Movatterモバイル変換


[0]ホーム

URL:


Aller au contenu
Wikipédial'encyclopédie libre
Rechercher

Vardariotai

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

LesVardariotai (engrec :Βαρδαριῶται), enfrançaisBardariotes ouVardariotes, sont un groupe ethnique desBalkans aujourd'hui disparu. À l'époque de l'Empire byzantin, ils fournissent un régiment de la garde du palais impérial au cours desXIIe et XIIIe siècles.

L'origine et la nature exacte des Bardariotes sont incertaines. Le terme apparaît pour la première fois auXe siècle quand un évêché desvardariotai outourkoi (Βαρδαριωτῶν ἤτοι Τούρκων) est mentionné comme appartenant au diocèse deThessalonique[1]. Leur nom est traditionnellement associé à celui de la rivière nomméeAxios en grec et Vardar en slave. Les Bardariotes sont encore recensés comme uneethnie à part entière jusqu'à la fin duXIXe siècle (voir la carte ci-dessous[2]) puis disparaissent des statistiques en passant augrec sous l'influence despopesorthodoxes.

Histoire

[modifier |modifier le code]

La première chronique à évoquer cette population serait celle d'Anne Comnène auXIIe siècle[3]. Par la suite, plusieurs chroniques évoquent leur uniforme militaire et leur équipement, les nommant fréquemment « rhabdophores » (ῥαϐδοφόροι, « porteurs de matraque ») ou « rhabdouques » (ῥαϐδοῦχοι, « matraqueurs »)[3]. En effet, auXIIe siècle, les Bardariotes sont recrutés dans l'armée byzantine. Lors des dernières années du règne deManuelIer Comnène au plus tard, ils forment un régiment distinct de la garde palatine[4],[5]. Toutefois, leurs fonctions, au moinssous les Paléologues, semblent plus proches de celles d'une force de police que d'une unité militaire. L'auteur duXIVe sièclePseudo-Kodinos ne les classe pas parmi les gardes, mais avec le personnel non-armé du palais, et déclare que leur mission est de « maintenir l'ordre parmi les participants » aux cérémonies.

À la différence des membres armés de la « garde varangienne » et du régiment des « paramones », lesbardariotes ne sont équipés que d'un fouet, lemanglabion, et d'un bâton, ledekanikion[1],[6]. Lemanglabion, porté à la ceinture, est leur emblème.Pseudo-Kodinos rapporte aussi qu'ils portent une tenue rouge distinctive et un chapeau perse appeléangouroton. Cette dernière référence conduit à émettre l'hypothèse que lesBardariotes ont succédé aux anciensManglabites comme corps de la garde. Ils sont commandés par unprimicier (primikerios) mentionné pour la première fois en1166[7],[4],[8]. L'historien duXIIIe siècleGeorges Acropolite rapporte en plus que lesvardariotai accompagnent l'empereur byzantin dans son camp militaire lorsqu'il est en campagne[1],[9].

Carteaustro-hongroise de 1878[2] montrant (en marron) la distribution des Bardariotes en Macédoine occidentale autour de Hrupişta (actuelleΆργος Ορεστικό) et Boğazköy (actuelleVogatsikó).

AuxXe et XIe siècles, des sceaux montrent l'existence àThessalonique de dignitaires administratifs dénommésVardarioi. Toutefois, on ignore si et comment ils sont liés aux Bardariotes[1].

Leurs origines

[modifier |modifier le code]

Kodinos qualifie les Bardariotes de « Perses » et indique qu'ils auraient été installés dans la vallée de l'Axios-Vardar par lesempereurs byzantins. Pour cette raison, une partie de la tradition académique occidentale a longtemps supposé que les Bardariotes étaient d'origine iranienne, comme le rapporteFrançois Pouqueville dans ses récits de voyage, après avoir visité les territoires de laGrèce ottomane en1798 et1801. Pouqueville précise que les Bardariotes sont, aux yeux des musulmans, des « guèbres » (infidèles) et, se fondant surZonare,Léon le Grammairien et quelques autres sources, suppose que leur installation daterait du règne de l'empereurThéophile, ce dernier ayant accepté de les recevoir en échange de leur incorporation dans l'armée[10]. Le mot « guèbre », enturcgyaur (ou « giaour »), désignait dans l'Empire ottoman un « incroyant »,zoroastrien ou chrétien, le plus souventorthodoxe (cas des Bardariotes : l'évêché des Bardariotes a perduré en Grèce jusqu'à nos jours commesuffragant de celui deThessalonique, et a gardé le titre « évêché de Polyane et des Bardariotes » jusqu'en1922[3]), mais aussi phoundagiagite[11],mardaïte oupaulicien[12].

Pouqueville suppose, pour sa part, que les Bardariotes seraient desSassanides de languepehlevi, ayant fui la Persezoroastrienne pour des raisons religieuses, parce qu'ils s'étaient convertis à l'islam : si c'est le cas, il est probable qu'ils aient étékhurramites, mouvement religieux iranien deNasır le Kurde dont les adeptes étaient surnomméssurkh jāmgān : « aux habits rouges » en persan[13]. Ils se seraient ensuite progressivement christianisés puis auraient adoptéune langue turque à la suite de la conquête ottomane, ce qui permit au lettrégagaouzeMihail Çakir de les envisager comme ancêtres possibles de sa communauté turcophone chrétienne, initialement apparue en Bulgarie[14],[15].

Cette hypothèse a été défendue par certains historiens et philologues commeRaymond Janin qui, étudiant des manuscrits bulgares duXe siècle et des sources byzantines commeGeorges Cédrène ou Génésius Josèphe, y trouve des indices allant dans ce sens, comme la mention de populations « hétérodoxes » (donc possiblement pauliciennes ou khurramites), ou encore le nom de la rivièreVardar lui-même. En effet, ce toponyme serait d'origine perse, deBar-darya « Grande rivière », dont la versionslave estVélika réka. Mais si les Bardariotes ou « des » Bardariotes ont parlé une langue iranienne, il est également possible que celle-ci soit d'origine alane, car au début duXIVe siècle, lesAlains apparaissent en tant que mercenaires ou auxiliaires de l'empereur byzantin,Andronic II Paléologue, comme le signale l'historien catalanRamon Muntaner lorsqu'il relate l'expédition de laCompagnie catalane en Orient. Leur chef Georgios Girkonos débarrasse l'Empire du chef des Catalans,Roger de Flor, le, àAndrinople, obéissant aux ordres deMichel IX Paléologue. Ces Alains sont défaits plus tard, en 1306, par les Catalans, Girkonos est tué et décapité[16], et les Alains désarmés se retrouvent à garder les routes de montagne de laMacédoine contre les brigands[17].

Toutefois, selon des auteurs comme Ruth Macrides, le terme « Tourkoi » (Βαρδαιωτῶν ἤτοι Τούρκων) par lequel les Bardariotes sont qualifiés dans d'autres sources byzantines, pourrait aussi désigner une originemagyare, car, souligne-t-elle, les Magyars sont fréquemment appelésTourkoi par les Byzantins auxXe et XIe siècles. Si c'est bien le cas, on peut supposer que les Bardariotes ou « des » Bardariotes furent, à l'origine, des prisonniers de guerre magyars enrôlés par l'empereurBasile II contre les Bulgares et installés enMacédoine auXe siècle, puis convertis auchristianisme byzantin[7].

La synthèse de ces indices laisse entrevoir uneforce de l'ordre de l'Empire byzantin, ayant peut-être ses propres dignitaires administratifs, sans armement de guerre mais munie de bâtons et de fouets, vêtue de rouge, au recrutement varié : lesVardariotai semblent pouvoir être tout aussi bien et non exclusivement issus de l'armée byzantine, des communautés religieuses duProche Orient, mais aussi de l'Etelköz ou de l'Honfoglalás des Magyars : ce n'est pas un cas unique dans l'histoire, comme en témoignent lesarchersscythes de l'Athènes antique[18] ou lapolice de New-York qui recrute d'anciens militaires et qui eut durant un temps une large majoritéirlandaise[19],[20]. Quoi qu'il en soit, une fois installés pour garder les voies, les cols et les passes deMacédoine, les Bardariotes ont fini par y former ungroupe ethnique[21].

Notes et références

[modifier |modifier le code]
  1. abc etdKazhdan 1991, vol. 3, « Vardariotai »,p. 2153.
  2. a etbEthnographisches Karte von Makedonien, Heft 10 in :Deutsche Rundschau für Geographie und Statistik Band XXI, Wien 1878 -[1].
  3. ab etcRaymond Janin, « Les Turcs Vardariotes »,Revue des études byzantines,‎,p. 437-449(lire en ligne)
  4. a etbMagdalino 2002,p. 231.
  5. Bartusis 1997,p. 271, 280.
  6. Bartusis 1997,p. 279–280.
  7. a etbBartusis 1997,p. 280.
  8. Macrides 2007,p. 311.
  9. Macrides 2007,p. 310.
  10. François Charles Hugues Laurent Pouqueville,Voyage de la Grèce ; Avec cartes, vues et figures, Volume 3, Paris, Firmin Didot,, 552 p.(lire en ligne),p. 74-76
  11. Euthyme de la Péribleptos,Lettre contre les Phoundagiagites (XIe siècle), éd. G. Ficker,Die Phundagiagiten : ein Beitrag zur Ketsergeschichte des byzantinischen Mittelalters, Leipzig, 1908.
  12. Sous les empereursJustinien II,JeanIer Tzimiskès etAlexisIer Comnène, des milliers de Mardaïtes, puis de Pauliciens furent transplantés d'Asie mineure vers lesBalkans en plusieurs vagues, les seconds étant l'un des vecteurs possibles dubogomilisme : cf.(en) WarrenTreadgold,Byzantium and its army, 284-1081, Stanford, Calif,Stanford University Press,, 284 p.(ISBN 978-0-804-72420-3 et978-0-804-73163-8,lire en ligne),p. 26, 66–69, 72, et Jordan Ivanov,Livres et légendes bogomiles (aux sources du catharisme), Sofia 1925, trad. éd. G.P. Maisonneuve et Larose, 1976, 1995.
  13. (en)William Muir, « The Caliphate, its rise, decline and fall », « Chapter LXVI, Al-Ma'mun (continued), 'Alid predilections, Bagdad revolts, 'Ali ar-Rida, Ibrahim rival Caliph, Al-Ma'mun at Bagdad, Tahirids, Babek, Heterodoxy, Brilliant reign »
  14. (en) D. E. Nikoglou,Очерки протоиерея Михаила Чакира в контексте современных исследований по гагаузоведению(lire en ligne)
  15. Sur la carte ci-dessus déjà citée, desTurcs chrétiens (ce que sont lesGagaouzes) apparaissent un peu à l'est deSerrès.
  16. Ramon Muntaner,Les Almogavres. L’expédition des Catalans en Orient, Éditions Anacharsis, 2002.
  17. (en) Mark C.Bartusis,The Last Byzantine Army : Arms and Society, 1204-1453,University of Pennsylvania Press,, 438 p.(ISBN 978-0-8122-1620-2,lire en ligne).
  18. Agnès Plassart, « Les archers d'Athènes » [article] in:Revue des Études Grecquesno 26-117, année 1913,p. 151-213 -[2])
  19. Michael Newton,(en)The Encyclopedia of American Law Enforcement, Facts on File, New York 2007,p. 216,(ISBN 0-8160-6290-0)
  20. James Lardner & Thomas Reppetto,(en)NYPD: A City and Its Police, New York 2000).
  21. Carte ci-dessus déjà citée.

Bibliographie

[modifier |modifier le code]
Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Vardariotai&oldid=218806628 ».
Catégories :
Catégories cachées :

[8]ページ先頭

©2009-2025 Movatter.jp