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Nom de naissance | Pauline Arlette Charpiot puis légitimée Pauline Arlette Ortmans |
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Naissance | Roubaix (Nord,France) |
Nationalité | Française |
Décès | (à 79 ans) Nice (Alpes-Maritimes,France) |
Profession | Actrice |
Pauline Arlette OrtmansditeViviane Romance, née le àRoubaix[1] et morte le àNice, est uneactricefrançaise.
Elle a mis son tempérament et son physique au service de rôles qui ont fait d'elle lavamp par excellence ducinéma français[2] desannées 1930 et1940.
Viviane Romance débute à 13 ans commedanseuse authéâtre Sarah-Bernhardt. À 14 ans, elle rejoint la troupe duMoulin Rouge. Elle se fait remarquer quand on raconte qu'elle a giflé – ou tiré par les cheveux –Mistinguett[3], qui avait eu le malheur de lui parler un peu rudement. Elle part alors danser leFrench cancan au Bal Tabarin. À 16 ans, elle passe à l'opérette et authéâtre de boulevard. ÉlueMiss Paris à l'âge de 18 ans, elle provoque un nouveau scandale quand on apprend qu'elle est enceinte. Déchue de son titre, elle gagne en échange une notoriété non négligeable.
À partir de 1931, elle apparaît au cinéma dans des petits rôles et se fait remarquer pour la première fois dansPrincesse Tam Tam, en 1935. Puis elle figure fugitivement en danseuse de cabaret dansLiliom deFritz Lang et rencontreJulien Duvivier, qui la fait apparaître à son tour dansLa Bandera. L'année suivante, elle impose son rôle et ses formes dansla Belle Équipe, en femme fatale détruisant l'amitié de deux tenanciers de guinguette,Jean Gabin etCharles Vanel. Le succès du film lui ouvre les portes d'une carrière de garce, deprostituée et de vamp, entre autres. Les triomphes se succèdent ensuite,Naples au baiser de feu (1937),l'Étrange Monsieur Victor (1937),la Maison du Maltais (1938),Gibraltar (1938), etc.
Au box-office des films d'avant-guerre, elle dépasseMichèle Morgan etDanielle Darrieux[3]. Elle refuse néanmoins un contrat proposé parHollywood dans lesannées 1930[2], et joue dans plusieurs films enItalie, où elle résida un temps.
En 1941, elle joue dansVénus aveugle d'Abel Gance, une tentative courageuse de s'éloigner de ses rôles habituels, mais qui déconcerte ses fidèles spectateurs. Elle incarnera aussiCarmen deChristian-Jaque (où elle s'essaie à lamise en scène), après le rôle de Reine des Gitans, dans le filmCartacalha. Elle a tenté, entretemps, l'écriture, avec les scénarios duFeu sacré (1941) et dela Boîte aux rêves (1945)[2].
Elle refusa de tourner pour laContinental-Films allemande, mais en 1942, sous la pression du docteur Dietrich, le chef de laPropaganda Abteilung, elle se joint au groupe d'acteurs invités par les Allemands qui visitent les studios cinématographiques de Berlin, aux côtés deJunie Astor,René Dary,Suzy Delair,Danielle Darrieux etAlbert Préjean[4],[5]. À Berlin en, elle accompagne quelques artistes français dontLoulou Gasté,Raymond Souplex,Édith Piaf, Albert Préjean et pose avec eux devant laporte de Brandebourg, à l'occasion d'un voyage censé promouvoir la chanson française[6]. Elle fut incarcérée plusieurs jours à laLibération, mais ne reçut aucune condamnation et fut libérée avec les excuses du tribunal.
La guerre passée, elle retrouveJulien Duvivier qui lui offre de renouer avec ses succès d'autrefois. DansPanique de Duvivier, adapté du roman deGeorges Simenon,les Fiançailles de M. Hire, elle campe avec talent son rôle de fille perverse. Mais son personnage commence à se démoder. Elle fera encore une belle composition et une participation haute en couleur dansl'Affaire des poisons d'Henri Decoin, où elle incarne la Voisin.
À cette même époque, Viviane devient productrice. En 1949, elle produit le film le plus important de sa carrière,Maya, dont elle est l'interprète principale.Raymond Bernard, le réalisateur, dira d'elle : « Il est très rare qu'une interprète ait réussi à se désincarner jusqu'à pouvoir se laisser complètement habiter par une fiction. Elle va jusqu'à renoncer délibérément aux plus usuels comme aux plus subtils artifices de ce qu'il est convenu d'appelerl'art du comédien[7] ».
Enchaînant ensuite les prestations malencontreuses dans les quelques films qu'elle produit, et dont aucun n'est passé à la postérité, elle retrouveJean Gabin dansMélodie en sous-sol, dans un rôle en forme de dernier clin d'œil à toutes ces filles de joie qu'elle incarna à l'écran.
Victime de soucis financiers, elle vend une grande partie de ses biens et se retire àSaint-Jeannet sur laCôte d'Azur. Elle réapparaît en 1961 pour une tournée théâtrale dans plusieurs villes de province, jouantNoix de coco deMarcel Achard. Interrogée à cette occasion parPierre Desgraupes, pourCinq colonnes à la une, elle avoue son franc dégoût pour le personnage qu'elle a en partie construit et qu'on lui a fait jouer pendant des années au cinéma. On la verra une dernière fois à l'écran en 1974, dans un rôle de composition pourNada deClaude Chabrol. Elle publie un recueil de souvenirs intituléRomantique à mourir en 1986, et meurt d'un cancer en 1991. Ses cendres sont dispersées dans le parc de sonchâteau de La Gaude, sis sur la commune deSaint-Jeannet (Alpes-Maritimes), une anciennecommanderie desTempliers, qu'elle avait rénovée en 1964.
Viviane Romance a été mariée trois fois :
De sa liaison en 1930 avec un certain Jean Laporte, elle a eu une fille prénommée Michèle.