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Traité des Pyrénées

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Traité des Pyrénées
Description de cette image, également commentée ci-après
Entrevue deLouis XIV et dePhilippe IV dans l'Île des Faisans en 1659. On distingue la fille de Philippe IV, future reine de France, derrière lui.
Données clés
Type de traitéTraité de paix
Languesfrançais / espagnol
Données clés
Signé
Île des Faisans
Parties
PartiesDrapeau du royaume de France : entièrement blancRoyaume de FranceDrapeau de l'Espagne Monarchie espagnole
SignatairesMazarinLuis de Haro
RatifieursLouis XIVPhilippe IV (Espagne)

Traités de Westphalie(1648)Traité de Londres(1662)

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Letraité desPyrénées formalise une paix conclue entre la couronne d'Espagne et laFrance à l'issue de laguerre franco-espagnole, commencée en1635 dans le cadre de laguerre de Trente Ans (1618-1648), et ayant continué durant laFronde.

Il est signé le sur l'île des Faisans, au milieu du fleuve côtierBidassoa qui marque lafrontière entre les deux royaumes dans lesPyrénées-Atlantiques. Les roisLouis XIV de France etPhilippe IV d'Espagne y sont représentés par leurs Premiers ministres respectifs, lecardinalMazarin et donLuis de Haro[1].

Nom

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Le traité est dit« desPyrénées » en raison de sonarticle 42 qui, dans la versionfrançaise du traité, énonce que« lesmonts Pyrénées, qui ont anciennement divisé lesGaules desEspagnes, feront aussi dorénavant la division des deux mêmes royaumes »[2],[3],[N 1].

Contexte historique

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Allégorie deJean-Léon Gérôme.

En1648, lestraités de Westphalie concluent laguerre de Trente Ans et laguerre de Quatre-Vingts Ans, laFrance se retrouve en position de force enEurope. La dynastie desHabsbourg, qui régnait sur l'Espagne, lesPays-Bas espagnols, et une partie de l'Europe centrale, en ressort affaiblie. En1658, à labataille des Dunes entreDunkerque etNieuport enFlandre, l’Espagne est vaincue par la France, alliée à l'Angleterre deCromwell et emmenée parTurenne. À la suite de cette victoire, la Flandre, alors sous contrôle espagnol, passe aux mains des Français.Mazarin pense alors qu'il est temps de négocier et interdit à Turenne de continuer son avancée en Flandre afin de ne pas inquiéter Anglais et Hollandais[5]. Cette défaite espagnole ainsi que la volonté de modération de la France voulue par Mazarin facilitent l'ouverture de négociations[6].

Négociations

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Les négociations de paix commencent en à Madrid, menées parHugues de Lionne pour le royaume de France etLuis de Haro pour celui d'Espagne. Elles traînent en longueur car, à l'époque, les traités de paix entre deux royaumes s'accompagnent souvent de contrats de mariage entre les deux familles régnantes, en l'occurrence celui de l'infante Marie-Thérèse, fille aînée du roiPhilippe IV d'Espagne, avec soncousin doublement germain (leur père respectif ayant épousé la sœur de l'autre), le roi de FranceLouis XIV, tous deux âgés de 21 ans[7].

Afin d'obliger Philippe IV à proposer soninfante à la cour royale de France,Mazarin feint de vouloir marier le roi à sa cousineMarguerite de Savoie[8].

Au mois de, Louis XIV est accueilli en grande pompe àLyon, pour rencontrer la cour de Savoie et montrer qu'il prépare son mariage. Le plan réussit, car le l'envoyé du roi d'Espagne vient offrir la main de l'infante[9].

Le, Mazarin et de Haro signent les articles patents du traité, ses articles secrets ainsi que le contrat de mariage. Le, le roi d'Espagne ratifie l'ensemble.

Contenu

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Conséquences territoriales de la paix des Pyrénées
Traité des Pyrénées, signé par le cardinal Mazarin et Luis de Haro,.Archives nationales AE/III/45 (a).
Allégorie du traité des Pyrénées, « fruit des victoires », parGiovanni Francesco Romanelli, décor peint desappartements d'été d'Anne d'Autriche aupalais du Louvre.

Le traité des Pyrénées proprement dit se compose de 124 articles publics[10] et de huit articles secrets[10]. Il est accompagné des huit articles ducontrat de mariage duroi et de l'infante[10].

Le texte se présente comme un règlement général entre les familles régnantes desBourbons et celle desHabsbourg : annexion ou échange de divers territoires en Europe, pardon royal auprince de Condé, clause de mariage entreLouis XIV et l'infante d'EspagneMarie-Thérèse d'Autriche, etc.

Lesarticles 1 à 34 fixent les règlements administratifs, commerciaux, de guerre, etc.

Lesarticles 35 à 41 abordent le cas desPays-Bas espagnols : la France obtient lecomté d'Artois, saufAire etSaint-Omer. Elle obtient également les placesflamandes deBourbourg,Gravelines etSaint-Venant, enHainaut celles d'Avesnes, deLandrecies et duQuesnoy et auLuxembourg, celles deDamvillers,Montmédy etThionville, ainsi que les prévôtés d'Ivoy, deChavancy et deMarville[11].

En contrepartie, l'Espagne obtient la fin du soutien français au royaume duPortugal, indépendant depuis larévolte de 1640, et la renonciation des prétentions françaises aucomté de Barcelone. En effet, depuis laguerre des Faucheurs de 1641, le roi de France prétendait annexer laprincipauté de Catalogne.

Lesarticles 42 à 60 traitent des territoires desPyrénées : ils ont fait l'objet de laconférence de Céret du au, aucouvent des Capucins de Céret[12]. Au nord des Pyrénées, la France annexe lecomté de Roussillon, les pays deVallespir, deConflent et deCapcir et lesbourgs et villages de l'est ducomté de Cerdagne[13].

Le célèbrearticle 42 prévoit que« les monts Pyrénées qui avaient anciennement divisé les Gaules des Espagnes seront aussi dorénavant la division des deux mêmes royaumes ». Il est souvent dit que ce texte délimite avec précision l'espace territorial des deux puissances. Mais la formulation réelle du traité est très vague et ambivalente. Le texte indique :« la crête des montagnes qui forment les versants des eaux ». Le tracé de la frontière n'est par la suite pas matérialisé sur le terrain, et le texte ne supprime aucunement les droits de « lies et passeries » qui permettent aux communautés paysannes de jouir de coutumes de pacage (pâturage pour le bétail) sur les terres du pays voisin, de l'autre côté de la frontière.

Une convention entre les commissaires de France et d'Espagne, en exécution du quarante-deuxième article du traité des Pyrénées, touchant les33 villages du comté de Cerdagne qui doivent demeurer au roi de France, est conclue àLlivia le. Deux siècles plus tard, sous leSecond Empire, le traité est clarifié (traités de Bayonne) et la frontière terrestre est marquée par602 bornes sur le terrain.

Carte de la partition de laCatalogne par le traité des Pyrénées.

L'article 61 concerne la renonciation par le roi d'Espagne, à qui l'empereur avait promis l'Alsace, à toute revendication des territoires alsaciens annexés par la France en vertu dutraité de Münster, en échange du paiement par le roi de France des indemnités qu'en vertu dudit traité il doit à l'archiduc d'Autriche, ancien souverain de ces territoires[14].

Lesarticles 62 à 78 traitent des duchésde Lorraine etde Bar :Le duc de Lorraine et de Bar,Charles IV, récupère une bonne partie de ses possessions, sauf leduché de Bar. Il retrouve ce territoire au moyen d'une nouvelle négociation avec la France qui se conclut par letraité de Vincennes en, peu avant la mort deMazarin.

Lesarticles 79 à 88 concernent leprince de Condé.

Lesarticles 89 à 105 abordent le cas de l'Italie et d'autres intérêts.

Lesarticles 105 à 124 fixent les dispositions finales. Néanmoins, certains articles restent secrets : une des clauses du traité est le mariage du roi de FranceLouis XIV avec l'infante d'EspagneMarie-Thérèse d'Autriche, fille aînée duroi d'Espagne et nièce de la reine-mèreAnne d'Autriche. L'infante renonce à tout droit à lacouronne d'Espagne contre le paiement d'unedot de 500 000 écus d'or, somme que l'Espagne n'était pas en mesure de payer (origine de laguerre de Dévolution entre et 1668) et qui permit à Louis XIV, plus tard, de soutenir les droits à la succession à la couronne espagnole de son petit-filsle duc d'Anjou.

Portée

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Les déessesMinerve,Vénus etJunon accueillent Louis XIV,Anne d'Autriche etPhilippe, duc d'Anjou en leur présentant la couronne d'Espagne (Claude Deruet,Allégorie du traité de paix des Pyrénées, 1659).

Le traité des Pyrénées est le dernier acte diplomatique d'importance deMazarin. Suivant lestraités de Westphalie, il donne àLouis XIV une stabilité ainsi qu'un avantage diplomatique considérable :

  • l'affaiblissement duprince de Condé ;
  • l'affaiblissement de lacouronne d'Espagne et la prépondérance de la France en Europe ;
  • ladot de 500 000 écus est un facteur très important. Soit la dot sera versée et les finances de la France se porteront mieux, soit elle ne le sera pas - ce qui sera le cas - et ce sera un élément important en faveur de Louis XIV sur le plan diplomatique ;
  • la futurereine de France renonce par là même, pour elle et sa descendance, à ses droits sur la couronne d’Espagne (origine de laguerre de Dévolution entre mai1667 et1668) et qui permettra à Louis XIV, plus tard, de soutenir les droits à la succession à la couronne espagnole ;
  • la cession de certains territoires à la France (l'Artois, leRoussillon, 33 villages deCerdagne, et plusieurs places fortes enFlandre et auLuxembourg commeThionville,Gravelines,Montmédy etPhilippeville). Leduché de Lorraine sera partagé et verra l'arrivée de casernes françaises ;
  • la frontière entre les deux royaumes délimitée par plusieurs centaines de bornes. Elle ne sera pas strictement conservée. Sous leSecond Empire, elle sera définie par les délégués français de la Commission mixte pour la délimitation de la frontière, ou lors dutraité de Bayonne conclu le.

La France est désormais la grande puissance de l'Europe, et lesBourbons prennent définitivement le dessus sur lesHabsbourg d'Espagne.

En 1660, avec la fin de laPremière guerre du Nord, l'Europe est quasiment en état de paix, excepté entre l'Espagne et le Portugal, entraînés dans un conflit qui s'achèvera par labataille de Montes Claros, le. Les hostilités entre les royaumes de France et d'Espagne ne reprendront qu'avec laguerre de Dévolution, déclenchée en 1667.

Notes et références

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Notes

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  1. L'article 42 de la versionespagnole du traité énonce que« los montes Pirineos, que comünmente han sido siempre tenidos por division de las Espanas y de las Galias, sean de aquí delante también la division de los mismos reynos »[3], c'est-à-dire que« les monts Pyrénées, qui communément ont toujours été tenus pour la division des Espagnes et des Gaules, seront aussi désormais la division des deux mêmes royaumes »[4].

Références

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  1. Texte complet du traité, transcription des Archives Nationales de France, p. 168-179 : noms des signataires et pouvoir respectif donné en leur nom par le roi de France et d'Espagne
  2. Leveau et Palet Martinez 2010,§ 11.
  3. a etbPoujade 2002,§ 47.
  4. Poujade 2002,§ 47,n. 62.
  5. Lucien Bély 2013,p. 200
  6. Lucien Bély 2013,p. 201
  7. Marie-Thérèse d’Autriche (1638-1683) née le à l'Escurial etLouis XIV né le auchâteau Neuf deSaint-Germain-en-Laye. Le mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse a lieu le.
  8. Jean-Philippe Cénat,Louis XIV,Éditions Eyrolles,, 168 p.(ISBN 978-2-212-55325-3),p. 40
  9. Lucie Galactéros-De Boissier,Décor intérieur de l’Hôtel de Ville de Lyon au XVIIe siècle, Imprimerie Nationale,(ISBN 2 7433 0294 1),p. 37
  10. ab etcAlbésa 2008,p. 60.
  11. Charles Barberet,Précis de géographie historique universelle, Charles-François Delamarche,(lire en ligne)
  12. LouisAlbesa,Le traité des Pyrénées : 1659-2009350e anniversaire de la Paix des Pyrénées, Oloron-Sainte-Marie, Monhélios,coll. « À la (re)découverte »,, 141 p.(ISBN 978-2-914709-73-6),p. 44 à 46
  13. La liste de ces villages a été fixée dans letraité de Llívia (1660). Lors des rudes tractations menées pour définir les limites méridionales précises du nouveau royaume de France,Mazarin s’étonne de ne point trouver le nom deLlívia dans la liste des33 villages du comté de Cerdagne concédés à la France. DonLuis de Haro lui rappelle l’antique statut demunicipe, donc de ville et non de village. La localité deLlívia fut donc reconnue comme une ville et ne fut pas annexée, elle est encore aujourd'hui une enclave espagnole en territoire français : sur le terrain, une « route neutre » (sans contrôle douanier) de 4 km relie Llívia au territoire espagnol et àPuigcerda.
  14. « Traité des Pyrénées - Articles 61 à 70 - Wikisource », surfr.wikisource.org(consulté le)

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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