L'interaction de facteurs biologiques, génétiques et environnementaux peut expliquer l'apparition d'un trouble bipolaire. Lessymptômes peuvent être plus ou moins graves ettraités de diverses façons, mais il peut s'écouler plusieurs années avant que lediagnostic soit correctement établi. Laprévalence des troubles bipolaires est estimée à environ 1 à 2 % de la population, en Europe, Asie et Amérique. Ils touchent autant les femmes que les hommes et sont associés à un risque élevé de suicide.
Les origines du trouble bipolaire remontent à l'Antiquité. Les historiens de la psychiatrie attribuent généralement àArétée de Cappadoce (Ier siècle ouIIe siècleapr. J.-C.) les premières descriptions chez un même patient d'une succession demélancolie et de manie :« La mélancolie […] me parait être un commencement de manie […]. Les malades restent taciturnes, tristes, abattus, apathiques, et cela sans raison […]. Bientôt ils prennent leurs propres rêves pour des choses vraies, terribles, évidentes […]. Puis un moment après ils deviennent prodigues, généreux, de la plus grande libéralité »[3]. Les relations entre la créativité, la mélancolie ou les périodes d'hypomanie (état d'enthousiasme) sont connues depuis cette époque.Aristote se posait quant à lui la question de la concomitance constatée entre le génie (lacréativité) et la mélancolie voire la folie[3].
Dans sonTraité de psychiatrie (1889),E. Kraepelin utilise le terme de « psychose » ; il distingue les « psychoses maniaco-dépressives » et lesdémences précoces.
Théophile Bonet fait le lien entre les deux humeurs extrêmes en 1686 et forge l'expression latinemanico-melancolicus. L'alternance manie-dépression est également rapportée parThomas Willis[4].Jules Baillarger, en 1854, décrit la folie à double forme qui se caractérise par « deux périodes régulières, l'une de dépression et l'autre d'excitation » ; simultanément,Jean-Pierre Falret publie un article consacré à la folie circulaire caractérisé par des cycles de dépression et de manie avec des intervalles sans symptômes[5].
En 1889,Kraepelin, dans la sixième édition de son traité de psychiatrie, forge l'expression« maladie (folie) maniaco-dépressive » faisant la synthèse de travaux antérieurs[6],[5].
Les médecins Gaston Deny et Paul Camus, reprenant les travaux de Kraepelin, introduisent le terme« psychose maniaco-dépressive », lequel sera contesté à partir de 1957[7], pour distinguer les troubles bipolaires des troubles unipolaires (dépression seule)[6].
En 1915, Kraepelin publie un système de classification de la manie et de la dépression fondé sur les symptômes.Il distingue18 types évolutifs de folie maniaco-dépressive[réf. nécessaire], dont les formes unipolaires et bipolaires, sans les opposer pour autant. Kraepelin note, dans lesannées 1920, que les épisodes de manie sont rares avant lapuberté[8].
Ultérieurement,Karl Kleist etKarl Leonhard subdivisent les formes unipolaires (dépressives) et formes bipolaires[5]. Cette conception dichotomique du trouble est rejointe par Angst, puis Perris (tous deux en 1966) qui confirment que la dépression unipolaire et le trouble bipolaire diffèrent en termes de présentation clinique, de génétique, d'évolution et de réponse au traitement (Marneros & Angst, 2000)[5],[9] puis par Winokur[10].
Avec les progrès de la recherche en médecine et de la neuroimagerie, les épisodes maniaques, dépressifs ou mixtes sont mieux compris en termes de causes, durée, fréquence et intensité des épisodes, trajectoires des patients, liens avec la cognition, traitements, observance de la prise en charge. Plusieurscomorbidités psychiatriques (dont par exemple le trouble de l'attention avec hyperactivité, des troubles anxieux, des troubles du comportement alimentaire) et organiques (troubles métaboliques fréquents chez les patients bipolaires) sont identifiés[11].
La classique psychose maniaco-dépressive fait progressivement place à une notion de spectre de troubles bipolaires[11]. Dans le même temps, statistiquement, la prévalence des troubles bipolaires dans lapopulation générale a été multipliée par dix, au moins en partie à cause de l'élargissement de leur définition, et aussi en lien avec des facteurs génétiques, épigénétiques et environnementaux[11] (cela est maintenant démontré par des études de cohortes, génétiques et immunologiques. Selon l'INSERM,« l'exposition à ces facteurs déclenche uneréponse inflammatoire qui perdure dans le temps, et peut engendrer l’activation de voies biologiques délétères, comme celles des rétrovirus endogènes, la production d’auto-anticorps, ou encore les modifications des neurotransmetteurs ». La découverte de ces anomalies immuno-inflammatoires ouvre désormais la voie à l’identification de biomarqueurs de formes cliniques homogènes de troubles bipolaires, mais aussi à la découverte de traitements ciblés »)[12].
Des études longitudinales montrent en outre que des troubles unipolaires évoluent parfois vers la bipolarité (des indices prédictifs de cette évolution ont été décrits, et des recherches ont porté sur les biomarqueurs sanguins des troubles bipolaires, susceptible de permettre des diagnostics plus rapides)[11]. Les personnes bipolaires semblent souvent porteuses de variants génétiques les rendant plus susceptibles à des facteurs de risque environnementaux (infections, polluants, traumatismes sévères)[12].
De nouveaux médicaments et de nouvelles approches psychothérapeutiques (psychoéducation, accompagnement psychosocial, thérapies familiales et interpersonnelles) permettent d'améliorer la prise en charge des patients bipolaires et leur qualité de vie[13].
D'après un ouvrage collectif récent (2014) d'un neuropsychiatre et de psychiatres,Les troubles bipolaires, Freud a relativement peu traité la maladie maniaco-dépressive dans son œuvre, les premiers travaux psychanalytiques notables sur le sujet étant dus àKarl Abraham[5]. Ce dernier avait certes une formation de psychiatrie, à la différence de Freud[14].Vassilis Kapsambelis relève toutefois que« la situation de la psychose maniaco-dépressive, encore plus que celle des autres psychoses, reste remarquablement attachée, dans la pensée de S. Freud, aux pathologies liées aunarcissisme », et après l'introduction du narcissisme en 1914,« la psychose maniaco-dépressive fait partie, avec les autres états psychotiques, des « psychonévroses narcissiques » »[14]. Aux yeux de Kapsambelis, les travaux de Karl Abraham, de Sigmund Freud et deMelanie Klein signifient« une introduction indispensable à une compréhensionmétapsychologique destroubles de l’humeur. Ceux-ci ne sont pas que « thymiques », mais correspondent à une véritable « façon d'être » globale de la personnalité »[14].
Le seul changement de terme qui remplaçait « psychose maniaco-dépressive » par « trouble bipolaire » a pu faire l'objet d'une controverse[15]. En effet, contrairement à certains autres psychiatres et psychologues de la filièrepsychodynamique[16], leDSM-III psychiatrique ne prend pas en compte les termes psychanalytiques comme « psychose », qui a une acception variable selon l'école de pensée.Élisabeth Roudinesco et Michel Plon écrivent :« Comme la notion deschizophrénie, celle de psychose maniaco-dépressive a été évacuée de la nouvelle classificationcomportementaliste duManuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM, III et IV) adoptée par l'American Psychiatric Association (APA), à partir de 1968, pour être remplacée par celle de trouble bipolaire »[17].
Enpsychiatrie, le terme « trouble bipolaire » est destiné à remplacer l'appellation de « maladie maniaco-dépressive »[18]. La troisième édition duManuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de 1980 fait apparaître officiellement le terme, et elle est en rupture avec les classifications habituelles, abandonnant notamment la dichotomiepsychose-névrose[19].
En raison du remplacement de l'appellation précédente en tant que « psychose maniaco-dépressive »[18] (PMD) ou « maladie maniaco-dépressive » (MMD), l'emploi du concept de « bipolarité » est issu de la reformulation, officialisée par le DSM-III, d'un grand nombre de termes descriptifs detroubles mentaux[15].
Lediagnosticpsychiatrique des troubles bipolaires décrit une catégorie detroubles de l'humeur définie par la fluctuation de l'humeur, alternant entre des périodes d'élévation de l'humeur ou d'irritabilité (manie ou dans sa forme moins sévère d'hypomanie), des périodes dedépression et des périodes d'humeur normale et stable (euthymie ou normothymie)[20],[21].
La cause n'est pas clairement déterminée. Elle associe à la fois des facteurs de vulnérabilité génétique et des facteurs environnementaux[18]. Le traitement des troubles bipolaires repose sur des médicamentspsychotropesthymorégulateurs comme lelithium, lesantiépileptiques ou lesantipsychotiques[18]. Une psychothérapie et de la psychoéducation peuvent aussi être proposés.
Laprévalence des troubles bipolaires est estimée à environ 1 à 2 % de la population, en Europe, Asie et Amérique[18],[22].
L'abandon du terme « psychose maniaco-dépressive » au profit de l'expressiontroubles bipolaires a fait distinguer deux sortes de dépressions : lesdépressions bipolaires dans lesquelles les phases dépressives alternent avec des phases demanie, et lesdépressions unipolaires qui ne comportent qu'une succession de phases dépressives[23] ; ces deux types de dépressions ne peuvent pas être différenciés par lessymptômes qui sont identiques ; toutefois, on observe que les dépressions bipolaires peuvent commencer beaucoup plus jeune (12–15 ans) et ne réagissent pas aux antidépresseurs, tandis que les dépressions unipolaires commencent plus tard (18–30 ans) et ne réagissent pas ou peu auxthymorégulateurs.
On parle aussi demanies unipolaires pour lesmanies qui ne sont pas associées à desphases dépressives.
Représentation graphique des variations de l'humeur dans le trouble bipolaire et la cyclothymie.
Lorsque les fluctuations d'humeur dépassent en intensité ou en durée celles de l'humeur normale et qu'elles entraînent des altérations du fonctionnement ou une souffrance, on parle detrouble de l'humeur. Les individus bipolaires connaissent des périodes où leur humeur est excessivement« haute » : il est question d'hypomanie (« hypo- » signifie« moins que » ou« sous ») si l'élévation de l'humeur est relativement modérée (sans délire, hallucination, ni nécessité d'hospitaliser le patient[24]) et d'un étatmaniaque si elle est très importante[25] ; et des périodes durant lesquelles leur humeur est particulièrement basse, il est alors question d'état dépressif modéré ou sévère[26].
Ces périodes successives sont dénommées « épisodes » et deux types d'épisodes caractéristiques sont lamanie (période d'excitation) et ladépression (période d'abattement)[27] ; le terme« bipolaire » renvoie à ces épisodes de manie (ou hypomanie) et de dépression, qui sont les deux extrêmes (pôles) entre lesquels l'humeur oscille[20]. Entre ces épisodes, les patients vivent des phases intercritiques d'une durée variable[26]. Les épisodes peuvent dans certains cas présenter un rythme saisonnier (en général un épisode dépressif démarrant à l'automne ou en hiver et guérissant au printemps)[18].
Les troubles bipolaires se caractérisent ainsi chez la personne touchée par un vécu intense et persistant dans le temps de certains états affectifs comme la colère, la tristesse ou la joie accompagnés d'une certaine difficulté pour les maîtriser, et de différents symptômes. La fréquence, la durée et l'intensité de ces émotions peuvent varier selon la personne et affecter sa manière de penser et d'agir selon des modes différents. La personne atteinte peut ainsi avoir de la difficulté à remplir ses obligations professionnelles, familiales et sociales[21].
La période entre la fin de l'adolescence et le début de l'âge adulte est une période clé dans le déclenchement du trouble bipolaire. Il est estimé que celui-ci débute souvent avant30 ans, et que l'âge moyen d'apparition des premiers symptômes est25 ans[29],[30], sachant que le diagnostic et la prise en charge peuvent prendre un certain temps[31] sur plusieurs années[32].
Les signes et symptômes de la phasedépressive du trouble bipolaire comprennent des sentiments persistants detristesse, d'anxiété, deculpabilité, decolère, d'isolement ou dedésespoir ; destroubles du sommeil et de l'appétit ; de la fatigue et des pertes d'intérêt dans les activités ; des problèmes de concentration ; de la solitude, de la haine envers soi, de l'apathie ou de l'indifférence ; unedépersonnalisation ; de la timidité ; de l'agressivité ; une souffrance chronique avec ou sans cause apparente ; un manque de motivation et une incapacité à ressentir du plaisir (anhédonie)[18] ; et des idées suicidaires morbides[33]. Dans certains cas sévères, l'individu peut présenter undélire ou, plus rarement, deshallucinations[34]. Un épisode dépressif majeur peut persévérer au-delà de six mois s'il n'est pas traité[35].
Lamanie est caractérisée par une augmentation persistante et pathologique de l'humeur et de l'énergie durant au moins 1 semaine (moins si une hospitalisation est requise)[36].
Lesperturbations affectives qui impliquent une humeur maniaque (exaltée, euphorique et/ou parfois irritable), une perturbation des émotions (labilité émotionnelle, hyperréactivité avec des réponses émotionnelles disproportionnées,hypersyntonie) et une altération du contenu de la pensée caractérisée par une sur-estime de soi et des idées de grandeur. Il est régulièrement observé uneanosognosie, une absence de conscience du trouble.
Lesperturbations psychomotrices comme des altérations du cours de la pensée avec une accélération, unetachypsychie, une fuite des idées… On retrouve également une altération de l'attention et de la concentration avec unehypervigilance ou, au contraire, une grande distractibilité. Il est retrouvé une accélération motrice et comportementale avec une augmentation de l'énergie et de l'agitation. La parole est également atteinte, on retrouve unelogorrhée et unetachyphémie, le volume de la voix peut-être augmenté également.
Lesperturbations physiologiques qui touchent à la fois le sommeil avec uneinsomnie partielle ou totale sans sensation de fatigue, les comportements alimentaires et sexuels (hypersexualité).
Des délires, comme chez les individusschizophrènes, peuvent être diagnostiqués et peuvent être de différents types (par exemple sur le thème du complot ou dans le registre mystique, le délire de grandeur est cependant plus fréquent). En phase de manie, l'individu peut faire des gestes dangereux pour lui, en particulier des conduites impulsives (désinhibition), tels que des rapports sexuels non protégés ou l'utilisation de stupéfiants ou d'alcool.
L'hypomanie est une forme atténuée de manie, qui n'est pas accompagnée d'éléments psychotiques tels que délire ou hallucination[24].Lors d'une phase d'hypomanie, les idées s'accélèrent, l'individu ne ressent plus lafatigue ni l'envie de dormir, a tendance à êtreeuphorique, à avoir davantage d'idées, fait des projets, parfois très ambitieux voire irréalistes. Ces phases peuvent varier entre plusieurs heures, et quelques jours consécutifs. Dans certains cas, le sujet peut avoir des penséesmégalomaniaques, et unedésinhibition sociale et parfois sexuelle. Les épisodes d'hypomanie sont fréquents dans le trouble bipolaire de type 2, un épisode d'hypomanie et un épisode dépressif étant nécessaires pour le diagnostic[38].
Les périodes intercritiques ou euthymiques ou normothymiques, anciennement dénommées intervalles libres, sont les périodes entre les épisodes maniaques, hypomaniaques, mixtes ou dépressifs du trouble bipolaire[39]. Les patients présentent des symptômes résiduels ou subsyndromaux durant les périodes intercritiques[40]. Ils présentent également des symptômes en relation avec les maladies comorbides (psychiatriques et somatiques), lesprodromes, les caractéristiques tempéramentales et leseffets secondaires desmédicaments[41].
Un des aspects dramatiques de cetrouble de l'humeur est que, lors de la phasemaniaque, l'individu peut se discréditer gravement sur le plan social et professionnel. Une fois la phase de manie passée, lorsqu'il se rend compte de la manière dont il agit, l'individu est souvent accablé ; cela s'ajoute à son sentiment dedépression. Cependant, les troubles peuvent se manifester par de graves troubles du jugement, ainsi altéré ; des biais cognitifs, ou « artefacts cognitifs », peuvent se faire jour, notamment un sentiment de persécution associé à un sentiment de toute-puissance. Dans ces moments, il est important que l'individu atteint de trouble bipolaire ne reste pas seul. Le désespoir peut être intense, le risque desuicide est très fort[42], l'individu se dévalorise et se juge nul, inutile, éprouve un immense sentiment de honte.
Approximativement 40 à 60% des patients atteints de trouble bipolaire présentent des symptômes de dysfonctions neurocognitives, en période euthymique également (intercritique)[43]. Certains de ces déficits cognitifs apparaissent comme présents au début de la maladie, mais aussi dans les stades pré-morbides, avant la déclaration de la maladie. Les domaines les plus touchés sont l'attention, l'apprentissage verbal, la mémoire et les fonctions exécutives. L'intelligence pré-morbide ne semble pas affectée. Les troubles neurocognitifs apparaissent plus notables durant les phases critiques. Les apparentés de patients bipolaires peuvent présenter des troubles neurocognitifs légers. Depuis 2007, il ressort qu'un déficit dans le domaine de la cognition sociale persiste dans les périodes de rémissions[43],[44].
Certains patients atteints de trouble bipolaire peuvent éprouver des problèmes moteurs pendant leurs épisodes. Ces problèmes touchent jusqu'à 25 % des patients déprimés et jusqu'à 28 % des patients qui traversent un épisode mixte ou maniaque[45]. Ces problèmes moteurs sont appelés « symptômescatatoniques » ou plus simplement catatonie. Ces symptômes varient et peuvent comprendre une agitation extrême, ou au contraire, un ralentissement des mouvements. Parfois, le patient fait des mouvements ou adopte des postures inusités. Il est soit impossible à ralentir, soit impassible au point de refuser d'ouvrir la bouche pour manger, boire ou parler. Sa santé physique est alors gravement menacée. Dans la plupart des cas, un traitement permet d'éliminer les symptômes catatoniques[46].
Le trouble bipolaire est l'un des troublespsychiatriques avec le plus haut risque desuicide à long terme - de l'ordre de 15 % sur la vie entière, soit trente à soixante fois plus que la population générale[47]. Ce risque fait avant tout suite à la présence d'épisodesdépressifs mixtes ou à la fréquence élevée decomorbidité, comme lestroubles anxieux ou l'alcoolodépendance[48].
Le trouble bipolaire peut s'exprimer différemment et ne pas être reconnu d'emblée. Cette situation est malheureusement la plus fréquente. Certaines donnéesépidémiologiques illustrent cette réalité : de 3 à 8 ans d'évolution avant que le diagnostic n'ait été posé correctement et qu'un traitement spécifique n'ait été mis en place, intervention de 4 à 5 médecins différents[49]. Le psychiatre Marc Masson avance en 2018 qu'il faudrait en moyenne 8 à 9 ans avant de poser le bondiagnostic. Les périodes d'exaltation ou de crises maniaques facilitent le diagnostic, à la différence des périodes dépressives qui peuvent apparaître en premier dans environ 60 % des cas[32].
La prise en compte des antécédents familiaux peut aider au diagnostic, mais ne suffit pas étant donné que la maladie peut apparaître sans eux[32]. Parmi les antécédents personnels, les manifestations pouvant témoigner d'un trouble de l'humeur pourront orienter le diagnostic vers un trouble bipolaire : période d'euphorie et d'excitation, de dépenses excessives, comportements excessifs,irritabilité ou agressivité, changement émotionnel brutal, la notion d'un virage de l'humeur lors d'une prescription préalable d'antidépresseurs[32].
Un âge précoce de début des symptômes, au moment de l'adolescence ou au début de l'âge adulte, est à prendre en compte étant donné que dans 65 % des cas la maladie se déclare avant dix-huit ans[50]. Chez la femme, des troubles de l'humeur, principalement maniaques, survenant dans les suites de l'accouchement (périodepost-partum), notamment quand c'est le premier, peuvent donner lieu à un diagnostic de trouble bipolaire[50]. Un tempérament de base de typehyperthymique caractérisé par une hyperactivité, des troubles du sommeil[32], unehypersyntonie (adaptation exagérée de l'humeur du sujet à son environnement[51]), des projets multiples, une sociabilité excessive peuvent orienter vers ce diagnostic. D'autres traits de personnalité sont fréquemment retrouvés chez les patients bipolaires. Certaines études ont de même souligné une corrélation entre trouble bipolaire et créativité, bien que cette relation reste incertaine et peu expliquée[52],[53],[54].
La symptomatologie dépressive évoquant une bipolarité peut présenter une ou plusieurs particularités : symptômes psychotiques, altération durythme circadien avec inhibition psychomotrice majeure le matin et atténuation en fin de journée, symptômes de dépression atypique :hypersomnie,hyperphagie, inhibition psychomotrice pouvant aller jusqu'à un blocage de la pensée,labilité de l'humeur. Il est également recommandé de réaliser un entretien avec un membre de la famille et d'inciter le patient à faire des auto-évaluations (life chart…)[55].
En ce qui concerne lediagnostic différentiel, les troubles bipolaires ne doivent pas être confondus avec :
Lesyndrome de Kleine-Levin, maladie neurologique rare était considéré comme une forme atypique du trouble bipolaire. C'est une hypersomnie (jusqu'à vingt heures de sommeil par jour) évoluant par poussées, associée à des modifications comportementales. Les symptômes peuvent être reliés aux zones cérébrales atteintes (essentiellement cortex frontotemporal).
En 2015, laHaute Autorité de santé (HAS) rappelle dans une fiche mémo à destination des médecins, que le diagnostic précoce et la prise en charge de la maladie améliorent le pronostic en réduisant notamment le risque suicidaire et les conséquences psychosociales[57].
L'HAS rappelle que pour le diagnostic de trouble bipolaire, la rupture avec le fonctionnement psychique antérieur et le caractère épisodique du trouble sont des notions importantes. Que ce diagnostic doit être exploré en cas de tentative de suicide chez l'adolescent ou l'adulte jeune et que les adolescents avec épisode dépressif et antécédent familial de trouble bipolaire doivent recevoir une surveillance accrue (prévention du suicide)[57].
Un épisode maniaque ou hypomaniaque inaugural permet de poser le diagnostic, un épisode maniaque est une urgence psychiatrique nécessitant l'hospitalisation[57].
En l'absence d'épisode maniaque ou hypomaniaque, le diagnostic est compliqué par "un début souvent précoce de la maladie (entre 15 et 25 ans), des comorbidités psychiatriques (addictions, troubles anxieux, trouble de conduites…), la prédominance des épisodes dépressifs, de caractéristique psychotiques fréquemment associées, de la possibilité de la non-reconnaissance du caractère pathologique du trouble par le patient"[57].
Pour tout épisode dépressif, l'HAS recommande au médecin traitant de chercher des arguments en faveur d'un trouble bipolaire. Si les antécédents de manie ou d'hypomanie ne sont pas retrouvés (critères suffisants pour établir le diagnostic), doivent être recherchés dans un premier temps les indicateurs de bipolarité suivants, "dépression avant 25 ans, antécédents d'épisodes dépressifs multiples (3 ou plus), antécédents familiaux connus de troubles bipolaires, épisode dépressif post-partum, caractéristique atypiques de l'épisode dépressif telle qu'une hyperphagie, ou hypersomnie, caractéristique psychotiques congruente à l'humeur, réponse atypique au traitement antidépresseur (non réponse thérapeutique; aggravation des symptômes; notions d'hypomanie même brève), un épisode de manie ou un virage maniaque sous antidépresseur, qui suffisent pour diagnostiquer un trouble bipolaire." Dans un deuxième temps les indicateurs de bipolarité suivants: "certaines particularités de l'épisode dépressif : Agitation, hyperréactivité émotionnelle, irritabilité avec des débuts et des fins abruptes, sans facteurs déclenchant identifié, suicidalité (passage répété à l'acte suicidaire par des moyens violents), des passages à l'acte délictueux, des conduites sexuelles à risque." Si des arguments en faveur d'un trouble bipolaire sont retrouvés ou que le diagnostic est envisagé, le patient doit être adressé à un psychiatre pour confirmer le diagnostic, suivre le patient et/ou donner un avis spécialisé en collaboration avec la famille, les proches et le médecin traitant[57].
La cyclicité peut s'aggraver avec le temps avec l'apparition de cycles courts, mais aussi finir par s'atténuer.
La cyclicité rapide (il s'agit de cycle rapide quand il y a au moins quatre crises par an) est« une modalité évolutive extrêmement invalidante et difficile à traiter. 12 à 24 % des patients bipolaires sont concernés par cette situation au cours de leur vie. Il ne s’agit pas seulement d’une modalité évolutive après accélération des cycles, puisque ce diagnostic est porté d’emblée chez 20 à 27 % des patients[59] ». Elle est associée avec un âge de début précoce, untrouble anxieux concomitant, l'abus de substances, des antécédents de tentatives desuicide, l'utilisation d'antidépresseurs et un antécédent familial de cycle rapide. Il est question de trouble bipolaire à cycles rapides lorsqu'il y a au moins quatre épisodes maniaques et/ou dépressifs durant au moins deux semaines par an[60],[61]. Les cycles rapides sont particulièrement associés avec letrouble panique et les antécédents familiaux de trouble panique[62]. La nature des épisodes se modifie avec un mélange de symptômes maniaques et dépressifs : il est alors question d'épisodes mixtes ; l'humeur moyenne tend à devenir de plus en plus dépressive et le patient présentera de moins en moins d'épisodes maniaques[63]. Il est noté avec l'évolution une diminution des capacitéscognitives. Cette évolution peut être atténuée par un traitement adapté instauré le plus précocement possible. Aucune donnée, à ce jour, n'atteste de cas de guérison spontanée.
Klerman, en 1981, distingue six catégories de troubles bipolaires : lesbipolairesI etII, tels qu'ils sont définis classiquement, lesbipolairesIII chez lesquels les étatsmaniaques ouhypomaniaques ont été induits par des traitements médicamenteux, lesbipolairesIV qui correspondent au trouble cyclothymique, lesbipolairesV qui présentent des antécédents familiaux de troubles bipolaires et lesbipolairesVI qui se caractérisent par des récurrences maniaques. En 1999, Akiskal et Pinto individualisent huit formes différentes, comme un complément du DSM-IV mais qui est néanmoins jugé compliqué[64].
trouble bipolaire de type I(en) : caractérisé par un ou plusieurs épisodes maniaques ou mixtes et des épisodes dépressifs d'intensité variable (le diagnostic peut être posé même en l'absence de trouble dépressif). Une cause organique, iatrogénique ou toxique ne permet pas de retenir ce diagnostic ;
trouble bipolaire de type II(en) : défini par l'existence d'un ou plusieurs épisodes hypomaniaques et un ou plusieurs épisodes dépressifs majeurs ;
cyclothymie : qui débute souvent à l'adolescence, de nombreuses périodes dépressives modérées ou d'hypomanie, de quelques jours à quelques semaines, sont diagnostiquées. Isolé par Kahlbaum, en 1882, le trouble cyclothymique constitue une forme atténuée de trouble bipolaire.
LaClassification internationale des maladies (CIM 10)[65] utilise la catégorie« trouble affectif bipolaire » faisant partie de la classe destroubles de l'humeur (affectifs), mais ne fait pas de distinction entre troubles bipolaires de type I et II, et range la cyclothymie dans les« troubles affectifs persistants »[66]. Les sous-catégories distinguées sont :
Par rapport au DSM-IV, leDSM-5 abandonne la catégorie générale de« trouble de l'humeur » qui regroupait les troubles dépressifs et troubles bipolaires pour en faire deux catégories distinctes. Les troubles bipolaires distingués sont[67] :
On ne connaît toujours pas avec certitude les causes du trouble bipolaire, lemodèle biopsychosocial s'applique à ce trouble mettant en avant la notion devulnérabilité qui s'exprime tant au plan de la génétique qu'à celui de la personnalité, l'environnement jouant le plus souvent un rôle de déclencheur, et d'aggravation des symptômes.
C'est l'interaction de facteurs biologiques et environnementaux qui explique le mieux l'apparition d'un trouble bipolaire[68]. Il semble exister une certaine similarité génétique commune entre la schizophrénie et les troubles bipolaires[69], ce qui amène à reconsidérer la distinction entre les deux syndromes[70],[71]. Certaines classifications parlent même de continuum entre les deux maladies[72].
Le modèle dustress précoce sur les états bipolaires persistants a été étudié dans l'hypothèse d'une hyper-adaptabilité, et constituant une réaction de survie ainsi qu'uneréponse combat-fuite. Ce modèle aurait pour corrélat une auto-détermination (voirautonomisation) des personnes ayant reçu un diagnostic de troubles bipolaires[73].
Il apparaît clairement que des facteurs biologiques sont impliqués car il existe des anomalies dans la production et la transmission de substances chimiques cérébrales appeléesneurotransmetteurs, ainsi que des anomalies hormonales, notamment du cortisol également impliqué dans le stress. Ces anomalies sont elles-mêmes en lien avec des facteurs génétiques, ce qui explique la prédisposition familiale.
L'existence d'une« vulnérabilité » génétique vis-à-vis du trouble bipolaire est établie[74], laquelle est liée à différents gènes[32]. Le risque de présenter un trouble bipolaire si un des parents de premier degré est atteint est de 10 % par rapport à la prévalence de 1 à 2 % dans la population générale[75]. La mutation sur plusieurs gènes est corrélée avec le risque de survenue de la maladie :SLC6A4/5-HTT,BDNF,COMT(en),DISC1,DTNBP1,DAOA(en),NRG1(en),CACNA1C(en) etANK3(en)[76]. En 2017, on estime que les facteurs génétiques contribuent pour 60 % à l'apparition des troubles bipolaires[29]. Quand les deux parents sont atteints, l'enfant a un risque sur deux de développer la maladie[29].
Il semble exister une cause génétique commune avec laschizophrénie[77], les parents et les proches d'individus ayant une schizophrénie ont un risque plus élevé de trouble bipolaire etvice-versa, montre la recherche, ce qui fait poser la question par certains de la réalité de la distinction entre les deux syndromes[78].
La taille de l'hippocampe du cerveau pourrait également être en cause d'un trouble bipolaire[79] : une taille plus petite de cette structure semble corrélée avec la bipolarité. Il existe aussi certainement un dysfonctionnement neuronal ainsi qu'une perte de neurones dans l'hippocampe des patients souffrant de troubles bipolaires. Ainsi, une étude en spectroscopie protonique parIRM a montré que la concentration en N-acétyl aspartate, un acide aminé présent normalement dans l'hippocampe, est diminuée chez les patients souffrant de troubles bipolaires et s'aggrave avec l'ancienneté du trouble. D'autres anomalies sont retrouvées, en particulier au niveau de la partie antérieure du gyrus cingulaire où il existe un dysfonctionnement dans la régulation des neurones glutamaergiques. Il existe par ailleurs des anomaliesmorphologiques, notamment ducervelet, retrouvées chez les patients bipolaires ayant fait plusieurs épisodes de trouble de l'humeur. Ainsi, l'étude de Millset al.[80] compare le volume du cervelet chez des patients bipolaires après un épisode et après plusieurs épisodes de la maladie en IRM et montre que celui-ci est plus petit chez les patients ayant fait plusieurs épisodes. De même, un élargissement ventriculaire est trouvé chez les patients ayant fait plusieurs épisodes maniaques.
Le rôle des facteurs psychologiques et environnementaux dans le déclenchement de la maladie et des accès a longtemps été minimisé, cette pathologie étant considérée comme endogène. Les facteurs environnementaux fragilisants sont de mieux en mieux identifiés. Les études génétiques de liaison permettent d'identifier les régions chromosomiques porteuses des gènes probablement impliqués dans cette maladie, en particulier lesrégions 13q31et 22q12. Les autres facteurs de risque peuvent concerner des événements précoces de vie, comme ledeuil d'un parent, une carence affective ou des agressions sexuelles dans l'enfance. Les études longitudinales montrent qu'avant le déclenchement de la maladie, il existe des déficits cognitifs localisés, touchant notamment la fonction visuospatiale (ou visiospatiale). Ces déficits cognitifs renvoient probablement à des anomalies neurodéveloppementales en rapport avec les facteurs de risque génétiques. Les études deneuro-imagerie fonctionnelle montrent des dysfonctions lors de l'exécution de tâches cognitives touchant notamment le circuit frontostriatal.
Lamaltraitance infantile est décrite comme un facteur de risque de déclencher la maladie, mais aussi comme étant associée à un pronostic moins bon avec des épisodes plus sévères et plus longs, un début de la maladie plus précoce, une augmentation du risque d'abus de substance et de suicide[81].
Au cours de la vie, il existe d'autres facteurs précipitants tels que : les événements pénibles de vie (difficultés conjugales, problème professionnel ou financier…) et les périodes d'anxiété ou destress répétées (surmenage professionnel, manque de sommeil, non-respect des rythmes biologiques propres). À l'inverse, un environnement familial ou social niant la réalité de troubles ou stigmatisant toute variation de l'humeur aura pour conséquence un déni de la maladie qui ne peut qu'entraîner un retard dans la prise en charge et une exposition accrue aux risques de la bipolarité.
L'influence des événements de vie tendrait à décroître en fonction du nombre de récidives car la succession d'épisodes provoque une sensibilisation, c'est-à-dire une vulnérabilité biologique croissante vis-à-vis des événements déclenchants ou précipitants[75].
Une corrélation a été mise en évidence entre la résidence enmilieu urbain et l'augmentation du taux de trouble bipolaire. Cette association est moins fortement démontrée que dans la schizophrénie, mais une étude de cohorte a révélé que la vie en environnement urbain est fortement associée avec l'incidence de trouble bipolaire avec symptômepsychotique et non sans symptôme psychotique. Cela pourrait suggérer que l'augmentation du risque concerne plus les symptômes psychotiques que le trouble bipolaire en soi[81],[82].
D'autres facteurs environnementaux sont à l'étude, notamment l'alimentation. En 2018, une étude établit un lien entre consommation de viandes traitées aux nitrates et déclenchement d'épisodes maniaques[83].
Sur un plan théorique, une succession causale peut être décrite : les événements de vie sont à l'origine de dérèglement des rythmes sociaux, générateurs de perturbations desrythmes biologiques, qui entraînent elles-mêmes les récurrences dépressives et maniaques. Dans la conceptualisation de l'évolution des accès thymiques du trouble bipolaire selon le modèle cognitivo-comportemental[84], on envisage les épisodes de décompensation de l'humeur comme le début d'un cercle vicieux qui provient des modifications des pensées et des émotions générées par le changement d'humeur et qui vont entraîner des changements des comportements ; ces altérations ne vont pas tarder à dégrader le fonctionnement habituel de l'individu et à générer des problèmes psychosociaux qui eux-mêmes vont créer du stress et des conséquences sur lesommeil (entre autres) participant ainsi à intensifier en boucles les symptômes déjà présents ou précipitant un nouvel accès ultérieur.
Il est établi que les perturbations des rythmes sociaux, conséquences d'événements plus ou moins sévères, favorisent le risque de récidives de troubles thymiques. Les données de la littérature concernent essentiellement le sommeil. Elles portent sur la privation de sommeil et l'induction de manie[85], sur les manies induites par des voyages Ouest-Est[86], sur les manies induites par des perturbations des rythmes sociaux[87]. La privation de sommeil est réputée pour avoir des propriétés antidépressives et peut donc provoquer une rechute car les bipolaires privés d'une nuit de sommeil sont en effet sujets à des décompensations maniaques[88]. Le « déphasage » qui peut exister entre les rythmes sociaux et les rythmes biologiques constitue aussi une cause de récidive.
Une étude de 2018 suggère qu'un faible niveau d'hormone thyroïdiennethyroxine chez la mère durant la grossesse serait associé avec un risque plus élevé de trouble bipolaire psychotique pour l'enfant à naître[89]. Des études suggèrent que l'infection par lagrippe de la mère durant la grossesse serait associé avec un risque plus élevé pour l'enfant de développer un trouble bipolaire[90],[91],[92]. Les auteurs d'une revue de la littérature scientifique de 2018 considèrent qu'il y a un fort niveau de preuve concernant l'association entre l'infection chez la mère (sérologie positive) parToxoplasma gondii (agent de latoxoplasmose) et l'augmentation du risque pour l'enfant de développer un trouble bipolaire[93],[94],[95].
Les médicaments notamment lesantidépresseurs, lescorticoïdes ouanti-paludéens peuvent déclencher des épisodes hypomaniaques ou maniaques. Sont également évoqués comme facteurs déclenchant des troubles bipolaires les drogues comme lecannabis, lacocaïne et les amphétamines (ecstasy) qui faciliteraient la survenue d'épisodes d'excitation ou de dépression[21].
En 2017, les études établissent qu'entre « un tiers et la moitié des jeunes patients qui entrent dans la maladie sont des consommateurs réguliers decannabis ou d'alcool »[29].
Une revue de la littérature datée de 2015 suggère que l'utilisation du cannabis est associée avec un risque augmenté par 3 de développer un nouvel épisode maniaque chez les patients bipolaires[96]. Il est suspecté que la consommation de cannabis est un facteur de risque indépendant dans le déclenchement du trouble bipolaire, une étude rétrospective de 2017 rapporte un facteur de risque augmenté de 2.2 fois de déclarer un épisode hypomaniaque chez les participants consommant du cannabis au moins 2-3 fois par semaine[97].Le rôle du cannabis est par ailleurs établi dans le déclenchement de la schizophrénie[réf. nécessaire].
Le mécanisme des troubles bipolaires est mal connu. Les causes sont multiples, probablement biologiques, psychologiques et environnementales. La prise en charge est complexe, et se fait sur plusieurs plans : hygiène de vie,traitement médicamenteux, psychothérapie, aménagement de l'environnement. Des cas sévères peuvent inclure généralement de sévères épisodes maniaques impliquant un comportement dangereux du patient ou des épisodes dépressifs impliquant desidées suicidaires. Il existe des problèmes sociaux tels que lastigmatisation, lesstéréotypes etpréjugés à l'encontre des individus atteints de trouble bipolaire[98]. Les troubles bipolaires peuvent donner lieu à la reconnaissance du handicap. Il est alors question dehandicap psychique[99].
On tend à utiliser moins fréquemment le lithium, en raison des contraintes de ce médicament (nécessité de faire un bilan sanguin et des prises de sang pour ajuster la dose, et de surveiller le taux de lithium dans le sang ainsi que la fonction rénale). Les psychiatres en France tendent de plus en plus souvent à prescrire desneuroleptiques, qui font office de thymorégulateurs. Cela peut être l'olanzapine (médicament Zyprexa mis sur le marché en France en 1996[100]), l'aripiprazole (médicament Abilify mis sur le marché en 2004[101]) ou encore laquétiapine (spécialité Xeroquel, ou Seroquel, selon les pays, mise sur le marché en France en 2011[102]). Toutefois, cesantipsychotiques sont utilisés avec efficacité dans les phases aiguës, et aussi en prévention, mais avec des risques d'effets secondaires[103].
Plusieurs régulateurs d'humeur peuvent être prescrits simultanément. Ils se dosent tous dans le sang et un contrôle sanguin est nécessaire. Selon chaque molécule et du fait des effets secondaires très importants, d'autres constantes biologiques peuvent être surveillées. Par exemple, laquétiapine et l'olanzapine favorisent une prise de poids, l'olanzapine, cependant, favorise lediabète, tandis que laquétiapine favorise les deux. De nombreux procès sont en cours à ce sujet aux États-Unis, avec la preuve apportée par les parties civiles que le fabricant a sciemment caché ces informations[104],[105],[106],[107],[108],[109]. Lelithium peut affecter lathyroïde.
Un certain nombre de principes thérapeutiques sont à respecter[110][source insuffisante],[111][source insuffisante]. Prescrire unthymorégulateur quelle que soit la phase de la maladie et utiliser en première intention un produit dont l'efficacité a été bien démontrée avec les posologies les plus faibles possibles ; privilégier une monothérapie ainsi qu'une prise quotidienne unique, afin d'optimiser la compliance, et réévaluer le choix du thymorégulateur en cas de mauvais suivi ; proscrire les antidépresseurs dans les états mixtes et l'usage des antidépresseurs tricycliques dans les troubles bipolaires ; utiliser une stratégie thérapeutique en plusieurs phases afin d'adapter le traitement à l'état du patient et maintenir le traitement prophylactique le plus longtemps possible. Actuellement, le principe communément admis est que tout patient bipolaire doit bénéficier d'un traitement thymorégulateur.
Pour le traitement médicamenteux des dépressions bipolaires, la prescription d'antidépresseurs en monothérapie aggrave incontestablement le pronostic du trouble bipolaire en induisant des virages maniaques, des épisodes mixtes, des cycles rapides, et en favorisant la résistance au traitement; certaines études montrent que les antidépresseurs peuvent, même en présence de thymorégulateurs, amener à une aggravation des cycles de l'humeur[112]. Il demeure toutefois un certain flou à ce sujet, les avis scientifiques restant partagés[113]. Un tiers des patients bipolaires présentent des virages maniaques ou hypomaniaques sous antidépresseurs. L'objectif du traitement antidépresseur est la rémission de l'épisode dépressif, mais présente toujours ce risque d'induire un virage maniaque. Ce risque est plus faible si le patient est déjà sous thymorégulateur. L'option idéale en première intention pour la dépression bipolaire serait de prescrire ou d'adapter la posologie d'un stabilisateur d'humeur, mais en pratique lorsqu'ils sont utilisés seuls, les thymorégulateurs n'ont pas toujours une efficacité suffisante[47]. Ils peuvent être brefs et résolutifs (BP-II, BP-III), mais ils peuvent aussi devenir incontrôlables (BP-I). En pratique, lesinhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) sont plus prescrits dans ce contexte car ils ont moins de risque d'induire des virages de l'humeur. Malgré tout, eux aussi sont suspectés de déstabiliser les patients lors d'un usage à long terme ; mais là aussi les avis scientifiques sont partagés et probablement sous l'influence plus ou moins directe des laboratoires, selon qu'ils produisent plutôt des antidépresseurs ou des antipsychotiques atypiques[114]. Les recommandations américaines conseillent d'arrêter le traitement antidépresseur dans les six mois qui suivent la rémission de l'épisode dépressif, afin de diminuer le risque. Les recommandations du NICE[115] concernant le traitement des épisodes mixtes sont les mêmes que pour les épisodes maniaques sans préférence pour un traitement particulier. Il est par contre bien stipulé qu'il ne faut pas prescrire d'antidépresseur et que ces états nécessitent une surveillance étroite du fait du risque suicidaire.
Une dépression bipolaire n'est pas une dépression unipolaire, ni une dépression nerveuse comme les autres. Les antidépresseurs dans la dépression bipolaire ne sont généralement justifiés qu'en cas de dépressions d'intensité sévère et toujours en association avec un thymorégulateur. Pour plus d'éléments concernant les antidépresseurs[116], et plus globalement les traitements du trouble bipolaire, l'étude américaine STEP-BD fait référence[117].Il convient donc en premier lieu d'optimiser le traitement thymorégulateur en réalisant des dosages sanguins et en ajustant au mieux les taux thérapeutiques vers les limites supérieures préconisées, à condition que cela n'induise pas d'effets indésirables. Le recours si nécessaire, dans un deuxième temps, à un second traitement thymorégulateur visera à retrouver la normothymie tout en protégeant le patient contre un risque de déstabilisation de l'humeur. Lesneuroleptiques sont utilisés dans le traitement de la phase aiguë ou dans un épisode mixte. L'objectif principal est d'obtenir le contrôle rapide des symptômes (impulsivité, agitation,agressivité, etc.) de manière à éviter que le sujet ne se mette en danger, et à ce qu'il retrouve rapidement un fonctionnement psychosocial de bonne qualité.
Une étude Britannique de 2017 a comparé les médicaments de première ligne pour le trouble bipolaire en mono-traitement (traitement seul) afin d'évaluer le taux d'échec . Cette étude était basée sur plus de 5 000 patients grâce aux dossiers de santé électroniques disponibles . Les médicaments en comparaison étaient : Le Lithium, l'Olanzapine, la Quétiapine et le Valproate. Les résultats ont confirmé que le traitement sous Lithium en mono-traitement avait un taux d'échec nettement inférieur, sans ajout complémentaire d'un autre médicament, que les autres médicaments (plus de 2 ans face à 1 an maximum) . Il a cependant été confirmé que pour stabiliser définitivement la personne bipolaire, il convenait d'associer antipsychotique et thymorégulateur[réf. à confirmer][118].
Quoi qu'on puisse dire sur la dangerosité du Lithium ou sa marge thérapeutique, ce traitement est l'un des rares à diminuer significativement le risque de suicide, de rechute et de réhospitalisation, et il est également utile pour les phases dépressives (et non uniquement les phases maniaques[119],[120]).
L'électroconvulsivothérapie est utilisée avec une efficacité démontrée[121], à la fois en cas de dépression, d'état maniaque, ou d'état mixte, sévères et/ou résistants aux médicaments[122],[123].
Un certain nombre d'effets secondaires cognitifs sont constatés avec ce traitement : unétat confusionnel durant quelques heures, et des troubles de la mémoire pouvant être plus durables et persistants[124].
Le psychiatre Marc Masson écrit en 2018 dansLes troubles bipolaires de la collection « Que sais-je ? » :« Les anciens électrochocs, dont la technique a considérablement évolué durant les vingt dernières années, gardent un réel intérêt. Appelé désormais électroconvulsivothérapie (ECT), ce traitement est réalisé sousanesthésie générale brève avec un stimulateur produisant un courant électrique bref pulsé, qui vise à provoquer une crise convulsive, mais uniquement dans le cerveau, et ce pendant une vingtaine de secondes. À raison de deux ou trois stimulations par semaine, le traitement par ECT dure en général un mois. La dépression bipolaire, qui résiste au traitement médicamenteux habituel, constitue une indication de choix pour l’ECT, dont l’image, ternie par l’histoire, ne doit pas éclipser son extraordinaire efficacité dans le traitement des crises dépressives de la maladie bipolaire »[125].
La sismothérapie peut, tout comme lesantidépresseurs, provoquer des étatsmaniaques,hypomaniaques et mixtes. Le DSM-IV-TR (version 4 révisée duManuel Diagnostic et Statistique des troubles mentaux) a cité la sismothérapie comme exemple de tels épisodes induits, dans letrouble de l'humeur induit par une substance, ainsi que dans le diagnostic différentiel des épisodes maniaques, hypomaniaques et mixtes[126]. Leur potentiel accélérateur dans le virage de l'humeur a été cité par le psychiatre Raphaël Gaillard[127].
Parallèlement aux traitementspsychotropes, il peut être proposé de nouvelles approches de traitementspsychothérapiques : mesurespsychoéducatives ; thérapies interpersonnelles basées sur les rythmes sociaux (IPSRT) ; ainsi que les thérapies cognitivo-comportementales et des thérapies centrées sur la famille. Ces thérapies permettent de limiter l'impact fonctionnel de la maladie, car même si la maladie peut être bien contrôlée par les traitements médicamenteux, il est difficile de supprimer l'ensemble de ses effets tant les bouleversements dans la sphère sociale, familiale, professionnelle et psychologique sont importants. Le psychiatre Maurice Bazot souligne qu'une psychothérapie peut être« une aide permettant au malade de franchir les caps existentiels difficiles (deuils symboliques – ou réels – contemporains, ou responsables de l'accès) et de surmonter les affects ambivalents qui sont liés souvent à la question de l'« hérédité »[6].
Les mesures psychoéducatives font partie avec les thérapiescognitivo-comportementales, des traitements psychologiques les mieux documentés et pour lesquels il existe un niveau de preuve d'efficacité élevé. Les bénéfices de cette approche complémentaire sont multiples : reconnaissance précoce des symptômes qui annoncent une récidive, amélioration de la qualité de l'observance, meilleure gestion de la vie sociale, professionnelle et affective, contrôle des facteurs déclenchants et précipitants, respect des règles d'hygiène de vie… Sont objectivés également une diminution du nombre de récidives et de rechutes, une diminution de la durée d'hospitalisation, un meilleur équilibre de la vie familiale, une amélioration de la qualité de vie[128]. Le traitement préventif, par exemple dans le cadre de la psychoéducation, a pour objectifs d'évaluer les rythmes sociaux du sujet, de limiter les répercussions des événements, de limiter les situations d'excitation en limitant les stimulations et de rétablir une stabilité des rythmes sociaux. Ces techniques psychothérapiques doivent être mises en œuvre dès l'identification des événements perturbateurs, afin de prévenir les altérations des rythmes sociaux ou du sommeil[129].
L'accompagnement est aussi très important, les proches sont souvent désemparés devant un individu bipolaire. Mais leur présence est un facteur de la réussite de l'amélioration de l'état physique et psychologique du malade[130],[131].
En 2010, dans un guide à destination des patients souffrant de trouble bipolaire, l'HAS donne les recommandations suivantes[133] :
« Il est souhaitable de suivre une bonne hygiène de vie, ce qui implique :
de respecter un rythme régulier et une durée suffisante de sommeil, d’éviter les décalages horaires ;
de gérer les situations de stress (succès ou échecs), et de connaître les risques liés aux changements ou à un rythme de travail trop intense sur une longue durée ;
d’éviter ou de limiter l’usage du tabac, de l’alcool, du cannabis, ou d’autres drogues (cocaïne, héroïne, ecstasy, LSD) ;
de pratiquer une activité physique régulière et adaptée à vos possibilités afin de prévenir (avec l’aide d’un professionnel de santé) un risque de prise de poids éventuellement liée au traitement. »
L'HAS recommande aux patients de s'informer sur les traitements et la maladie, de poser leurs questions aux soignants, de prendre contact avec les associations de patients et de familles de patients, et d'apprendre comment trouver de l'aide en cas d'urgence[133].
Au regard du traitement, l'HAS recommande de suivre les prescriptions et conseils du médecin, de ne pas arrêter le traitement sans avoir consulté son médecin au préalable, et de reporter les effets indésirables à son médecin[133].
L'essentiel du suivi consiste à venir consulter son médecin traitant et/ou spécialiste régulièrement, surveiller les effets du traitement, alerter les soignants en cas d'aggravation de la maladie ou de difficultés à supporter le traitement, et de ne pas hésiter à parler de sa maladie à son entourage[133].
Il est recommandé de planifier sa grossesse en collaboration et avec les conseils de son médecin, de préférence lors d'une période de stabilité[134]. Un épisode maniaque ou dépressif peut perturber la grossesse (complications obstétricales) ou la relation mère-enfant[134]. Il existe également des contre indications dans les traitements, notamment l'acide valproïque (valproate)[135] et d'autres antiépileptiques qui sont interdits durant une grossesse car ils entraînent un risque de gravesmalformations du fœtus[134].
L'entourage du patient — et particulièrement sa famille — peut aussi souffrir de la maladie du proche. Ils sont directement confrontés à la souffrance du patient et parfois à des sentiments de découragement et de résignation[136]. Lors des périodes de dépression, l'entourage est mis à contribution pour assurer une partie des tâches que le patient n'est plus en mesure d'effectuer[136]. Lors des périodes hautes, l'entourage peut manifester de la patience, de la diplomatie et de la compréhension pour tenter de maintenir l'équilibre familial[136]. Ces périodes peuvent être stressantes pour l'entourage qui, durant les périodes intercritiques, vit dans la crainte d'une rechute[136].
En fonction de la gravité du trouble, il arrive que l'entourage fasse passer les besoins du patient avant les siens[137]. Cette situation peut déstabiliser l'entourage et l'équilibre familial. Pour faciliter la restauration de l'équilibre familial et prendre suffisamment de distance avec la situation, les proches peuvent solliciter une aide extérieure, par exemple un soignant ou chercher un soutien psychologique pour eux-mêmes[137].
L'entourage du patient atteint de trouble bipolaire en tentant d'appréhender le trouble peut manifester un éventail de réactions qui va du déni de la maladie et de son impact sur la santé du patient, à l'impression que la maladie se manifeste dans la plupart des actions du patient[137]. Pour mieux comprendre la maladie, les proches peuvent participer à des séances de psychoéducation[138]. Certaines études suggèrent que lesinterventions familiales pourraient réduire les risques de rechute et d'hospitalisation[138].
Lerétablissement en santé mentale décrit un processus individuel et collectif d'autonomisation et d'empowerment de personnes expérimentant des états extrêmes qualifiés par la nomenclature en vigueur de troubles psychiatriques sévères (dépression sévère, troubles schizophréniques, certains troubles bipolaires).
Le rétablissement incarne le renoncement au modèle médical en venant remplacer la notion deguérison. Il illustre l'exigence de prise en compte du point de vue du sujet, « en première personne », subjectif et existentiel.
AuxÉtats-Unis, la prévalence chez le jeune de moins de20 ans aurait été multipliée par 40 entre 1994 et 2003 et par un peu moins de 2 durant la même période chez l'adulte[140]. Les raisons de cette augmentation ne sont pas claires. Il est possible que ce diagnostic soit porté parfois en excès[141], les critères n'étant pas rigoureusement respectés. EnFrance, la prévalence est de 1 % de la population, 2 % entrant dans le spectre de la bipolarité (spectre detrouble de l'humeur allant depuis lacyclothymie jusqu'aux troubles polaires les plus graves[142]).
En Amérique, en Asie et en Europe, la prévalence des troubles bipolaires est globalement estimée de 1 à 2 % de la population[18],[22].
Le trouble bipolaire toucheautant les hommes que les femmes[50], quels que soient leur origine socioculturelle ou leurs niveaux socio-économiques. Cependant, il y aurait plus d'épisodes dépressifs chez la femme et plus d'épisodes maniaques chez l'homme[143],[50].
Lecarbonate de lithium est le seul traitement approuvé contre le trouble bipolaire chez l'enfant.
Le trouble bipolaire chez l'enfant et le préadolescent est le plus souvent de type cyclothymique[146].
Le diagnostic dutrouble bipolaire chez l'enfant(en) est controversé[145]. Cependant, le fait que les symptômes typiques aient des conséquences négatives chez les mineurs qui en souffrent n'est pas actuellement en débat[8]. Le débat principal se centre sur les différents symptômes du trouble bipolaire diagnostiqué chez l'enfant et du trouble bipolaire diagnostiqué chez l'adulte[8], ainsi que sur la question concernant le critère diagnostique — si celui de l'adulte peut être appliqué chez l'enfant[145]. Selon le diagnostic chez l'enfant, certains experts recommandent de suivre les critères du DSM[145]. D'autres pensent que ces critères ne séparent pas correctement le trouble bipolaire de l'enfant des autres troubles comme le trouble du déficit de l'attention[145]. D'autres encore expliquent que ce qui différencie le trouble bipolaire chez l'enfant est l'irritabilité[145]. L'AACAP encourage la première stratégie[8],[145].
Pour 90 % des patients, la maladie s'est déclarée avant 50 ans[50]. Il existe peu d'informations concernant le trouble bipolaire durant la vieillesse. Il semblerait devenir moins répandu avec l'âge, mais il existe néanmoins. Il n'existe aucune différence de trouble bipolaire survenant à un jeune âge et à un âge avancé[147]. Durant la vieillesse, le traitement contre le trouble bipolaire peut se compliquer par la présence d'unedémence ou par les effets secondaires de médicaments soignant une condition autre que le trouble bipolaire[148].
Le diagnostic et le traitement précoces du trouble bipolaire permettent d'éviter les troubles qui lui sont souvent associés (comorbidité). Elle est importante et doit être prise en compte au même titre que le trouble bipolaire.L'association avec un autre trouble psychologique psychiatrique est importante, elle concerne 60 % des patients bipolaires traités dont un tiers des sujets detypeI[149][source insuffisante].
Elle concerne essentiellement :
les troubles anxieuxet en particulier le trouble panique (20 % dans l’étude ECA)[réf. souhaitée] : la prévalence sur la vie entière des troubles anxieux est d'environ un patient bipolaire sur deux[150]. Ils sont en particulier associés avec un jeune âge de début, une plus forte tendance à faire des tentatives de suicide[réf. souhaitée]. La prévalence des troubles anxieux comorbides au trouble bipolaire a fait l'objet de nombreuses études, aboutissant à des pourcentages très différents d'une étude à l'autre :
Le trouble anxieux généralisé (TAG), 10 % à 20 %
Le trouble panique avec ou sansagoraphobie, 10 % à 20 %
les addictions dont la fréquence chez les sujets souffrant de troubles bipolaires est 6,6 fois supérieure à celle d'un sujet dans la population générale[151], et les abus de substance avec ou sans addiction :
Le syndrome d'abus d'alcool, en tête avec une prévalence de 42 %, est retrouvé surtout dans les phases dépressives. Une étude récente estime ce risque à 30 % pour les femmes et 50 % pour les hommes souffrant de trouble bipolaire[réf. nécessaire], . Comme le syndrome d'abus/dépendance à l'alcool est beaucoup plus fréquent chez les hommes que chez les femmes, le fait d'être bipolaire multiplie par 7,5 le risque pour une femme d'avoir un diagnostic d'abus/dépendance à l'alcool, pour seulement un facteur multiplicatif de 2,75 pour les hommes. Il est utile de rappeler que devant tout alcoolisme, il faut chercher un trouble bipolaire, et ce surtout chez les femmes.
lestroubles de la personnalité sont associés à environ 30 % des sujets bipolaires[153]. Les troubles de la personnalité le plus souvent associés au trouble bipolaire sont :personnalité borderline (41 %), personnalité narcissique (20,5 %), personnalité dépendante (12,8 %), personnalité histrionique (10,3 %)[154][source insuffisante] ;
une inadaptation des traitements est également constatée par l'emploi inadapté desneuroleptiques et surtout desantidépresseurs, absence dethymorégulateur ou prescription de médicaments incompatibles. Le refus du traitement ou son observance irrégulière est aussi une dérive très fréquente, encouragée par la nostalgie des phases de (hypo)manie ;
les individus ayant subi plusieurs cycles de la maladie restent hypersensibles et voient leur seuil de déclenchement du trouble abaissé (théorie dukindling). Une stricte hygiène de vie est recommandée. Il existe aussi des comorbiditéssomatiques comme le surpoids et l'obésité, la contamination parVIH, le diabète et les affections endocriniennes, ainsi que les maladies cardiovasculaires ;
lesurpoids concerne 58 % des patients bipolaires[réf. nécessaire]. Différentes causes ont été évoquées : l'implication des médicaments thymorégulateurs et plus particulièrement les antipsychotiques. La prise de poids est à surveiller lors de long traitement, car ce facteur peut suffire à lui seul à décider le patient d'arrêter le traitement, ou encore provoquer une mauvaise observation du traitement. En effet, le surpoids est à lui tout seul une source de problème. En plus de problèmes liés à la dégradation de l'image de soi, il peut entraîner des risques notamment tels que :diabète de type 2, affectioncardiovasculaire ourhumatismale,hypertriglycéridémie ;
de nombreuses études[Lesquelles ?] menées depuis 1990[réf. nécessaire] montrent une prévalence quatre fois supérieure chez les individus souffrant de troubles bipolaires, en comparaison de la population générale, de contracter le VIH. Cela semblerait s'expliquer par la désinhibition face au danger dans les phases maniaques et hypomaniaques, et/ou la consommation de drogues et d'alcool ;
certaines études[Lesquelles ?] conduites chez les patients bipolaires hospitalisés estiment la prévalence du diabète detypeII chez les patients souffrant de troubles bipolaires à près de 10 %, alors qu'elle n'est que de 3 % à 4 % dans la population générale. Les maladies cardiovasculaires sont elles aussi plus fréquentes chez les bipolaires et cela peut être mis en relation avec le risque relativement plus grand chez ces patients de développer diabète et surpoids, de présenter un trouble anxieux ou de mal respecter les règles d'hygiène de vie (consommation d'alcool notamment). La comorbidité psychiatrique modifie l'expression et le cours évolutif du trouble bipolaire.
Le trouble bipolaire est l'une des pathologies psychiatriques associée au plus fort risque de décès parsuicide. Le risque suicidaire est trente fois supérieur à celui de la population générale et 15 à 19 % des patients atteints de cette maladie « réussissent » leur suicide[155]. Les chiffres du taux de mort par suicide pourraient être surestimés, d'autres auteurs (Goodwin et Jamison en 2007) évoquent un chiffre très légèrement supérieur à 5 %, cette baisse constatée depuis les années 1990 pourrait être due à une meilleure sensibilisation des professionnels de santé, des progrès dans le diagnostic, l'emploi de thérapeutiques adaptés et à l'élargissement du spectre des troubles bipolaires[156]. Les chiffres concernant lacyclothymie ne sont pas connus. À cette mortalité par suicide, vient s'ajouter la mortalité liée à de nombreux autres facteurs : comorbidités somatiques,alcoolisme, mauvaise hygiène de vie, diabète, affectionsiatrogènes (effets secondaires des médicaments).
Les comorbidités addictives sont fréquentes chez les personnes souffrant de troubles bipolaires, elles aggravent le pronostic de la maladie et rendent plus difficile l'accompagnement thérapeutique. Le travail en binôme des équipes psychiatriques et addictologiques est alors un axe majeur à développer dans les parcours de soin[157].
Du fait desaddictions diverses et des troubles du comportement pouvant entraîner des accidents, il semble qu'un individu bipolaire non traité ait en moyenne uneespérance de vie inférieure de vingt ans à l'espérance de vie de la population générale. Des chercheurs ont également constaté que la plus grande partie des décès précoces est due à des affections médicales.
« le trouble bipolaire peut mettre un stress sur le système immunitaire et l'axe hypothalamo-pituitaire, un système qui contrôle plusieurs processus de l'organisme. Il élève aussi l'activité du système nerveux sympathique responsable de la réponse de l'organisme au stress. »
Dépressifs anonymes : cercles de paroles fondés sur la méthode en 12 étapes utilisée par les Alcooliques Anonymes
Argos 2001 : association d'aide aux individus bipolaires et à leurs proches[132] ;
Neptune : association d'entraide, d'information, de recherche et d'action sur les maladies psychiques[159] ;
France-Dépression : association française contre la dépression et la maladie bipolaire[160];
Bicycle : association d'aide aux familles d'enfants et d'adolescents ayant un trouble de l'humeur[161] ;
L'UNAFAM: Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques vient en aide aux proches de patients atteints de maladies psychiques et notamment bipolaires[162].
Il existe de grands problèmes destigmatisation sociale, destéréotypes etpréjugés pour les individus diagnostiqués de trouble bipolaire[98]. Il est question d'auto-stigmatisation quand les personnes internalisent ces préjugés et messages négatifs qui peuvent être la cause d'auto-dévalorisation, d'une baisse de l'estime de soi et d'une anxiété face à leur vulnérabilité. Cette internalisation des stigmats s'ajoute aux préjugés et à l'incompréhension que peuvent renvoyer l'entourage et la société[166].
Par ailleurs, depuis que le terme de trouble bipolaire a remplacé celui de « maniaco-dépression » ou de « psychose maniaco-dépressive », l'image que le grand public a de la maladie a bien changé et est moins stigmatisante.
Depuis les années 2000, des personnalités publiques des milieux culturels (cinéma, musique, artistes…) ont commencé à parler de leur trouble bipolaire aux médias (Par exemple,Carrie Fisher,Catherine Zeta Jones ouStephen Fry). Ces révélations ont eu une incidence positive sur la visibilité du trouble bipolaire et la stigmatisation associée à la maladie mentale. Il est également possible qu'elles aient entraîné d'autres patients et personnalités publiques à parler de leur maladie. Cette démarche a eu comme conséquence d'alléger les inhibitions des gens à parler de leur maladie, d'augmenter le support social qu'ils peuvent recevoir et de modifier la vision du grand public du trouble bipolaire[166]. Suite à la multiplication des auto-déclarations de personnalités atteintes de trouble bipolaire, certains sites de soutiens aux patients les ont référencés[167].
Depuis 2014, unejournée mondiale est consacrée aux troubles bipolaires : c'est le[168], date de naissance deVincent Van Gogh[169]. Cette journée a été lancée par l'association Argos 2001. C'est notamment l'occasion d'informer le grand public et les proches des personnes touchées par les troubles[170].
La maladie bipolaire et lacréativité ont des liens très proches. À titre d'exemple, Karin et Hagop Akiskal ont mené en 1992[171] une étude sur vingt écrivains, poètes, peintres et sculpteurs européens. Deux tiers d'entre eux étaient cyclothymiques ou traversaient des phases d'hypomanie, et la moitié avait eu au moins une dépression grave. Des études américaines[Lesquelles ?] ont également montré que le suicide fait plus de victimes chez les scientifiques, artistes et autres personnalités que dans la population moyenne[171]. Les évènements de la vie sont très importants dans le développement des troubles bipolaires. Il est avéré que l'existence des créateurs est souvent mouvementée, rythmée par des souffrances notamment dans l'enfance, des voyages et l'instabilité[171]. Beaucoup ont eu des parents manifestant des troubles de l'humeur et connu la dépendance des drogues. Nombre d'artistes et de personnages célèbres ont marqué l'histoire non seulement par leur génie créateur mais aussi par l'expression parallèle d'une marginalité psychique parfois déroutante, et souvent dramatique, les conduisant parfois vers lesuicide. Ainsi, nombre d'artistes, de savants, de chefs d'entreprise ou d'hommes politiques présentent des troubles de l'humeur plus ou moins importants[171].
La pensée, lors des épisodes maniaques ou hypomaniaques, s'exprime par des associations d'idées, parfois fortuites et dissolues mais souvent originales, certes peu adaptées aux normes d'un travail social mais convenant à la création[172]. Cependant, si la richesse des images mentales peut paraitre féconde pour un travail créatif, l'incapacité à organiser la pensée pourrait rendre le plus souvent inopérante et stérile la phase maniaque sur le plan artistique.
Des recherches ont révélé qu'environ 1 personne sur 6 (17,11%) diagnostiquée avec un trouble bipolaire présentait également un diagnostic de trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH). Ces résultats indiquent une cooccurrence significative entre ces deux troubles[173]
Laëtitia Payen avec Catherine Siguret : Mon enfant cyclone - le tabou des enfants bipolaires, Flammarion, 2022
Ellen Forney :Une case en plus, conseils éclairants d'une bipolaire, Delcourt, 2020
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Émilie Guillon, Patrice Guillon,
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De nombreux films ont exposé des personnages au caractère parfois similaire au diagnostic du trouble bipolaire et ont été sujets de discussions parmi les psychiatres et cinéphiles. Certains films anciens (notamment avant 2000) évoquent le terme de psychose maniaco-dépressive, dorénavant considérée comme impropre.
Un exemple notable inclut le filmMr. Jones (1993), dans lequel Mr. Jones (joué parRichard Gere) alterne épisodes de manie et phases dépressives, passant ainsi son temps dans un hôpital psychiatrique[174].
DansMosquito Coast (1986), Allie Fox (joué parHarrison Ford) expose entre autres certains traits de mégalomanie et de paranoïa[175].
Dans le filmMa vie en cinémascope,Pascale Bussières montre des épisodes de dépression majeure et de psychose. Elle remplit les critères diagnostiques du trouble bipolaire.
Dans le filmThe Informant!, le personnage principal,Mark Whitacre, travaillant comme informateur pour leFBI, s'avère finalement être bipolaire.
Dans le filmL'Extravagant Mr. Deeds, le personnage joué parGary Cooper est soupçonné d'être atteint de psychose maniaco-dépressive lors d'un procès.
Le thème principal du filmHappiness Therapy est la bipolarité du héros.
Dans le film EspagnolFou de toi, L'actrice principaleSusana Abaitua incarne le personnage de la fille Carla, qui est bipolaire.
Dans la série de télévision australienne intituléeStingers, le détective Luke Harris (joué par Gary Sweet) souffre de trouble bipolaire et sa paranoïa interfère dans son travail. Pour se mettre dans la peau du personnage, Sweet rend visite à un psychiatre expert en maladies maniaco-dépressives. Il explique qu'il a quitté la session convaincu de souffrir de cette maladie.
Dans la série américaineHomeland, c'est le personnage principal Carrie Mathison interprété parClaire Danes qui est atteint de trouble bipolaire. La maladie est traitée comme élément essentiel dans la conduite du récit et sa dramatisation.
Dans la sérieSix Feet Under, le personnage de Billy Chenowith est bipolaire et fréquemment sujet à des troubles psychiques et à un comportement excessif.
Dans la sérieUrgences (E.R.), la mère d'Abby Lochart, Maggie (interprétée parSally Field), est bipolaire et fait de nombreuses apparitions dans les différents stades de la maladie.
Dans l'épisode 15 de lasaison 2 de la sérieEn analyse, Paul Weston évoque la bipolarité de sa défunte mère et l'impact que cela a pu avoir sur la relation de ses parents jusqu'à leur séparation.
Dans la série britanniqueTakin' Over the Asylum, les héros sont atteints de diverses maladies psychiques, dont l'un (Campbell) de maniaco-dépression.
Dans la série téléviséeShameless (ainsi que dans l'adaptation américaine), la mère des six enfants Monica Gallagher, et son fils Ian Gallagher, sont atteints de trouble bipolaire ; le personnage féminin tente de se suicider.
Dans la série américaineBlack Box Catherine Banks, une célèbre neurologue à qui tout semble réussir, se bat en secret contre une maladie mentale : elle est bipolaire, comme l'était sa mère. Régulièrement, lorsqu'elle ne prend pas ses médicaments, elle est traversée de fulgurance, mais peut aussi se transformer en prédatrice à l'appétit sexuel vorace, ou mettre sa vie gravement en danger.
Dans le feuilletonLes Feux de l'amour, Sharon Collins est diagnostiquée bipolaire dès les épisodes de fin d'année 2012 aux États-Unis (fin 2015 en France sur TF1).
Dans la série américaineEmpire, le personnage d'Andre Lyon (interprété parTrai Byers) est atteint de trouble bipolaires.
Dans la série américaineCold Case : Affaires classées, dans l'épisode 5 de la saison 3, les enquêteurs doivent résoudre le meurtre d'une femme atteinte de trouble bipolaire internée dans un hôpital psychiatrique en 1954.
Dans la sérieNew York, unité spéciale, dans l'épisode 3 de la saison 10, on découvre que la mère et l'une des filles de l'inspecteurElliot Stabler sont atteintes de troubles bipolaires.
Dans la série norvégienneSkam, le personnage d'Even, qui apparaît dans la saison 3, est atteint de troubles bipolaires. De même, le personnage d'Eliott dansSkam France / Skam Belgique.
Dans son albumGraceland, écrit après son divorce de l'actrice bipolaireCarrie Fisher, le chanteur américainPaul Simon lui consacre au moins une chansonCrazy Love vol. II.
Le chanteur brésilienSeu Jorge signe la chansonEla E Bipolar, extrait de l'albumMusicas Para Churrasco vol. 2.
Le rappeur belgeBaloji signe la chansonBipolaire - les Noirs extrait de l'album137 avenue Kaniama.
La chansonLithium du groupeEvanescence a pour sujet le trouble bipolaire.
La chansonBipolaire d'Alexandre Poulin a pour sujet les phases maniaques et dépressives d'un bipolaire[177].
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Kay Redfield Jamison, psychologue et professeure à laJohns Hopkins School of Medicine, parle du trouble bipolaire dans son autobiographie intituléeAn Unquiet Mind (1995)[178],[179],[180]. Dans son ouvrage,Touched with Fire (1993), elle se penche sur une connexion entre le trouble bipolaire et la création artistique[181].
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↑« Hippocrate : Sixième livre des épidémies. (bilingue) », surremacle.org(consulté le) :« Les mélancoliques deviennent d'ordinaire épileptiques, et les épileptiques mélancoliques ; de ces deux états, ce qui détermine l'un de préférence, c'est la direction que prend la maladie : si elle se porte sur le corps, épilepsie ; si sur l'intelligence, mélancolie. ».
↑MichèleAssante et OdilePlaisant,La nouvelle psychiatrie : Cyclothymie, dépendance, dépression, DSM III-R, obsessions, paranoïa, phobie, troubles de la personnalité, etc., Retz,, 138 p.(ISBN978-2-7256-6019-6,lire en ligne),p. 23.
↑Cette distinction entre les formes « unipolaires » et « bipolaires » de la maniaco-dépression a été proposée par Léonhard depuis 1957, conceptualisée par Kleist et validée par Angst en 1966.
↑a etbMarc-LouisBourgeois,Les troubles bipolaires, Cachan (14, rue de Provigny 94236), Lavoisier,, 620 p.(ISBN978-2-257-70565-5,lire en ligne), « 8. Hypomanie ».
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« Les études modernes ont rapporté des taux de prévalence entre 50 et 68% pour ces symptômes qui font référence à des manifestations subsyndromales présentes entre les épisodes thymiques mais qui ne remplissent pas les critères requis pour la définition des épisodes. Ces manifestations comprennent les symptômes résiduels, les prodromes, les comorbidités psychiatriques liées à l’axe I, les effets secondaires des traitements, les caractéristiques tempéramentales, et les troubles de la personnalité comorbides. »
↑PierreSchulz et NormanSartorius,Traitements des troubles psychiatriques selon le DSM-5 et la CIM-10, Bruxelles/Paris, De Boeck Superieur,, 1395 p.(ISBN978-2-8073-0306-5,lire en ligne),p. 284
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« Maternal influenza may be a risk factor for BD. Although replication is required, the findings suggest that prevention of maternal influenza during pregnancy may reduce the risk of BD. »
« Prenatal exposure to infections increases the risk of BD, but also of several other neuropsychiatric disorders including schizophrenia, autism and mental retardation. The exposure to influenza seems to be specific for psychotic bipolar I disorder, consistent with previous identified associations between exposure to prenatal influenza and schizophrenia. Interestingly, maternal exposure to influenza during the 2nd or 3rd trimesters increased the risk for MDD but not BD. »
« However, there is stronger evidence for an association between bipolar and seropositivity for T. gondii infection, demonstrated in two recent meta-analyses.15,16 The first included 11 studies and demonstrated overall increased odds of having bipolar in those with immunoglobulin G (IgG) to T. gondii, with an odds ratio of 1.52 (95% confidence interval 1.06–2.18).15 A second meta-analysis of eight studies also found a significant association between bipolar and T. gondii seropositivity, with an odds ratio of 1.26 (95% confidence interval 1.08–1.47).16 However, the included studies were not prospective and it remains uncertain when T. gondii exposure occurred. »
↑Sutterland, AL, Fond, G, Kuin, A. Beyond the association. Toxoplasma gondii in schizophrenia, bipolar disorder, and addiction: systematic review and meta-analysis. Acta Psychiatr Scand 2015; 132: 161–179.
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↑Thierry Haustgen,Idées reçues sur les troubles bipolaires, Le cavalier bleu,, 248 p.(ISBN979-10-318-0360-9), Chapitre « Les bipolaires font plus de tentatives de suicide que les autres malades mentaux. » "Eli Robins et Samuel Guze, à l’origine des classifications actuelles, reposant sur des critères diagnostiques précis, ont, les premiers, avancé le chiffre de 15 %, en se fondant sur une synthèse de 14 études du suivi de patients pendant des années. Il a été repris en 1990 par leurs collègues, auteurs de la première édition du manuel de référence sur les troubles bipolaires aux États-Unis, Frederick Goodwin et Kay Redfield Jamison. C’est aussi le pourcentage qui est généralement indiqué dans les travaux français sur le suicide des bipolaires. On précise qu’il est trente fois supérieur à celui de la population générale et que 25 à 50 % des patients bipolaires feront au moins une tentative de suicide dans leur vie.Il semble toutefois que ces chiffres doivent maintenant être revus à la baisse, ce qui est une bonne nouvelle. La seconde édition du manuel de Goodwin et Jamison a en effet nuancé en 2007 les pourcentages avancés en 1990. Le taux de mort par suicide chez les bipolaires serait en fait actuellement de 5 % ou très légèrement supérieur, c’est-à-dire trois fois moins important qu’auparavant. Une telle disparité s’explique sans doute par la sensibilisation des professionnels à la pathologie bipolaire depuis une vingtaine d’années, par le dépistage de cas passés inaperçus, par l’instauration de thérapeutiques adaptées, mais aussi par l’inclusion dans les statistiques de patients moins sévèrement atteints." P82 à 84