Letriglyphe est un ornement en relief de l'architecture antique qui sépare lesmétopes dans lafrisedorique et qui se compose de deux canaux entiers (glyphes) et de deux demi-canaux (donc trois glyphes). Lescannelures, qui figurent de manière stylisée et symbolique les poutres de bois originellement employées par les Grecs (théorie vitruvienne qui n'est pas sans poser des difficultés), sont à section triangulaire ou circulaire, l'intervalle entre les canaux est lelistel[1].
SelonVitruve, les métopes et triglyphes de lafrisedorique étaient à l'origine des plaques deterre cuite peintes de couleurs vives qui protégeaient de l'humidité la charpente en bois. Les temples seront progressivement construits en marbre (dans lesCyclades) ou encalcaire coquillier gris (dans lePéloponnèse) accédant ainsi à une dimension monumentale. Dans cette nouvelle architecture, toute de pierre constituée, charpente comprise, les éléments fonctionnels tels métopes et triglyphes de lafrise dorique, accèdent à une valeur purement décorative. Même chose pour lesannelets des colonnes qui, à l'origine, étaient les cerclages des colonnes en bois[2].
Selon la théorie desfenestrarum imagines de l'archéologue Robert Demangel, les jambes des trigyphes sont la transposition des grilles des fenêtres dont le prototype serait les ouvertures des lanterneaux égyptiens[3].
Contrairement à l'image de marbre blanc que nous a laissée l'usure du temps, les temples grecs étaient peints. Une coloration canonique se met en place : les lignes horizontales sont en rouge, les verticales en bleu ou en bleu-noir, les fûts de colonnes restent clairs[4].