Réalisant quasiment un film par an depuis le début des années 1970, au cours desquelles sa popularité a explosé, Woody Allen est l'un des cinéastes américains les plus connus et les plus prolifiques de ces cinquante dernières années. Lescomédies de mœurs, souvent sur fond depsychanalyse, sont incontestablement son domaine favori bien qu'il s'essaye parfois à d'autres genres. Il se met lui-même en scène comme acteur dans un grand nombre de ses films, incarnant souvent un personnage proche de lui-même, caricature de l'intellectueljuif new-yorkais en proie à des affres tragicomiques, essentiellement d'ordre sexuel,existentiel oumétaphysique.
Il a obtenu de nombreuses récompenses cinématographiques, dont quatreOscars en tant quemeilleur réalisateur oumeilleur scénario original - catégorie pour laquelle il détient le record de victoires (trois) et, de très loin, de nominations (seize).
Issu d'une famille d'immigrantsjuifsrusso-autrichiens parlant leyiddish, l’hébreu et l'allemand, Allan Stewart Konigsberg naît le[b] àNew York, dans l'arrondissement duBronx, puis grandit dans celui deBrooklyn. Son père, Martin Konigsberg ( –), est alternativement graveur-joaillier, chauffeur de taxi et serveur chantant dans une brasserie proche, tandis que sa mère, Nettie Cherry ( –), tient la caisse chez un fleuriste àManhattan[2]. C’est plus précisément à Midwood (Brooklyn) qu’il passe son enfance avec ses parents et sa jeune sœur (Letty, née en 1943), tous natifs de New York. Ses oncles et tantes étaient aussi très souvent chez eux.
Son éducation débute à l’école juive où il restera pendant huit ans avant d'aller à l’école publique. Finalement, il fréquentera laMidwood High School. À cette époque, Allen vit en partie dans l’avenue K. Il est surnommé « Red » en raison de la couleur rousse de ses cheveux (« roux » se dit « red » en anglais). Déjà, il impressionne les autres étudiants par son extraordinaire habileté aux cartes et sestours de magie. En 1952, il écrit des gags pour un journal. Bien qu'il se décrive souvent comme unnévrosé dans ses films, il était en réalité un adolescent apprécié de ses condisciples et un adepte dubasket-ball et dubaseball à l'école.
Il commence à gagner sa vie en écrivant des gags pour l’agent David O. Alber qui les revend à différents chroniqueurs. Ainsi, la première de sesblagues à avoir été publiée serait « I am at two with Nature ». À l’âge de 16 ans, il se met à écrire pour des stars telles queSid Caesar. Il décide alors d’endosser lepseudonyme de Woody Allen, en partie en hommage auclarinettisteWoody Herman.
Woody s'inscrit à l’université de New York, où il est censé étudier lacommunication et lecinéma. Ses mauvais résultats et son manque d’intérêt pour les études[c] lui font rapidement abandonner ces dernières. Plus tard, il fréquentera pourtant brièvement leCity College de New York.
À dix-neuf ans, il est chargé de rédiger dessketches pour d’importantes émissions de télévision telles queThe Ed Sullivan Show,The Tonight Show,Caesar’s hour… Ce derniershow occasionna par ailleurs le début de sa collaboration avecDanny Simon(en). Celui-ci l’aida à structurer son style et Allen dira à son sujet :
« J’ai appris depuis une ou deux choses par moi-même et modifié certaines choses qu’il m’a enseignées, mais tout ce que j’ai appris de l’écriture de comédie, je l’ai appris, sans équivoque, de lui[d]. »
Il devient ensuite gagman pour des comiques commeBob Hope,Buddy Hackett, ouMiles Bennett, puis rédacteur du show télévisé deGary Moore (1957). Naturellement doué pour lacomédie, il entame en 1960, une nouvelle carrière d'humoriste destand-up (les albumsStandup Comic etNightclub Years 1964-1968 contiennent quelques-uns de ses sketches dont la fantaisiste histoire de l’élan (qu’il emmène à un bal costumé après l’avoir percuté avec sa voiture). Dans le même temps, il contribue à la revueFrom A to Z(en) deBroadway et commence à écrire pour le très populaireshow téléCandid Camera(en), apparaissant même dans quelques épisodes. En outre, il rédige desnouvelles publiées dans certains magazines, dontThe New Yorker.
Petit à petit, avec l’aide de sonimpresario, Allen transforme ses défauts « psychologiques » en qualités « théâtrales ». Il développe ainsi son célèbre personnage d’intellectuel névrosé, instable et nerveux. Rapidement, il rencontre un succès qui lui ouvre les portes de latélévision et desboîtes de nuit. En 1969, sa popularité est telle qu’il apparaît en couverture deLife à l’occasion de la création àBroadway dePlay It Again, Sam(en).
1965-1975 : à la conquête de l'écran, deQuoi de neuf, Pussycat ? àGuerre et Amour
C'est alors qu'il se produit dans un club deGreenwich Village que Woody Allen est repéré par le producteurCharles K. Feldman et l'acteurWarren Beatty qui cherchent un coscénariste capable d'insuffler un ton comique au filmQuoi de neuf, Pussycat ? qu'ils sont en train d'écrire[3]. Feldman lui propose 30 000 dollars, Woody Allen en veut 40 000 mais il accepte finalement le prix de Feldman à condition d'avoir un rôle dans le film[3]. Réalisé parClive DonnerQuoi de neuf, Pussycat ? sort en1965 et est un grand succès, néanmoins Woody Allen se sent assez frustré du résultat, persuadé qu'il aurait été meilleur s'il l'avait écrit seul et réalisé[3]. Cette expérience l'incite à prendre un meilleur contrôle sur ses projets suivants[3].
Groucho Marx en 1931, dont l'œuvre influença Allen.
La période qui suit est certainement la plus prolifique et la plus célèbre de la carrière de Woody Allen. En moins de 10 ans, il écrit et réalise ses films les plus appréciés dontAnnie Hall,Manhattan,La Rose pourpre du Caire (l'un des cent meilleurs films de tous les temps selon leTimes Magazine et l'un des trois favoris d'Allen) ainsi queHannah et ses sœurs qui remporte troisOscars du cinéma.
Annie Hall, film de tous les succès (vainqueur de quatre Oscars dont l'Oscar du meilleur film, celui du meilleur réalisateur, celui de la meilleure actrice pourDiane Keaton et celui du meilleurscénario), marque un tournant majeur dans l'œuvre de W. Allen. Il s'oriente alors vers unhumour plus sophistiqué et aborde des sujets moins légers dans descomédies dramatiques. Certains iront jusqu'à dire qu'il a peut-être réinventé ce genre ou, au moins, qu'il en a fixé les règles modernes. Mais outre cela, W. Allen parvient surtout à trouver son style, sa touche personnelle. AvecAnnie Hall, le cinéaste parvient à se détacher de l'influence de ses idoles pour imposer son propre personnage et avec lui, tout un univers complexe de questions existentielles obsédantes inspirées par ses incalculables référencesculturelles qu'il fait semblant de résoudre par la dérision. Il crée un univers où il est normal d'aborder une inconnue en lui parlant deSartre pour se retrouver une heure plus tard à discuter avec elle deKierkegaard dans unjazz club où ils peuvent tous deux se délecter des œuvres deCole Porter. En somme, il crée un universégocentrique où tous les personnages sont des parties de Woody Allen.
Manhattan sera l'œuvre de la confirmation et marquera probablement l'apogée du « style Allen ». Le film est en tout cas considéré par beaucoup de critiques comme sa meilleure œuvre. Tourné ennoir et blanc, il constitue un hommage à la ville — sa ville — deNew York, véritable « personnage » central du film. Là encore, les rôles principaux représentent des intellectuels lettrés issus declasses sociales élevées. Toutefois, le regard posé sur cette classe est assez ambivalent, critique autant que valorisant. Cet amour-haine des intellectuels new-yorkais (principalement) est par ailleurs une importante caractéristique de la plupart de ses films.Manhattan est sa cinquième collaboration avec l'actriceDiane Keaton[e]. Il encourage également les débuts de la jeuneMeryl Streep qui tient un second — mais très surprenant — rôle dans le film.
EntreAnnie Hall etManhattan, W. Allen écrit et dirige le mélancoliqueIntérieurs (Interiors) dans le style du réalisateursuédoisIngmar Bergman. Ce film est annonciateur d'une période dans l'œuvre d’Allen, au cours desannées 1980, essentiellement marquée par l'influence des metteurs en scène européens tels queFellini. Tous ses films à cette époque, y compris les comédies, seront marqués d'une touche sombre etphilosophique, à l'image deSeptember etStardust Memories.
« Depuis toujours, je suis tenté par le drame, mais la comédie était mon point fort. Seulement, quand vous faites une comédie, il y a un monstre sur votre épaule, qui vous harcèle : “Sois drôle ! Ne les ennuie pas !” Le sérieux est plus relaxant[4]. »
1981-1997 : deComédie érotique d'une nuit d'été àHarry dans tous ses états
« L'homicide est un sujet passionnant parce qu'il permet d'explorer à fond la faiblesse humaine et le sentiment de culpabilité[5]. »
En 1994, il revient à des sujets moins sombres avecCoups de feu sur Broadway (Bullets Over Broadway) qui lui vaudra une nouvelle nomination pour l’Oscar du meilleur réalisateur. Deux ans plus tard, sa comédie musicaleTout le monde dit I Love You (Everyone Says I Love You) apparaît comme plus accessible et remporte un vif succès auprès du public. Là encore, il se retrouve en course pour lesGolden Globe Awards et pour lesCésars. Entre ces deux derniers films, W. Allen a également réalisé le surprenant, par sa construction,Maudite Aphrodite (Mighty Aphrodite) où ses éternels intellectuels new-yorkais croisent la route de personnages plus simples (une ancienneactrice porno et unboxeur « bas de plafond ») ainsi que des héros destragédies grecques.
En 1997, paraîtHarry dans tous ses états (Deconstructing Harry), sans aucun doute le plus « allénien » de tous ses films. Ce long métrage nous plonge dans une histoire complexe. Allen livre unscénario entrecoupé de sketches qui participent à l'histoire globale pour aboutir à la rencontre d'unflorilège de personnages divers qui, rassemblés, ne forment plus qu'un, Harry. On y retrouve tous les thèmes majeurs de l'œuvre d'Allen. Il signe ici uneparodie de sa propre existence et de ses propres difficultés avecoriginalité ethumour.
La rupture de Woody Allen et Mia Farrow intervient sur fond descandale,la comédienne ayant découvert qu'il détenait des photos de sa fille adoptiveSoon-Yi Previn entièrement dévêtue[réf. nécessaire]. Il se marie avec cette dernière en 1997. La même année,Miramax le renvoie à la suite des échecs financiers consécutifs deNuits de Chine,Maudite Aphrodite etTout le monde dit I Love You. Allen est tout de suite engagé parFine Line Features chez qui il va enchaîner les succès, notammentAccords et Désaccords,Escrocs mais pas trop etHollywood Ending.
Comme pourCoups de feu sur Broadway (avecJohn Cusack), en1998 dansCelebrity Allen confie son personnage à un autre acteur, iciKenneth Branagh. Tourné en partie en noir et blanc, avec des acteurs inhabituels (Leonardo DiCaprio,Melanie Griffith entre autres), les événements s'enchaînent à une vitesse incroyable dans une histoire une fois de plus trèscomplexe, impliquant une foule de personnages. Leur incapacité à communiquer les bloque dans une position de spectateurs de leur propre vie. Ce film, tout en gardant un style très « allénien », peut apparaître, par certains côtés, comme surprenant dans l'œuvre de l'artiste.
L'année suivante, avecAccords et Désaccords (Sweet and Lowdown), il rend une fois de plus hommage à l’une de ses passions : le jazz. Construit comme undocumentaire biographique, ce film traite d'unguitariste fictif dans un univers musical bien réel où l'on croise et recroise la route du plus célèbre desmanouches :Django Reinhardt.
La décennie est marquée par les incursions de Woody Allen hors des États-Unis pour tourner ses films.
En2005, le réalisateur quitteNew York pour tournerMatch Point àLondres avecJonathan Rhys-Meyers etScarlett Johansson. La critique est en général positive, le public nombreux. Le film vaut plusieurs nominations aux Oscars, Golden Globes et Césars. Woody Allen dira dans une interview avec le magazinePremière qu'il s'agit de son meilleur film. Le scénario est très fortement inspiré d’Une place au soleil deGeorge Stevens (1951), certaines scènes étant quasiment identiques.
2009 voit le retour de Woody Allen à New York avecWhatever Works avecLarry David etEvan Rachel Wood au générique. Le scénario du film date des années 1970 et avait été rédigé spécifiquement pourZero Mostel, mort l'année de la sortie deAnnie Hall. À l'occasion de la sortie deWhatever Works, Allen confie au cours d'une interview qu'il considère n'avoir jamais réalisé un « grand film »[6].
Le,Amazon annonce avoir commandé à Woody Allen une saison complète d'unesérie télévisée, composée de six épisodes de25 minutes ; il n'y auraa priori pas de suite.« Je ne sais pas comment je me suis mis là-dedans. Je n'ai aucune idée et je ne sais pas par où commencer. À mon avis, Roy Price [vice-président d'Amazon Studios] va le regretter », a commenté Woody Allen. IntituléeCrisis in Six Scenes, cette comédie se situe dans les années 1960 etMiley Cyrus en est l'héroïne.Elaine May et Woody Allen jouent également dedans et la diffusion est assurée le.
Le film suivant est tourné à New York en septembre-, avecTimothée Chalamet,Selena Gomez,Rebecca Hall etElle Fanning[14]. Le titre est dévoilé très tôt (ce qui est très rare chez Woody Allen) :Un jour de pluie à New York. Fin, Amazon annonce qu'il n'y a toujours pas de date de sortie prévue (que ce soit en salle ou directement en VoD).
L'été 2018 est le premier depuis plus de trente ans où Allen n'a pas de projet ni de tournage en prévision, même s'il déclare que malgré ce coup d'arrêt, il continuera à écrire[15]. Neuf mois après l'arrêt de la diffusion de son dernier film par Amazon, les studiosMars Films annoncent avoir pris en charge la sortie du film en Europe[16]. Le film sort finalement en Europe et est un succès critique[17]. Il est sélectionné auFestival de Deauville[18], ce qui dérange les mouvementsMeToo etTime's Up.
En, Woody Allen annonce qu'il a écrit sesmémoires et qu'il va les publier très prochainement. La maison d'éditionsHachette est alors censée publier le livre, intituléSoit dit en passant (A propos of Nothing, en version originale), via la filialeGrand Central Publishing. Cependant, l'annonce de cette parution crée lapolémique.Ronan Farrow, le fils officiellement biologique du réalisateur, fait part de son désaccord avec la maison d'éditions, qui avait publié son enquête sur lesabus sexuels etharcèlements dans le cinéma pendant l'affaire Weinstein[22],[23]. Des manifestations dont celles des employés de la maison Hachette[24] ont lieu aux États-Unis pour condamner la sortie du livre et appuyer la décision deMia etRonan Farrow de ne plus collaborer avec le groupe Hachette[23]. Dans ce contexte, celui-ci renonce à publier les mémoires du réalisateur[25] et des personnalités critiquent l'attitude de Hachette, dont l'écrivainStephen King[26].
Les mémoires sortent tout de même aux États-Unis en, dans une petite librairie indépendante. Malgré la polémique, le récit autobiographique de Woody Allen est un succès littéraire[27]. Dans son livre, le réalisateur retrace son enfance, ses débuts de comique mais également sa rupture compliquée avec l'actriceMia Farrow, son mariage avecSoon-Yi Previn[28], les accusations dont il fait l’objet et les critiques reçues après son soutien à Harvey Weinstein. Il revient notamment sur le tournage d’Un jour de pluie à New York, lors duquelTimothée Chalamet a décidé de se désolidariser de son travail au moment où ce dernier a appris qu'il serait nommé à l'Oscar du meilleur acteur pourCall Me by Your Name[29]. Il évoque aussi ses expériences avec l'actriceEmma Stone, qui fut sa muse pendant longtemps, tout commeDiane Keaton,Greta Gerwig ouScarlett Johanson avant elle. En France, le livre paraît en 2020 sous le titreSoit dit en passant, publié par leséditions Stock[30],[23].
L'année suivante, une mini-série documentaire nomméeAllen Vs Farrow, commandée parHBO etOCS, sort et crée à nouveau la polémique[31]. Composée d'interviews du clan Farrow (excepté celle de Moses qui prend la défense d'Allen, et de Soon-Yi, l'épouse du cinéaste), de témoins et d'extraits audio du livreSoit dit en passant, la série documentaire revient sur les accusations visant Woody Allen. Bien accueillie outre-Atlantique, la presse est plus mitigée en Europe et particulièrement en France[31]. Pris à nouveau dans la tourmente, l'actriceKate Winslet, qui l'avait soutenue lors de la sortie deWonder Wheel, revient sur ses déclarations regrettant ainsi sa position[32],[33], quand Soon-Yi prend sa défense et tient à donner sa version des faits[34],[35].
Derniers films :Rifkin's Festival et son cinquantième film
Son film suivant, qui est à nouveau une comédie romantique et se situe durant le festival international du film de Saint-Sébastien nomméRifkin's Festival, connaît quelques complications du fait que Woody Allen est désormais un réalisateur controversé. S'ajoute à cela un tournage compliqué, car le cinéaste a du mal à constituer une distribution du fait de son statut[36]. Néanmoins, il arrivera à finalement s'attacher les services de Wallace Shawn son fidèle comparse, deGina Gershon, de l'actrice espagnoleElena Anaya, ainsi que des européensLouis Garrel etChristoph Waltz. Mais à nouveau, le film doit faire face à des imprévus avec la pandémie de coronavirus qui fait décaler le film à[37] avant d'être reporté une seconde fois en salles en presque partout en Europe (en Belgique, par exemple, le film est bien sorti en)[38].
Tandis qu'il boucle la post-production deRifkin's Festival, de nouvelles rumeurs courent sur le projet suivant du cinéaste, certains disant que le film se tournera en France. Les rumeurs courront ainsi pendant deux ans avant qu'elles ne soient ni affirmées ni démenties par le cinéaste et son équipe. En, au cours d'une interview livrée à l'acteurAlec Baldwin, rare soutien hollywoodien du cinéaste, ce dernier confirme les rumeurs[39]. Woody Allen annonce qu'effectivement son prochain projet sera tourné en France, et plus particulièrement qu’il déposera ses caméras pour la seconde fois à Paris[40]. Un autre de ses films, sorti dix ans plus tôt :Minuit à Paris, avait déjà vu le jour là-bas. Dans ce cadre, le cinéaste s'installe avec son épouse et ses enfants dans la capitale française.
Toujours très mystérieux, il confirme avoir déjà bouclé la distribution et confie que ce50e film,Coup de chance, sera dans la même veine queMatch Point soit un thriller noir[41]. Dès son annonce, le projet fait beaucoup parler car ce sera le premier film du cinéaste entièrement tourné dans lalangue de Molière et ce pourrait être son dernier film en tant que réalisateur[42]. Effectivement, Woody Allen confie durant son entretien à Alec Baldwin son envie de mettre un point final à sa carrière de réalisateur, fatigué des polémiques et ayant perdu l'envie de faire des films, préférant se consacrer à la mise en scène de pièces pour le théâtre[43]. La date de sortie du film,Coup de Chance, avec Lou de Laâge, Melvil Poupaud, Niels Schneider et Valérie Lemercier, est fixée au 27 septembre 2023 en France. C'est son premier film tourné intégralement en français.
Juin 2022 est un autre jalon dans l'œuvre d'Allen : il sort son cinquième recueil de nouvelles,Zero Gravity (dont la traduction en français sort en septembre 2023, chez Stock, sous le titreZéro Gravité), le dernier datant de 2007[44].
En septembre 2025, toujours sans projet concret de film, Woody Allen publie son premier roman,What's with Baum? (la traduction en français sort chez Stock en octobre 2025 :Quelle mouche a piqué Baum ?.
Toujours à l'automne 2025, le journalEl Pais rapporte que le tournage du prochain film de Woody Allen devrait avoir lieu à Madrid à l'été 2026[45].
Woody Allen a écrit plusieurspièces de théâtre[46]. Paradoxalement, il ne s'est mis à lamise en scène de ses pièces qu'en 2003 avecWriter's Block (littéralement : « le blocage de l'écrivain » évoquant la panne d'inspiration ; c'est sous ce titre qu'en 2003 il a mis en scène les deux pièces en un acteRiverside Drive etOld Saybrook). L'autre mise en scène due à Woody Allen lui-même eut lieu en 2004 pourSecond Hand Memory. Sans compter lessketchs qu'il a écrits pour la revueFrom A to Z(en) (Broadway, 1960) et ceux qui composent son propre spectacle destand up (1964-1968[47]) ; la liste des pièces écrites (et parfois publiées) de Woody Allen est la suivante :
1981 :The Floating Light Bulb, mise en scène àBroadway par Ulu Grosbard. Adaptation française en 1994 sous le titreL'Ampoule magique, par Attica Guedj et Stephan Meldegg, lequel a aussi assuré la mise en scène de cette pièce créée au Théâtre La Bruyère.
1995 :Central Park West, comédie en un acte créée à New York au sein du spectacleDeath Defying Acts, mis en scène par Michael Blakemore (regroupant trois pièces en un acte, les deux autres étant l'œuvre d'Elaine May et deDavid Mamet).
2003 :Riverside Drive etOld Saybrook, jouées au sein du spectacleWriter's Block, dans une mise en scène de Woody Allen.Trois pièces sur le thème de l'adultère :Riverside Drive,Old Saybrook etCentral Park West. Adaptation française en 2006 sous le titreAdultères authéâtre de l'Atelier à Paris.
2004 :Second Hand Memory, créée à New York en 2004, dans une mise en scène de Woody Allen. Adaptation française en 2007 par Sébastien Azzopardi, sous le titrePuzzle, au Théâtre du Palais-Royal à Paris, avecMichel Aumont,Anne Loiret, Sébastien Azzapardi, Gérard Lartigau, Geneviève Fontanel, Julie De Bona et Marie Le Cam.
2011 :Honeymoon Motel, jouée à Broadway en[48] au sein du spectacleRelatively Speaking, mis en scène parJohn Turturro (regroupant trois pièces en un acte, les deux autres étant l'œuvre d'Elaine May et deEthan Coen)[49].
2024 :Brooklyn Story, créée au Belvárosi Színház à Budapest en Hongrie[50].
2025 :Pure Madness, créée au Centrál Theater à Budapest en Hongrie[51].
Au-delà de cette liste, on sait qu'Allen a dans ses cartons des textes de pièces totalement inédites (comme la pièceThe Jazz Baby, qu'il a remaniée pour faire le filmAccords et Désaccords).
Outre les textes de ses scénarios et de ses pièces, Woody Allen est l'auteur de cinq recueils denouvelles,récits et réflexions, qui reprennent souvent des textes publiés ailleurs (entre autres dansThe New Yorker), de sonautobiographie et d'un roman.
Pour en finir une bonne fois pour toutes avec la culture (Getting Even, 1971).
Dieu, Shakespeare et moi (Without Feathers, 1975).
Destins tordus (Side Effects, 1980).
L'erreur est humaine (Mere Anarchy, 2007).
Soit dit en passant (Apropos of Nothing, 2020).
Zéro Gravité (Zero Gravity, 2022).
Quelle mouche a piqué Baum ? (What's With Baum?, 2025).
Il commence par étudier lesaxophone, mais, peu doué pour cet instrument, il se tourne vers laclarinette[53],[54]. Le prénom « Woody » qu’il s'est choisi vient d’ailleurs du prénom d’une de ses idoles, le clarinettisteWoody Herman, et il donnera le prénom Bechet à l'un de ses enfants adoptifs en hommage à Sidney Bechet.
Chaque lundi, Allen se produit auCarlyle Hotel deManhattan avec son jazz band « New Orleans ». En tout, le groupe a sorti deux albums :The Bunk Project (1993)[55] et laBO deWild Man Blues (1997). En 1996, le groupe a effectué une tournée européenne qui a donné lieu à un documentaire intituléWild Man Blues. En, une nouvelle tournée les a conduits entre autres àBruxelles,Luxembourg,Vienne,Paris,Budapest,Athènes,Lisbonne, Barcelone,Saint-Sébastien etLa Corogne.
Woody Allen se marie pour la première fois à l’âge de vingt ans en 1956 avec une jeune étudiante en philosophie de dix-sept ans, Harlene Rosen, qu'il avait connue dans un centre communautaire. Leur union dure six ans et se termine en 1959 par un procès pourdiffamation à cause d'une blague douteuse d'Allen au sujet duviol de son ex-femme[56], ce qui n'a pas empêchéMme Rosen de soutenir Woody Allen dans son conflit contre Mia Farrow[57].
Par la suite, il devient le compagnon deDiane Keaton pendant près de dix ans, rencontrée en 1968, la considérant comme unemuse et la faisant jouer dans huit de ses films dontAnnie Hall (le nom de naissance de Keaton est « Diane Hall »),Interiors ouManhattan, dans lesannées 1970.
Keaton et Allen sont restés des amis proches. Diane Keaton a fait partie de ses soutiens[58] jusqu'à son décès, en octobre 2025.
Il partage ensuite douze ans de sa vie avecMia Farrow à partir de 1979 et Allen la fait jouer dans treize de ses films, de 1982 à 1992[59].
Farrow a déjà sept enfants lors de leur rencontre : trois fils biologiques issus de son mariage avec le compositeurAndré Previn, trois filles adoptées (deux Vietnamiennes et une Sud-Coréenne, Soon-Yi Previn ), et un garçon sud-coréen adopté,(en)Moses Farrow(en)[60]. Bien que non mariés et ne vivant pas sous le même toit (mais habitant de part et d'autre deCentral Park)[60] à New York, ils adoptent une petite fille, Dylan, née en 1985. Ils ont également ensemble un enfant biologique,Satchel, né le. Allen décide aussi d'adopter Moses, l'un des nombreux enfants de Mia (elle en adopte onze autres entre 1973 et 1995, soit quatorze enfants en tout)[61].
Selon Allen, sa relation intime avec Mia Farrow a complètement cessé après la naissance de Satchel et on lui demande de rendre la clé de l'appartement ; ils entretiennent donc une relation de travail lorsqu'ils tournent un film, en n'étant que « des compagnons sociaux dans les occasions où il y avait un dîner, un événement »[62]. Le couple se sépare définitivement en 1992.
Sur sa relation avec Mia Farrow, Allen dit :« Je suis sûr qu'il y a des choses que j'aurais pu faire différemment… Rétrospectivement, j'aurais dû probablement sortir de cette relation plus tôt que je ne l'ai fait »[63].
En 1992, Mia Farrow quitte Woody Allen après avoir découvert sa liaison avec la fille qu'elle a adoptée avec André Previn en 1977,Soon-Yi Previn, âgée alors de22 ans. Allen détient notamment des photographies de la jeune fille entièrement dévêtue, qu'elle a découvertes[63]. Dans une interview de la même année, Allen déclare : « Je ne suis pas le père ou le beau-père de Soon-Yi »[64]. Une importante bataille judiciairemédiatisée s'engage concernant la garde de leurs trois enfants : Moses, Dylan et Satchel.
Malgré les conséquences de ces événements sur saréputation, Allen estime que le moment où Farrow a découvert son attirance pour Soon-Yi a été« un coup de chance dans [s]a vie… Ç'a été un tournant vers ce qu'il y avait de mieux »[63].
En 2011, il déclare à propos de sa relation avec Soon-Yi :
« Où était le scandale ? Je suis tombé amoureux de cette fille et je l'ai épousée. Nous sommes mariés depuis près de15 ans maintenant. Il n'y avait aucun scandale, bien que tout le monde en ait parlé comme d'un scandale. Dans un sens, ça me plait, parce que lorsque je mourrai, j'aimerais pouvoir dire que j'aurai eu au moins un vrai gros scandale dans ma vie[65]. »
En 1984, Mia Farrow et Woody Allen essaient de concevoir un enfant ensemble puis Farrow adopte une petite fille, Dylan Farrow, en juillet 1985. Bien qu'Allen n'ait pas été impliqué dans l'adoption, lorsque Dylan arrive, il assume un rôle parental envers elle et commence à passer plus de temps chez Farrow[67].
Le 19 décembre 1987, Farrow donne naissance à leur fils Satchel Farrow[68] - prénom choisi par son père en hommage au sportifSatchel Paige[69]. En 2013, Mia Farrow laisse entendre au magazineVanity Fair que Satchel, qui n'a plus de contact avec son père depuis les accusations d'attouchements sur Dylan[70],[71] et qui a abandonné son prénom de naissance au profit de celui de « Ronan », pourrait être en fait le fils deFrank Sinatra, avec lequel elle avait été mariée de 1966 à 1968 et dont elle était restée proche[72].Ronan Farrow, pour sa part, entretient l'incertitude en écrivant sur son compteTwitter :« Écoutez, nous sommes tous “peut-être” le fils de Frank Sinatra »[h],[71].Barbara Marx, dernière épouse du chanteur (de 1976 à sa mort en 1998), estime que ces allégations n'ont aucun fondement (le chanteur avait de fait72 ans à la naissance de l'enfant)[73]. Avec sa mère, Ronan Farrow avait néanmoins assisté aux funérailles du chanteur en 1998, àBeverly Hills[74]. Un porte-parole de Woody Allen explique que le cinéaste ne souhaite pas réagir car l'article deVanity Fair, magazine qui serait gagné à la cause de Mia Farrow, est « faux et absurde »[73].
Allen décide d'adopterMoses Farrow(en), un des fils adoptifs de Farrow. Bien que séparé de leur mère en 1992, Allen rend régulièrement visite à ses trois enfants Moses, Dylan et Satchel[60].
En 1991, Farrow veut adopter un autre enfant. Selon une audience de garde de 1993, Allen lui dit qu'il ne s'opposerait pas à une autre adoption tant qu'elle accepterait son adoption de Dylan et Moses - adoption finalisée en décembre 1991. Le biographe d'Allen écrit dansleNew York Times qu'Allen est alors « là avant qu'ils [les enfants] ne se réveillent le matin, il les voit pendant la journée et il les aide à se coucher la nuit »[60].
En 1997, Farrow obtient la garde exclusive des enfants et Allen perd ses droits de visite sur ses enfants Dylan et Moses, et ne peut plus voir son fils Satchel que sous surveillance[75].
Après le mariage de Woody Allen avec Soon Yi Previn, en 1997, le couple adopte deux enfants : Bechet Dumaine (ainsi prénommée en hommage au clarinettisteSidney Bechet) et Manzie Tio (en hommage àManzie Johnson, batteur dans le groupe de Bechet).
Woody Allen parlefrançais et estvégétarien[76]. Il adoreVenise et a contribué à collecter des fonds pour rebâtirLa Fenice, détruite par un incendie en 1996.
En janvier 2018, après avoir eu accès à de nombreuses archives de travail de Woody Allen, le journaliste Richard Morgan, dans un article publié dans leWashington Post, écrit à propos de l'œuvre du réalisateur que « ses créations sont marquées par de nombreuses influences esthétiques, ainsi qu'une obsession pour les jeunes filles »[77]. Circonspect à propos de cette enquête,Le Figaro constate que « En piochant dans ces archives qui couvrent 57 ans de carrière, le journaliste multiplie les exemples à charge, sans que l'on connaisse les réelles intentions de Woody Allen quant à ses écrits »[78].
Woody Allen considèreLes Affranchis deMartin Scorsese comme un de ses films préférés. Il ne permet pas que ses films soient remontés pour lesdiffusions par les compagnies aériennes ou les chaînes de télévision. Le cinéaste est très critique sur son propre travail[79] et admet qu'il n'a jamais revu ses propres réalisations[80]. Il ne possède pas d'ordinateur et écrit ses scénarios sur unemachine à écrire.
Peu après le conflit sur la garde des enfants d'Allen et Farrow, Allen est accusé d'abus sexuels parattouchements qui auraient eu lieu le sur leur fille adoptive Dylan, alors âgée de sept ans, dans la maison Farrow deBridgewater[72],[74]. Mia Farrow engage l'avocatAlan Dershowitz pour proposer à Woody Allen de résoudre l'affaire sans aucune divulgation publique mais Allen rejette cette proposition[82],[83].
Si le juge chargé de l'instruction estime que la conduite du cinéaste est « extrêmement inappropriée » (par « attention excessive »), elle n'est, selon lui, « pas sexuelle »[84],[85],[86],[87]. La nounou de l'enfant abonde dans ce sens, et rapporte à l'inverse plusieurs évènements suggérant une possible manigance de Mia Farrow[88]. Ces accusations d’abus sexuel sont trouvées peu crédibles par deux équipes d’experts indépendants (Yale-New Haven Hospital[89] et New York State Department of Social Services[90]) spécialisés en abus sexuels et ayant enquêté plusieurs mois pour rendre leurs rapports (en pour l'un et en pour l'autre)[91],[92],[93],[94]. L'hôpital de Yale pointe des incohérences dans les déclarations de Dylan et la présente comme une enfant rêveuse ayant du mal à distinguer le fantasme de la réalité[85]. De ce fait, leprocureur fédéral Frank Maco abandonne les accusations« pour épargner à l'enfant le traumatisme d'un témoignage dans le cadre d'un procès, malgré la présence de raisons suffisantes pour engager des poursuites »[85]. Il conseille par ailleurs aux parents de tenir leurs enfants éloignés de Woody Allen[85].Stephen Gillers(en), professeur de droit à l'université de New York et expert enéthique juridique, critique le procureur fédéral qui violerait lesdroits constitutionnels d'Allen en ne le déclarant pas coupable, en ne le poursuivant pas (malgré ses doutes), pour le laisser ensuite se défendre seul dans la presse[85] ; d'autres observateurs commeSlate relèvent également une incohérence entre de potentielles charges et l'absence de poursuites pour « préserver la victime »[95]. Mia Farrow convient que c'était dans l'intérêt de sa fille[85].
Dans ses mémoires de 1997,What Falls Away,Mia Farrow répète l'accusation selon laquelle Allen a abusé sexuellement de Dylan et cette allégation est mentionnée dans plusieurscritiques du livre[96],[97]. Elle finit par ailleurs par obtenir la garde exclusive des enfants la même année. Allen perd ses droits de visite sur ses enfants Dylan et Moses, et ne peut plus voir son fils Satchel que sous surveillance[75]. En janvier 1994 puis en juillet 1995, Allen fait appel des décisions concernant la garde des enfants mais est débouté[98],[99]. Dans sa déclaration, le juge admet que sa décision est prise bien qu'il convienne que l'allégation d'abus sexuel contre Allen n'a pas été prouvée[100].
En 2014, quelques semaines après que son père a reçu unGolden Globe d'honneur, Dylan Farrow, à présent majeure, réitère ses accusations d'agressions sexuelles, alors qu'elle avait 7 ans, et les précise[101],[102]. L'année précédente, son oncle maternel, John Charles Villiers-Farrow qui avait pris parti pour elle, a été lui-même condamné pourabus sexuels sur enfants[103],[104],[105].
Woody Allen nie catégoriquement les accusations de Dylan, les considérant comme « fausses » et « honteuses »[106],[107]. Le cinéaste considère que sa relation à Soon Yi a incité Farrow à concocter l'allégation d'agression sexuelle contre Dylan comme un acte de vengeance[107]. Vingt ans après avoir témoigné contre lui et décidé alors de ne plus le voir, Moses Farrow devenuthérapeute familial prend publiquement la défense de son père adoptif : il rejette les accusations de sa sœur Dylan et affirme que celle-ci a été, comme lui, manipulée par leur mère[108].
Cescandale resurgit en, alors que débute lefestival de Cannes, lorsqueRonan Farrow[i], fils de Farrow et Allen, qui avait 4 ans au moment des faits supposés, publie une tribune dansThe Hollywood Reporter[109]. Devenu avocat spécialisé dans lesdroits de l'homme, il y déclare notamment :« Je me souviens avoir été moi-même perturbé par le comportement de mon père : il allait dans le lit de ma sœur en pleine nuit et la forçait à lui sucer le pouce »[110] et s'insurge contre ce qu'il considère comme une« culture du silence et de l'impunité » autour de cette histoire d'abus sexuel[111].
Lors de la cérémonie d'ouverture du festival de Cannes 2016 où est projeté enavant-première le dernier film d'AllenCafé Society, le maître de cérémonie,Laurent Lafitte, choque le public par une blague déplacée à l'égard du cinéaste[j].
La polémique rebondit en, dans le contexte des révélations suivant le mouvement#MeToo[112] et Dylan en appelle à la conscience de ce mouvement[12]. Elle accuse à nouveau son père, bien qu'avec des modifications du récit de 1992 deMia Farrow[113],[114]. Moses Farrow apporte une nouvelle fois son soutien à Woody Allen dans un longpost détaillant plusieurs faits innocentant son père ; il y décrit son initial soutien forcé à Mia Farrow comme la plus grosse erreur de sa vie[115],[116],[117]. Ronan et Dylan Farrow rattachent quant à eux cepost à une campagne de dénigrement visant leur mère et organisée par Allen[118]. En, Soon-Yi sort également de sa réserve dans un long témoignage[119] auquel Ronan et Dylan répliquent immédiatement[120]. Concomitamment, Mia Farrow est accusée d'abus et de maltraitances d'enfants par Moses et Soon-Yi, qui lui reprochent également de fausses allégations et un « lavage de cerveau » sur Dylan[115],[121]. Le conflit reste ouvert.
Ayant déjà nié ces allégations injurieuses[106],[107],[122], Woody Allen semble réagir avec plus de détachement :« Je ne lis pas tout ça. C’était une fausse accusation mais un super matériau pour des articles de tabloïd… »[123].
La même année, une étudiante en théâtre à l'Université de Californie à San Diego (UCSD) organise une pétition en ligne pour qu'un cours sur les films d'Allen soit retiré du programme de l'UCSD, affirmant qu'en raison des allégations d'abus contre lui, l'université ne devrait pas avoir une classe consacrée à son travail. Le Sénat académique de l'UCSD annonce qu'il conservera ce cours[126].
À la suite des mouvementsMeToo,Time's Up et de l'éditorial de Dylan Farrow, un rassemblement de femmes en novembre 2017 brandit une banderole faisant référence à l'allégation, qui est accrochée autour du cou de la statue d'Allen à Oviedo en Espagne. Il est ensuite demandé que la statue soit enlevée[131],[132].
réalisé 55 films ou téléfilms : plus précisément, il y a 51 longs métrages dont 1téléfilmNuit de Chine (le plus court estUne autre femme, 78 minutes, et le plus long estMatch Point, 124 minutes), 1 moyen-métrage (Le Complot d'Œdipe, 40 minutes sorti au cinéma au sein du filmNew York Stories), 1 série télévisée (Crisis in Six Scenes, 6 épisodes de 24 minutes), 1 court-métrage télévisuel (Men of Crisis: The Harvey Wallinger Story, 27 minutes), et 1 ultra-court (Sounds From a Town I Love, 3 minutes) ;
écrit 58 films (en plus de ses 55 réalisations dont il a signé le scénario, les 3 qu'il a écrits sans en assumer la réalisation sontQuoi de neuf Pussycat ?,Casino Royale etTombe les filles et tais-toi, même si, pour ce dernier, la mise en scène étant assez neutre, il peut être considéré comme un film de Woody Allen lui-même ; on ne compte pas l'adaptation de 1969 de sa pièceDon't Drink the Water(en), dont il ne voulait pas et où il n'a participé à rien : la seule version à considérer est celle qu'il a filmée lui-même en 1994 pour la télévision ;
joué dans 50 films de fiction (en incluant un caméo de quelques secondes dans un épisode de la sérieJust Shoot Me!), cela se décompose en 33 films de lui, 3 films où il a participé au scénario et donc 14 films/téléfilms qu'il n'a ni écrits ni réalisés, dont le film d'animationFourmiz, où il prête sa voix au personnage anxieux de Z ;
participé à plus de 20 documentaires (que ce soit sur sa vie et son œuvre ou des films où il est seulement interviewé sur des sujets divers, pas nécessairement liés au monde du cinéma).
Pourtant, Woody Allen a toujours trouvé absurde la compétition enart, et en exprime un certain désintérêt. Ainsi, il ne s'est jamais rendu à une cérémonie pour accepter une récompense, excepté la74e cérémonie des Oscars, en2002 où il fit une déclaration d'amour àNew York, six mois après lesattentats du 11 septembre[175]. Il se déplace dans lesfestivals de cinéma avec ses films, mais demande qu'ils soient projetés hors-compétition[176],[177].
Cette liste n'inclut que les réalisations de Woody Allen, d'après les bases de données des festivals. À l'exception de certains films au Festival de Berlin, tous furent projetés hors-compétition.
Bernard Murat dansLily la tigresse,Bananas,Woody et les Robots,Guerre et Amour,Annie Hall,Manhattan,Stardust Memories,Zelig,Hannah et ses sœurs,Crimes et Délit,Scènes de ménage dans un centre commercial,Meurtre mystérieux à Manhattan, etc.
Jean-Luc Kayser dansMaudite Aphrodite,Tout le monde dit I love you,Harry dans tous ses états,es Imposteurs,Accords et Désaccords,Escrocs mais pas trop,Le Sortilège du scorpion de jade,Hollywood Ending,Scoop,To Rome with Love,Apprenti Gigolo,Crisis in Six Scenes, etc.
Harry dans tous ses états (Deconstructing Harry), scénario bilingue traduit par Jacqueline Cohen, Paris, Petite bibliothèque desCahiers du cinéma, 1998(ISBN2-86642-204-X)
Jean-Michel Frodon,Conversation avec Woody Allen d'après les entretiens parus dansLe Monde, Paris, Plon, 2000(ISBN2-259-19286-6)
Stig Björkman,Woody Allen : Entretiens (Woody Allen on Woody Allen), traduit par Sylvie Durastanti et Jean Pêcheux, Paris, Cahiers du cinéma, 2002(ISBN2-86642-324-0)
Eric Lax,Entretiens avec Woody Allen (Conversations With Woody Allen: His Films, the Movies, and Moviemaking), traduit par Christophe Mercier, Paris, Plon, 2008(ISBN978-2-259-20490-3)
Pour en finir une bonne fois pour toutes avec la culture - Opus 2 (Getting Even, 1971), traduit et adapté par Michel Lebrun, Paris, Solar, 1975(ISBN978-2-7578-1306-5) ; réimpression en 2009.
Angoisse et Légèreté /Doutes et Certitudes (Dread & Superficiality, 2009), Paris, éditions Fetjaine, 2010(ISBN978-2-35425-195-6) (tome 1) et(ISBN978-2-35425-203-8) (tome 2)
Ces deux albums (un seul album en version anglaise) réunissent une collection des meilleurs « comic strips » publiés quotidiennement dans les journaux américains, de 1976 à 1984, illustrés par Stuart Hample en collaboration avec Woody Allen.
↑Woody Allen,Soit dit en passant, Paris, Stock,,p. 533 :
« Je me considère avant tout comme un écrivain et c'est une bénédiction, parce qu'un écrivain ne dépend de personne pour écrire mais il génère son propre travail et choisit ses heures. »
« En réalité, j'ai vu le jour le 13 [sic] novembre un peu avant minuit, mais mes parents ont repoussé la date officielle pour que je naisse un premier du mois. »
La date du 13 novembre susmentionnée est une erreur de traduction, le texte original indiquant "thirtieth of November" (30 novembre), sous-entendant que le décalage ne serait que de quelques minutes.
↑Citation originale :« I've learned a couple of things on my own since and modified things he taught me, but everything, unequivocally, that I learned about comedy writing I learned from him ».
↑Durant la première de ce film à Cannes, une autre première se déroulait, celle du court-métrage italienHello! I'm a producer of Woody Allen racontant l'histoire d'une jeune femme (jouée par l'actrice russeMarina Orlova) essayant à tout prix de se procurer un ticket pour la première de Woody Allen.
↑Titre identique au recueil paru chez Solar en 1975 et comprenantDeath etGod.
↑Citation originale :« Listen, we're all "possibly" Frank Sinatra's son. ».
↑Prénommé jusqu'alors Satchel, il a abandonné son premier prénom de naissance.
↑Laurent Lafitte :« C'est très bien que vous ayez filmé tant de films en Europe, même si vous n'êtes pas condamné pour viol aux États-Unis ».
↑Les films de Woody Allen ont été nommés trois fois dans la catégorie meilleur film, sachant que les récipiendaires sont les producteurs :1978 :Annie Hall, produit parCharles H. Joffe ;1987 :Hannah et ses sœurs, produit par Robert Greenhut ;2012 :Minuit à Paris, produit par Letty Aronson et Stephen Tenenbaum.
↑Constance Jamet,AFP, « Face à la fronde de ses employés et de Ronan Farrow, Hachette lâche Woody Allen », surLe Figaro.fr,(consulté le) :« La décision d’Hachette de laisser tomber Woody Allen me met très mal à l’aise. Ce n’est pas lui, je me fiche de M. Allen. Ce qui m’inquiète, c’est qui sera muselé au prochain coup… Si vous pensez que Woody Allen est un pédophile, n’achetez pas son livre. N’allez pas voir ses films ou assister à ses concerts de jazz au Carlyle. Votez avec votre porte-monnaie en le conservant fermé. C’est comme cela que l’on fait aux États-Unis ».
↑Woody Allen,Soit dit en passant, Paris, Stock,, « Les femmes de ma vie furent toutes là pour m'épauler. Ma première femme Harlene, Diane Keaton bien sûr, Louise, Stacey. », p. 514..
↑Wilk, Elliot J. (7 juin 1993),Custody Case Ruling , Supreme Court: New York County. « Je ne l'ai pas vu comme sexuel, mais je l'ai vu comme inapproprié parce qu'il excluait tout le monde ».
↑(en) Eric Lax, « Moses Farrow Speaks Out », surThis Mortal Coil,(consulté le) :« L'écrivain/réalisateur Robert Weide a déclaré : “Il est possible de croire en l'innocence de Woody Allen sans qualifier Dylan Farrow de menteuse.” La clé de cette contradiction apparente peut être détenue par Moses Farrow. Dans cet extrait du récent livre d'Eric LaxStart to Finish, Moses a l'occasion de partager ses souvenirs de la vie sous le toit de Farrow. ».
Philippe Bellaloum,L'angoisse existentielle dans l'œuvre cinématographique de Woody Allen et les mécanismes de défense par l'humour et la dérision, Université de Rouen, Thèse de doctorat d'État, Faculté de médecine de Rouen,, 126 p.(présentation en ligne)
Fatima-Zahra Benjelloun Touimi,La représentation des femmes dans les films de Woody Allen, Université Paris 10, Thèse de doctorat, Études anglaises, Paris,, 358 p.(présentation en ligne)
Frédérique Brisset,Cinéma d'auteur et doublage : le paradoxe Woody Allen, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, Thèse de doctorat, Études du monde anglophone-traductologie, Paris, 2012, 560 p.présentation en ligne
To Woody Allen from Europe with Love (1980), téléfilm documentaire réalisé parAndré Delvaux, 90 minutes
Meetin' WA (1986), court métrage documentaire réalisé parJean-Luc Godard, 26 minutes
Wild Man Blues (1998), long métrage documentaire réalisé parBarbara Kopple, 94 minutes
Woody Allen: A Life in Film (2002), téléfilm documentaire réalisé parRichard Schickel, 90 minutes
Woody Allen: A Documentary (2011), téléfilm documentaire réalisé par Robert Weide. Existe en deux versions :1 h 53 min (diffusionArte en) et3 h 15 min (DVD)