L’université Charles (entchèque :Univerzita Karlova, en latin :Universitas Carolina) est uneuniversitétchèque fondée àPrague en 1347-1348, ce qui en fait la plus ancienne université d'Europe centrale.
Elle est aussi considérée comme la plus ancienneuniversité allemande, du fait de ses origines : à l'époque de sa fondation par Charles de Luxembourg, roi de Bohême et bientôt empereur sous le nom deCharles IV, Prague était en train de devenir la capitale du monde germanique et duSaint-Empire.
Détail de l'insigne volé de l'université Charles. De gauche à droite : sceptre de la faculté de théologie, sceptre de la faculté de droit, sceptre du recteur, sceptre de la faculté de médecine et sceptre de la faculté de philosophie.Façade de l'aula.
Des sources citent 1348 pour année de cette fondation, car c'est le de cette année que le roi de Bohême CharlesIer, en passe d'être confirmé sur le trône impérial sous le nom deCharles IV, publia unebulle d'or garantissant les privilèges de l'université. On peut aussi considérer labulle du papeClément VI en date du comme primordiale et celle de Charles comme une confirmation de l'exemption de l'autorité séculière.
Fondée sur le modèle des universités deParis — ce que ses lettres de fondation mentionnent explicitement[2] — et deBologne, l'université Charles ouvrit ses portes en 1349.
L'archevêqueErnest de Pardubice prit une part importante dans les débuts de l'université en obligeant le clergé à contribuer aux enseignements. Au départ, l'université est divisée en sections bavaroise, tchèque, saxonne et polonaise aussi appeléesnations.
En 1407, l'université condamna l'enseignement des théories deJohn Wyclif mais sa doctrine grandit en popularité.Jan Hus, doyen et recteur de l'université, avait traduit leTrialogus de Wyclif en tchèque. Les autresnations décidèrent de se ranger auprès du papeGrégoire XII mais Hus sut utiliser l'opposition du roiVenceslas à Grégoire XII et obtint, en 1409, que lanation tchèque eut trois voix lors des votes décisifs sur l'administration de l'université, les autresnations n'en bénéficiant que d'une voix chacune. Ceci provoqua le départ des professeurs allemands[3],[4] qui fondèrent l'université de Leipzig en.
L'université perd alors la majorité de ses étudiants et de sa faculté et décline pour devenir un établissement au rayonnement tout au plus national. Pendant quelques décennies aucun titre n'est distribué. Il faut attendre l'empereurSigismond puis surtoutRodolphe II qui fait de Prague sa capitale, pour voir l'université renaître de ses cendres. Dans le cadre des efforts liés à laContre-Réforme,FerdinandIer demande auxJésuites de venir à Prague où ils ouvrent une académie, leClementinum. Après une expulsion temporaire (1618-1620), ils reviennent et un décret impérial leur confie, en 1622, l'intégralité du système éducatif en Bohême, Moravie et Silésie. Les quatre derniers professeurs quittent le Carolinum et les neuf collèges restants vont alors aux Jésuites en même temps que le droit de remettre les diplômes et d'appointer des professeurs séculiers. Les étudiants doivent alors, pour recevoir leur diplôme, jurer de défendre l'Immaculée conception. Les réformes administratives et universitaires autrichiennes des années 1752 et 1754 finissent d'abolir les derniers privilèges garantis par la Bulle d'or fondatrice de l'université Charles. Ce n'est qu'à partir des premières années duXIXe siècle que les protestants, suivis rapidement des juifs, peuvent être diplômés.
Un professorat tchèque est progressivement mis en place et en 1863, sur les187 cours donnés, 22 le sont en tchèque ; le reste l'étant en allemand. En 1882, suivant la pression de la bourgeoisie tchèque montante et du renforcement du sentiment national, l'université (alors appelée Carolo-Ferdinandea) est divisée en deux entités, l'une tchèque, l'autre allemande, totalement indépendantes l'une de l'autre.
En 1909, le nombre des étudiants de laKarlo-Ferdinandova univerzita atteint 4 300 alors que ceux de laKarl-Ferdinand Universität est de 1 800. Les deux institutions continuent de travailler en parallèle jusqu'en 1939. La partie tchèque de l'université (en même temps que d'autres institutions de l'enseignement supérieur tchèque) est fermée le à la suite de manifestations estudiantines ; certains étudiants, des professeurs sont envoyés encamp de concentration, les leaders estudiantins exécutés. La partie allemande est promue université duReich.
À la fin de la guerre en 1945, les nazis ont volé les insignes de l'université (la chaîne du recteur, les sceptres des différentes facultés, le sceau de l'université, ainsi que des documents historiques de la fondation, des livres et des documents historiques). Aucun de ces objets historiques n'a été retrouvé à ce jour[5].
Elle sera liquidée en 1945 à la suite desdécrets Beneš qui expulsent les Allemands du territoire de laTchécoslovaquie.
L'après-guerre n'est guère plus propice au développement de l'université Charles. Dès 1948 et la prise de pouvoir par les communistes, l'université passe sous le contrôle idéologique du parti et des purges dans le professorat sanctionnent toutedéviance, elles se répètent avec régularité, en particulier lors de la période de « Normalisation » qui suit lePrintemps de Prague. En janvier 1990, à la suite de larévolution de Velours qui débuta par une révolte estudiantine, la direction de l'université est refondue et réunit des personnalités académiques indépendantes et non compromises sous l'ancien régime communiste. Les sciences sociales, jusqu'alors sous l'empire de l'idéologie communiste, sont regroupées au sein d'une faculté (FSV) nouvellement créée.
En 2019, l'université Charles compte près de 42 400 étudiants (dont 6 000 doctorants), soit un cinquième des étudiants de la Tchéquie.
Le, l'université fait l'objet d'unefusillade, provoquant plus de dix morts et une vingtaine de blessés[6].