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Charles Victor Jaclard, dit,Victor Jaclard né àMetz le et mort àParis le, est unmédecin,journaliste, militantblanquiste sous leSecond Empire puis membre de laCommune de Paris. Sous laTroisième République, il devienthomme politiquesocialiste et aide à la fondation duParti ouvrier français (POF) avecJules Guesde.
Victor Jaclard naît àMetz le dans un milieu assez modeste. Il reçoit toutefois une bonne éducation. Élève doué, il peut devenir professeur de Mathématiques, mais s'oriente vers des études de médecine, d'abord àStrasbourg puis, dès 1864, àParis[1] là ou il entre rapidement en contact avec les partisans deAuguste Blanqui. En 1865, il participe au projet d'évasion de Blanqui vers la Belgique. Au1erCongrès international des étudiants de Liège, il prononce un vibrant discours en faveur de l'athéisme, du matérialisme et du socialisme, ce qui lui vaut d'être, peu après, exclu de son université en France.
Victor Jaclard est l'un des premiers socialistes français à se joindre à laPremière Internationale, fondée en 1864 àLondres. Disciple dePierre-Joseph Proudhon, il est en bons termes avec le militantBenoît Malon. En 1866, Jaclard est emprisonné près de six mois pour avoir participé à une manifestation. À sa libération, il part pourGenève, en Suisse. Il y rencontre la féministe révolutionnaireAnna Vassilievna Korvine-Kroukovskaïa (1843–1887), sœur de la mathématicienneSofia Kovalevskaïa. Ayant quitté la Russie en 1866, après avoir rejeté une proposition de mariage deDostoïevski, Anna Korvine-Kroukovskaïa séduit immédiatement Victor Jaclard, qui l'épouse en 1867. L'année suivante, Jaclard est l'un des membres fondateurs de l'Alliance internationale de la démocratie socialiste de Genève. Créée par l'anarchiste russeMikhaïl Bakounine, cette organisation était affiliée à l'Association internationale des travailleurs. Transcendant les conflits internes entreBlanquistes etBakouninistes, Victor Jaclard montre déjà un esprit très consensuel.
Victor Jaclard reste en exil à Genève jusqu'à la chute de Napoléon III en 1870. Nommé commissaire par les ouvriers révoltés, il est largement impliqué en septembre 1870 dans lesoulèvement de Lyon. Envoyé à Paris, Jaclard est ensuite chargé de coordonner l'action entre laCommune de Lyon et laCommune de Paris. Avec son épouse, il participe alors activement à laCommune de Paris, en tant que représentant de laPremière internationale auComité central de la Garde nationale. Commandant du158e bataillon de laGarde nationale, Jaclard prend part à l'insurrection du 31 octobre 1870. En novembre, il est nommé adjoint parGeorges Clemenceau à la mairie du18e arrondissement. En, Jaclard se présente sans succès aux élections législatives. Ex-chef du 138 bataillon de la garde nationale, il est nommé colonel de la17e légion fédérée (ou18e suivant les sources) et inspecteur général des fortifications. Il combat durant laSemaine sanglante, se battant sur les barricades aux Batignolles et à "Château d'Eau" jusqu'à la toute fin. Capturé en uniforme par les troupes Versaillaises, Victor Jaclard est condamné à mort par un tribunal militaire français.
Le, Victor Jaclard parvient toutefois à s'échapper et à rejoindre Londres, où il s'installe avec son épouse Anna. Les époux Jaclard entretiennent de bonnes relations avecKarl Marx, qui les aide sur place. En Suisse, il reprend ses études médicales, passe son doctorat, soutient sa thèse surl'herpès ophthalmicus (1874)[2]. En 1874, les époux Jaclard s'installent en Russie, où Victor devient professeur de français. Grâce à Anna, il est introduit dans le cercle desNarodniks, publiant des articles dans les journaux d'opposition "Slovo" et "Delo". Pourtant athées et "nihilistes", les époux Jaclard ont des relations amicales avec l'écrivain conservateurDostoïevski.
En 1880, une amnistie générale desCommunards permet aux époux Jaclard de rentrer en France. Victor Jaclard reprend contact avec lesblanquistes, tout en conservant de bonnes relations avec le radical-socialisteGeorges Clemenceau, ou le socialiste réformateurAlexandre Millerand. Il participe à la fondation duParti ouvrier français[3]. Dans les années 1880, Jaclard publie des articles dans le journalLa Justice, le quotidien deGeorges Clemenceau. En 1886, il est candidat au conseil municipal deParis (Clignancourt). Il obtient 2 795 voix (39,93 %) au second tour, battu parJules Joffrin, candidat ouvrier. En 1889, il est élu au conseil municipal d'Alfortville, où il s'était installé après le décès de son épouse en 1887.
Dans la fin des années 1880, des efforts sont faits pour faire revivre l'esprit de l'Association internationale des travailleurs, ce qui conduit à la création de la secondeInternationale ouvrière à Paris, en 1889. Victor Jaclard participe activement à ces efforts. Il est désigné délégué aux congrès de 1889, 1891 et 1893 à Paris, Bruxelles et Zurich. Sa femme meurt le. Toujours très actif malgré son âge, Charles Victor Jaclard décède à Paris, le.