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Tunis

36° 47′ 51″ nord, 10° 09′ 57″ est
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Vous lisez un « article de qualité » labellisé en 2007.

Page d’aide sur l’homonymie

Cet article concerne la capitale de la Tunisie. Pour les autres significations, voirTunis (homonymie).

Tunis
Blason de Tunis
Héraldique
Tunis
Vue de Tunis depuis la colline du Djellaz.
Administration
PaysDrapeau de la TunisieTunisie
GouvernoratTunis[1]
Délégation(s)Bab El Bhar
Bab Souika
Cité El Khadra
Djebel Jelloud
El Kabaria
El Menzah
El Omrane
El Omrane supérieur
El Ouardia
Ettahrir
Ezzouhour
Hraïria
Médina
Séjoumi
Sidi El Béchir
Code postal1000
Démographie
GentiléTunisois
Population638 845 hab.(2014[2])
Densité3 004 hab./km2
Géographie
Coordonnées36° 47′ 51″ nord, 10° 09′ 57″ est
Altitude40 m
Superficie21 263 ha = 212,63 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte :Tunisie
Voir sur la carte topographique de Tunisie
Tunis
Géolocalisation sur la carte :Tunisie
Voir sur la carte administrative de Tunisie
Tunis
Liens
Site webwww.commune-tunis.gov.tn
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Tunis (/ty.nis/[3] ;arabe :تونس,tūnis/ˈtuːnɪs/[4]Écouter) est la ville la plus peuplée et lacapitale de laTunisie. Elle est aussi lechef-lieu dugouvernorat dumême nom depuis sa création en 1956. Située aunord du pays, au fond dugolfe de Tunis dont elle est séparée par lelac de Tunis, la cité s'étend sur laplainecôtière et lescollines avoisinantes. Son cœur historique est lamédina, inscrite aupatrimoine mondial de l'Unesco.

Bourgade modeste placée dans l'ombre deCarthage,Kairouan puisMahdia, elle est finalement désignée comme capitale le (5ramadan 554 ducalendrier musulman), sous l'impulsion desAlmohades, puis confirmée dans son statut sous ladynastie des Hafsides en 1228 et à l'indépendance du pays le.

Tunis est la capitale économique et commerciale de la Tunisie. La densité de son réseau routier, autoroutier et sa structure aéroportuaire en font un point de convergence pour les transports nationaux. Cette situation est issue d'une longue évolution, en particulier des conceptionscentralisatrices qui donnent un rôle considérable à la capitale et tendent à y concentrer à l'extrême les institutions.

En 2014, la population de lamunicipalité de Tunisintra-muros est de 638 845 habitants d'après le recensement de l'Institut national de la statistique[2]. Néanmoins, depuis leXXe siècle, l'agglomération s'est largement développée hors des limites de la municipalité, s'étendant sur quatre gouvernorats (Tunis, l'Ariana,Ben Arous etLa Manouba) formant le Grand Tunis et comptant 2 912 818 habitants en 2024, soit environ 25 % de la population du pays.

En 2017, Tunis est classée comme la cinquième ville arabe où il fait bon vivre[5].

Étymologie

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SelonPaul Sebag, « Tunis » est latranscriptionfrançaise d'un nom qui se prononcetûnus,tûnas outûnis (û ayant la valeur du « ou » français) enarabe tunisien. Les trois vocables sont indiqués par le géographesyrienYaqout al-Rumi dans son ouvrageMu'jam al-Bûldan (Dictionnaire des pays) ; le dernier est celui qui prédomine dans le nom de la ville de même que dans legentilétûnisi outûnusi (tunisien). Ce vocable, issu du verbeens enberbère, se définit comme « être couché » ou « se coucher » et par extension « aller passer la nuit à », « arriver de manière à passer la nuit », « aller passer la nuit chez ». Parmi les très nombreux dérivés de ce terme, on trouvetinés (pluriel deténésé) indiquant « le fait d'être couché » et par extension le « fait de passer la nuit »[6].

Compte tenu des variations vocaliques dans le temps et l'espace, le nom de Tunis a donc très probablement le sens de « campement de nuit », « bivouac » ou « halte ». Dans latoponymie antique de l'Afrique romaine, on note également les noms proches des localités de Tuniza (actuelleEl Kala),Thunusuda (actuelleSidi Meskine), Thinissut (actuelleBir Bouregba), Thunisa (actuelleRas Jebel) ou Cartennæ (actuelleTénès enAlgérie)[6]. Toutes ces localités berbères se situaient sur desvoies romaines et ont sans doute servi de relais ou de halte. Du nom de Tunis est dérivé en français le terme « Tunisie » qui désigne le pays dont cette ville est la capitale. Ce nom est lancé par des géographes et historiens français paranalogie avec le mot « Algérie » forgé à partir d'Alger. Ce mot s'est depuis répandu dans toutes les langues européennes. Or, le termeTunes désignant à la fois la ville et le pays, il ne peut être clairement compris que lu dans son contexte : c'est donc le sens de la phrase qui permet de savoir si l'on parle de la Tunisie ou de Tunis.

D'autres explications existent sur l'origine du nom de Tunis : il dériverait du terme berbèreTinast qui pourrait signifier « clé de la fertilité », en référence à la fertilité du territoire[7].

D'autres le lient à la déessepuniqueTanit, étant donné que plusieurs anciennes cités étaient nommées d'après une divinité[8]. On mentionne par ailleurs que le nom proviendrait deTynes, ville mentionnée parDiodore de Sicile etPolybe dans leurs descriptions[9],[10].

Géographie

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Site

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Photo de Tunis vue du ciel.
Tunis vu par le satellite SPOT.

La ville de Tunis est construite sur un ensemble de collines, culminant à quarante mètres d'altitude[11] et descendant en pente douce vers lelac de Tunis mais présentant un versant abrupt dans la direction opposée (au-dessus de lasebkha Séjoumi). Ces collines, qui font suite aux coteaux de l'Ariana et correspondant aux lieux-dits Notre-Dame de Tunis, Ras Tabia, La Rabta,La Kasbah,Montfleury et La Manoubia, ont des altitudes qui dépassent à peine 50 mètres[12].

La ville naît, à une époque reculée, au carrefour de routes qui se constituent naturellement à travers l'étroite bande de terre resserrée entre les vastes cuvettes du lac de Tunis et du Séjoumi. L'isthme qui les sépare constitue ce que lesgéologues appellent le « dôme de Tunis », lequel comprend des collines de rochescalcaires et desédiments d'origine éolienne et lacustre. C'est une sorte de pont naturel par où passent, dès l'Antiquité, plusieurs routes importantes reliant laBerbérie à l'Égypte et dont le tronçon tunisien passe parUtique etHadrumète. La deuxième route est celle deBéja qui longe laMedjerda et rejoint à Tunis la route d'Utique. La troisième est la route deSicca qui met laNumidie en communication avec Hadrumète. Ces routes sont tributaires de Carthage quand celle-ci affirme sa primauté politique et économique enAfrique. Sur ces parcours routiers, les courants de trafic ont favorisé la naissance de relais et d'étapes parmi lesquelles Tunis.

Sur une superficie de300 000 hectares, 30 000 sont urbanisés, le restant se partageant entre des plans d'eau (20 000 hectares delagunes ou desebkhas dont les plus importantes sont lelac de Tunis, lasebkha Ariana et la sebkha Sejoumi) et des espaces agricoles ou naturels (250 000 hectares). Toutefois, la croissance urbaine, qui est évaluée à500 hectares par an, se fait au détriment de cet espace. Elle est d'autant plus coûteuse qu'elle consomme les terres deplaines les plus intéressantes pour les cultures.

Climat

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Leclimat tunisois appartient auclimat méditerranéen caractérisé par unesaison fraîche et pluvieuse et une saison chaude et sèche. Il doit ses traits essentiels à lalatitude de la ville, à l'influence modératrice de la Méditerranée et au relief du Tell septentrional[13].

Relevé météorologique de Tunis
Moisjan.fév.marsavrilmaijuinjui.aoûtsep.oct.nov.déc.année
Température minimale moyenne (°C)7,27,48,310,413,717,32020,81915,511,38,213
Température maximale moyenne (°C)15,716,518,120,724,92932,632,729,725,220,516,723
Ensoleillement (h)1461601982252823093573292582171741492 804
Précipitations (mm)5957473823102736665463462
Nombre de jours avec précipitations1212119531269101292
Source :Institut national de la météorologie[14]


L'hiver est la saison la plus humide de l'année : il tombe ainsi plus du tiers des précipitations annuelles au cours de cette période, ce qui représente un jour depluie tous les deux ou trois jours. L'ensoleillement entretient tout de même une certaine douceur : les températures évoluent en moyenne entre 7°C le matin et16 °C l'après-midi. Les gelées sont donc très rares. Auprintemps, il tombe moins de pluie : le cumul desprécipitations diminue ainsi de moitié. L'ensoleillement devient prépondérant au fil des mois pour atteindre près de dix heures en moyenne par jour au mois de mai. Les températures s'en ressentent, variant en mars entre 8 et18 °C, en mai entre 13 et24 °C. Enété, la pluie se fait totalement absente et l'ensoleillement maximum. Les valeurs moyennes des températures sont très élevées. Les brises marines atténuent la chaleur mais lesirocco renverse parfois la tendance. Enautomne, il se remet à pleuvoir, souvent à l'occasion d'orages brefs, ce qui peut parfois favoriser de rapides crues voire des inondations dans certains quartiers de la ville[15],[16] :celles de 2007, aggravées par uneurbanisation trop rapide, ont conduit à réviser la politique d'aménagement[17]. Le mois de novembre marque en général une coupure thermique avec des températures qui évoluent en moyenne entre 11 et20 °C.

Géographie administrative

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Carte des arrondissements de Tunis.
Carte des arrondissements de Tunis.

Lamétropole de Tunis, dont la superficie a beaucoup augmenté au cours de la seconde moitié duXXe siècle, s'étend maintenant sur plusieursgouvernorats : le gouvernorat de Tunis accueille une minorité de la population de l'agglomération tandis que la banlieue s'étend sur les gouvernorats deBen Arous, de l'Ariana et deLa Manouba.

Lamunicipalité de Tunis est divisée en quinze arrondissements municipaux[18] :Bab El Bhar,Bab Souika,Cité El Khadra,Djebel Jelloud,El Kabaria,El Menzah,El Omrane,El Omrane supérieur,El Ouardia,Ettahrir,Ezzouhour,Hraïria,Médina,Séjoumi etSidi El Béchir.

Histoire

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Article détaillé :Histoire de Tunis.

Antiquité

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L'existence de la localité est attestée dès le début duIVe siècle av. J.-C.[19],[20]. Perchée sur sacolline, Tunis est un excellent observatoire d'où les Libyens peuvent suivre aisément les manifestations extérieures de la vie de Carthage (allées et venues desnavires ou descaravanes vers l'intérieur du pays). Tunis est l'une des premières cités libyennes à passer sous la domination carthaginoise, étant donné son voisinage avec la grande cité et sa position stratégique. Plus d'une fois, dans les siècles qui suivent, il est fait mention de Tunes dans l'histoire militaire de Carthage. Ainsi, durant l'expédition d'Agathocle de Syracuse, qui débarque en310 av. J.-C. aucap Bon, Tunis change de main à plusieurs reprises. Par ailleurs, son rôle durant laguerre des Mercenaires laisse penser qu'elle est alors« un des principaux centres de la race aborigène »[19]. Selon toute vraisemblance, le gros de sa population est alors constitué de paysans, de pêcheurs et d'artisans. Toutefois, en regard de la Carthage punique, l'antique Tunes reste d'une taille très modeste.

Détruite selonStrabon[21] par les Romains pendant latroisième guerre punique, elle aurait été reconstruite avant Carthage. Elle ne fait toutefois l'objet que de rares témoignages, dont celui de latable de Peutinger, qui mentionne Thuni[21]. Dans le système devoies de laprovince d'Afrique, Tunes n'est que le nom d'unemutatio (relais de poste)[21]. La ville latinisée est progressivement christianisée et devient le siège d'unévêché. Toutefois, Tunes reste sans doute une modeste bourgade tant que Carthage existe[20].

Conquête arabe

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Pour un article plus général, voirConquête musulmane du Maghreb.

La région est conquise par les troupesarabes menées par le généralghassanideHassan Ibn Numan auVIIe siècle. En effet, la cité est pourvue d'une position privilégiée au fond du golfe et au carrefour des flux commerciaux avec l'Europe et son arrière-pays. Très tôt, Tunis joue le rôle militaire pour lesquelles les Arabes l'ont choisie car elle est désormais la seule cité importante dans les parages dudétroit de Sicile. Dès les premières années duVIIIe siècle, lechef-lieu de district qu'est alors Tunis se voit renforcer dans son rôle militaire : devenue la base navale des Arabes enMéditerranée occidentale, elle prend une importance militaire considérable[20].

Sous le règne desAghlabides, les Tunisois se révoltent à maintes reprises[20] mais Tunis profite de l'embellie économique et devient rapidement la deuxième cité du royaume. Devenue la capitale du pays à la fin du règne d'Ibrahim II (902), elle le demeure jusqu'en909[22], date à laquelle desBerbèreschiites prennent l'Ifriqiya et fondent ladynastie des Fatimides, puis redevient chef-lieu de district. Son rôle d'opposition au pouvoir en place s'intensifie, dès septembre945, lorsque desinsurgéskharidjistes occupent Tunis et la livrent aupillage[23],[20]. Avec l'avènement de la dynastie desZirides, Tunis gagne en importance mais la population sunnite supporte de plus en plus mal le règne chiite et perpétue des massacres contre cette communauté[23]. C'est pourquoi, en 1048, le ZirideAl-Muizz ben Badis rejette l'obédience fatimide et rétablit dans toute l'Ifriqiya leritesunnite. Cette décision provoque la colère ducalife chiiteAl-Mustansir Billah. Pour punir les Zirides, il lâche sur l'Ifriqiya des tribus arabes dont lesHilaliens. Une grande partie de l'Ifriqiya est mise à feu et à sang, la capitale zirideKairouan est détruite en 1057 et seules quelques villes côtières dont Tunis etMahdia échappent à la destruction.

Néanmoins, exposée aux exactions des tribus hostiles qui campent aux environs de la ville, la population de Tunis, qui ne reconnaît plus l'autorité des Zirides repliés à Mahdia, prête allégeance au princehammadide El Nacer ibn Alennas, basé àBougie, en 1059. Le gouverneur nommé par ce dernier, ayant rétabli l'ordre dans le pays, ne tarde pas à s'affranchir des Hammadides et fonde la dynastie desKhourassanides avec Tunis pour capitale. Le petit royaume indépendant renoue alors avec le commerce extérieur et retrouve la paix et la prospérité.

Capitale nouvelle

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Tableau illustrant la bataille de Tunis.
Représentation du siège de Tunis lors de la huitième croisade.

En 1159, l'AlmohadeAbd al-Mumin s'empare de Tunis, destitue le dernier souverain khourassanide et installe à sa place un gouvernement chargé de l'administration de toute l'Ifriqiya qui siège dans lakasbah construite pour l'occasion[20]. Laconquête almohade ouvre une nouvelle période dans l'histoire de Tunis. La ville, qui jouait jusque-là un rôle de second plan derrièreKairouan etMahdia, se trouve promue au rang decapitale de province.

En 1228, le gouverneurAbû Zakariyâ Yahyâ s'empare du pouvoir et, un an plus tard, s'affranchit du pouvoir almohade, prend le titre d'émir et fonde ladynastie des Hafsides. Avec l'avènement de cette dynastie, la cité devient la capitale d'un royaume s'étendant progressivement versTripoli etFès. À la ville primitive s'ajoutent au nord et au sud d'importantsfaubourgs enserrés par une deuxième enceinte entourant lamédina, la kasbah et ces nouveaux faubourgs[20]. En 1270, Tunis se retrouve prise dans lahuitième croisade :Louis IX, espérant convertir le souverain hafside auchristianisme et le dresser contre le sultan d'Égypte, s'empare facilement de Carthage mais son armée est rapidement victime d'uneépidémie dedysenterie. Louis IX lui-même en meurt le devant les remparts de la capitale[24]. Dans le même temps, chassés par lareconquêteespagnole, les premiersAndalous musulmans et juifs arrivent à Tunis et vont participer activement à la prospérité économique et à l'essor de la vie intellectuelle dans la capitale hafside[20].

Cible de rivalités

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Gravure représentant l'entrée de Charles Quint à Tunis.
Entrée deCharles Quint à Tunis en 1535.
Atlantes représentant des esclaves musulmans capturés par Charles V lors de la conquête de Tunis,Palerme (Italie),XVIe siècle.

Au cours duXVIe siècle, la Tunisie est l'un des principaux théâtres où s'affronte lamonarchieespagnole et l'Empire ottoman[20]. Les troupes ottomanes, sous la conduite dubeylerbey (gouverneur général) de larégence d'Alger,Khayr ad-Din Barberousse, se présentent devantBab El Jazira le[25] etlivrent la ville au pillage. L'empereurCharles Quint, appelé à la rescousse par les dirigeants européens menacés par l'avancée ottomane enMéditerranée, prend la ville le et rétablit le souverain hafside. Face aux difficultés rencontrées par ce dernier, l'OttomanUludj Ali, à la tête d'une armée dejanissaires, reprend Tunis en 1569. Toutefois, à la suite de labataille de Lépante en 1571, les Espagnols parviennent à reprendre la ville et rétablissent le souverain hafside. Après de nouveaux combats, la ville tombe finalementaux mains des Ottomans en[26].

Devenu une province ottomane gouvernée par unpacha nommé par lesultan ottoman basé àConstantinople, le pays accède rapidement à une certaine autonomie (1591). Sous le règne desdeys puis desbeysmouradites, la capitale prend un nouvel essor : sa population grandit grâce à de multiples apports ethniques, dont lesMaureschassés d'Espagne, et les activités économiques se diversifient. Aux industries traditionnelles et aux échanges avec les pays lointains s'ajoute lacourse qui connaît alors son âge d'or. Les profits assurés par le rachat desesclaves chrétiens permettent également aux souverains d'élever des constructions fastueuses qui renouvellent la parure monumentale héritée duMoyen Âge[20].

Au début duXVIIIe siècle, la Tunisie entre dans une nouvelle période de son histoire avec l'avènement de la dynastie desHusseinites. Dans ce cadre, de multiples initiatives émanant des princes se succédant au pouvoir ou de hauts dignitaires apportent de nombreuses retouches urbaines qui renouvellent et enrichissent la parure monumentale de la ville. Durant cette période, la ville prospère à nouveau comme centre de commerce mais aussi depiraterie jusqu'auXIXe siècle, période durant laquelle sa population est évaluée, selon les différentes sources, sur une échelle allant de 90 000 à 110 000 habitants[27]. Profitant des dissensions internes à la dynastie, larégence d'Alger s'empare de Tunis en 1756 et place le pays sous tutelle[28]. Au début duXIXe siècle,Hammouda Pacha doit faire face auxbombardements de la flottevénitienne mais réussit à se défaire de la tutelle algérienne et dissout la milice des janissaires après une révolte en 1811[29]. Sous le règne deHussein II Bey, les victoires navales desAnglais (1826) et desFrançais (1827) mettent fin à la course, privant le pays des revenus en découlant[30].

Organisation de la cité

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Plan de Tunis en 1881.
Plan de Tunis en 1881.

Pendant le demi-siècle qui va de laconquête de l'Algérie autraité du Bardo, des colonies européennes, de plus en plus nombreuses chaque année, viennent grossir la population tunisoise. En conséquence, l'organisation spatiale de la ville est remise en cause par les premières démolitions des remparts, à partir de 1860, et l'ouverture des portes dès 1870.

Photo d'un bazar à la fin du XIXe siècle.
Vue d'un souk à la fin duXIXe siècle.

La cité s'étend dès lors hors de ses murs, entre lamédina et les rives du lac, pour accueillir les nouvelles populations et reçoit les premiers équipements modernes en matière d'adduction d'eau (1860), d'éclairage au gaz (1872), devoirie, de l'enlèvement desordures ménagères (1873) ainsi que de communications avec la proche banlieue et l'arrière-pays[31].

En marge de l'artisanat et du commerce traditionnels qui déclinent, les nouveaux venus développent les échanges avec l'Europe, introduisent les premièresindustries modernes et acclimatent ainsi sur les marges de la cité arabe de nouvelles formes de vie urbaine.

Développement sous le protectorat

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Carte de l'évolution urbaine de Tunis.
Évolution urbaine entre 1890 et 1914.

L'année 1881, qui est celle de l'instauration duprotectorat français, marque un tournant dans l'histoire de Tunis. La cité entre dans une ère de mutations rapides qui la transforment profondément en deux ou trois décennies. Restée pendant des siècles contenue derrière sesfortifications, la ville s'étend donc rapidement : elle se dédouble en une ville ancienne peuplée par la population arabe et une ville nouvelle peuplée par les nouveaux arrivants et différente du fait de sa structure avec laville arabe. Tunis fait également l'objet d'importants travaux qui la dotent d'adductions d'eau, degaz naturel et d'électricité, detransports publics et d'équipements sociaux. À l'économie traditionnelle s'ajoute une économiecapitaliste de type colonial.

Photo du défilé militaire des troupes alliées en 1943.
Défilé des troupes alliées en mai 1943.

LaPremière Guerre mondiale marque un temps d'arrêt dans l'histoire de Tunis. Après la guerre, la cité connaît de nouvelles transformations : la ville moderne gagne en importance et étend son réseau de rues quadrillées dans toutes les directions possibles. De plus, un ensemble de cités satellites font leur apparition et repoussent encore les limites de l'aire urbaine tunisoise. Sur le plan économique, les activités se développent et se diversifient : les industries modernes voient leurs opérations commerciales prendre de l'ampleur alors que l'industrie traditionnelle poursuit son déclin[32]. Au cours de la période qui s'ouvre avec laSeconde Guerre mondiale[33], Tunis connaît un ensemble de mutations qui lui donnent un nouveau visage. C'est dans ce contexte qu'apparaît une ceinture de « faubourgs spontanés » (appelés « gourbivilles ») qui entourent rapidement la capitale.

Après la guerre, l'industrialisation de la capitale s'accélère mais ne permet pas de subvenir aux besoins d'une population en pleine croissance. Du même coup, les contrastes au sein de la ville s'accentuent.

Agglomération en expansion

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Photo du quartier d'El Menzah.
Extension de la ville dans lesannées 1950 avec le quartier d'El Menzah.

Lors de l'indépendance du pays en 1956, Tunis est confirmée dans son rôle de capitale, laConstitution du disposant que l'Assemblée nationale[34] et la présidence de la République[35] doivent avoir leurs sièges à Tunis ou sa banlieue. Dans un laps de temps très court, les changements se succèdent et transforment la ville coloniale. Les Européens qui voient leurs conditions de vie bouleversées se résolvent progressivement au départ. Au fur et à mesure, les Tunisiens les remplacent et la population de l'agglomération continue de croître. L'opposition entre la ville arabe et la ville européenne s'atténue progressivement avec l'arabisation de la population.

Sous la pression démographique, la ville s'étend encore avec la création de nouveaux quartiers qui englobent peu à peu les banlieues les plus proches. Les équipements hérités du protectorat sont progressivement renouvelés et modernisés et de nouvelles constructions enrichissent le paysage urbain. Dans le même temps, une politique active d'industrialisation développe l'économie municipale.

Le, Tunis devient le siège de laLigue arabe après la signature par l'Égypte desaccords de Camp David avecIsraël. Elle le restera jusqu'au.

Architecture et urbanisme

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Paysage urbain

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Article connexe :Liste de voies de Tunis.

Médina et centre

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Photo de la médina de Tunis.
Plan de la médina de Tunis en 1937.

Lamédina, bâtie sur une colline aux pentes douces descendant vers lelac de Tunis, est le cœur historique de la cité et abrite de nombreux monuments dont despalais, tels leDar Ben Abdallah et leDar Hussein, le mausolée beylical deTourbet El Bey ou encore de nombreusesmosquées dont la grandemosquée Zitouna. Autrefois enserrée dans ses fortifications aujourd'hui en grande partie disparues, elle est encadrée par les deuxfaubourgs populaires deBab Souika au nord et Bab El Jazira au sud. Situé à proximité immédiate de Bab Souika, le quartier populaire d'Halfaouine est connu pour avoir fait l'objet de l'attention internationale grâce à la diffusion en 1990 du filmHalfaouine, l'enfant des terrasses.

Photo d'une rue de la médina.
Rue de la médina menant à lamosquée Youssef Dey.

Cependant, c'est à l'est de ce noyau d'origine, d'abord avec la construction duconsulat de France, que la ville moderne se constitue progressivement, avec l'instauration du protectorat français à la fin duXIXe siècle, sur les terrains laissés libres entre la médina et le lac car servant de réceptacle auxeaux usées de la cité duMoyen Âge. L'axe structurant de cette partie de la ville est constitué par lesavenues de France etHabib-Bourguiba, conçues comme les équivalents tunisois de larue de Rivoli et desChamps-Élysées parisiens avec leurs cafés, grands hôtels, magasins et lieux culturels. De part et d'autre de cet axe arboré, au nord comme au sud, la métropole s'est étendue en constituant divers quartiers aux visages variés, le Nord accueillant plutôt des quartiers résidentiels et d'affaires alors que le Sud accueille des quartiers industriels et plus pauvres.

Photo de l'avenue Habib-Bourguiba.
Perspective sur l'avenue Bourguiba.

Au nord de l'avenue Bourguiba, se trouve le quartier deLafayette qui abrite encore laGrande synagogue de Tunis et lejardin Habib-Thameur aménagé à l'emplacement de l'anciencimetière juif situé hors les murs. Au sud-est, le quartier deLa Petite Sicile est limitrophe de l'ancienne zone portuaire et doit son nom à son peuplement originel d'ouvriers originaires d'Italie. Il fait désormais l'objet d'un projet de réaménagement prévoyant notamment la construction de deux tours jumelles. Au nord de celui-ci, la longueavenue Mohammed-V qui débouche sur laplace du 14-Janvier 2011 traverse le quartier des grandes banques où l'on trouve les hôtels du Lac et des Congrès ainsi que l'ancien siège duparti au pouvoir. Elle aboutit au quartier résidentiel du Belvédère articulé autour de laplace Pasteur.

C'est ici que s'ouvre leparc du Belvédère — le plus grand de la ville — et sonzoo ainsi que l'Institut Pasteur fondé parAdrien Loir en 1893[36].

Quartiers périphériques

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Photo d'El Menzah et Ennasr.
Vue sur El Menzah, Ennasr et le lac de Tunis.

En poursuivant vers le nord apparaît le quartier huppé deMutuelleville qui abrite lelycée français Pierre-Mendès-France, l'hôtelSheraton et quelquesambassades. Encore plus au nord du parc du Belvédère, derrière l'avenueMohamed-Bouazizi transformée en voie rapide, débutent les quartiers d'El Menzah, El Manar etEnnasr qui atteignent désormais les crêtes des collines dominant le nord de l'agglomération. Ils abritent une série de quartiers résidentiels et commerciaux branchés et composés delotissements identifiés par des numéros. À l'ouest du parc, s'étend le quartier d'El Omrane qui accueille l'un des principaux cimetières musulmans de la capitale ainsi que les entrepôts des transports publics.

En direction de l'est et de l'aéroport, se situent les quartiers du Borgel, donnant son nom aux actuelscimetières juif et chrétien de la capitale, de la cité Jardins et deMontplaisir.

Photo aérienne des Berges du Lac.
Quartier nord-est des Berges du Lac.

Au-delà, à plusieurs kilomètres au nord-est, sur la route deLa Marsa, est apparu le nouveau pôle desBerges du Lac à proximité immédiate des pistes de l'aéroport. Aménagé sur des terres gagnées sur la rive nord du lac, il abrite en majorité des bureaux d'entreprises tunisiennes ou étrangères, desambassades ainsi que des boutiques de luxe.

Au sud-ouest de la médina, sur la crête des collines traversant l'isthme de Tunis, se trouve le quartier deMontfleury puis, sur les contreforts descendant vers lasebkha Séjoumi, le quartier pauvre deMellassine.

Au nord-ouest de ce dernier, au nord de laRN3 menant vers les villes de l'ouest du pays, se trouve la cité Ezzouhour (anciennement El Kharrouba en référence à unarbre du même nom) qui s'étend sur plus de trois kilomètres et se divise en cinq sections. Elle reste encore parsemée de surfaces agricoles et maraîchères dont ne restent toutefois que de petites parcelles cultivées pour alimenter les souks de la région.

Le sud de Tunis est quant à lui constitué de quartiers plus défavorisés, notamment en raison de la forte implantation industrielle dans cette partie de la métropole. Parmi eux figurentDjebel Jelloud, situé à la limite sud-est de Tunis, qui concentre l'industrie lourde (cimenterie, usine de traitement desphosphates, etc.) et labanlieue populaire deLa Cagna. Ras Tabia est quant à lui connu pour abriter une importante caserne de l'armée tunisienne. Le principal cimetière de Tunis, lecimetière du Djellaz, domine cette partie de l'agglomération, accroché sur les pentes d'un escarpement rocheux.

Médina

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Article détaillé :Médina de Tunis.
Photo de maisons de la médina.
Maisons rénovées à la rue du Tribunal.
Photo des terrasses de la médina.
Terrasses de la médina.

Au début duXXIe siècle, la médina est ainsi l'un des ensembles urbains traditionnels les mieux préservés dumonde arabe[37]. Avec une superficie de270 hectares (plus29 hectares pour le quartier de la kasbah)[38] et plus de 100 000 habitants, la médina représente le dixième de la population tunisoise et le sixième de la surface urbanisée de l'agglomération. L'urbanisme de la médina de Tunis a la particularité de ne pas obéir à des tracés géométriques ni à des compositions formelles (quadrillage,alignements, etc.). L'organisation complexe du tissu urbain a alimenté toute unelittérature coloniale où la médina dangereuse, anarchique et chaotique semblait le territoire du guet-apens. Pourtant, des études entamées dans lesannées 1930 avec l'arrivée des premiersethnologues a permis de démontrer que l'articulation des espaces de la médina n'est pas aléatoire : les maisons s'articulent de manière socioculturelle, codifiée selon les types complexes des rapports humains.

Le domaine bâti est caractérisé en général par l'accolement de grandesparcelles (600 m2 environ) et la mitoyenneté. Architectures domestiques (palais et maisons bourgeoises), officielles et civiles (bibliothèques et administrations), religieuses (mosquées, tourbas etzaouïas) et de services (commerces etfondouks) présentent une grande porosité malgré un zonage clair entre les commerces et l'habitation. La notion d'espace public est donc ambiguë dans le cas de la médina où les rues sont considérées comme le prolongement des maisons et soumises aux balises sociales. La notion de propriété individuelle est faible et les étalages des souks débordent souvent sur la voie publique. Cette idée est renforcée par la superficie d'une boutique (environ 3 m2) et des chambres à coucher (10 m2 environ). Aujourd'hui, chaque quartier conserve sa culture et les rivalités peuvent être fortes.

Photo de la cour de la médersa El Bachia.
Cour de la médersa El Bachia.

Ainsi, le faubourg nord soutient le club defootball de l'Espérance sportive de Tunis alors que, à l'autre extrémité, c'est le quartier du grand club rival duClub africain. La médina connaît aussi une sectorisation sociale : le quartier duTourbet El Bey et le quartier de la kasbah sont les deux quartiers aristocratiques, avec une population de juges et de politiciens, tandis que la rue du Pacha est celui des militaires et des bourgeois (commerçants et notables).

Fondée en698[38] autour du noyau initial de lamosquée Zitouna, elle développe son tissu urbain tout au long duMoyen Âge[39], vers le nord et vers le sud, se divisant ainsi en une médina principale et en deux faubourgs au nord (Bab Souika) et au sud (Bab El Jazira). Devenue capitale d'un puissant royaume à l'époque hafside, foyer religieux et intellectuel et grand centre économique ouvert sur leProche-Orient, leMaghreb, l'Afrique et l'Europe, elle se dote de nombreuxmonuments où se mêlent les styles de l'Ifriqiya aux influences andalouses et orientales mais qui empruntent également certaines de leurscolonnes ou leurschapiteaux aux monuments romains ou byzantins, l'architecture arabe n'étant caractérisé que par l'emploi de l'arc brisé et légèrement outrepassé.

Photo du patio du Dar Ben Abdallah.
Patio duDar Ben Abdallah.

Ce patrimoine architectural est également omniprésent dans les maisons de particuliers et les petits palais des personnalités officielles aussi bien que dans le palais du souverain à lakasbah[40]. Toutefois, rares sont les palais et demeures qui remontent au Moyen Âge, contrairement auxXVIIe,XVIIIe et XIXe siècles qui ont légué des maisons prestigieuses telles que leDar Othman (début duXVIIe siècle), leDar Ben Abdallah (XVIIIe siècle), leDar Hussein, leDar Echérif ainsi que d'autres maisons plus ou moins vastes et richement décorées dont l'inventaire desannées 1970 n'en compte pas moins d'une centaine[41]. On dénombre également plusieurs palais élevés par lesbeys ou des membres de leur entourage dans la banlieue de Tunis et ce depuis leXIIIe siècle. Les principaux palais des beys sont ceux deLa Marsa, duBardo et deKsar Saïd. Si l'on ajoute lesmosquées etoratoires (environ 200), lesmédersas (El Bachia,Mouradiyya,Slimania,El Achouria,Bir Lahjar,Ennakhla, etc.), leszaouïas (Sidi Mahrez,Sidi Brahim Riahi,Sidi Ali Azouz,Sidi Abdelkader, etc.), leskouttabs, lestourbas (Tourbet El Fellari,Tourbet Aziza Othmana etTourbet El Bey) et les portes, le nombre des monuments de Tunis approche les 600[41] dont 98 ont été classés depuis 1912[38].

Mosaïque représentant un arbre encadré par un chasseur et un animal.
Mosaïque romaine trouvée dans la médina de Tunis.

En effet, au contraire d'Alger,Palerme ouNaples, son cœur historique n'a jamais souffert de grandescatastrophes naturelles ou d'interventions urbanistiques radicales. Les principaux outrages qu'a subi la médina remontent à l'époque suivant l'indépendance du pays avec la destruction de l'enceinte et la précarisation de l'habitat. C'est la raison pour laquelle la médina est inscrite en 1979 aupatrimoine mondial de l'Unesco[42]. Par ailleurs, le long desboulevards créés sur l'emplacement des anciens remparts, l'apport architectural de la période 1850-1950 se fait sentir dans les bâtiments officiels, la médina accueillant neuf ministères et le siège de la municipalité de Tunis.

Souks

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Article détaillé :Souks de Tunis.

Les souks constituent un véritable réseau de ruelles couvertes et bordées de boutiques decommerçants et d'artisans groupées par spécialités[43]. Les métiers « propres » sont situés près de lamosquée Zitouna car ils ne suscitent aucune nuisance par l'odeur, le bruit ou l'usage de l'eau. Les marchands d'étoffes, lesparfumeurs, les marchands defruits secs, leslibraires et les marchands delaine sont concernés au contraire destanneurs,poissonniers,potiers etforgerons qui sont relégués à la périphérie[44]. Il existe ainsi une hiérarchie codifiée des métiers : le commerce des chéchias, celui des parfums, le tissage de lasoie, la sellerie, la confection desvêtements, la fabrication desbabouches, le tissage, la poterie et enfin les forgerons et les teinturiers.

Photo d'un souk.
Souks à la rue Jamâa Zitouna.

Au nord de la mosquée Zitouna, qu'il longe en partie, s'ouvre lesouk El Attarine (parfums) construit au début duXVIIIe siècle. Il surprend par ses échoppes regorgeant de fioles contenant une grande diversité d'essences et de parfums. À partir de ce souk, une rue mène vers lesouk Ech-Chaouachine (chéchias) dont lacorporation, celles des chaouachis, est l'une des plus anciennes du pays. Ce sont en général des descendants d'émigrésandalous chassés d'Espagne.

Photo d'un souk.
Allée des souks.

Sur le souk El Attarine s'ouvrent deux autres souks : le premier, qui longe la façade occidentale de la mosquée Zitouna, est lesouk El Kmach (étoffes) et le second, lesouk El Berka, datant duXVIIe siècle, abrite lesbrodeurs mais surtout lesbijoutiers. C'est pourquoi, il s'agit du seul souk dont les portes sont encore fermées et gardées pendant la nuit.

En son milieu, on remarque une place carrée où se trouvait l'ancienmarché aux esclaves jusqu'au milieu duXIXe siècle[43]. Le souk El Berka débouche sur lesouk El Leffa, où l'on vend toutes sortes detapis, de couvertures et autres tissages, et se prolonge par lesouk Es Sekajine (selliers), édifié au début duXVe siècle, qui est spécialisé en maroquinerie. À la périphérie, on trouve les souksEl Trouk,El Blat,El Blaghgia,El Kébabjia,En Nhas,Es Sabbaghine etEl Grana où l'on vend des vêtements et des couvertures et qui était occupé par lesJuifs livournais.

Remparts et portes

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Carte des remparts et des portes de Tunis.
Remparts et portes de la ville en 1888.
Photo de Bab El Bhar.
Bab El Bhar ou Porte de France.

Dès les premiers temps de sa fondation, Tunis est considérée comme une importante base militaire. Le géographeAl-Yaqubi affirme qu'au début duIXe siècle« Tunis était entourée d'un mur de briques et d'argile sauf du côté de la mer où il était de pierre »[45]. Souvent endommagée voire totalement détruite au cours duMoyen Âge, l'enceinte conserva toujours son tracé d'origine. Elle était parsemée de différentes portes.Bab El Jazira, sans doute la plus ancienne porte de la muraille méridionale[46], ouvrait sur les routes du Sud et deKairouan.Bab Cartagena donnait accès àCarthage d'où étaient ramenés les matériaux de construction nécessaires à la ville.Bab Souika (d'abord appelée Bab El Saqqayin) avait le rôle stratégique de garder les routes versBizerte,Béja etLe Kef.Bab Menara (d'abord appelée Bab El Artha) ouvrait la médina vers le faubourg d'El Haoua. Quant àBab El Bhar, elle permettait l'accès aux quelquesfondouks où vivaient les marchands chrétiens de Tunis.

Au début du règne desHafsides, deux nouvelles portes sont percées auXIIIe siècle :Bab Bnet etBab Jedid. Avec le développement de la capitale, deux faubourgs émergent à l'extérieur des remparts : Bab El Jazira (au sud) et Bab Souika (au nord). C'est pourquoi, le souverain hafside Abû Darba Muhammad al-Mustansir al-Lihyânî ordonne, au début duXIVe siècle, la construction d'une seconde enceinte englobant la médina et ses deux faubourgs extérieurs[47]. Elle est dotée de six portes :Bab El Khadra,Bab Saadoun,Bab El Allouj (d'abord appelée Bab Er-Rehiba), Bab Khalid ouBab Sidi Abdallah Cherif,Bab El Fellah etBab Alioua.

À l'époque ottomane, quatre nouvelles portes sont ouvertes :Bab Laassal,Bab Sidi Abdessalem,Bab El Gorjani etBab Sidi Kacem. La ville de Tunis conserve certaines portes — Bab Saadoun, Bab El Khadra, Bab El Bhar, Bab Jedid et Bab Sidi Kacem — qui ouvraient l'ancien mur qui a disparu en grande partie.

Espaces verts

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Photo du parc du Belvédère.
Parc du Belvédère dominant la ville.

Tunis compte quelques grandsparcs dont les premiers sont aménagés à la fin duXIXe siècle par les autorités du protectorat français.

Le plus grand d'entre eux, leparc du Belvédère, constitué dès 1892 sur un site choisi à l'époque pour sa position excentrée par rapport à la ville et sa vue sur Tunis et son lac, est le plus ancien parc public du pays[48]. Il est réalisé dans le style paysager qui se pratique alors en métropole, constituant un très vaste espace de plus d'une centaine d'hectares traversé de routes que l'on peut parcourir à pied ou envoiture. Il abrite par ailleurs lezoo de Tunis, qui présente lafauneafricaine, et le musée d'art moderne.

Lejardin Habib-Thameur,jardin à la française situé dans le quartier du Passage, se caractérise par un tracé régulier et comprend une pièce d'eau centrale ainsi que des parterres et des massifs floraux. Le jardin du Gorjani,jardin à l'anglaise situé au sud-ouest de la ville, présente un tracé irrégulier très probablement lié latopographie escarpée du terrain. Il comprend un bassin central et des allées courbes. Tous deux sont réalisés dans l'année qui suit l'indépendance en lieu et place d'ancienscimetières désaffectés[49], notamment lecimetière israélite de Tunis qui est déplacé auBorgel.

Banlieue

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Le Grand Tunis est uneconurbation qui englobe les municipalités dugouvernorat de Tunis ainsi que celles des gouvernorats avoisinants deBen Arous, de l'Ariana et deLa Manouba. Cettemétropole à échelle nationale compte 2 912 818 habitants en 2024, ce qui représente environ 25 % de la population tunisienne[50].

Depuis laSeconde Guerre mondiale, une progression rapide mais inégale de la banlieue s'effectue selon les secteurs géographiques concernés. La banlieue prend ainsi une part de plus en plus importante dans la population de l'agglomération tunisoise. Représentant 27 % du total des habitants en 1956, elle passe à 37 % en 1975 puis à près de 50 % de ce total en 2006 :

Population des municipalités de l'agglomération
MunicipalitéPopulation (2014)
Ettadhamen-Mnihla142 953
La Soukra129 693
Ariana114 486
El Mourouj104 586
Raoued94 961
La Marsa92 987
Ben Arous88 322
Douar Hicher82 532
Le Kram74 132
Le Bardo71 961
Radès59 794
La Goulette45 711
La Manouba41 670
Tebourba27 545
Mégrine26 924
Den Den17 122
Carthage17 010
Sidi Bou Saïd5 911
Total1 238 300
Sources : Institut national de la statistique[2]

Au nord-ouest, dans le prolongement duBardo, centre politique du pays après l'indépendance et quartier des ministères et de l'Assemblée nationale, le bâti progresse par des occupations puis des constructions illégales ou par la construction d'habitats collectifs bon marché (Ksar Saïd,Oued Ellil,Den Den,La Manouba, etc.)[51]. Au nord, le Belvédère,El Menzah et l'Ariana se structurent par des lotissements pavillonnaires de part et d'autre des nouvelles voies de communication reliant le centre-ville à l'aéroport. Ici vivent lesclasses moyennes et se sont implantées de nombreux équipements universitaires et organismes de recherche étatiques. Le Sud de l'agglomération souffre encore de ses activitésindustrielles,minières etportuaires. ÀBen Arous se multiplient toutefois les lotissements résidentiels ou les occupations illégales de terrains le long des axes routiers[51].

Cet espace urbain dilué génère toute une série de problèmes qui acquièrent dans le contexte tunisois une gravité particulière : exiguïté des terres agricoles, autosuffisance alimentaire non assurée,aridité et pénurie d'eau à terme,pauvreté etprécarité des couches urbaines populaires potentiellement sensibles aux discours protestataires, etc.[51].

Démographie

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Évolution historique de la population
AnnéeMunicipalitéAgglomération
1891114 121
1901146 276
1911162 479
1921171 676192 994
1926185 996210 240
1931202 405235 230
1936219 578258 113
1946364 593449 820
1956410 000561 117
1966468 997679 603
1975550 404873 515
Sources : Paul Sebag,Tunis : histoire d'une ville, Paris, L'Harmattan, 1998.
Photo d'un vieil homme.
Portrait d'un vieux Tunisois.

Dans les années qui suivent l'indépendance, la population de l'agglomération continue de s'accroître : l'accroissement est de 21,1 % de 1956 à 1966 puis de 28,5 % de 1966 à 1975 (55,6 % entre 1956 et 1975)[52]. Cette croissance régulière des effectifs s'accompagne de mutations qui modifient d'une façon radicale le peuplement de la capitale. Ladécolonisation s'est traduite par l'exode de toutes lesminorités confessionnelles (Juifs etchrétiens) dont les effectifs s'amenuisent d'année en année. Mais les vides créés par leur départ sont surabondamment comblés par des Tunisiens qui affluent de l'arrière-pays.

Au début duXXIe siècle, la métropole de Tunis dépasse les 2 000 000 d'habitants. La multiplication par quatorze de la population depuis le début duXXe siècle est d'abord le résultat demigrations extérieures. À partir de 1975, la croissance de la population se fait de façon endogène ou par transferts des villes moyennes[53] — la croissance démographique se ralentissant progressivement tout comme l'exode rural — en raison du développement économique et de l'attractivité de la capitale. C'est dans les années suivant laSeconde Guerre mondiale que le taux de croissance de la population de Tunis connaît son paroxysme.

Après l'indépendance, le gouvernement tunisien met en œuvre, pour faire face à la croissance de la population du pays, un système deplanning familial, ce qui permet de faire descendre le taux de croissance démographique. Entre 1994 et 2004, la population dugouvernorat de Tunis ne s'accroît plus que de 1,03 % par an. Elle représente, lors durecensement de 2004, 9,9 % de l'ensemble de la population tunisienne[54].

Comme dans le reste de la Tunisie, l'alphabétisation de la région de Tunis a connu une évolution rapide au cours de la deuxième moitié duXXe siècle et atteint même un niveau légèrement supérieur par rapport à la moyenne nationale : le gouvernorat de Tunis connaît le niveau d'instruction supérieure le plus élevé du pays (14,8 % des plus de dix ans[55]) et se trouve même dépassé par le gouvernorat voisin de l'Ariana (15,3 %[55]) qui accueille de nombreuses institutions d'études dans lesNTIC. Celui de Ben Arous fait un peu moins bien (12,3 %[55]) alors que celui de La Manouba (7,3 %[55]) est en dessous de la moyenne nationale. Ces différences témoignent ainsi des disparités sociales au sein de la grande banlieue tunisoise.

En 2014, la population de lamunicipalité de Tunis atteint 638 845 habitants — appelés « Tunisois » — d'après le recensement de l'Institut national de la statistique[2].

Pyramide des âges du gouvernorat de Tunis en 2004[56]
HommesClasse d’âgeFemmes
10 033 
75 et +
11 472 
9 583 
70-74
9 830 
12 629 
65-69
13 638 
13 657 
60-64
15 133 
17 806 
55-59
19 590 
26 764 
50-54
25 328 
32 453 
45-49
31 498 
38 530 
40-44
37 685 
39 494 
35-39
40 740 
42 469 
30-34
40 084 
48 773 
25-29
45 668 
54 142 
20-24
51 111 
43 615 
15-19
42 460 
38 265 
10-14
37 842 
34 142 
5-9
32 870 
34 574 
0-4
31 996 

Culture

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Musées

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Photo du musée des arts et traditions populaires.
Musée des arts et traditions populaires.

LeDar Ben Abdallah, palais datant probablement duXVIIIe siècle, devient en 1964 le siège du musée des arts et traditions populaires de la capitale ; il renferme dans ses salles d'exposition de nombreux éléments traditionnels, témoins de la vie quotidienne d'une famille de la médina[57]. Lemausolée Sidi Kacem El Jellizi abrite le Centre national de la céramique, un musée présentant une collection de céramiques et de faïences ainsi que d'anciennes stèles funéraires islamiques. Le musée du mouvement national se situe pour sa part dans leDar Maâkal Az-Zaïm, demeure du nationalisteHabib Bourguiba tout au long de la période de la lutte pour l'indépendance. Après l'avènement de cette dernière, un musée y est aménagé afin de relater les péripéties de lalutte nationale entre 1938 et 1952. Tunis accueille également quelques petits musées thématiques, comme lemusée de la monnaie, lemusée de la poste et lemusée national de la médecine. Dans la banlieue nord, laCité des sciences vise à diffuser le savoir et de la culture scientifiques à travers des manifestations, des expositions et des démonstrations interactives.

Photo du bâtiment de la Cité des sciences.
Bâtiment de la Cité des sciences.

Logé dans un ancien palaisbeylical de la banlieue duBardo depuis la fin duXIXe siècle, lemusée national du Bardo est le plus important des musées archéologiques duMaghreb et l'un des plus riches du monde enmosaïquesromaines ; ses collections se sont rapidement développées grâce aux nombreuses découvertes archéologiques faites à travers le territoire.

Lemusée militaire national, ouvert le àLa Manouba, est logé dans un ancien palais beylical (Palais de la Rose) édifié vers 1793 ; il possède une collection de 23 000 pièces couvrant les différentes époques de l'histoire militaire de la Tunisie dont 13 000 armes datant duXIXe siècle, une partie ayant été utilisée par les troupes tunisiennes lors de laguerre de Crimée[58].

Musique

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Photo de l'orchestre de La Rachidia
Orchestre de la Rachidia lors d'un concert au Théâtre municipal de Tunis en février 2009.

Tunis abrite des institutions musicales parmi les plus prestigieuses du pays. La troupe deLa Rachidia y est fondée en 1934 pour sauvegarder lamusique arabe originale et valoriser particulièrement lamusique tunisienne à travers de nouvelles créations inspirées des règles de la musique ifriquienne. Elle se compose de 22 membres (joueurs d'instruments etchorale)[59].

La Troupe musicale de la ville de Tunis est créée en 1954 parSalah El Mahdi. Il charge en 1955 son discipleMohamed Saâda de diriger cette troupe qui rassemble à cette époque les meilleurs artistes de la place qui intègrent par la suite la troupe de laradio nationale[60]. Elle contribue à la promotion de plusieurs noms de la chanson tunisienne dontOulaya.

L'Association de l'orchestre arabe de la ville de Tunis commence ses activités à la fin du mois d' en tant qu'atelier lié au centre culturel municipal. Il s'attache à la promotion de la musique arabe, à la formation musicale ainsi qu'à la coopération avec divers partenaires en Tunisie et à l'étranger. L'Orchestre symphonique tunisien, créé en 1969 par le ministère de la Culture, produit par ailleurs des concerts mensuels au Théâtre municipal ou dans l'un des espaces culturels de la capitale.

Arts du spectacle

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Photo du Théâtre municipal.
Façade du Théâtre municipal.

La ville de Tunis constitue un pôle majeur de la vie culturelle tunisienne. LeThéâtre municipal, dès son inauguration le, ouvre la voie à la diffusion de la création artistique dans la cité :opéra,ballet, concerts symphoniques, art dramatique, etc. Sur la scène de ce théâtre, de nombreuses représentations sont régulièrement données par de nombreux comédiens tunisiens, arabes et internationaux[61]. Dans ce contexte, lethéâtre joue un rôle d'importance. LeThéâtre national tunisien, entreprise publique à caractère culturel[62], est installée depuis 1988 aupalais Khaznadar (datant du milieu duXIXe siècle et situé àHalfaouine) rebaptisé « palais du théâtre ». En 1993, il prend également possession de l'anciennesalle de cinémaLe Paris, d'une capacité de 350 places, rebaptiséeQuatrième art. Elle abrite chaque saison culturelle (du au) plus de 80 représentations théâtrales[62].

Lethéâtre El Hamra est un espace culturel situé rue El Jazira. Deuxième salle de cinéma ouverte à Tunis, Al Hambra (comme elle est appelée alors) est l'une des salles les plus célèbres de la capitale pendant lesannées 1930 et1940[63].

Photo des locaux de l'Étoile du Nord.
Locaux de l'Étoile du Nord.

Après quinze ans de fermeture, elle est transformée en théâtre de poche en 1986 et abrite le premier centre arabo-africain de formation et de recherches théâtrales depuis[63]. On peut citer également l'existence des troupes d'El Teatro et de l'Étoile du Nord. D'autres arts sont également représentés dans la capitale. Le Centre national des arts de la marionnette est créé le : sa création vient couronner les efforts de la Troupe de théâtre de la marionnette de Tunis fondée en 1976[62]. L'École nationale des arts du cirque est fondée le au sein du Théâtre national à la suite d'une rencontre entre le directeur de ce dernier et le directeur général duCentre national des arts du cirque deChâlons-en-Champagne (France) en 1998. L'École nationale des arts du cirque deRosny-sous-Bois et l'Institut français de coopération concourt également à l'élaboration des programmes de l'école. Par ailleurs, des maisons de la culture sont disséminées à travers la ville et permettent diverses représentations artistiques.

Le, laCité de la culture est ouverte après quinze ans de travaux[64] et abrite trois pôles (cinéma, opéra et arts chorégraphiques) ainsi que leCentre national du cinéma et de l'image et un musée de l'art moderne et contemporain[65].

La ville de Tunis offre par ses décors un paysage très tôt convoité par les producteurs decinéma. En effet, le premier tournage de vues animées dans ses rues est réalisé par les opérateurs desfrères Lumière en 1896. Les premières projections sont organisées l'année suivante et la premièresalle de cinéma, l'Omnia-Pathé, ouverte en[66]. Le premierciné-club de Tunis est ouvert en 1946 et la premièresalle d'art et essai, Le Globe, en 1965.

En 1990,Férid Boughedir tourne dans le quartier d'Halfaouine son premierlong métrage :Halfaouine, l'enfant des terrasses. Le filmLe Patient anglais (1996) et le téléfilm documentaireLe Dernier Jour de Pompéi (2003) sont eux tournés dans des studios tunisois.

Festivals et événements

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L'agglomération organise plusieursfestivals chaque année dont le plus important est leFestival international de Carthage qui a lieu en juillet et août avec un retentissement international. Fondé en 1964, il en est à sa42e édition. Il permet de proposer au public, dans le cadre de l'amphithéâtre de Carthage (avec une contenance de 7 500 places assises en gradins), les prestations de chanteurs, musiciens, acteurs, danseurs ainsi que la projection de films sur écran en plein air. Parmi les festivals les plus réputés, il est également possible de citer lesJournées cinématographiques de Carthage, organisées tous les deux ans ainsi que les Journées théâtrales de Carthage.

De nombreuses manifestations culturelles et foires sont également organisées au sein de l'agglomération tunisoise chaque année. Depuis 2012, lamédina de Tunis accueille ainsi l'événement artistique annuelTunis Dream City[67].

Bibliothèques

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Photo du siège de la bibliothèque nationale.
Siège de la Bibliothèque nationale de Tunisie.

Tunis regroupe quelques-unes des plus importantesbibliothèques de Tunisie, dont laBibliothèque nationale qui est d'abord installée en 1924 dans un bâtiment de lamédina construit en 1810 parHammouda Pacha pour servir de casernement aux troupes desjanissaires puis deprison[68]. Devenue trop exiguë, la bibliothèque est transférée, le, dans son nouveau siège de 35 000 m2 situé au boulevard 9-Avril 1938. Le nouvel édifice comporte une salle de lecture, une salle de conférences, des laboratoires, une galerie d'exposition, un bloc de services techniques et administratifs, un relais ouvert aux visiteurs, un restaurant, un parking et un espace vert couvrant 10 300 m2[68].

Abritée dans une ancienne demeure d'un savant de l'époque hafside, la bibliothèque de laKhaldounia est fondée en 1896 dans le cadre de la création de cette institution éducative. Après l'indépendance et à la suite de l'unification des programmes de l'éducation nationale, l'association cesse ses activités et la bibliothèque est rattachée à la Bibliothèque nationale qui assure depuis sa gestion[69].

Bâti auXVIIe siècle, leDar Ben Achour abrite la bibliothèque de la ville de Tunis. Acquise à la fin desannées 1970 par la municipalité de Tunis, la demeure est restaurée avant d'abriter dès 1983 la bibliothèque municipale[68].

Enseignement supérieur

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Photo de la faculté des sciences humaines et sociales de l'université de Tunis.
Faculté des sciences humaines et sociales.

Tunis et sa banlieue concentrent les principales universités tunisiennes : l'université Zitouna, l'université de Tunis, l'université de Tunis - El Manar, l'université de Carthage et l'université de La Manouba. C'est pourquoi, on y compte la concentration la plus forte en nombre d'étudiants en Tunisie avec 148 058 inscrits en 2008-2009[70].

On y trouve aussi plusieurs établissements d'enseignement supérieur tels que l'École nationale d'ingénieurs de Tunis, l'École nationale des sciences de l'informatique, l'École supérieure des communications de Tunis, l'Institut national agronomique de Tunisie, l'Institut supérieur des études technologiques en communications de Tunis ou l'Institut préparatoire aux études d'ingénieurs de Tunis.

Par ailleurs, le nombre des universités et autres instituts de formation privés augmentent à l'image des créations de laBouebdelli University, de l'université centrale, de l'École supérieure privée d'ingénierie et de technologie ou de l'Institut maghrébin des sciences économiques et de technologie.

Photo du Collège Sadiki.
Collège Sadiki.

Parmi les lycées de la capitale les plus connus figurent lelycée de la rue du Pacha (fondé en 1900), le lycée Bab El Khadhra, le lycée El Omrane, lelycée de la rue de Russie, le lycée Bourguiba (ancienlycée Carnot de Tunis), lelycée Alaoui ou encore lelycée pilote de l'Ariana. Jusqu'à l'indépendance, leCollège Sadiki (fondé en 1875) et laKhaldounia (fondée en 1896) figuraient également parmi les établissements les plus reconnus. Enfin, héritage de la présence française dans le pays, la ville conserve plusieursétablissements scolaires français dont le plus important est lelycée Pierre-Mendès-France situé àMutuelleville.

Lieux de culte

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Photo de la mosquée Zitouna.
Mosquée Zitouna.
Photo de la mosquée Youssef Dey.
Mosquée Youssef Dey.
Photo de la salle de prière de la mosquée Sidi Mahrez.
Salle de prière de la mosquée Sidi Mahrez.

Parmi leslieux de culte (islam,christianisme,judaïsme), il y a principalement desmosquées. Il y a aussi deséglisescatholiques (rattachées à l'archidiocèse de Tunis) etorthodoxes, destemplesprotestants et deséglises évangéliques, et dessynagogues[71].

Comme dans le reste de la Tunisie, une très large majorité de la population tunisoise (aux environs de 98 %) est de confessionmusulmanesunnite. La capitale abrite donc un très grand nombre de mosquées de différents styles architecturaux, signes de leurs époques de construction respectives. La principale et la plus ancienne d'entre elles, lamosquée Zitouna, bâtie en732 au cœur de lamédina puis entièrement rebâtie en864[72], est un prestigieux lieu de culte et, pendant longtemps, un important lieu de culture et de savoir en abritant les locaux de l'université Zitouna jusqu'à l'indépendance de la Tunisie. Il accueille encore les cérémonies marquant les principales dates ducalendrier musulman auxquelles assiste régulièrement leprésident de la République.

La médina regroupe la plupart des grandesmosquées de la capitale qui sont toutes construites avant l'avènement duprotectorat français :

Photo de la cathédrale Saint-Vincent-de-Paul.
Cathédrale Saint-Vincent-de-Paul.
Façade de la Grande synagogue de Tunis.
Grande synagogue de Tunis.

La présence d'églises à Tunis témoigne de la présence française pendant un demi-siècle mais aussi des échanges de Tunis avec le reste dubassin méditerranéen. Tunis est par ailleurs le siège de l'archidiocèse de Tunis dont l'archevêque siège dans lacathédrale Saint-Vincent-de-Paul, édifiée en 1897 sur l'emplacement de l'anciencimetière chrétien de Saint-Antoine[73]. À celle-ci s'ajoutent un réseau d'édificescatholiques, dont l'église Sainte-Jeanne-d'Arc, mais aussiprotestants avec l'église réformée et l'église anglicane Saint-Georges[74]. La petitecommunauté orthodoxe est quant à elle regroupée autour de l'église grecque orthodoxe (1901), gérée par l'ambassade deGrèce, et de l'église russe orthodoxe (1956) qui témoigne de la présence en Tunisie d'une petite colonie de réfugiésrusses blancs[73].

Lejudaïsme bénéficie quant à lui d'une très longue tradition de présence dans la ville malgré l'émigration d'une grande partie de lacommunauté juive après l'indépendance. Parmi les sept lieux de culte juif qui subsistent encore[75], laGrande synagogue de Tunis, édifiée à la fin de la première moitié duXXe siècle en remplacement de l'anciennesynagogue de la Hara démolie dans le cadre des travaux de réaménagement duquartier juif de la Hara, est le principal d'entre eux.

Politique

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Capitale

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Photo de la place de la Kasbah.
Place de la Kasbah regroupant la Présidence du gouvernement et le ministère des Finances.

Tunis est lacapitale de la Tunisie depuis 1159. En vertu desarticles 24 et 43 de laConstitution de 1959, « Tunis et sa banlieue » accueille des institutions nationales, de même pour laConstitution du dans les articles 51 et 73 qui mentionnent[76] :

Elle abrite également le siège des ministères et organismes publics, ainsi que celui de laCour constitutionnelle et des principales institutions judiciaires.

Municipalité

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Institutions

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Avant 2011, le Conseil municipal se compose de soixante membres dont vingt assistants élus par le conseil après sa prise de fonctions[77]. Durant la législature 2005-2010, la répartition des sièges se fait de la façon suivante[78] : 48 pour leRassemblement constitutionnel démocratique (parti alors au pouvoir au niveau national), 4 pour leMouvement des démocrates socialistes, 4 pour leParti de l'unité populaire, 3 pour l'Union démocratique unioniste et 1 pour leParti social-libéral.

Le Conseil municipal se réunit quatre fois par an mais peut se réunir en session extraordinaire à la demande dumaire. Parmi ses compétences figurent l'étude et le vote du budget municipal, du programme d'équipement municipal et des actions à entreprendre dans le cadre du plan national de développement[77]. Il donne également son avis sur tous les projets devant être réalisés par l'État, le gouvernorat ou un organisme public.

Contrairement aux autres maires de Tunisie, celui de Tunis est alors désigné par décret duprésident de la République parmi les membres du Conseil municipal[79].Mohamed Béji Ben Mami est nommé par un décret promulgué le en remplacement d'Abbès Mohsen, nommé en 2000 et reconduit à son poste après les élections municipales de 2005[80].

Drapeau de la ville de Tunis.
Drapeau de la ville de Tunis.
Photo du siège de la municipalité.
Siège de la municipalité de Tunis.

Le, une délégation spéciale dirigée par Seifallah Lasram est mise en place pour remplacer les institutions élues sous le régime deZine el-Abidine Ben Ali[81].

Le, lesélections municipales voientEnnahdha obtenir 21 sièges de conseillers sur 60 etNidaa Tounes 17. Le suivant,Souad Abderrahim devient la première femme élue maire de la capitale[82].

En complément des institutions municipales, chacun des quinze arrondissements municipaux dispose d'un conseil se réunissant chaque mois en présence des élus et des représentants des administrations concernées par les questions à l'ordre du jour.

Budget

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Lebudget 2014 adopté par le Conseil municipal s'articule de la façon suivante : 41,850 millions dedinars seront collectés par les taxes foncières et sur les activités, 9,510 millions par les redevances pour formalités administratives et droits perçus en atténuation de services rendus, 7,040 millions par les revenus d'occupation et de concession de services publics dans le domaine municipal ; 53,878 millions seront investis dans la rémunération publique, 23,344 millions dans des dépenses de développement, 4,102 millions dans les intérêts de la dette et 3,635 millions dans diverses interventions publiques[83].

Lesrecettes sont le produit destaxes sur les immeubles bâtis et les terrains non bâtis, desredevances delocation des propriétés municipales, des revenus de l'exploitation de la voie publique, de lapublicité, de la vente du domaine municipal et des actions que la municipalité détient dans le capital de certaines entreprises. Côté dépenses, descrédits sont prévus pour la consolidation de l'hygiène et de la propreté, de l'état de l'environnement et de l'esthétique urbaine, l'entretien de l'infrastructure, la réhabilitation et la rénovation des équipements collectifs, le renforcement de la logistique et des moyens de travail et de transport.

Économie

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Tableau général

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De par la concentration des activités de commandement politique (siège des institutions du pouvoir central,présidence,assemblée, ministères et administrations centrales) et culturel (importants festivals et grands médias), Tunis est la seule métropole de rang national.

Photo du siège social de la Société tunisienne de banque.
Siège social de laSociété tunisienne de banque.

Son poids économique est donc très important : la ville constitue le premier pôle économique et industriel du pays, abrite le tiers des entreprises tunisiennes — dont la quasi-totalité des sièges sociaux des entreprises de plus de cinquante salariés à l'exception de laCompagnie des phosphates de Gafsa qui a fait l'objet d'une mesure de décentralisation de son siège social àGafsa — et produit le tiers duproduit intérieur brut national[84].

Les grandes faiblesses de l'économie tunisoise sont son attractivité insuffisante pour lesinvestissements étrangers (33 % des entreprises, 26 % des investissements et 27 % des emplois), l'exclusion de plusieurs zones de la dynamique économique en raison des déséquilibres urbains, letaux de chômage des diplômés du supérieur qui est en progression de même que le taux d'analphabétisme qui demeure élevé au sein de la population la plus âgée (27 % des femmes et 12 % des hommes)[84]. Le nombre de personnes vivant sous leseuil de pauvreté, en régression à l'échelle nationale, reste plus élevé en milieu urbain. Par ailleurs, le chômage persiste : un jeune de 18 à 24 ans sur trois est au chômage contre un actif sur six à l'échelle nationale. Dans le Grand Tunis, la proportion de jeunes auchômage est ainsi de 35 %[84].

Secteurs

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La structure économique de Tunis, tout comme celle du pays, setertiarise — la ville est la plus grande place financière du pays en abritant le siège de 65 % des entreprises financières — alors que les secteurs industriels perdent de leur importance (saturation des zones industrielles mais spécialisation des activités industrielles à haute valeur ajoutée)[84].

Photo de l'usine des Ciments artificiels tunisiens.
Usine des Ciments artificiels tunisiens à Djebel Jelloud.

L'industrie y reste tout de même très représentée : Tunis accueille 85 % des établissements industriels répartis dans les quatregouvernorats constituant sonagglomération avec une évolution vers l'étalement des zones industrielles en périphérie, le long des axes de communication.

L'agriculture, quant à elle, est active dans les espaces les plus éloignés du centre sous forme deceintures maraîchères ou d'espaces agricoles spécialisés (notamment dans laviticulture très présente autour de la ville). En effet, grâce à un relief en général plat et à l'encadrement de l'agglomération par les deux principaux fleuves de Tunisie, laMedjerda au nord et l'oued Miliane au sud, fertilisant grâce à leur fortecharge alluviale[85], Tunis bénéficie de plusieurs grandesplaines fertiles encore très productives : les plaines de l'Ariana et deLa Soukra (nord), la plaine deLa Manouba (ouest) et la plaine deMornag (sud). De plus, une vastenappe phréatique facilement accessible par le forage de puits peu profonds apporte l'eau nécessaire aux différentes cultures. Lessols sont lourds etcalcaires au nord mais légers et argilo-sablonneux au sud[86]. Les productions agricoles sont diversifiées, notamment en raison d'un régime depluies réparties au cours de l'année :blé dur (La Manouba),olivier (Ariana et Mornag),vigne (Mornag),arboriculturefruitière, maraîchage etcultures légumineuses (toutes régions)[87].

Transports

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Article détaillé :Transport à Tunis.

Transports publics

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Articles détaillés :Société des transports de Tunis,TGM,Métro léger de Tunis etRéseau ferroviaire rapide de Tunis.
Photo de bus aux couleurs de la livrée de la STT.
Bus de la STT.
Photo du métro léger.
Convoi du métro léger.

La ville dispose au début duXXIe siècle d'un réseau detransport en commun relativement développé et placé sous la gestion de laSociété des transports de Tunis (STT). En plus des quelque 200 lignes de bus, la première ligne du métro léger ouvre en 1985. Le réseau s'étend progressivement depuis pour atteindre les quartiers périphériques. La capitale est aussi reliée à sa banlieue nord par la ligne ferroviaire duTGM qui part de lagare de Tunis Marine puis traverse la digue divisant le lac en deux.

Par ailleurs, un nouveau projet de transport de masse, d'un montant estimé à trois milliards dedinars, doit être aménagé dans la région du Grand Tunis à partir de 2013[88]. Il s'agit duRéseau ferroviaire rapide qui doit transporter des dizaines de milliers de voyageurs depuis les lointaines banlieues de Tunis vers le centre en utilisant des voies ferrées existantes ou à construire[89]. Il sera décomposé en cinq lignes, dont la longueur totale est de 86 kilomètres, dont la priorité est fonction de certains critères, comme la densité de la population ou le déficit de la desserte d'une zone donnée :

Par ailleurs, le TGM sera intégré dans le réseau du métro léger et une nouvelle ligne construite vers Aïn Zaghouan et Bhar Lazrag (8,4 kilomètres). Une telle opération nécessitera la mise à niveau desquais de gares du TGM afin qu'ils soient adaptés aux rames du métro léger[89]. Parmi les autres projets prévus se trouvent une ligne vers la cité Ennasr (8,4 kilomètres) ainsi que l'extension de la ligne Tunis-Ettadhamen pour atteindre Mnihla (1,7 kilomètre).

De son côté, la ligne sud du métro léger est étendue ennovembre 2008 jusqu'àEl Mourouj 6 sur une longueur de 6,8 kilomètres. La longueur totale du réseau sera à terme de l'ordre de 84 kilomètres[89].

Réseau aérien

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Article détaillé :Aéroport international de Tunis-Carthage.
Photo de l'aéroport.
Aéroport de Tunis-Carthage.

La ville est reliée par le transport aérien avec l'aéroport international de Tunis-Carthage, situé à huit kilomètres au nord-est du centre-ville, qui est mis en exploitation en 1940 sous le nom de Tunis-El Aouina[90]. L'aérogare actuelle est dotée d'une capacité d'accueil de cinq millions de voyageurs par an[90]. Disposant de deux pistes d'environ trois kilomètres de long chacune, il accueille 4 188 914 passagers en 2008 contre 304 918 en 2003[90].

Port

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Vue aérienne montrant deux lagunes séparées par un canal t deux bandes de terre.
Vue aérienne du nord-est côtier de Tunis montrant les ports deLa Goulette et descontainers deRadès.

Après l'indépendance, l'Office national des ports maritimes, qui prend en charge l'ensemble des ports du pays, modernise les infrastructures du port de Tunis durant lesannées 1960[91].

Toutefois, le développement très important des installations portuaires deLa Goulette etRadès, bénéficiant de sites plus favorables, et le transfert progressif des activités et du trafic permettent d'envisager au début duXXIe siècle le réaménagement du port de Tunis et sa transformation enport de plaisance dans le cadre du réaménagement du quartier deLa Petite Sicile.

Grâce au port de La Goulette, Tunis est reliée àMarseille etGênes par des liaisons hebdomadaires enferry assurées par laCompagnie tunisienne de navigation,Corsica Linea etGrandi Navi Veloci.

Réseau routier

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Photo de l'avenue Mohamed-Bouazizi.
AvenueMohamed-Bouazizi.

Tunis connaît également une densité de circulation importante en raison de la croissance du parc automobile qui évolue au rythme de 7,5 % par an[92]. D'ailleurs, la capitale concentre à elle seule au moins 40 % du parc national avec la circulation de quelque 700 000 voitures par jour[92].

C'est dans ce contexte que d'importants travaux d'infrastructure routière (viaducs, échangeurs,voies express, etc.) sont mis en route dès la fin desannées 1990 afin de désengorger les principaux axes de la capitale[93]. Tunis est par ailleurs le noyau d'où rayonnent les principales routes ainsi que toutes les autoroutes qui desservent les diverses régions du pays :

Sport

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Au début duXXe siècle se créent les premières sociétés sportives, notamment dans un cadre scolaire, à l'exemple de l'Association tunisienne musulmane en 1905 qui regroupe les élèves dulycée Alaoui et duCollège Sadiki et de la Nasria, dont les activités se limitent à lagymnastique. Un concours régional de gymnastique a d'ailleurs lieu à Tunis en 1912 avec la participation de milliers de gymnastes français. Peu prisé dans un premier temps par les locaux, lefootball fait son apparition dans la capitale le avec la création de la première société de football du pays, le Football Club de Tunis, qui devient six jours plus tard leRacing Club de Tunis officialisé le. Faute de compétition officielle, on organise des rencontres entre les équipes des établissements scolaires, la première d'entre elles ayant lieu le entre l'équipe du lycée Alaoui et celle dulycée Carnot (1-1).

Photo du stade olympique.
Stade olympique d'El Menzah.
Photo de la piscine olympique.
Piscine olympique d'El Menzah.

Mais le football n'est pas la seule discipline à émerger. Ainsi, entre 1928 et 1955 se disputent neuf éditions duGrand Prix automobile de Tunisie qui s'impose comme le rendez-vous incontournable dusport automobile auMaghreb où Marcel Lehoux,Achille Varzi,Tazio Nuvolari ouRudolf Caracciola inscrivent leur nom au palmarès. Les courses sont d'abord organisées sur le tracé urbain duBardo puis sur le circuit deCarthage avant de se terminer sur un nouveau tracé auBelvédère lors de la dernière édition. Un Grand Prix historique de Tunis a refait son apparition depuis 2000[94],[95]. La ville organise par ailleurs à deux reprises lesJeux méditerranéens en1967 et2001, ou leschampionnats d'Afrique de gymnastique artistique 2000, mais aussi leGrand Prix de la ville de Tunis depuis 2007 et un tournoi international detennis, leTunis Open, qui est inscrit à l'ATP Challenger Tour.

Dans ce contexte, legouvernorat de Tunis compte en 2007 24 095 licenciés dans les divers clubs de l'agglomération[96].

Titres nationaux remportés (masculins et féminins) par les clubs omnisports de Tunis
ClubInstallationsFondationFootballHandballVolley-ballBasket-ball
Club africainStade El Menzah
Palais El Menzah
192028813413
Espérance sportive de TunisStade El Menzah
Palais El Menzah
191945564118
Stade tunisienStade Chedly-Zouiten1948130015

L'Espérance sportive de Tunis (EST), le Club africain (CA) et le Stade tunisien sont les grandsclubs omnisports de la ville. Les matchs entre les deux clubs desfaubourgs tunisois, l'EST et le CA, charrieraient symboliquement une opposition declasse sociale entre un club riche et bourgeois (EST) et un club pauvre et soutenu par les masses populaires (CA). Toutefois, en se penchant sur la composition des premiers bureaux directeurs ou sur la constitution des équipes, il est étonnant de constater combien labourgeoisie et les notables sont présents dans les deux clubs[97].

Photo de l'intérieur du stade olympique de Radès.
Stade olympique de Radès.

Les premières véritablesinstallations sportives sont aménagées sous le protectorat français, comme l'illustre l'aménagement de l'hippodrome de Ksar Saïd ou la construction du stade Géo-André devenu lestade Chedly-Zouiten, dans le quartier du Belvédère, qui a longtemps été lestade principal de la capitale avant d'être supplanté par lestade olympique d'El Menzah qui voit le jour au sein du complexe de la Cité olympique d'El Menzah bâtie à l'occasion desJeux méditerranéens de 1967. Celui-ci est lui-même supplanté par la Cité olympique du 7-Novembre et sonstade de 60 000 places[98] bâti àRadès pour les Jeux méditerranéens 2001 pour un coût estimé à 170 millions dedinars dont près de la moitié financée par des prêts sud-coréens et espagnols alors que le stade d'athlétisme représente un investissement de 12 millions de dinars et le village des sportifs un investissement estimé à 50 millions de dinars[99].

En 2008, le gouvernement annonce le lancement de la construction par le groupeémirati Boukhater d'un important complexe sportif comprenant plusieurs académies sportives, un stade de 20 000 places et un centre de natation. BaptiséTunis Sports City, il s'étendra au bord dulac de Tunis, sur la route deLa Marsa[100].

Jumelages

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La municipalité de Tunis a signé de nombreux accords de coopération et de jumelage avec diverses villes à travers le monde[101] :

Carte
Jumelages et partenariats de Tunis.Voir et modifier les données sur Wikidata
Jumelages et partenariats de Tunis.Voir et modifier les données sur Wikidata
VillePaysPériode
Amman[102]Jordaniedepuis
Cologne[102]Allemagnedepuis
Djeddah[102]Arabie saouditedepuis
Doha[102]Qatardepuis
Istanbul[103],[102]Turquiedepuis
Koweït[102]Koweïtdepuis
Lisbonne[102]Portugal-
Marseille[102]France-
Mascate[102]Omandepuis
Montréal[102]Canadadepuis
Moscou[102]Russiedepuis
Paris[102]France-
PragueTchéquiedepuis
Rabat[102]Marocdepuis
Rio de Janeiro[102],[104]Brésildepuis le
Santiago[102]Chilidepuis
Stockholm[102]Suède-
Tachkent[102]Ouzbékistandepuis
Tripoli[102]Libyedepuis
Turin[102]Italiedepuis

Personnalités

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Voir la catégorie :Naissance à Tunis.

Honneur

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L'astéroïde(6362) Tunisporte son nom.

Notes et références

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  1. L'agglomération du Grand Tunis s'étend aussi sur le territoire des gouvernorats de l'Ariana, deBen Arous et deLa Manouba.
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  4. Prononciation enarabe tunisienretranscrite phonémiquement selon lanorme API.
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  32. Sebag 1998,p. 397.
  33. De novembre 1942 à mai 1943, sous administration vichyste, la ville est brièvement occupée par les forces de l'Axe.
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  38. ab etc« Présentation de la médina de Tunis », surasmtunis.com(consulté le).
  39. Les monuments antiques sont rares au sein de la médina. On trouve malgré tous les vestiges d'un théâtre romain englobé dans les bâtiments du Dar El Bey.
  40. Ibn Khaldoun écrit d'ailleurs à propos du palais des souverains de Tunis (Henri Saladin,Tunis et Kairouan, Paris, Henri Laurens,coll. « Les Villes d'art célèbres »,, 143 p.,p. 50) :

    « Le sultan Mostancer[Abû `Abd Allah Muhammad al-Mustansir] voulant procurer aux dames de son harem la facilité de se rendre du palais au jardin de Ras Tabia qui touchait à l'enceinte de la ville, sans être exposées aux regards du public, fit élever une double muraille depuis le palais jusqu'au jardin […] Ensuite, il fit élever dans la cour de son palais le pavillon appelé Coubba-Asarak. Cet édifice forme un portail large et élevé dont la façade tournée vers le couchant et percée d'une porte à deux vantaux en bois artistiquement travaillé et dont la grandeur est telle que la force de plusieurs hommes réunis est nécessaire pour les ouvrir et les fermer. Dans chacun des deux côtés qui touchent à celui de la façade s'ouvre une porte semblable à celle que nous venons de décrire. La porte principale est ainsi du côté de l'occident et donne sur un énorme escalier d'environ cinquante marches. Les deux portes s'ouvrent sur des allées qui se prolongent jusqu'aux murs d'enceinte et reviennent ensuite aboutir dans la cour même […] Ce bâtiment aussi remarquable par la beauté de son architecture que par ses vastes dimensions offre un témoignage frappant de la grandeur du prince et de la puissance de l'empire. »

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