| Repères historiques | ||
|---|---|---|
| Création | 1836 | |
| Fiche d’identité | ||
| Siège social | Alphen aan den Rijn (Pays-Bas) | |
| Effectif | 19 000 (2018) | |
| Site web | Site officiel | |
| Préfixe ISBN | 978-1-60831 978-1-84798 | |
| Données financières | ||
| Chiffre d'affaires | 5,45 milliards d'euros (2022) | |
| Résultat net | 1,02 milliard d'euros (2022) | |
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Wolters Kluwer est une multinationale néerlandaise d'édition professionnelle. Elle emploie 21 700 personnes. Son siège social est àAlphen aan den Rijn[1], auxPays-Bas.
La filiale française, créée en 1989, est rachetée en novembre 2022 par Karnov Group et devientLamy Liaisons.
L'origine du groupe remonte à 1836 quand Jan-Berend Wolters fonde une maison d'édition scolaire àGroningue.
En 1968, Wolters et la maison Noordhoff, fondée en 1856, fusionnent sous le nom de Wolters-Noordhoff.
En 1972, le groupe absorbe Information and Communications Union (ICU) et forme Wolters-Samson en 1983.
En 1987, pour contrer une tentative de rachat parElsevier, l'éditeur Kluwer fusionne avec Wolters-Samson : le nouveau groupe est appelé Wolters Kluwer[2]. Par la suite commence une politique d'expansion internationale[3],[4].
En 2024, Wolters Kluwer, qui emploie 21 700 salariés dans le Monde, opère à partir de 40 pays et sert des clients dans 180 pays. Ses activités génèrent un revenu annuel de 5,9 milliards d'euros (dont 64% aux États-unis)[5].
Wolters Kluwer fournit des informations, des logiciels et des services professionnels pour les professionnels.
Ses activités, à 80% digitales, sont réparties sur 5 pôles : Santé (1,6 milliards d'euros) ; Fiscalité et comptabilité (1,6 milliards d'euros) ; Conformité financière et d'entreprise (1,1 milliards d'euros) ; Juridique et réglementaire (0,9 milliards d'euros) ; Performance d'entreprise et RSE (0,7 milliards d'euros)[5].
Wolters Kluwer privilégie les revenus récurrents, sous forme d’abonnements à des informations, des logiciels et des services (abonnements aux logiciels cloud et maintenance des logiciels installés sur site, redevances)[5].
Le groupe possède les marques UpToDate, Lippincott, Medi-Span, Ovid and Health Language brands (santé) ; CCH AnswerConnect, CCH Axcess, Addison, CCH iFirm, A3 Software, Genya, Twinfield, CCH ProSystem fx and ATX (fiscalité et comptabilité) ; CT Corporation, BizFilings, eOriginal, ComplianceOne, Lien Solutions, Expere, GainsKeeper and Wiz cConformité financière et d'entreprise) ; VitalLaw, Passport, TyMetrix 360°, Kleos, Legisway, Lex, One, Schulinck, Wolters Kluwer Online, Kluwer Law International and InView (juridique et réglementaire) ; Tagetik, Enablon, TeamMate and OneSumX (performance d'entreprise et RSE)[6].
En 1989, Wolters Kluwer s’implante en France avec l’acquisition de lamaison d'édition Lamy (éditions sociales et juridiques, avec deux produits phares : Lamy social et Lamy fiscal) dont l'origine remonte à la Ligue commerciale et industrielle pour l’amélioration des conditions de travail et de transport par chemin de fer créée en 1892 par Ludovic Lamy.
Cette première acquisition est suivie — en 1995 — de celle de Dalian (éditeur juridique) et — en 1996 — duGroupe Liaisons (éditions sociales et juridiques), qui apporte avec lui, sous l'en-têteInitiatives Santé, un portefeuille éditorial destiné aux professionnels de santé[7],[4].
Alors que sa maison mère néerlandaise se cantonne prudemment, en matière de presse et d'édition, aux professions juridiques et fiscales générant des revenus récurrents stables, la filiale française procède de son côté à une série de rachats tous azimuts[8], dans le transport, le tourisme, l'agriculture et le secteur médical et paramédical : en 1994, rachat du groupe Lamarre —L’Infirmière magazine,Objectifs Soins— et de CdP (pour un public de chirurgiens-dentistes) ; en 1998, rachat desÉditions du Point Vétérinaire, etc..
En juillet 2007, l’ensemble des sociétés précédemment rachetées par le groupe fusionne sous l’entité Wolters Kluwer France SAS, mais la plupart d'entre elles continuent à opérer sous leur nom d'origine[9].
Fin juillet 2013, WKF commence à se désengager de ses activités de presse, volatiles en raison de leur dépendance aux recettes publicitaires, pour se concentrer sur l’information juridique et les solutions informatiques pour les cabinets de conseil ou d’avocats[10].
Le groupe cède à Newsmed (issu du fonds d'investissement Galilée), pour 1 € symbolique, ses activités de presse, d'édition, de salons et de formation à destination des professionnels de santé, cession assortie d'un plan social d'une quarantaine postes pré-financé par le cédant[11].
Les activités santé, qui représentent alors 271 collaborateurs et 30 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, comprennent — entre autres — les maisons d'édition Pradel, Arnette et Doin dans le secteur médical, Lamarre en hospitalier, Pro-Officina en pharmacie, les éditions CDP en dentaire et les éditions du Point Vétérinaire. Sont également concernés par la cession deux salons professionnels (Pharmagora et leSalon infirmier), des catalogues de formation et des portails Internet consacrés à la santé[12],[13],[14].
En 2018, Newsmed se retrouve en redressement judiciaire[15] : une partie de ses titres ayant été rachetée en 2013 par la société Initiatives Santé (homonyme de l'originale dissoute), créée par d'ancien salariés du pôle Santé de WKF, le reste (une vingtaine de marques) est repris par la holding Groundswell Initiative, dirigée par Julien Kouchner, qui confiera le tout au groupe 1Health, associant des activités de presse et de communication en santé humaine et santé animale, lui-même absorbé, en janvier 2023, par Europagroup[16].
En 2016, WKF continue son retrait de la presse professionnelle en cédant à Info6tm (filiale d'Agri Terroir Communication, éditeur de presse spécialisé dans le secteur agricole), une douzaine de périodiques, dontL'Officiel des transporteurs,Connexion Transports-Territoires,Bus et Car Tourisme de groupe,Le Journal de la marine marchande,France Routes,Logistiques Magazine,Tour Hebdo,Liaisons sociales magazine,La Lettre des Juristes d’affaires, Entreprises et Carrières) employant 170 salariés (260 en comptant les pigistes) et générant un chiffre d’affaires de 22 millions d'euros[17].
WKF ne conserve alors, pour ce qui concerne la presse, queLiaisons sociales quotidien,Protection sociale information,Liaisons sociales Europe,Semaine sociale Lamy et le filAFP Liaisons sociales.
Parallèlement à son désengagement de la presse, WKF développe son modèle numérique (rachat de plusieurs sociétés de logiciels pour les professionnels du droit en 2002 (Cicéron, Clior) et de la santé (Val Solutions)[18]. En, WKF devient partenaire du journalLes Echos pour la diffusion des annonces légales de ses clients[19]. Début 2021, Médialex rachète la branche publication d'annonces légales ("AFL") de Wolters Kluwer[20].
En novembre 2022,Lamy Liaisons — ce qui reste de Wolters Kluwer France — passe sous pavillon suédois avec son rachat par Karnov group(d)[21],[22].
La filiale française a été impliquée dans deux affaires judiciaires, à l'issue desquelles elle a été reconnue non coupable.
En 2007, lors de la création de la filiale française, la multinationale fusionne neuf sociétés dont elle est propriétaire, parmi lesquelles Lamy et Groupe Liaisons[23],[24]. Les filiales fusionnées sont alors achetées pour 753 millions d’euros par une holding appartenant à WKF lors d'un achat à effet de levier[23] pour lequel elle s'endette à hauteur de 445 millions d'euros auprès de sa maison mère[24],[23]. Ainsi, le groupe WKF s'endette structurellement, obérant ainsi sa rentabilité au profit de la maison mère. Cette remontée de trésorerie lui permet de payer l'impôt sur les sociétés aux Pays-Bas plutôt qu'en France[23],[24].
WKF obtient une première victoire en 2015 au Tribunal de grande instance de Nanterre. En revanche, laCour d'appel de Versailles estime en, que l'entreprise a eu recours à des « manœuvres frauduleuses » et condamne le groupe à des pénalités estimées à plusieurs millions d'euros[24]. Le, lachambre sociale de laCour de cassation donne raison à WFK[25]. LeConseil supérieur de la magistrature est saisi par un syndicat de salariés qui accuse de partialité trois juges ayant siégé au motif que ceux-ci collaborent régulièrement avec Wolters Kluwer[26]. En, le CSM considère qu'il n'y a pas eu de faute disciplinaire mais reproche, en revanche, aux magistrats de ne pas s'être déporté alors même que leur collaboration« constitu[aient] "un lien d’intérêt" susceptible de faire naître un "doute légitime" »[27].
En 2017, une responsable Web E-Commerce, après uncongé de maternité, prétend être victime de harcèlement et de licenciement abusif[28]. La plaignante poursuit son ancien employeur pour discrimination, ce dont Wolters Kluwer se défend[29]. En, le TGI de Paris prononce la relaxe de Wolters Kluwer pour l'accusation de harcèlement moral[30].
CT Corporation (ou Corporation Trust Company) est une filiale de Wolters Kluwer, acquise en 1995. Cette société fournit des logiciels et des services d'expertise, notamment juridiques, aux entreprises. C'est aussi la plus grande société boîte aux lettres (registered agent service firm en anglais) au monde[31]. Elle possède le Corporation Trust Center, au 1209 Orange Street àWilmington, dans l'État du Delaware, État souvent considéré comme un paradis fiscal en raison de sa législation fiscale complaisante[24]. Ce seul bâtiment sert d'adresse légale à plus de 285 000 entreprises[32],[24].
Wolters Kluwer rétribue l'agence Common Sense Advisory company, inscrite depuis 2018 au registre de transparence desreprésentants d'intérêts auprès de laCommission européenne, pour un montant annuel compris entre 10 000 et 25 000 euros[33].
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