Movatterモバイル変換


[0]ホーム

URL:


Aller au contenu
Wikipédial'encyclopédie libre
Rechercher

V. S. Naipaul

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
En.
Titre de noblesse
Sir
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 85 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Vidiadhar Surajprasad NaipaulVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Vidiadhar Surajprasad NaipaulVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
V. S. NaipaulVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
University College
Queen's Royal College(en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Période d'activité
Famille
Capildeo family(en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Père
Seepersad Naipaul(en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoint
Nadira Naipaul(en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Genres artistiques
Distinctions
Œuvres principales
Une maison pour Monsieur Biswas,Dans un État libre(d),À la courbe du fleuve,The Enigma of Arrival(d),The Mystic Masseur(d)Voir et modifier les données sur Wikidata

modifier -modifier le code -modifier WikidataDocumentation du modèle

V.S. Naipaul.

SirVidiadhar Surajprasad Naipaul, plus connu sous la signatureV. S. Naipaul, né le àChaguanas àTrinité-et-Tobago et mort le àLondres auRoyaume-Uni, est unécrivain britannique, lauréat duprix Nobel de littérature en2001[1].

Biographie

[modifier |modifier le code]

Vidiadhar Surajprasad Naipaul nait àTrinidad dans une famille d'ascendancehindoue. Ses grands-parents venus d’Uttar Pradesh au nord de l’Inde avaient débarqué sur cette île antillaise en 1880 afin de remplacer, dans les plantations, les esclaves noirs affranchis à partir de 1834[2]. Son père est un reporter connu auGuardian de Trinidad, le journal local de l'île.

Brillant élève, Vidiadhar Surajprasad Naipaul bénéficie alors d'unebourse d'études pour étudier enAngleterre. Il part à l'âge de 18 ans pourOxford suivre des études littéraires. C’est son premier grand voyage : 7 000 kilomètres, celui qui lui donne goût durant toute sa vie de sillonner la planète, notamment l’Inde, l’Afrique et l’Asie. Naturalisé en Angleterre en 1952, Il obtient l'année suivante une licence de lettres auUniversity College d'Oxford puis devient journaliste, collaborant avec plusieurs magazines. Il assure également une chronique littéraire pour laBBC et dirige le programmeVoix de la Caraïbe. À Oxford, ville qu'il trouve ennuyeuse, il rencontre néanmoins celle qui sera sa première épouse et fidèle dactylographe, Patricia Hale. Tous deux rateront, à leur déception, la mention "très bien" à leur diplôme en 1953, ce qui n'empêchera pas son professeur d'anglais,J. R. R. Tolkien, de le considérer comme le meilleur en sa matière[3].

Il se consacre ensuite à l'écriture deromans et denouvelles, mais publie aussi des récits documentaires.

Ses premiers romans se déroulent auxAntilles.Le Masseur mystique (The Mystic Masseur,1957) etThe Suffrage of Elvira (1958) qui ont pour cadre laTrinidad, exposent les ravages causés par des politiciens locaux incultes et cyniques[2]. Le recueil de nouvellesMiguel Street (1959) révèle son talent d'humoriste et de peintre du quotidien dans une série de vignettes inspirées deRue de la sardine deJohn Steinbeck. Il met en scène plusieurs habitants d'un quartier populaire dePort-d'Espagne, illuminés, rusés, attachants ou hauts en couleur mais aliénés par la pensée coloniale[2]. Naipaul connaît ensuite un énorme succès avecUne maison pour Monsieur Biswas (A House for Mr. Biswas,1961), roman biographique inspiré par la figure de son père. DansLa Traversée du milieu (The Middle Passage,1962), il livre plusieurs brefs aperçus des sociétés postcoloniales britannique, française et néerlandaise auxCaraïbes et de leur dérive vers uneaméricanisation galopante.

DansGuérilleros (Guerillas,1975), décrit parJ.-M. Le Clézio comme « drame psychologique » et « politique » qui « envoûte et emplit d'horreur », Naipaul dresse un portrait sans concessions d'une société caribéenne (la Jamaïque ?) post-indépendance, prenant — dès l'exergue du livre — ses distances avec les velléités révolutionnaires. L'un des personnages du roman se réfère clairement àMichael X (en), militantBlack Power qui vécut au Royaume-Uni, participa à la fondation du désormais célèbrecarnaval de Notting Hill et fut soutenu, entre autres, parYoko Ono. Dans sa critique (très positive) du livre, le journalistePaul Theroux, duNew York Times, comparera aussi l'héroïne — en la moquant — à l'activiste américaine d'extrême-gauchePatricia Hearst[4]. SuitÀ la courbe du fleuve (A Bend in the River,1979), comparé à l'époque par certains critiques auCœur des ténèbres (Heart of Darkness) deJoseph Conrad[5].

L'auteur relate ensuite ses impressions de voyage enInde dansL'Inde : un million de révoltes (India: A Million Mutinies Now,1990) et livre une analyse critique et désabusée de l'intégrisme musulman dans les pays comme l'Indonésie, l'Iran, laMalaisie et lePakistan dansCrépuscule sur l'Islam (Among the Believers,1981) puisJusqu'au bout de la foi (Beyond Belief,1998).

Son romanL'Énigme de l'arrivée (The Enigma of Arrival,1987) et son recueil de nouvellesUn chemin dans le monde (A Way in the World,1994) sont largement autobiographiques. Dans le premier, Naipaul relate avec le souci d'unanthropologue le déclin puis l'anéantissement d'un domaine du sud de l'Angleterre et de son propriétaire : événement qui reflète l'effondrement de la culture colonialiste dominante dans les sociétés européennes. Le second évoque le mélange des traditions antillaise et indienne et de la culture occidentale que l'auteur découvrit lorsqu'il s'installa en Angleterre. Le recueilLetters Between a Father and Son (1999) replace dans un contexte intime la relation trouble avec son père Seepersad Naipaul, journaliste et auteur dePort-d'Espagne[2].

Les ouvrages de Naipaul soulignent les ravages de la corruption, morale et politique, et dufondamentalisme dans des pays anciennement sous tutelle coloniale[2]. De par leur tonalité pessimiste, ses livres ont pu être mal reçus par certainstiers-mondistes, qui accusaient leur auteur deconservatisme.Edward Saïd etDerek Walcott les ont même qualifiés de néo-colonialistes[6].Albert Memmi, au contraire, louait la lucidité de Naipaul face à l'emballement révolutionnaire[7]. Quant à l'auteur, il a affirmé s'en tenir à la seule rigueur de ses observations et à l'authenticité des témoignages recueillis, niant avoir des opinions politiques car« celles-ci sont préjudiciables. »[6]. Il a pourtant parlé de l'ancien premier ministreTony Blair comme d'un « pirate à la tête d'une révolution socialiste » qui a« détruit toute idée de civilisation enGrande-Bretagne », ayant laissé libre cours à une« insupportable culture de la plèbe. »[8].

En 2001, quelques mois après l'obtention de son prix Nobel de Littérature, Naipaul fut vivement critiqué parSalman Rushdie qui lui reprocha d'avoir manifesté son soutien auxnationalistes hindous lors d'actes de soulèvements populaires contre lesmusulmans indiens. Cette querelle se traduira par une profonde inimitié entre les deux écrivains.

DansThe World Is What It Is, une biographie due àPatrick French parue en 2008, il confie être« obsédé, misogyne, sadique, violent »[9]. Pendant 23 ans, il vit avec sa maitresse Margaret Gooding tout en restant marié à Patricia Hale, et fréquente, confie-t-il, assidument les prostituées. Après la mort de sa femme, en 1996, d'un cancer (à l'âge de 63 ans), il déclare:« On pourrait dire que je l’aituée. »[9]. Le lendemain des obsèques de Patricia, Naipaul rompt avec sa maîtresse Margaret, puis s'installe avec son nouvel amour, Nadira. Le couple se marie huit semaines plus tard, en présence de l’historienneAntonia Fraser et de l’écrivainHarold Pinter. En mai 2011, il tient, dans une interview, des propos jugésmisogynes :« Les femmes écrivains sont différentes [...] Je lis un extrait de texte et en un paragraphe ou deux, je sais si c'est de la main d'une femme ou non. Je pense que ce n'est pas à mon niveau », ajoutant qu'aucune femme, y comprisJane Austen, n'est réellement capable d'écrire, car toutes sont trop « sentimentales » et empêtrées dans leur condition[10],[11].

V. S. Naipaul est reconnaissable à son style singulier, alliant le réalisme documentaire à une vision satirique du monde contemporain. Il a aussi été rapproché de Joseph Conrad pour sa peinture de l'effondrement des empires coloniaux[12].

Famille

[modifier |modifier le code]

Son frère Shiva Naipaul, son neveuNeil Bissoondath et son cousin Vahni Capildeo sont également écrivains[12].

Prix et honneurs

[modifier |modifier le code]

V. S. Naipaul a reçu plusieurs prix littéraires, dont lePrix Hawthornden en1964, leprix Booker en1971 et le T.S. Eliot Award for Creative Writing en1986.Docteurhonoris causa de plusieurs universités, il futanobli par la reineÉlisabeth en1990[13]. Il a obtenu en2001 leprix Nobel de littérature, « pour avoir mêlé narration perceptive et observation incorruptible dans des œuvres qui nous condamnent à voir la présence de l'histoire refoulée. »[12]. L’attribution de ce prix a suscité des controverses, certains l’ayant vue comme un double reniement: celui de l’auteur vis-à-vis de ses origines, et celui du comité Nobel par rapport à ses valeurs[14].

Sir V. S. Naipaul est membre de laLiterary Society.

Dans le livre de deHanif KureishiLe Dernier Mot(d), paru en 2014, le personnage fictif de Mamoon Azam est largement inspiré de V. S. Naipaul[15].

Œuvre

[modifier |modifier le code]

Romans et nouvelles

[modifier |modifier le code]

Autres publications

[modifier |modifier le code]

Entretiens

[modifier |modifier le code]
  • Pour en finir avec vos mensonges, traduit par Isabelle di Natale et Béatrice Dunner, Monaco, Le Rocher, « Anatolia », 2002

Notes et références

[modifier |modifier le code]
  1. (en) « VS Naipaul, Nobel prize-winning British author, dies aged 85 », surThe Guardian,(consulté le)
  2. abcd eteNaipaul sur l'encyclopædia Universalis, consulté le 18 octobre 2012.
  3. French, Patrick (2008). The World Is What It Is: The Authorized Biography of V. S. Naipaul. New York: Alfred Knopf.(ISBN 978-0-307-27035-1), p.115
  4. Paul Theroux,Guerillas,New York Times, 16 nov. 1975
  5. Biographie de V. S. Naipaul sur le site desprix Nobel.
  6. a etb(en-US) GeoffreyWheatcroft, « A Terrifying Honesty »,The Atlantic,‎1er février 2002(lire en ligne, consulté le)
  7. Albert Memmi,Portrait du décolonisé,folio actuel(collection)(ISBN 9782070342013)
  8. (en) GeoffreyWheatcroft, « V S Naipaul: Scourge of the liberals »,The Independent, Londres,‎(lire en ligne, consulté le)
  9. a etbLéna Lutaud, « V. S. Naipaul : écrire pour comprendre le monde »,Le Figaro,‎,p. 14(lire en ligne, consulté le)
  10. Actua Litté.com, « La crise de misogyne du Nobel Naipaul contre les auteures », consulté le 7 août 2011.
  11. Le Courrier international, « V.S. Naipaul, prix Nobel de littérature 2001. Misogyne. », consulté le 7 août 2011.
  12. ab etc(en-US) « The Nobel Prize in Literature 2001 », surNobelPrize.org(consulté le)
  13. (en)The London Gazette :n° 51981, p. 2, 30 décembre 1989
  14. PascaleCasanova, « Nobel de littérature à V. S. Naipaul : le prix du reniement », surLe Monde diplomatique,(consulté le)
  15. Marianne Payot, « Le Dernier Mot d'Hanif Kureishi », surL'Express,

Annexes

[modifier |modifier le code]

Articles connexes

[modifier |modifier le code]

Liens externes

[modifier |modifier le code]
v ·m
1901-1925
1926-1950
1951-1975
1976-2000
2001-2025
v ·m
Lauréats desprix Nobel 2001
Chimie
LittératureV. S. Naipaul (Royaume-Uni)
Paix
Physique
Physiologie ou médecine
Sciences économiques
Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=V._S._Naipaul&oldid=229776958 ».
Catégories :
Catégories cachées :

[8]ページ先頭

©2009-2026 Movatter.jp