Particulièrement répandu dans les milieux universitaires au début des années 1980[1], il a été utilisé par beaucoup destart-ups fondées par des jeunes entrepreneurs à cette époque et a donné naissance à une famille de systèmes, dont les plus populaires à ce jour sont les variantes deBSD (notammentFreeBSD,NetBSD etOpenBSD),Linux,iOS etmacOS. La quasi-totalité dessystèmes d'exploitation PC ou mobile (à l'exception desWindows NT) est basée sur le noyau de (BSD, macOS, IRIX), ou reprend des principes de bases (Linux, Minix) développés dans Unix[2],[3]. On nomme « famille Unix », « systèmes detype Unix » ou simplement « systèmes Unix » l'ensemble de ces systèmes. Il existe un ensemble de standards réunis sous les normesPOSIX etsingle UNIX specification qui visent à unifier certains aspects de leur fonctionnement.
Le nom « UNIX » est une marque déposée de l'Open Group, qui autorise son utilisation pour tous les systèmes certifiés conformes à lasingle UNIX specification ; cependant, il est courant d'appeler ainsi les systèmes de type Unix de façon générale. Il dérive de « Unics » (acronyme de « Uniplexed Information and Computing Service[4] »), et est un jeu de mots avec « Multics », car contrairement à ce dernier qui visait à offrir simultanément plusieurs services à un ensemble d'utilisateurs, le système initial deKenneth Thompson se voulait moins ambitieux et utilisable par une seule personne à la fois avec des outils réalisant une seule tâche[5].
Unix a initialement été conçu pour disposer de nombreux petitsprogrammes, chacun effectuant un nombre limité de tâches, le plus souvent une seule, agissant le plus souvent sur des flux de texte et pouvant être interconnectés par le biais depipes, et a contribué au succès rapide d'Unix chez les programmeurs.[réf. nécessaire]
Unix dispose d'unsystème de fichiers hiérarchique. Au contraire de nombreux autres systèmes (commeMicrosoft Windows ouMac OS Classic par exemple), qui disposent d'une racine de système de fichiers indépendante par périphérique de stockage ou par partition, le système de fichiers d'Unix a une unique racine, et les autres périphériques de stockage sont accessibles par despoints de montage dans le système de fichiers. Par exemple, le dossier/home, qui contient les fichiers personnels des utilisateurs, est fréquemment stocké sur un périphérique ou une partition différente de la racine ; une fois ce périphérique monté sur le dossier/home, les demandes de fichiers situés dans/home seront redirigées vers ce périphérique. L'organisation de l'arborescence du système de fichiers est définie par certaines conventions qui existent depuis laversion 7 d'Unix, où est apparue lapage de manuel qui la décrit[7]. LeFilesystem Hierarchy Standard tente d'harmoniser les différences qui ont pu se développer, en particulier entre les différentes versions de Linux[8].
Une autre particularité d'Unix est de considérer un grand nombre d'objets comme des fichiers. Toutes les unités extérieurs au système central sont vues comme des pseudo-fichiers[6]. Dès les premières versions d'Unix, lespériphériques d'entrée-sortie sont gérés comme des fichiers d'un type spécial. Cela permet par exemple, au niveau applicatif, d'écrire sur unebande magnétique de la même façon que sur un fichier standard qui serait stocké sur le disque[9].
Le système de fichier d'Unix supporte certaines fonctionnalités comme lesliens symboliques, permettant de rediriger un fichier vers un autre. Unix autorise l'existence de plusieurs chemins pour localiser un fichier. Un fichier est détruit quand tous les chemins qui permettent de l'atteindre ont disparu[6].
Unix considère trois actions que l'on peut effectuer sur un fichier : lire, écrire, exécuter. La création et la destruction de fichiers sont des formes particulières d'écriture dans le répertoire où l'on veut créer ou détruire ce fichier. Unix supporte un système de permissions permettant de donner des autorisations différentes au propriétaire du fichier, aux utilisateurs de songroupe, et aux autres utilisateurs. On a donc trois types d'actions (lire écrire exécuter) et trois types d'usagers (le propriétaire, le groupe du propriétaire, et tous les autres). Ainsi le système de protection ne contient que 9 cas et ne nécessite que 9 bits par fichiers[6].
Un signal permet d'annoncer un évènement à un processus. Il s'agit d'un évènement imprévisible, dont le traitement doit être défini à l'avance dans le programme exécuté par le processus[6].
Suggéré parBrian Kernighan, Unics est un jeu de mots « latin » avecMultics, qui faisait la même chose de plusieurs façons alors qu'Unics faisait chaque chose d'une seule façon ».
En 1971, conscient de la difficulté que représente la maintenance d'un système écrit en langage assembleur, Ken Thompson songea à réécrire Unix enTMG[12], mais il trouva que le TMG n'offrait pas ce dont il avait besoin. Pendant une courte période il avait songé à réécrire Unix enFortran, mais finalement conçut leB avec l'aide deDennis Ritchie dans les années 1969 et 1970, en s'inspirant du langageBCPL[13]. Cependant Unix ne fut jamais réécrit en B ; le B ne supportait pas lestypes, toutes lesvariables étaient de la même taille que lesmots de l'architecture, l'arithmétique sur lesflottants n'était pas implémentée ; de plus, lecompilateur B utilisait la technique duthreaded code(en). C'est pourquoi Dennis Ritchie entreprit en 1971 d'écrire leNew B, qui fut renommé enC. Le langage C est toujours l'un des langages les plus utilisés aujourd'hui[14],[15].
Lespoursuites pour viol de la loi anti-trusts qui reprennent contreAT&T, annoncées le 22 novembre 1974, demandent la scission du groupe[18] ce qui se produira en 1982 via un accord amiable avec la justice. C'est la raison pour laquelle la décision fut prise en 1975 par AT&T[19] de distribuer le système Unix complet avec soncode source dans les universités à des fins éducatives, moyennant l'acquisition d'une licence au prix très faible.
Le logiciel Unix commença ainsi à être diffusé hors des laboratoires Bell au cours de l'année 1975, qui voitKen Thompson passer une année comme professeur invité à sonalma mater, l'UCB[20],[21], oùJeff Schriebman etBob Kridle mettent sur pied laVersion 6.
Unix version 7 sur un émulateur de PDP-11.
Fin 1977[22], des chercheurs de l'université de Californie apportèrent de nombreuses améliorations au système Unix fourni par AT&T et le distribuèrent sous le nom deBerkeley Software Distribution (ou BSD). BSD sera plus tard le premier système Unix à exploiter pleinement le mécanisme demémoire virtuelle paginée de l'ordinateurVAX 11/780.
À l'automne 1975,Bill Joy etChuck Haley, alors en second cycle, s'intéressent au nouveau système et implémentent l'éditeur en ligneex en Pascal, et finissent par explorer le fonctionnement dunoyau au moment du départ deKen Thompson. Le développement fut également rejoint par Alan Snyder, Steven C. Johnson, Michael Lesk dans cette période allant de 1973 à 1977[23].
Plus tard, avec l'arrivée de nouveaux terminaux, Joy écritvi (l'éditeur visuel), une surcouche deex. L'été 1978, laSecond Berkeley Software Distribution ou 2BSD voit le jour[24].
Le projet Sol de l'IRIA en France, décliné sur SM90, Mitra 15 et Systime
À l'IRIA enFrance,Michel Gien est nommé en 1979 responsable du projet pilote SOL destiné à mixer les efforts industriels et recherche publique autour d'un système compatible avec SOL, unsystème d'exploitation Unix. En 1979-1983, il a étudié la portabilité des systèmes d'exploitation, en commençant par le miniordinateurMitra 15, qui datait de mai 1971, puis avec son successeur, le Mini 6 de la CII-HB[25]. Son amiHubert Zimmermann, autre ex-cadre duréseau Cyclades part en 1980 au CNET, centre de recherche des PTT, où il étendant la démarche sur unestation de travail à structure modulaire multiprocesseur sous UNIX, la SM90[26], conçue en interne entre 1980 et 1981, avec la collaboration de la SEMS, qui préfigure la série de machines à vocation industrielle[27].
Un autre polytechnicien passé par le CNET,Christian Huitema y a participé aussi à partir de 1980, pour les protocoles réseaux de la SM90 tout en ayant travaillé au projet NADIR d'évaluation des réseaux satellite avecJean-Louis Grangé, autre ex-cadre duréseau Cyclades et toujours farouche défenseur du « datagramme »[28]. Les ingénieurs informaticiens du CNET basés au CCETT de Rennes, spécialistes des images de synthèses, y développent sur SM90 Unix en 1979 "la première machine au monde capable de visualiser 400 polygones en couleur et en temps réel", le Cubic, qui sera commercialisé par la sociétéTelmat. À la même période arrive UNIX V7,« première version réellement portable »[29], immédiatement adoptée par les développeurs duminiordinateurDEC PDP-11[29] et encore« quelque temps, libre de droits »[29], ATT découvrant vite, ensuite,« qu'on peut gagner de l'argent avec les licences UNIX »[29]. Cette version« vise la simplification, peu d'abstractions et une certaine élégance »[29].
Michel Gien avait contacté dès 1979 le CNAM pour faire essaimer la même démarche. En octobre 81, il a invité à l'IRIA leCIGREF, association des entreprises utilisatrices, pour une présentation de l'avancement du projet SOL, pendant que ses amis au Cnam s'occupent au même moment, en septembre 1981, de lancer des études[30] pour mettre sur pied un projet de mise en réseau de divers ordinateurs, afin de partager le dynamisme de la communauté Unix d'Amsterdam et de créer à l'horizon 1983Fnet premier « réseau expérimental de systèmes Unix » en Europe[30], en tant que branche française d'EUnet[30].
Mais en France le marché "était encore balbutiant et limité aux chercheurs informatiques et à quelques grandes entreprises publiques comme les PTT et EDF"[31]. Ils ne seront que peu à peu rejoints par des utilisateurs souhaitant "sortir du carcan des systèmes propriétaires des grands constructeurs" informatiques[31] et" "profiter d'outils nouveaux", disponibles sur Unix, tout particulièrement les Systèmes de gestion de bases de données (SGBD) relationnels (Ingres, Informix et Oracle)[31]. Dans l'attente de cette évolution, les composants d'un ordinateurVAX ont été importés discretement au Cnam, pour un prix 1,5 fois moins élevé que l'ordinateur DEC[30] alors en pointe pour Unix, grâce à un assembleur britannique Systime[30], puis assemblés en décembre 1981[30], afin aussi d’éviter un blocus américain, probable après l'affaire Farewell[30]. Il sera relié au Centrum voor Wiskunde en Informatica (CWI), Centre de Mathématiques d’Amsterdam aux Pays-Bas[32], lui-même en liaison avec les États-Unis, en Virginie[33], via le protocole UUCP (Unix to Unix Copy Protocol)[30], permettant aux abonnés français de participer à la communauté internationale de recherche Unix[30] grâce aux réseaux de données européenEUnet et au service d’échange de messagesUsenet[30] et aura même un rôle derouteur. Uneassociation Française des Utilisateurs d’Unix et des systèmes ouverts (AFUU) est fondée en 1982, alors que Fnet n'a pas encore ouvert et que le Cnam est chargée d'héberger l'édition 1982 de la conférence internationale des associations Unix, animée par l'équipe d’Amsterdam, connectée depuis 1978 aux réseaux UUCP américains et assurant la coordination de UUCPnet en Europe. Michel Gien, présent dans "les réseaux directs des Unixiens du Cnam" y contribue. Humberto Lucas et Bernard Martin installen en 1983 la passerelle Fnet au Cnam mais le premier part dès 1984 et Fnet aussi, pour un bref passage à l’IRCAM, chez Michel Fingerhut[33].
Décembre 1979 première distribution sur VAX de DEC
Lors de la publication de 3BSD à la fin des années 1970[37], laDARPA américaine prend connaissance des avancées de l'Université de Berkeley et décide d'utiliser Unix pour ses projets. De nombreux ingénieurs espèrent alors des standards innovants face au monopole IBM.Bob Fabry propose donc une version augmentée de 3BSD de Berkeley, tandis que la version 7 d'Unix, publique et sans coût pour les universitaires, "la première version réellement portable"[29], est immédiatement adoptée par les développeurs duminiordinateur DECPDP-11[29] car encore "quelque temps, libre de droits"[29], AT&T découvrant vite, ensuite, "qu'on peut gagner de l'argent avec les licences UNIX"[29]. Cette version, issue en partie des conceptsMultics[29], "vise la simplification, peu d'abstractions et une certaine élégance"[29]. Mais pour être indépendant durablement de cette licence AT&T, il faut réécrire l'OS : c'est leprojet SOL deMichel Gien à partir de 1979 à l'INRIA, en France[30], rejoint par le CNET en 1980 et par le laboratoire d’informatique du Cnam, que le projet SOL a sollicité dès 1979[30].
Aux États-Unis entre-temps, en, un contrat de 18 mois est signé avec laDARPA américaine[38] en charge d'Arpanet. Puis le géant américainXerox, très investi dans les réseaux locaux LAN viaEthernet, lance en novembre 1980, XNS, un modèle de réseau qu'il avait développé dans les années 1970[39], dans le cadre du système de réseau Xerox 8000, avec un codageTCP/IP "destiné à prouver sa viabilité et non sa fonctionnalité opérationnelle"[40], faisant valoir qu'il est conçu "pour être transporté sur des installations de transport" à des vitesses de multi-mégaoctets par seconde, alors que TCP sur un réseau local est "deux fois plus lent"[40]. Ainsi, un an après, en octobre 1981, la pression du marché sur Xerox pour rendre XNS public "a augmenté"[40], au moment où il présente cette fois un autre fruit de ses célèbres labos, poste de travail conçu pour être un bureau électronique, "pionnier de l’interface utilisateur à icônes" mais jugé "trop cher"[40].
L'année suivante, la DARPA doit attribuer sept contrats pour créer le code hôte TCP/IP, NCP devant céder la place le1er janvier 1983 par décision gouvernementale,Arpanet étant désormais "le réseau le plus important de l’époque". La société d'ingénierie BBN, détentrice en septembre 1968 du premier contrat Arpanet, en décroche un autre pour le rendre compatible TCP/IP, dans le but d'éviter que chaque site hôte crée sa propre version de TCP/IP. BBN a ensuite donné son code à un jeune universitaire,Bill Joy de l'Université de Berkeley, qui vient juste de soutenir sathèse dedoctorat, se propose dans l'équipe formée parBob Fabry, pour l’intégrer dans la version améliorée d’Unix.John Postel a publié le standard TCP/IP dans lesRequest for comments d'Arpanet numéros 791 et 702 en septembre 1981 et la création de ports d’hôte a commencé ensuite[40].
Le TCP/IP fonctionne alors avec Ethernet carBill Joy réécrit le code pour l'ordinateurVax[40] , successeur des PDP et "fer de lance du constructeur"Digital Equipement (DEC)[41], peu de temps avant de fonder en février 1982Sun Microsystems, avecVinod Koshla, à l'Université de Stanford. Ainsi, "le port UNIX de Joy était sur leVax"[40] et en janvier 1983, après 13 ans chezDigital Equipement[41], le Français Bernard Lacroute est embauché pour le "développement de produits" chez Sun[41], qui compte déjà 122 salariés dont 25 ingénieurs pour 8,5 millions de dollars de chiffre d'affaires[41], qui va centupler en cinq ans[41].
D’autres constructeurs ont porté le code sur d’autres ordinateurs[40]: quasiment du jour au lendemain, XNS fait ainsi face à un "produit concurrentiel non limité par la libération de fonctionnalités de couches supérieures"[40], ce qui facilite la diffusion de TCP/IP, d'autant queRobert Kahn a "conclu avec Gordon Bell et Sam Fuller de DEC" un accord pour qu'ils vendent "des VAXs groupés à des prix très bas aux universités"[40] dans le souhait explicite que "les gens explorent des façons intéressantes de faire l’informatique distribuée" chez eux car "cela allait être la vague du futur". Il lui demande simplement à DEC de garantir que ces machines ne seront pas utilisées "comme des systèmes de temps partagé autonomes"[40].
Le code TCP/IP est cependant accessible "essentiellement gratuitement" car l'Unix Berkeley se vend seulement 32 000 dollars[40]. Parmi les nouveaux acteurs de cette concurrence,Sun Microsystems entrera en Bourse dès 1986, avec un chiffre d'affaires déjà monté à 430 millions de dollars, en prenant la tête du marché des stations de travail pour ingénieurs américains[42] après avoir élaboré en 1984 sa propre technologie NFS, qui se veut "un standard pour le partage de fichiers en réseau"[43].
Les versions d'Unix se succèdent jusqu'à 4.1BSD. Satisfaite, la DARPA signera pour deux ans supplémentaires. Le budget est presque multiplié par cinq, le nombre de personnes impliquées croît vite. Unsteering committee se réunit deux fois par an entre et. Il inclut:
Bob Fabry, Bill Joy et Sam Leffler de l'UCB,Dennis Ritchie des Bell Laboratories, Duane Adams et Bob Baker de la DARPA ;
du personnel et des élèves de plusieurs autres universités, en particulierStanford,Carnegie-Mellon et l'UCLA.
Rob Gurwitz, l'ingénieur de BBN responsable de l'implémentation de TCP/IP,
Pour synthétiser ces réunions, ce dernier publie la première implémentation des protocolesTCP/IP, ceux d'Internet.Bill Joy l'aurait ensuite intégrée au système en ajustant les performances. Le résultat sera souvent considéré comme l'implémentation de référence, reprise beaucoup plus tard parMicrosoft pour actualiserWindows, grâce à lalicence BSD très permissive sous laquelle BSD est publié.
En, publication de 4.2BSD, première version qui inclut la nouvelle pile TCP/IP[44], très populaire et plus vendue que toutes les autres distributions réunies, y compris le System V d'AT&T[45], ce dernier n'ayant ni la communication par réseau ni le système de fichiersFFS (Berkeley Fast File System). Entre-temps, Mike Karels remplace Sam Leffler, parti chezLucasfilm, qui lui-même avait succédé à Bill Joy parti à l'été 1982 chez Sun Microsystems[46], constructeur informatique "pur Unix", fondé en février 1982.
Au milieu des années 1980, TCP/IP, n'est "pas encore important", sa généralisation sur Arpanet ne datant que de 1983[31]. C'est après que la synergie entre UNIX et TCP/IP devient "un point capital pour l'histoire" avec distribution gratuite de BSD 4.2 et suivantes à partir de 1983 par l’Université de Berkeley, avec support du protocole TCP/IP, qui accéléra le développement de l’Internet[31].
Se livrait dans lesannées 1980 une "guerre des piles protocolaires" d'Unix qui "oppose un modèle normalisé à l'ISO et dénommé OSI", connu et apprécié en Europe[29], à celui de TCP/IP[29], d'où une "absurde prolifération des piles propriétaires, chaque constructeur ayant la sienne"[29], y compris et surtout le très ambitieux Sun Microsystems, soucieux de rejoindre un quinté de tête mondial, ce qui coûte "des fortunes pour faire de trop nombreuses passerelles plus ou moins dysfonctionnelles", aux uns et aux autres[29]. C'est l'enjeu compris par les utilisateurs qui s'intéressent alors de plus en plus aux débats dusteering committee lancé en avril 1981.
Ainsi en 1984, des ateliers réunissant bien plus de personnes prennent le relais. Cette année-là, 100 000 installations Unix dans le monde, qui "tournent sur un éventail de machine assez large"[47]. Pour favoriser cette portabilité et cette ouverture, la CEE voulait une normalisation de l’interconnexion des systèmes ouverts (OSI) via "une coopération régionale pour en développer des implémentations prototypes portables sous Unix" dans le cadre d' un " programme stratégique européen" nommé ESPRIT (« European Study Program in Information Technology »).
Afin de promouvoir "le développement des systèmes ouverts, et faciliter la propagation d’Unix", la plate-forme X OPEN est créée en 1984 par Bull, ICL, Siemens, et Olivett[31] i. INRIA, CNET et Bull créent parallèlement en 1984 ausi un Groupement d’intérêt public, le GIPSI-SM 90, pour faciliter les applications sous Unix, présidé par Jean-François Abramatic, futur président du World Wide Web Consortium une décennie plus tard[31].
En 1985, 4.3BSD est annoncé[48]. De nouvellesarchitectures matérielles deviennent supportées, et, avec la version 4.3-Tahoe, le noyau est scindé en parties dépendantes et indépendantes du matériel.
Début 1992, des poursuites sont lancées par Unix System Laboratories (USL), composante d'AT&T chargée de développer et vendre Unix. Elles visent Berkeley Software Design, (BSDI), qui vend une version commerciale[49] mais n'aboutissent pas, et entre temps USL est vendu par AT&T àNovell.
Éditeur de systèmes pour entreprise, Novell est alors numéro 2 mondial du logiciel derrièreMicrosoft, et très actif sur le marchés des réseaux d'ordinateurs internes aux entreprises. Il prend aussi à l'époque 15 % du capital de la société française Chorus Systèmes, fondée en 1986 sur le marchés des OS Unix parHubert Zimmermann[50], après avoir racheté Unix Systems Labs à ATT en 1993[50], pour le décliner enmicro-noyaux Chorus[50], en prévision d'une élargissement d'Internet à des applications embarquées et au téléphone mobile[50].
Finalement, un accord est trouvé en :
2 fichiers sur 18 000 sont retirés de Net/2 ;
des changements mineurs sont faits sur d'autres fichiers ;
une notice de copyright est ajoutée à environ70 fichiers (qui restent librement distribuables).
En, FreeBSD 2.0 sort avec les nouveaux fichiers de Net/2, alors appelée 4.4BSD-Lite, et des éléments de 386BSD.
Jusqu'à 4.3BSD-Tahoe, la licence AT&T s'applique toujours aux sources, qui sont toujours distribuées. Les utilisateurs participent activement au développement et améliorent progressivement le code original d'AT&T. La licence d'AT&T sur les sources étant devenue excessivement chère, les dernières sources originales ont été nettoyées du code d'AT&T et en, la première BSD libre, laNetworking Release 1 ou Net/1 est publiée.
La licence est volontairement très libérale : le logiciel peut être redistribué ou vendu, avec ou sans modification des sources, sous formebinaire (compilée) ou non. Les notices de copyright dans les sources doivent être laissées intactes, et la documentation doit mentionner l'origine du code (l'université de Californie à Berkeley, UCB).
Net/1 alors coûte 1 000 dollars à l'UCB pour la bande magnétique qui le transporte. Net/1 est mis à disposition par connexionFTP (file transfert protocol) anonyme (pas de mot de passe requis).
Le système de mémoire virtuelle du système d'exploitation MACH de l'université Carnegie-Mellon est importé et 4.3BSD-Reno sort début 1990[51].
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.Votre aide est la bienvenue !Comment faire ?
L'incompatibilité grandissante entre les nombreuses variantes d'Unix proposées par les différents éditeurs pour les différentes machines porte peu à peu atteinte à la popularité et à la diversité des systèmes Unix. De nos jours, les systèmes Unixpropriétaires, longtemps majoritaires dans l'industrie et l'éducation, sont de moins en moins utilisés. En revanche, trois systèmes de type Unix basés sur BSD (FreeBSD,NetBSD etOpenBSD) d'une part, et le systèmeLinux, compatible Unix, d'autre part, ainsi quemacOS (anciennement OS X, basé surDarwin), occupent une part de marché de plus en plus importante, permettant à Unix de concurrencer l'autre grande famille d'OS (propriétaire),Windows NT.
Bill Jolitz à partir deNetworking Release 2 publie 386/BSD, destiné à une architecturePC (386), mais est vite débordé quant à sa maintenance. Quelques mois après sa publication, des utilisateurs de 386BSD forment le groupeNetBSD, et rassemblent leurs ressources pour maintenir et améliorer ce système. Leurs objectifs sont alors de faire en sorte que NetBSD fonctionne sous n'importe quel matériel. Le public cible de NetBSD est des développeurs-administrateurs de haute technicité.
Encore quelques mois plus tard, le groupeFreeBSD se forme et décide lui de se focaliser sur l'architecture PC. En, grâce au soutien de Walnut Creek CDROM, FreeBSD 1.0 est publié.
GNU est un système d'exploitation lancé en 1983 parRichard Stallman dans le but de fournir un équivalent d'Unix composé uniquement delogiciel libre[52]. Bien que compatible avec Unix, GNU s'en démarque notamment par sa grande utilisation duLisp[53].
En 1991, alors que leHurd (lenoyau de GNU) tardait à devenir opérationnel, lenoyau Linux(voir ci-dessous) fut créé. Il fut publié en 1992[54], permettant ainsi, pour la première fois, l'utilisation d'un système d'exploitation entièrement libre : une variante de GNU utilisant le noyau Linux, couramment appelée Linux par métonymie, ou plus rarement GNU/Linux[a],[54].
GNU et Linux sont utilisés sous la forme dedistributions qui les accompagnent de logiciels supplémentaires. Parmi les distributions les plus populaires, on compte notammentDebian,Ubuntu,Linux Mint,Red Hat,Fedora etArch. Parmi ces six distributions, seules deux proposent, à la place de Linux, l'utilisation du Hurd :Debian etArch. De plus, Debian propose d'utiliser deux noyaux issus de la famille des BSD avec les distributionsDebian GNU/kFreeBSD etDebian GNU/NetBSD.
En 1991,Linus Torvalds, un étudiant finlandais, décide de concevoir, sur le modèle deMinix, un système d'exploitation capable de fonctionner sur les architectures à base de processeurIntel 80386. Lenoyau, qui était alors au stade expérimental, devait être généré sur un systèmeMinix.
Le nom deLinux vient de la personne qui hébergeait le projet pour sa diffusion (version 0.0.1) et non d'un choix de Linus. Il voulut un temps rebaptiser son systèmeFreax, mais il était trop tard, Linux s'était déjà imposé auprès des aficionados. Linux ne contient aucun code provenant de UNIX, il en est juste inspiré, et complètement réécrit. D'autre part, Linux est unlogiciel libre.
Linux lui-même n'étant qu'un noyau, il nécessite d'être accompagné d'autres logiciels pour former un système d'exploitation. Une des possibilités les plus populaires est l'utilisation de Linux en tant que noyau du système d'exploitationGNU pour constituer un système désigné sous le nomGNU/Linux ou simplementLinux[a]. Plusieurs entreprises ou associations distribuent Linux et GNU accompagnés d'un ensemble cohérent de logiciels ; on appelledistribution Linux un tel système.
Unix est à l'origine demacOS (précédemment Mac OS X), l'actuelle version du système d'exploitation d'Apple. macOS, commeDarwin est basé sur le noyauXNU, un dérivé du micro-noyauMach.
En, la version 10.5 (Leopard) deMac OS X sur Intel a reçu la certificationUNIX 03 de l'Open Group[55].
Dès 1977, AT&T mit les sources d'Unix version 6 à la disposition d'autres entreprises. Ainsi, tandis que l'opérateur téléphonique poursuivait ses développements avec laversion 7 puis leSystem V, un grand nombre de dérivés d'Unix furent développés :
Solaris (appelé SunOS jusqu'en 1991), développé en 1981 parSun Microsystems sur la base deBSD 4.1c[21] . En 1992 sort Solaris 2, nouvelle version basée sur la version 4 deSystem V (SVR4).
Au milieu desannées 1980, un professeur américain installé auxPays-Bas,Andrew Tanenbaum, développa un système d'exploitation minimal, baptiséMinix, afin d'enseigner les concepts des systèmes d'exploitation à ses étudiants ; la première version fut publiée en 1987, et était accompagnée d'un livre détaillant la conception du système[60],[61]. Un projet similaire nomméXINU (pourXinu Is Not Unix) fit aussi son apparition dans lesannées 1980 sous la direction deDouglas Comer[62].
Le grand nombre de variantes d'Unix, chacune ayant ses spécificités, permet aux systèmes Unix d'être utilisés dans un grand nombre d'environnements différents.
Plusieurs systèmes d'exploitation pour appareils mobiles (smartphones,tablettes,PDA…) sont des systèmes Unix. On peut citer en particulieriOS etAndroid, qui se partagent plus de 85 % du marché des smartphones[63],[64].
Depuis,Linux est le seul système d'exploitation utilisé par les 500supercalculateurs les plus puissants du monde. Les autres systèmes Unix équipaient encore quelques-uns de ces ordinateurs en 2016[65]. Entre1995 et2000, les systèmes Unix autres que Linux (notammentBerkeley Software Distribution,Solaris,AIX,UNICOS etHP-UX) équipaient plus de 90 % de ces ordinateurs[66].
La philosophie des constructeurs de stations et serveurs Unix a été au départ de développer un système d'exploitation pour pouvoir vendre leurs machines, en y ajoutant, si possible, un petit « plus » pour se démarquer de la concurrence. C'était oublier que les parcs Unix sont le plus souvent hétérogènes et que toute différence d'une machine à l'autre, même créée avec la meilleure intention du monde, menace l'interopérabilité donc constitue un risque réel de contre-productivité car contraignent les informaticiens à de nombreuses manipulations fastidieuses afin d'interconnecter les systèmes.
C'est une des raisons pour lesquelles nombre de ces constructeurs proposent désormais le système Linux avec leurs serveurs. Toutefois, les différences entre les différentesdistributions Linux posent souvent les mêmes problèmes, quoiqu'à un niveau moindre.
Certains logiciels deconception assistée par ordinateur ont longtemps été disponibles pour des stations de travail Unix uniquement, mais, ce marché se réduisant, sont également devenus disponibles pour d'autres systèmes. C'est par exemple le cas deCATIA, utilisé notamment par de grands constructeurs industriels commeDassault Aviation,PSA Peugeot Citroën[68] ouBoeing[69], qui fonctionne sousMicrosoft Windows depuis laversion 5[70] dont la version Unix a été abandonnée depuis laversion 6[71].
Le grand nombre de systèmes Unix développés sur la base du System V de AT&T ou bien deBSD conduisit des membres du groupe d'utilisateurs/usr/group, qui a pris depuis le nom de UniForum, à forger un standard UNIX dès 1980 afin d'assurer une portabilité maximale entre les différents systèmes[72] :
en 1984 ce groupe publie lestandard /usr/group[72],[73].
En 1985, AT&T publie SVID (System V Interface Definition), qui décritSystem V[75]. Cette première définition est différente de POSIX.
À la même époque, un consortium de constructeurs (Sun,IBM,HP,DEC,AT&T,Unisys, ICL, etc.) publie le standardX/Open Portability Guide Issue 3 (XPG3). Ce standard s'occupe tout particulièrement des différences issues de la localisation géographique (date, alphabet, etc.).
Aujourd'hui, la marque déposée UNIX est détenue par l'Open Group. Pour obtenir l'autorisation d'utiliser officiellement cette marque pour un système d'exploitation, il faut que celui-ci soit conforme à laSingle UNIX Specification[76].
↑(en) « Unix: An Oral History » :« In 1980, a survey conducted by the Computer Science Research Network (CSNET) of academic institution revealed that over 90 percent of all departments were served by one or more Unix systems. ».
↑"La recherche au CNET dans les années 1980", par Jean-Pierre Poitevin, dans la revueEntreprise et histoire" en 2010
↑"Histoire d'un pionnier de l'informatique: 40 ans de recherche à l'Inria". Livre d'Alain Beltran et Pascal Griset en 2007[3]
↑"Au cœur de la première connexion française à l’ARPAnet" dansInyerstices le 29/10/2019 par Walid Dabbous[4]
↑abcdefghijklmn eto"La recherche sur les systèmes : des pivots dans l’histoire de l’informatique", coordonné par Camille Paloque-Berges et Loïc Petitgirard, dans lesCahiers d’histoire du Cnam en 2017[5]
↑abcdefghijk etlIsabelle Astic. Le mini-ordinateur Systime 8750. Cahiers d’histoire du Cnam, 2017, La recherche sur les systèmes : des pivots dans l’histoire de l’informatique, vol.07 - 08 (1), pp.57-62. ffh[6]
↑abcdef etgMichel Élie, Philippe Picard. Unix et les systèmes ouverts dans Bull, avant l’Internet. Cahiers d’histoire du Cnam, 2017, La recherche sur les systèmes : des pivots dans l’histoire de l’informatique, vol.07 - 08 (2), pp. 163-171.[7]
↑Camille Paloque-Bergès. Genèse socio-technique des réseaux Internet en France : une histoire extrainstitutionnelle, en 2015[8]
↑a etb"Unix, Fnet, l’Internet". Article du 25 octobre 2022. Témoignage de l'utilisateur Laurent Bloch[9]
Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « FreeBSD »(voirla liste des auteurs).
Certains passages de cet article, ou d'une version antérieure de cet article, sont basés sur l'article suivant :Introduction aux systèmes UNIX,Comment ça marche ?. L'article d'origine porte la mention suivante