Levolume, ensciencesphysiques oumathématiques, est une grandeur qui mesure l'extension d'un objet ou d'une partie de l'espace.
Enphysique, le volume d'un objet ou d'une figure géométrique tridimensionnelle et fermée mesure l'extension dans l'espace physique qu'il ou elle possède dans les trois directions en même temps, de même que l'aire d'une figure dans leplan mesure l'extension qu'elle possède dans les deux directions en même temps ; par extension, on étend la notion de volume à des espaces abstraits, dont les coordonnées peuvent avoir une ou desdimensions autres que celle d'unelongueur[a].
Enmathématiques, le volume d'une partie de l'espace géométrique est sa mesure au sens de la théorie de lamesure de Lebesgue.
Le volume physique se mesure enmètre cube dans leSystème international d'unités. On utilise fréquemment lelitre, notamment pour desliquides et pour desmatières sèches. Ainsi, on considère le volume comme unegrandeur extensive et lagrandeur intensivethermodynamique associée est lapression.
En mathématiques, et plus précisément engéométrie euclidienne, le volume duparallélépipède engendré par 3vecteurs non coplanaires
se calcule grâce auproduit mixte des trois vecteurs :
.
Les calculs de volume ont évolué au cours de l'histoire en suivant les progrès ducalcul infinitésimal. C'est ainsi que les premiers volumes ont été calculés grâce à laméthode d'exhaustion, puis en utilisant leprincipe de Cavalieri et pour finir en calculant desintégrales triples.
Pour lessolides simples (parallélépipède et objets de révolution), il existe des formules mathématiques permettant de déterminer leur volume d'après leurs dimensions caractéristiques.
Le volume est une grandeur additive : le volume d'unsystème physique est la somme des volumes de ses parties. Ce n'est en revanche pas une grandeur algébrique : physiquement, il n'existe pas de « volume négatif » (dont serait fait le sac de voyage deMary Poppins) dont la superposition avec un système physique de volume positif donnerait un système composé de volume globalement nul, ou du moins réduit : tous les volumes sont de même signe, et par convention, sont comptés positivement. C'est pour cette raison que dans la formule duproduit mixte, le résultat est pris envaleur absolue.
L'interprétation physique duproduit mixte est qu'un volume physique est leproduit scalaire d'unesurface par undéplacement :
.
Le déplacement est unvecteur, mais la surface orientée est unpseudovecteur, si bien que le volume ainsi défini est théoriquement une grandeur qui change de signe lorsqu'on fait subir au système une isométrie indirecte (symétrie miroir par exemple). De fait, si par exemple le volume d'une sphère est4⁄3πR3, une inversion polaire changera effectivementR en–R et conduira logiquement à un volume négatif. Sur le plan de l'équation aux dimensions, et en tenant compte de lagrandeur d'orientation, le déplacement est un vecteur de dimensionL·1x et la surface un pseudovecteur de dimensionL 2·1y, le produit des deux est unpseudoscalaire de dimensionL 3·1z, c'est-à-dire qu'il a le même caractère qu'un flux.
La physique reste effectivement inchangée si tous les volumes sont comptés négativement, mais en pratique les volumes physiques sont comptés positivement, ce qui revient à multiplier le volume au sens précédent par lesymbole de Levi-Civita (lui-même en1z). Le volume d'un corps physique est alors un scalaire vrai, à cause de la convention d'orientation. De même, alors qu'unélément de surface est normalement un pseudovecteur en1y, la convention d'orientation qui veut que son orientation sur une surface fermée soit dirigée vers l'extérieur revient à le multiplier par la convention d'orientation en1z, ce qui en fait alors un vecteur vrai en1x. L'utilisation de cette convention d'orientation peut être problématique dans l'analyse dimensionnelle, parce qu'elle correspond à une grandeur par ailleurs généralement invisible dans les données du problème.
Un domaine de dimension 3 peut généralement être décrit par trois paramètres indépendantsu,v etw. Pour tout pointM(u,v,w) appartenant à ce domaine, levecteur position
(oùO désigne une origine fixe quelconque) a pourdifférentielle :
.
Une variation élémentairedu, dv, dw) des trois paramètres forme l'élément de volume (ouvolume élémentaire)d3V (ou simplementdV si l'on n'a pas besoin de rappeler que trois variables varient indépendamment), défini par :
.
Le module d'un vecteur position s'exprimant enmètres (m), un élément de volume s'exprime enmètres cubes (m3). Le signe ded3V est positif si les vecteurs
,
et
, pris dans cet ordre, forment untrièdre direct, et négatif s'ils forment un trièdre inverse.
Encoordonnées cartésiennesorthonormées, le point courantM est repéré parx,y etz, de telle sorte que :

où
,
et
sont lesvecteurs unitaires, fixes, de trois axes orthogonaux (et, pris dans cet ordre, forment un trièdre direct). On a alors :
.
On en déduit aisément que :
.
Encoordonnées cylindriques, le point courantM est repéré parr,φ etz, de telle sorte que :

où
est le vecteur unitaire de l'axeOz d'un repère orthonormé, tandis que
, vecteur unitaire, a pour coordonnées cartésiennescos(φ),sin(φ) et0. On a alors :
,
et
où
est le vecteur unitaire de coordonnées cartésiennes–sin(φ),cos(φ) et0. Les vecteurs
,
et
sont unitaires et orthogonaux deux à deux (et, pris dans cet ordre, forment un trièdre direct). On en déduit aisément que :
.
Encoordonnées sphériques, le point courantM est repéré parρ,θ etφ, de telle sorte que :

où
, vecteur unitaire, a pour coordonnées cartésiennessin(θ)cos(φ),sin(θ)sin(φ) etcos(θ). On a alors :

où
est le vecteur unitaire de coordonnées cartésiennescos(θ)cos(φ),cos(θ)sin(φ) et–sin(θ), et
celui de coordonnées–sin(φ),cos(φ) et0. Les vecteurs
,
et
sont unitaires et orthogonaux deux à deux (et, pris dans cet ordre, forment un trièdre direct). On en déduit aisément que :
.
L'unité de volume du Système international est le mètre cube (m3) et ses dérivés (dm3, cm3, mm3). Mais d'autres unités de volume persistent surtout dans les pays anglo-saxons (voirConversion des unités).
Les volumes de matière liquide ont souvent leurs unités propres (litre,pinte,baril). La mise en place dusystème métrique a grandement simplifié le nombre d'unités de volume utilisées qui dans l'Ancien Régime en comptait plus de vingt (voirUnités de mesure de l'Ancien Régime).
Pour les gaz où l'on veut connaître laquantité de matière (nombre de molécules) contenue dans un volume donné quelles que soient la pression et la température,deux définitions de correction existent :
Les volumes décrits ci-dessus correspondent à des volumes dits corrigés. Le volume qui ne tient pas compte de ces corrections est dit brut. On rencontre ces volumes dans l'élaboration desdébits et dupouvoir calorifique des gaz.
Dans l'Union européenne, de nombreux volumes (et masses), sur les produits de consommation, sont indiqués enquantité estimée. Ils sont marqués comme tel, duglyphe spécifique d'un« ℮ » minuscule.
En mathématiques, l'unité de volume n'apparaît pas dans les formules. Elle est implicitement donnée par le volume ducube unité. Si, par exemple, pour des questions d'échelle, lecube unité a pour arête 2 cm, un volume deXcubes unité correspond à 8X cm3.
Dans la suite on notera :
- V le volume d'une figure ;
- a l'arête ;
- B etb les aires de la grande base et de la petite base ;
- H la hauteur (ou distance séparant les deux faces) ;
- D oud le diamètre ;
- R our le rayon ;
- L oul la longueur et la largeur d'un rectangle.
Ce sont les cinq seuls polyèdres réguliers convexes. Leurs volumes respectifs sont donnés par les formules suivantes :
La formule générale est toujours :V =B ×H (volume = aire de la base × hauteur), que leprisme ou lecylindre soit droit ou pas.
En particulier,
La formule générale est toujours :V =1/3B ×H.
Lethéorème de Guldin (ou règle de Pappus) permet de calculer le volume d'unsolide de révolution engendré par la révolution d'unélément de surfaceS plane autour d'un axe situé dans son plan et ne le coupant pas, pour peu que l'on connaisse lecentre de gravitéG de l'élément de surfaceS.
oùR est la distance séparant le pointG de l'axe de rotation.
Cette formule permet de déterminer les volumes suivants :
.
Si
est une partie bornée de
, le volume ducylindre ayant pour génératrice la frontière de
, délimité par le planz = 0 et la surface d'équationz = 'f(x,y) – avecf positive et continue sur
– est :
.
Dans le cas où le domaine
est défini par des conditions simplesx1 <x <x2,y1(x) <y(x) <y2(x), ce calcul se ramène à :
.
Si
est une partie bornée de
et si lafonction constante 1 est intégrable sur
, le volume de
est alors :

Dans le cas où le domaine
est défini par des conditions simplesx1(z,y) <x (z,y)<x2(z,y),y1(z) <y(z) <y2(z) etz1 <z <z2, ce calcul se ramène à :
.
Par linéarité de l'intégration, un domaine difficile à définir peut être partitionné en plusieurs sous-domaines exprimables eux en conditions simples.
Si le domaine
s'exprime mieux encoordonnées cylindriques par des conditions simples
, le calcul peut s'exprimer par :
où
est une partie bornée de![{\displaystyle \mathbb {R} _{+}\times [0,2\pi ]\times \mathbb {R} }](/image.pl?url=https%3a%2f%2fwikimedia.org%2fapi%2frest_v1%2fmedia%2fmath%2frender%2fsvg%2fd13f24eac6d98e8c5e8a89d3965c20202192560b&f=jpg&w=240)
Si le domaine
s'exprime mieux encoordonnées sphériques par des conditions simples
, le calcul peut s'exprimer par :
où
est une partie bornée de
.
Dans le cas où le domaine
est un solide de révolution dont la frontière est engendrée par la rotation d'une courbe d'équationy = 'f(x) autour de l'axe(Ox), le calcul du volume se réduit à une intégrale simple :
.
Enfin, lethéorème de flux-divergence permet de réduire le calcul de volume à uneintégrale de surface :

où
est la frontière de
, et
levecteur unitaire normal àdS dirigé vers l'extérieur de
.
- ↑Par exemple, un volume de l'espace des phases d'uneparticule
s'exprime enkg3 m6 s−3 (ouJ3 s3).
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