Étudiants universitaires : détail de la tombe deGiovanni da Legnano.L'entrée d'étudiants dans la section allemande de l'université de Bologne, laNatio Germanica Bononiae,miniature de 1497.Étudiante de l'université en 2016.
L'université de Bologne (italien :Alma mater studiorum - Università di Bologna,UniBo) est uneuniversité italienne publique. Fondée en1088, elle est souvent considérée comme la plus ancienne université dumonde occidental, en fonction des sources et de la définition du concept d'université[1],[2],[3],[4].
Elle est lapremière institution à utiliser le terme « université » (en latinuniversitas) ainsi que la première université reconnue comme telle par lepape[5]. Sa devise estPetrus ubique pater legum Bononia mater,« Saint Pierre est partout le père des lois, Bologne en est la mère ».
L'université deBologne a plus de 100 000 étudiants (un quart de la population de la ville de Bologne) et presque 3 000 professeurs ce qui en fait l'une des plus grandes d'Europe. Depuis sa fondation, elle a attiré un grand nombre d'universitaires et d'étudiants provenant de toute l'Italie et du monde entier, ce qui la confirme comme l'une des plus importantes institutions universitaires[6],[7].
Son histoire croise celle de grands personnages qui œuvrèrent en matière de sciences et de lettres ce qui fait d'elle une référence dans le panorama de la culture européenne.
Un comité d'historiens présidé parGiosuè Carducci a fixé, par convention, la fondation de cette université à l'année 1088. L'institution appelée jadisStudium naît donc à Bologne en cette fin duXIe siècle quand des étudiants étrangers s'associèrent pour former des sociétés estudiantines dans le but de l'entraide face auchâtiment collectif pratiqué à l'époque. Ensuite elles firent appel aux maîtres grammairiens, desarts libéraux et dethéologie des établissements d'enseignement laïc ainsi que religieux afin d'enseigner le droit. Les réunions scolaires (ouscholae) tendaient à se regrouper de manière informelle. Les premiers professeurs documentés sontPepone etIrnerius, ce dernier considéré par la postérité commelucerna juris[8].
À la demande de quatre docteurs de cette université, l'empereur romain germaniqueFrédéric Barberousse visite la ville de Bologne et promulgue en1158, (ou peut-être dès1155) l’Authentica habita qui fait de l'université, selon la loi, un lieu où la recherche se développe indépendamment de tout autre pouvoir. Cette constitution assura une protection directe aux étudiants en déclarant qu'« Ils ne seraient soumis uniquement à l'autorité de leurs maîtres ou de l'évêque de Bologne », plutôt qu'aux autorités civiles locales. Au cours de cette visite, il a rencontré les maîtres et les étudiants de la Faculté de Droit de Bologne. Les étudiants réclament la liberté de mouvement, leur permettant d'aller et venir sans entrave et de vivre en sécurité tout en poursuivant leurs études.
C'est le début de l'indépendance des universités vis-à-vis de l'État et de la création des associations étudiantes. Chaque association est dirigée par un recteur, étudiant avec plusieurs années de vie étudiante. Le recteur est élu par les étudiants et possède des qualifications spécifiques telles qu'être âgé d'au moins vingt-deux ans, de naissance légitime, avoir une bonne réputation et, de préférence, disposer de ses propres biens pour couvrir les dépenses. Le recteur a un rôle particulier, présidant le Conseil des Nations et le Tribunal universitaire. Ils engagent également des négociations avec les autorités de la commune civitatis.
Lesnations universitaires apparurent vers1180 à l'université de Bologne. Celle-ci comprenait deux nations, les cismontains (regroupant les sous-nations lombardes, toscanes et siciliennes) et les ultramontains (regroupant treize sous-nations de l'Europe chrétienne)[9],[10]. Cependant, chaque nation était subdivisée en sous-nations, respectivement 17 pour les cismontains et 14 pour les ultramontains.
De nouvelles chaires sont créées pour l’enseignement de la rhétorique (1439), des langues orientales (1464), des mathématiques (1545) et du grec (1455) Les universités ont commencé à s'organiser en différentes facultés ou départements. Une université typique aurait une faculté des arts et une ou plusieurs facultés dédiées à des matières telles que la théologie, le droit de l'Église, le droit romain ou la médecine. Chaque discipline a commencé à avoir ses propres manuels importants que les étudiants étudiaient.
Les universités ont également établi des méthodes d’enseignement communes utilisées dans différentes disciplines. Les cours étaient donnés par des professeurs qui commentaient des textes spécifiques, fournissant des explications et des interprétations. Les disputes (discussions) étaient une autre méthode importante par laquelle les étudiants et les universitaires s'engageaient dans des débats, prenant différents côtés d'un argument.
Les chercheurs qui ont travaillé dans ce contexte universitaire ont commencé à développer des modes de pensée nouveaux et innovants dans divers domaines d’études, contribuant ainsi à l’avancement des connaissances et de la compréhension.
↑L'étude de la mobilité des professeurs de l'Université de Bologne ainsi que d'autres universités européennes, est l'un des objectifs du projet de recherche UTHC financé par leConseil Européen de la Recherche/ERC. Plus précisément, ce projet étudie comment le capital humain des professeurs universitaires et des savantes a été déterminant pour la croissance et le développement de l'Occident. Pour une description synthétique de l'ensemble des professeurs et des savantes qui ont enseigné à l'Université de Bologne, voirDavid de la Croix et Mara Vitale. (2021).Literati à l'Université de Bologne (1088-1800).Repertorium Eruditorum Totius Europae/RETE, 1:1-10.
↑Hermann Fitting,Die Anfänge der Rechtsschule zu Bologna, Berlin et Leipzig, J. Guttentag,