Le village de Venasque est situé sur un éperon rocheux aux flancs abrupts, au débouché desgorges de la Nesque. Le territoire de la commune comprend des terres cultivables vers la plaine deCarpentras, et des zones degarrigue sur les hauteurs desmonts de Vaucluse.
La commune occupe donc un emplacement facile à défendre, permettant dans la plaine des cultures irriguées grâce à la Nesque, possédant des zones de garrigue fournissant le bois et permettant l'élevage des moutons. Enfin, c'est le début de la route qui mène à la vallée duCalavon, parMurs et la combe de Vaulongue versGordes. Passage défendu par la tour de Pinet qui se voit toujours sur une hauteur. Cette situation favorable a conduit très tôt à une occupation humaine.
Son sol calcaire bien mis en valeur par l'irrigation, a permis la création d'immenses jardins spécialisés dans la production deprimeurs expédiés dans la France entière.
Les cantons deBonnieux,Apt,Cadenet,Cavaillon etPertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[1].
Au, Venasque est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[10].Elle est située hors unité urbaine[11]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Carpentras, dont elle est une commune de la couronne[Note 2],[11]. Cette aire, qui regroupe 21 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[12],[13].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (68,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (69,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (63,8 %), zones agricoles hétérogènes (18,6 %), cultures permanentes (9,7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (4,6 %), zones urbanisées (3,3 %)[14]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Il s'agit d'un type toponymique en-asque (autrement-asc,-ache), terminaison que l'on rencontre du sud de la France jusqu'en Italie (-asca) et à laquelle les spécialistes attribuent une origineligure, sous la forme d'unsuffixe-asca[17].
Le premier élémentVen- peut représenter une racine préceltique*vĭn- ou*ven- ayant le sens de « montagne »[17]. Elle se retrouve en Provence dansVenanson (Alpes-Maritimes,Venacione 1067), peut-êtreVenelles (Bouches-du-Rhône,Venellis 973), en Corse dansVenaco (Ouenikion,IIe siècle) et aussi dans lePiémont, où on note unVenasca ainsi que dans lesPyrénées avec lePort de Venasque etBenasque qui a aussi donné son nom à lavallée de Bénasque. Cependant, comme dans le cas de Venelles, l'anthroponyme gauloisVenna est possible[17].
Dès l'époquepaléolithique, puis surtout auNéolithique, on constate une intense fréquentation des grottes de la vallée de laNesque, comme l'attestent :
le gisement de plein air néolithique ancien de Céron ;
la grotte de Unang, à mi-pente des falaises de la Nesque, dans laquelle un enseignant,Maurice Picard, découvrit en1947 des vestiges de l'époque néolithique ;
AuBas-Empire, le site de la ville actuelle eut ses défenses naturelles améliorées par une muraille barrant l’éperon, renforcées par trois tours semi-circulaires à pédoncule et doublées par un large fossé sec. Pour les fondations de ces remparts, on utilisa des blocs de pierre ouvragés, provenant probablement d'un édifice démoli pour ses pierres.
Après la réunion à laFrance, Venasque subit aussi les effets dela Terreur : en1793, dix-huit habitants, dont le premier maire J.-J. Cortasse et son prédécesseur le dernier consul J.-A. Morel, furent guillotinés àOrange[pourquoi ?].
L'histoire de Venasque est depuis lors l'histoire deFrance. La population de la commune diminua : il y avait 1 723 habitants en1723, et seulement 371 en1946. De plus, les habitants du village, dont beaucoup étaient exploitants agricoles, eurent tendance à descendre s'installer dans la plaine, près de leurs terres. Il y eut de plus en plus de maisons vides qui tombaient en ruine. Le mouvement s'inversa dans les années1960, de nouveaux venus deFrance ou d'Europe vinrent s'installer et remirent en état ces maisons, soit pour y vivre en permanence : les « étrangers d'ici », ou seulement une partie de l'année : les « étrangers d'ailleurs ».
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[23]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[24].
En 2023, la commune comptait 1 082 habitants[Note 3], en évolution de +6,92 % par rapport à 2017 (Vaucluse : +2,25 %,France horsMayotte : +2,36 %).
Cerisiers près de Venasque, lemont Ventoux en fond.
Les Venasquais se sont spécialisés dans lacerise (label Cerise de Venasque) et leraisin de table (muscat de Venasque, AOC muscat du Ventoux). De nos jours, la commune est essentiellement vigneronne et produit du raisin de table et un peu de vinAOCVentoux. Les fourrés de yeuses et les chênaies sont producteurs detruffes.
La plaine du comtat bénéficie de l'attrait touristique qu'engendre l'histoire de ses villages, le Mont Ventoux qui la domine au sud de son relief particulier, la richesse de ses sols et le résultat de son agriculture (œnotourisme en plein développement) et bien sûr son ensoleillement.
Venasque possède sur le territoire de la commune plusieurs dizaines de bories abritant des cuves vinaires rupestres. Elles ont été découvertes et étudiées au cours desannées 1990 par Michel Bouvier.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑Zonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48
↑a etbDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale »,Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography,no 501,(DOI10.4000/cybergeo.23155,lire en ligne, consulté le)
Les Peuples pré-romains du sud-est de la Gaule, Guy Barruol (1969).
Provence Romane, Guy Barruol.
Les Pierres racontent Venasque, Max Rolland (1998).
Robert Bailly,Dictionnaire des communes du Vaucluse, Avignon, A. Barthélemy,, 475 p.(ISBN2-903044-27-9)
Jules Courtet,Dictionnaire géographique, géologique, historique, archéologique et biographique des communes du département de Vaucluse, Avignon, Seguin Ainé,, 400 p.(lire en ligne)
Jean-Pierre Saltarelli,Les Côtes du Ventoux, origines et originalités d'un terroir de la vallée du Rhône, Avignon, A. Barthélemy,, 207 p.(ISBN2-87923-041-1)
Le patrimoine architectural et mobilier des communes sur le site officiel duministère français de la Culture (Bases Mérimée, Palissy, Palissy, Mémoire, ArchiDoc), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (archives photographiques) diffusion RMN, et service régional de l'inventaire général de la direction de la Culture et du Patrimoine de la Région PACA]