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Tribunal administratif (France)

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Pour les autres articles nationaux ou selon les autres juridictions, voirTribunal administratif.

EnFrance, untribunal administratif est unejuridiction de premier ressort etde droit commun de l'ordre administratif[1].

Définition

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Un tribunal administratif est saisi par une requête écrite[2] qui peut être formée :

  • par tout citoyen en contestation d'une décision prise par l'État français ou une autre personne morale de droit public : il s'agit principalement du recours pour excès de pouvoir.
  • par toute personne physique ou morale afin d'engager la responsabilité de l'État français ou de ses services ou établissements publics, des collectivités territoriales ou de leurs établissements rattachés, des hôpitaux ou services assimilés : le recours en responsabilité consiste notamment à demander au tribunal administratif de condamner l'administration à verser une indemnité en réparation d'un dommage causé par la faute de l'administration.
  • par des personnes morales de droit public contre des décisions administratives prises par d'autres personnes morales de droit public.

Ces tribunaux sont régis par lecode de justice administrative (CJA).

La justice administrative a affirmé son indépendance par rapport à l'administration au cours duXIXe siècle et a mis au point unejurisprudence (c'est-à-dire une certaine interprétation des règles de droit par le juge) soucieuse de concilier les droits des citoyens avec les nécessités du service public[3].

Par la décision du « loi de validation », leConseil constitutionnel a reconnu que l'indépendance de la juridiction administrative fait partie des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République (PFRLR)[4].

Histoire

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Les tribunaux administratifs ont été créés en France par le décretno 53-934 du[5] qui entre en vigueur en 1954. En métropole et dans les départements d'outre-mer, ils succèdent auxconseils de préfecture interdépartementaux, notamment pour alléger la charge duConseil d'État qui ne parvenait plus à traiter les litiges qui lui étaient soumis dans des délais acceptables. En effet, jusqu'en 1953, le Conseil d'État était juge de droit commun du contentieux administratif[6].

Dans lesterritoires d'outre-mer, les tribunaux administratifs ont remplacé progressivement, entre1953 et2003, lesconseils du contentieux administratif, dont le rôle était équivalent.

Depuis le décret du officialisant la création dutribunal administratif de Montreuil[7], il existe désormais 42 tribunaux administratifs, dont 31 en métropole et 11 outre-mer[8]. Le ressort de chacun d'eux correspond généralement à une région ou collectivité d'outre-mer, mais certains ressorts sont simplement composés d'un ou plusieurs départements. Ils sont généralement désignés par le nom de la ville où ils se situent.

Organisation

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Les juges des tribunaux administratifs appartiennent aucorps desmagistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel.

Chaque tribunal comprend une à douze chambres. Seule exception qui est le tribunal administratif de Paris qui en comprend dix-neuf regroupées en six sections[9].

Depuis 2023, un conseil de juridiction[10], placé auprès du tribunal administratif est un lieu d’échanges et de communication entre la juridiction et la cité.

Compétence et rôle du tribunal administratif

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Compétences juridictionnelles

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Le tribunal administratif est la juridiction administrative de premier ressort. C'est le juge de droit commun en contentieux administratif : tous les litiges administratifs tombent sous sa compétence, sauf quand une disposition spéciale déroge à ce principe en attribuant la compétence à une autre juridiction.

Les tribunaux administratifs sont compétents pour tout litige avec une administration (État, collectivités territoriales, établissements publics administratifs, etc.). Ils sont également compétents pour toutes les questions liées aux élections municipales et cantonales.

Cette compétence de principe connaît des exceptions pour lesquelles leConseil d'État est compétent en premier et dernier ressort. C'est le cas par exemple des recours contre les actes réglementaires pris par les ministres, pour le recrutement et la discipline des fonctionnaires nommés pardécret du président de la République ou contre des actes pris par certainesautorités administratives indépendantes. Font aussi exception les litiges pour lesquelles les cours administratives d'appel ont compétence en premier ressort. Exception faite également des litiges dont les juridictions administratives spécialisées ont connaissance, notamment dans les domaines relevant du contentieux disciplinaire (Conseil supérieur de la magistrature réuni en Conseil de discipline des magistrats du siège, Section disciplinaire des conseils académiques…), du contentieux social (Cour nationale de la tarification sanitaire et sociale, juridictions des pensions…), du contentieux des étrangers (principalement Cour nationale du droit d'asile), du contentieux financier (Cour des Comptes, Chambre régionale des comptes…).

Attributions administratives

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Les tribunaux administratifs peuvent être consultés par les préfets sur des points de droit causant des difficultés[11]. Il appartient également au tribunal administratif de désigner lescommissaires enquêteurs ou les commissions d'enquête en matière d'enquête publique[12]. Ils se prononcent également en matière d'autorisation de plaider sollicitées par les contribuables de collectivités territoriales désireux d'exercer une action pour faire valoir les droits de la collectivité[13].

Formations de jugement

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Les tribunaux administratifs statuent par des jugements pris par une chambre en formation collégiale[14], c'est-à-dire par trois magistrats dont un président et deux conseillers-rapporteurs[15]. Pour trancher les questions qu'il estime être les plus importantes ou pour mettre fin à un désaccord entre deux ou plusieurs chambres, le tribunal peut à titre exceptionnel statuer en formation de chambres réunies[16] ou se réunir en formation plénière[17].

Toutefois, cette règle connaît des aménagements. Il peut être statué par un seul juge, dit « juge unique », pour les litiges de moindre importance, pour ceux qui ne présentent pas de difficultés juridiques ou pour ceux exigeant un jugement rapide (référés, contentieux dereconduite à la frontière). Ces différents cas sont définis par le pouvoir réglementaire.

Les litiges pouvant être jugés par un juge statuant seul sont les suivants et sont énoncés dans le code de la justice administrative[18] :

  1. litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale ou en faveur des travailleurs privés d'emploi ;
  2. litiges relatifs à la notation ou à l'évaluation professionnelle des fonctionnaires ou agents publics ainsi qu'aux sanctions disciplinaires de première catégorie (avertissement et blâme) ;
  3. litiges en matière de pensions de retraite des agents publics ;
  4. litiges en matière de consultation et de communication des documents administratifs ;
  5. litiges relatifs aux impôts locaux et à la contribution à l'audiovisuel public à l'exception des litiges relatifs à la contribution économique territoriale (ex taxe professionnelle) ;
  6. litiges enresponsabilité de l'État pour refus opposé à une demande de concours de la force publique pour exécuter une décision de justice ;
  7. contestations des décisions prises en matière fiscale sur des demandes de remise gracieuse (effacements de dettes d'impôts) ;
  8. litiges relatifs aux bâtiments menaçant ruine ou aux immeubles insalubres ;
  9. litiges relatifs au permis de conduire ;
  10. actions indemnitaires (sauf en matière de contrat de la commande publique) dont le montant n'excède pas 10 000 euros.

Le juge compétent est le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cette fin.

Les litiges en gras sont toujours jugés en premier et dernier ressort. Cependant, en cas de connexité avec un litige susceptible d'appel, certaines de ces décisions peuvent faire l'objet d'un appel[19].

Procédure

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Les tribunaux administratifs peuvent être saisis pour un recours au fond (les délais de jugement sont relativement longs) ou en urgence dans le cadre d'unréféré.

Le recours à unavocat ou à unavocat aux Conseils est parfois obligatoire (art. R431-2 et R431-3 CJA), sauf pour l'État (art. R431-7 CJA). Il est possible d'obtenir l'aide juridictionnelle, sous conditions de ressources.

Alors que la saisine d'un tribunal administratif était avant le gratuite, il fut obligatoire d'apposer untimbre fiscal de 35 € sur toute requête jusqu'au inclus. En application des dispositions combinées de l’article 128 de la loino 2013-1278 du portant loi de finances pour 2014, et de l’article 8 du décret 2013-1280 du, cette contribution pour l’aide juridique, prévue par les dispositions de l’article 1635bis Q du code général des impôts, a disparu à compter du1er janvier 2014.

En cas de perte du procès, l'intéressé peut être contraint à payer une partie desfrais de la partie adverse (art. L761-1 CJA[20]). En cas de recours abusif, il peut être condamné à une amende dont le montant peut aller jusqu'à 10 000 euros[21].

En général, une action en annulation ou une actionindemnitaire (recours en responsabilité) ne peuvent avoir lieu que si l'administration a pris une décision préalable[22], explicite ou implicite (silence de deux mois à l'égard d'une demande). Dans certains cas, unrecours administratif préalable est obligatoire avant un recours devant le tribunal administratif.

Pour les recours au fond (recours pour excès de pouvoir etrecours de plein contentieux), la procédure est essentiellement écrite. Pour lesréférés, les tribunaux administratifs peuvent convoquer les parties lors d'une audience, ou rendre leurs ordonnances après avoir pris note des arguments par écrit.

Le délai pour saisir ce tribunal est, sauf exceptions, de deux mois après notification ou publication de la décision administrative[22].

Toute plaidoirie d'un Avocat devant une juridiction administrative est soumise au versement par le justiciable d'une redevance de 13 euros, appelée droit deplaidoirie.

Voies de recours

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Les jugements des tribunaux administratifs qui sont susceptibles de recours sont déférés en appel devant lacour administrative d'appel. Toutefois, le contentieux électoral, celui des référés et quelques autres sont examinés en appel par leConseil d'État.

Liste et ressort des tribunaux administratifs et départements

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Carte des ressorts des TA etCAA. Chaque couleur correspond à une cour d'appel, les ressorts des tribunaux sont représentés par les lignes en gras.
Le tribunal administratif de Paris siège à l’hôtel d'Aumont.
Tribunal administratif de Rennes

Les tribunaux administratifs sont fixés à[23] :

Les tribunaux administratifs sont désignés par le nom de la ville dans laquelle ils siègent, sauf[28] :

SiègeNom
Basse-Terretribunal administratif de la Guadeloupe
Basse-Terretribunal administratif de Saint-Barthélemy[29]
Basse-Terretribunal administratif de Saint-Martin
Cayennetribunal administratif de la Guyane
Schœlchertribunal administratif de la Martinique
Mamoudzoutribunal administratif de Mayotte
Mata-Ututribunal administratif de Wallis-et-Futuna
Saint-Denistribunal administratif de La Réunion
Saint-Pierretribunal administratif de Saint-Pierre-et-Miquelon
Papeetetribunal administratif de la Polynésie française
Nouméatribunal administratif de Nouvelle-Calédonie

L'expression « tribunal de céans » usitée par de nombreux avocats dans leurs requêtes ou mémoires est une formulation ancienne qui signifie « le tribunal d'ici ».

Magistrats administratifs célèbres

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Femmes et hommes politiques

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  • Ségolène Royal, ancienne députée des Deux-Sèvres (2002-2007), ancienne ministre déléguée à l'Enseignement scolaire, ancienne ministre déléguée à la Famille, à l'Enfance et aux Personnes handicapées, candidate à l'élection présidentielle de 2007, ancienne présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes (2004-2014), ancienne ministre chargée de l'Environnement, de l’Énergie et de la Mer, chargée des relations internationales sur le climat (2014-2017).
  • Michel Sapin, ancien ministre de l’Économie et des Finances (2014-2017), ancien ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du dialogue social (2012-2014).
  • Matthias Fekl, ancien secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger (2014-2017), ancien ministre de l'Intérieur (2017).
  • Olivier Becht, ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l'Attractivité et des Français de l'étranger (depuis juillet 2022), député du Haut-Rhin (depuis 2017), vice-président du conseil départemental du Haut-Rhin.
  • Claude Raynal, sénateur de la Haute-Garonne (depuis 2014), président de la commission des finances du Sénat (depuis 2020).

Juristes

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Écrivains

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  • Jean-Christophe Duchon-Doris, président du Tribunal administratif de Paris, Prix Goncourt de la nouvelle (Les Lettres du baron, 1994).
  • Olivier Saby, auteur dePromotion Ubu roi : mes 27 mois sur les bancs de l'ENA (2012).
  • Guillaume Dustan, Prix de Flore (1999) et Prix Sade (2013).
  • François Garde, Prix Goncourt du premier romanCe qu'il advint du sauvage blanc, (2012).

Notes et références

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  1. Code de justice administrative - Article L211-1(lire en ligne)
  2. Code de justice administrative - Article R411-1(lire en ligne)
  3. René Chapus,Droit du contentieux administratif, éditions Montchréstien,13e édition, § 31,(ISBN 978-2-7076-1587-9)
  4. décision n° 80-119 DC publiée au recueil Dalloz Lebonp. 46
  5. « Fac-similé JO du 01/10/1953, page 08618 », surlegifrance.gouv.fr(consulté le)
  6. Roger Perrot,Institutions judiciaires,13e éd., Paris, Montchestien, 2008(ISBN 978-2-7076-1593-0),no 277.
  7. Communiqué de presse duConseil d'État,« Un nouveau tribunal administratif en Ile-de-France »
  8. Le Conseild'État, « Missions », surConseil d'État(consulté le)
  9. Arrêté du 21 février 2023 fixant le nombre de chambres des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel
  10. prévu par l'articleL221-2-2 du Code de justice administrative et organisé par ledécret n° 2024-1174 du 10 décembre 2024.
  11. Code de justice administrative - Article R212-1(lire en ligne)
  12. Code de l'environnement - Article L123-4(lire en ligne)
  13. Code de justice administrative - Article L212-2(lire en ligne)
  14. Code de justice administrative - Article L222-1(lire en ligne)
  15. Code de justice administrative - Article R222-18(lire en ligne)
  16. Code de justice administrative - Article R222-19-1(lire en ligne)
  17. Code de justice administrative - Article R222-20(lire en ligne)
  18. Code de justice administrative - Article R222-13(lire en ligne)
  19. Code de justice administrative - Article R811-1(lire en ligne)
  20. « Code de justice administrative », surlegifrance.gouv.fr(consulté le)
  21. Code de justice administrative - Article R741-12(lire en ligne)
  22. a etbCode de justice administrative - Article R421-1(lire en ligne)
  23. Code de justice administrative, article R221-3.
  24. « Le 93 aura son tribunal administratif », dansLe Parisien, édition de Seine-Saint-Denis, 13 mars 2009
  25. Le tribunal administratif de Mata Utu a été créé parl'ordonnance n° 2003-923 du 26 septembre 2003 relative à l'organisation de la juridiction administrative dans les îles Wallis et Futuna en remplacement duconseil du contentieux administratif.
  26. Décret n° 2015-1444 du 6 novembre 2015 modifiant le code de justice administrative (partie réglementaire) et fixant le siège du tribunal administratif de la Martinique
  27. Par décretno 2008-819 du 21 août 2008.
  28. « Section 1 : Dispositions communes (Articles R221-1 à R221-2) – Code de justice administrative », surLégifrance,(consulté le)
  29. « Article R221-3 – Code de justice administrative », surLégifrance,(consulté le)

Annexes

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Bibliographie

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Articles connexes

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v ·m
Généralités
Organisation
Administrations publiques
Droit de l'administration
Grands arrêts
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