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Bien que considéré par tous comme le second personnage de l'exécutif américain, laConstitution américaine ne donne aucun rôleexécutif au vice-président. Il peut se voir attribuer des fonctions par le président des États-Unis mais il n'agit alors qu’en tant qu’agent du président. De nombreux vice-présidents n'ont exercé aucun rôle dans l'exécutif.
En outre, le rôle que lui octroie la présidenceex officio duSénat américain ne lui attribue que peu de pouvoir sur les affaires de l'État et le cantonne à une activité essentiellement procédurale. Il est ainsi tenu de ne pas intervenir dans les débats de laChambre haute. Cependant, en cas d'égalité de vote, il a la possibilité de faire jouer sa voix pour éviter un blocage institutionnel.
Le vice-président est élu par le mêmeCollège électoral qui élit leprésident des États-Unis, en même temps et pour la même durée de mandat de quatre ans, son nom figure juste en bas de celui du président sur le bulletin de vote de l’élection présidentielle.
Bulletin de vote enCaroline du Nord pour les différentes élections américaines de 2024.
Depuis1804 et l'adoption duXIIe amendement, le vote pour cette élection pour leprésident et le vice-président se fait par bulletins séparés. Auparavant, était élu vice-président celui qui arrivait deuxième au nombre des suffrages desgrands électeurs dans le vote pour la présidence. Ce changement de mode d'élection est intervenu après les conflits entre président et vice-président issus de camps politiques opposés, mais il allait affaiblir le rôle politique et la fonction de vice-président.
Ce choix de bulletins distincts est devenu discutable ou inutile à la fin duXIXe siècle quand le Collège électoral a été élu par un vote populaire et qu'il est devenu la norme que les grands électeurs choisis se soient engagés à voter pour un président et un vice-président donnés, nommés par leur parti politique. Ainsi, alors que laConstitution américaine prévoit que le président et le vice-président soient choisis séparément, dans la pratique ils sont choisis ensemble.
Si aucun candidat à la vice-présidence ne reçoit une majorité de suffrages des grands électeurs, la Constitution américaine prévoit que c'est le Sénat qui procède à son élection. Cela ne s'est produit qu'une fois dans l'histoire, en1836, avec l'élection par le Sénat deRichard Mentor Johnson. Colistier deMartin Van Buren, il n'obtint pas la majorité du Collège électoral car, ayant eu connaissance de sa relation affichée avec une femme noire, 23 grands électeurs deVirginie, pourtant élus de son camp politique, refusèrent de voter pour lui (mais votèrent néanmoins pour Van Buren à la présidence).
avoir vécu aux États-Unis pendant au moins 14 ans ;
être éligible au poste de Président (tel que défini dans leXXe amendement). L'hypothèse est complexe dans le cas d'un Président ayant accomplit ses mandats[4].
Laconstitution américaine interdit aux grands électeurs de voter à la fois pour un candidat à la présidence et pour un candidat à la vice-présidence qui viennent du même État qu'eux. En théorie, cela pourrait empêcher le candidat à la vice-présidence disposant du plus grand nombre de grands électeurs d'obtenir la majorité absolue requise pour son élection, même si le candidat à la présidence est lui élu, et placerait alors l'élection de la vice-présidence dans les mains du Sénat. En pratique, cela est rarement un problème, les partis politiques évitant lestickets avec deux candidats issus d'un même État.
À cause de cette contrainte constitutionnelle, l'ancien représentant du Wyoming,Dick Cheney qui avait déménagé auTexas pour devenir le président d'Halliburton Company, se redomicilia auWyoming juste avant d'accepter d'être le candidat républicain à la vice-présidence, auprès deGeorge W. Bush, candidat à la présidence etgouverneur du Texas. Ce qui au vu de la faible majorité républicaine de grands électeurs à l'issue de l'élection de novembre 2000 lui permit d'être élu.
Le choix du candidat à la vice-présidence repose sur des considérations hautement électorales : un candidat qui puisse renforcer le candidat à la présidence dans des États (le ticket Kennedy-Johnson de1960), dans des domaines de compétences (les tickets Clinton-Gore en1992, Bush-Cheney en2000 ou Obama-Biden en) où il manifeste des lacunes, ou auprès de certains électorats réticents (Trump-Pence en). Le choix peut aussi permettre d'unifier le parti et de le mettre en bon ordre de bataille pour la campagne électorale dans le cas deprimaires divisant le parti.
Le dernier candidat à la présidence à ne pas avoir choisi le candidat à la vice-présidence de son parti, laissant ce choix à la convention, fut le démocrateAdlai Stevenson en1956. La convention choisit alors le sénateur du TennesseeEstes Kefauver, devant le jeune sénateur du MassachusettsJohn F. Kennedy. Lors de la tumultueuse convention démocrate de1972, le candidat à la présidenceGeorge McGovern choisit le SénateurThomas Eagleton comme colistier mais nombre d'autres candidats restèrent en compétition et obtinrent de nombreux suffrages des délégués. Eagleton réussit néanmoins à obtenir la majorité des voix et la nomination.
Lorsque le choix du candidat à la présidence est toujours incertain à l'approche de la convention du parti, les campagnes pour les deux postes peuvent se lier. Ainsi en1976,Ronald Reagan, qui était juste devantGerald Ford aux primaires, annonça avant la convention républicaine que s'il était choisi, il prendrait le SénateurRichard Schweiker comme candidat à la vice-présidence, espérant ainsi faire la différence sur son concurrent au sein du Parti républicain. Cette annonce n'eut pas l'effet escompté : Schweiker étant perçu comme relativementlibéral, Reagan s'aliéna beaucoup de délégués parmi les plus conservateurs.
John Adams, premier vice-président des États-Unis.
Pendant les deux cents premières années de l'histoire des États-Unis, la vice-présidence fut essentiellement un rôle honorifique, sauf en cas de décès du président.John Adams, le premier vice-président, resta pendant ses deux mandats auMassachusetts, ne venant àWashington qu'en cas de nécessité. Il déclara :« Je suis vice-président. En cela, je ne suis rien, mais je pourrais être tout »[5].
En 1841, la vice-présidence changea à la suite de la mort du présidentWilliam Henry Harrison. Le vice-présidentJohn Tyler, un démocrate mis sur leticket de Harrison, unwhig (droite), pour ramener des voix, accéda à la Présidence. La Constitution lui accordait le droit de succéder au président, mais la formulation ambiguë de ce texte souleva des controverses. Tyler rencontra des difficultés pour s'affirmer dans cette fonction, car ses opposants interprétaient la Constitution de manière qu'il assure la succession présidentielle sans pour autant être reconnu officiellement comme le nouveau président des États-Unis. En1967, le25e amendement de la Constitution éclaircit le sujet en disposant qu'en cas de destitution, décès ou démission du président, le vice-président deviendra président.
Garret Hobart, le premier vice-président deWilliam McKinley fut l'un des rares vice-présidents de cette époque qui joua un rôle important dans l'administration présidentielle. Il fut un proche confident et conseiller du président ; Hobart était appeléAssistant to the President.
À partir de 1933,Franklin D. Roosevelt accrut le rôle du vice-président en renouvelant la pratique de le convier aux réunions duCabinet, pratique maintenue par la suite par tous les présidents. Le premier vice-président de Roosevelt,John Nance Garner, rompit avec lui au début de leur second mandat à cause des tensions liées auCourt-packing. Il devint ensuite un des chefs de file de l'opposition à Roosevelt. Son successeurHenry Wallace se vit confier d'importantes responsabilités pendant laSeconde Guerre mondiale, mais son positionnement évolua plus à gauche que ceux du Parti démocrate et de l'administration Roosevelt et il se vit retirer tout pouvoir réel. Roosevelt se garda bien d'informer son dernier vice-président,Harry S. Truman, de toutes les questions relatives à la guerre ou à l'après-guerre, tels que leprojet de bombe atomique, conduisant Truman à remarquer ironiquement que le boulot du vice-président est d'« aller auxmariages et auxobsèques ». Après la mort de Roosevelt, Truman devint président. Le besoin de garder le vice-président au courant des questions de sécurité nationale devint évident. Le Congrès fit donc du vice-président l'un des quatre membres statutaires duConseil national de sécurité en 1949.
Richard Nixon « réinventa » la fonction de vice-président. Il avait l'attention des médias et du Parti républicain quandEisenhower lui demanda de présider les réunions du Cabinet en son absence. Nixon fut aussi le premier vice-président à assurer temporairement le contrôle de la branche exécutive après qu'Eisenhower eut unecrise cardiaque en, une iléite (inflammation des intestins) en et uneattaque cérébrale en.
Johnson, devenu président à la mort de Kennedy en 1963 et qui n'avait jamais caché son manque d'enthousiasme pour le poste, choisit de ne pas accorder plus de pouvoir à son successeurHubert Humphrey.
Sous laprésidence de Richard Nixon, élu en 1968 (après avoir été vice-président d'Eisenhower de 1953 à 1961), la vice-présidence marqua un recul. Le premier vice-président de Nixon,Spiro Agnew, dut démissionner en 1973, accusé defraude fiscale et d'avoir accepté despots-de-vin pendant son mandat degouverneur du Maryland. Nixon nomma alorsGerald Ford au poste de vice-président. À la démission de Nixon en 1974 à la suite duscandale du Watergate, Ford devint président et nommaNelson Rockefeller vice-président, mais Ford qui servait de sous-remplaçant eut énormément de difficultés à s'habituer à ses nouvelles fonctions.
Le vice-président deGeorge H. W. Bush, le républicainDan Quayle reste surtout connu pour ses gaffes et Bush père ne lui laissa aucun pouvoir pendant saprésidence.
Dès le début de son mandat, le républicainDick Cheney se révèle le vice-président le plus puissant que le pays ait connu jusque-là, exerçant une influence controversée sur le présidentGeorge W. Bush, encore novice sur de nombreux sujets de politique interne ouinternationale[6]. Fort de sa longue expérience et de son culte du secret, il se charge, dans les premiers mois, de guider Bush. Dick Cheney est en première ligne à la suite desattentats du 11 septembre 2001, à la suite desquels George W. Bush donna de larges pouvoirs à Dick Cheney, créant un exécutif à deux têtes pour que l'État ne soit pas paralysé en cas d'attaque terroriste contre le président. Bush, contraint par les circonstances, voit plus son vice-président comme un bras droit que comme un remplaçant en retrait des affaires publiques.
Souvent, le vice-président va prendre des positions plus extrêmes que le président pour contenter la base sans couper le chef de l'État de l'opinion publique. Il peut aussi servir de remplaçant au président pour les visites à l'étranger : montrer le soutien ou l'intérêt du gouvernement sans pour autant envoyer le président en personne.
La ratification duXXVe amendement en 1967 est l'aboutissement de longues discussions pour éviter que ne se reproduisent certains problèmes :
1841, à la mort du présidentWilliam Henry Harrison, le vice-présidentJohn Tyler est appelé à lui succéder en vertu de la Constitution, mais l'absence de précédent historique pose un problème d'interprétation : les adversaires de Tyler considèrent qu'il aurait dû succéder à Harrison en conservant son titre de vice-président, donc sans adopter celui de président ;
1881, à la suite d'une tentative d'assassinat, le présidentJames Garfield agonise pendant trois mois avant de mourir, laissant l'exécutif paralysé dans l’intervalle ;
1901, le présidentWilliam McKinley agonise pendant huit jours à la suite d'une tentative d'assassinat ;
1919-1921, à la suite d'un infarctus, leprésident Wilson est incapable de diriger le pays et, selon certaines rumeurs, c'est sa femmeEdith Wilson qui prend en charge la direction du pays ;
1955-1961, le présidentDwight David Eisenhower est fréquemment handicapé par des attaques cardiaques et d'autres problèmes de santé. Le vice-présidentRichard Nixon assume alors certaines des prérogatives du président sans jamais obtenir le contrôle complet de l'exécutif.
le, le présidentReagan est opéré afin d'enlever des polypescancéreux de soncôlon et transmet au préalable le pouvoir à son vice-présidentGeorge H. W. Bush (père) , l'intérim dure huit heures ;
les et, le présidentGeorge W. Bush (fils) subit à deux reprises unecoloscopie et transmet les pouvoirs exécutifs pendant respectivement deux heures etplusieurs heures àDick Cheney, son vice-président ;
le, le présidentJoe Biden subit unecoloscopie « de routine », et transfère tous ses pouvoirs exécutifs à sa vice-présidenteKamala Harris, qui devient pendant une heure et vingt-cinq minutes la première femme de l'histoire à exercer les fonctions de chef de l’État fédéral américain.
Cet amendement permet aussi au vice-président, avec la majorité duCabinet, de déclarer le président incapable d'exercer ses fonctions et de devenir président par intérim. À ce jour, aucun président n'a été jugé incapable de remplir sa tâche, par son vice-président et son Cabinet. Cependant, les constitutionnalistes considèrent qu'à la suite de latentative d'assassinat contre lui le, le président Reagan n'était plus en état de gouverner dans les heures et jours qui ont suivi. Le vice-président Bush choisit pourtant de laisser la tête de l'État vacante, et ne mit pas en œuvre la procédure visant à faire déclarer le président incapable d'assumer temporairement ses fonctions.
Neuf vice-présidents ont été investis à la présidence :
À seize reprises, avant leXXVe amendement ratifié en 1967, le poste de vice-président s'est retrouvé sans titulaire à la suite de la mort (par sept fois), la démission (à une seule occasion pourJohn Caldwell Calhoun en1832) ou la nomination à la présidence (par huit fois). Depuis l'adoption de cet amendement, le poste de vice-président a été vacant par deux fois à la suite d'une démission, puis à une accession à la présidence.
Cet amendement impose au président de nommer un vice-président en cas de vacance du poste. Ce choix de vice-président doit être confirmé par un vote à la majorité desdeux Chambres. En 1973,Gerald Ford est le premier à en bénéficier : il est nommé vice-président en remplacement deSpiro Agnew, contraint à la démission quelques semaines plus tôt. Sa nomination fut confirmée par les Chambres le. À son accession à la présidence en 1974, ce dernier nommaNelson Rockefeller à la vice-présidence. À ce jour, ce sont les deux seuls vice-présidents qui n'aient pas été élus lors d’une élection présidentielle ; en outre,Gerald Ford est l'unique président à n’avoir pas été élu, ni président, ni vice-président.
John C. Breckinridge, entré en fonction à l'âge de36 ans, a été le plus jeune vice-président, tandis qu'Alben W. Barkley, vice-président à71 ans, a été le plus âgé à ce poste.
Les anciens vice-présidents ont le droit à une pension à vie mais, contrairement au vice-président en exercice, ne bénéficient pas d'une protection personnelle duSecret Service. Cependant, dans la pratique récente, ils reçoivent une telle protection dans les six mois qui suivent la fin de leur vice-présidence (en, une loi était en cours d'examen au Congrès pour officialiser cette pratique).
Les anciens vice-présidents démocrates sontex officiosuper délégués à la Convention nationale démocrate qui choisit pour ce parti les candidats à la présidence et vice-présidence.