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Union du Croissant fertile

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L'unification du Croissant fertile est un projetpanarabiste visant à l'union des pays de culture arabe duCroissant fertile. Le projet existe au moins depuis lachute et lapartition de l'Empire ottoman par les puissances colonialesfrançaise etbritannique.

Définition

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Il existe globalement deux visions rivales du projet d'union du Croissant Fertile :

Les « frontières naturelles de la Syrie »

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Article détaillé :Parti social nationaliste syrien.
L'idée selon laquelle la Syrie possède des frontières naturelles a été popularisé dès la séparation des populations arabes du Croissant fertile avec la chute de l'Empire ottoman. Cette idée devient le fondement duParti social-nationaliste syrien fondé en1932 parAntoun Saadé, un réfugiélibanais en Syrie, fortement inspiré par les discours et ladémagogie d'Adolf Hitler enAllemagne. Selon lui, la Syrie devrait englober les territoires de laCilicie, de l'Irak, duKoweït, duKhouzistan, duLiban, laPalestine et leSinaï.
La « Grande Syrie » vue par Saadé
En1949, des rumeurs circulent comme quoi Saadé aurait participé aucoup d'État du colonelal-Zaïm. En effet, de dernier lui aurait assuré une certaine sécurité face au gouvernement libanais qui lui était hostile. Au lieu de ça, al-Zaïm livra Saadé au Liban et fut exécuté. Après son exécution le parti ira d'échec en échec mais il arrive tout de même à exister encore de nos jours.

Le plan « Croissant fertile »

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La proposition d'union de la maison hachémite.

De son côté leRoyaume hachémite d'Irak avait élaboré un plan, le plan « Croissant fertile » (ou Plan du Croissant fertile), afin d'unir l'Irak avec laSyrie mandataire, laPalestine mandataire et l'émirat de Transjordanie. Le premier ministre irakienNouri Saïd a pour la première fois présenté le plan augouvernement britannique lors de laSeconde Guerre mondiale alors que laFrance était trop affaiblie pour maintenir l'ordre en Syrie. Cette proposition n'a pas été retenue et n'est donc pas entrée en vigueur.

Plus tard, alors quela Syrie devenait petit à petit indépendante de la France, le gouvernement irakien versait despots-de-vin aux politiques syriens pro-union. LeParti du peuple, dont la priorité politique était le développement économique dans le nord de la Syrie, était partisan de cette union et avait commencé les échanges diplomatiques afin de la concrétiser. Cependant, leParti national syrien ainsi que des branches de l'armée étaient déterminés à boycotter cette union avec l'Irak puisque, bien que royaume indépendant, celle-ci avait la réputation d'être une « marionnette de l'Empire britannique » puisque la maison hachémite avait été imposée par le gouvernement colonial. Les Syriens ne désiraient pas vivre enmonarchie et encore moins dans un État pro-britannique.

À cette époque, la presse syrienne et la presse irakienne affirment que« Chaque pays [arabe] a prouvé qu'il était incapable de se défendre seul face àIsraël ou face à lamenace communiste »[1].

La période où le plan avait le plus de chance d'aboutir fut durant le régime du colonelSami al-Hinnaoui alors que leParti du peuple arriva en tête des élections législatives denovembre 1949, l'union avec l'Irak était une promesse de campagne du parti. La nouvelle assemblée ainsi que le gouvernement entamèrent des négociations afin d'achever le plan d'union et s'accordent sur une union en plusieurs étapes, la première étant "l'union de la défense, l'union de la représentation diplomatique et l'union économique des deux pays". Lors du régime de Housni al-Zaïm, il avait été convenu que les officiers syriens soient envoyés au Caire pour se former. L'accord fut abandonné après que des officiers ait été renvoyés par le gouvernement égyptien. Quelques jours après, un second accord fut immédiatement signé avec Bagdad afin d'entraîner les officiers au sein de la Force Royale Aérienne Irakienne.

À la fin desannées 1940, alors queMohamed Fadhel al-Djamali est le ministre des affaires étrangères d'Irak, il échangea secrètement avec le second secrétaire de l'ambassade américaine àBagdad. Djamali déclare que selon lui il existe trois pôles géopolitiques dans lemonde arabe :

Selon lui, un État unifié ou unefédération devrait être établi selon chacun de ces trois pôles afin que ces entités nouvellement créées puissent coopérer[2].

Les négociations seront stoppées par lecoup d'État du colonelAdib Chichakli endécembre 1949. Malgré le coup d'État, le premier ministre nommé par le parlement en1951,Nazem Koudsi, reste profondément pro-irakien. La même année, le premier ministreMaarouf al-Daoualibi (alors que le pays a changé 7 fois de premier ministre en un an) sera également arrêté par Chichakli pour le même motif.

Après la chute de Chichakli en Syrie,Sabri al-Assali devint premier ministre. Il aurait rencontré les dirigeants irakiens auLiban aux alentours du afin de programmer une invasion de la Syrie par l'Irak, mais il fut écarté du pouvoir quelques jours plus tard. À cette époque la Syrie commence à se rapprocher de l'Égypte dontla monarchie a récemment été renversée. Les Hachémites et le Parti social-nationaliste syrien, bien que rivaux, se sont donc mutuellement aidé voyant la Syrie leur échapper. Le régent d'IrakAbdelilah ben Ali avait contacté le Parti social-nationaliste syrien àBeyrouth et les a fournis en armes et en fonds. Cetteconspiration qui réunissait donc des pan-syriens, des syriens pro-Irak et des pro-Hachémites s'appela leMouvement syrien libre. Elle fut très brièvement menée par le colonelMohamed Safa, qui avait été dégradé par Chichakli, puis fut déjouée par les autorités syriennes et libanaises[3].

En guise de dernier effort, enfévrier 1958, treize jours après la proclamation de laRépublique arabe unie (l'union de l'Égypte et de la Syrie), lesrois d'Irak etde Jordanie, tous les deux membres de la maison hachémite, proclament laFédération arabe hachémite. Celle-ci existera jusqu'enaoût, date à laquellele roi Fayçal abdiquera.

Le, alors que la monarchie est renversée en Irak, le quotidien libanaisAl-Anwar assure que le plan d'union du Croissant fertile est« […] l'innovation de l'abominableimpérialisme britannique et de ses agents dans le monde arabe ». L'ambassadeur de Jordanie au Liban dénonce la presse libanaise pour son désaccord catégorique avec le plan d'union du Croissant fertile et la juge« ignorante ». Le quotidien conclura sur la question en disant :« Nous devons admettre que ce plan est comme un chat : Il a neuf vies. Il ne meurt pas facilement parce que derrière lui se cache le service de renseignement britannique »[4].

Notes et références

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  1. (en) Gideon Weigert, « "Fertile Crescent" Plan modified », surnli.org,(consulté le)
  2. (en) John R. Barrow, « Memorandum of Conversation, by the Second Secretary of the Embassy in Iraq »Accès libre, surhistory.state.gov(consulté le)
  3. (en) Daniel Pipes, « Greater Syria: The History of an Ambition »Accès libre, surbooks.google.fr, date de publication - 1990(consulté le)
  4. (en) Foreign Broadcast Information Service, « Daily Report, Foreign Radio Broadcasts, Numéros 247 à 248 - Jordanian envoy to Beirut attacks press »Accès libre, surbooks.google.fr,(consulté le)

Articles connexes

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