soit un officier dejudicature duduc ou ducomte, pour le gouvernement d'une ville[N 1] ou d'une province (chefs-lieux d'unpagus) secondaire, ou pour l'administration de la justice[N 2] ;
Dans ce dernier cas, le "vice comes" est l’un des premiers officiers seigneuriaux remplaçant le comte quand celui-ci était absent. Mais, auXe siècle, le vicomte a essayé dans bien des cas d’usurper les pouvoirs du comte. Pour l’éviter, le comte enlèvera au vicomte l’administration générale, et lui donnera en fief une partie du comté : à ce moment, le vicomte cesse d’être un officier pour devenir seigneur à son tour[1].
L'autorité du comte fut contestée par ses vassaux, auXe siècle pour lescomtes de Toulouse, et les vicomtes devinrent de hauts barons auXIe siècle (Melun, Bourges,Thouars).Dans les pays flamands, le titre sert de traduction à celui deburggraaf.
Dans le Nord du royaume, la fonction commence par être redevable de la situation des grandsaristocrates. Quand un de ceux-ci, bien encour, se voit autoriser à cumuler plusieurscomtés, l'effectivité de leur fonction n'est plus garantie aux populations. Ils nomment alors un vicomte pour les représenter. Ces vicomtes leur sont fréquemment parents. À titre d'exemple, les Robertiens ayant été admis à dominer l'Ouest du royaume, ils se dotent de vicomtes dans leurs comtés àTours,Angers,Orléans ouParis. Il n'y a qu'un vicomte par comté. AJoigny et àTonnerre, l'existence de vicomtes est annonciatrice de ce que le titulaire du comté dispose de droits comtaux ailleurs.
Le principe de la nomination d'un vicomte en cas d'empêchement du titulaire du comté subsiste. Ainsi, les conquêtes deRobert le Pieux se traduisent par la nomination de vicomtes dans les comtés conquis où des titulaires comtaux ne seront jamais nommés, c'est le cas par exemple pourAvallon. Certains comtes accumulant des droits comtaux, même soumis à des ducs, ils nomment un vicomte, par exemple lecomte de Blois àTroyes ou lecomte de Vendôme àMelun.
Dans le deuxième tiers duXIe siècle, sous le règne dePhilippeIer, dans le domaine royal, les instructions émanant du roi cessent d'être adressées nommément aux vicomtes, alors qu'elles le restent aux prévôts. Cela signifie que le vicomte n'est plus considéré comme un agent royal et qu'il est dès lors totalement féodalisé. La patrimonialisation permet à des femmes de prendre le titre de « vicomtesses ».
Une pancarte des péages deSens datant des années1195 détaille les perceptions pesant sur le commerce transitant par la ville ou sur l'Yonne. Elle donne la part revenant au roi et celle allant au vicomte. Ce dernier prélève généralement le tiers ou plus rarement la moitié du péage. Mais à l'époque, le vicomte n'est plus que le premier des aristocrates duSénonais. Le port du titre est mis en péril par le droit successoral et il disparaît en de nombreux lieux. Ainsi l'institution vicomtale doit être étudiée principauté par principauté.
En France, le titre de « vicomte » est, depuis laRestauration, une distinction héréditaire à laquelle n'est attaché aucun pouvoir ou prérogative. Dans la hiérarchie des titres de noblesse (hiérarchie créée sous l'Empire), elle se place entre lebaron et lecomte.
Selon les usages anciens, on pouvait uniquement dire « Comte » et « Comtesse », partant du principe que vicomte, étymologiquement, veut dire « vice-comte » et qu'on nomme toujours les gens par le titre de celui qu'ils remplacent. Tout comme on dira « Madame la Présidente » ou « Monsieur le Président » à la vice-présidente ou au vice-président d'un conseil d'administration[3].
↑Les vicomtés établies dans les villes où il y a des bailliages et des sénéchaussées royales leur ont été réunies par un édit du mois d'avril 1749
↑EnNormandie, on appelait jusqu'à la fin de l'Ancien Régime vicomtes les juges royaux (anciennement ducaux) qui jugeaient en première instance les causes entre roturiers.