki et devient l'actionnaire principal de KTM en 2007[63] ; Hero Motorcorp crée une société conjointe avec Honda puis prend son indépendance en 2011[64] ; et le groupe TVS, initialement allié à Suzuki pour la production des motos, prend son indépendance en 2001 ;
en Chine, le groupeCFMOTO, créé en 1989, connaît un grand développement à partir du début des années 2000[65] ; et Yadea, créé en 2001, devient un des plus importants constructeurs de scooters électriques[66].
Modèles des années 1980, 1990 et 2000
BMW K 100 RT avec ABS (1988).
Yamaha XT 600 Ténéré (fin des années 1980).
Harley-Davidson Fat Boy (2005).
Honda Hornet CBF 600 (2005).
Suzuki Burgman 650 (2006).
Années 2010 et 2020 : basculement vers l'Asie et l'électrique
À la fin des années 2010, le marché mondial des deux-roues motorisés, toutes motorisations et cylindrées confondues, est dominé par l'Asie : les sept plus grands constructeurs mondiaux sont asiatiques, et cinq pays de cette région absorbent deux tiers des ventes mondiales en volume[67],[68],[69].
Marché des deux-roues motorisés en volume par pays et par constructeur
La montée en puissance des industriels asiatiques non japonais dans le secteur des deux-roues motorisés se traduit également dans leurs relations avec les leurs homologues européens ou américains dont certains exemples sont indiqués ci-dessous :
Hero : accord de distribution et de fabrication avec Harley-Davidson (2020)[74] ; investissement dansZero Motorcycles (2023)[75] ;
Bajaj : partenariat technique et industriel avec Triumph (2017)[76] ; partenaire industriel et actionnaire principal (48 %) de KTM (2007)[77] ;
TVS : accord industriel avec BMW (2013)[78] ; rachat de Norton (2020)[79] ;
Kymco : partenariat industriel avec BMW (2007)[80] ; co-entreprise avec Harley-Davidson pour les motos électriques (2021)[81].
C'est à partir des années 2000 qu'apparaissent les premiers groupes industriels se spécialisant sur ce segment comme Yadea (Chine, 2001),Zero Motorcycles (États-Unis, 2006), Silence (Espagne, 2012), Super Soco (Chine, 2013) ou Niu Tech (Chine, 2014). En Europe,Piaggio lance en 2018 son premier modèle électrique : leVespa Elettrica[84]. La production de ces entreprises est principalement constituée de cyclomoteurs ou de scooters de faible et moyenne puissance, qui constituent l'essentiel des ventes en 2023[85].
Cyclomoteurs et scooters électriques des années 2010-2020
Yadea (2015).
Silence S01 (2017).
Vespa Elettrica (2019).
Niu Tech MQI (2022).
Super Soco CPX (2022).
En 2023, l'offre de motos ou scooters plus puissants[86] est moins large avec notamment Zero Motorcycles (2006), BMW (2013), Harley-Davidson (2015), ou encore l'italienEnergica (2015)[87].
Modèles électriques plus puissants des années 2010-2020
Zero Motorcycles MX (2011).
BMW C Evolution (2014).
Harley-Davidson LiveWire (2019).
Energica Eva Ribelle (2022).
En 2021, dix millions de motos et scooters électriques ont été vendus dans le monde, soit plus de 17 % du marché global des deux-roues motorisés. La pénétration des deux-roues électriques est particulièrement importante en Chine, marché qui absorbe plus de 80 % de l'offre mondiale et où un deux-roues motorisé vendu sur deux est électrique[88],[89].
La motocyclette était très peu fiable à ses débuts. Elle obligeait à effectuer des interventions mécaniques fréquentes. De plus, les routes étaient en mauvais état et les suspensions étaient inexistantes (si l'on ne tient pas compte des ressorts de la selle). Mais très vite l'usage de la moto se répandit en commençant par être un outil de travail des professions libérales. La Première Guerre mondiale a favorisé son utilisation à des fins militaires. Les vélos furent remplacés par les vélomoteurs et des motocyclettes plus commodes et moins chères que les automobiles.
Toutefois, alors que lesannées 1970 voyaient la banalisation de l’accès à la voiture, avec l’essor de la production de masse de véhiculesPeugeot,Renault etCitroën, la motocyclette connut une certaine renaissance sous l'impulsion de constructeurs japonais qui misaient sur le rêve en produisant des machines jolies, propres, puissantes, solides, très élaborées et faciles à conduire.
Alors que l’embourgeoisement semblait accessible à tous ceux qui, notamment à travers l'automobile, revendiquaient l’accès à une « grande classe moyenne », c’est finalement un dur retour aux réalités de la domination sociale, exprimé lors du printemps demai 1968, qui sonna le retour à la motocyclette. Désormais fiable, elle permettait d'exprimer de la distinction vis-à-vis de la masse populaire et du ressentiment face à la société pleine de promesses et de contraintes. La moto devint une marque distinctive de liberté et, quelquefois, de contestation. Le choc pétrolier de1973 et la crise économique provoquèrent une hausse générale des prix, dont le carburant et les assurances. Cet environnement hostile aux motards donna naissance en1980 à laFédération française des motards en colère (FFMC), fédération d'associations locales préexistantes ayant vocation de défendre les droits de cette catégorie d'usagers de la route.
Les motos doivent être d'un type homologué dans les marchés où elles sont vendues, notamment pour un usage dans l'espace public, et chaque exemplaire porter un numéro d'identification. Des dispositions communes à plusieurs pays sont définies au niveau mondial, notamment depuis lesaccords CEE-ONU de 1958, 1997 et 1998[93]. En Europe, ce processus est encadré par le règlement UE 168/2013[94], qui concerne tous les véhicules dits de catégorie L comprenant la quasi-totalité des deux et trois roues motorisés, ainsi que certains quads[95].
Ce règlement définit plusieurs dispositions administratives et techniques, notamment les catégories de véhicules (article 4)[96], les obligations de marquage (article 39), certaines caractéristiques techniques pour chaque catégorie d'engin (Annexe I)[97],[98], les dates prévisionnelles d'entrée en vigueur de certaines nouvelles obligations (annexe IV)[99], ou encore les niveaux d'émission de polluants et de niveau sonore à respecter (annexe VI).
D'autres textes réglementaires, internationaux ou nationaux, font régulièrement évoluer la réglementation. Ainsi une directive européenne de 2014 prévoit elle un contrôle technique périodique obligatoire des deux-roues motorisés[100]. Cette obligation a suscité une vive polémique en France et ce n'est qu'en 2023 que les autorités françaises ont annoncé sa mise en vigueur à partir du premier trimestre 2024[101],[102].
Capacité des utilisateurs : les permis de conduire
Des réglementations nationales définissent les équipements obligatoires dont doivent être dotés les conducteurs et passagers de deux-roues motorisés. En France, en 2023, conducteur et passager doivent porter uncasque et des gantscertifiés CE, et disposer degilets de haute visibilité[104]. Ces réglementations peuvent être très différentes d'un pays à un autre. Ainsi, par exemple, aux États-Unis, en 2022, le port du casque n'est pas obligatoire dans trois États, et d'autres ne l'imposent qu'aux jeunes pilotes[105].
L'utilisation de motos sur la voie publique est soumise aux dispositions générales ducode de la route en vigueur dans le pays concerné. Certaines dispositions de ce code peuvent être particulières aux usagers de motos, comme la circulation interfiles[106].
Le tableau ci-dessous récapitule les principales dispositions législatives et réglementaires en vigueur en France en 2023 concernant les motos et leurs utilisateurs.
Dénomination française
Catégorie européenne
Définition
Permis nécessaire
Conditions d'obtention
Moto de forte puissance
L3e-A3
Aucune limitation de puissance.
A
Avoir au moins 20 ans, être titulaire d'un permis A2 depuis au moins deux ans et suivre une formation complémentaire de sept heures[107].
Avoir au moins 18 ans et réussir l'épreuve théorique moto (ETM) et justifier d'un minimum de vingt heures de leçons, dont huit sur piste et douze sur route pour l’examen du permis A2.
Avoir au moins 16 ans et réussir l'épreuve théorique moto (ETM) et justifier d'un minimum de vingt heures de leçons, dont huit sur piste et douze sur route pour l’examen du permis A1[109].
Avoir au moins 14 ans et valider l'attestation scolaire de sécurité routière (ASSR 1, ASSR 2) ou l'AER, au collège, ou de l'attestation de sécurité routière (ASR) enGreta. La formation pratique dure au minimum huit heures et se déroule sur deux jours (quatre heures par jour maximum)[110].
La réglementation française impose en outre que, pour circuler sur la voie publique, toute moto et tout cyclomoteur soit immatriculé. Le transport d'un passager est autorisé si le véhicule a été conçu et homologué dans ce but, donc notamment est pourvu de repose-pieds et d'une poignée de maintien.
Les avantages et inconvénients offerts par lesdeux-roues, et les différents types de motocyclette permettent une utilisation variée[111], tantôt complémentaire aux véhicules personnels (voitures), tantôt concurrentielle.
La motocyclette désigne à la fois le véhicule et son utilisation[91]. La moto peut être pratiquée sur :
route ouverte (si homologuée), pour voyager au long cours (les BMW GS ou Harley-Davidson ElectraGlide peuvent contenir par exemple plus de160 litres de bagage) ;
circuit d'asphalte avec unesupermotard (moto de typetrail avec des pneus tendres sans crampons[112]), en sportive ouside sportif ;
circuit de terre ou tout-terrain avec un trail ou untrial (moto de type trail très légère avec des pneus tendres et une selle symbolique, prévue pour faire des acrobaties et de l'escalade) ;
terrain clos asphalté, pour par exemple faire dustunt (acrobaties à moto sur généralement un roadster préparé spécifiquement) ou duMoto-Gymkhana.
Dans les grandes métropoles, notamment européennes, elle permet d'éviter les nombreux bouchons mais également les difficultés de stationnement en centre-ville.
Par rapport à l'automobile, elle permet de plus des trajets plus courts (en temps), un trafic plus fluide (d'où — globalement — moins de pollution), et de moindres problèmes de stationnement.
Les armées du monde entier ont très tôt compris l'intérêt d'un véhicule rapide et léger sur un champ d'opération. Dès la Première Guerre mondiale, les motocyclettes furent utilisées comme véhicules de liaison, permettant également la mise en place rapide de barrages filtrant sur routes.
Les side-cars permettent d'utiliser des armes semi-automatiques mobiles (side-car Flat Head - 750WLA,FN Herstal ouBMW R 71)[114]. Certaines motos ont été utilisées pour transporter des pièces d'artillerie légère, comme des mitrailleuses ou des armes antichars.
La conception et la construction d'une moto font appel à un grand nombre d'éléments, dont les principaux sont mentionnés et succinctement explicités ci-dessous.
Lecadre (ou châssis) relie les différents autres éléments entre eux et assure la rigidité de la moto. Historiquement dérivés de cadres de vélos, les cadres de moto ont différentes formes (simple ou double berceau, treillis, périphérique, etc.), et utilisent des matériaux variés, les plus courants étant l'acier et l'aluminium. L'avant du cadre supporte unefourche reliée à la roue avant et actionnée par unguidon.
Lesroues et lespneus assurent le contact entre la moto et le sol. La roue arrière est motrice[119], et souvent dotée d'un pneu plus large que celui de la roue avant. Les roues sont équipées derayons ou de branches. Plus rarement, elles peuvent être pleines, comme celles de laHarley-Davidson Fat Boy.
Latransmission transmet la rotation de la boîte de vitesses, issue du mouvement linéaire du moteur par l'intermédiaire d'unvilbrequin, à la roue motrice. On distingue latransmission primaire, qui relie le moteur à la boîte de vitesses, et latransmission secondaire, qui relie la boîte à la roue motrice. Il y a trois familles de transmission secondaire : àchaîne, système le plus répandu, àcourroie, système utilisé notamment par les marques américainesHarley-Davidson etIndian, et àarbre et cardan, système utilisé notamment par la marque allemandeBMW.
Lasuspension joue un rôle essentiel pour assurer le contact des roues avec le sol quel que soit l'état du sol. Elle contribue à latenue de route et au confort du pilote et du passager. Les toutes premières motos du début deXXe siècle n'avaient aucune suspension[120]. La suspension avant est apparue dans la première moitié desannées 1900, puis la suspension arrière. Les motos modernes ont généralement une suspension arrière àbras oscillant couplé avec un ou deuxamortisseurs, et une fourche hydraulique à l'avant[121].
Lesfreins servent à ralentir et arrêter la moto. Les motos américaines (Harley-Davidson, Indian) n'ont longtemps été équipées que d'un frein arrière, alors que les motos européennes (Triumph…) avaient déjà un frein à l'arrière et un à l'avant. Initialement dérivés des systèmes utilisés sur les vélos, les freins ont connu trois grandes évolutions : lefrein à tambour puis lefrein à disque, et enfin l'ABS. Les motos modernes sont généralement équipées d'un frein à disque, simple ou double, à l'avant. Le frein à disque remplace progressivement le tambour à l'arrière, notamment sur les modèles les plus puissants. Les modèles puissants ou luxueux sont les premiers dotés d'ABS[122], dispositif rendu progressivement obligatoire par la réglementation européenne à partir de 2016[123].
Le comportement et les performances d'une moto dépendent de nombreux paramètres techniques, dont les plus importants sont :
lepoids : plus la moto est légère, plus elle sera facile à manœuvrer, notamment à faible vitesse, et, à moteur égal, elle pourra mieux accélérer et atteindre des vitesses plus élevées ;
lapuissance et lecouple du moteur, qui conditionnent les performances dynamiques de la moto. La puissance permet d'atteindre une vitesse plus élevée, et le couple plutôt d'obtenir des accélérations fortes. Puissance et couple sont généralementcorrélés positivement avec la cylindrée du moteur ;
Lagéométrie de la moto a également une grande influence sur son comportement dynamique[125]. Les paramètres les plus importants de cette géométrie sont :
la distance entre l'axe des roues, appelée« empattement » : plus elle est petite, plus maniable sera la moto, mais au détriment de la stabilité à haute vitesse ;
la chasse et l'angle de chasse : plus ils sont faibles, plus faciles seront les changements de direction, mais au détriment de la stabilité en ligne droite.
Caractéristiques techniques de différents types de motos
Les motos peuvent se classer en différents types, chaque type ayant des caractéristiques différentes telles que la maniabilité, le poids ou la position de pilotage. Il existe plusieurs typologies informelles, dont les catégories ne sont pas figées, et leurs frontières pas toujours définies par des critères universels. Il existe cependant des grandes catégories :
Ces motos sont peu adaptées à un usage urbain de par leur mauvaise maniabilité à basse vitesse, leurs suspensions souvent réglées dures rendant leur comportement inconfortable sur route dégradée, et leur position de conduite, tronc allongé sur le réservoir, qui ne favorisent pas leur aptitude au voyage[136]. Le duo est possible par homologation, quoi que cela ne soit pas leur vocation première. Leur prix de vente (vitrine technologique des constructeurs) et le coût de leur entretien (pneus tendres, moteurs poussés) sont des freins rédhibitoires à l'achat pour de nombreux motards.
Unroadster se caractérise par l'absence de carénage[137]. L'accent est ici mis sur les sensations d'accélération, de nervosité et de maniabilité. Le moteur « coupleux » (riche encouple) donne un très bon rapport poids/puissance. Bien que destinée à une utilisation urbaine, cette moto se prête également à des trajets routiers, mais l'absence de carénage expose le conducteur à la pression du vent. Elle peut être dotée d'équipements pour un meilleur confort de conduite comme une bulle (petitpare-brise), un saute-vent ou une tête de fourche. Outre les motos dites « basiques », les roadsters simples de cylindrée moyenne sont prisés par les débutants pour leur facilité de prise en main. On compte dans cette catégorie de plus en plus de roadsters sportifs, dotés de moteurs plus puissants, capables de très fortes accélérations[138].
La moto de typecruiser se caractérise par une position de conduite avec les pieds en avant, et une selle basse[149]. Elle poursuit le style de certaines machines américaines desannées 1930 au début desannées 1960, comme celles produites parHarley-Davidson,Indian,Excelsior etHenderson.
Cette catégorie évolue depuis les années 2000, avec l'augmentation de la cylindrée (muscle-bikes représentés par laRocket III de Triumph de 2 294 cm3 ouDragster comme laVRXSE Destroyer de Harley-Davidson), le retour à la mode de modèles plus ou moins carénés se rapprochant du grand tourisme (Bagger représenté par leStreet-Glide de Harley-Davidson outouring tel la Vision deVictory).
En 2022, l'offre de ce type de modèles en France est essentiellement assurée par Harley-Davidson (neuf modèles)[150] et Indian (neuf modèles)[151], qui en ont fait leur cœur de gamme, et, dans une moindre mesure, Triumph (sept modèles)[140], BMW (trois modèles)[143], Honda (trois modèles)[144], Kawasaki (trois modèles)[141] ou encore Ducati (quatre modèles)[142].
Lescruisers forment la base la plus courante pour les motoscustom personnalisées.
Letrail est une moto capable d'évoluer aussi bien sur route qu'en tout-chemin. La mode des trails a été lancée à la fin des années 1970, avec laYamaha XT 500 et les débuts des grandes compétitions d'endurance qui avaient lieu sur le sol africain. Ces machines sont parfois dérivées de motos d'enduro ou de cross, mais ont tout l'équipement pour pouvoir circuler sur route[152].
Ce segment peut aussi englober lessupermotards, qui sont des machines d'enduro adaptées au bitume avec des pneus de route[153].
Enfin, le marché récent se voit doté de plus en plus de trails sportifs comme laDucati Multistrada dont le style général et la garde au sol élevée évoquent les trails mais dont la puissance et les performances sont dignes des motos les plus sportives, au détriment des capacités en tout-terrain.
En 2022, l'offre de modèles trails en France est large : onze modèles chez Triumph[140] et Kawasaki[141], neuf chez BMW[143], et plus de cinq chez d'autres constructeurs comme Honda[144], Yamaha[139], MV Agusta[146], ou encore Ducati[142].
Lescooter est doté des particularités suivantes : le diamètre des roues qui est souvent inférieur à celui des autres motos, la position de conduite (le pilote place ses jambes devant lui sans devoir enfourcher le véhicule) et un variateur ou une boîte de vitesses automatique[154]. Leur maniabilité et leur facilité d'emploi rend les scooters très populaires dans les villes[155]. Nécessitant généralement unpermis de conduire moto, les « maxi-scooters » dotés d'un moteur d'une cylindrée supérieure à 125 cm3, tels queHonda Silver Wing(en),Honda Reflex,Suzuki Burgman(en) etYamaha TMAX, sont apparus dans lesannées 2000. L'augmentation de la puissance de ces machines peut induire l'utilisation d'une chaîne pour latransmission secondaire, se substituant à la transmission par courroie typique des scooters, comme le « maxi-scooter »Honda X-ADV.BMW propose leC1 avec un arceau de sécurité, ce qui permet au pilote de s'affranchir du casque (une ceinture de sécurité le rendant solidaire de la machine, et l'arceau le protégeant en cas de chute). Il n’a cependant pas obtenu un succès commercial et la production s'est arrêtée en 2003.
Il existe quatre types de véhicules, assimilés par la réglementation à des motos, qui sont dotés de trois roues : les side-cars, les trikes et les scooters à trois roues.
Ces trikes (ou tricycles motorisés) sont des engins à trois roues dérivés d'une moto dont l'avant a été conservé et la roue arrière remplacée par deux roues reliées par un essieu. L'histoire de ces modèles remonte aux années 1930 avec leServi-Car de Harley-Davidson, véhicule à vocation utilitaire qui sera commercialisé avec un grand succès aux États-Unis de 1932 à 1973, équipant notamment livreurs, commerçants et services de police. En 2023, l'offre est limitée : parmi les grands constructeurs moto seul Harley-Davidson en propose à son catalogue. D'autres marques plus confidentielles, commeBoss Hoss, et des préparateurs spécialisés en proposent également. Ces engins très stables et généralement lourds peuvent, en France, être pilotés avec un permis B[160].
Ces trikes sont des engins dont la propulsion est assurée par une seule roue arrière, et qui sont dotés d'un train avant à deux roues, très espacées l'une de l'autre. Dans cette catégorie, on trouve notamment les modèles de la marque canadienneCan-Am, ou lesSlingshot du groupePolaris.
Les scooters à trois roues ont une architecture globale proche de celle des scooters, mais sont dotés de deux roues, proches l'une de l'autre, à l'avant. Ils se pilotent de façon similaire à leurs homologues à deux roues, et ont une très grande stabilité à l'arrêt et à faible vitesse. Ils sont apparus en 2006 avec le lancement duPiaggio MP3. En France, ces engins peuvent être conduits, sous certaines conditions, avec un permis B[161].
Il existe d'autres variétés de motos, moins répandues, par exemple :
mini moto (pocket bike oupit bike), moto au format réduit ;
Derny, moto spécialisée en tant que bouclier aérodynamique devant une bicyclette pour des records de vitesse sur une piste ovale ;
speedway, machine sans frein spécialement étudiée pour les virages à gauche. Les dérapages effectués en virage se font en effet systématiquement à gauche enspeedway, impliquant une adaptation spécifique du matériel. Leur moteur est généralement alimenté à l'alcool méthylique (méthanol) ;
laMonotrace, produite en France sous licence (Mauser Einspurauto) de 1926 à 1928 : c'est une véritable voiture à deux roues (cabriolet). À l'arrêt, elle tenait debout grâce à des roulettes rétractables au moyen d'un levier. La société suissePeraves produit depuis de nombreuses années son interprétation moderne avec ses performantes Ecomobil et maintenant le Monotracer (moteurs 4-cylindres en ligne de motoBMW K) ;
il existe également des modèles hybrides, comme laCarver, qui possède trois roues, mais dont la cellule penche en virage comme une moto, permettant une meilleure stabilité en virage, en dépit du plaisir de conduite[162].
LaLazareth LMV 496, sortie en 2019, est la première moto volante capable de rouler[163]. Cette moto électriquemonoplace à quatre roues pendulaires dotées de mini-turbines est homologuée pour la route.
Beaucoup de personnes jugent que les accidents sont dus à une prise de risque inconsidérée ou à une vitesse trop élevée des motards. Or, d'après l'étude MAIDS[168] de l'Association des constructeurs européens de motocycles (ACEM), la vitesse de déplacement de la motocyclette au moment de l’impact est« inférieure à50km/h » dans 70 % des cas et la majorité des accidents étudiés est survenue en milieu urbain. L’excès de vitesse ne contribue à l’accident que dans quelques cas isolés.
De plus un problème technique n'est en cause que dans moins d'1 % des cas, principalement à cause des pneumatiques. Dans plus de 50 % des cas, la première cause de l’accident est une erreur humaine de la part d'un véhicule tiers et pas de la moto. Parmi les principales causes d’accident, les conducteurs d’autres véhicules ayant commis une erreur humaine « n'ont pas détecté » la présence de la moto dans plus de 70 % des casa fortiori si le conducteur n'a que le permis voiture. Parmi les motards, les jeunes conducteurs entre 18 et25 ans sont surreprésentés dans les accidents, quand la catégorie des 41-55 ans était sous représentée montrant que les conducteurs de cette tranche d'âge ont un risque moins élevé d'accident[168].
Les infrastructures routières sont conçues avant tout pour les voitures, elles tiennent rarement compte des caractéristiques de la conduite moto, pour laquelle elles peuvent être dangereuses : risque de blessures graves aux membres inférieurs, à la colonne vertébrale ou à la tête[168]. Dans 3,6 % des cas d'accidents de l'étude MAIDS, un défaut de maintenance de la route était en cause ou contributif à l'accident. La dispersion des responsabilités entre les gestionnaires du réseau routier (État, collectivités territoriales) et la faiblesse des normes en matière de mobilier urbain constituent les principales causes de ces dysfonctionnements. LeCentre européen d'études de sécurité et d'analyse des risques (CEESAR) a poussé ses recherches dans les domaines de la biométrie et de la physiologie de la conduite, le système routier en général et ses infrastructures et a élaboré des scénarios types d'accidents. Ce centre a émis des propositions d'améliorations des équipements de protection mais aussi des normes liées, y compris celles servant à l'homologation descasques.
Une motocycliste sans casque.
D'une façon générale, ces points sont importants :
les autres usagers perçoivent mal les deux-roues (cause primaire de plus de 50 % des cas d'accidents[168]) : ceci doit être une évidence pour les motards pour qu'ils agissent en conséquence ;
éviter de demeurer trop longtemps masqué par l'angle mort lors de files ininterrompues ;
éviter les zigzags et les pleins phares intempestifs ;
adapter sa vitesse non pas seulement en fonction de l'adhérence mais plutôt en fonction de l'environnement (piétons, zone résidentielle, vent) : dans 18 % des cas d'accidents de l'étude MAIDS, une vitesse inadaptée fut considérée comme un facteur d'accident[168] ;
une tenue adaptée : casque homologué ; blouson, veste ou combinaison éventuellement associés à uncoussin gonflable de sécurité (airbag) ; gants[169] ; pantalon ; bottines ou bottes. Cela permet de protéger le corps en cas de chute. Dans 9 % des cas d'accidents de l'étude MAIDS, le casque n'a pas tenu sur la tête du pilote, soit par un mauvais attachement, soit à la suite du choc ; il est néanmoins indéniable que le casque réduit le risque de blessure à la tête. De plus, 55 % des blessures sont aux extrémités hautes (mains, bras) et basses du corps (pieds, jambes), en majorité mineures comme des abrasions ou contusions. Le port de protections permet de réduire ce type de blessures[168] ;
être courtois, respectueux et tolérant pour calmer les esprits.
Depuis l'année 2009, l'Association française de prévention des comportements sur la route (AFPC) a entamé une action en direction des motocyclistes, tant en s'adressant à eux qu'en s'adressant aux automobilistes, en les sensibilisant au partage de la route auto/moto.
La Journée nationale de la courtoisie sur la route[170] et en ville (JNCV) est soutenue par laFédération française de motocyclisme (FFM), l'Association fédératrice de quad (AFFQ) et, dans le milieu de la moto au féminin, par le moto-club national Dark Angels. Localement, dans divers départements, des actions conjointes sont menées avec laFédération française des motards en colère (FFMC).
Pour des raisons techniques, il est temporairement impossible d'afficher le graphique qui aurait dû être présenté ici.
La sérieCubitus, dessinée parDupa, dans laquelle Cubitus et son maître Sémaphore se déplacent en side-car jaune.
La sérieLes fondus de moto, dessinée parBloz, scénario Cazenove et Richez, qui illustre le quotidien d'ami(e)s motards.
Pravda la survireuse (emblématique de lacontre-culture post Mai 68, cette BD deGuy Peellaert mêle féminisme, érotisme et moto. L'héroïne chevauche une étrange machine au carénage en forme de panthère noire, toutes griffes dehors).
La sérieJoe Bar Team, dessinée parBar2 etFane, raconte les aventures et les déboires d'une bande de motards.
La sérieMême pas peeur…, dessinée par Suyho Sato, qui raconte les histoires de différents motards, tous ami(e)s et leurs déboires avec la gendarmerie.
Motomania, dessiné par l'Allemand Aue Holger, Albin Michel.
La sérieMoto râleuses raconte l'histoire de motardes.
La sérieSam Speed, dessinée par Colman & Batem, raconte l'histoire de Sam, essayeur moto pour le journalRatomoto, de son collègue photographe et d'autres intervenants.
Le dessinateurFrank Margerin a réalisé des albums traitant des motards.
Ptiluc a réalisé la sérieMémoires d'un motard, une sorte d'autobiographie de sa vie de motard.
La sérieWarm Up deRenaud Garreta, dont le tome 1 est sorti en.
↑C'est aussi souvent le cas en sciences :le « zéro » fut ainsi découvert plusieurs fois et en plusieurs régions du monde[pas clair].
↑a etbLes chapitres historiques de cet article n'ont pas vocation à brosser un panorama exhaustif des multiples évolutions techniques, commerciales ou d'organisation industrielle du marché des motos. Ils visent à mettre en évidence certains points caractéristiques de chaque époque, en donnant des exemples les illustrant. En outre, pour alléger l'article et sa liste, importante, de notes et références, certaines affirmations contenues dans le texte ne sont pas directement liées à une source. Le lecteur souhaitant approfondir ces sujets, affirmations ou exemples est invité à lire les liens Wikipedia les concernant.
↑Certaines sociétés produisent des composants pour leurs propres modèles et les vendent également à des constructeurs concurrents. Par exemple, pour les moteurs, c'est le cas de Motosacoche, De Dion Bouton ou Peugeot.
↑Plusieurs constructeurs européens commencent cependant à proposer des bicylindres, notamment Peugeot.
↑Les américains donnent priorité à la Jeep pour ces usages. Plus de 630 000 Jeep seront fabriquées pendant la guerre.
↑Les performances et la robustesse de ces motos allemandes amenèrent les forces américaines à demander à Harley et Indian d'en faire des « copies », qui furent produites à très peu d'exemplaires.
↑Ce règlement ne s'applique pas à certaines catégories, notamment: engins militaires, usage exclusivement en compétition ou encore véhicules agricoles.
↑Parmi lesquelles les cyclomoteurs à deux roues (L1e-b), les cyclomoteurs à trois roues (L2e), les motos à performances réduites (L3e-A1), moyennes (L3e-A2) ou fortes (L3e-A3), les side-cars (L4e), les tricycles (L5e)
↑Ainsi, par exemple, un cyclomoteur à deux roues (L1e-b) doit avoir un moteur de moins de 50cc/4kW et une vitesse maximale de 45 km/h; une moto à performances réduites un moteur de moins de 125cc/11kw; et une moto à performances moyennes (L3e-A2) un moteur de moins de 35kW.
↑Cette réglementation européenne a mis fin à une particularité réglementaire française qui, jusqu'alors, limitait la puissance des motos vendues en France à 74 kW.
↑Comme la conformité aux normes d'émission de polluantes et sonoresEuro 4 (progressivement à partir de 2016), l'allumage automatique des feux (2016), ou encore les systèmes de freinage avancé type ABS (2016 pour la catégorie L3e).
↑En revanche, lamotorisation Diesel est rarement utilisée sur les motos, notamment pour une question de masse embarquée. Lesmotos à motorisation Diesel ont connu quelques essais sporadiques, mais la production reste soit amateur, soit très intimiste par de petites entreprises, soit par l'armée mais maintenant abandonnée.
↑Certains modèles étaient équipés de selles à ressort qui offraient un relatif confort au pilote, mais n'avaient aucun effet sur la tenue de route de la moto.