Movatterモバイル変換


[0]ホーム

URL:


Aller au contenu
Wikipédial'encyclopédie libre
Rechercher

Voyage au Congo

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Page d’aide sur l’homonymie

Pour les articles homonymes, voirVoyage au Congo (film) etCongo.

Cet article est uneébauche concernant la littérature française.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations desprojets correspondants.

Voyage au Congo
AuteurAndré Gide
PaysDrapeau de la FranceFrance
GenreJournal de voyage
ÉditeurÉditions Gallimard
Date de parution
Nombre de pages249
Chronologie
PrécédentDindikiLe Retour du TchadSuivant
modifier 

Voyage au Congo est uncarnet de route d'André Gide publié en1927 auxéditions Gallimard. Il relate un voyage effectué par l'écrivain de juillet1926 à mai1927, enAfrique-Équatoriale française, de l'embouchure duCongo aulac Tchad.

La sincérité du récit et la description pittoresque des paysages africains, outre un inestimable état des lieux en ce milieu des années vingt, offre un regard sensible et sans complaisance sur les pratiques des compagnies commerciales — et accessoirement de l'administration — à l'égard des Noirs. Le livre suscite une vive émotion et conduit même par la suite à des réformes[1]. En 1926, à Paris, André Gide avait rendu visite àRené Maran dont il cite des idées sans toutefois le mentionner[2]. C’est à partir de ce voyage en Afrique que Gide, pourtant théoricien de la disponibilitéégotiste, va s’intéresser aux questions sociales[3].

LeVoyage au Congo est suivi un an plus tard duRetour du Tchad, qui relate la fin du voyage.

Résumé

[modifier |modifier le code]

Au cours de la lente remontée du fleuve Congo,André Gide se dit assombri par la « monotonie » du ciel équatorial, toujours gris, par la « monotonie » des paysages, où l'œil n'accroche jamais aucune ligne d'horizon, par la monotonie des villages et des gens même. Cette impression dure jusqu'au sortir de lasavane arborée, en direction deFort-Archambault, dans le Sud duTchad. Lorsqu'il peut descendre de bateau, Gide remarque l'état lamentable des populations.

Il atteint enfin des villages dignes de ce nom à l'approche deBangui. Mais il découvre en même temps les pratiques indignes (propres à la zone forestière) des compagnies concessionnaires brutalisant et escroquant leurs employés indigènes, souvent recrutés de force. Puis il s'aperçoit — chose qu'il pressentait dès la traversée duCongo, mais qui lui éclate au visage quand il pénètre plus avant dans la grande forêt, entre Bangui etBouar — que les administrateurs coloniaux placés en dessous des gouverneurs couvrent la plupart du temps ces abus. À plusieurs reprises, il constate le travail forcé, commandité en général par l'administration elle-même. Il s'agit de tâches d'intérêt général, de voirie le plus souvent, mais imposées dans des conditions inhumaines par les agents relais et les gardes. Gide voit souvent les habitants des villages se cacher à l'arrivée de sa troupe, par peur du travail forcé, comme il lui sera confirmé. De façon générale, il est frappé par la condescendance, voire le mépris de la majorité des Blancs pour les Noirs, et plus encore indigné par l'habitude prise par les Européens, à la suite de la dépréciation du franc pendant laGrande Guerre, de sous-payer systématiquement les produits du cru, donc au détriment des producteurs indigènes.

Il a pourtant quelques heureuses surprises. Il observe la réussite des plantations individuelles de coton, par opposition aux plantations collectives, appelées par les indigènes eux-mêmes les « plantations-je-m'en-fous ». À plusieurs reprises, à partir deBouar, à nouveau au sud du Tchad, puis à l'approche du lac Tchad, il note que les gens deviennent altiers de par le dépouillement des paysages, mais aussi par influence de l'islam.

Gide est ravi de la descente duChari, même siFort-Lamy l'attriste. Lelac Tchad l'enchante et l'étonne, notamment par l'absence de profondeur (jamais supérieure à une hauteur d'homme) et plus encore par les touffes depapyrus qui, mues par un vent changeant et impétueux, migrent sans cesse, libérant une passe ici pour aller en boucher une autre là. Alors qu'en forêt il ne poursuivait que des papillons et des pintades, Gide se livre enfin dans cette région à la chasse au gros gibier. Par ailleurs, et depuis le départ, il livre de fréquentes descriptions des caractères très différents des peuples et des villages traversés.

Plusieurs fois, l'écrivain mène l'enquête pour éclaircir des cas de mauvais traitements sur des indigènes. Il ne remet pas en cause le principe colonial, mais dénonce le régime des grandes concessions et la complicité des agents locaux de l'administration coloniale. Il saura bientôt que Paris est averti de ces pratiques, mais aussi que les ministères responsables mettent ces informations sous le boisseau.

Leçons à tirer

[modifier |modifier le code]

Gide décrit froidement, sans complaisance, les comportements des uns et des autres, comme la médiocrité ou la beauté des villages et des paysages traversés. La réaction outrée de la droite, à la publication du livre, rappelle que ce qui peut s'apparenter aujourd'hui à une critique tiède du colonialisme constituait à l'époque, dans une certaine mesure, une scandaleuse attaque des intérêts français. Pourtant, à aucun moment Gide ne dénonce en bloc le colonialisme.

Bien au contraire : il s'inquiète du fléchissement de l'autorité des Blancs — au Tchad notamment —, du risque« d'anarchie et d'événements désagréables », car« il faut certes s'intéresser aux indigènes, les aimer, mais s'ils sentent la faiblesse chez celui qui commande (et la bienveillance trop apparente sera toujours considérée par eux comme un manque d'énergie), le Chef cessera vite d'en être un à leurs yeux[4]. » La mission civilisatrice de la France est souvent évoquée. André Gide entend rappeler à chacun ses responsabilités : des sacrifices doivent être consentis par les populations africaines au nom du bien-être à venir de la collectivité ; la France ne doit pas abandonner ses prérogatives aux concessionnaires, souvent très critiqués pour leur dangereuse cupidité ; des administrateurs compétents doivent pouvoir limiter l’action néfaste de quelques aventuriers en quête d’argent. Pour appuyer son propos, Gide prend en exemple le gouverneur de l'Oubangui-Chari,Auguste Lamblin, responsable récemment nommé, agissant avec beaucoup d'à-propos ; ainsi que la décision en1926 deMarcel de Coppet, chef de cabinet du gouverneur du Tchad, d'établir un prix décent pour les productions locales. Gide rencontre aussiFélix Éboué, dont il lit et étudie « la petite grammairesango ».

Gide effectue son périple en compagnie deMarc Allégret, qui en rapporte un moyen-métrage,Voyage au Congo.

Table des matières et Étapes

[modifier |modifier le code]

Chapitre 1 : Les Escales

[modifier |modifier le code]

André Gide longe les côtes africaines en bateau du au et fait escale à :

Dakar,Conakry,Grand-Bassam,Libreville,Port-Gentil,Mayoumba,Pointe-Noire,Matadi,Kinshasa (Léopoldville),Brazzaville,Stanley-Pool.

Chapitre 2 : La lente remontée du fleuve

[modifier |modifier le code]

L’expédition longe lefleuve Congo enbaleinière du au et fait escale à :

Stanley-Pool, Tchoumbiri,Bolobo, N’kounda,Irébou,lac Tomba, Eala,Liranga,Coquilhatville, Bobolo,Impfondo,Bétou,Dongou, Laenza, Boma-Matangé,Mongoumba,Bangui.

L’objectif est d’arriver àFort-Archambault chezMarcel de Coppet pour Noël.

Chapitre 3 : En automobile

[modifier |modifier le code]

Il est reçu par le gouverneurAuguste Lamblin. Il effectue une boucle en automobile dans les terres de l'Oubangui-Chari du au et fait étape à :

Bouali,Fort-Sibut,Grimari,Bambari, Moussareu, Foroumbala,Bangassou,Bambari,Fort-Crampel, M’béré,Fort-Sibut.

Il croiseFélix Éboué le àBangassou.

Chapitre 4 : La grande forêt entre Bangui et Nola

[modifier |modifier le code]

Il longe la rivièreOubangui du au et fait escale à :

M'Baïki,Boda,N’goto,Bambio,Bakongo,N’délé, Dokundja-Bita, Katakouo, Kongourou,Nola.

Chapitre 5 : De Nola à Bosoum

[modifier |modifier le code]

Il part en expédition à pied avec les porteurs (en tipoye) du au et fait étape à :

Nola, Gama, Mokéto, M’bengué, Sapoua, Pakori,Berbérati, Zaora-Yenga, Bafio,Carnot, Sangoua, Bakissa, Bougendui, Cessona, Abo-Boyafé,Abba, Niko, Barbaza, Abo-Bougima,Baboua, Gambougo,Lokoti, Déka, Dahi,Bouar, Batara,Bosoum.

Chapitre 6 : De Bosoum à Fort Archambault

[modifier |modifier le code]

Il continue l’expédition à pied du au et fait étape à :

Bosoum, N’ganamo, Bossa,Bossangoa, Yandakara,Bouca,Batangafo,Fort-Archambault.

Chapitre 7 : Fort-Archambault - Fort-Lamy

[modifier |modifier le code]

Il termine l’expédition en baleinière le long duChari vers lelac Tchad (du 25 déc au) et fait escale à :

Fort-Archambault, Boïngar,Fort-Lamy,Goulfeï,Bol, Yakua, Mani,Fort-Lamy.


Annexes

[modifier |modifier le code]

Éditions

[modifier |modifier le code]
  • André Gide,Voyage au Congo, Paris, NRF, (prépublication à laN.R.F. : 1er novembre 1926, pp. 562-580 ; 1er décembre 1926, pp. 27-65 ; 1er janvier 1927, pp. 65-109 ; 1er février 1927, pp. 180-220 ; 1er mars 1927, pp. 156-202, 1er avril 1927, pp. 477-514)[5]

Articles connexes

[modifier |modifier le code]

Liens externes

[modifier |modifier le code]

Notes et références

[modifier |modifier le code]
  1. Laffont, Bompiani,Le Nouveau Dictionnaire des œuvres de tous les temps et de tous les pays, Bompiani, Laffont, 1994, t. VI,p. 7601.
  2. Émission de Stéphanie Duncan, surFrance Inter, « Autant en emporte l'histoire » du 19 décembre 2021.
  3. Henri Lemaitre,L’Aventure littéraire duXXe siècle (1890-1930), collection Littérature, Pierre Bordas et fils éditeurs, 1984,p. 504.
  4. Citation de M. de Poyen Belliste, en appendice au chapitre VII, dernier paragraphe.
  5. « e-gide: Bibliographie », sure-gide(consulté le)
Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Voyage_au_Congo&oldid=216272337 ».
Catégories :
Catégories cachées :

[8]ページ先頭

©2009-2025 Movatter.jp