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Vieil anglais

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« Anglo-saxon (langue) » redirige ici. Pour les autres significations, voirAnglo-saxon.

Vieil anglais, anglo-saxon
Ænglisc
PériodeVIe au XIIe siècle
Langues fillesMoyen anglais
RégionToute l'Angleterre, sauf à l'extrême sud-ouest et à l'extrême nord-ouest, ainsi que le sud et l'est de l'Écosse et les franges orientales dupays de Galles
TypologieV2 etSOV,flexionnelle,accusative,accentuelle,à accent d'intensité
Classification par famille
Codes de langue
IETFang
ISO 639-2ang
ISO 639-3ang
Étendueindividuelle
Typehistorique
Glottologolde1238
État de conservation
Éteinte
EXÉteinte
Menacée
CREn situation critique
SESérieusement en danger
DEEn danger
VUVulnérable
Sûre
NENon menacée
Langueéteinte (EX) au sens de l’Atlas des langues en danger dans le monde
Échantillon
Texte duNotre Père :

Fæder ūre, ðu ðe eart on heofenum,
sīe ðin nama ġehālgod.
Tōbecume ðīn rīċe.
Ġeweorðe ðīn willa on eorðan
swā-swā on heofenum.
Ūrne ġedæġhwāmlican hlāf sele ūs tōdæġ.
And forġyf ūs ūre gyltas,
swā-swā wē forġiefað ūrum gyltendum.
And ne ġelǣd ðū ūs on costnunge,
ac ālīes ūs of yfele.
Sóþlice.

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Levieil anglais,ancien anglais ouanglo-saxon (ænglisc ouenglisc en vieil anglais) est une langue qui était parlée enAngleterre et dans lesud de l'Écosse duVe au XIIe siècle. Elle correspond au plus ancien stade de l'histoire de la langue anglaise.

Cettelangue appartient à labranche occidentale deslangues germaniques. Elle est parlée par lesAnglo-Saxons quis'installent en Grande-Bretagne à partir duVe siècle. Dans les siècles qui suivent, elle subit l'influence dulatin apporté par lesmissionnaires chrétiens, puis celle duvieux norrois parlé par lesVikings. Après laconquête normande, en1066, le vieil anglais est supplanté par l'anglo-normand comme langue des élites duroyaume d'Angleterre : marginalisé à l'écrit, il reste en usage à l’oral et évolue sous l'influence du français, inaugurant le stade dumoyen anglais.

Classification

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Le vieil anglais appartient à la famille deslangues indo-européennes. Au sein de cette famille, il est classé parmi leslangues germaniques, et plus précisément parmi leslangues germaniques occidentales. Sa forte similarité avec leslangues frisonnes suggère l'existence d'un stadeanglo-frison dans son histoire évolutive. Certains linguistes postulent plutôt un groupeingvaeonique réunissant le vieil anglais, levieux frison et levieux saxon.

Développement

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Le vieil anglais n'est pas une langue uniforme. Son usage ayant couvert au minimum une période de 800 ans, il a évolué de manière considérable depuis les premières migrations desFrisons puis desSaxons, desJutes et desAngles vers le sud-est de l'Angleterre jusqu'à l'invasion normande de1066, à partir de laquelle la langue a subi des modifications très importantes. Tout au long de son existence, le vieil anglais a assimilé des éléments des langues avec lesquelles il a été en contact, lalangue celtique pour une faible part et les deux dialectesvieux norrois parlés par lesVikings qui occupaient et contrôlaient une large portion du nord et de l'est de l'Angleterre (leDanelaw).

Les origines germaniques

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dialectes du vieil anglais, environ 800

Le vieil anglais est dans ses fondements unelangue germanique, ce qui est perceptible dans levocabulaire, lasyntaxe et lagrammaire. De manière plus précise, il appartient au groupe deslangues germaniques occidentales. Il présente une parenté plus proche avec le frison, raison pour laquelle la plupart des spécialistes le regroupent avec ce dernier dans un supra-groupe anglo-frison[1].

Comme les autres langues de cette famille, le vieil anglais possède cinqcas grammaticaux. En plus du singulier et du pluriel, il a des formes deduel, utilisées pour les groupes de deux objets. Il attribue ungenre à tous les noms, même à ceux qui désignent des objets inanimés : par exemple,sēo sunne (le Soleil) est féminin, alors quese mōna (la Lune) est masculin (comme en allemand modernedie Sonne etder Mond).

L'influence du latin

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Une part importante de la population éduquée et cultivée (moines, clercs, etc.) connaissait lelatin, qui était à cette époque lalingua franca de l'Europe.

Il est parfois possible de dater approximativement l'entrée d'un mot latin dans le vieil anglais en se fondant sur les changements linguistiques qui ont suivi. Il y a eu au moins trois périodes notables durant lesquelles le latin a influencé la langue.

Cette influence s'est exercée dès le stade du proto-germanique avant que les Angles, Jutes et Saxons ne quittent le continent ou les îles orientales pour l'île de Bretagne. Cela explique pourquoi les langues germaniques occidentales ont un vocabulaire commun emprunté au latin, par exempletiġele / tiġule > anglais modernetile « tuile » (< latintegula cf. allemandZiegel) ;piper / pipor < anglaispepper « poivre » (< latinpiper cf. allemandPfeffer) ouwall / weall > anglais modernewall « mur, rempart » (< latinvallum cf. allemandWall)[2].

La seconde vague de latinisation a commencé lorsque les Anglo-Saxons se sont convertis auchristianisme et que les prêtres maîtrisant le latin sont devenus plus nombreux. Les nécessités de la liturgie, la symbolique chrétienne et l'absence fréquente de correspondant en langue germanique expliquent l'emprunt de termes commecandle « chandelle » (< latincandēla).

La troisième, et la plus importante de ces périodes, est une période de transition entre le vieil anglais et lemoyen anglais, où l'on note un rapide transfert de mots fondés sur le latin et de formes syntaxiquesromanes. Elle suit l'invasion normande de1066 et l'état de bilinguisme qui se développe dans les classes supérieures et moyennes de la société. Le vieil anglais est en concurrence avec l'anglo-normand, langue romane qui s'éteint après avoir laissé son empreinte sur le moyen anglais. Le vocabulaire de l'anglo-normand étant essentiellement d'origine latine, il est parfois difficile de déterminer si un mot d'origine latine est passé ou non par l'intermédiaire de cettelangue d'oïl.

L'influence scandinave

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Extension approximative duvieux norrois et des langues liées au début duXe siècle ; le vieil anglais est en jaune.

La seconde principale influence sur le vocabulaire du vieil anglais futscandinave et eut lieu durant les invasions vikings desIXe et Xe siècles. En plus d'un grand nombre de noms de lieux, ces nouveaux mots concernent surtout le vocabulaire de base et des mots concernant les aspects administratifs particuliers duDanelaw, la côte est de l'Angleterre et de l'Écosse contrôlée par lesVikings. Ceux-ci s'exprimaient envieux norrois, une langue liée au vieil anglais parce qu'elles dérivent toutes deux de la langue proto-germanique. Le rapprochement entre ces deux langues, favorisé par le climat politique, a eu pour conséquence la simplification des désinences casuelles. Le vieux norrois a donné au vieil anglais des mots commesky,leg et le pronom modernethey.

Dialectes

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Glossaire d'Épinal (f. 01). Manuscrit rédigé en Northumbrie auVIIIe siècle.

La seule variation dialectale attestée du vieil anglais est d'ordre géographique. Son origine est inconnue : elle pourrait aussi bien être antérieure que postérieure à l'arrivée des Anglo-Saxons en Grande-Bretagne. Il est possible de distinguer quatre dialectes, qui correspondent aux quatre principaux royaumes anglo-saxons[3] :

Le mercien et le northumbrien sont couramment réunis sous l'appellation « anglien ».

Des quatre dialectes, le mieux attesté est de loin le saxon occidental. Il est principalement connu, d'une part, grâce aux traductions réalisées à la cour d'Alfred le Grand à la fin duIXe siècle, et d'autre part, grâce aux travaux du grammairienÆlfric, qui datent d'un siècle plus tard. Les linguistes parlent de « saxon occidental ancien »(Early West Saxon) pour décrire la langue de l'époque d'Alfred et de « saxon occidental tardif »(Late West Saxon) pour décrire celle de l'époque d'Ælfric[4]. Le saxon occidental tardif présente toutes les caractéristiques d'une langue littéraire standardisée, en particulier dans son orthographe, ce qui a conduit les philologues à le considérer comme la forme standard du vieil anglais, celle que décrivent la plupart des grammaires, bien que l'anglais moderne soit plutôt le descendant du dialecte mercien.

Phonologie

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Bien que l'on ne sache pas exactement comment le vieil anglais se prononçait, la comparaison avec les autres langues germaniques ainsi que l’analyse de laprononciation actuelle de l’anglais permettent une reconstitution raisonnable de laphonologie de la langue.

Voyelles

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Le vieil anglais possède septvoyelles simples attestées, chacune pouvant êtrebrève ou longue. Il pourrait toutefois exister deux voyelles supplémentaires. Ces voyelles sont réparties comme suit :

Monophtongues
TypeBrèveLongue
AntérieurePostérieureAntérieurePostérieure
Ferméei  y  (ɪ)u    (ɪː)
Moyennee  (ø)o  (øː)
Ouverteæɑæːɑː
  • [ø] n’est pas attestée ensaxon occidental, le dialecte le mieux représenté, mais elle existe probablement dans d'autres dialectes ;
  • [ɪ] correspond à une des prononciations possibles dudigramme ⟨ie⟩ de l’ancien saxon occidental.

Le vieil anglais possède également desdiphtongues, écrites ⟨ea⟩, ⟨eo⟩ et ⟨ie⟩. La prononciation exacte de ces digrammes est l'un des points les plus débattus de la phonologie du vieil anglais[5]. La vision traditionnelle postule l'existence de diphtongues brèves (monomoriques) et longues (bimoriques) :

  • ⟨ea⟩ représente/æɑ/ ou/æːɑ/ ;
  • ⟨eo⟩ représente/eo/ ou/eːo/ ;
  • ⟨ie⟩ représente/ie/ ou/iːe/.

Les linguistes qui rejettent cette classification soulignent qu'il est extrêmement rare d'avoir un contraste entre diphtongues longues et brèves, et qu'un tel contraste n'existe ni enanglais moderne, ni dans les reconstitutions duproto-germanique, ce qui rend son existence au stade du vieil anglais peu plausible[6].

Consonnes

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Les consonnes utilisées en vieil anglais sont réparties de la manière suivante :

ConsonneBilabialeLabio-dentaleDentaleAlvéolairePost-alvéolairePalataleVélaireGlottale
Occlusivep bt dk ɡ
Affriquéet͡ʃ (d͡ʒ)
Fricativef (v)θ (ð)s (z)ʃ(ç)(x) (ɣ)h
Nasalemn(ŋ)
Spiranterjw
Spirante latéralel

Les sons qui figurent entre parenthèses ne sont pas desphonèmes, mais desallophones, c'est-à-dire des réalisations spécifiques de phonèmes en fonction de leur contexte :

  • [d͡ʒ] est un allophone de /j/ ;
  • [v],[ð] et[z] sont des allophones de /f/, /θ/ et /s/ respectivement ;
  • [ç] et[x] sont des allophones de /h/ ;
  • [ɣ] est un allophone de /ɡ/ ;
  • [ŋ] est un allophone de /n/.

Lagémination, c'est-à-dire le doublement d'une consonne, constitue un trait significatif :swelan « brûler » etswellan « enfler » forment unepaire minimale.

Écriture

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Le vieil anglais est attesté dans deux systèmes d'écriture différents : lefuthorc et l'alphabet latin. Le futhorc est un alphabet runique dérivé duvieux futhark utilisé par les Germains à partir duIIe siècle. Il se compose d'une série de 29 caractères conçus de manière à être gravés dans le bois, la pierre ou le métal. Certaines inscriptions en futhorc remontent aux tout premiers stades du vieil anglais, mais le plus ancien échantillon complet de cet alphabet figure sur leseax de Beagnoth, une lame duIXe siècle. En dépit de leur lien avec lepaganisme, les runes restent employées après la conversion des Anglo-Saxons au christianisme, comme l'illustre leur emploi sur lacroix de Ruthwell.

L'alphabet runique gravé sur le seax de Beagnoth.

L'alphabet latin, plus adapté à l'écriture de longs textes sur parchemin, est introduit enNorthumbrie depuis l'Irlande en même temps que lechristianisme. Les scribes ont recours à des caractères supplémentaires pour transcrire les sons spécifiques au vieil anglais. Deux de ces caractères sont dérivés de runes du futhorc : il s'agit duwynn ⟨ƿ⟩ pour le son /w/ et duthorn ⟨þ⟩ pour le son /θ/. Deux autres, l'ash ⟨æ⟩ pour le son /æ/ et l'eth ⟨ð⟩ pour le son /θ/, sont dérivés de lettres latines. Les lettres ⟨þ⟩ et ⟨ð⟩ sont employées de manière indifférente pour transcrire le son /θ/ et son allophone /ð/. Certaines lettres insulaires possèdent des tracés qui diffèrent significativement de l'alphabet latin moderne :⟨ꝼ⟩ pour ⟨f⟩,⟨ᵹ⟩ pour ⟨g⟩,⟨ꞃ⟩ pour ⟨r⟩ et⟨ꞅ⟩ pour ⟨s⟩.

Dans les éditions modernes de textes rédigés en vieil anglais, ces lettres sont modernisées, à l'exception de ⟨æ⟩, ⟨þ⟩ et ⟨ð⟩. Des diacritiques sont également ajoutés en guise d'aide à la prononciation : unmacron est ajouté sur les voyelles longues et unpoint suscrit au-dessus du ⟨c⟩ lorsqu'il est prononcé /tʃ/ et du ⟨g⟩ lorsqu'il est prononcé /j/ ou /dʒ/.

GraphieAPIRemarquesExemple
a/ɑ/L'orthographe alternativemann, monn « homme » suggère l'existence d'un allophone[ɒ] devant une consonne nasale[7].dagas « jours »
/ɑː/bāt « bateau »
æ/æ/Cette ligature supplante le digramme ⟨ae⟩ au cours duVIIIe siècle.dæġ « jour »
/æː/dǣl « part »
b/b/Cette lettre est également utilisée dans les plus anciens textes pour transcrire le son[v].bōc « livre »
c/k/Lapalatalisation du/k/ en/tʃ/ se produit dans certains contextes, principalement devant les voyelles ⟨e⟩ et ⟨i⟩. Le ⟨c⟩ palatalisé est écrit ⟨ċ⟩ dans les éditions modernes.cyning « roi »
/tʃ/ċild « enfant »
ċġ/ddʒ/Formegéminée de ⟨ġ⟩.eċġ « lame »
d/d/Cette lettre est également utilisée dans les plus anciens textes pour transcrire le son/θ/.duru « porte »
ð/θ/Ce phonème est réalisé[ð] entre deux voyelles ouconsonnes sonores. La lettre ⟨ð⟩, longtemps interchangeable avec ⟨þ⟩, est plutôt utilisée en milieu ou fin de mot à partir de l'époque d'Alfred le Grand.ðæt « ce »
[ð]brōðor « frère »
e/e/helpan « aider »
/eː/hēr « ici »
ea/æɑ/La nature exacte de cette diphtongue est discutée, notamment dans sa forme courte/æɑ/. Ce digramme transcrit parfois les sons/æ/,/æː/ ou/ɑ/ après ⟨ċ⟩ ou ⟨ġ⟩.deað « mort »
/æːɑ/rēad « rouge »
/æ/ċealf « veau »
/æː/ēaht « propriété »
/ɑ/tǣċean « enseigner »
eo/eo/La nature exacte de cette diphtongue est discutée, notamment dans sa forme courte/eo/. Ce digramme transcrit parfois le son/o/ après ⟨ċ⟩ ou ⟨ġ⟩.leof « aimé »
/eːo/dēop « profond »
/o/
f/f/Ce phonème est réalisé[v] entre deux voyelles ouconsonnes sonores.folc « peuple »
[v]heofon « ciel »
g/ɡ/Lapalatalisation du/g/ en/j/ se produit dans certains contextes, principalement devant les voyelles ⟨e⟩ et ⟨i⟩. Le ⟨g⟩ palatalisé est écrit ⟨ġ⟩ dans les éditions modernes. Les deux phonèmes possèdent desallophones :gōd « bon »
[ɣ]lagu « loi »
/j/ġif « si »
[d͡ʒ]enġel « ange »
h/h/⟨h⟩ représente unH aspiré en début de mot lorsqu'il est suivi par une voyelle. Enfin de syllabe, ce caractère transcrit le son[ç] après unevoyelle antérieure et[x] après unevoyelle postérieure.hūs « maison »
[x]dohtor « fille »
[ç]cniht « jeune homme »
i/i/sċip « bateau »
/iː/līf « vie ».
ie/iy/La nature exacte de cette diphtongue est discutée, notamment dans sa forme courte/iy/. Ce digramme représente parfois les sons/e/ ou/eː/ après ⟨ċ⟩ ou ⟨ġ⟩.hieran « entendre »
/iːy/nied « besoin »
/e/ġiefan « donner »
/eː/sċīene « beau »
io/iu/Cette diphtongue n'existe pas en saxon occidental tardif.
/iːu/
k/k/Cette lettre est rare.kyrtel « veste »
l/l/Ce phonème est probablementvélarisé[ɫ] enfin de syllabe, comme en anglais moderne.land « terre »
m/m/miċel « grand »
n/n/Ce phonème est réalisé[ŋ] devant /k/ et /g/.reġn « pluie »
[ŋ]bringan « apporter »
o/o/dohtor « fille »
/oː/brōðor « frère »
oe/ø/Cette voyelle n'existe pas en saxon occidental tardif.
/øː/
p/p/pād « manteau »
qu/kw/Ce digramme est rare.
r/r/Sa réalisation exacte est inconnue : il pourrait s'agir d'une consonnespirante[ɹ] (comme en anglais moderne)roulée[r] oubattue[ɾ].rīċe « royaume »
s/s/Ce phonème est réalisé[z] entre deux voyelles ouconsonnes sonores. « mer »
[z]ċēosan « choisir »
sc/ʃ/Systématiquement prononcé/sk/ à l'origine[8], cette prononciation n’est restée que dans le cas où ⟨sc⟩ précède unevoyelle postérieure ou bien suit une voyelle postérieure, en position finale.sċip « bateau »
/sk/ascian « demander »
t/t/tīd « temps »
th/θ/Ce diagraphe apparaît dans les plus anciens textes avant d'être supplanté par ⟨ð⟩ et ⟨þ⟩.thā « alors ».
þ/θ/Ce phonème est réalisé[ð] entre deux voyelles ouconsonnes sonores. La lettre ⟨þ⟩, longtemps interchangeable avec ⟨ð⟩, est plutôt utilisée en début de mot à partir de l'époque d'Alfred le Grand.þing « chose »
[ð]cweþan « dire »
u/u/Ce caractère représente également le son/w/ dans les plus anciens textes.sunu « fils »
/uː/hūs « maison »
uu/w/Ce diagramme apparaît dans les plus anciens textes avant d'être supplanté par ⟨ƿ⟩.uuiþ « avec »
ƿ/w/Ce caractère (wynn) est remplacé par ⟨w⟩ dans les éditions modernes.ƿīs « sage »
x/ks/Parmétathèse,/sk/ s’est parfois changé en/ks/, écrit ⟨x⟩.axian « demander »
y/y/cyning « roi »
/yː/lȳtel « petit »
z/t͡s/Variante rare de ⟨ts⟩.bezt « meilleur »

Morphologie

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Le vieil anglais est unelangue flexionnelle, dans laquelle les relations grammaticales sont marquées par desdéclinaisons.

Noms

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Lenom sedécline en deuxnombres (singulier et pluriel), troisgenres (masculin, féminin et neutre) et quatrecas (nominatif,accusatif,génitif etdatif). Il existe des traces d'un troisième nombre, leduel, et d'un cinquième cas, l'instrumental.

Le genre grammatical correspond parfois au genre naturel, mais ce n'est pas systématique : les nomswīfmann etwīf, qui signifient tous deux « femme », sont respectivement masculin et neutre. Le genre grammatical d'un nom peut parfois être déduit de sa forme (ainsi, les noms en-dōm sont masculins), mais la plupart du temps, il faut s'appuyer sur le déterminant qui accompagne le nom pour en déterminer le genre.

La majeure partie des noms se répartissent en deuxclasses, les noms forts et les noms faibles. Il existe quelques autres déclinaisons, souvent qualifiées de mineures, qui comprennent chacune un faible nombre de noms courants.

Déclinaison des noms faibles[9]
CasMasculin
nama « nom »
Neutre
ēage « œil »
Féminin
sunne « soleil »
SingulierPlurielSingulierPlurielSingulierPluriel
Nominatifnamanamanēageēagansunnesunnan
Accusatifnamannamanēageēagansunnansunnan
Génitifnamannamenaēaganēagenasunnansunnena
Datifnamannamumēaganēagumsunnansunnum
Déclinaison des noms forts[10]
CasMasculin
stān « pierre »
Neutre
scip « navire »
Féminin
ġiefu « don »
SingulierPlurielSingulierPlurielSingulierPluriel
Nominatifstānstānasscipscipuġiefuġiefa, -e
Accusatifstānstānasscipscipuġiefeġiefa, -e
Génitifstānesstānascipesscipaġiefeġiefa, -ena
Datifstānestānumscipescipumġiefeġiefum

La déclinaison en-an des noms faibles est à l'origine du pluriel en-en d'un petit nombre de mots anglais modernes :oxen « bœufs »,children « enfants »,brethren « frères ».

Adjectifs

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L'adjectif s'accorde en genre, nombre et cas avec le nom qu'il qualifie. Il peut être décliné de manière forte ou faible selon son utilisation : en position d'épithète, il suit la déclinaison faible, tandis qu'en position d'attribut, il suit la déclinaison forte.

Adjectif attribut :

Se mann isgōd « l'homme est bon »

Adjectif épithète :

Segōda mann « l'homme bon »

Déclinaison faible des adjectifs
gōd « bon »
CasMasculinNeutreFéminin
SingulierPlurielSingulierPlurielSingulierPluriel
Nominatifgōdagōdangōdegōdangōdegōdan
Accusatifgōdangōdangōdegōdangōdangōdan
Génitifgōdangōdenagōdangōdenagōdangōdena
Datifgōdangōdumgōdangōdumgōdangōdum
Instrumentalgōdangōdumgōdangōdumgōdangōdum
Déclinaison forte des adjectifs
gōd « bon »
CasMasculinNeutreFéminin
SingulierPlurielSingulierPlurielSingulierPluriel
Nominatifgōdgōdegōdgōdgōdgōde, -a
Accusatifgōdnegōdegōdgōdgōdegōde, -a
Génitifgōdesgōdragōdesgōdragōdregōdra
Datifgōdumgōdumgōdumgōdumgōdregōdum
Instrumentalgōdegōdumgōdegōdumgōdregōdum

Lecomparatif est construit avec le suffixe-ra et suit la déclinaison faible, tandis que lesuperlatif est construit avec le suffixe-ost et suit la déclinaison faible ou forte.

Pronoms

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Comme les noms, lespronoms s'accordent en genre, en nombre et en cas. Les pronoms personnels présentent un troisième nombre, leduel, utilisé avec des verbes conjugués au pluriel.

Déclinaison des pronoms personnels[11]
PersonneNominatifAccusatifGénitifDatif
1reSinguliermec, mēmīn
Duelwituncuncerunc
Plurielūs, ūsicūreūs
2eSingulierþūþec, þēþīnþē
Duelġitincincerinc
Plurielġēēow, ēowicēowerēow
3eSingulierMasculinhinehishim
Neutrehithithishim
Fémininhēo, hīohīe, hīhirehire
Plurielhīe, hīhīe, hīhira, hiera, heora, hiorahim, heom

Les deuxpronoms démonstratifs sontse, qui sert également d'article défini, etþes « ceci ». Ils sont à l'origine de l'anglais modernethe etthis respectivement.

Déclinaison du pronomþes « ceci[12] »
CasMasculinNeutreFémininPluriel
Nominatifþesþisþēosþās
Accusatifþisneþisþāsþās
Génitifþissesþissesþisse, þisreþissa, þisra
Datifþissumþissumþisseþissum
Instrumentalþȳsþȳs
Déclinaison du pronomse « le, la, ce[12] »
CasMasculinNeutreFémininPluriel
Nominatifseþætsēo, sīoþā
Accusatifþoneþætþāþā
Génitifþæsþæsþǣreþāra, þǣra
Datifþǣm, þāmþǣm, þāmþǣreþǣm, þām
Instrumentalþȳ, þonþȳ, þon

Verbes

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Lesverbes se conjuguent selon trois personnes (première, deuxième et troisième), deux nombres (singulier et pluriel), deuxtemps (présent etprétérit) et troismodes (indicatif,subjonctif etimpératif). Il existe également deux formes de l'infinitif (avec ou sansto) et deuxparticipes (passé et présent). Il n'existe qu'une seulevoix, lavoix active.

Les verbes se répartissent en deux grandes classes, les verbes faibles et les verbes forts, qui se distinguent dans la manière de former le prétérit et le participe passé. Les verbes forts modifient la voyelle de leur radical, tandis que les verbes faibles emploient un suffixe comprenant uneconsonne dentale. Cette distinction persiste en anglais moderne, où les verbes irréguliers correspondent à des verbes forts vieil-anglais. Ces grandes classes sont subdivisées en plusieurs sous-classes (sept pour les verbes forts, trois pour les faibles).

Il existe une classe supplémentaire qui se distingue des verbes forts et faibles, les verbes « présent-prétérit », qui sont à l'origine desauxiliaires modaux de l'anglais moderne.

Certains verbes sont complètement irréguliers, commebēon / wesan « être »,dōn « faire »,gān « aller » etwillan « vouloir ».

Syntaxe

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Ordre des mots

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L'ordre des éléments de la phrase en vieil anglais est plus varié qu'en anglais moderne, sans être totalement libre. En règle générale, lespropositions indépendantes suivent l'ordre sujet-verbe, tandis que les propositions subordonnées repoussent le verbe à la fin. Néanmoins, il est possible de trouver des contre-exemples à ces deux cas.

Les propositions indépendantes qui commencent par certains adverbes commeþa « alors »,þonne « alors »,nu « à présent » etswa « ainsi », tendent à suivre un ordreV2, où le verbe suit immédiatement l'adverbe et précède le sujet. La même chose peut se produire avec un élémentthématisé en début de phrase.

Notes et références

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  1. Mossé 1945-1950,p. 22.
  2. T. F. Hoad,The Concise Oxford Dictionary Of English Etymology, Oxford Paperbacks, Oxford University Press, Oxford / New York, 1993.
  3. (en) TerryHoad,« Dialects », dansMichael Lapidge, John Blair,Simon Keynes et Donald Scragg (éd.),The Wiley Blackwell Encyclopedia of Anglo-Saxon England, Wiley Blackwell,,2e éd.(ISBN 978-0-470-65632-7),p. 143-144
  4. (en) TerryHoad,« West Saxon Dialect », dansMichael Lapidge, John Blair,Simon Keynes et Donald Scragg (éd.),The Wiley Blackwell Encyclopedia of Anglo-Saxon England, Wiley Blackwell,,2e éd.(ISBN 978-0-470-65632-7),p. 492
  5. Smith 2009,p. 55-57.
  6. Hogg 1992,p. 16-24.
  7. Hogg 1992,p. 14, 75.
  8. (en)FaustoCercignani, «  The Development of */k/ and */sk/ in Old English » »,Journal of English and Germanic Philology,vol. 82/3,‎,p. 313-323.
  9. Mitchell et Robinson 2012,p. 20.
  10. Mitchell et Robinson 2012,p. 22-23, 27.
  11. Mitchell et Robinson 2012,p. 18-19.
  12. a etbMitchell et Robinson 2012,p. 18.

Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

Wikipédia en vieil anglais

Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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v ·m
Périodisation
Phonologie
Orthographe
Dialectes du vieil anglais
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