US-K etUS-KS constituent la première génération desatellites d'alerte précocesoviétiques puisrusses développée dans le cadre du programmeOko.86 satellites US-K ont été placés sur uneOrbite de Molnia entre 1972 et 2010 et7 satellites UK-KS, très proches dans leur conception ont été placés enorbite géostationnaire entre 1975 et 1997. Les US-K et US-KS peuvent uniquement détecter les tirs demissiles balistiques sol-sol. Le système ne devient opérationnel qu'en 1980. Les US-KS sont remplacés par lesUS-KMO, capables également de détecter les tirs demissiles balistiques mer-sol et dont le premier exemplaire est placé en orbite en 1991. Après une décennie de bon fonctionnement, la couverture assurée par ces satellites, n'est plus que partielle au début des années 1990 du fait d'une diminution du rythme des lancements. Les satellites US-K sont remplacés à compter de 2015 par une nouvelle génération de satellites baptisésToundra.
Les premiers travaux des soviétiques sur un système d'alerte précoce capable de détecter le lancement d'unmissile balistique intercontinental débutent en 1965 au sein de l'OKB-41. Le programmeOko débouche sur la réalisation dessatellites d'alerte précoce US-K. Ceux-ci sont lancés sur uneOrbite de Molnia très excentrique de 39 700 × 600 km qui nécessite la présence de quatre satellites régulièrement répartis pour permettre une observation continue de la zone visible depuis l'orbite (un peu plus d'un tiers de la planète). Du fait des limitations des détecteurs infrarouge soviétiques, les satellites ne peuvent observer les départs des missiles que sous un angle rasant, lorsque la Terre ne se trouve pas en arrière-plan. Le premier lancement a lieu le 19/9/1972. En tout86 satellites sont lancés entre 1972 et 2010 par le lanceurMolnia depuis lecosmodrome de Plessetsk[1],[2].
Pour compléter les observations des satellites US-K, les US-KS, aux caractéristiques identiques, sont placés à partir de 1984 enorbite géostationnaire où ils occupent lalongitude 24° leur permettant d'observer le territoire américain. Pour pouvoir atteindre l'orbite géostationnaire, ils sont lancés par un lanceurProton-K/bloc DM depuis lecosmodrome de Baïkonour. Sept satellites de ce type sont lancés entre 1975 et 1977[1],[2].
Au départ le programme rencontre des problèmes de fiabilité et sur les13 premiers satellites US-K lancés entre 1972 et 1979 seuls 7 fonctionnent plus de100 jours. Le système ne permet à l'Union soviétique de disposer d'une couverture partielle continue qu'à partir de 1980[1],[2]. Encore celle-ci est-elle limitée aux missiles sol-sol passant par le pôle nord. En effet les satellitesUS-KMO, lancés pour compléter le dispositif (voir paragraphe infra), ne seront jamais suffisamment nombreux pour être efficace. À compter des années 1990 le rythme des lancements des US-K diminue et une couverture permanente ne peut plus être assurée. En, à la suite d'un nouveau lancement, la Russie réussit à nouveau à disposer d'une flotte minimale (quatre satellites en Orbite de Molnia et un satellite en orbite géostationnaire). Mais le mois suivant l'incendie du centre de contrôle situé àKalouga entraine une perte temporaire du contrôle des satellites dont trois dérivent trop pour pouvoir être récupérés. Depuis cette date la Russie ne dispose plus d'une couverture continue[3],[4].
Les satellites US-K et US-KS ont la forme d'un cylindre de 2 mètres de haut pour 1,7 mètre de diamètre. Leur masse est de 1 250 kg à vide et de 2 400 kg avec le plein d'ergols. Lacharge utile est constituée par un télescopeinfrarouge de 50 cm de diamètre chargé de détecter la signature d'un missile balistique en pleine ascension. Letélescope comporte un pare-soleil conique de4 mètres de diamètre. Cet instrument est complété par plusieurs petits télescopes grand angle. La charge utile pèse en tout 350 kg. Laplateforme comprend deux ensembles depanneaux solaires fournissant 2,8 kW d'énergie. Le satellite eststabilisé trois axes. Le maintien de l'orientation est assuré à l'aide de16 petits propulseurs àergols liquides tandis que les corrections d'orbite qui interviennent tous les80 jours sont réalisées par quatremoteurs-fusées plus puissants. Le satellite est construit parLavotchkine. Sa durée de vie nominale est de 3 à4 ans[3].
Une seconde génération de satellites, baptisésUS-KMO, aux caractéristiques proches des US-KS mais capables de détecter les lancements de missiles avec la Terre en arrière-plan est développée parLavotchkine dans les années 1980. Ces satellites peuvent théoriquement détecter les lancements desmissiles balistiques mer-sol mais le nombre de satellites opérationnels ne sera jamais suffisant pour assurer une couverture complète. Le premier lancement est effectué en 1991. Huit satellites ont été lancés entre 1991 et 2012[5]. Les US-K et US-KMO sont remplacés à compter de 2015 par une nouvelle génération de satellites baptiséeToundra[6].
86 satellites US-K sont lancés entre 1972 et 2010. Ils sont placés sur uneOrbite de Molnia par un lanceurMolnia décollant ducosmodrome de Plessetsk[2].
Les sept satellites US-KS ont été placés sur uneorbite géostationnaire par un lanceurProton-K/bloc DM tiré depuis lecosmodrome de Baïkonour.
| Désignation | Date lancement | Référence COSPAR | Statut | Commentaire |
|---|---|---|---|---|
| Cosmos 775 | 1975-097A | Hors service | ||
| Cosmos 1546 | 1984-031A | Hors service | ||
| Cosmos 1629 | 1985-016A | Hors service | ||
| Cosmos 1894 | 1987-091A | Hors service | ||
| Cosmos 2155 | 1991-064A | Hors service | ||
| Cosmos 2209 | 1992-059A | Hors service | ||
| Cosmos 2345 | 1997-041A | Hors service |
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