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Western spaghetti

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Pour les articles homonymes, voirWestern (homonymie).

Western spaghetti
Description de cette image, également commentée ci-après
Décors du filmLe Bon, la Brute et le Truand àAlmería en Espagne.
Données clés
CatégorieWestern spaghetti
Rattaché au genreWestern,film d'aventures
Début du genreDuel au Texas (1963)
Pays d'origineDrapeau de l'ItalieItalie

Pour plus de détails, voir le corps de l'article.

L'expressionwestern spaghetti, parfois orthographiéewestern-spaghetti[1],[2], aussi nomméewestern italien (Western all'italiana en italien), désigne leswesterns produits enItalie. Le filon du western italien a été particulièrement exploité entre 1963 et 1978 avec la production de450 films, notamment les mythiquesLe Bon, la Brute et le Truand etIl était une fois dans l'Ouest. Certains films sortis depuis les années 1980, peuvent être considérés encore comme des westerns spaghettis, tels queOn m'appelle Malabar en 1981 ouUn dollar pour un mort en 1998.

Ces films sont devenus populaires en tant que « westerns à l'italienne », tandis qu'aux États-Unis, on appelle ce type de production « Spaghetti Western », une expression au départ utilisée dans un sens sarcastique ou péjoratif[3]. Encore aujourd'hui en Italie, ce terme est mal perçu[4]. Néanmoins le genre est reconnu et plébiscité grâce à quelques films devenus mythiques, notamment ceux deSergio Leone qui lui insufflent une nouvelle jeunesse. Au début des années 1960, le genrewestern était sur son déclin, etCinecittà devint un lieu de tournage très rentable pour les Américains. Le western à l'italienne, véritable exercice de réappropriation, finit par influencer en retour leNouvel Hollywood et toute une génération de réalisateurs à partir desannées 1990[5].

Caractéristiques

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Si les catégories de base duwestern traditionnel (film d'action, qui se situe auXIXe ou au tout début du XXe siècle dans l'Ouest américain) se retrouvent bien dans la déclinaison italienne du genre, celle-ci se démarque des productions américaines typiques à plusieurs niveaux. D'abord, c'est un genre cinématographique qui n'a pas pour but de glorifier les valeurs traditionnelles fondatrices de la nation américaine. L'individualisme et l'anomie sont les piliers du monde du western spaghetti : l'ordre est réglé par le revolver, la loi est celle du plus fort. Les règlements de comptes (à cause de dettes dues ou non payées, vengeance personnelle), la violence exercée sur les femmes, le manque d'argent (pauvreté, famine) ou la possibilité de mettre la main sur un magot (vol de diligence, vol de butin à bord d'un train, vol de banque, etc.) et le sexe sont les moteurs omniprésents de l'action[6]. Mais la plupart de ces histoires totalement dénuées de morale sont empreintes d'un humour qui fait basculer les tueries du côté du grand guignol. Les pulsions sexuelles et les excès de violence des personnages de western spaghetti sont primaires, les propos sont explicites et outranciers, la psychologie sommaire. C'est un cinéma de série B qui se veut clairement populaire, grand public, certains[Qui ?] ont même écrit « prolétaire ». Pourtant, il va engendrer quelques chefs-d'œuvre, créer un style et révolutionner le cinéma tant dans la mise en scène que dans la prise de vue ou la place de la musique dans un film[réf. souhaitée].

Il est impossible de dire qui est le créateur du western spaghetti. On pourrait tenter de parler de génération spontanée de ce genre sur les ruines d'un cinéma depéplum usé.

Spécificités scénaristiques

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Tout d'abord, le western spaghetti dépasse le schéma manichéen récurrent pour mettre en scène des personnages bien plus complexes. Il ne s'agit plus d'une lutte unilatérale des gentilscow-boys, blancs, chevaleresques et irréprochables contre lesAmérindiens sauvages et primitifs ou les terribles banditsmexicains. Au contraire, les protagonistes des westerns spaghettis ont tout de l'antihéros. Misogynes et mal rasés, cyniques et individualistes, ils sonta priori plus prompts à dégainer pour le bien de leur portefeuille que pour se mettre au service d'une noble cause. Cependant, ces pistoleros crasseux, hirsutes, violents, bagarreurs, ivrognes, vénaux, sadiques, amoraux ont l'avantage d'être beaucoup plus crédibles que les cow-boys qui après avoir chevauché toute la journée conservent des vêtements immaculés et une coiffure impeccable. Les femmes, bien que jouant un rôle secondaire, ne sont pas à négliger. Elles sont bien souvent desprostituées (ou d'ex-prostituées), elles fument le cigare, boivent du whisky et savent généralement se défendre contre les assauts libidineux des aventuriers à l'hygiène corporelle sommaire voire quasiment inexistante. Laviolence est omniprésente, on trouve des scènes deduels et de rixes mais aussi des scènes de tabassages, dependaisons et demutilations. À la différence des westerns traditionnels, le sang coule et la cruauté est généralement bien répartie entre les bons et les méchants. À la palette spatiale traditionnelle le western spaghetti ajoute un nouveau lieu : lamaison close, car les pulsions sexuelles des personnages ne sont pas niées. Du point de vue de la physionomie, si les anti-héros ont des têtes abominables, les méchants n'ont rien à leur envier : ils sont plus terrifiants et grotesques que les héros, sont dotés de tares diverses et variées (strabisme divergeant,gibbosité,scarification…)[réf. souhaitée].

Il ne faudrait toutefois pas se réduire à ne voir en eux que des opportunistes prêts à tous les coups bas. En fait, en s'éloignant de l'archétype du héros sans peur et sans reproche, le western spaghetti rend ses personnages bien plus humains, et foncièrement sympathiques malgré tous leurs défauts. En alternative à l'opposition blanc/noir traditionnelle, le western spaghetti propose une palette de gris bien plus complexe, et qui laisse une latitude bien plus grande à la psychologie des personnages[6]. Cette tendance avait déjà émergé dans le western traditionnel dans des films tels queVera Cruz[réf. souhaitée].

L'humour n'est pas étranger au western spaghetti, c'est généralement un humour noir voire macabre. Par exemple, dansLe Bon, la Brute et le Truand, Sentenza, devenu sergent dans un camp de prisonniers, régale Tuco et lui demande s'il aime la musique. Celui-ci répond que ça aide à digérer, alors Sentenza fait jouer l'orchestre puis le fait tabasser par son second, Wallace. Ensuite, Sentenza, allumant calmement sa pipe, demande à Tuco si ça l'aide à digérer.

Certains films spaghetti de série B sont bâtis sur le mode de la comédie de situation. DansUn génie, deux associés, une cloche, la majorité des scènes sont prétextes à des situations loufoques ; particulièrement le duel entreTerence Hill etKlaus Kinski (qui est en fait une parodie de duel) et la scène du bordel (où les prostituées et les clients chantent un cantique)[réf. souhaitée].

Spécificités esthétiques

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Esthétiquement, le western spaghetti se définit sous l'influence décisive deSergio Leone[3] par des angles de caméra très largement ouverts sur des paysages imposants, mais aussi par l'utilisation de cadrages originaux et très expressifs (comme descontre-plongées, l'encadrement de la scène dans des fenêtres ou des cordes de potence, etc.) ou des cadrages très serrés (gros plan sur un regard, une main sur la détente d'un revolver…). Lamusique de film joue également un rôle très important : lente et rythmée, elle s'accélère progressivement pour faire monter l'intensité dramatique lorsque le scénario le réclame[6]. Le western spaghetti a, sans conteste, fourni quelques-unes des plus bellesbandes originales duseptième art sous la direction d'Ennio Morricone. Parmi les poncifs du genre et sous l'influence une fois de plus de Sergio Leone, il y a encore les longues scènes de duels, lentes et dramatiques, soutenues par une musique lancinante à souhait, avec des successions de gros plans sur les protagonistes. Quelques exemples types :

Dans quelques films, l'usage deflashback permet de mieux cerner les personnages ou de livrer une information capitale sur l'un des héros. MaisSergio Leone, metteur en scène aussi méticuleux qu'inventif, nous gratifie deflashback dont la construction et la technique viennent rajouter du mystère ou intensifier la dramaturgie[réf. souhaitée].

DansEt pour quelques dollars de plus, le flashback relate le viol par Indio de la sœur de Mortimer. La scène, totalement muette, est découpée en trois, depuis le moment où Indio aperçoit la sœur de Mortimer et son jeune mari dans leur chambre, jusqu'au moment où elle se donne la mort. Les images sont accompagnées d'une musique déformée pour rendre le caractère confus de ce souvenir qui hante Indio dans ses moments de délire. La scène relate la nuit de noces au cours de laquelle la sœur de Mortimer et son jeune mari s'échangent deux montres dorées, l'intrusion d'Indio dans la chambre nuptiale, l'assassinat du jeune homme, puis le viol. Tout le mystère est dans ces deux montres musicales ce qui donne à la musique d'Ennio Morricone une importance capitale.

DansIl était une fois dans l'Ouest, leflashback décrit l'assassinat par Franck du frère de l'Harmonica.Sergio Leone choisit de découper à nouveau la scène unique deflashback en quatre temps. Le secret de l'homme à l'harmonica ne sera dévoilé qu'à la fin de longues séquences tournées au ralenti et avec une focale totalement floue qui va s'ajuster progressivement pour nous montrer le visage encore jeune de Franck qui, tout sourire, s'apprête à faire exécuter le frère de l'Harmonica. Elle se termine en apothéose au son de l'harmonica. Le ralenti permet à la musique de rendre toute l'intensité de l'émotion dans une durée supérieure à celle de la réalité.

DansIl était une fois la révolution,Sergio Leone innove encore. En effet, il livre un flashback morcelé dont les images, nettes de bout en bout cette fois, comportent deux scènes distinctes : la première montre l'amour entre Sean et sa fiancée, et l'amitié de Sean avec son compagnon d'armes dans l'I.R.A. ; la deuxième montre la trahison de cet ami que Sean tue au moment où il est dénoncé et explique les raisons de sa fuite pour l'Amérique. Là encore, le ralenti est choisi pour laisser le thème de Sean, au tempo lent, intensifier la dramaturgie de l'action dans une dilatation du temps habituelle chezSergio Leone[réf. souhaitée].

Musiques

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Les western spaghetti s'illustrent aussi par un genre particulier de musiques, qui détonnent beaucoup au regard de celles du western traditionnel. Comme dans le reste de son esthétique, le western spaghetti marque cette différence par des thèmes plus 'clichés' ou plus entraînants, d'autres plus froids et menaçants et certains plus amples et plus lyriques ; le tout faisant preuve d'une étonnante inventivité et d'une fraîcheur encore intacte, quand certains des films se sont démodés.Ennio Morricone culmine dans ce domaine. Il composera toutes les musiques des westerns de Sergio Leone. Avec Ennio Morricone la musique de film prend une dimension insoupçonnée jusqu'alors. On y trouve les composantes habituelles : parties lyriques destinées à magnifier l'action et les images, musique ambientale ou narrative pour accompagner les scènes sans dialogues ou pour renforcer les scènes d'intrigue ou de suspense. Mais il fait deux apports majeurs dans la bande son d'un film : la ponctuation sonore, et l'association des personnages à des thèmes musicaux. Pour la ponctuation Ennio Morricone va utiliser des instruments jusque-là peu usités dans le western traditionnel tels que la guimbarde, les carillons ou la flute de Pan. Un petit jingle au moment où le héros replace son cigare dans la bouche, les chœurs masculins ponctuant un scherzo sur une chevauchée ou à la fin d'une séquence sont autant de broderies musicales qui donnent tantôt du relief, tantôt une pointe d'humour à l'action. L'association thème musical - personnage est criante dans la trilogie desIl était une fois. Le banjo et l'harmonica restent à jamais associés aux personnages de Cheyenne et de l'homme sans nom d'Il était une fois dans l'Ouest ou encore le thème d'Amapola au personnage de Deborah dansIl était une fois en Amérique.

Mais Ennio Morricone est l'arbre qui cache la forêt dans laquelle on trouve des compositeurs parmi lesquels il faut citerBruno Nicolai,Francesco De Masi,Stelvio Cipriani,Roberto Pregadio,Luis Bacalov,Marcello Giombini[3].

Films, acteurs et réalisateurs

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C'est sans conteste le réalisateurSergio Leone qui a définitivement marqué le genre, avec saTrilogie du dollar -Pour une poignée de dollars,Et pour quelques dollars de plus etLe Bon, la Brute et le Truand - et avecIl était une fois dans l'Ouest. D'autres réalisateurs ont toutefois signé des œuvres de qualité, telsSergio Corbucci avecNavajo Joe,Django ouLe Grand silence, etSergio Sollima avecColorado ouLe Dernier Face à face. On parle d'ailleurs parfois des trois Sergio[réf. souhaitée].


La comédie est souvent exploitée pour le genre.Terence Hill,Miou-Miou etRobert Charlebois en Italie, pour le tournage du filmUn génie, deux associés, une cloche, en 1975.

D'autres cinéastes italiens voire étrangers, de plus ou moins grande réputation, se sont illustrés dans le genre :Giacomo Puccini qui crée avec son opéraLa fanciulla del West le premier western spaghetti en 1910[7],Giorgio Ferroni,Duccio Tessari,Damiano Damiani,Tonino Valerii,Carlo Lizzani,Robert Hossein… Des acteurs aussi éclectiques queFranco Nero etGiuliano Gemma (connu dans un premier temps sous le pseudonyme de Montgomery Wood) seront toujours associés aux sériesDjango etRingo. Plus tard un acteur italo-allemand Mario Girotti aliasTerence Hill associé avec un autre acteur italien, Bud Spencer, sera la figure principale de l'orientation du genre vers la comédie : la série des deux filmsTrinita avecBud Spencer et en solo dansEt Maintenant on l'appelle El Magnifico,Mon nom est Personne deValerii et dansUn génie, Deux associés, une cloche de Damiani. Bien qu'il est commencé dans une série de westerns dits sérieux et violent commeDjango, prépare ton cercueil comme avecBud Spencer dans la trilogie deGiuseppe Colizzi (Dieu pardonne...moi pas!,Les Quatre de l'Ave Maria,La Colline des Bottes).

Outre les italiensFabio Testi etGian Maria Volonté entre autres, des acteurs prestigieux venus de toute l'Europe tournent des westerns italiens :Jean-Louis Trintignant,Terence Stamp,Lou Castel,Fernando Rey,Klaus Kinski,Serge Marquand,Michèle Mercier… De grands acteurs américains de western viendront continuer leur carrière sous la direction des Italiens en Europe :Henry Fonda,Lee Van Cleef,Jack Palance, mais de nombreuses autres vedettes deHollywood ont fait des apparitions spaghettis :Clint Eastwood qui doit sa gloire au genre,Karl Malden, l'éclectiqueJohn Philip Law,Joseph Cotten,Harry Carey Jr.,Eli Wallach, le cinéasteSam Peckinpah,Lionel Stander,Woody Strode,Orson Welles,Yul Brynner,John Ireland,Charles Bronson,Jason Robards,James Coburn,Rod Steiger,Farley Granger,Steve Kanaly (futur cowboy de la sérieDallas)…

Des acteurs venus d'Amérique latine perceront et joueront les premiers rôles dans les westerns italiens : parmi les plus célèbres, le cubainTomas Milian (de son vrai nom Tomas Rodriguez) dans 13 westerns, le brésilienAnthony Steffen (de son vrai nom Antonio de Teffè) dans 24 westerns et l'uruguayen (bien qu'il est grandit en Angleterre)George Hilton (de son vrai nom Jorge Hilton) dans une douzaine de westerns. Ces trois acteurs sont parmi les plus emblématiques du genre[8].

Dans les rôles les plus étonnants,Pier Paolo Passolini joue un mexicain au côté deLou Castel dansTue et fais ta prière deCarlos Lizzani et l'ancien batteur desBeatlesRingo Starr interprète un bandidos dansBlindman, le justicier aveugle deFerdinando Baldi.

Des acteurs parviennent à se faire un nom dans plusieurs films grâce à un succès inattendu et à leur rôle de producteur. C'est le cas deTony Anthony dans la série du "stranger" (Un dollar entre les dents,Un Homme, un cheval et un pistolet,Le Cavalier et le samouraï) et dans des films très similaires commeBlindman, le justicier aveugle,Pendez-les par les pieds etLa vengeance impitoyable.

Les personnages des westerns spaghettis sont majoritairement masculins, mais certaines actrices commeIsa Miranda,Laura Betti ouGiovanna Ralli tourneront de nombreux films. Les films mettant en scène des héroïnes sont rares :Pas de pitié pour Ringo avec les jumellesPilar Bayona et Emilia Bayona,Lola Colt avecLola Falana,T'as le Bonjour de Trinita (Little Rita Nel West) avecRita Pavone, ces trois westerns faisant la part belle aux chansons interprétées par les actrices également chanteuses professionnelles, mais aussiBelle Starr (Il mio corpo per un poker) avecElsa Martinelli,Les Pétroleuses avecBrigitte Bardot etClaudia Cardinale,Le Triomphe des Sept Desperadas avec un groupe de sept actrices (Anne Baxter,Maria Perschy,Maria Mahor,Perla Cristal,Rosella Como,Christa Linder,Andrina Ambesi),Jarretière Colt avecNicoletta Machiavelli ou encore le tardifScalps dans lequelMapy Galan partage l'affiche avecVassili Karis.

Tous les acteurs de ce cinéma (auteurs, réalisateurs, techniciens, décorateurs et accessoiristes, photographes, interprètes) se concertent pour, dans les meilleurs des cas, donner des œuvres étranges et sombres, des héros mystérieux, d'une humanité exemplaire (sous des dehors parfois brutaux ou effrayants) ou peu sympathiques mais au charisme irrésistible. Le western italien est un terrain de jeu idéal, un jeu de massacre et un jeu de miroirs, un jeu de séduction et de dupe, qui touche souvent au fantastique par des décors originaux, des couleurs saturées, une action parfois décousue et un goût de la surprise qui évoque le roman feuilleton (une mitrailleuse dans un cercueil est une astuce digne deFantômas)[réf. nécessaire].

Héritier dupéplum (quelques acteurs se reconvertissent, commeJacques Sernas) dans une certaine mesure (Sergio Leone, Giorgio Ferroni,Duccio Tessari,Mario Bava se sont essayés aux deux genres) et cousin dugiallo (dans lequel Fulci, Valerii et Bazzoni ont aussi donné), le western italien tient à la fois de l'exercice de style aux limites dusurréalisme, du théâtre deGrand-Guignol (un tueur devient une attraction de cirque), voire de lafarce, et d'une thérapie jouissive sur le thème deThanatos exécutée dans l'humour et une certaineméchanceté qui rappelle le cinéma italien classique, entre ironie et constat (films psychologiques, comédies ou non, également tournés par Damiani et Lizzani)[réf. souhaitée].

Lieux

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Les westerns spaghettis ont principalement été tournés dans ledésert de Tabernas dans la région d'Almería enEspagne. Doté d'espaces vierges de présence humaine et ressemblant aux paysages de l'Arizona ou duNevada avec des conditions météos exceptionnelles, des steppes, desdunes, des ravins, des collines et des canyons. La main-d'œuvre bon marché et la facilité d'accès à quelques kilomètres de grandes villes ont fini de convaincre les réalisateurs de ce style cinématographique à privilégier le désert espagnol aux plaines américaines.

Texas Hollywood situé àTabernas dans le désert est l'un des troispoblados (villages) de western encore en activité (il y en avait à la grande époque jusqu'à 14). Les deux autres ne sont plus utilisés qu'à usage strictement touristique et sontMini Hollywood (avec un zoo) etWestern Leone. Les autres sont laissés à l'abandon.

Un groupe de passionnés espagnols a reconstruit et réhabilité le décor du cimetière de Sad Hill du filmLe Bon, la Brute et le Truand dans laprovince de Burgos. Le processus est raconté dans le documentaire Sad Hill Unearthed (Desenterrando Sad Hill) sorti en 2017. Le site est désormais visitable et régulièrement entretenu.

Pour un même film, les scènes d'intérieur pouvaient être tournées àCinecittà même si les scènes extérieures étaient tournées en Espagne. Toutefois de nombreux westerns italiens ont été tournés intégralement en Italie (Black Killer,Le Dollar troué,Quand les Colts Fument...on l'Appelle Cimetière)[9],[10],[11]

Le massif montagneux desDolomites dans lesAlpes italiennes a également servi de décor aux films deSergio Corbucci (Le Grand silence etLe Spécialiste)[12],[13].

D'autres productions italiennes ont été tournées enAlgérie (Trois Pistolets contre César)[14] ou enSardaigne (Jarretière Colt)[15].

Films majeurs et autres

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Premières critiques

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Le genre a été très mal accueilli, la critique l'ignorait, les distributeurs se croyant obligés d'américaniser les génériques. En fait, pour certains[Qui ?], faire un western en dehors des États-Unis s'apparentait à un sacrilège. AinsiJean Gili :

« Le western italien n'est qu'un sous-produit frelaté dont le développement correspond aux seules ambitions mercantiles[16]. »

Certains réalisateurs de westerns spaghetti eux-mêmes commeDamiano Damiani ont rejeté le terme de « western » :

« El Chuncho n'est pas un western. Le western appartient à la culture protestante nord-américaine. Si on quitte cette culture, on ne fait plus un western. Dire qu'un film qui se passe au Mexique est un western montre que vous n'avez rien compris.El Chuncho est un film sur la révolution mexicaine, qui se passe pendant la révolution mexicaine, donc c'est clairement un film politique et rien d'autre »

— Damiano Damiani[17]

Le western zapata

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Lewestern zapata (nommé d'après le révolutionnaire mexicainEmiliano Zapata (1879-1919)) ouwestern révolutionnaire est un genre florissant du cinéma italien dans la seconde partie des années 1960[18]. Il s'agit de westerns politiques centrés sur larévolution mexicaine (1910-1920) qui documente l'exploitation despéons par les grands propriétaires[19]. Ces films sont aussi le reflet de l'Italie de l'époque, écartelé entre le sud pauvre et le nord en pleinessor économique. Plus généralement, le western zapata véhicule parfois les valeurs dutiers-mondisme et d'anti-impérialisme vis-à-vis de l'ingérence des États-Unis au Viêt-Nam, en Amérique du Sud et ailleurs[20].

À l'instar des westerns spaghetti, les westerns zapata est souvent structuré par l'antagonisme entre deux personnages très différents. SelonJean-François Rauger, « On a dans ces films deux figures de l’Italien des années 1960 [...] D'un côté, le chasseur de primes qui ne bosse que pour l'argent et de l'autre, l'homme du peuple, encore inconscient de sa mission politique, et qui va apprendre par la praxis qu'il est en fait au cœur d'un projet révolutionnaire »[21].

Le premier étaitEl Chuncho (1966) deDamiano Damiani, suivi de la trilogie deSergio Sollima :Colorado (1966),Le Dernier Face à face (1967) etSaludos hombre (1968).

El mercenario (1968),Compañeros (1970) etMais qu'est-ce que je viens foutre au milieu de cette révolution ? (1972) deSergio Corbucci ainsi queTrois pour un massacre (1969) deGiulio Petroni sont également des marqueurs du genre[22].

DansIl était une fois la révolution (1971), Leone s'inscrit en même temps dans la continuité du western zapata tout en accentuant sa critique du romantisme révolutionnaire[23].

Après le succès

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Clint Eastwood, années 1960.

Baroque et caricatural par essence, le western spaghetti abandonne peu à peu son aspect politique et violent pour adopter une forme plus légère avec les pochades burlesques de Terence Hill et Bud Spencer.À la fin desannées 1970, le genre s'essouffle et l'on ajoute des ingrédients d'autres provenances pour essayer de le relancer, ainsi les mélanges avec les films d'arts martiaux - appelés dans le milieu de la critique cinématographique lewestern soja - ont donnéMon nom est Shangaï Joe (Mario Caiano, avecKlaus Kinski), ouLa Brute, le Colt et le Karaté (Antonio Margheriti), dont on note des remakes dans lesannées 2000 :Shanghai Kid avecJackie Chan.

Clint Eastwood a été particulièrement influencé par le western spaghetti ; dans ses films, on retrouve des personnages complexes. DansJosey Wales hors-la-loi, il campe un ancien fermier dont la ferme a été détruite et la famille massacrée par une milice pro-nordiste ; ce fermier rejoindra une milice pro-sudiste et refusera la paix (dans le western traditionnel, on tait volontairement les exactions commises par les soldats de l'Union pendant laguerre de Sécession). DansImpitoyable (dédié à Sergio et à Don)[24], il est un ancien tueur qui reprend du service, le shérif de Big Whiskey est un sadique qui prend plaisir à tabasser les délinquants (alors que, dans le western traditionnel, le shérif est toujours un brave défenseur de la loi). DansL'épreuve de force, il joue un policier alcoolique qui doit convoyer une prostituée, témoin dans un procès.

Le genre continue d'influencer des générations de cinéastes[réf. nécessaire]:Quentin Tarantino (Django Unchained),Sam Raimi (Mort ou vif),Álex de la Iglesia (800 balles) ouChristopher McQuarrie (Way of the Gun).

En2004, le filmHidalgo était encore une transposition du western en d'autres horizons, mais le titre analogue dewestern couscous ne lui conviendrait pas.

Le genre a aussi laissé sa patte dans le monde du jeu vidéo. Le jeuOutlaws deLucas Arts, sorti en 1997 en est un premier exemple, doté d'une bande-originale digne des meilleurs westerns spaghettis. D'autres jeux encore sont sortis par la suite, très influencés par le genre, tels queCall of Juarez et ses suites, ouRed Dead Revolver, développé parRockstar Games, dont les thèmes musicaux sont d'authentiques bandes originales de films. Une suite de ce jeu est sortie en 2010, appeléeRed Dead Redemption, véritable bijou vidéoludique plébiscité par la critique spécialisée et élu plusieurs fois jeu de l'année 2010[25].

Plébiscité par la presse spécialisée, le western spaghetti a aussi influencé la bande dessinée. Des séries telles queMac Coy,Durango (dont le premier album est un remake duGrand Silence),Bouncer,Colt Walker (dont le héros emprunte ses traits à Clint Eastwood) proposent des personnages ambigus qui dépassent le clivage manichéen bons/méchants.

Notes et références

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  1. Informationslexicographiques etétymologiques de « western » (sens Rem. a) western-spaghetti) dans leTrésor de la langue française informatisé, sur le site duCentre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 21 juillet 2016).
  2. Entrée« western-spaghetti », surDictionnaires de français en ligne,Larousse(consulté le).
  3. ab etc(it) « Western all’italiana », surtreccani.it, Enciclopedia del Cinema(consulté le).
  4. « Ennio Morricone, maestro furioso », surLibération.fr,(consulté le).
  5. « Exposition et rétrospective Il était une fois Sergio Leone », surcinematheque.fr, Paris, laCinémathèque française,(consulté le).
  6. ab etc« Ciné-club : Le western spaghetti », surcineclubdecaen.com(consulté le).
  7. (en) Anthony Tommasini, « The First Spaghetti Western », surNew York Times,.
  8. (en) « The Spaghetti Western Database », surwww.spaghetti-western.net(consulté le)
  9. « dollar troué - Le Dollar Troué (Un Dollaro Bucato) - 1965 - Giorgio Ferroni », surwestern-maniac.forum-pro.fr(consulté le)
  10. « quand les colts fument - Quand les colts fument , on l’ appelle Cimetière (Gli fumavano le colt, lo chiamavano camposanto ) –1971- Anthony ASCOTT », surwestern-maniac.forum-pro.fr(consulté le)
  11. « killer - Black Killer . 1971 . Carlo Croccolo . », surwestern-maniac.forum-pro.fr(consulté le)
  12. Jo, « MON NOM EST PERSONNE: LES IMAGES DU WESTERN SPAGHETTI.: "LE SPECIALISTE", 1969. », surMON NOM EST PERSONNE,(consulté le)
  13. « Le Grand Silence », surwww.telerama.fr,(consulté le)
  14. « Trois pistolets contre César (Tre pistole contro Cesare) d'Enzo Peri, 1966 - Page 2 - Western Movies - Saloon Forum », surforum.westernmovies.fr(consulté le)
  15. « Jarretière Colt - Giarrettiera Colt - 1968 - Gian Rocco - Western Movies - Saloon Forum », surforum.westernmovies.fr(consulté le)
  16. Dans l'article western de l'Encyclopædia Universalis.
  17. (de) Ulrich P Bruckner,Für ein paar Leichen mehr. Der Italo-Western von seinen Anfängen bis heute, Schwarzkopf & Schwarzkopf,(ISBN 978-3896027054),p. 185
  18. « Il était une fois la révolution de Sergio Leone », surarte.tv
  19. « Le western spaghetti (1964-1971) », surcineclubdecaen.com
  20. « Et le western italien fit sa révolution », surmonde-diplomatique.fr
  21. « Le « western zapata » ou la lutte des classes à coups de colt », survice.com
  22. (en) Christopher Frayling,Spaghetti westerns: cowboys and Europeans from Karl May to Sergio Leone (Revised paperback ed.), London, New York, I.B. Tauris & Co Ltd,(ISBN 978-1-84511-207-3),p. 173-99
  23. Olivier Père, « Il était une fois… la Révolution de Sergio Leone » :« Le western révolutionnaire était depuis 68 un sous-genre florissant dans le cinéma populaire italien, synchrone avec les mouvements gauchistes. En 1971, Leone s’inscrit contre cette tendance. »
  24. Sergio Leone etDon Siegel
  25. Voir surmetacritic.com.

Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • Austin Fisher,Radical Frontiers in the Spaghetti Western : Politics, Violence and Popular Italian Cinema, Londres, I.B. Tauris, 2011, 304 p.
  • Austin Fisher (éd.),Spaghetti Westerns at the Crossroads : Studies in Relocation, Transition and Appropriation, Edimbourg, Edinburgh University Press, 2017, 304 p.
  • Charles Ford,Histoire du western, Paris, Albin Michel, 1976, 376 p.
  • Jean-François Giré,Il était une fois… le western européen, 1960-2002, Paris, Dreamland, 2002, 479 p.
  • Christian González,Le western, Paris, Presses universitaires de France, 1979, 127 p.
  • Philippe Ortoli, « Le crépuscule des icônes : quand les cinéastes italiens se sont emparés du western... »,Positif, 509-510, 2003,p. 66-68.
  • Laurence Staig et Tony Williams,Le western italien, Paris, Marc Minoustchine, 1977, 143 p.
  • Alain Petit,20 ans de western européen, Artus Films, 2015, 336 p.(ISBN 978-2954843520)
  • Alex Cox,10 000 façons de mourir, point de vue d'un cinéaste sur le western italien, Carlotta Films, 2021, 623 p.(ISBN 979-1093798134)
  • Gian Lhassa et Michel Lequeux,Seul au monde dans le western italien, Volume 1 : une poignée de thèmes, Grand Angle, 1983, 153 p.
  • Gian Lhassa et Michel Lequeux,Seul au monde dans le western italien, Volume 2 : des hommes seuls, Grand Angle, 1987, 236 p.
  • Gian Lhassa et Michel Lequeux,Seul au monde dans le western italien, Volume 3 : dictionnaire du western italien, Grand Angle, 1983, 191 p.
  • Enzo G. Castellari,Inglorious batârd, Editions Rififi, 2022, 495 p.
  • Vincent Jourdan,Sergio Sollima, le cinéma au couteau, Editions Rififi, 2025, 256 p.(ISBN 978-2958046828)
  • Vincent Jourdan,Voyage dans le cinéma de Sergio Corbucci, Lettmotif Editions, 2018, 310 p.(ISBN 978-2367162348)

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