

Lestransformations de Paris sous le Second Empire, outravaux haussmanniens, sont un ensemble de travaux de modernisations conduits àParis, enFrance, sous leSecond Empire de1853 à1870, à la demande de l'empereurNapoléon III, par lepréfet de la SeineGeorges Eugène Haussmann.
Le projet a couvert tous les domaines de l'urbanisme, aussi bien au cœur de Paris que dans ses quartiers extérieurs :rues,boulevards etavenues,réglementation des façades,espaces verts,mobilier urbain,égouts et réseaux d'adduction d'eau, équipements et monuments publics, tout comme l'extension de la capitale à travers l'annexion de plusieurscommunes limitrophes, passant ainsi de douze à vingtarrondissements. Ces travaux représentent un changement majeur au sein de la capitale.
Violemment critiquée par certains de ses contemporains pour son coût faramineux et pour ses conséquences sur lamixité sociale (certains déplorant qu'elle augmente, d'autres qu'elle se réduit), oubliée pendant une partie duXXe siècle puis réhabilitée par le discrédit de l'urbanisme d'après-guerre, cette œuvre conditionne toujours l'usage quotidien de la ville par ses habitants. Elle a posé le fondement de la représentation populaire de la capitale française à travers le monde en superposant auvieux Paris médiéval et à ses ruelles pittoresques un Paris moderne fait de grands boulevards et de places dégagées.


Au milieu duXIXe siècle, le centre de Paris, contrairement aux idées reçues, n'est plus une cité du Moyen Âge. Paris s'est toujours reconstruite sur elle-même, mais il est vrai que la croissance démographique de la capitale, auXVIIIe siècle et dans les premières décennies duXIXe siècle, provoque une densification considérable des quartiers du centre, c'est-à-dire les quartiers situés à l'intérieur de l'ancienneenceinte de Charles V rectifiée sousLouis XIII. Un lacis de rues étroites gêne la circulation (en 1851 à Paris, il y a 60 259 voitures qui, mises en ligne avec leur attelage, occuperaient 300 kilomètres alors que la longueur de toutes les rues de la ville réunies atteint 500 kilomètres[2]) et les maisons accueillent une population pauvre de plus en plus nombreuse, à l'origine d'une insalubrité dénoncée par leshygiénistes. Selon les idées de l'époque, l'étroitesse des rues et la hauteur des maisons empêchent la circulation de l'air et la dispersion des « miasmes » porteurs de maladies et de mort[3]. Les classes riches tendent de plus en plus à quitter ces quartiers pour s'installer au large dans les faubourgs du nord et de l'ouest. C'est à ce processus de paupérisation du centre, avec la dangerosité politique qui l'accompagne, que, fondamentalement, les grands travaux duXIXe siècle vont s'attaquer.
En1607, le roiHenri IV fait ouvrir une nouvelle voie qui doit relier laSeine et l’enceinte de Philippe Auguste, dans les jardins ducouvent des Grands-Augustins[4].
Au cours duXVIIe siècle, les avenues plantées construites par le pouvoir royal à la périphérie de la ville peuvent difficilement être qualifiées d'urbaines. La seule véritable percée est larue du Roule ouverte en 1689 et qui relie le pont Neuf aux Halles[5].
Aussi, au début duXVIIIe siècle, la percée du centre de Paris est-elle présentée comme une nécessité par les autorités : l'aménagement des quais de la Seine et la destruction desmaisons sur les ponts, dans les années 1780, obéissent à ce souci à la fois de circulation, d'hygiène et de contrôle de l'espace[6].
Sous laRévolution française, la « Commission des artistes » réalise unplan dessiné sur différents supports par une commission d’artistes constituée en 1793. Sa mission est de concevoir d’importants aménagements sur les terrains des « biens nationaux » hérités des biens de la noblesse et du clergé[7].
NapoléonIer amorce une rue monumentale le long dujardin des Tuileries et du Louvre[8]. En 1807 commence l'édification des premières arcades de larue de Rivoli, dont le prolongement jusqu'à l'Hôtel-de-Ville sera largement entamé sous laSeconde République et achevé au tout début duSecond Empire. Cet axe, qui emporta de nombreuses maisons, sera plus efficace sur le plan de la circulation que celui du plan des Artistes. Il se sert aussi d'un outil juridique ancien : laservitude d'alignement par laquelle les propriétaires ne peuvent reconstruire leurs immeubles tombant en ruine qu'en reculant leur façade derrière la ligne arrêtée par l'administration. Cette disposition toutefois entraînait une très grande lenteur du processus d'élargissement des voies publiques. Toujours en 1807,l'empereur décrète le percement de larue d'Ulm, qui joint l'église Sainte-Geneviève (l'actuel Panthéon) à larue des Feuillantines, derrière l'hôpital du Val-de-Grâce. Il s'agira de la première rue ouverte par voie d'expropriation.
Au cours desannées 1830, lepréfet Rambuteau constate les embarras de la circulation et les problèmes d'hygiène qui se posent dans les vieux quartiers surpeuplés : il faut « donner aux Parisiens de l'eau, de l'air et de l'ombre[9] ». En 1836, la rue qui porte son nom est percée dans le centre de Paris, entre la rue des Francs-Bourgeois et Saint-Eustache. De plus, les insurrections populaires dont Paris est alors le théâtre inquiètent fortement le régime en place, né lui-même d'unerévolution en juillet 1830 : ainsi Rambuteau réalise au même moment une opération qui entraîna aussi beaucoup de destructions et dont l'objectif de sécurité est évident : l'isolement et l'agrandissement du périmètre de l'Hôtel-de-Ville. Mais le pouvoir de l'administration restait limité par les règles d'expropriation. La loi du s'efforça quelque peu de les adapter, mais la loi restait du côté des propriétaires, toujours largement indemnisés grâce à un jury attentif à les défendre.
Au début duSecond Empire, des dispositions réglementaires nouvelles furent introduites qui, conjointement avec la loi de 1841 sur l'expropriation pour cause d'utilité publique et un recours systématique à l'emprunt, formeraient les bases de la politique édilitaire du nouveau préfet de la Seine nommé par l'Empereur. En 1834, le réformateur social françaisVictor Considérant écrit :« Paris, c’est un immense atelier de putréfaction, où la misère, la peste et les maladies travaillent de concert, où ne pénètrent guère l’air ni le soleil. Paris, c’est un mauvais lieu où les plantes s’étiolent et périssent, où sur sept petits enfants il en meurt six dans l'année »[10]. Le plan de rue sur l'île de la Cité et dans lequartier des Arcis, entre le Louvre et l'Hôtel de Ville, avait peu changé depuis le Moyen Âge. La densité de population dans ces quartiers était extrêmement élevée par rapport au reste de Paris. Dans le quartier des Champs-Élysées, la densité de la population était estimée à5 380 habitants/km²[Information douteuse] ; dans les quartiers d'Arcis et de Saint-Avoye, dans l'actuel3e arrondissement, il y avait un habitant pour trois mètres carrés[11]. En 1840, un médecin a décrit un bâtiment dans l'île de la Cité où une chambre simple de cinq mètres carrés au quatrième étage était occupée par vingt-trois personnes, adultes et enfants[12]. Dans ces conditions, la maladie se propageait très rapidement. Deux épidémies de choléra ravagèrent la ville en 1832 et 1848. Cinq pour cent des habitants de ces deux quartiers[Lesquels ?] périrent au cours de celle de 1848[12].
Président de la République depuis 1848, le neveu de NapoléonIer devient empereur le, après le coup d'État de l'année précédente.
Napoléon III a la volonté de moderniser Paris. Ayant vécu àLondres de 1846 à 1848, il y a vu une grande capitale pourvue de grands parcs et de réseaux d'assainissements et un pays transformé par larévolution industrielle. Il reprend les idées de Rambuteau. Sensible aux questions sociales, il veut améliorer les conditions delogement des classes pauvres : en 1860, la densité moyenne de population de Paris avant son agrandissement est d'environ 36 400 personnes au kilomètre carré, tandis que dix ans plus tôt celle du quartier des Halles approchait déjà les 100 000 personnes au kilomètre carré[13], dans des conditions d'hygiène très précaires. Cependant, s'il n'est pas toujours prévu de solution pour accueillir les familles délogées par les grands travaux, qui doivent aller habiter la périphérie de la ville, Louis-Napoléon est à l'origine de la construction des 86 premierslogements sociaux deParis à lacité Rochechouart en 1851[14],[15] qu'il fait financer par le sous-comptoir du commerce et de l'industrie pour le bâtiment afin de pallier la défaillance du conseil municipal de Paris[16]. Suivant ces mêmes principes inspirés par lesphalanstères deCharles Fourier et par l'Icarie d'Étienne Cabet[17], il dessine lui-même le plan d'un ensemble de 41 pavillons destinés à l'usage des classes ouvrières situésavenue Daumesnil et qui seront présentés à l'Exposition universelle de 1867 (villa Napoléon)[18],[19]. Enfin, il s'agit pour l'autorité publique de mieux contrôler une capitale dont les soulèvements populaires ont renversé plusieurs régimes depuis 1789. Des propriétaires eux-mêmes, soucieux aussi de la mise en valeur de leurs propriétés et de leur quartier, réclament des voies larges et droites afin de faciliter les déplacements de troupes[20].

Pour mettre en œuvre ces ambitions, le nouvel empereur dispose d'un pouvoir fort, capable de passer outre toutes les résistances, ce qui manquait à ses prédécesseurs.
Il reste à Napoléon III à trouver un homme capable de diriger des opérations de grande ampleur. C'est le rôle que va remplirGeorges Eugène Haussmann, homme d'action rigoureux et organisé, qu'il nommepréfet de la Seine en avec pour mission« d'aérer, unifier et embellir la ville »[21]. Les deux hommes formeront un tandem efficace. L'empereur soutiendra le préfet contre ses adversaires jusqu'en 1870. Haussmann, quant à lui, se montrera fidèle en toute circonstance, tout en sachant faire avancer ses propres idées, comme le projet duboulevard Saint-Germain.
Une œuvre aussi considérable demande l'intervention de nombreux acteurs.Victor de Persigny, ministre de l'Intérieur, qui a présenté Haussmann à Napoléon, s'occupe des montages financiers avec l'aide desfrères Pereire.Adolphe Alphand s'occupe des parcs et des plantations avec le jardinierJean-Pierre Barillet-Deschamps. Haussmann souligne le rôle essentiel du service du Plan de Paris, dirigé par l'architecte Deschamps, qui trace les nouvelles voies et contrôle le respect des règles de construction : dans ce domaine, « la géométrie et le dessin graphique jouent un rôle plus important que l'architecture proprement dite », note Haussmann[22]. D'autres architectes participent aux travaux :Victor Baltard aux Halles,Théodore Ballu pour l'église de la Sainte-Trinité,Gabriel Davioud pour les théâtres de la place du Châtelet, le vétéranHittorff pour la gare du Nord et laplace de l'Étoile.

Influencés par lesaint-simonisme, Napoléon III et des ingénieurs comme Michel Chevalier ou des entrepreneurs comme lesfrères Pereire croient au volontarisme économique, qui peut transformer la société et résorber la pauvreté. C'est à un pouvoir fort, voire autoritaire, d'encourager lescapitalistes à lancer de grands travaux qui bénéficieront à l'ensemble de la société et en particulier aux plus pauvres. Le pivot du système économique est la banque, qui se développe considérablement. Ces principes trouvent un champ d'application idéal dans les projets de rénovation de Paris. Les travaux d'Haussmann seront donc décidés et encadrés par l'État, mis en œuvre par les entrepreneurs privés et financés par l'emprunt.
Dans un premier temps, l'État exproprie les propriétaires des terrains concernés par les plans de rénovation. Puis il détruit les immeubles et construit de nouveaux axes avec tous leurs équipements (eau, gaz, égouts). Haussmann, contrairement à Rambuteau, a recours à des emprunts massifs pour trouver l'argent nécessaire à ces opérations, soit de 50 à 80 millions de francs par an. À partir de 1858, la Caisse des travaux de Paris est l'outil privilégié du financement. L'État récupère l'argent emprunté en revendant le nouveau terrain sous forme de lots séparés à des promoteurs qui doivent construire de nouveaux immeubles en se conformant à un cahier des charges précis. Ce système permet de consacrer chaque année aux travaux une somme deux fois plus élevée que le budget municipal.
Or le système se fissure peu à peu. Les emprunts massifs de la Caisse creusent une dette qui s'élève à 1,5 milliard de francs en 1870 et contribue à discréditer les grands travaux.Jules Ferry dénoncera le trou financier dans unpamphlet paru en 1867 :Les comptes fantastiques d'Haussmann[23].

Haussmann bénéficie d'un cadre législatif et réglementaire aménagé pour faciliter les travaux et assurer l'homogénéité des nouvelles artères.
Le décret du relatif aux rues de Paris, adopté un an avant la nomination d'Haussmann, met en place les principaux outils juridiques :
Les pouvoirs publics interviennent à la fois sur l'épannelage des immeubles par la voie réglementaire, et sur l'aspect esthétique même des façades par le moyen desservitudes :
Le rôle capital joué par les architectes voyers, chargés de la gestion de lavoirie, marque l'importance prise par les ingénieurs au sein des grands corps de l'État.


Le déroulement des opérations reflète l'évolution de l'Empire : autoritaire jusqu'en 1859, plus souple à partir de 1860. On détruit 20 000 maisons pour en construire plus de 40 000 entre 1852 et 1870. Les travaux gigantesques comprennent l'arasement de buttes ou monceaux pour assurer la continuité du profil des voies ouvertes,butte de Saint-Jacques-de-la Boucherie et une partie dumonceau Saint-Gervais pour le prolongement vers l'est de la rue de Rivoli,butte des Moulins etbutte Saint-Roch pour l'avenue de l'Opéra. Ces opérations de nivellement se sont étendues largement au-delà des terrains en bordure immédiate des axes créés, entrainant la reconstruction de quartiers entiers, tel celui de l'Hôtel-de-Ville entre laplace du Châtelet et larue de Lobau[25]. Certaines de ces opérations d'urbanisme se poursuivront sous laTroisième République, après le départ d'Haussmann et de Napoléon III.
Par laloi du 16 juin 1859, Paris absorbe en janvier 1860 sesfaubourgs jusqu'aux « fortifications » qui ont été construites parThiers en 1844 (elles seront démolies à partir de 1919). Lesdouze anciens arrondissements laissent la place àvingt nouveaux arrondissements, qui ne reprendront ni le découpage, ni la numérotation des précédents.
LorsqueRambuteau avait percé une voie nouvelle importante en plein centre de la ville, les Parisiens avaient été étonnés par sa largeur : 13 mètres. Haussmann va reléguer larue Rambuteau au rang de voie secondaire avec un réseau de percées nouvelles de 20 et même 30 mètres. L'avenue Foch, quant à elle, mesure près de 120 mètres de large avec ses contre-allées monumentales. Il commencera ses travaux par la réalisation duboulevard Diderot, conséquence de l'élargissement de l'anciennerue Mazas. Le réseau des artères haussmanniennes et post-haussmanniennes constitue, aujourd'hui encore, l'ossature du tissu urbain parisien.

De 1854 à 1858, Haussmann met à profit la période la plus autoritaire du règne de Napoléon III pour réaliser ce que seule cette décennie, peut-être, pouvait faire dans toute l'histoire de Paris : transformer son centre en y perçant une croisée gigantesque.

La construction de l'axe nord-sud, duboulevard de Sébastopol auboulevard Saint-Michel, faitdisparaître de la carte de nombreuses ruelles et impasses. Il forme une grande croisée au niveau duChâtelet avec larue de Rivoli : cette dernière rue, tracée initialement par NapoléonIer le long desTuileries, est prolongée sous le Second Empire jusqu'à larue Saint-Antoine.
Pendant ce temps,Victor Baltard etFélix-Emmanuel Callet aménagent lesHalles, projet lancé parRambuteau, tandis que l'Île de la Cité est en grande partie rasée et réaménagée. Ses ponts sont reconstruits ou font l'objet de travaux importants. Larue des Halles est réalisée en 1854, afin de relier les Halles de Paris à laplace du Châtelet.
Les premiers travaux sur la rive gauche commencent dès 1854. Le percement de larue des Écoles jusqu'à larue des Fossés-Saint-Bernard, déjà projeté avant l'entrée en fonction du préfet Haussmann, permet à son achèvement une meilleure desserte du quartier latin et de ses collèges.
Haussmann complète cette grande croisée par des axes qui relient la première couronne de boulevards au centre, tels que l'avenue de l'Opéra sur la rive droite ou larue de Rennes sur la rive gauche. Il est à signaler que les travaux de l'avenue de l'Opéra ne seront entrepris pour leur majorité qu'à partir de 1876 et ne seront totalement terminés qu'en 1879. Quant à la rue de Rennes, qui devait rejoindre laSeine, elle ne sera jamais achevée.
Haussmann poursuit l'œuvre de Louis XIV. Il élargit lesgrands boulevards et construit ou planifie de nouveaux axes à grand gabarit comme leboulevard Richard-Lenoir.
Les quartiers ouest bénéficient d'une opération de prestige : douze avenues, pour la plupart construites sous le Second Empire, se rejoignent à laplace de l'Étoile. Parmi elles, l'avenue Foch, bordée de jardins, se distingue par sa largeur exceptionnelle de 120 mètres. À l'opposé de cette dernière, l'avenue de Friedland est la première partie d'un axe qui, après l'achèvement duboulevard Haussmann, joindra laplace de l'Étoile au quartier de l'Opéra.
Leboulevard Voltaire facilite le contournement du centre à partir de laplace de la Nation et l'avenue Daumesnil dégage les quartiers riverains de la gare de Lyon, tout en assurant un accès aubois de Vincennes.

Dans les dernières années de son mandat, Haussmann commence à aménager les arrondissements créés sur l'emplacement descommunes annexées en 1860. Il crée ainsi une très longue voie sinueuse qui dessert les19e,20e et12e arrondissements :rue de Puebla[27],rue des Pyrénées,avenue du Général-Michel-Bizot.
Certains des axes relient les grands boulevards deLouis XIV à ceux qui longent lemur des Fermiers généraux. Les derniers tronçons duboulevard Haussmann et la ligne droite de larue La Fayette, réalisés partiellement avant 1870, assurent une meilleure desserte desquartiers de la Chaussée-d'Antin etdu Faubourg Montmartre à partir des arrondissements extérieurs.
Sur la rive gauche, comme les « boulevards du midi », qui passent par laplace d'Italie, laplace Denfert-Rochereau etMontparnasse sont trop éloignés du centre, l'idée d'une autre traversée est-ouest s'impose. Haussmann double larue des Écoles, dessinée par Napoléon III, de son projet personnel : leboulevard Saint-Germain, qui prolonge sur la rive gauche les grands boulevards de la rive droite.
D'autres axes tels que leboulevard Malesherbes ou encore les boulevardsBarbès etOrnano, tous deux vers lagare du Nord, permettent de traverser cesarrondissements extérieurs en direction du centre.

L'interconnexion entre les grands axes de circulation — boulevards, avenues ou autres — impose la création de places à leur mesure. Laplace du Châtelet, aménagée parDavioud, est au carrefour entre les deux grands axes traversant Paris du nord au sud et de l'est à l'ouest. Les travaux d'Haussmann réaménagent d'autres grandes places déjà existantes à travers tout Paris telles laplace de l'Étoile, la place du Château-d'Eau (actuelleplace de la République) ou laplace de l'Hôtel-de-Ville. D'autres sont créées de toutes pièces comme les placesMalesherbes,de l'Alma,Pereire,de Puebla,du Prince-Eugène ou bien encorede l'Opéra.

Haussmann fait construire lagare de Lyon en 1855 parFrançois-Alexis Cendrier et lagare du Nord en 1865 parJacques Hittorff.
Il rêve d'interconnecter les gares parisiennes par des voies ferrées mais devra se contenter de faciliter leur accès en les reliant par des axes importants.
Depuis la gare de Lyon, larue de Lyon, leboulevard Richard-Lenoir et leboulevard de Magenta permettent ainsi de gagner lagare de l'Est. Deux axes parallèles,rue La Fayette etboulevard Haussmann d'une part,rue de Châteaudun etrue de Maubeuge d'autre part, joignent le quartier de lagare de l'Est et de lagare du Nord à celui de lagare Saint-Lazare. Sur la rive gauche, larue de Rennes dessert lagare Montparnasse, alors située à l'emplacement actuel de latour Montparnasse.


Napoléon III et Haussmann font construire l'Opéra, une nouvelle salle de spectacle. Cette nouvelle salle prend place à l’extrémité d’une vaste avenue qui la relie au Louvre – elle devait s’appeler « avenue Napoléon III » mais deviendra finalement l’avenue de l’Opéra[28].
L'Hôtel-Dieu, lacaserne de la Cité, qui deviendra lapréfecture de police de Paris et letribunal de commerce remplacent les quartiersmédiévaux de l'Île de la Cité. Chacun des vingtnouveaux arrondissements reçoit sa mairie.
Ils prennent soin d'inscrire ces monuments dans la ville en ménageant de vastes perspectives. Ainsi l'avenue de l'Opéra est pensée pour offrir un cadre grandiose à l'édifice de Garnier, mais ce dernier trouvait cette avenue trop étroite et dut rehausser sa façade pour lutter contre les hauteurs devenues excessives des bâtiments qui l'entouraient, tandis que les maisons qui, selon eux, empêchaient de contemplerNotre-Dame laissent la place à un grand parvis.
Dans le domaine religieux, le Second Empire voit l'avènement de l'église Saint-Eugène (aujourd'huiéglise Saint-Eugène-Sainte-Cécile), de l'église de la Sainte-Trinité, de l'église Saint-Ambroise et de l'église Saint-Augustin[29]. Cette dernière est remarquable par sa voûte très haute sans contreforts, rendue possible par l'utilisation d'une charpente métallique, et sa situation emblématique au croisement de plusieurs grands boulevards.Elle était destinée à devenir la nécropole des Napoléonides[réf. nécessaire].
La rénovation de Paris se veut globale. L'assainissement des logements implique une meilleure circulation de l'air mais aussi un meilleur approvisionnement en eau et une meilleure évacuation des déchets.

Haussmann repense l'ensemble de la chaîne hydraulique[30].
En 1852, l'eau potable vient principalement de l'Ourcq. Des machines à vapeur extraient aussi l'eau de la Seine, dont l'hygiène est déplorable. Haussmann confie à l'ingénieurBelgrand la réalisation d'un nouveau système d'alimentation en eau de la capitale, qui aboutira à la construction de 600 kilomètres d'aqueduc entre 1865 et 1900.
En 1865, un réseau de canalisations fermées permet de ramener les eaux captées dans laVanne et laDhuis vers les hauteurs de Paris[30].
Ces aqueducs déversent leur eau dans des réservoirs situés à l'intérieur de la capitale. À l'intérieur de la capitale et à côté duparc Montsouris, Belgrand érige alors le plus grand réservoir d'eau du monde pour recevoir l'eau de laVanne, leréservoir de Montsouris.
Unsecond réseau, consacré à l'eau non potable, continue à puiser l'eau de l'Ourcq et de la Seine, utilisée pour le nettoyage de la voirie et l'arrosage des espaces verts.
L'évacuation des eaux usées et des déchets va de pair avec l'adduction d'eau potable. Ici encore, c'est le Second Empire qui donne l'impulsion décisive à la modernisation du réseau deségouts de Paris. La loi de 1852 impose le raccordement des immeubles à l'égout lorsque la rue en comporte un. Les rues qui n'en ont pas vont bénéficier de l'installation d'un réseau d'égout entièrement visitable : plus de 340 kilomètres d'égouts sont construits sous la direction de Belgrand entre 1854 et 1870. Le réseau est unitaire : les eaux de pluie coulent par la même galerie que les eaux usées. Les égouts ne se déversent plus dans la Seine en plein Paris mais loin en aval, àAsnières. Pour y parvenir, unsiphon inversé installé sous lepont de l'Alma permet aux canalisations de la rive gauche de faire passer leurs eaux sur la rive droite.
Ces deux réseaux, étendus et perfectionnés au cours des époques suivantes, sont toujours en place aujourd'hui.
Napoléon III réorganise aussi la distribution du gaz dans Paris. En 1850, il confie une concession à une compagnie unique, la Compagnie parisienne du gaz[31], tout en conservant la maîtrise des prix. La consommation degaz d'éclairage, sous-produit de la transformation (polluante) dehouille encoke, et qui avait fait son apparition à Paris sous lamonarchie de Juillet, augmente de façon importante. L'industriel et chimistePayen écrit ainsi :
« En effet, tandis que dans un intervalle de quatorze années, de 1848 à 1862, la population de Paris, en y comprenant celle du territoire annexé, ne s'était guère accrue que de moitié, la consommation du gaz se trouvait quintuplée. En présence d'une semblable progression, il est temps d'aviser, car on peut prévoir que, dans un avenir peu éloigné il n'y aurait pas un seul arrondissement de Paris absolument à l'abri des émanations de ces usines[31]. »
Dans le même temps, Haussmann confie à Davioud la mise au point d'un mobilier urbain encore largement présent de nos jours sur les trottoirs et dans les jardins de la capitale.
Entre 1855 et 1875, les abonnements d'eau passent de 8 770 à 40 596[32].
Dans la même volonté d'amélioration de l'hygiène, le problème funéraire faillit être traité. Lescimetières intra-muros de Paris étaient saturés et l'inhumation au sein de la ville était toujours pratiquée, bien qu'étant interdite depuis la loi du 23 prairialan XII. En 1863, Haussmann proposa de fermer tous les cimetières intra-muros, avec transfert obligatoire des corps, et de créer une grande nécropole àMéry-sur-Oise reliée parvoie ferrée, à l'image ducimetière de Brookwood deLondres. L'opinion publique s'opposa à ce projet qui ne se concrétisa pas, bien qu'ultérieurement,Eugène Belgrand,Adolphe Alphand,Ferdinand Hérold etLéon Say aient tenté de le relancer[33].
Les espaces verts sont rares à Paris, ville qui s'est toujours développée à l'intérieur d'enceintes qui, malgré les extensions successives, finissaient par la corseter.
Séduit par les vastes parcs londoniens, Napoléon III confie à l'ingénieurAdolphe Alphand, futur directeur des Travaux sous la République, la création de plusieurs parcs et bois. Lebois de Boulogne et lebois de Vincennes bordent la ville à l'ouest et à l'est. À l'intérieur de l'enceinte de Thiers, leparc des Buttes-Chaumont et leparc Montsouris offrent des promenades aux habitants des quartiers trop éloignés des grands bois extérieurs. Leparc Monceau, ancienne propriété de la famille d'Orléans, est en partie loti et construit. Chaque quartier reçoit aussi des petitssquares (environ 80 squares pour les 80 quartiers de Paris, la volonté étant que n'importe quel habitant de Paris puisse trouver un square à moins de dix minutes de marche de son domicile[34]), tandis que des rangées d'arbres bordent certaines avenues (on estime à 80 000 le nombre d'arbres plantés dans les rues de Paris durant cette période[34]).
Louis Lazare indique que ces travaux avaient supprimé 57 rues ou passages, 2 227 maisons jetées à terre et plus de 25 000 habitants, presque tous ouvriers, contraints d'abandonner le centre de la ville étaient repoussés vers les extrémités. Ce déplacement, qui suivit la progression des travaux dans le centre de Paris, fut uneémigration forcée. La population se porta majoritairement dans les quartiers avoisinants l'ancien mur d'octroi,principalement vers lesfaubourgs du Temple,Saint-Antoine etSaint-Marceau[35], mais également en banlieue : principalement dans les communes deBelleville,Ménilmontant,Charonne,Ternes,Montrouge,Vaugirard etGrenelle.
Des artistes et des architectes (Charles Garnier) dénoncent la monotonie étouffante de cette architecture monumentale. Des hommes politiques et des écrivains mettent en cause l'étendue des spéculations et de la corruption (La Curée deZola) et certains accusent à tort Haussmann d'enrichissement personnel. De nombreuses critiques portent toutefois sur des motifs de fond et vont finir par faire chuter le préfet.

Des contemporains de Napoléon III ont accusé l'Empereur d'avoir caché sous des préoccupations sociales et hygiénistes un projet essentiellement policier : la construction de voies larges aurait eu pour objectif principal de faciliter les mouvements de troupe et l'établissement de rues droites aurait permis de tirer au canon sur une foule en émeute et ses barricades.
Mais l'ampleur même des travaux montre que les visées de Napoléon ne pouvaient pas se limiter à l'aspect sécuritaire : au-delà du percement des boulevards qui en forme la partie la plus spectaculaire, la transformation porte avant tout sur l'amélioration de la circulation ordinaire et des transports dans Paris (pour l'approvisionnement, l'évacuation des déchets, le commerce, le passage des matériaux de construction), la modernisation de l'hygiène, l'établissement de réseaux modernes en sous-sol, l'installation d'un mobilier urbain efficace en surface ainsi que la grandeur et l'harmonisation d'unearchitecture de prestige le long des rues nouvelles. Il est toutefois vrai que Napoléon est aussi soucieux d'établir un ordre strict. Haussmann n'hésite pas à expliquer que ses percements faciliteront le maintien de l'ordre pour promouvoir ses projets auprès duConseil de Paris ou des propriétaires locaux. La dimensionstratégique et sécuritaire est donc présente, mais elle ne constitue qu'un élément parmi les autres. Elle est peut-être plus importante lorsqu'il s'agit de relier les principales casernes entre elles[36].
Haussmann n'est pas chargé de la police. Son mandat correspond au contraire à un affaiblissement dupréfet de police au profit du préfet de la Seine, qui récupère des attributions telles que les problèmes liés à l'insalubrité, l'éclairage et le nettoyage des rues[37] confiées au service des promenades d'Adolphe Alphand en 1859 à l'occasion de l'annexion des communes limitrophes.

Malgré les idéaux sociaux qui sont en partie à l'origine des transformations de Paris dans l'esprit de Napoléon III, de nombreux observateurs contemporains dénoncent les effets démographiques et sociaux des opérations d'urbanisme menées par Haussmann.
Louis Lazare, auteur sous le préfet Rambuteau d'un importantdictionnaire des voies parisiennes, estime, en 1861, dans laRevue municipale que les travaux haussmanniens contribuent à faire croître démesurément la population assistée en attirant à Paris une population pauvre[38]. De fait, Haussmann lui-même a ralenti dans une certaine mesure les travaux afin d'éviter un afflux trop massif d'ouvriers à Paris.
D'autre part les critiques dénoncent, dès lesannées 1850, les effets des rénovations sur la composition sociale de Paris. D'une manière un peu schématique, on trace un portrait de l'immeuble parisien pré-haussmannien comme synthèse de la hiérarchie sociale parisienne : bourgeois au deuxième étage, fonctionnaires et employés aux troisième et quatrième, petits employés au cinquième, gens de maison, étudiants et pauvres sous les combles. Toutes les classes sociales se côtoyaient ainsi dans le même immeuble. Cette cohabitation, qui doit être nuancée selon les quartiers, a disparu en grande partie après les travaux d'Haussmann. Ceux-ci ont eu deux effets sur le plan de la répartition de l'habitat dans Paris :
| Arrondissement | 1861 | 1866 | 1872 |
|---|---|---|---|
| 1er | 89 519 | 81 665 | 74 286 |
| 6e | 95 931 | 99 115 | 90 288 |
| 17e | 75 288 | 93 193 | 101 804 |
| 20e | 70 060 | 87 844 | 92 712 |
En réponse, Haussmann met en avant la création, très complexe, dubois de Vincennes, destinée à fournir aux populations d'ouvriers une promenade comparable aubois de Boulogne. Par ailleurs, les quartiers insalubres « nettoyés » par Haussmann n'abritaient guère de bourgeois.
Ainsi s'est mise en place une forme de zonage qui domine toujours la distribution de l'habitat et des activités dans Paris et sa proche banlieue : au centre et à l'ouest les bureaux et les quartiers bourgeois, à l'est et à la périphérie les habitats les plus pauvres et les activités industrielles, ceci provenant notamment des vents d'ouest dominants qui poussaient vers l'est la pollution, due à cette époque au mode de chauffage des logements.
À la fin des années 1860, le système de financement connait des dysfonctionnements. L'annexion des communes environnantes en 1860 a coûté cher : les travaux à réaliser dans ces quartiers suburbains sont plus importants que dans le centre-ville, déjà pourvu de certains équipements. Les budgets prévus au départ sont largement insuffisants. D'autre part, l'assouplissement du régime rend plus difficiles les expropriations, la jurisprudence duConseil d'État et de laCour de cassation intervenant en faveur des propriétaires.
D'autre part les Parisiens supportent mal les travaux qui paralysent la ville depuis près de vingt ans. Les réseaux de boulevards qui encombrent les arrondissements extérieurs de travaux n'ont pas une utilité aussi évidente que le percement du boulevard de Sébastopol ou du boulevard Saint-Germain.
Jules Ferry se fait un nom à travers une série d'articles de presse regroupés sous le titreLes Comptes fantastiques d'Haussmann. Il dénonce l'ambition exagérée des derniers projets et leur financement incertain. Ces projets sont en effet financés, non par l'emprunt, mais par des bons de délégation émis par la Caisse des travaux de Paris, hors du contrôle du Parlement.
Haussmann est finalement renvoyé au début de 1870, quelques mois avant la fin du Second Empire qu'il a accompagné pendant toute sa durée. Les dettes contractées seront finalement résorbées assez rapidement sous laTroisième République.

L'haussmannisme ne se contente pas de tracer des rues et de créer des équipements. Il intervient aussi sur l'aspect esthétique des immeubles privés, avec notamment le principe de la « rue-mur » qui« consiste à former un paysage cohérent sur la rue, avec des immeubles autonomes mais architecturalement cohérents dont les proportions sont adaptées à la largeur de la voirie »[40].
Le front sur rue de l'îlot est conçu comme un ensemble architectural homogène. L'immeuble n'est pas autonome et doit construire un paysage urbain unifié avec les autres immeubles sur la percée nouvelle. Néanmoins, l'îlot haussmannien est toujours hétérogène : seules les parcelles sises sur l'emprise de la percée nouvelle sont affectées par la modernisation, et, les autres parcelles de l'îlot antérieur n'étant pas détruites, des constructions des siècles précédents y cohabitent avec les constructions neuves, et, au hasard des parcelles inconstructibles, dévoilent parfois le dos de leurs constructions sur cour au sein des nouveaux alignements.
Laréglementation et les servitudes imposées par les pouvoirs publics favorisent la mise en place d'une typologie qui mène à son terme l'évolution classique de l'immeuble parisien vers lafaçade caractéristique du Paris haussmannien, comportant six étages[41] sur les grandes avenues (moins sur les rues plus modestes) selon le décret impérial du[42] :
La façade s'organise autour de lignes horizontales fortes qui se poursuivent souvent d'un immeuble à l'autre :balcons,corniches, alignement parfait des façades sans retraits ni saillies importantes. Le modèle de la rue de Rivoli s'étend à l'ensemble des nouvelles voies parisiennes, au risque d'une uniformisation de certains quartiers. Même si Haussmann imposait des règles strictes en matière de conception et de construction, il autorisait également certaines variations pour tenir compte des quartiers et des budgets. De ce fait, les immeubles d'habitation se répartissent en trois grandes catégories, qui reflétaient le statut socio-économique de leurs occupants[44] :
Sur la façade, les progrès des techniques de sciage et de transport permettent d'utiliser la pierre de taille en « grand appareil », c'est-à-dire sous forme de gros blocs et non en simple placage[45]. Les rues produisent un effet monumental qui dispense les immeubles de recourir à la décoration : lessculptures ou moulages ne se multiplieront que vers la fin du siècle.

Les transformations haussmanniennes ont amélioré la qualité de vie dans la capitale. De grandesépidémies, notamment celles de choléra, disparaissent, (mais pas la tuberculose), la circulation est améliorée, les nouveaux immeubles sont mieux construits et plus fonctionnels que les anciens. Mais n'étant intervenu que ponctuellement sur les quartiers anciens, des zones d'insalubrité demeurent, ce qui explique la résurgence des idées hygiénistes au siècle suivant, puis la radicalité de certains des urbanistes du vingtième siècle.


Le Second Empire a tellement marqué l'histoire urbaine de Paris que tous les courants architecturaux et urbanistiques postérieurs seront forcés de s'y référer, soit pour s'y adapter, soit pour le rejeter, soit encore pour tenter d'en reprendre certains éléments.
On peut dater la fin de l'haussmannisme « pur » auxrèglements de 1882 et 1884, qui rompent avec l'uniformité de la rue classique en permettant les saillies et les premières fantaisies au niveau du toit, qui se développeront considérablement après le règlement de 1902. Toutefois, l'architecture parisienne sous laTroisième République reste encore longtemps un « post-haussmannisme », qui ne rejette que l'austérité du modèle napoléonien mais conserve les mêmes concepts d'agencement général des rues, des îlots et des immeubles.
Après laSeconde Guerre mondiale, en revanche, les nouveaux besoins de logements et l'avènement, un siècle après Napoléon III, d'un nouveau pouvoir volontariste avec la Cinquième République gaulliste ouvrent une nouvelle ère de l'urbanisme parisien. Celle-là rejette presque complètement l'héritage haussmannien au profit des idées deLe Corbusier en abandonnant l'alignement sur rue, la limitation du gabarit et la rue elle-même, abandonnée à la voiture au profit d'espaces piétons surdalles. Ce nouveau modèle est rapidement remis en cause dans lesannées 1970, qui marquent le début d'une redécouverte de l'héritage haussmannien : le retour à la rue multifonctionnelle s'accompagne d'un retour à la limitation du gabarit et, dans certains quartiers, d'une tentative de retrouver l'homogénéité architecturale des îlots du Second Empire.
L'opinion publique parisienne a aujourd'hui une vision positive de l'héritage haussmannien, au point que certaines villes de banlieue, à l'exemple d'Issy-les-Moulineaux ou dePuteaux, construisent des quartiers qui revendiquent celui-ci jusque dans leur nom (« Quartier haussmannien »). Ces quartiers sont en réalité des pastiches de l'architecture post-haussmannienne du début duXXe siècle, avec sesfenêtres arquées et sesloggias.
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