H315 : Provoque une irritation cutanée H319 : Provoque une sévère irritation des yeux H336 : Peut provoquer somnolence ou vertiges H341 : Susceptible d'induire des anomalies génétiques(indiquer la voie d'exposition s'il est formellement prouvé qu'aucune autre voie d'exposition ne conduit au même danger) H350 : Peut provoquer le cancer(indiquer la voie d'exposition s'il est formellement prouvé qu'aucune autre voie d'exposition ne conduit au même danger) H412 : Nocif pour les organismes aquatiques, entraîne des effets à long terme
D1B : Matière toxique ayant des effets immédiats graves Transport des marchandises dangereuses : classe 6.1 groupe III D2A : Matière très toxique ayant d'autres effets toxiques cancérogénicité : CIRC groupe 2A D2B : Matière toxique ayant d'autres effets toxiques irritation des yeux chez l'animal ; irritation de la peau chez l'animal ; mutagénicité chez l'animal
Divulgation à 0,1 % selon les critères de classification
Ennomenclature de l'UICPA, il est dénommé1,1,2-trichloroéthène ; il est également appelétrichloroéthylène,trichloroéthène,trichloréthène,trichlorure d'acétylène,d'éthylène ou d'éthène,trilène et dans le langage courant abrégé entrichlo outrichlore.
Il s'agit d'une molécule d'éthène dont trois atomes d'hydrogène ont été remplacés par des atomes dechlore. Il est principalement employé dans l'industrie où son utilisation est réglementée.
En1995, le trichloréthylène a été classé « CMR probable » (il était auparavant classé « CMR possible ») par leCentre international de recherche sur le cancer (CIRC). Ceci a été entériné par la directiveeuropéenne 2001/59/CE de la Commission du portant vingt-huitième adaptation au progrès technique de ladirective 67/548/CEE. Il est classé « cancérogène » (Groupe 1) par le CIRC depuis le.
Il irrite lapeau et lesmuqueuses, et est un toxique pour lesystème nerveux central : inhalé à de fortes teneurs (au-delà de 3 000 ppm), il peut entraîner lecoma voire lamort en quelques minutes. De nombreux cas de maladie professionnelle ont été rapportés à la suite d'une manipulation prolongée.
S'il est lui-même non combustible, en revanche, ses vapeurs peuvent être explosives si elles se mélangent avec l'air (elles sont plus lourdes que l'air). L'eau ainsi que certains métaux (aluminium) provoquent la décomposition du trichloréthylène avec production d'acide chlorhydrique. L'acide chlorhydrique peut être neutralisé par ajout de stabilisants.
Selon la réglementation européenne, son utilisation est interdite pour les particuliers à une concentration supérieure à 0,1 %. Dans l'industrie, il était nécessaire de procéder à son remplacement avant le[15] (sauf exemption demandée avant le) par d'autres produits comme letétrachloroéthylène (ouperchloroéthylène), lechlorure de méthylène (oudichlorométhane (DCM)), d'autres dérivés d'’hydrocarbures (cétones,alcools…), certains mélanges contenant desfluoroalcanes ou fluoroéthers, ou encore par des mélanges stabilisés à base de bromure den-propyle (nPB).
Tous les substituants possibles ont des avantages et des inconvénients. Certains sont inflammables (alcools, cétones, esters, éthylène-glycol, propylène-glycol) et nécessitent d'investir dans des machines permettant d'éviter tout risque d'incendie. D'autres présentent la phrase de risque H351 : « susceptible de provoquer le cancer » (perchloroéthylène et dichlorométhane). Les mélanges à base de fluoroalcanes/fluoroéthers sont très chers ; s'ils sont ininflammables (constitués majoritairement detrans-1,2-dichloroéthylène et de dérivés fluorés), ils sont par contre des agents responsables du réchauffement climatique. Les mélanges ininflammables[16] à base de bromure den-propyle sont efficaces en termes de dégraissage et inoffensifs pour l'environnement[17], mais sont classés H360FD (« peut nuire à la fertilité et au fœtus »)[18] et suspectés d'être cancérigènes[19].
Tous ces solvants sont généralement utilisés dans des machines de dégraissage à la vapeur dont le choix judicieux permet de limiter considérablement les valeurs limites d'exposition (enceinte ouverte ou fermée, une ou deux chambres de dégraissage, circuit fermé de distillation, etc.).
que contrairement à la plupart des solvants, il est peu inflammable.
Il a beaucoup été utilisé pour le dégraissage de pièces métalliques, le nettoyage à sec devêtements — notamment comme détachant domestique sous la marque Sassi[23] — et l'extraction de produits organiques. Il fut utilisé commeanesthésiant sous le nomtrilène et d’ercylène par Robert et Carrière dans lesannées 1950.
Il tend à être progressivement remplacé par des produits moins dangereux, et est d'ores et déjà interdit pour les particuliers dans l'Union européenne.
Le trichloréthylène sert surtout au dégraissage à la vapeur des pièces métalliques dans les industries de l'automobile et des métaux. Il sert aussi de composante d'adhésifs et de solvant dans les décapants à peinture, les lubrifiants, les peintures, les vernis, les pesticides, les nettoyeurs à froid pour métaux, les caoutchoucs et les élastomères. Il est utilisé comme caloporteur à basse température et comme intermédiaire chimique dans la production de produits pharmaceutiques, d'agents chimiques ignifuges et d'insecticides. Il est utilisé dans la phosphatation des métaux, la transformation des textiles, la production de chlorure de vinyle et les opérations aérospatiales[24].
Comme d'autres substances chimiques volatiles contenues dans des produits d'usage courant et que l'on peut légalement se procurer dans le commerce de façon peu onéreuse[26], le trichloréthylène est utilisé pour ses effetspsychoactifs, en particulier par des enfants ou de jeunes adolescents qui l'inhalent par le nez (« sniffing »), par la bouche (« snorting »), le pulvérisent directement dans la gorge ou le nez (« dusting ») ou sur un linge à inhaler (« huffing ») ou en inhalent les effluves dans un sac (« bagging »)[27],[28].
Ce détournement d'usage engendre rapidement des effetspsychotropes. L’intensité de ses effets dépend de sa composition, de la quantité inhalée, du temps d’inhalation, de l'endroit où il est inhalé (fermé, ouvert, plein air) et de l’éventuelletolérance développée par l’usager[29].
« Inhalés, les solvants agissent sur le système nerveux central en induisant des manifestationsébrieuses. Chez certains consommateurs, s’ensuivent des troubles de la perception pouvant conduire à deshallucinations puis à unesomnolence »[29]. Cet état est appelé « ébrio-narcotique » et peut parfois être suivi denausées oucéphalées ouvertiges[30] voire aller jusqu’à laperte de conscience[29]. « Sniffés, les solvants produisent des effets extrêmement rapides où se succèdent une phaseeuphorique, des perturbations sensorielles (allant parfois jusqu’à l’hallucination visuelle) et enfin, une phase desédation, avec parfois sommeil etcoma. Ils peuvent donner lieu à unedépendance psychique et physique et à unetolérance. Ils ont surtout un effetneurotoxique, entraînant une détérioration des capacités mentales »[31],[29]. Le trichloréthylène semble provoquer une dépendance psychique mais non physique[32].
« Le trichloroéthylène est irritant pour les voies respiratoires supérieures, les yeux et la peau. L'inhalation de fortes concentrations de trichloroéthylène provoque une dépression du système nerveux central pouvant aller jusqu'au décès, une irritation bronchique et des troubles du rythme cardiaque. Lors d'ingestion apparaissent des troubles digestifs, neurologiques, cardiaques et respiratoires souvent graves. L'exposition répétée par inhalation peut provoquer des atteintes neuropsychiques parfois sévères. Une dermatite d’irritation est observée en cas de contacts répétés. Le trichloroéthylène semble perturber le système immunitaire et avoir un rôle dans la maladie veino-occlusive pulmonaire. Les données épidémiologiques mettent en évidence un effetcancérogène du trichloroéthylène pour le rein ; des associations causales moins fortes ont été établies pour le cancer hépatique et lelymphome non-Hodgkinien. »
Peu élevées dans la population adulte, les expérimentations se trouvent plus fréquemment chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes de différentes couches sociales et ethniques[31],[32],[33]. « L’abus de substances volatiles est un problème mondial particulièrement courant au sein des populations minoritaires et marginalisées »[33].
La législation européenne actuelle sur la protection des travailleurs contre les risques de santé (notamment la Directive sur les agents chimique 98/24/EC[36] et la Directive sur les Carcinogènes 2004/37/EC[37]) n'impose pas d'exigences minimum obligatoires pour le contrôle des risques à la santé des travailleurs lors de l'usage ou pendant le cycle de vie du trichloréthylène. Cependant, si les discussions en cours sur la Directive des Carcinogènes devaient produire une valeur contraignante pour la limite d'exposition au trichloréthylène des travailleurs, cette conclusion devrait être revue.
La Directive sur les Émissions de Solvants 1999/13/EC[38] et la Directive sur les Émissions Industrielles 2010/75/EU[39] imposent des exigences minimum contraignantes pour les émissions de trichloréthylène dans l'environnement pour certaines activités, y compris pour le traitement de surfaces. Cependant, les activités ayant une consommation de solvant en deçà d'un certain seuil ne sont pas concernées par ces exigences.
Le règlement 348/2013/UE[15] de la Commission européenne, modifiant le règlement REACH (1907/2006/CE[40]), en incluant le trichloréthylène à l'annexe XIV de REACH, aura pour conséquence l'interdiction de la substance en Europe au, ceci en raison de ses propriétés cancérogènes (cat. 1B). Les demandes d'autorisations pour les cas où la substance ne pourrait pas être substituée peuvent être communiquées à l'ECHA jusqu'au.
Les eaux souterraines constituent la seule source d'eau pour 25 à 30 % de la population canadienne, c’est-à-dire7,1 millions de Canadiens[22]. En, des analyses réalisées par la municipalité deShannon, dans la province deQuébec (Canada), ont révélé que la nappe phréatique était contaminée par du trichloréthylène (TCE)[41]. Une étude épidémiologique de l'état de santé de la population exposée, et en particulier de l'incidence des cancers dans la région, a été demandée à la Direction de santé publique. Néanmoins, l'Institut national de santé publique du Québec précise dans un rapport que l'analyse des données n'a pas permis de conclure à la présence d'un excès significatif entre l'incidence des cas de cancer et l'exposition potentielle au TCE[42]. Les gens de la ville ont décidé d'intenter unrecours collectif contre le gouvernement du Canada car celui-ci connaissait le problème depuis trente ans[43].
Certains végétaux, dont des plantes trouvées dans les jardins[45] se montrent capables d’absorber de grandes quantités de polluants organiques[46] et parfois de les dégrader, en disposant par exemple de mécanismes de détoxication face au trichloréthylène qui est toxique et génotoxique[47]. Le peuplier en fait partie.
laphytoépuration en est une autre, potentiellement complémentaire : le peuplier pouvait avoir un potentiel supplémentaire en matière de phytoépuration des solsin situ'' (d’autres essences pourraient aussi peut-être avoir une telle aptitude)[48].
Des tests faits dans les années 1990 avec des peupliers hybrides (Populus trichocarpa x P. deltoides ; clones H1-11 et 50-189[49], plantés dans un sol irrigué par une eau volontairement polluée par du trichloréthylène[49]) ont montré que ces peupliers absorbaient du TCE et en dégradaient une partie en plusieurs déchets métaboliques connus : trichloroéthanol, acide trichloracétique et acide dichloracétique)[48]. Une autre partie (moins de 5 % lors d’une des expériences, mais ce taux pourrait être différent dans la nature[50]) était évacuée via l’évapotranspiration (« phytovolatilization », habituellement mesurée en culture sous serre), en quantités mesurables. Il s’agit bien d’une biodégradation qui ne résulte pas de l’activité de bactéries de la rhizosphère ou de symbiotes fongiques du peuplier (qui existe aussi par ailleurs pour un certain nombre de polluants[51]), car en laboratoire des cultures pures de cellules de peupliers dégradent effectivement le trichloréthylène, en produisant les mêmes produits métaboliques intermédiaires[48], et quand on les a exposé à du trichloréthylène marqué aucarbone 14 (traceur[52]), ces cultures cellulaires ont aussi produit du dioxyde de carbone radiomarqué, ce qui montre qu’il y a bien eu dégradation du trichloréthylène au niveau cellulaire[48]. Des boutures de peupliers plantées dans un sol pollué par le TCE ont produit les mêmes métabolites. Le degré d’oxygénation de la rhizosphère semble avoir peu d’importance[50].
L'ADEME considère que l'argument « plantes dépolluantes » n'est pas validé scientifiquement au regard des niveaux de pollution généralement rencontrés dans les habitations et des nouvelles connaissances scientifiques dans le domaine[53].
L’extraction augmente avec l’évapotranspiration (indice métabolique) et n’est donc efficace que durant la saison de croissance, mais avec semble-t-il un très bon rendement :« au moins 95 % du TCE supprimés » pour le TCE solubilisé dans le flux d'eau entrant dans les cellules des arbres[49].
Il faut néanmoins que le TCE soit assez dilué, car il est toxique pour les cellules du peuplier, qu’il tue au-dessus d’une certaine dose[49].
Le trichloréthylène est un contaminant émergent problématique pour l’environnement, la faune et l’humain. Il est issu de l’activité industrielle de l’homme et s’accumule peu à peu dans la nature, causant des dommages importants. L’accumulation du trichloréthylène dans les eaux des nappes phréatiques estun des principaux problèmes touchant les eaux potables souterraines des petites municipalités[réf. nécessaire]. C’est pourquoi il est important de doser le trichloréthylène dans les eaux souterraines ou de surface. Pour cela on peut utiliser une technique d’analyse telle lachromatographie en phase gazeuse couplée à unspectromètre de masse avec analyse durapport isotopique (IR en anglais) :P&T-GC-MSIR[54],[55].
Avant l’analyse, les échantillons d’eau souterraine ont été conservés à4 °C dans des contenants de verre scellés avec duTéflon. Pour doser le trichloréthylène, on utilise d’abord une pompe à extractionoffline qui a pour rôle de préconcentrer l’analyte volatil organique.
↑« Trichloréthylène » dans la base de données de produits chimiquesReptox de laCSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 25 avril 2009.
↑a etbComme les « colles contenant des solvants (différentes des colles à base d’eau non toxiques et non psychotropes), l’eau écarlate, l’éther (disponible uniquement sur ordonnance médicale depuis 1984 en France), les solvants pour peintures (white spirit), certains produits d’entretien ménagers, les solvants cosmétiques (laques), certains produits automobiles (essence,antigel), leFréon (propulseurs pour spray), les gaz de briquets (butanepropane), certains gaz anesthésiants (protoxyde d'azote) ».Lire en ligne. Peuvent s'ajouter à cette liste d'autreshydrocarbures volatils : l’acétone, lesdissolvants àvernis à ongles et les diluants de peinture, certains liquides de nettoyage, le gaz ménager, le gaz propulseur desaérosols desdésodorisants,insecticides, etc.Lire en ligne
↑MILD & CA (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites additives), « Poppers colles solvants », surdrogues.gouv.fr,(consulté le).
↑a etbMichel Gandilhon, Agnès Cadet-Taïrou, « Poppers, colles et autres solvants » dans OFDT, « Drogues et addictions, données essentielles, Saint-Denis », OFDT, 2013, p. 273-277,lire en ligne.
↑abc etdM. Gordon, N. Choe, J. Duffy, G. Ekuan, P. Heilman, I. Muiznieks, M. Ruszaj, B. B. Shurtleff, S. Strand, J. Wilmoth et L. A. Newman, « Phytoremediation of trichloroethylene with hybrid poplars »,Environ. Health Perspect., aout 1998, 106 (Suppl 4), 1001–1004 ((en)Résumé) etarticle complet.
↑a etbOrchard, B. J., Doucette, W. J., Chard, J. K. et Bugbee, B. (2000), « Uptake of trichloroethylene by hybrid poplar trees grown hydroponically in flow-through plant growth chambers »,Environmental Toxicology and Chemistry, 19, 895–903,DOI10.1002/etc.5620190416 ((en)Résumé etarticle complet).
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