LesSlaves méridionaux ou « Yougo-Slaves » au sens large en 1869.La « Grande Yougoslavie ».Projet de réforme de l'Autriche-Hongrie de l'archiduc héritierFrançois-Ferdinand de Habsbourg avec le « troisième pôle », sud-slave, en vert.L'origine des territoires du nouvel État slave du Sud en 1918 : Autriche-Hongrie
La« deuxième Yougoslavie » est une républiquefédérale àparti uniquecommuniste, fondée le, seul État de ce type situé à l’ouest durideau de fer et officiellement non-aligné. Après l’abolition officielle de la monarchie, elle prend d’abord le nom de « république fédérative populaire de Yougoslavie », peu avant l’adoption d’une nouvelle Constitution le, puis adopte son nom définitif de « république fédérative socialiste de Yougoslavie » le. Celle-ci survit jusqu'au, lorsque quatre de ses républiques fédérées font sécession : laSlovénie, laCroatie, laBosnie-Herzégovine et laMacédoine du Nord.
La« troisième Yougoslavie » est un Étatfédéral formé en 1992 sur le territoire de la Serbie (incluant les territoires deVoïvodine et duKosovo) et duMonténégro[3]. L’histoire de cette nouvelle entité, appelée « république fédérale de Yougoslavie » (RFY), est marquée parune série de guerres civiles qui opposent le pouvoir central aux différentes entités ex-yougoslaves ayant proclamé leur indépendance. Le, le nom « Yougoslavie » est abandonné et le pays est rebaptisé « communauté d'États Serbie-et-Monténégro ». Il cesse d'exister à son tour le, à la suite de l’indépendance duMonténégro vis-à-vis de laSerbie, obtenue à la suite d’unréférendum avec 55,4 % des voix.
Depuis1739 et le retour du contrôle ottoman sur la région deBelgrade, les autorités ottomanes et le sultanSelim III encouragent l'autonomie locale des Serbes et financent des milices afin d'assurer un certain ordre. Cependant, à la suite de l'alliance des Serbes avec les Habsbourg pendant la guerre de1788-1791 (ouguerre de Koča), et face à la crainte du Sultan d'une alliance chrétienne menée par la France deNapoléon contre l'Empire ottoman[Hupchick 3], Selim confisque les armes des milices serbes et lesjanissaires reprennent le contrôle des provinces serbes en1801. En1802, lepremier soulèvement serbe commence par une révolte locale contre les janissaires menée parĐorđe Petrović ditKarađorđe, Đorđe le noir, mais en1804, alors que Selim fait assassiner un grand nombre de dirigeants locaux[Lampe 2], la répression ottomane transforme ce qui n'était qu'une révolte locale en un mouvement national populaire[Hupchick 4] ayant pour but de se séparer de la domination de l'empire. En1806 les troupes deKarađorđe, soutenues matériellement par laRussie du tsarAlexandre, prennentBelgrade. L'attaque de la Russie et de l'Angleterre contre l'Empire ottoman allié de Napoléon pousse Selim à proposer l'autonomie aux Serbes. Toutefois Karađorđe refuse et signe une alliance avec la Russie en1807. Cependant en1807, avec letraité de Tilsit, puis, en1812 avec letraité de Bucarest, la Russie cesse ses attaques contre l'Empire ottoman laissant celui-ci libre de mater la rébellion serbe. En1813, Karađorđe fuit en Autriche et les Ottomans reprennent le contrôle des territoires serbes.
Lesecond soulèvement serbe débute en1815 et est mené parMiloš Obrenović, qui a obtenu des Ottomans le titre deknez, ou prince, alors que Karađorđe était toujours en exil. Obrenović négocie et obtient du sultanMahmoud II une certaine autonomie pour les provinces serbes dès1816. Les Serbes sont autorisés à conserver leurs milices et à se réunir en assemblées de notables (Skupština) pour des gouvernements locaux mais les garnisons ottomanes restent présentes et une partie des taxes est toujours payée à l'empire[Hupchick 5]. Lorsqu'une nouvelle guerre éclate entre la Russie et l'Empire ottoman en1828 Miloš Obrenović est bien placé pour négocier une plus large autonomie pour la Serbie face à la crainte de l'Empire ottoman d'une nouvelle alliance serbo-russe et, en1829, letraité d'Edirne (ou traité d'Andrinople) donne à la région de Belgrade le titre de principauté autonome au sein de l'Empire ottoman gouvernée par Obrenović en tant que prince héréditaire. En1842 Obrenović est contraint d'abdiquer face à la montée en puissance de ses opposants religieux, marchands et diplomates qui placent l'héritier de Karađorđe,Alexandre Karađorđević sur le trône. L'influence d'Alexandre est limitée face à un de ses ministres,Ilija Garašanin surnommé à l'époque par la presse européenne le « Bismarck serbe ». Il est favorable à l'établissement d'un état sud-slave (Yougoslavie) rassemblant laBosnie-Herzégovine, leMonténégro, laMacédoine, leKosovo et le nord de l'Albanie et centré sur Belgrade comme décrit dans leNačertanije rédigé en1844[Lampe 3]. Aleksandar Karađorđević règne jusqu'en1858 lorsque Miloš Obrenović, de retour d'exil, reprend le pouvoir. Obrenović déclare en1860 la préséance de la souveraineté Serbe sur l'Empire ottoman mais meurt l'année suivante donnant le trône à son filsMihajlo Obrenović. Mihajlo Obrenović modernise l'armée, obtient en1867 le retrait de toutes les garnisons ottomanes de Serbie et s'allie avec la Roumanie, en1865 et1868, avec leMonténégro en1866, avec laGrèce en1867 et avec les révolutionnaires bulgares en1866 pour chasser les Ottomans des Balkans mais il est assassiné en juin1868 ; son neveuMilan Obrenović lui succède. À la suite de laguerre russo-turque de 1877-1878, la Serbie obtient son indépendance en1878 et Milan Obrenović devientMilanIer de Serbie.
Représentation de renouveau croate (Hrvatski preporod) sur un rideau duthéâtre national croate
Dans lesannées 1830, un groupe d'aristocrates et d'intellectuels croates, basé àZagreb et àKarlovac, se rassemble autour deLjudevit Gaj dans l’idée d’unir les sous-groupes sud slaves desSlovènes auxBulgares.Ljudevit Gaj, influencé par le philosophe allemandJohann Gottfried Herder, considère que la langue est le principal élément fédérateur d’une nation devant les précédents historiques[Lampe 5]. Gaj consolide les différents dialectes deCroatie en se basant sur leChtokavien (štokavski) et le mouvement publie en1835 un dictionnaire qui est une première définition de la languecroato-serbe. À la même époque en Serbie,Vuk Stefanović Karadžić simplifie l’orthographe de la langue serbe et publie un dictionnaire et une grammaire serbes également basés sur le dialectechtokavien (štokavski). En Slovénie c’estJernej Kopitar qui codifie à la même époque leslovène.
Le mouvement des Illyriens (Ilirski Pokret) gagne en influence face à la menace de l’Empire hongrois qui se manifeste en1827 par la volonté d’imposer la langue hongroise à la place du latin au parlement ainsi qu’en1832 à1836 par une loi d’inspiration libérale réduisant les droits de la noblesse sur les paysans[5]. Le mouvement obtient ainsi en1840, la permission royale de faire de l’illyrien la langue d’instruction dans les écoles élémentaires des territoires deDalmatie,Slavonie et dans laCroatie civile. En1850, à l'initiative du SlovèneFranc Miklošič, l'accord de Vienne est signé entre deux écrivains serbes,Vuk Karadžić etĐuro Daničić, cinq hommes de lettres croates,Ivan Mažuranić,Dimitrija Demeter,Stjepan Pejaković,Ivan Kukuljević etVinko Pacel et le Slovène Miklošič concernant l'unification de la langue « croate ou serbe » ouserbo-croate dans le but de faciliter les interactions avec la bureaucratie autrichienne.
Dans lesannées 1840, le mouvement des Illyriens se transforme en mouvement politique sous le nom deParti national ou parti du peuple (Narodna Stranka), rassemblant des Serbes urbains et des Croates. Le parti gagne des sièges aux élections locales de1841-1842 notamment àZagreb. Gaj, qui n'était pas noble est contraint de céder la direction du parti à la noblesse croate et particulièrement au comteJanko Drašković(hr) qui se concentre sur l'objectif d'unroyaume triunitaire de Croatie-Slavonie-Dalmatie aux dépens d'une alliance avec laSerbie. L'appui des troupes du nouveau Ban deCroatie-Slavonie désigné par Vienne,Josip Jelačić, aux Habsbourgs et aux Serbes deVoïvodine contre les Hongrois lors de larévolution hongroise de 1848 n'empêche pas les Autrichiens d'interdire leSabor de1849 à1860 et de contrôler maintenant directement laDalmatie et laVoïvodine.
Dans lesannées 1860, l'évêque croateJosip Juraj Strossmayer utilise pour la première fois le terme « yougoslave ». Lorsque leSabor est de nouveau autorisé en1861, Strossmayer prend la direction duParti national bien que celui-ci se divise en1863. Il cofonde, avecFranjo Rački en1866, l'Académie yougoslave des arts et des sciences deZagreb. Strossmayer cherche l'union des Serbes et des Croates sur le plan linguistique, selon les idées de Gaj, mais aussi sur le plan religieux en s'opposant par exemple à la déclaration d'infaillibilité pontificale en1870 et en suggérant aux Serbes de reconnaître loyauté à l'Église catholique romaine. Toujours en1866, il entre en contact avec le ministre serbe des affaires étrangèresIlija Garašanin pour former un système d'alliance. Strossmayer et Garašanin s'accordent sur un objectif de confédération sud-slave bi-polarisée sur Zagreb et Belgrade ; cédant la domination de la Bosnie-Herzégovine à la Serbie en échange de l'union de lafrontière militaire, de laSlavonie et de laVoïvodine avec laCroatie civile[Lampe 6]. Strossmayer quitte la politique en1868 à la suite de l'accord hungaro-croate,Nagodba, limitant l'autonomie de la Croatie civile.
Lors des élections en Dalmatie à partir de1861, leParti national utilise le terme « yougoslave » et évite de mentionner l'ethnonyme « Croate » afin de ménager à la fois les Italiens et les Serbes[Lampe 9]. Aussi, en1870 à l'initiative des Slovènes, courtisés par Strossmayer, se réunit àLjubljana une centaine de Croates, Serbes et Slovènes afin de décider d'une politique commune. Les Slovènes poussent leParti national croate à inclure un nombre significatif de Serbes.
Les réformes militaires entreprises par l'Empire ottoman enBosnie-Herzégovine menaçaient directement la puissance de l'élitebosniaque. Les forces bosniaques organisent entre1815 et1833 des expéditions contre les forces militaires ottomanes et résistent après1839 à de nouvelles réformes visant à réduire leur pouvoir local[Lampe 10]. De1848 à1862 de nouvelles réformes fiscales provoquent plusieurs soulèvements locaux des Serbes de Bosnie contre l'imposition des propriétaires terriens. En1875, Croates et Serbes de Bosnie, soutenus par le Monténégro et par la Serbie, se soulèvent contre les Ottomans et les Bosniaques, poussant l'Autriche-Hongrie à inclure l'annexion de la Bosnie-Herzégovine dans letraité de Berlin de 1878. Il fallut3 mois de combats aux forces austro-hongroises composées de Croates et de Serbes de la frontière militaire pour soumettre les unités paramilitaires bosniaques à l'autorité austro-hongroise. En1882, le hongroisBéni Kállay est nommé administrateur de Bosnie-Herzégovine. Il modernise les infrastructures urbaines, les transports et crée plusieurs entreprises publiques[Lampe 11]. Sa volonté de créer une identitéBosniaque n'obtient que peu de soutien[6] et les Serbes principalement se sentent lésés par rapport aux Bosniaques mais surtout par rapport aux Croates.
En1893, un groupe de Slaves macédoniens crée, àResen, l'Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne (Vnatrešna Makedonska Revolucionerna Organizacija, VMRO) ayant pour but la création d'un État macédonien indépendant de laBulgarie, de laGrèce et de laSerbie et revendiquant une identitémacédonienne. L'organisation révolutionnaire est unifiée parGoce Delčev en1894 et gagne en influence créant une administration, des forces de police, des tribunaux, des journaux et un service de poste[Hupchick 7]. En1895, la VMRO se divise en deux factions poursuivant des buts différents : l'Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne, conservant le but originel d'une Macédoine indépendante, et l'Organisation révolutionnaire extérieure macédonienne, soutenue par laBulgarie et partisan de l'unification de la Macédoine avec la Bulgarie. EnSerbie, laSociété de Saint-Sava est créée en1866 avec pour objectif de développer lenationalisme serbe, notamment en Macédoine[Hupchick 8],[7]. EnGrèce, l'Ethniki Etairia, (Société nationale) fondée en1894 aide et finance les « Makedonomakhoi » qui prennent les armes pour réclamer le rattachement de la Macédoine au royaume grec. Le, jour de la Saint-Élie (Ilinden), l'Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne déclenche lesoulèvement d'Ilinden, parvient à gagner le contrôle de la région deBitola et déclare une république autour de la ville deKruševo. Les Ottomans mirent trois mois à reprendre le contrôle, réprimant sévèrement la rébellion.
Laligue balkanique se forme en1912 entre laBulgarie, laGrèce, laSerbie et leMonténégro avec pour but d'affronter l'Empire ottoman. Le Monténégro déclare la guerre aux Ottomans le suivi par les autres membres de l'alliance. 350 000 hommes sont mobilisés, l'Empire ottoman est vaincu et letraité de Londres est signé le. Il établit la reconnaissance de l'Albanie et un partage des territoires de Macédoine. La Bulgarie, qui conteste ce partage, s'oppose à une coalition entre la Serbie, la Grèce, le Monténégro, la Roumanie et la Turquie. Letraité de Bucarest est signé le finalisant le partage des territoires.
Première Guerre mondiale et création de la Yougoslavie
Au début de laPremière Guerre mondiale,Nikola Pašić envoie des représentants pour rencontrerFrano Supilo(hr) etAnte Trumbić, des hommes politiques croates de Dalmatie exilés en Italie et favorables à la création d'un État des Slaves du sud. ÀFlorence, le,Frano Supilo(hr) accepte le financement serbe pour la création d'un « Comité yougoslave(sr) » (Jugoslavenski odbor). Le, les Alliés signent avec l’Italie lepacte de Londres, qui, en échange de l’entrée en guerre de l’Italie, lui promet une grande part de laDalmatie et de l’Istrie. En réaction[Lampe 12], leComité yougoslave(sr) est officiellement formé le àLondres avec pour mission de représenter les Slaves du sud de l’Empire des Habsbourg et produit en mai un mémorandum revendiquant les territoires d'Istrie ainsi que laSlovénie, ceci malgré la faible représentation des Slovènes dans le comité.
Entre juin et juillet1917, le comité yougoslave rencontre le gouvernement serbe àCorfou et le, une déclaration qui établit la fondation d’un État est signée. Le préambule déclare que les Serbes, Croates etSlovènes sont identiques par le sang et la langue. Le nouvel État sera nomméroyaume des Serbes, Croates et Slovènes et sera une monarchie constitutionnelle sous la dynastie desKarađorđević. Le traité s'accorde aussi pour que les unités des Slaves du sud déserteurs de l'armée austro-hongroise, prisonniers en Russie et mobilisés pour combattre avec les Alliés combattraient sous le commandement de la Serbie et non au nom de la Yougoslavie.
L'Autriche-Hongrie en 1918 Légende : * en couleurs, l'Empire en 1914 ; * les traits rouges représentent les frontières de 1920.
Quand l’Empire des Habsbourg s'effondre, un Conseil national des Slovènes, Croates et Serbes a lieu à Zagreb le. Le leSabor croate déclare son indépendance et la création de l’État des Slovènes, Croates et Serbes. Le Comité yougoslave reçoit pour tâche de représenter le nouvel État à l’étranger.
Immédiatement, des désaccords se manifestent à propos des termes de l’union proposée avec la Serbie. Au projet fédéraliste d'inspiration germanique, défendu surtout par les Slovènes et les Croates, s'oppose le projet jacobin et centralisateur d'inspiration française, défendu surtout par les Serbes.Svetozar Pribićević, un Serbe de Croatie, président de la coalition croato-serbe et vice-président de l’État, souhaite une union immédiate et sans condition. D’autres, en faveur d’une fédération yougoslave, étaient plus hésitants, craignant que la Serbie n'annexe simplement les territoires sud-slaves de l’ex-Autriche-Hongrie.
L’autorité du Conseil national était limitée et les Italiens avançaient pour annexer davantage de territoires que ceux qui leur avaient été concédés par l'accord avec le Comité yougoslave. Les opinions politiques étaient divisées et les ministres serbes avaient dit que si les Croates insistaient sur leur propre république ou une sorte d’indépendance, alors la Serbie ne prendrait que les territoires habités par des Serbes et déjà occupés par l’armée serbe, laissant la Croatie se débrouiller seule face aux Italiens. Après de longs débats, le Conseil national accepte l’union avec la Serbie, sous réserve que l’organisation finale de l’État soit décidée par la future assemblée constituante (déclaration finale).
La première Yougoslavie est créée le sous le nom deroyaume des Serbes, Croates et Slovènes. Le pays est constitué par le regroupement de plusieurs territoires :
leroyaume de Serbie (précédemment indépendant), de langue serbo-croate et à majorité chrétienne orthodoxe, mais qui inclut l'actuelleMacédoine du Nord à majorité macédophone, et laMétochie (Kosovo) alors déjà aux deux tiers albanophone et musulmane. La définition des frontières serbes provoqua un conflit avec l'Albanie en 1921, résolu pacifiquement par laSociété des Nations.
leroyaume du Monténégro (précédemment indépendant pour l'essentiel, excepté lesBouches de Kotor qui relevaient de la couronne d'Autriche), de langue serbo-croate et à majorité orthodoxe.
laVoïvodine (précédemment hongroise), majoritairement de langue serbo-croate et orthodoxe, mais avec d'importantes minorités allemandes (la plus nombreuse à l'époque), magyares, roumaines et autres.
le territoire deBosnie-et-Herzégovine (précédemmentaustro-hongrois), de langue serbo-croate, et où orthodoxes et musulmans étaient en nombre sensiblement égal avec une forte minorité catholique.
laCroatie (relevant précédemment de la couronne de Hongrie pour leZagorje et laSlavonie, et de la couronne d'Autriche pour laDalmatie etDubrovnik), de langue serbo-croate et à 2 tiers catholique et un tiers orthodoxe serbe.
le territoire deSlovénie (relevant précédemment de la couronne d'Autriche), de langue slovène et entièrement catholique.
AlexandreIer s'inspire clairement du jacobinisme français. Il cherche à apaiser les tensions nationalistes et à décourager les tendances séparatistes. Cherchant à créer une nouvelle Yougoslavie unitaire, il abolit les régions historiques et redessine les frontières intérieures enbanovinas nommées d’après les rivières. De nombreux hommes politiques sont emprisonnés ou assignés à résidence sous surveillance policière, notamment les communistes et autonomistes croates et bulgares de Macédoine[8]. La dictature ne fait qu’amplifier les tensions nationalistes.
La scène politique internationale à la fin des années 1930 est marquée par l’attitude agressive des régimes totalitaires et la certitude que l’ordre mis en place à la fin de la Première Guerre mondiale perdait de sa stabilité et de sa force. Sous la pression et avec le soutien de l’Italie fasciste et de l’Allemagne nazie, le CroateVladko Maček et son parti obtiennent la création de laBanovina de Croatie en1939. L’accord spécifiait que la Croatie, désormais autonome, resterait fédérée à la Yougoslavie, mais aurait une identité politique indépendante dans les relations internationales.
Leprince Paul cède à la pression des puissances fascistes et signe avec elles, le àVienne (Autriche), lepacte tripartite, espérant ainsi garder la Yougoslavie en dehors de la guerre. Mais cette décision affaiblit la popularité du régent dans une opinion publique serbe largement pro-alliée, la population croate étant plus proche des nazis et des fascistes en raison de leur aide dans la création de la Banovina de Croatie. Des officiers serbes de l’armée, opposés à ce traité, lancent uncoup d’État au retour du prince, le. Le généralDušan Simović prend le pouvoir, arrête la délégation de Vienne, exile le prince Paul et met fin à la régence, donnant le pouvoir absolu au roi pro-alliéPierre II.
Hitler attaque donc la Yougoslavie le, et enchaîne par l’invasion de laGrèce, qui tenait les Italiens en échec depuis6 mois en Albanie.
Pendant laSeconde Guerre mondiale, la Yougoslavie resteneutre jusqu'en1941. Cette année-là, désirant venir en aide à l'armée italiennefasciste en difficulté enGrèce résistante, l'Allemagne demande un droit de passage pour ses troupes. Après que le régent Paula signé une alliance avec l'Allemagne et l'Italie fascistes, le roi, sous l'influence de l'état-major de l'armée, pro-Alliés comme l'opinion publique, met fin à la régence. À cette date, l'URSS est encore liée par le pacte de non-agression germano-soviétique, la France est défaite et seul le Royaume-Uni continue à combattre le Reich d'Hitler. Cette décision entraîne l'invasion du pays par les armées du Reich.
Le roi s'exile,l'armée capitule et le pays est aussitôt démantelé. Au nord, la Slovénie est partagée entre l'Allemagne, l'Italie et la Hongrie. Au centre,Ante Pavelić crée l'État indépendant de Croatie (NDH, qui inclut laBosnie-Herzégovine), un ÉtatOustachi, bien vu de certains catholiques et allié à l'Allemagne nazie, tandis que la Serbie est occupée et placée sous administration militaire allemande avec, à la tête d'unÉtat croupion, un gouvernement fantoche, leGouvernement de salut national du généralMilan Nedić. Mais c'est une Serbie diminuée de la Voïvodine (partagée entre la Hongrie et l'Allemagne) et de laMacédoine (partagée entre la Bulgarie et l'Albanie italienne). LeKosovo aussi est annexé à l'Albanie italienne, tandis que l'Italie annexe une grande partie de la côte croate et qu'un État « indépendant » sous occupation italienne est créé auMonténégro.
La résistance légitimiste desTchétniks (envers les Oustachis d'abord, puis contre l'occupation allemande) s'organise autour desPartisans communistes — en grande majorité desSerbes de Croatie et de Bosnie-Herzégovine qui fuient devant les massacres desOustachis, mais aussi desCroates et desMusulmans — sous la direction du Croate Josip Broz ditTito. Autre résistant,Draža Mihailović, surnommé le « général des Balkans », anime une résistance royaliste serbe.
Après la Pologne et l'URSS, la Yougoslavie perdra le plus grand pourcentage de sa population dans le second conflit mondial.
Au début de la guerre, les Alliés misent sur Mihailović, fidèle au gouvernement exilé à Londres, mais après Téhéran, c'est Tito qui bénéficie de la plupart des parachutages. En 1944, l'intervention de l'Armée rouge permet aux Partisans de prendreBelgrade : Tito remporte ensuite la victoire dans le reste du pays.
Le àJajce, alors que le pays est toujours occupé, leConseil antifasciste de libération nationale de Yougoslavie (AVNOJ), organe de direction des Partisans, se proclame gouvernement de laFédération démocratique de Yougoslavie, avecTito à sa tête. Les Alliés continuent entre-temps de reconnaître le gouvernement royal et le roi Pierre II. En, au moment de la libération du pays, Tito accepte sur l'insistance des Alliés de reconnaître l'existence d'un conseil de régence, mais sans autoriser le retour du roi. En, les communistes organisent un plébiscite qui décide de l'abolition de la monarchie et de la proclamation de la République.
Pendant la période entre 1945 et 1950, la fédération devenue laRépublique fédérative populaire de Yougoslavie, se caractérise par la mise en place d'unÉtat communiste et le développement de la répression contre les non-communistes (Églises, mouvements nationalistes tant croates que serbes).
Après une brève période d'alignement sur le modèle communiste soviétique, la Yougoslavie, à la différence des autres pays communistes d'Europe centrale et orientale, choisit une voie indépendante de l'URSS appeléeTitisme. Cela fut possible parce que Tito s'est libéré seul de l'occupationnazie, sans l'aide directe de l'Armée rouge, et parce qu'à Téhéran et Yalta, les parts d'influence occidentale et soviétique avaient été fixées à égalité (contre 90 % d'influence soviétique dans les autres pays de l'est européen, et 90 % d'influence occidentale en Grèce).
Fort de cet équilibre géopolitique, Tito rompt définitivement avec Staline en1948, et ne fait pas adhérer la Yougoslavie aupacte de Varsovie créé en1955. Sur le plan économique, il met progressivement en place un système socio-économique, l'autogestion, où les entreprises sont gérées par ceux qui y travaillent, et non de manière centralisée par l'État, comme dans le communisme orthodoxe. LeTitisme séduit alors un certain nombre de jeunes des pays occidentaux, qui notamment participent bénévolement l'été auxbrigades de travail en Yougoslavie, mais se heurte à une violente dénonciation des partis communistes dans ces mêmes pays occidentaux, où les staliniens, après le « Schisme Yougoslave » de1948, iront jusqu'à qualifier les titistes de « vermines hitléro-trotskistes ».
Carte de la République fédérative socialiste de Yougoslavie
LaRépublique fédérative socialiste de Yougoslavie (qui fut proclamée en1963) était un État fédéral composé de six républiques :
La république deSerbie comprenait en outre, depuis la réforme constitutionnelle de 1974, deux régions autonomes, leKosovo et laVoïvodine.
Tito disait que« La Yougoslavie a six républiques, cinq nations, quatre langues, trois religions, deux alphabets et un seul parti ».
Initialement, il y avait en effet dans ces six républiques cinq nationalités reconnues (Narodi) : les Slovènes de langue slovène et de religion catholique, les Croates de langue serbo-croate et de religion catholique, les Serbes et les Monténégrins de langue serbo-croate et de religion orthodoxe ou musulmane, et les Macédoniens de langue macédonienne et de religion orthodoxe. À cesNarodi s'ajoutaient les minorités reconnues (narodnosti) comme lesAlbanais du Kosovo ou de Macédoine, lesHongrois, lesBulgares ou lesSlovaques de Voïvodine, etc. (les germanophones ayant fui ou ayant été expulsés).
En1971, la langue des Macédoniens est définie comme "macédonienne" et une nouvelle nationalité est officiellement reconnue enBosnie-Herzégovine, distincte des Serbes et aussi des « musulmans » en général (fidèles de l'islam) : c'est leNarodi « Musulmans (nationalité) » (avec M majuscule), qui dès lors bénéficie en Bosnie d'une représentation particulière, grâce à un système de quotas.
Après la mort deTito en1980, les tensions se font jour, avec la montée dunationalisme dans les différentes républiques fédérées, longtemps contenu et canalisé par le pouvoir central.
Après l'arrivée au pouvoir, dans la République deSerbie, deSlobodan Milošević, la menace se fait plus précise. En avril1987, alors numéro deux du régime yougoslave, il est envoyé en mission auKosovo, pour canaliser les nationalistes serbes qui considèrent être victimes de discriminations et de violences de la part de la majorité albanaise. Lors de sa visite, les policiers locaux, albanais, répriment une foule de nationalistes serbes qui leur ont lancé des pierres. Milošević, considérant probablement que la foule était innocente, sera filmé en train de déclarer aux Serbes : « On ne vous frappera plus jamais ! ». Il devint alors un héros des nationalistes serbes. Après avoir éliminé le n°1 de laLigue des Communistes de Serbie,Ivan Stombolić[9], Milošević est élu président de laSerbie en mai 1989.
Ses détracteurs y voient l'arrêt de mort de la Yougoslavie à terme. Ses défenseurs, quant à eux, estiment que le discours illustre son souhait de continuer l'héritagetitiste de cohabitation des peuples balkaniques en Serbie et en Yougoslavie : « Des rapports d'égalité et de concorde entre les peuples yougoslaves représentent une condition indispensable pour la survie de la Yougoslavie, pour une issue victorieuse à la crise et surtout pour la prospérité économique et sociale du pays. ».
L'économie yougoslave est mal en point depuis le début des années 1980, une situation accentuée par la sortie du modèle communiste. D'une part, leFMI prescrit des réformes draconiennes et d'autre part, les républiques aisées du nord (Croatie et Slovénie) se sentent dépossédées de leurs richesses, partagées avec les régions pauvres du sud de la Yougoslavie.
Malgré les quelques succès économiques du premier ministreAnte Marković permettant à la Yougoslavie de se rapprocher de l'économie de marché, le pouvoir central est préoccupé par cette crise et la remise en cause de l'unité du pays. Une des solutions envisagées par le gouvernement deSlobodan Milošević est la concentration des pouvoirs enSerbie, en supprimant l'autonomie des provinces comme laVoïvodine et leKosovo. Le Kosovo est peuplé à 90 % d'Albanais qui souhaitaient le statut de république et non plus de province pour leur région. L'autonomie implique notamment un droit deveto, ce qui, pour le pouvoir à Belgrade, nuirait à l'imposition de réformes économiques.
Ce refus de créer une république auKosovo fait aussi écho à une peur des Serbes de voir les Albanais du Kosovo se débarrasser des Serbes duKosovo, de plus en plus minoritaires. C'est ce qu'a voulu montrer le « Memorandum de l'Académie serbe des sciences et des arts » en1985 (destiné à faire le point sur la situation de la république) en dénonçant un risque de « purification ethnique » de la part des Albanais. Cette crainte a été interprétée comme l'idéologie nationaliste deSlobodan Milošević. En effet, ce dernier développe l'idée qu'il faut protéger les Serbes, dans une Yougoslavie et une Serbie de plus en plus rongées par le nationalisme. LaLigue des communistes de Yougoslavie, ancien parti unique de Serbie et de Yougoslavie, considérait comme tabou le nationalisme et en réprimait toute forme, jusqu'à l'apparition de troubles auKosovo et l'augmentation progressive des revendications des nationalistes albanais et serbes.
Milošević est considéré par beaucoup, dans son parti, comme un nationaliste. Cette étiquette a été notamment propagée par Dragiša Pavlović, membre influent de son parti et adversaire deSlobodan Milošević dans la conquête du pouvoir pour la présidence en1987. Cependant, cette expression prend un sens particulier au sein de la Ligue des communistes serbes. Elle désigne ceux, comme Milošević, qui ont mis à l'ordre du jour la question serbe en Serbie, face aux revendications des autres nationalités, même s'il a pu s'agir de réussir une cohabitation (voir le discours de Kosovo Polje).
EnBosnie-Herzégovine, ce sont des partis nationalistes des trois communautés (croate, bosniaque-musulmane et serbe) qui remportent les élections.
EnSlovénie,Milan Kučan sort vainqueur. Il est favorable à l'indépendance de la Slovénie.
Le nouveau président de laCroatie,Franjo Tuđman, est également pour une dissociation de la Yougoslavie. Il cherche un financement auprès des Croates expatriés, plus extrémistes que les Croates de Croatie. Cette influence se retrouve auHDZ, qui appelle à l'établissement de la Croatie dansses frontières naturelles et historiques. Cela étendrait laCroatie jusqu'à la rivièreDrina et inclurait une partie de laBosnie-Herzégovine peuplée majoritairement de Croates, ainsi qu'une partie de laSerbie d'aujourd'hui. Beaucoup de ses décisions politiques sont vues par les Serbes comme une réhabilitation implicite de l'idéologie desOustachis, notamment le choix du drapeau à damier rouge et blanc, symbole croate datant du roiTomislav, mais qui fut aussi utilisé par lesOustachis (en réponse à ces accusations, l'ordre du damier est inversé). Le parti deTudjman, leHDZ, purge la république de Croatie d'un grand nombre de fonctionnaires pro-communistes, un grand nombre de ces fonctionnaires étant serbes, cette mesure aussi est prise comme une attaque envers les Serbes de Croatie.
Bien que les Slovènes aient souvent accusé leKosovo de dilapider leur richesse en aides au développement, des milliers d'entre eux se mobilisent et apportent leur soutien aux mineurs grévistes kosovars.
Les Serbes de quelques municipalités de Croatie se sentent lésés et persécutés. Contrairement aux Serbes deZagreb, qui demandent des négociations et un compromis, les Serbes de la Krajina préfèrent une voie violente, en s'en prenant aux Croates. LaRépublique serbe de Krajina, dont la capitale estKnin, est unilatéralement proclamée le par le nationaliste serbeMilan Babić, et finit par s'étendre sur près d'un quart du territoire croate. Les premiers coups de feu sont tirés au printemps1991. Les autorités serbes deBelgrade apportent un soutien aux combattants nationalistes, allant jusqu'à dissuader une intervention des forces croates, par l'emploi des forces aériennes fédérales.
En décembre1990, les populations slovènes et croates se prononcent par référendum en faveur de l'indépendance.En, les deux républiques lancent un ultimatum aux autorités yougoslaves, demandant à mettre la question de l'indépendance à l'ordre du jour, faute de quoi elles déclareront leur indépendance unilatéralement avant le. La question est ouvertement ignorée par Belgrade, ainsi d'ailleurs que par les chancelleries occidentales.
À la suite de ce référendum, boycotté par la plupart des Serbes de Croatie, et comme le permet leur constitution, le, laSlovénie et laCroatie déclarent leurindépendance.
L'Allemagne, l'Autriche et leVatican apportent leur soutien diplomatique et financier[citation nécessaire]. L'Allemagne est le premier pays européen, après leVatican, à reconnaître la Croatie et la Slovénie le, suivie par les autres pays européens le. L'Allemagne, récemment réunifiée, fait ainsi son retour sur la scène politique internationale et surtout européenne, cherchant à établir une sphère d'influence, dont la formation serait facilitée par la désintégration yougoslave, permettant d'y intégrer laSlovénie et laCroatie, jugées assimilables à l'Europe occidentale. L'éclatement de la Yougoslavie apparaîtrait, suivant ce schéma, comme une conséquence de l'impossibilité de cohabitation de deux zones culturelles, héritées au nord de l'Empire austro-hongrois, et au sud de l'Empire ottoman, disloqués lors desguerres des Balkans et de laPremière Guerre mondiale.
Le soutien duVatican peut se comprendre aussi par le fait que l'Église cherche à rétablir l'importance duchristianisme dans les Balkans, en régression depuis la disparition en1918 de l'Empire austro-hongrois.
L'Armée fédérale (JNA), majoritairement composée de Serbes et Monténégrins et dirigée par le Slovène Konrad Klosek, chargée de garantir l'unité yougoslave, intervient contre les deux Républiques sécessionnistes. De violents affrontements s'ensuivent, contre les milices de laCroatie et de laSlovénie. Éparpillée le long de la frontière, des unités de la JNA sontprises au piège par des forces slovènes dix fois plus nombreuses[réf. nécessaire], et se rendent rapidement. LaSlovénie, par cette courte guerre ( -) d'une dizaine de jours, se présente à la communauté internationale comme une nation agressée.
LaCommunauté européenne, qui ne s'est pas encore prononcée sur la reconnaissance de ces deux Républiques, met en place, le, la CommissionBadinter, chargée de réfléchir sur la question. Les décisions finales ont un caractère de jurisprudence. La Commission reconnaît l'indépendance de laSlovénie et de laCroatie, en vertu du droituti possidetis, appliqué pour ladécolonisation, qui reconnaît l'indépendance à l'intérieur des frontières administratives, délimitées par la Yougoslavie pour des besoins de décentralisation. La commission Badinter déclare la Yougoslavie « en dissolution », « en désintégration », ou encore « en démembrement », ce qui rend caduque la constitution yougoslave du point de vue de la Communauté européenne, et encourage les sécessions.
En 1991, les complicités entre les Serbes deSerbie, Serbes de laRépublique serbe de Krajina et Serbes deBosnie-Herzégovine sont renforcées. Ces Serbes sont représentés par des partis nationalistes et conservateurs, notamment leParti démocratique serbe deRadovan Karadžić. Cette situation de repli du pouvoir serbe en Serbie pour rassembler « tous les Serbes en un État », marque un tournant, puisqu'il s'allie avec le nationalisme violent et radical.
En Bosnie-Herzégovine, comme en Croatie et Slovénie, se déroule le même processus d’indépendance. À la suite d'un référendum boycotté par la plupart des Serbes de Bosnie et comme le permet sa constitution, le, laBosnie-Herzégovine déclare sonindépendance.
La reconnaissance de la république indépendante de Bosnie-Herzégovine par laCommunauté économique européenne, s’est faite dans les mêmes conditions que la reconnaissance de la Croatie et de la Slovénie, en date du. Cette reconnaissance a été suivie par celle desÉtats-Unis et par son admission auFonds monétaire international. À la suite de quoi, le, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie et la Slovénie sont admises au sein de l’Organisation des Nations unies.
Cependant, comme pour la Croatie et la Slovénie, la Bosnie-Herzégovine est attaquée par l'armée yougoslave sous commandement serbe, appuyée par les milices serbes et les Serbes de Bosnie.
L'un des conflits principaux de l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine est lesiège de Sarajevo.
En 1999, la milice para-militaire des albanais du Kosovo de l'UÇK, luttant pour l'indépendance de la province, et l'armée serbe s'affrontent. L'OTAN intervient pour bombarder les positions serbes et aider l'UÇK au terme d'une guerre de2 mois et demi contre laRépublique fédérale de Yougoslavie. Des centaines de milliers de réfugiés fuyant les combats rentrent au Kosovo[réf. nécessaire]. Le Kosovo est placé sous l'administration de l'organisation des Nations unies.
L'ONU, ainsi que de nombreux pays individuellement, refusèrent dans un premier temps de reconnaître la fédération de la Serbie et duMonténégro comme le successeur de la République socialiste fédérative de Yougoslavie, bien qu'ils la reconnussent en tant qu'État indépendant. La situation a été résolue avec l'admission de laRépublique fédérale de Yougoslavie auxNations unies en2000. Dans son dernier État, la Yougoslavie ne comprenait plus que les seules républiques deSerbie et duMonténégro, le statut duKosovo demeurant incertain. Le, le premier ministre duKosovo déclare devant le parlement de la province la naissance du« Kosovo, libre et démocratique ».[réf. nécessaire] Lacommunauté internationale est partagée entre partisans de la reconnaissance de ce nouvel État (États-Unis,France…) et opposants (Russie,Serbie…).
En2002, la Serbie et leMonténégro parviennent à un nouvel accord portant sur leur coopération future, comportant, entre autres changements, la fin de la Yougoslavie. Le, le parlement fédéral de Yougoslavie dissout le pays et accepte la création d'une fédération limitée des deux États restants. La nouvelle union des deux États est appeléeSerbie-et-Monténégro. Le, ce nouveau pays éclate, le Monténégro ayant déclaré son indépendance à la suite d'un référendum en faveur de la séparation de la Serbie, faisant de facto de la Serbie l’héritière juridique de l'État des Slaves du sud.
L'économie du royaume de Yougoslavie pendant la période d'entre-deux-guerres était considérée comme stagnante. À la suite dutraité de Versailles, le pays était une addition de régions pratiquement laissées à l'abandon par leurs divers dominateurs. Les provinces du sud ont connu plusieurs siècles dedomination turque ; celles du nord, ont connu l'autoritéaustro-hongroise. Deux économies féodales se sont fait face sans véritable structure économique centrale.
Pendant cette période d'entre-deux-guerres, le pays, à l'inverse de l'Union soviétique est alors fractionné en de nombreuses propriétés : Il s'agit principalement de multiples petites propriétés terrestres. Selon le recensement de 1931, Pour une superficie totale de culture de 10,645,570 hectares, la Yougoslavie possède alors 1,985,000 propriétés et le nombre des propriétés dépassant 50 hectares n'excède pas 11,000.
La production agricole est alors faible, le manque de centralisation, la géographie, le manque d'engrais chimiques et de mécanisation constituent des obstacles. Par exemple la production de céréales, par habitant, était de 2 à 7 fois moins élevée que dans les autres pays européens. La production industrielle est très faible malgré de nombreuses ressources : le pays possède d'importantes quantités de charbon, de cuivre et des nappes de pétroles. La plupart des métaux peuvent être exploités en Yougoslavie mais ces ressources sont en majeure partie exportées empêchant la naissance d'une véritableindustrie de transformation. Les domaines agricoles et industriels sont donc très peu mécanisés.
L'autogestion était surtout symbolique ou marginale, puisque l'économie était principalement organisée et planifiée par l’État, dont l'orientation est donnée par leParti communiste, comme cela se fait dans lespays socialistes. La différence majeure avec la majorité des pays du bloc soviétique est que toutes les entreprises n'appartiennent pas à l'État, mais qu'un grand nombre forment une structure complexe, connue sous le nom de « propriété sociale ».
Les assemblées d'ouvriers y étaient l'organe décisionnaire ultime pour les questions internes mais se devaient d'appliquer les directives du Parti pour tout le reste, notamment la planification économique et les quotas de production[11].
En 1985-1986,Petr Aven économiste russe etIegor Gaïdar ont reçu pour mission de préparer le programme des réformes économiques. Ils décident de se fonder sur un modèle économique existant et qui a fait ses preuves. Gaïdar a proposé laHongrie ou la Yougoslavie[12]. Petr Aven a proposé laSuède. Et Gaïdar a répondu :
« Nous ne pouvons pas transformer l'URSS en Suède… »
Lekarst est un phénomène géologique spécifique qui provoque un mode de vie original. L'espace yougoslave a une zone de karst très étendue, avec tous les stades d'évolution. C'est le pays « classique » du Karst pour lesgéologues.
Les vallées suspendues : les petits ruisseaux et les rivières n'ont pas le même rythme d'enfoncement, et cela crée des cascades. Difficultés de circulation.
La roche soluble : l'eau de pluie contient du gaz carbonique qui dissout le calcaire, ce qui provoque des phénomènes annexes : l'eau élargit lesdiaclases progressivement, créant des fissures à la surface de plusieurs centimètres. Ce sont leslapiez ou chkrapa. Lorsque le lapiez s'effondre, des blocs de roches s'entassent les uns sur les autres.
Lesdolines : ou vrtatcha. Le calcaire contient un peu d'argile, qui se dépose au fond. L'eau ronge sur les côtés, créant des dolines très rondes, qui peuvent atteindre des dizaines voire des centaines de mètres de diamètre.
Les territoires karstiques représentent 30 % de l'espace yougoslave. C'est un phénomène lié à la rochecalcaire : 1 000 m desédiments quasi purs. Le calcaire dinarique se poursuit jusqu'en dessous du niveau de la mer. Cette roche dure et perméable est parcourue de fissures microscopiques, lesdiaclases, dans lesquelles l'eau s'infiltre. La roche l'absorbe, il y a peu de ruissellement dans les zones de karst. Cependant, des rivières la traversent, comme laNeretva, laKrka. Ces rivières ne collectent pas d'eau dans le Karst. Elles en perdent une partie et ont tendance à creuser descanyons dans le calcaire, ce qui crée des parois abruptes.
De forme irrégulière, elle peut faire des kilomètres de large et est liée à la coalescence de plusieurs collines. Parfois, l'argile est balayée par le vent, il se crée alors une doline secondaire au fond de l'uvala. Le sol argileux est fertile, certaines uvalas sont habitées. Il existe un problème d'eau.
Il peut être le résultat de la jonction de plusieurs uvalas, mais en général il est d'origine tectonique. Tous les polje de karst dinarique sont dans la même direction (plissement du relief). Tous les polje ne sont pas karstiques.
L'uvala est sèche, alors que le polje est traversé par un cours d'eau. En général, leur période d'inondation varie entre quelques jours et quelques mois.
Des travaux d'aménagement ont été effectués pour agrandir le Ponor. Son inondation bloque l'agriculture. La phase de Blato (gadoue) qui suit l'inondation peut durer plusieurs semaines. Certains polje sont bien agencés et n'ont pas d'inondation comme le polje deCetinje.
La « yougo-nostalgie » s'exprime à travers des parcs à thème, des cafés emplis de portraits deTito, ou encore des projets comme letrain bleu[13].
Réintroduite par les yougo-nostalgiques, lacérémonie de la stafeta, à savoir la « cérémonie du flambeau » a eu lieu le. Le flambeau, passant de main en main, est parti de Umag, en Istrie, dans l’ouest de la Croatie, pour arriver à Belgrade[14]. Cet événement, populaire dans la Yougoslavie de Tito, avait eu lieu, pour la dernière fois, en 1987[15].
En 2011, la Slovénie adopte une pièce de2 euros à l’effigie d'un célèbre partisan yougoslave,Franc Rozman dit « Stane », mort en 1944 à Lokve en Slovénie[14].
↑L'indépendance duKosovo, obtenue le, n'est pas unanimement reconnue par la communauté internationale. Depuis décembre 2019, sur les193 membres souverains des Nations unies, 95 figurent sur la liste des États qui n'ont pas reconnu l'indépendance du Kosovo, 93 l'ont reconnue et cinq autres se sont abstenus.
↑Nadine Lange-Akhund, « Nationalisme et terrorisme en Macédoine vers 1900 »,Balkanologie : Revue d'études pluridisciplinaires,,p. 13(lire en ligne, consulté le) :
« la Société de Saint-Sava, dont les aspirations nationales sont similaires à celles des associations bulgare ou grecque »
Royaume d'Odoacre (476-493), général germain, qui a déposé le dernier empereur romain d'Occident,Romulus Augustule, et agit officiellement pour l'Empire romain d'Orient (byzantin)
Joëlle Dalègre, « Lucien Calvié, La question yougoslave et l’Europe, 2018, Éditions du Cygne, Paris, collection « Frontières », 175 p.(ISBN978 2 84924 529 3) » (Compte-rendu), dansCahiers balkaniques [En ligne], 45 | 2018, mis en ligne le 05 décembre 2018, consulté le 08 mai 2021.[lire en ligne] ; DOI[1]