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Velay

45° 02′ 36″ nord, 3° 53′ 06″ est
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Velay
Image illustrative de l’article Velay
Le Puy-en-Velay et lesmonts du Velay.

PaysFrance
Subdivision administrativeAuvergne-Rhône-Alpes
Subdivision administrativeHaute-Loire
Villes principalesLe Puy-en-Velay
Yssingeaux
Coordonnées45° 02′ 36″ nord, 3° 53′ 06″ est
GéologieRoches volcaniques
ProductionÉlevage bovin
Lentille verte du Puy
Dentelle du Puy
Liqueur de verveine
Fromage aux artisons
Régions naturelles
voisines
Margeride
Brivadois
Livradois
Forez
Haut-Vivarais
Boutières & montagne ardéchoise

Image illustrative de l’article Velay
Localisation du Velay (en jaune)
sur la carte des pays d'Auvergne
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LeVelay [vəlɛ], prononcé localement [vəle], est unerégion naturelle française correspondant à uneancienne province située au sud-est duMassif central. Il correspond à l'ancien territoire gaulois desVellavii que mentionneJules César, ou des Velauni qui apparaissent sur les cartes dePtolémée. Ses limites naturelles sont bien délimitées par le relief et les cours d'eau.

Le comté épiscopal du Velay fut longtemps rattaché à l'ancienLanguedoc royal dont il constituait l'état le plus septentrional[1]. Il forme aujourd'hui les deux tiers est du département de laHaute-Loire (régionAuvergne-Rhône-Alpes).

Les habitants du Velay sont appelés les Vellaves, plus rarement Velauniens ou Velauniennes[2].

La ville principale est lePuy-en-Velay, préfecture du département de la Haute-Loire.

Géographie

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Le Velay forme avec leVivarais l'est duMassif central, entre la vallée de l'Allier à l'ouest et la ligne de partage des eaux de laLoire et duRhône. C'est une région de moyenne montagne dont le point le plus élevé est le Puei Vuei, sommet desmonts du Mézenc, à 1 753 m.

Le relief du Velay s'articule autour du massif duMeygal (1 436 m) qui constitue le centre du pays. Il comprend :

Le relief du plateau est interrompu par des vallées profondes, notamment celles de laLoire, duLignon du Velay ou de laDunières.

Sur le plan historique, on distinguait jusqu'à laRévolution française deux subdivisions principales de part et d'autre du massif duMeygal :

  • leVelay decà-les-bois, dominé par la ville duPuy, au sud-ouest ;
  • leVelay delà-les-bois, dominé par les villes deMonistrol etYssingeaux, au nord-est ;

Le Velay est entouré par les régions naturelles suivantes[3] :

Saint-Maurice-de-Roche, panorama vers lesmonts du Velay

Culture et traditions

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Langue régionale

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Dentellières du Velay encouvige

L'ensemble du Velay se trouve dans le domaine linguistique de l'occitan. Le Velay se situe au point de rencontre de plusieurs influences linguistiques : le languedocien au sud (Lozère), lefrancoprovençal à l'est (Loire), et son parler partage avec l'auvergnat septentrional la caractéristique depalatalisation deca- etga- latins.

La classification initiée auXIXe siècle[4], développée parJules Ronjat dans les années 1920 et reprise par certains linguistes de l'école occitane[5] distingue unoccitan de typeauvergnat pour la partie ouest, et unoccitan de typevivaro-alpin pour la partie est.Pierre Bonnaud[6],[7] découpe le type auvergnat en quatre sous-types. Les quatre nuances dialectales[8] obtenues sont précisées ci-dessous:

Aires géographiques simplifiées des nuances dialectales de l'auvergnat d'après P. Bonnaud
  1. Est/Nord-est : à l'est d'une ligneSaint-André-de-Chalencon, Retournac, Bessamorel, Fay (régions deBas-en-Basset,Monistrol-sur-Loire,Saint-Didier-en-Velay,Dunières) : les parlers possèdent des caractéristiques du typevivaro-alpin (premières personnes des verbes conjugués en ou/o, chute des occlusives intervocaliques).Pierre Nauton(de) y note une importance significative de traitsarpitans et parle d'une "amphizone". Pierre Bonnaud y voit le type auvergnat septentrional nuancé fortement par des traits francoprovençaux[8],[9].
  2. au nord du Velay (région deCraponne-sur-Arzon), le dialecte traditionnel est l'auvergnat septentrional (variété de l'est). Cette zone linguistique se prolonge jusqu'àTence etYssingeaux[8].Vinols auXIXe siècle notait[10] qu'on n'y parlait pas le "patois vellavien primitif [mais...] un patois dérivé de l'auvergnat" ...
  3. l'« arverno-vellave », que Pierre Bonnaud qualifie d' "'auvergnat médian dans sa variété orientale", ouvre un fuseau centre et ouest. Le trait distinctif est essentiellement le l intervocalique qui devient v.
  4. le sud du Velay est l'aire de l'auvergnat méridional (variété de l'est). Celui-ci couvre les secteurs duMonastier-sur-Gazeille, de Costaros et se prolonge versArlempdes,Pradelles (qui appartenaient auVivarais) et la Montagne Ardéchoise.

Dans ces deux dernières variétés, une des particularités est que l'article défini prend plusieurs formes :

  • au singulier: masculin :lou (lo en graphie occitane; sud du Puy),le (nord du Puy); féminin :la .
  • au pluriel :lous (los en graphie occitane) etlas devant les voyelles et les mots commençant par c, ch, f, p, t etloui et lai pour les autres. On dit ainsi loui soudards (les soldats), lai vachas (les vaches) mais lous chamis/los chamins...

La première et la troisième personne du pluriel des verbes du présent réel se font en « -em» et « -an ». Au passé irréel elles se font en « -am » et « -an ». Cette forme principale est parlée dans les régions du Puy-en-Velay, d'Allègre, deChambon-sur-Lignon et deSaint-Paulien. Cette dernière localité est d'ailleurs considérée par certains universitaires comme l'un des trois centres des variétés principales de l'auvergnat avecSaint-Flour etClermont-Ferrand. Les innovations linguistiques provenant du centre directeur de Clermont-Ferrand, sont arrivées jusqu'à la région de Saint-Paulien mais n'ont pas dépassé le Puy-en-Velay[8].

Zone 5 : la zone des « parlers protestants » autour duChambon-sur-Lignon. Ces parlers étudiés parThéodore de Félice sont considérés comme « conservateurs » par les linguistes : ils ont été peu influencés et ont des caractéristiques uniques dans la zone occitane dont la prononciation des r finals des infinitifs.[réf. nécessaire]

Le Puy est à la frontière des zones médiane et sud.

Plusieurs écrivains ont utilisé cette langue. On peut citer:

  • XVIIIe siècle: l'imprimeur du roi au Puy et auteur de "comédies"Antoine Clet
  • XXe siècle: Victorin Bonnefoi (1910 env) auteur de "chroniques patoises" du journalLa Haute-Loire mettant en scène le quartier populaire du Pouzarot au Puy, Henri-Antoine Verdier de Taulhac auteur de chroniques dansL'Éveil de la Haute-Loire jusque dans les années 2000, Mile Touenabrus (Emile Brun) de Lantriac, Hervé Quesnel, Alphonse Boncompain[11], etc.Albert Boudon-Lashermes a choisi d'écrire en provençal.

Traditions

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L'identité vellave est bâtie sur le substrat de deux traditions culturelles réparties de part et d'autre du massif duMeygal.

« Ce petit peuple du Velay garde avec son nom son autonomie historique ; en lui s'exprime une des plus vivaces individualités de France. »

— Paul Vidal de La Blache,Tableau de la géographie de la France[12]

Histoire antique

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Le peuple desVellavi est mentionné par César en latin[13] et par le "géographe"Strabon en grec[14]

Alors que les historiens du Velay (telsFrancisque Mandet ou J.A.M. Arnaud) se fondant sur les seuls textes connus, ne peuvent rien dire du Velay et des Vellaves avant l'invasion deJules César,Albert Boudon-Lashermes, un érudit local, utilise comme source d'information les noms des lieux et les études d'autres sciences que l'Histoire : numismatique, anthropologie pour avancerce qui reste une théorie sur le passé de cette région et de ses habitants avant l'ère romaine. Il écrit alors dans son histoire du Velay[15], et en citant lui-même ses sources :

« le pays des Vellaves formait, à l'origine, une petite nationligure dontChapteuil fut la capitale, ou plus exactement le Capitole, car c'est ainsi que l'on nommait, avant l'arrivée des Gaulois, le lieu ou se trouvait à la fois le centre militaire et le centre religieux de la nation. Ce Capitole portait le nom de Vellavum, Vellavos, Vellaus ; comme M. Prou, directeur de l'École des chartes l'indique dans son ouvrage sur les Monnaies Mérovingiennes, cette forme laissant entendre que ‘la cité a pris son nom du peuple dont elle était la capitale' (Prou, LXVI)… Ainsi donc les habitants peuplant cette région se nommaientVellavi, leur citéVellavum, et leur nationVellavia, qui a donné la formeVelay[16].

LesVellavi

Comme tous les peuples européens, les Vellaves se sont formés de l'intégration de gens d'origines variées (peuplades préhistoriques peut-être, peuplesindo-européens,Celtes puisGermains, …) mais les apports culturels de chacun, sans doute gardant une certaine proportionnalité avec le nombre d'individus intégrés à la population autochtone, n'eurent pas la même ampleur partout.

Avant et pendant l'Antiquité, un terme "vellaune" recouvre un peuple sur une large zone géographique :« Si nous remontons jusqu'à l'époqueligure, les Vellaunes sont alors une des peuplades primitives de la ‘Gaule' ; ils occupent encore, à l'époque du géographe grecPtolémée, le territoire limité au nord par leForez et leLyonnais, à l'est par l'Helvie, au sud par leLanguedoc et la région d'Auch, englobant ainsi les pagi desCadurques, desRutènes et desGabales. À l'ouest, ils se confondent avec lesArvernesStrabon parle des Vellaunes, qui à l'origine ne formaient qu'un seul peuple avec lesArvernes : ‘Velauni, qui olim Arvernis adscibebantur'. Entre leLyonnais, qui faisait alors partie du peupleségusiave, et l'Helvie, qui suivait la fortune desAllobroges, les Vellaunes peuplaient encore la région d'Argental, leValentinois, leRoyans, leVercors, l'Oisans, laTarentaise. Une de ces peuplades desAlpes a également gardé le nom deVellaunii[17]. »

L'origineligure des vellaunes et leur extension territoriale sont encore attestées par « la persistance des noms ligures dans le pays : ‘la toponymie des noms de lieu, écritGimon, tend de plus en plus à prouver que la plupart de nos localités, sources, rivières et montagnes portent des noms à radicaux ligures[18]… .' » « La région ou les radicaux ligures sont particulièrement abondants s'étend desAlpes-Maritimes et duVar (pays des Vellaunes) jusqu'auxHautes-Alpes, à laDrôme, au Velay, auLanguedoc[19]… »Déchelette etGimon insistent sur les différences culturelles de ces régions ligures par rapport à celles du reste de laGaule : « le mode de sépulture n'est pas le même, l'industrie diffère totalement, l'art se rapproche de l'art italien ou sicilien et se différencie nettement de l'art celte. »

Les Arverno-Vellaunes seraient donc un groupe ligure différencié desSicules (siciliens etApuliens) et desÉlésyques (Provence etLanguedoc), et eux-mêmes « subdivisés enArvernes,Vellaves,Rutènes,Gabales,Cadurques,Valentinois »[20].« Si les Arvernes, Ruthènes, Gabales, Cadurques, Vellaves et Séguso-Vellaves, ainsi que lesVellaunes alpins firent partie à l'époque ligure du même peuple arverno-vellaune, il y avait longtemps, lorsqueCésar envahit laGaule, que chacun de ces peuples formait un pagus bien distinct »[21] quoique liés devant le danger en une « Confédération arverne ».

Après la défaite du roiBituit, régnant en Arvernie, contre les Romains àTain, la « confédération des Arvernes fut réduite à ses éléments de la rive droite du Rhône et comprit encore les Cadurques, Ruthènes, Gabales, Arvernes et Vellaves »[22].À l'époque romaine, « la population était presque entièrement ligure ou gauloise, l'élément romain y étant resté insignifiant »[23].

« Quant à l'apport barbare (des grandes invasions),Francs,Burgondes,Alamans, on peut le considérer comme à peu près nul en Velay (Grégoire de Tours etFustel, II, 455)[23] », mais pas totalement :

Après celle duIIIe siècle, les Vandales firent une seconde irruption en Velay en 406, commandés par leur roi Crocus, et « renforcés de Suèves, d'Alains et de Burgondes. Une bande de ces derniers resta, semble-t-il, dans le pays. Elle a laissé son nom à Vergongeon, qui est nommé en 1220 ‘villa de Burgondione' et que nos paysans appellent encore en patois Bourgoundzu ; elle l'a laissé également à Vergonges, Vergongeac » et à quelques familles[24] tel « Raymond Burgondion, sergent d'armes du Puy en 1373 (Monicat,Les grandes compagnies en Velay, p. 132) ou Jean et Jacques Bourgonhon en 1562 (Terrier de Saint Didier)[25] ».

Puis en 532, les fils de Clovis envahirent l'Auvergne et le Velay. Bien que «  l'invasion franque, qui dans le nord eut une influence plus profonde, n'en eut aucune dans nos régions, ainsi que le constate Jullian, citant Grégoire de Tours et ses contemporains »[23], cependant « ils séjournèrent quelque temps en Velay et en Brivadois » et y laissèrent quelques prénoms francs qui « sont devenus, plus tard, noms de famille (Adalbert, Adalard et surtout Baldo). L'étude de l'origine des noms de lieux vellaves permet même de se demander si les francs saliens, en se fixant sur notre sol, n'amenèrent pas avec eux d'autres barbares. Nous trouvons en effet, près d'Yssingeaux, un bourg d'Amavis, dont le nom nous vient des chamaves, peuple franc différent des saliens[26]. »

Albert Boudon signale encore une influencevasconne :En 613,Clotaire II reconstitue le royaume franc deClovis que se partageait son père et ses oncles. Puis il cède à l'un de ses fils cadet,Caribert II, l'Aquitaine, laVasconie vite étendue pour recouvrir leToulousain, l'Angoumois, lePérigord, leQuercy, leRouergue, leGévaudan, l'Auvergne et le Velay.Eudes d'Aquitaine, petit-fils deCaribert II d'après lacharte d'Alaon (un faux duXVIIe siècle) etduc d'Aquitaine selon la branche aînée desmérovingiens maisroi d'Aquitaine pour son peuple,HunaldIer fils d'Eudes,Waïfre fils d'Hunald, ne cessèrent, grâce à la fidélité des populations de leur province, de défendre l'Aquitaine contre la double poussée desWisigoths puis desSarrasins au sud, et au nord desmérovingiens, bientôt remplacée dans leur désir d'expansion par la nouvelle dynastie régnante, lesCarolingiens.Est-ce à la suite de l'alliance desVascons et desAquitains dans leur combat contre lesWisigoths et lesCarolingiens ? ou par les conquêtes de leur roiYon ? ou par simple commerce que des Vascons s'établirent en Velay ? Toujours est-il qu'ils « laissèrent quelques nom de familles (Bayon àSaint Didier-la-Séauve etMonistrol, Charre à Saint Clément et Borrée, Charret àSaint Pal en Chalencon) et de plus rares nom de terroir (Garay) (Longnon, II, 331)[27] ».

Leur cité

Dans l'antiquité, la ‘capitale' des Vellaves portait le nom de Vellavum, Vellavos, Vellaus. Cette ville fut longtemps identifiée avec Saint Paulien, qui était effectivement la ‘capitale' du Velay auIIe siècle. Pourtant Saint Paulien avait déjà un nom latin : Revessio, comme Anis s'appelait Anicium et Le Puy Podium. Vellavum fut distingué de Saint Paulien par le travail du docteur Olivier sur les monnaies mérovingiennes du Velay[28].

Outre l'étude du docteur Olivier, Albert Boudon-Lashermes cite la liste des indices permettant d'identifier Vellavum avec Chapteuil, mais il faut préciser en préambule que du peuple ligure nous viendrait le mot ‘capitole', désignant le siège du gouvernement d'un peuple, nom que nous retrouvons dans chaque groupe ligure (le capitole de Rome, ceux de Narbonne, Carcassonne, Nîmes, Toulouse dans le royaume des élésyques, celui de Vellavum en Velay) :

1-le nom Chapteuil dérive du latin ‘capitolium'. L'attestent bon nombre d'exemples cités avec leurs références à Narbonne (Capitolium en 1066, Capduel 1344, Capdeulh 1444, Capdeuil 1576), le Chapteuil de Montagrier (Capdolium en 1143, Capdolhium 1364, Chapdoill 1206, Chapdelh), Capdueil à Nîmes (Capitolio en 1007, Capitolium 1149, Capdueil 1560), Capdeuil à Berre en Provence. « Le mot latin capitolium donna en roman provençal captolium, que nos textes vellaves écrivent Captholium ou Captolhium (parchemin du 17 septembre 1398 servant de couverture au terrier d'Amavis, archives d'Yssingeaux), en français il donna capitale ».

2-De tous ces documents, il ressort que chaque peuple ligure semble avoir eu son capitole, et qu'il y eut une tour antique, à côté de lui lorsqu'il était sur un point élevé ou en quelque éminence voisine sinon. L'enceinte de la cité s'étendait alors jusqu'à cette tour, qu'elle englobait dans ses remparts. À Chapteuil, le texte du répertoire des hommages dit justement : « la Comté de Velay, tour ruinée, paroisse de Saint Jullien Chapteuil[29] ».

3-Les ateliers monétaires sont situés à proximité des Capitoles, « or nous savons qu'en Velay les premiers ateliers monétaires ont été établis à Monedeyres, dans la paroisse et mandement de Chapteuil, en ce carrefour de Raffy, ou venant se croiser, devant la Fontaine Parlante, toutes les vieilles routes faisant communiquer l'ancien Velay avec le Forez, le Lyonnais, le Viennois, le Valentinois et le Vivarais. De même en Gévaudan, ces ateliers existèrent à Bannassac, au pied même de Montferrand, capitale des comptours gabales[30] ».

4-Le titre decomptour du Velay n'était porté que par la famille de Capdeuil ou Chapteuil. Les évêques du Puy ne le reprirent qu'à leur extinction.

5-Chapteuil est attesté comme chef-lieu de la Comté de Velay :

  • ‘la compté de Velay, paroisse de Saint Jullien Chapteuil' (Fiefs mouvants de l'évéché du Puy, père Cazalède)
  • ‘la comté de Chapteuil' (acte de ventilation du fief de Mazengon, AD, et autres références dans les AD, série B)
  • ‘l'évêque, comte de Chapteuil et de Velay' (id, VII, 168)
  • « Odo de Gissey dira également (p521) ‘Episcopus Aniciensis, Comes Vellavia, Comptor de Capdolio' »
  • « Jusqu'auXVIIIe siècle, le premier magistrat consulaire de Chapteuil s'intitulait encore ‘maire de la Comté de Chapteuilh' (AD, 20.05.1702).

Chapteuil, capitale antique du Velay, plus tard siège de son Comté et résidence de sescomptours, dut successivement céder le pas à Anis (Ier siècle) et Revessio (IIe siècle). Il resta cependant, semble-t-il, le chef-lieu militaire du pays car, auVIe siècle, ce fut de Vellavum qu'Ilpize (Illidium) partit avec son armée pour secourir Brioude, attaquée par les burgondes (Grégoire de Tours).Le Puy Sainte Marie, rebaptisé Le Puy en Velay deviendra ensuite et restera la cité des Vellaves, siège des évêques comtes du Velay.

[réf. nécessaire]

Histoire

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Sous les mérovingiens, le Velay ne reconnaît vraisemblablement pasDagobertIer et ses successeurs comme roi, mais les« princes » d'Aquitaine que sont :

  • Eudes, né vers 660 et mort en 735, dont la royauté sur l'Aquitaine est reconnue en 717 parChilpéric II (roi de Neustrie avant de l'être de tous les francs en 719), mais pas parCharles Martel ;
  • Hunald ou Hunold, fils d'Eudes, à qui Charles Martel dut se résigner à laisser l'Aquitaine, semble-t-il sous condition d'un hommage à sa personne et à ses fils (et non au roi) ;
  • Son filsWaïfre enfin, assassiné par des sbires dePépin le Bref le 2 juin 768.

Enfin maître de l'Aquitaine,Charlemagne désignera son filsLouis comme roi d'Aquitaine en 781 et la divisera en 14 comtés, dont le comté du Velay.Sous les rois carolingiens, les ducs, comtes, vicomtes et viguiers ne sont d'abord que des fonctionnaires royaux nommés. Le roi contrôle leurs actes.

Comtes du Velay :

  • Buhl, Bulus ou Bullio est nommé comte du Velay par Charlemagne en 771 ;
  • Rorice, fils deRorice comte du Maine est nommé comte du Velay à la mort de Bulus en 792. Élu par le diocèse, il cumulera cette fonction avec celle d'évêque du Puy à la mort de l'évêque Basile ;
  • Saint Guillaume d'Orange au Court Nez, dit de Gellone (dynastieguilhémide) est comte du Velay, il est également comte de Toulouse en 790, marquis de Septimanie et comte de la marche d'Espagne ; il abdique en 806 ;
  • Bérenger (dynastieunrochide), par ailleurs duc de Septimanie et comte de Toulouse, est comte de Velay et Brivadois, il reconstruit avant 826 les fortifications de Brioude détruites par les sarrasins et fonde les deux chapitres de Brioude et Victoriac. Il meurt vers 835/7.

Depuis lors, les comtés d'Auvergne et de Velay seront réunis sous un même comte, mais la succession de Louis le Pieux sur le royaume d'Aquitaine ne se fait pas sans heurts car deux de ses fils,Charles le Chauve et son demi-frèrePépinIer s'affrontent; d'où la liste des comtes d'Auvergne et du Velay :

  • Gérard etGuillaume (le plus souvent cités comme neveux de Guillaume d'Orange, dynastie guilhemide). Gérard est tué en 841 à la bataille de Fontenay ;
  • Guillaume seul, survivant à son frère Gérard de 841 à 845/6 ;
  • mais évincé parArvée, partisan de Pépin d'Aquitaine, entre 843 et 845 ;
  • BernardIer (fils de Gérard ou de Guillaume), jusqu'à sa mort en 868 ;
  • mais évincé par Etienne, fils d'Arvée ou Hervé, vers 860 jusqu'en 863 ;
  • Garin, comte d'Auvergne en 868, (fils de Bernard ou d'Adalard comte de Châlon, ) décédé en 869 ;
  • Bernard Plantevelue, beau-frère de Garin et petit-fils de Guillaume d'Orange, jusqu'à sa mort en 885/6. Il est par ailleurs gouverneur d'Aquitaine pour Louis II dès 867 et à la tête de nombreux autres comtés.

Se fait alors sentir sur la nomination des comtes d'Auvergne et du Velay la lutte de pouvoir entre les carolingiens et des robertiens, les carolingiens favorisant les comtes de Poitiers (guilhémides) et les robertiens favorisant les comtes de Toulouse (dynastie raymondine) :

Les comtés d'Auvergne et du Velay resteront sous la suzeraineté des comtes de Toulouse, les comtes de Toulouse les cédant néanmoins en fief à des comtes d'Auvergne :

  • GuiIer (dynastie d'Auvergne), alors vicomte de Clermont, reçoit en fief en 979 de Guillaume Taillefer les comtés d'Auvergne et du Velay. Hugues Capet fut élu roi en 987, mais le Velay ne le reconnut pas immédiatement. Gui décède vers 989 ;
  • Guillaume (IV comme vicomte de Clermont ou Ier comme comte d'Auvergne), frère de Gui. Guillaume est probablement décédé avant 1016 ;
  • RobertIer, comte d'Auvergne et du Velay ;
  • Guillaume V ou II, son fils, lui succéda en 1037 et mourut vers 1064 ;
  • Robert II, son fils, comte d'Auvergne, du Velay et du Gévaudan, mort en 1096 ;
  • Guillaume VI ou III, son fils, rentré de la première croisade, lui succéda en 1096 ;
  • Guillaume Le Vieux, second fils de Guillaume III, lui succéda dans le comté de Velay tandis que son frère Robert III succéda à Guillaume III dans le comté d'Auvergne ;
  • Guillaume VII ou IV Le Jeune, fils de Robert III, qui dut partager ses comtés avec son oncle Guillaume Le Vieux, qui lui laissa le titre de comte du Puy ou du Velay. Leur querelle engagea le roi d'Angleterre, alors suzerain d'Aquitaine par sa femme, en 1167, à venir en Auvergne. Guillaume Le Jeune se mit sous sa protection pour récupérer le comté d'Auvergne usurpé par son oncle, tandis que ce dernier se plaça sous la protection du roi de France Louis VII Le Jeune.

Il semble que le roi confisqua alors le comté du Velay à Guillaume Le Jeune pour le réunir aux domaines des évêques du Puy.

Évêques comtes du Velay

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Les évêques du Puy cumuleront alors les deux fonctions[31] : ils recevront notamment l'hommage pour la vicomté dePolignac et la Baronnie deSaint-Vidal, mais il n'y a pas de preuve qu'ils prirent le titre de comte du Velay avant 1405 (pour ne pas froisser les Chapteuil, comptour du Velay, conjecture Albert Boudon-Lashermes, ni les vicomtes de Polignac, avance JAM Arnaud dans leur « histoire du Velay » respective).

Liste des Évêques et Comtes du Velay
 

Vicomtes du Velay

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À partir duXIe siècle, on trouve une famille titréevicomte du Velay qui est connue sous le nom de sa capitale,Saint-Paulien, et dont croit qu'elle est un rameau de l'antiquefamille de Chapteuil. Par la suite, la vicomté du Velay a été apportée auxcomtes de Barcelone.

Le diocèse-comté du Puy

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À partir duXe siècle, le Velay devient comté évêché, sous domination royale, au profit de l'évêque du Puy qui porte le titre de comte et dont la ville devient la nouvelle capitale du Velay. LeBrivadois faisait partie dudiocèse de Clermont puis decelui de Saint-Flour jusqu'à 1789.

États du Velay

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Article détaillé :États du Velay.

Comme l'Auvergne, le Velay est unpays d'états. Après son intégration au royaume de France, le Velay est rattaché à la province du Languedoc et à la sénéchaussée de Beaucaire. Le pays est représenté aux assemblées du Languedoc, mais est régi pour ses affaires internes par une assemblée annuelle propre : les États du Velay. La vie politique du Velay est régulièrement marquée par les luttes de pouvoir entre l'évêque et la noblesse.

La période des guerres de religion est particulièrement troublée et violente. La ville même du Puy reste ancrée dans le camp catholique alors que les terres environnantes, tout du moins aux confins avec le Vivarais, adhèrent assez souvent à la Réforme[32].

Le département de la Haute-Loire

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Dans l'ensemble, laRévolution française est plutôt mal perçue par la population vellave qui reste très attachée à ses valeurs religieuses et qui n'a pas apprécié les violences et les dévastations des envoyés de la Convention. Par la suite, le peuple restera pendant très longtemps rebelle à la République.

L'actueldépartement de laHaute-Loire correspond à un assemblage entre le Velay historique, lui-même rattaché à la province duLanguedoc, des terres de la province d'Auvergne, dans l'arrondissement actuel de Brioude, à l'exception ducanton de Saugues, lui aussi Languedocien (Gévaudan), une frange de l'ancien Vivarais (actuel canton de Pradelles), et quelques portions de territoires de la province duLyonnais, via leForez, dans le nord est du département.

Le Velay aujourd'hui

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Le termeVelay est encore bien présent aujourd'hui dans l'organisation administrative du département de laHaute-Loire :

- 4 communes comportent l'expressionen-Velay dans leur dénomination :Le Puy-en-Velay (depuis 1988),Arsac-en-Velay,Montfaucon-en-Velay etSaint-Didier-en-Velay.

- 3 communautés de communes font mention de leur appartenance au Velay dont deux de manière explicite :Communauté de communes Marches du Velay-Rochebaron,Haut Pays du Velay communauté etCommunauté d'agglomération du Puy-en-Velay.

- 1 structure de regroupement de collectivités locales françaises(Pays) porte le nom dePays du Velay.

- 6 cantons font également référence au Velay dont 2 de manière explicite (Canton du Velay volcanique,Canton du Plateau du Haut-Velay granitique) plus les 4 cantons du Puy-en-Velay renommés en 2015Canton du Puy-en-Velay-1,Canton du Puy-en-Velay-2,Canton du Puy-en-Velay-3 etCanton du Puy-en-Velay-4.

Annexes

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Bibliographie

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Témoignages littéraires

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Monographies

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Contes et légendes

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  • Christian Assezat et Jean-Baptiste Martin,Le Velay : contes, légendes, récits, chansons, éditions de Trévoux, 1983

Dictionnaire

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  • Claudine Fréchet et Jean-Baptiste Martin,Dictionnaire du français régional du Velay, éditions Bonneton, 1998

Périodiques

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Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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Notes

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  1. En 1693, lesmuletiers du Velay et une centaine de mulets sont réquisitionnés pour convoyer près de 400 quintaux d'avoine pour ravitailler les troupes françaises pour labataille de La Marsaille, dans le cadre de laguerre de la Ligue d'Augsbourg

Références

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  1. « Voir les cartes du site suivant »
  2. Dictionnaire reverso
  3. Frédéric Zégierman Le Guide des pays de France (Sud), Fayard, 1999
  4. Jules de Vinols de Montfleury, « Vocabulairespatois Vellavien-Français et Français-patois Vellavien »,Annales de laSociété d'agriculture, sciences, arts et commerce du Puy,‎(lire en ligne)
  5. Pierre Bec,La langue occitane,, 127 p.(ISBN 978-2-13-039639-0)
  6. Pierre Bonnaud,De l'Auvergne : un fil d'Ariane pour aller de la confédération Arverne au IIIe millénaire, Nonette, Créer,, 318 p.(ISBN 2-84819-001-9,lire en ligne)
  7. Karl-Heinz Reichel,Grand dictionnaire général auvergnat-français, Nonette, Créer,, 878 p.(ISBN 2-84819-021-3,lire en ligne)
  8. abc etdPierre Bonnaud et Roger Garde – Langue et littérature d'Auvergne – Encyclopédie Bonneton – Bonneton éditeur - 2005
  9. Cf. Guide GallimardHaute-Loire.
  10. Baron de Vinols,Vocabulaires patois vellavien-français.., Le PUY, Imprimerie Prades-Freydier,(lire en ligne).
  11. « Lo Velai », poème, surmarraire.eu, Paraulas de tèrras occitanas
  12. p. 420, éd. Pierre George, Paris, La Table ronde, 1994
  13. (la) César (Caius Iulius Caesar),Commentarii de Bello Gallico(lire en ligne), livre VII, ch 75, 2
  14. (grc) Strabon,Géographie,, Ὀυελλάιοι δὲ [...], οἳ προσωρίζοντό ποτε Ἀρουέρνοις, νῦν δὲ τάττονται καθ' ἑαυτούς· "les Vellaves, qui autrefois étaient dans le territoire des Arvernes, mais qui maintenant se comptent à part ..." livre IV, 2
  15. "Histoire du Velay" de Albert Boudon-Leshermes, tome sur « les vigueries carolingiennes dans le diocèse du Puy » (les pages se réfèrent à l'édition de 1930 chez Thouars (Deux-Sèvres), imprimerie Nouvelle
  16. Boudon 1930,p. 52.
  17. Boudon 1930,p. 53.
  18. Boudon 1930,p. 54.
  19. Boudon 1930,p. 55.
  20. Boudon 1930,p. 56.
  21. Boudon 1930,p. 76.
  22. Boudon 1930,p. 67.
  23. ab etcBoudon 1930,p. 80.
  24. Boudon 1930,p. 97.
  25. Boudon 1930,p. 97, note 6.
  26. Boudon 1930,p. 109-110.
  27. Boudon 1930,p. 114.
  28. Boudon 1930,p. 68.
  29. Boudon 1930,p. 73.
  30. Boudon 1930,p. 71.
  31. Gaston de Jourda de Vaux,Nobiliaire du Velay, t. 1.
  32. Christian Maillebouis, « Réflexions sur la pénétration de laréforme dans le Velay (1530-1560) »,Cahiers de la Haute-Loire, Le Puy-en-Velay,‎
  33. Marc Bouchacourt, né en 1860,conseiller de préfecture auPuy, élève du peintreAlbert Dubois-Pillet
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