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UNIX System V

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UNIX System V
Plaque AT&T certifiant la licence UNIX System V (Japon).
Plaque AT&T certifiant la licence UNIX System V (Japon).

FamilleUnix
Languesanglais
Type denoyaumonolithique
État du projetfini
Entreprise /
Développeur
Unix Support Group d’AT&T (USG)
LicenceAT&T (1983-1993),Novell (jusqu'en 1994)
États des sourcesOpen source depuis 1996
Écrit enCVoir et modifier les données sur Wikidata
Première version
Dernière version stableRelease 5 ()
Méthode de mise à jourPropriétaire
Environnement de bureauSolaris 2 (1992)
Site webhttps://www.opengroup.org/
PrécédentUnix version 7Single Unix SpecificationSuivant
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UNIX System V, ouSystem V (soit « système cinq »,5 étant écrit enchiffre romain), est une version dusystème d'exploitation d'origineUNIX, dévoilée par l'entrepriseAT&T en.

System V, par sontraitement rigoureux desaccès aux données partagées, est une version majeure d'UNIX ; avec le systèmeversion BSD, c'est une des deux principales branches de la famille des systèmesUNIX.

La plupart des systèmesUNIX propriétaires (commeAIX,HP-UX, ou encoreIRIX) descendent directement de System V[1]. La raison principale est que ces entreprises avaient acheté une licenceUNIX auprès d'AT&T. Bien queLinux ne descende pas directement de System V, il s'en inspire beaucoup du fait que System V a servi de base à l'élaboration de la normePOSIX, queLinux tente de respecter au maximum.

Avec les livraisons successives de versions ultérieures appelées « release » (voir ci-dessous), la version initiale est maintenant également connue sous le nom deSystem V Release 1 (SVR1).

Aperçu

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Généalogie des versions d'Unix.

En,American Telephone & Telegraph avait publié laseptième édition d'Unix, qui comportait environ 10 000 lignes de code. C'est de cette version que partirentKen Thompson et des chercheurs de Berkeley pour développer indépendamment un nouveau shell ; peu après (1981), les ingénieurs d'AT&T publiaient la nouvelle version officielle d'Unix,System III.

Apports du System V d'Unix

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System V est le successeur duSystem III de 1982. Cette année-là, le procès intenté en 1975 contre le monopole d’American Telephone & Telegraph était arrivé à son terme : par décision de justice, la compagnie était démembrée, ce qui déboucha entre autres sur la création d’AT&T. Conséquence de ce démembrement, cette nouvelle société obtenait par là-même l’autorisation de commercialiser sonsystème d'exploitation,Unix : pour un montant symbolique, elle le distribua dans un grand nombre d'établissements de recherche (500 sites en 1977, dont 125 universités américaines[2]).

Le point de départ de cette nouvelle étape est la prise en charge du concept demémoire partagée par plusieurs processus concurrents. Pour cela, System V attribue systématiquement à chaque processus un identifiant et une clef, qui permettent de gérer, par l'intermédiaire desémaphores, les priorités d'accès sur un fichier (un segment-mémoire), une file de messages ou un flux de données[3],[4].

Dans les années qui suivirent la création d’AT&T, il y eut plusieurs groupes de travail successifs pour poursuivre le projet de System V, à commencer par l’Unix Support Group (USG) ; puis il y eutUnix System Development Laboratory (USDL),AT&T Information Systems (ATTIS) et enfinUnix System Laboratories (USL).

Rivalité avec BSD : la « guerre des Unix »

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Article détaillé :La guerre des Unix et l'Open Group.

Au milieu des années 1980, l’autre variante répandue d’Unix était laBerkeley Software Distribution (BSD), développée par l’université de Californie à Berkeley (c'est pourquoi on parlait alors d’« Unix Berkeley[5] »). Depuis la version BSD 4.2, elle intégrait notamment un ingrédient faisant défaut à System V : le protocole d'échange réseauTCP/IP.

Quoique dérivée de la« septième édition » d’Unix, comme System V, elle s’en était considérablement écartée ; de plus, les distributions commerciales créaient autant d’idiomes à l’intérieur des deux philosophies d'Unix. Ainsi, lors d'une conférenceUsenix, des représentants d’AT&T portaient despin’s avec l'inscription :System V: Consider it Standard, tandis que plusieurs constructeurs informatiques proposaient des ordinateurs émulantSystem V. Les vendeurs de stations de travail professionnelles équipaient presque tous leurs machines d’un système d’exploitation BSD, et leurs prospectus signalaient qu’une migration "4.2 > V" était disponible.

Si AT&T vendait des ordinateurs qui tournaient en version de base sous le System V d’UNIX, la plupart de ses clients connaissaient plutôt les versions des différents fabricants de stations de travail, dérivées duSystem III d’AT&T. Les utilisateurs pouvaient s'y retrouver grâce à un document synoptique, leSystem V Interface Definition, qui recensait les options par défaut et le format de sortie des commandes.

En 1984, un groupe de constructeurs informatiques se regroupa au sein de l'initiativeX/Open pour unformat ouvert, et leur choix se porta sur Unix. X/Open inspira les dirigeants d’AT&T qui, pour aplanir les différences nées des différents idiomes d'Unix, s'associèrent à leur tour en 1987 àSun Microsystems (à l'époque l'un des principaux acteurs du monde des stations de travail UNIX), pour publier la « version 4 » duSystem V (SVR4).

Si cette initiative fut saluée par les consommateurs et la presse professionnelle, les autres compagnies franchisées par Unix craignaient un favoritisme envers Sun[6] : elles se groupèrent donc en 1988 pour partie au sein de l’Open Software Foundation (OSF), et pour partie sous la bannière d’AT&T sous le collectifUNIX International (UI). Les différends techniques prirent bientôt une tournure de compétition commerciale agressive opposant les deux « versions libres » d’Unix, celle de X/Open constituant un compromis.

De la fin des années 1980 au début des années 1990,System V constituait donc l’une des deux grandes versions d'UNIX, l’autre étant laBerkeley Software Distribution.Eric S. Raymond résume la confrontation entre System V et BSD de la façon suivante :

«  En fait, dans les années qui suivirent la bifurcation entre les deux systèmes, la communauté Unix était déchirée par la première phase de la guerre des Unix — une querelle interne, opposant System V et BSD. Cette querelle se jouait sur différents niveaux, les uns techniques (« Berkeley sockets » contre« flux » de SysV,commande tty de BSD contresignal termio de SysV), les autres plus culturels. Le désaccord était du genre cheveux longs contre cheveux courts ; les programmeurs et les ingénieurs étaient plutôt partisans de Berkeley et BSD, les professionnels plutôt en faveur d'AT&T et son System V. »

— Eric S. Raymond, The Art of Unix Programming (2003), p. 38

SiHewlett-Packard,IBM et d'autres constructeurs optaient pour System V, leurs concurrents (par exempleSun Microsystems etDEC) proposaient des extensions de BSD. Cela dit, tout au long de sa phase de développement, System V s'enrichissait de caractéristiques de BSD, et il faut dire que des variantes de BSD, comme le systèmeUltrix de DEC, se voyaient dotées de caractéristiques du System V.

Depuis le début des années 1990, avec les efforts de standardisation, comme la normePOSIX et la popularité deLinux, les différences entre System V et BSD sont passées au second plan.

Les versions successives

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System V Release 1 (SVR1)

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La première version (appelée System V.0 ou System V Release 1) a été publiée en1983. Développé par l'UNIX Support Group d'AT&T, elle était basée sur UNIX 5.0 de l'Unix Support Group deBell Labs. System V incluait l'éditeurvi ainsi que la bibliothèquecurses, issu du systèmeBSD développé à l'Université de Californie. Les performances avaient été améliorées par l'ajout ducache buffer et du cache d'i-nœuds. De plus, SVR1 apportait le support descommunications inter-processus, dessémaphores, et de la mémoire partagée.

System V Release 2 (SVR2)

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La SVR2 a été publiée en1984. De nouvelles fonctions ont été ajoutées au noyau, comme le verrouillage de fichiers. Cette version a servi de base àHP-UX.

System V Release 3 (SVR3)

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La SVR3 a été publiée en1987[7].

System V Release 4 (SVR4)

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La SVR4 a été publiée en1989[7]. C'est une version majeure de System V, développée dans le cadre d'une collaboration entre l'Unix Systems Group deslaboratoires Bell etSun Microsystems. Elle incorpore de la technologie de4.3BSD,XENIX, etSunOS, en particulier le support deTCP/IP, ducsh, deNFS.

La versionSPARC de SVR4 devintSolaris 2 à la fin de la coopération entre Sun et AT&T.

System V Release 5 (SVR5)

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Cette version 5 du System V a été développée en 1997 parSanta Cruz Operation (SCO) : ciblant les gros serveurs d'entreprise, elle résulte de la fusion de l'OpenServer SCO (dérivé de la version 3 de System V) et d’UnixWare. LeSCO Group, successeur de SCO, faisait dépendre l'OpenServer 6 SCO de SVR5, mais son code source ne sera plus utilisé par aucun développeur ni distributeur par la suite.

La sociétéSanta Cruz Operation (SCO), qui détenait les droits du système d'exploitationXENIX, décida d’acheter àNovell les droits de la marque UnixWare et les droits de distribution des sources de la version 4.2 de System V, tandis que d'autres fabricants (Sun, IBM, HP) continuaient à installer et développer la version 4.Novell finit par céder les droits de la marque Unix au consortiumThe Open Group. Selon cet organisme de certification, tout système d'exploitation qui respectait laSingle Unix Specification (SUS), version mise à jour duSystem V Interface Definition, bénéficiait des droits et prérogatives attachés à Unix : il y avait là leMac OS X d’Apple, dérivé de BSD, ainsi que plusieurs autres systèmes d'exploitation.

System V Release 6 (SVR6)

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La société Santa Cruz Operation (SCO) avait prévu de sortir une release du système fin 2004 mais le projet a été abandonné. Le système était censé être développé en64 bits.

Notes et références

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  1. Une exception estULTRIX, qui est issu de BSD, mais qui a incorporé assez vite plusieurs caractéristiques de System V.
  2. Cf.(en) MichaelKerrisk,The LINUX Programming Interface, San Francisco, No starch Press,, 1508 p.(ISBN 978-1-59327-220-3,lire en ligne), « History and Standards »,p. 3.
  3. Cf.(en) W. RichardStevens,Advanced Programming in the UNIX Environment, Reading (Massachusetts), Addison & Wesley,, 744 p.(ISBN 0-201-56317-7), « Interprocess Communication »,p. 449-453.
  4. Cf.(en) MichaelKerrisk,The LINUX Programming Interface, San Francisco, No starch Press,, 1508 p.(ISBN 978-1-59327-220-3,lire en ligne), « Interprocess Communication Overview »,p. 882-.
  5. D'aprèsSimsonGarfinkel, Gene.Spafford et AlanSchwartz,Practical UNIX and Internet Security.,,p. 15-20.
  6. KarenSouthwick,High Noon : The Inside Story of Scott McNealy and the Rise of Sun Microsystems,John Wiley & Sons,, 242 p.(ISBN 978-0-471-29713-0,lire en ligne),p. 76.
  7. a etb(en)The Open Group, « History and Timeline : UNIX Past »(consulté le).
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Pour une liste complète, voir laliste des systèmes d’exploitation et lacatégorie « Système d’exploitation ».
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