| Véhicule d'intervention polyvalent de la gendarmerie | ||||||||
| Caractéristiques de service | ||||||||
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| Utilisateurs | Gendarmerie nationale (France) | |||||||
| Production | ||||||||
| Année de conception | 2016 | |||||||
| Constructeur | Soframe (filiale deLohr) | |||||||
| Production | 2022 - présent | |||||||
| Caractéristiques générales | ||||||||
| Équipage | 3 + 7 militaires | |||||||
| Longueur | 7,24 m | |||||||
| Largeur | 2,50 m | |||||||
| Hauteur | 3,82 m | |||||||
| Masse au combat | 14,5 tonnes | |||||||
| Blindage (épaisseur/inclinaison) | ||||||||
| Blindage | normeSTANAG 4569 (niveau 2) /protection contre les balles de calibre 7,62 mm, lesmines et les éclats | |||||||
| Mobilité | ||||||||
| Moteur | 6 cylindres | |||||||
| Puissance | 240 kW (330 ch) | |||||||
| Vitesse sur route | 100 km/h | |||||||
| Pente franchissable | 40%[A 1] | |||||||
| Autonomie | 500km | |||||||
| Prix unitaire | 800 000 € (maintenance incluse) | |||||||
| Chronologie des modèles | ||||||||
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| modifier | ||||||||
Levéhicule d'intervention polyvalent de la gendarmerie (VIPG)[1],Centaure est un engin blindé équipant laGendarmerie nationale française[A 2]. Il remplace levéhicule blindé à roues de la Gendarmerie (VBRG) utilisé depuis les années 1970.
Produit parSoframe[2], il est dérivé duvéhicule d'infanterie ARIVE (Armoured infanty vehicle ou « Véhicule blindé d'infanterie ») conçu par cette société au milieu des années 2010, et fabriqué à environ 1 800 exemplaires[3].
Les90 exemplaires commandés ont été livrés entre et.
Dès lesannées 1930, la Gendarmerie s'équipe de véhicules blindés[4]. En 1933 est créée une première unité blindée : leGroupe spécial de garde républicaine mobile[A 3] à Versailles-Satory. En 1940, le Groupe spécial sert d'unité-cadre pour la formation du45e bataillon de chars de combat qui participe à lacampagne de France.
Après la guerre, différents types de blindés sont utilisés : chars, automitrailleuses etsemi-chenillés (half-tracks en anglais). Ils sont principalement destinés aux missions de combat (Défense opérationnelle du territoire ou DOT) ou aux situations extrêmes de rétablissement de l'ordre comme enAlgérie. En France métropolitaine, la mise en œuvre des blindés est confiée à des « escadrons mixtes portés-blindés »[A 4] implantés en province ainsi qu'à une formation centrale basée à Versailles-Satory. Héritière du groupe spécial formé en 1933, cette dernière unité a porté plusieurs dénominations avant de devenir en 1991, legroupement blindé de gendarmerie mobile (GBGM). Le GBGM est chargé notamment de la protection des institutions en cas de crise majeure (comme leputsch des généraux en 1961), du maintien et du rétablissement de l'ordre en contexte « dégradé ou très dégradé » ainsi que de missions dedéfense opérationnelle du territoire[5]. La Gendarmerie déploie également des blindés en Corse et dans lesdépartements, territoires et communautés d'Outre-mer[6].
Avec la fin des conflits coloniaux puis de la guerre froide, la mission de combat disparait au profit de celle dumaintien et du rétablissement de l'ordre. À partir de 1974, la Gendarmerie acquiert un blindé spécialisé, leVéhicule blindé à roues de la Gendarmerie (sigle VBRG), qui est peint en bleu, en cohérence avec cette mission principale. Par la suite, elle retire progressivement du service ses blindés de combat (charsAMX-13, véhicules de transport de troupes (VTT)AMX-13 VTT, automitrailleusesAML et véhicules de combatVBC-90)[A 5].
Au début des années 2020, la Gendarmerie ne dispose donc plus que du VBRG et de quelquesVéhicules de l'avant blindés (VAB), obtenus auprès de l'armée de Terre en vue de leur emploi en Afghanistan. Ces derniers sont surtout déployés en Nouvelle-Calédonie[7].
L'utilisation des blindés de la Gendarmerie au maintien de l’ordre est soumise à l’autorisation d’engagement du Premier ministre[8] et à l’autorisation d’emploi du préfet de zone de Défense[9], cette dernière faisant l’objet d’un formalisme défini à l’article R214-3 du CSI[10].

Le remplacement du VBRG, est évoqué à de nombreuses reprises à partir du milieu des années 2000. Il fait l'objet de nombreux projets allant de l'achat de machines neuves[A 6] à la rénovation totale ou partielle de la flotte[11] mais aucun de ces programmes n'aboutit.
Le projet redevient d'actualité[12] à la suite d'événements tels que lacrise des Gilets jaunes ou l'affaire de laZAD de Notre-Dame-des-Landes, qui mobilisent massivement les blindés de la gendarmerie enFrance métropolitaine. L'option de rénovation totale ou partielle de la flotte étant finalement écartée, c'est la solution du remplacement qui est retenue. Son financement est assuré par leplan de relance mis en œuvre à la suite de laPandémie de Covid-19[12],[A 7].
Un appel d'offres pour la fourniture de « véhicules blindés maintien de l’ordre » (VBMO), livrables avant 2025 est donc lancé le[13]


Le blindé recherché par la Gendarmerie doit être plus polyvalent que leVBRG[14] car son domaine d'utilisation comprend le maintien et lerétablissement de l'ordre, la lutte contre lesviolences urbaines, l’appui aux missions de sécurité civile (catastrophe naturelle ouindustrielle), ladéfense opérationnelle du territoire et la lutte contre leterrorisme[5].
Initialement, deux constructeurs semblent favoris :Nexter avec une version dublindé léger Serval déjà commandée par l'armée de Terre etArquus avec une version de sonSherpa Light[12]. Mais le, leministère de l’Intérieur annonce la sélection d'un véhicule proposé parSoframe, filiale du groupeLohr[15]. La commande concerne 90 blindés - soit 30 de plus que l'effectif des VBRG disponibles à cette date - avec début des livraisons dès l'année suivante[14]. Le coût total du programme est de70 millions d'euros[16].
Le véhicule est baptisé « Centaure » par la Gendarmerie. Le sigle officiel est d'abord VBP pour « véhicule blindé polyvalent », avant d'être changé par la suite en VIPG pour « véhicule d'intervention polyvalent de la gendarmerie ». Ce changement reflète, selonPolitis, la plus grande polyvalence du blindé en comparaison avec leVBRG[16].
Le Centaure est entièrement blindé, au niveau 2 de la normeSTANAG 4569. Il est protégé contre les munitions de calibre7,62 mm, lesmines, lesengins explosifs improvisés et contre lesrisques NRBC. Sa masse totale est de 14,5 tonnes[14].
Le véhicule aquatre roues motrices, ce qui lui permet de franchir un fossé de 90 cm ou de gravir des marches de 40 cm. Il peut également progresser sur une pente inclinée à 40 %, et rouler avec undévers de 30 %[3],[A 1]. Propulsé par un moteur d'une puissance de330 chevaux[3], il peut circuler à une vitesse minimum de3 km/h, et jusqu'à une vitesse maximum100 km/h, avec une autonomie de 500 km[17]. Il peut transporter sept gendarmes, en plus de son équipage de trois militaires. L'accès se fait par deux portes sur le côté droit, une sur le côté gauche et une rampe d'accès à l'arrière[3].



Le VIPG est équipé d'untourelleau téléopéré, sur lequel une mitrailleuseFN Herstal MAG 58 peut être montée, principalement lors desopérations extérieures et desmissions antiterroristes[18]. Elle est bâchée et partiellement démontée (retrait du canon) lorsqu'elle n'est pas nécessaire (maintien de l'ordre par exemple)[16].
Le Centaure dispose également d'unlance-grenades automatique de 30 coups pouvant tirer desgrenades lacrymogènes[18]. Il est équipé, comme lesVBRG[19], d'un système permettant de diffuser une substance lacrymogène dans sa proximité immédiate, pour protéger le véhicule et son personnel d'une attaque extérieure[16].
Il dispose dusystème de détection acoustique de tirs adverses Pilar V deMetravib Defence[20]. Il est aussi équipé de nombreux capteurs[3], permettant de détecter un individu à grande distance, de jour comme de nuit.
Enfin, chaque véhicule est équipé[3] d'une lame mobile, montée sur des vérins hydrauliques[14], qui lui permet de percuter jusqu'à une vitesse de30 km/h des obstacles et des véhicules pesant jusqu'à 3,5 t, avant de les pousser pour dégager une voie de circulation[3],[A 8].

La formation des opérateurs est assurée à Satory au moyen d'un système desimulation développé par la sociétéExail pour un coût d'environ 550 000 euros[16],[17].
Le système comprend trois postes de conduite et un poste instructeur[21]. Il permet l'apprentissage de la conduite du véhicule et de la mise en œuvre de ses équipements.
La mise en réseau des postes permet la simulation de l'engagement simultané de plusieurs véhicules.


La Gendarmerie base un tiers de ses engins àSatory, un tiers en province[A 9], au sein d'escadrons de gendarmerie mobile ainsi qu'auCentre national d'entrainement des forces de gendarmerie (CNEFG) et le dernier tiers enoutre-mer[22]. Ils peuvent être employés de manière autonome ou au sein d'unDispositif d'intervention augmenté de gendarmerie (DIAG)[14].
Un premier exemplaire opérationnel a été livré le 26 septembre 2022 auGroupement blindé de gendarmerie mobile[23],[24]. Le dernier exemplaire est livré en octobre 2024[25].
Le VIPG connait son premier engagement durant la nuit du 30 juin au, lors desémeutes liées à la mort de Nahel[26]. Ils sont également déployés durant lemouvement des agriculteurs au début de 2024[27]. Peu après, le 18 février 2024, au moins deux VIPG Centaure sont déployés àSaix face à une manifestation contre le projet d'autoroute A69. En mars, deux exemplaires sont mobilisés àLa Courneuve après un évènement deviolences urbaines[28].
Le 31 mai 2024, le ministère de l'intérieur annonce l'envoi de16 engins (dont pour six par avionAn-124) pour renforcer les forces de l'ordre sur place à la suite desémeutes de 2024 en Nouvelle-Calédonie[29],[30]. Certains véhicules auraient subi des pannes de leurs instruments informatiques, dues à la température du climat calédonien[31].
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