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Victor Proudhon

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Victor Proudhon
Léon Breuil,Portrait de Victor Proudhon, s.d., Dijon,Musée Magnin
Fonctions
Professeur de droit ; Juge ; Doyen de la faculté de Dijon
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 80 ans)
Dijon
Sépulture
Nationalité
Activité

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Jean-Baptiste-Victor Proudhon, né le àChasnanset mort le àDijon, est un juriste français.

Il fut surtout connu comme professeur et doyen à l'École de droit deDijon (créationnapoléonienne) et participa activement à l'élaboration duCode civil français. Jurisconsulte et criminaliste, on s'adressait à lui pour des litiges juridiques.

C'est un lointain cousin du théoricien socialistePierre-Joseph Proudhon.

Biographie

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Issu d’une famille de paysans aisée, Jean-Baptiste Proudhon et Claude-Françoise Maire[1]si Proudhon était d’abord destiné à l’Église, il se tournera plutôt vers le droit en se consacrant aux études juridiques, jusqu’à sa mort.

Docteur en droit àBesançon au moment où éclate laRévolution, il adhère aux idées révolutionnaires très rapidement et, la réforme de l'administration locale ayant été décrétée, il est élu l'un des 36 membres du conseil du département du Doubs. Quelques mois plus tard, il devient juge àPontarlier, délaissant ses fonctions administratives, où il siégera de 1790 à 1792 avant d’être juge de paix du canton deNods, son canton natal. Les émoluments révolutionnaires lui coûteront plusieurs allers-retours entre différents postes, dans différentes juridictions et, en 1797, il deviendra professeur de législation à l’école centrale du Doubs. À la suite de laloi du 11 Floréal an X (), les écoles de droit sont réorganisées et c’est Dijon qui deviendra école à la place de Besançon pour laFranche-Comté. Pardécret impérial en date du, Proudhon est nommé professeur pour la première chaire de Code civil à l'École de droit de Dijon[2].

Proudhon était un juriste très apprécié avant et après sa nomination. Pour preuve, il avait dédicacé son Traité des Personnes àCambacérès.

Le dernier tumulte dans la carrière de Proudhon aura lieu en, quelques mois après ladéfaite de Waterloo, lacommission de l’Instruction Publique le suspend de ses fonctions de professeur et le prive de décanat au motif

« d'être un bonapartiste exalté et de ne fréquenter habituellement que des jacobins. »

Un an plus tard, tout rentrera dans l’ordre pour Proudhon qui récupèrera, non sans moult efforts, sa chaire et sa fonction de doyen acquise en 1808.

On dit que Proudhon voulait mourir sur la brèche et ses vœux furent exaucés. Il serait mort en surveillant l’impression de son dernier traité.

Œuvre et doctrine

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En tant que juriste, Proudhon a produit plusieurs œuvres d’autorité. En 1799, il publie leCours de législation et de jurisprudence française sur l’état des personnes. Il étudie ainsi l’état civil, les questions relatives au statut, le mariage, ses formalités, ses conditions, la nature de son lien, ses effets sur les intérêts pécuniaires des époux, la filiation, l'adoption ou encore la tutelle et la curatelle. Cette étude met en exergue une harmonie des règles coutumières et de droit romain en la matière. Proudhon militera notamment pour le droit de tester et se démarquera en prenant des distances significatives avec le courant juridique révolutionnaire. Ses prises de positions seront en partie reprises et consacrées par leCode civil de 1804.

Le jugeMerlin, ayant reçu son ouvrage, lui écrira une lettre datée du qui disait ceci :

« Citoyen, j’ai reçu la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 22 pluviôse dernier ; avant de vous répondre, j’ai voulu me ménager le tems de jeter un coup d’œil sur les deux volumes qui composent la première partie de votre cours de droit. Je l’ai fait, et le peu que j’en ai lu me donne l’idée la plus avantageuse de ce qui me reste à lire : instruction, méthode, logique, clarté, pureté de style, tout y est réuni. Heureux les élèves que vous formez ! Ils ne peuvent, sous un maître tel que vous, qu’être une excellente pépinière pour la magistrature et le barreau[3] »

LeTraité sur l’état des personnes de 1809 est un tournant non seulement pour Proudhon mais pour l’étude du droit. Ainsi naîtl’école de l’Exégèse en ce que son Traité est un des tout premiers commentaires exégétiques du Code civil. Seule l’œuvre deDelvincourt, éditée un an plus tôt était aussi assimilée par certains à un commentaire exégétique. AvecToullier et Delvincourt, Proudhon fut l’un des pères fondateurs de l’école de l’Exégèse, auxquels il faut ajouter Merlin etMalleville.

De fait, Proudhon suit l’ordre du Code civil depuis le titre préliminaire jusqu’à la fin du livre premier. Le droit romain est abondamment sollicité par Proudhon pour commenter le code Napoléon et proposer des solutions en l’absence de quelconque jurisprudence.

C’est ce traité qui marquera l’Histoire avec la création de l’Exégèse et dont la portée peut s’apprécier jusqu’à la fin du XIXème siècle. En effet, à partir de 1830, l’œuvre de Proudhon, mais aussi des autres pères fondateurs tels que Toullier et Delvincourt, voire Merlin et Maleville, sans oublierChabot de l’Allier (Commentaire sur la loi des succession, 1805), se fait ressentir. On pourrait d’ailleurs distinguer dans la directe lignée des pères de l’Exégèse quatre sortes d’exégètes, une distinction mise en avant par la thèse de Nguyên[4] : les grands commentateurs de Code civil (Duranton,Aubry etRau,Demolombe, Taulier ou encoreDemante), les commentateurs de second ordre (Larombière, Pont,Rodière,Massé), les groupes de juristes qui, à défaut d’œuvre écrite, furent, par leurs enseignements comme par leur influence, aussi calculée qu’artificielle des représentants de l'École (sic) tels queJean-Joseph Bugnet et Valette et, enfin, ceux qui ont vulgarisé les principes de l'École tels queMourlon (Répétitions écrites sur les trois examens du code civil, 1846) etGabriel Baudry-Lacantinerie (es) (Précis de Droit civil).

Proudhon a ensuite produit leTraité des droits d’usufruit, d’usage, d’habitation et de superficie, parfois considéré comme l’œuvre capitale du jurisconsulte. Certains iront même jusqu’à considérer le traité comme « son meilleur titre de gloire[5] ». Proudhon y détaille les diverses applications que l’on doit faire à l’usufruit de presque toutes les règles du droit. Il commente en empruntant beaucoup à la législation de la Rome antique, ici encore. Proudhon gagnera ainsi la sympathie des jurisconsultes contemporains : Toullier, par une lettre datée de, lui écrira :

« Mon cher et très honoré collègue et ami, car j’ose vous appeler ainsi quoique nous ne nous soyons jamais vus, vous venez d’acquérir de nouveaux droits à mon estime et à mon amitié, par la noble indépendance de vos opinions en jurisprudence, et par la manière dont vous la traitez. J'ai fait aussi, moi, preuve d’indépendance, et j’ai combattu avec force certains arrêts, même de la Cour de cassation. Mais voilà que je deviens jaloux de vous. (…)[6]. »

Il écrivit ensuite leTraité du domaine public. À ce sujet, Dumay commentait :« Si d’une part on conçoit l’importance de ce travail, on ne doit pas se dissimuler, de l’autre le caractère essentiellement mobile des lois qu’il a pour but de commenter. Aussi peut-on dire que l’auteur a fait là une œuvre plus utile à ses contemporains qu’avantageuse à sa gloire[7]. » L’auteur divise son travail en quatre volumes : le premier est destiné aux droits et devoirs de l’homme, l’origine du droit de propriété et le pacte social. Le second volume est consacré aux chemins vicinaux et aux autorités compétentes pour statuer en la matière. Le troisième et le quatrième volume sont dédiés au régime des eaux : mers, fleuves, rivières, ruisseaux, torrents, rigoles, lacs, étangs, viviers…

Enfin, Proudhon produit leTraité du domaine de propriété. Dans la première partie de ce traité, il expose en forme d’introduction les idées générales d’une grande élévation sur la propriété, sa nature, son origine, son influence sur la prospérité matérielle et le bonheur moral de l’homme. La deuxième partie est destinée à l’étude des biens meubles et immeubles. Dans la troisième partie, il détaille les diverses manières d’acquérir la propriété, d’après le droit des gens.

Il existe deux rues Proudhon à Besançon, une ruePierre-Joseph Proudhon juste en face de la rue J.-B.-V. Proudhon, dans le même alignement, mais peu deBisontins se rendent compte de la différence des deux prénoms sur les plaques de ces deux rues.

Sources

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  • Cours de législation et de jurisprudence françaises, Imprimerie Tissot, 1798
  • Cours de droit français, première partie, sur l'état des personnes et sur le titre préliminaire du Code Napoléon, Imprimerie Bernard-Defay, 1809
  • Traité des droits d’usufruit, d'usage, d’habitation et de superficie, Imprimerie Victor Lagier, 1823-1827
  • Traité du domaine public, ou De la distinction des biens considérés principalement par rapport au domaine public, Imprimerie Victor Lagier, 1833
  • Traité du domaine de propriété, ou de la Distinction des biens considérés principalement par rapport au domaine privé, Dijon, Victor Lagier, 1839, 3 volumes, 1628 p., réédité en 1841 à Bruxelles[8].

Références

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  1. G. Dumay,Etude sur la vie et les travaux de Proudhon, doyen de la Faculté de droit de Dijon, Imprimerie Dejussieu père et fils,, p. 194.
  2. G. Dumay,Etude sur la vie et les travaux de Proudhon, doyen de la Faculté de droit de Dijon, Paris, Imprimerie Dejussieu père et fils,, p. 211.
  3. G. Dumay,Etude sur la vie et les travaux de Proudhon, doyen de la Faculté de droit de Dijon, Paris, Imprimerie Dejussieu père et fils,, p. 155-156.
  4. H.-M. Nguyen,Essai sur le rôle respectif de la déduction et de l'induction dans les principaux systèmes d'interprétation du droit civil français, Bordeaux, Delmas, p. 33-36.
  5. P. Lorrain, « Éloge biographique de M. Proudhon »,discours prononcé le 11 décembre 1838, à la séance de rentrée des facultés, in-8º,‎,p. 27.
  6. G Dumay,Etude sur la vie et les travaux de Proudhon, doyen de la Faculté de droit de Dijon, Imprimerie Dejussieu père et fils,,p. 169.
  7. G. Dumay,Etude sur la vie et les travaux de Proudhon, doyen de la Faculté de droit de Dijon, Paris, Imprimerie Dejussieu père et fils,.
  8. Lire en ligne sur Gallica.

Bibliographie

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Liens externes

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