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En pratique :Quelles sources sont attendues ?Comment ajouter mes sources ?| Vieux breton (adjectif : vieux-breton) | |
| Période | Ve au XIe siècle |
|---|---|
| Langues filles | moyen breton |
| Pays | France |
| Région | Bretagne |
| Typologie | flexionnelle,accusative,à accent d'intensité |
| Classification par famille | |
| Codes de langue | |
| IETF | obt |
| ISO 639-3 | obt |
| Étendue | langue individuelle |
| Type | langue historique |
| Linguasphere | 50-ABB-ba |
| Glottolog | oldb1248 |
| État de conservation | |
Langueéteinte (EX) au sens de l’Atlas des langues en danger dans le monde | |
| modifier | |
Levieux breton (henvrezhoneg enbreton moderne) est le nom actuellement donné à lalangue brittonique du Sud-Ouest parlée en Armorique avant leXIe siècle. Il est suivi par lemoyen breton puis lebreton moderne.
Le plus ancien texte contenant du vieux breton est lemanuscrit de Leyde datant de la fin duVIIIe ou du IXe siècle.
« La date de début du vieux breton fluctue au fur et à mesure que des manuscrits sont retrouvés et plus précisément datés. […] Linguistiquement parlant, Schrijver considère […] comme scientifiquement équivalents jusqu'auXIe siècle les termes vieux breton, vieux cornique et vieux brittonique du Sud-Ouest[1]. »
La transcription la plus ancienne en vieux breton pourrait avoir été retrouvée à l'intérieur d'un sarcophage dans une chapelle près du village deLomarec dans la commune deCrac'h, près d'Auray : « irha ema in ri », soit en breton moderne : « amañ emañ ar roue ». Le termeroue « roi » emprunté au françaisroi (prononcé jadis « roué ») s'est substitué au mot breton originelri, parent du gaélique et du gauloisrix « roi ». Le sens global de cette phrase serait « ici repose le roi ».
Cependant, une autre analyse rapproche le bretonirha du galloisyrha, plus vraisemblable linguistiquement, dont le sens est « raccourcir » ou « diminuer ». La traduction de l'inscription serait donc « Est (en train de) raccourcir / diminuer le Roi ». La formule voulant certainement dire la même chose, avec une tournure plus poétique sans doute.
L'inscription étant datée du siècle du roiWaroch, certains pensent qu'il y fut enterré. Les éléments à l'appui de cette thèse sont :
Cette thèse est remise en question en 2000 par les travaux de Wendy Davies, James Graham-Campbell, Mark Handley, Paul Kershaw, John T. Koch, et Gwenaël Le Duc. Le collectif de chercheurs y met en évidence la présence de points entre les lettresI, N, R et I. Cette partie de l'inscription correspondrait à l'acronyme de l'expression latine « Iesvs Nazarenvs, Rex Ivdæorvm » (« Jésus le Nazaréen, roi des Juifs »)[2]. L'hypothèse la plus probable dans ce cas de figure est donc une bénédiction ou une recommandation à Dieu pour le défunt (à la suite du chrisme) .
L'inscription deGomené ou inscriptions des Aulnays est aussi ancienne. Elle peut se voir sur un monument en granit :« Ced parth so »[3]
Il est possible qu'une traduction littérale de cette inscription soit « partie-donné ceci »[4] et qu'elle servait à délimiter un domaine. Il est néanmoins plus probable que la traduction soit « copropriété il y a », c'est-à-dire « en copropriété », rapprochantced du galloiscyd « commun ». En galloiscyd-parth signifiant également « copropriété ».
Entre legaulois et lebrittonique existent alors quelques différences :
Les consonnes [k, t, p, g, d, b, m], placées entre deux voyelles ou une voyelle et uneconsonne sonante [l, m, r, n], subissent unelénition (adoucissement) en [g, d, b,ɣ,ð, v etṽ].
Ces évolutions ne sont pas marquées dans l'écriture sauf quand les scribes font des fautes : comme si par exemple l'on écrivait en françaissozie au lieu desosie parce que la lettre S a ici le son [z]. C'est d'ailleurs pour cela que l'on sait que ces consonnes avaient évolué malgré l'orthographe.
Le [j] (y) évolue en [ð] (écritd) vers 400.
Le [s] évolue en [h] :
Néanmoins, certains mots conservent le [s] initial :seizh « sept »,sunañ « sucer »,saotr « tache »...
Les consonnesocclusivesgéminées évoluent enfricatives : [pp] → [f] (écritf, ph) ; [tt] → [θ] (écritth, qui a évolué enzh en breton moderne) ; [kk] → [x] (écritch, modernec'h)
Les consonnes occlusives sourdes [k, p, t] aprèsconsonne liquide [l, r] évoluent de même en fricative :
Les groupes de consonnes [kt] et [pt] évoluent en [xt] puis en [jθ] qui évolue ensuite versezh, izh en breton. Exemples :
Lamétaphonie ou « contamination vocalique » (influence d'une voyelle sur une autre) transforme unevoyelle postérieure (o, a) envoyelle antérieure (i, e) devant un [i] ou un [j].
Disparition de la dernière syllabe. Le britonnique, au départ, avait son accent sur l'avant-dernière syllabe. Peu à peu, la force de cet accent fait disparaître la dernière syllabe.
L'accent restant au même endroit, il est désormais sur la dernière syllabe :
Ces dernières syllabes, même si elles ont disparu, continuent jusqu'à aujourd'hui de provoquer desmutations consonantiques sur les mots qui suivent. Ce sont des « syllabes fantômes ».
Peu de changements influencent alors la langue.
Lamétaphonie des voyelles antérieures sur des voyelles postérieures se poursuit.
Par ailleurs, certaines voyelles commencent à s'ouvrir.
Des nouvelles diphtongues apparaissent :
La consonne [ɣ] issue de la lénition du [g] commence à disparaître en fin de mot après une voyelle :
Cependant, après une consonne liquide [r, l], ce même [ɣ] se renforce en [x] (c'h) :
Par endroits, la prononciation [rg] est restée :bourg ouargant dans le Sud.
À partir duIXe siècle, dans une partie de la Bretagne, l'accent commence peu à peu à se déplacer de la dernière syllabe pour se fixer, comme avant leVIe siècle, sur l'avant-dernière syllabe. Mais cela seulement dans certaines parties du domaine bretonnant (surtout le Nord). Au Sud, dans lepays vannetais etnantais[5], l'accent reste sur la dernière syllabe.
Cette accentuation sur l'avant dernière syllabe se retrouve également enCornouailles et enPays de Galles. Certains pensent que c'est l'accentuation des verbes et de leur conjugaison (qui étaient toujours restés sur l'avant-dernière syllabe) qui fit évoluer les mots vers cette accentuation. AuXIIe siècle au plus tard, le changement d'accent est terminé.
Le [w] (écrituu) en début de mot se renforce à partir duXe siècle en [gw] (écritgu, go) :
Le [i] bref du brittonique achève de s'ouvrir en [e] :
De ce fait, la différenciation entre lesingulatif masculin-in(n) et le singulatif féminin-en(n) disparaît pour devenir uniformément-enn.
Le [o] bref inaccentué du brittonique a fini de se transformer en [e] :
Le [ɔː] long ouvert du brittonique (écrito) devient [ø] (eu).
La métaphonie par les voyelles antérieures se poursuit dans certains mots (mais pas en vannetais ni en nantais).
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