Vlora ouVlorë — anciennementValone[1] en français — est une municipalité portuaire et unestation balnéaire d'Albanie. Sa population s'élevait à 83 683 habitants en2023[2].
Vlorë est l'une des villes les plus anciennes de l'Albanie. Elle a été fondée auVIe siècle av. J.-C. appelée Aulon, une de trois colonies de la côte d'Illyrie, mentionnée pour la première fois parPtolémée[3]. D'autres documents géographiques, comme latable de Peutinger et leSynekdèmos d'Hiéroclès, la mentionnent également.
Vlorë joua un rôle central dans les conflits entre leroyaume normand de la Sicile et l'Empire byzantin pendant lesXIe et XIIe siècles. Pendant la domination latine, un évêché catholique y fut établi, et Eubel mentionne (aevi de medii de catholica de Hierarchia, I, 124) certains de ses évêques. Plusieurs des évêques latins mentionnés parLe Quien[5], et qu'Eubel(de) (CIT op, I, 541) mentionne sous le siège de Valanea en Syrie, appartiennent soit à Aulon en Illyrie (maintenantAmphissa) ou à Aulon en Albanie (Vlorë).
La Serbie conquit Vlorë en1345. Elle passa ensuite sous la dominationottomane en1464. Après avoir été une possessionvénitienne en1690, elle fut reprise par les Turcs en1691, devenant uncaza dusandjak deBerat, dans levilayet de Ioannina. La ville, qui avait un port sur l'Adriatique, avait environ 10 000 habitants. Elle comptait une paroisse catholique rattachée à l'archidiocèse deDurazzo.
En1851, la ville fut gravement endommagée par un violentséisme. C'est à Vlora qu'Ismail Qemali proclama l'indépendance de l'Albanie le, pendant lapremière guerre balkanique. La ville fut la première capitale de l'Albanie, mais fut envahie par l'Italie en1914 et occupée jusqu'en1920. L'Italie envahit de nouveau Vlorë en1939, tandis que l'Allemagne nazie occupa la ville jusqu'en1944. Pendant laSeconde Guerre mondiale, l'île de Sazan dans la baie de Vlorë devint le site d'une base sous-marine allemande et italienne, qui fut bombardée par lesAlliés.
Vlora sous l'occupation italienne (1916-1920).
Après la guerre, le port fut loué à l'URSS commebase de sous-marins pour lamarine soviétique[6]. Il joua un rôle important dans le conflit opposantEnver Hoxha etNikita Khrouchtchev en1960-1961, car l'URSS, qui y avait fait des investissements considérables, voulait le conserver malgré la dénonciation par l'Albanie de l'URSS comme « révisionniste » et de son alliance avec laChine. L'Union soviétique menaça d'occuper militairement Vlora en et de couper toute aide économique, militaire et technique soviétique à l'Albanie. La menace ne fut pas mise à exécution, en raison du développement simultané de lacrise des missiles de Cuba. Enver Hoxha se rendit compte à quel point l'Albanie était vulnérable et, après l'invasion de laTchécoslovaquie en1968, il fit construire dans tout le pays des dizaines de milliers deblockhaus en béton, encore présents dans le paysage albanais.
Hôtel de ville de Vlora.
Sous Hoxha, Vlora était un centre de recrutement important pour leSigurimi, la police secrète[réf. nécessaire].
La ville compte depuis 2008 une cimenterie du groupe italienItalcementi[7].
Depuis les années 2010, la ville est devenue une station balnéaire très fréquentée l’été, point de départ de laRiviera albanaise. Le front de mer a été réhabilité à la suite d'un concours et de nouveaux quartiers ont vu le jour[8].
Dans les années 2010, un projet d'aéroport international dans la baie de Vlora suscite des critiques des protecteurs de la nature. Bien que retardé, le projet semble devoir être réalisé dans les années 2020[9].