Pour les autres membres de la famille, voirfamille de Gaulle.
Yvonne de Gaulle | |
![]() Yvonne de Gaulle en 1968. | |
Épouse du président de la République française | |
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– (10 ans, 3 mois et 20 jours) | |
Président | Charles de Gaulle |
Prédécesseur | Germaine Coty |
Successeur | Claude Pompidou |
Biographie | |
Nom de naissance | Yvonne Charlotte Anne Marie Vendroux |
Naissance | Calais (Pas-de-Calais) |
Décès | (à 79 ans) 5e arrondissement de Paris |
Nationalité | Française |
Conjoint | Charles de Gaulle |
Enfants | Philippe de Gaulle Élisabeth de Gaulle Anne de Gaulle |
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Yvonne de Gaulle, néeVendroux le àCalais et morte le àParis, est l'épouse deCharles de Gaulle, chef de laFrance libre puis fondateur de laVe République etprésident de la République française de 1959 à 1969.
Surnommée« tante Yvonne », elle est réputée pour sa discrétion. En effet, malgré de nombreuses apparitions publiques dues à l'activité de son mari, et bien que souvent présente à l’image, elle ne s’exprime jamais publiquement. N'ayant accepté de participer qu'à un seul et unique reportage photo pendant l'exil à Londres, Yvonne de Gaulle n’a jamais accordé aucun entretien radiophonique ou télévisé : le son de sa voix reste donc inconnu.
Yvonne Vendroux est issue d'une famille d'industrielscalaisienne d'originebourguignonne. À l'origine, sa famille estnéerlandaise, du nom de « Van Droeg » transformé en « Vendroux » lorsque cette famille de producteurs detabac doit partir,Guillaume d'Orange ayant décidé de faire inonder des terres pour repousser l'avancée des troupes du roi de FranceLouis XIV. Un de leurs descendants, ancêtre d'Yvonne, épouse une Calaisienne au début de laRévolution française[1].
Son père, Jacques, est le président du conseil d'administration d'une biscuiterie. Sa mère, Marguerite née Forest, issue d'une famille de notaires ardennais, est la sixième femme de France à obtenir un permis de conduire[1], et est la petite-fille d'Alfred Corneau, industriel deCharleville-Mézières. Les Vendroux passaient leurs étés dans le château ardennais de l’abbaye Notre-Dame de Sept-Fontaines.
Son frère aîné,Jacques Vendroux, est né en 1897 ; il deviendra maire deCalais et député.
Son frère cadet, Jean, est né en 1901 à Calais, marié à Madeleine Schallier (1907-2000) ; père de sept enfants, il meurt en 1956 dans un accident de voiture.
Sa sœur, Suzanne Vendroux (née le à Calais, et morte le àWorthing, enAngleterre) se marie le àFagnon, avec Jean Rerolle (né le àChâteauroux et mort le àNeuilly-sur-Seine) avec lequel elle a deux enfants. Son arrière petite nièce (soit l’arrière petite fille de sa sœur) est Clara Marzloff, plus connue sous le nom deClara Marz sur les réseaux sociaux[2].
L'éducation reçue de ses parents est stricte, mais conforme aux usages de l'époque et de son milieu social, relativement aisé. Le vouvoiement est de rigueur et les filles de la famille sont invitées à apprendre lacouture. Pendant laPremière Guerre mondiale, les enfants et leur gouvernante déménagent enAngleterre, àCanterbury, ne revenant voir leurs parents en France que pour les fêtes de fin d'année. Ces derniers s'installent àWissant.
Yvonne Vendroux apprend à lire à la maison et étudie chez lesdominicaines, àAsnières-sur-Seine. Un de ses bulletins permet de cerner l'élève qu'elle est alors :« Pleine d'idéal et de droiture, de caractère régulier et consciencieux[1]. » En 1918, elle suit les dominicaines qui se réfugient au couvent desvisitandines dePérigueux.
En 1920, elle rencontreCharles de Gaulle, alorscapitaine revenant d'une mission enPologne. La rencontre est en fait arrangée en secret par la famille Vendroux ; leur première sortie est auGrand Palais, ausalon d'automne, pour voir la toileLa Femme en bleu deKees van Dongen. Revenu ensuite prendre le thé, Charles aurait renversé sa tasse sur la robe de la jeune femme, qui l'aurait pris avec humour[1]. Leur première soirée est le bal de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, à l'hôtel des Réservoirs, àVersailles[3] (l'établissement où Charles de Gaulle avait fait ses études de 1908 à 1912, était alors basé dans la ville voisine deSaint-Cyr-l'École). Deux jours après, elle déclare à ses parents :« Ce sera lui, ou personne[1]. » Ainsi, ils se fiancent le, avant la fin de la permission du capitaine de Gaulle et se marient le, à l’église Notre-Dame de Calais. De Gaulle est conscient d'épouser un beau parti, écrivant à l'un de ses amis :« J'épouse les biscuits Vendroux[4]. » Leurlune de miel se passe dans le Nord de l’Italie. De cette union naîtront trois enfants, un garçon,Philippe de Gaulle, et deux filles,Élisabeth et la benjamineAnne de Gaulle (porteuse d’unetrisomie 21).
Nom | Naissance | Décès |
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1.Philippe de Gaulle | à 102 ans | |
2.Élisabeth de Gaulle, épousede Boissieu | à 88 ans[5] | |
3.Anne de Gaulle | à 20 ans (d’une broncho-pneumonie) |
En 1934, elle s'installe avec sa famille dans la propriété de « La Brasserie », aussitôt rebaptisée « La Boisserie », àColombey-les-Deux-Églises. L'achat de cette propriété, entourée de hauts murs, avait entre autres pour fin de protéger leur fille Anne, atteinte de trisomie, de l'indiscrétion du public. Passionnée d'horticulture, Yvonne de Gaulle prend le soin d'entretenir le jardin du domaine.
Lors de ladébâcle de 1940, elle parvient à partir de La Boisserie et à rallier, avec ses enfants Philippe, Élisabeth et Anne,Carantec enBretagne, où la famille a plusieurs fois séjourné avant-guerre, et où elle reste quelques jours, recevant le une brève visite du Général, qui part ensuite poursuivre la lutte, sans savoir quand il pourra revoir ses proches[6]. Il conseille à ceux-ci de tenter de gagner le Sud, par leurs propres moyens. Une des biographes d'Yvonne de Gaulle,Geneviève Moll, écrit :
« […] lorsque la France est livrée à l'ennemi, avec une intuition inouïe du rôle que s'apprête à jouer son mari, sans nouvelles de lui, elle gagne l'Angleterre seule, avec leurs trois enfants[7]. »
Yvonne de Gaulle et ses enfants vont donc réussir à rejoindre le Général, àLondres, en partant de Carantec, s'embarquant sur unferry néerlandais àBrest, le dernier navire quittant le port, qui les conduit àFalmouth. La lecture duDaily Mirror leur y apprend que la veille,, Charles de Gaulle a lancé unappel à laradio de Londres. Le lendemain, ils arrivent dans la capitale britannique. Dès lors, la famille réunie, Yvonne et ses filles suivent le Général pendant les déplacements dugouvernement provisoire, tandis que Philippe s'engage dès le dans lesForces navales françaises libres (FNFL). Pour légitimer le Général dans son rôle de chef de laFrance libre et le faire connaître aux yeux desBritanniques,Winston Churchill organise un reportage sur la vie quotidienne des de Gaulle : on peut ainsi voir Yvonne de Gaulle préparant le repas ou discutant avec son mari.
En 1948, à la mort de leur filleAnne, Yvonne de Gaulle et son époux fondent en sa mémoire lafondation Anne-de-Gaulle, au château de Vert-Cœur, àMilon-la-Chapelle (Yvelines).Georges Pompidou dirige cette fondation et devient à cette époque proche du général de Gaulle.
Pendant la « traversée du désert » de son époux, elle tente de convaincre ce dernier de renoncer à la politique ; le couple entame sa retraite àLa Boisserie[8].
« Désormais, il va nous falloir vivre en meublé[9] », s'exclame Yvonne de Gaulle après la victoire du Général à l'élection présidentielle du 21 décembre 1958. Le couple arrive aupalais de l'Élysée le 8 janvier 1959.
En tant qu'épouse du président de la République, de 1959 à 1969, Yvonne de Gaulle mène au palais de l'Élysée un train de vie simple et mesuré. Discrète sur la scène publique, elle est surnommée par les journalistes« Tante Yvonne ». Son couturier attitré estJacques Heim.
Catholique pratiquante, elle influe sur le conservatisme du Général en matière de morale, et veille même à ce que soient tenues à l'écart des gouvernements les personnes divorcées ou adultères[10]. Une des premières choses qu'elle demande après être arrivée au palais est unepietà, que lui fournit lemusée du Louvre[1]. Elle demande aussi l'amènagement d'une chapelle privée.
Selon Bertrand Meyer-Stabley, elle« incarne la tradition, le respect des valeurs morales et le sens du devoir[1]. » Cependant, elle intervient auprès de son époux (qui y était plutôt opposé) en faveur de la futureloi Neuwirth, autorisant la contraception orale (« pilule »)[11],[12].
Une journée type d'Yvonne de Gaulle se décrit par les trois repas pris en tête à tête avec son époux. Au petit-déjeuner, elle litLe Figaro. Dans l'après-midi, le Général rejoint sa femme pour prendre le thé dans leurs appartements privés. Ils regardent ensemble la télévision jusqu'à23 heures. Le dimanche matin, ils vont ensemble à la messe célébrée dans la chapelle du palais[1]. Du palais de l'Élysée, elle dit auprésident des États-UnisEisenhower« Tout le monde y est chez soi, sauf nous »[8]. En 1959, elle est la marraine du nouvel appareil du constructeurSud-Aviation : laSE 210 Caravelle « Lorraine », le baptême ayant lieu à l’aéroport d’Orly Nord le[13]. En 1960, elle est la marraine dupaquebotFrance, qu'elle baptise[14].
À la notable exception de la très populaireGermaine Coty, elle est l'une des premières épouses de président de son époque à véritablement jouer un rôle médiatique. En 1961, alors que le couple présidentiel américainJohn etJackie Kennedy est convié par legénéral de Gaulle, elle prend l'initiative de tisser des liens avec laPremière dame américaine en l'emmenant visiter l'école de puériculture situéeboulevard Brune (14e arrondissement de Paris). Deux ans plus tard, après l'assassinat de son époux, Jackie est conviée par Yvonne de Gaulle à venir se reposer et s'éloigner de la pression médiatique qui pèse alors sur elle.
En 1962, elle est, avec son mari, la cible de l'attentat du Petit-Clamart. Sauvé, le Général lui dit :« Vous êtes brave Yvonne[1]. » Cet événement lui inspire cette seule phrase, restée célèbre : « J'espère que les poulets n'ont rien eu. » En fait, elle voulait parler non pas des policiers, mais des volailles transportées dans le coffre de la DS[15]. Le fait, entre autres, que le commanditaire de la tentative d’assassinat, lelieutenant-colonelBastien-Thiry, ait cherché à attenter à la vie d'une femme sans prendre de risques lui-même, et ait mis en danger des personnes innocentes (dont trois enfants et leurs parents[16]) incite le général de Gaulle à considérer cela comme une circonstance aggravante et à refuser d'accorder lagrâce présidentielle à Bastien-Thiry qui a été condamné à mort par la Cour militaire de justice. L'officier est fusillé huit mois plus tard aufort d'Ivry[17],[18].
Les voyages à l'étranger sont le seul aspect de son rôle d'épouse du président de la République qu'elle apprécie. Un programme de visites spécifique est prévu pour elle durant les séjours à l'étranger du président. Quand cela est possible, elle visite des centres pour enfants handicapés. Sa timidité en fait une invitée difficile à recevoir. Elle participe, entre autres, auvoyage de Charles de Gaulle en Amérique du Sud[19],[20].
Pendant les évènements demai 1968, elle accompagne son mari dans son déplacement àBaden-Baden. Elle déclare :« Que les communistes usent de la rue pour arriver à leurs fins, je m'y oppose[1]. »
Son époux Charles ayant démissionné de la présidence de la République en 1969, elle l'accompagne dans sa retraite, notamment dans son voyage enIrlande, célèbre pour les photos du couple et de l'aide de camp du général,François Flohic, prises sur la plage.
Veuve en 1970, elle vit discrètement jusqu'en 1978, année où elle entre dans la maison de retraite des sœurs de l'Immaculée Conception, àParis. Elle meurt à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, à l'âge de 79 ans, le, au même âge que son mari et à la veille du neuvième anniversaire du décès de ce dernier. Elle repose dans lecimetière de Colombey-les-Deux-Églises aux côtés de son époux et de leur fille Anne.
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Famille deCharles de Gaulle (1890-1970) | |
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Ascendants | Grand-père :Julien-Philippe de Gaulle (1801-1883) ; père :Henri de Gaulle (1848-1932) ; oncle :Charles de Gaulle (1837-1880) |
Fratrie | Xavier de Gaulle (1887-1955) ;Marie-Agnès de Gaulle (1889-1982) ;Jacques de Gaulle (1893-1946) ;Pierre de Gaulle (1897-1959) |
Famille nucléaire | Épouse :Yvonne de Gaulle (1900-1979) ; enfants :Philippe de Gaulle (1921-2024), époux d’Henriette de Gaulle,Élisabeth de Gaulle, épousede Boissieu (1924-2013),Anne de Gaulle (1928-1948) |
Petits-enfants | Enfants dePhilippe :Charles de Gaulle (1948),Yves de Gaulle (1951) etJean de Gaulle (1953) |
Autres | Neveu (par sa sœur Marie-Agnès) :Michel Cailliau ; neveu (par son frère Jacques) :François de Gaulle ; nièce (par son frère Xavier) :Geneviève de Gaulle (1920-2002) ; petit-neveu (fils de sa nièce Geneviève) :Michel Anthonioz |