
Laviscose est unematière plastique d'originevégétale (donc non issue dupétrole) obtenue en soumettant de lacellulose à des traitements chimiques et physiques visant à la dissoudre et la mettre en forme[1],[2]. Elle sert notamment à fabriquer des produitstextiles ; dans le cas d'un textile visant à imiter lasoie, celui-ci est parfois appelésoie artificielle. Elle sert également à produire des « éponges végétales » (appellation partagée avec les fruits deLuffa), desmembranes dedialyse (en), ainsi que des emballages tels que lacellophane.
Bien que la viscose soitbiodégradable[3], elle compose une partie significative desmicroplastiques retrouvés en mer[4],[5].
En 1855, le chimiste suisseGeorges Audermas invente la soie artificielle de nitrate de cellulose, avec une méthode trop lente pour être utilisable dans l'industrie.
En 1884, le FrançaisHilaire de Chardonnet invente une soie artificielle à base decellulose et decollodion, facile à produire et diffuser, remplaçant ainsi l'usage desvers à soie. Mais cette soie reste hautement inflammable.
La viscose est brevetée parCross (en),Bevan et Beadle auRoyaume-Uni, en 1892, avant de devenir mondialement connue dès le début du siècle suivant. Cross, Bevan et Beadle étant arrivés à la fabriquer en quantité[6]. Dès 1920, six pays en produisent dont lesÉtats-Unis et leJapon. Alors d’aspect brillant, elle sert à fabriquer des robes pas chères, des combinaisons et culottes, des doublures ou encore desbas[6] ; mais elle est très inflammable, et sous la plume d'Alphonse Allais prend le surnom de « soie à belle-mère[7] ».
D’abord appelée « soie artificielle », puis « rayonne » en 1924, elle a été créée pour répondre à la demande detissus semblables à la soie, mais plus économiques. Bien que fragile, elle est alors également une alternative auvelours, aucrêpe ou aulin[6]. Confortable, économique à produire et se teignant facilement, la rayonne s'implante partout dans l'habillement[6]. Les premières versions étaient faites à partir depulpe de bois, donc pas réellement considéré comme une matière artificielle. Après lacrise de 1929, la rayonne devient encore plus largement répandue, particulièrement enlingerie[6]. Des essais sont réalisés afin de renforcer sa résistance et améliorer son usage : la rayonne est mélangée avec de l'acétate[6].
Après la viscose, les chercheurs essayèrent de créer des fibres totalement artificielles à partir de synthèses moléculaires. Ils y réussirent en 1938 et les développèrent ensuite[8].
De nos jours, la viscose reste très employée en confection (imitant parfois lalaine, la soie, le lin ou lecoton)[6]. Selon une étude de 2018, la fibre cellulosique (régénérée ou artificielle) est l'une des principales valorisations de lapâte de bois (6,6 % d'une consommation de fibres évaluée à 99 millions de tonnes en 2016, importance qui devrait encore s'accroître dans les applications textiles et techniques)[9].
Et d'après un article duMonde en 2023, les deux grands producteurs mondiaux de viscose sont la société autrichienne Lenzing et la société indienneAditya Birla Group[10]. Le principal producteur français a longtemps été la sociétéCellatex, avec deux sites de production, l'un àGivet dans les Ardennes (où était situé son siège social), et l'autre àÉchirolles dans l'Isère[11],[12], mais cette société a cessé son activité en 2000[13]. Unmusée consacré à la viscose a été créé à Échirolles.
Ses nombreuses variétés, qui représentent 14 % desfibres artificielles (dérivée de la cellulose de bois fibre naturelle), sont utilisées aussi bien pour lesvêtements que pour lestoiles tapissant l’intérieur despneus.
Les propriétés de la viscose sont proches de celles ducoton : peu élastique, se froissant vite, mais ayant un fort pouvoir absorbant et ne feutrant pas.
Lafibranne (fibres courtes associées par torsion, qui peut faire entre autres du fil à tricoter) et larayonne (ou « soie artificielle », à fibre continue) sont fabriquées avec du fil de viscose.
Avec des traitements adaptés, la viscose peut également produire de lacellophane, du boyau de dialyse, ou encore de « boyau » cellulosique pour l'industrie de la salaison.
Elle sert aussi à la confection destampons hygiéniques.