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1204–1790
| Statut | Province duroyaume de France |
|---|---|
| Capitale | Tours |
| Langue(s) | Français,francien |
| Religion | Catholicisme |
| 1204 | Reconquête parPhilippe-Auguste. Rattachement audomaine royal. |
|---|---|
| 1312 | La Touraine devient un duché. |
| 1790 | Suppression de la province de la Touraine. |
| (1er)VIe siècle | Leudaste |
|---|---|
| (Der) 1199-1204 | Jean Sans Terre |
| (1er) 1346-1375 | Philippe d'Orléans |
|---|---|
| (Der) 1576-1584 | François de France |
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LaTouraine est une des anciennesprovinces de France, située à l'ouest duterritoire continental et héritière ducomté de Tours (plus tard élevé enduché de Touraine). Le territoire a d'abord été disputé entre les maisonsde Blois etd'Anjou, puis entre les roisde France etd'Angleterre. Au terme d'une reprise capétienne séculaire, le roiPhilippe Auguste a fini par s'imposer face à la prestigieuse dynastie anglo-angevine desPlantagenêt entre 1204 et 1216. Depuis lors, toute la Touraine (et pas seulement la portion de la ville deSaint Martin de Tours) et quelques places fortes sont sous l'égide de lamaison royale de France.
La ville deTours est chef-lieu de généralité des pays tourangeaux, angevins et (céno)manceaux à la fin de l'Ancien régime. C'est pourquoi ledépartementd'Indre-et-Loire a été créé à son intention en 1790, donnant lieu à d'âpres tractations, et s'est décalé vers l'ouest, préservant toutefois l'essentiel du vieux territoire provincial.
Le département d'Indre-et-Loire a incorporé à l'ouest les riches terresangevines deBourgueil,Savigné-sur-Lathan,Gizeux etChâteau-la-Vallière (laTouraine angevine), ainsi que leRichelais, autrefois poitevin et commandé par la ville deRichelieu au sud de la vallée de laVienne, et qu'au nord un fragment de lagâtinedu Maine au-delà de la forêt deBeaumont. Par ce décalage, il a abandonné auLoir-et-Cher des terroirs aux champs ouverts au nord-est deChâteau-Renault et une partie des cours supérieurs de laLoire, de l'Amasse et duCher, en particulier le petit pays deMontrichard etPontlevoy, et surtout abandonné au département de l'Indre une partie sud-est de la cité gallo-romaine, savoir les hautes vallées de l'Indre et de l'Indrois, de laClaise avec la mythiqueBrenne tourangelle, plus importante que la berrichonne et la rive méridionale de laCreuse, également tourangelle en amont dès la forêt dela Guerche.
Traversée par laLoire et ses affluents, leCher, l'Indre et laVienne, irriguée au sud par laCreuse, la Touraine possède une longue tradition de batellerie et de flottage. Sesvignobles et ses cultures fruitières et maraîchères sont réputés depuis leBas-Empire.
Au-delà des mutations parfois radicales, la géographie de la Touraine préserve ses « pays » traditionnels qui illustrent une remarquable diversité de terroirs de part et d'autre de la Loire : les basses terres, telles lesVarennes tourangelles ou les îles de Loire, le Véron, cher àRabelais, à la confluence entre la Loire et la Vienne, laGâtine tourangelle, autrefois pays de landes et de forêts au nord de la Loire, de grandes forêts (forêts d'Amboise, de Chinon et de Loches), les plateaux, comme laChampeigne tourangelle ou les terres d'argiles à silex et defaluns deSainte-Maure, les terres marécageuses de laBrenne.
Géologiquement, la Touraine fait partie duBassin parisien.
Un parc naturel régional ne concerne qu'en partie l'ancienne province de Touraine : leParc naturel régional Loire-Anjou-Touraine, situé entreTours etAngers (enMaine-et-Loire).
La construction de la ligneTGV, qui relie Tours àParis en moins d'une heure, en a fait un lieu de résidence pour des personnes travaillant dans la capitale et en quête de qualité de vie provinciale.

La province tire son nom de la tribu desTurones ouTuroni. Son nom est mentionné sous la formeTuronia (sans date),Turoigne ouToroinne en 1155 chez l'écrivainWace. Il s'agit du radicalTuron-, du nom de la tribu celte, auquel a été ajouté le suffixe latin-ia qui sert notamment à former des noms de pays,Turonia a régulièrement abouti àTuroigne, *Turoinne. La forme actuelleTouraine est due à une altération de la forme initiale.
Lesvikings nommaient la Touraine,Túrskaland, puisTúskaland[1],[2],[3], nom formé sur la forme médiévale deTours, à savoirTors ouTurs + le suffixe vieux norrois-skr (forme courte de-iskr) servant à former des adjectifs, d'où, au génitifTurska- « Tourangeaux » +land « pays ». Plus tard, il y a euassimilation de [r] à [s], c'est-à-direTuskaland. L'assimilation en vieux norrois est fréquente dans ce cas précis, par exemple dans le nom de la ville deBurstaborg >Bustaborg[3] ou le nom de personneTosti, hypocoristique deÞórstæinn[4]. En plus d'avoir un terme désignant la Touraine, les Vikings appelaient la Loire,Leira, nom qui est encore le sien enislandais.
La Touraine est peuplée depuis lePaléolithique. La province tire son nom de la tribu desTurones ou Turoni, sans qu'il soit possible d'affirmer qu'il s'agissait du peuple autochtone héritier de la culture du Grand-Pressigny, ou s'il s'agissait d'une immigration postérieure à la fin duNéolithique d'origine rhénane. Politiquement organisés, les Turons ont comme voisins lesAndecavi occupant — au sens archéologique — l'Anjou, lesPictones ouPictavi duPoitou, les BiturigesCubi duBerry, lesCarnutes de la région deChartres etAulerci Cenomani de la région duMans. Épousant une logique d'intérêt nautique, les Turones sont proches des Andecavi et des petits peuples de la Loire. Les accords avec lesAulerques et lesBituriges, difficiles, s'imposent pour maintenir l'ancienne voie marchande de l'étain.
La Touraine est possédée par la maison d'Anjou, qui, par sa branche aînée et féminine dePlantagenêt, va cumuler les terres sous l'imperium du royaume d'Angleterre.Henri II se révèle, d'après les archives, un bienfaiteur pour la Touraine. Partout, une administration régulière et mesurée entreprend d'étendre, de consolider ou d'agrandir les levées, n'hésite pas à construire les ponts nécessaires en pierre. Le souverain protège et développe Tours. Ses enfants,Richard Cœur de Lion etJean sans Terre, vivent une époque troublée, accablée de guerres. Le dernier tue le ducArthurIer de Bretagne, allié de la France à qui devait revenir la Touraine. Victorieux sur la maison d'Anjou-Plantagenêt, le roi de France, Philippe Auguste, impose une occupation militaire au terme des conquêtes, nommant en 1204,Guillaume des Roches, seigneur de Rochecorbon, sénéchal héréditaire de Touraine. Il faut attendre letraité de Chinon, en 1214, pour que Jean sans Terre abandonne ses droits.
En 1312, la sénéchaussée héréditaire, acquise parAmaury de Craon, arrière-arrière-petit-fils de Guillaume des Roches, est cédée au roi de France. Désormais, la Touraine est devenueduché. Elle est souvent donnée en apanage à un fils de lamaison de France, par exemple en 1360 àLouisIer d'Anjou. Cette attribution n'empêche nullement la province d'attirer la cour. Après 1440, elle devient quasiment le siège de la royauté capétienne.Charles VII y réside, ce roi de Bourges est ainsi appelé par dérision d'historiens peu aptes à saisir sa puissance, ils auraient pu tout aussi bien le dénommer roi de Touraine par ses résidences, le parlement n'ayant qu'un temps bref été replié à Bourges. Le roi l'apprécie et décide la rédaction des coutumes entre 1453 et 1461. La Touraine est déjà un véritable laboratoire, tant par l'écriture administrative que par l'art de vivre et de bâtir, un modèle proposé ensuite aux autres provinces.
Louis XI aime la province. Le souverain réside dans sonchâteau de Plessis-lès-Tours. Il comble de faveur Tours et met tout en œuvre pour la doter d'équipements dispendieux. Les rois Valois continuent d'y résider. Mais après les Guerres de Religion le ressort est brisé et la cour regagne Paris, happée par le renouveau du centralisme. La Touraine prend la couleur anonyme d'une vieille province paysanne qui semble ne briller que par le passé, si l'on se désintéresse de la vie des petits pays fascinants qui la composent.
Surnommée « le jardin de la France » depuis la fin duXVe siècle, le séjour des roisPlantagenêt auXIIe siècle, puis des rois de France durant laguerre de Cent Ans et laRenaissance, la Touraine est célèbre par ses nombreux châteaux. On trouve une trace épistolaire de ce qualificatif en 1619 dans une correspondance en italien de Guy de Bentivoglio, nonce du pape en France destinée au duc de Montéléon, ambassadeur d'Espagne qui eut l'occasion de séjourner en Touraine (6).
Du Moyen Âge on peut citer quatreforteresses royales :Chinon,Langeais,Loches,Amboise, ainsi que les très nombreux châteaux et abbayes célèbres, sans compter les origines duchâteau de Tours, au total plus d'une centaine d'édifices importants élevés par la famille deFoulque III d'Anjou dit « Foulque Nerra », comte d'Anjou, dont la légende est violente et cruelle, à l'image des dominants d'après l'an mil. L'œuvre de cette maison comtale d'Anjou, dont descendent les souverains Plantagenêts d'Angleterre est incontournable pour comprendre la mise en valeur et l'architecture médiévale duXIe etXIIe de la Touraine.
Loches, Langeais, Chinon muent dans leur cadre initialement austère et deviennent de superbes résidences de la fin du quattrocento.
À la Renaissance, le climat doux, les forêts giboyeuses et les beaux paysages jardinés attirent les résidences princières et royales. Les rois Valois placent ainsi la Touraine au cœur de l'histoire de France par :
Trois villages sont membres de l'Association des Plus Beaux Villages de France :
À laRévolution française, l'organisation des intendances provinciales française disparaît avec la création desdépartements, la Touraine se répartit dorénavant sur trois départements :
La gâtine deMontrésor, constamment tourangelle, apparaît aux folkloristes lucides des années 1860-1900 en marge duBerry. La vie rurale typique de Touraine a été préservée dans les années 1930 dans le cœur de l'arrondissement deLoches, dans les contrées environnantLigueil, au sud des bas plateaux de Sainte-Maure.
La Touraine possède des spécialités culinaires reconnues telles que :
Lesainte-maure-de-touraine (fromage de chèvre AOP), lesrillettes de Tours (IGP), lesrillons, lenougat de Tours, lespoires tapées, lesmacarons de Cormery (aussi appelésnombrils de frère Jean du fait du trou au centre du biscuit), lesfouaces ou fouées tourangelles, l'andouillette au Vouvray, labeuchelle (plat à base deris etrognon de veau, champignons etcrème fraîche), lagéline de Touraine (poule), lesvins de Loire (Azay-le-Rideau,chinon,bourgueil,touraine,saint-nicolas-de-bourgueil,Montlouis-sur-Loire,Vouvray…), lespoissons de Loire, les eaux de vie (de poire ou de prunes), lessucres d'orges de Tours, la citrouille de Touraine[5], etc.

La Touraine a eu un dialecte régional le « tourangeau » (proche dupoitevin et de l'angevin) aujourd'hui comme la plupart deslangues d’oïl ce dialecte est presque totalement disparu du fait de sa proximité avec le français. Cependant la Touraine est connue pour être le berceau de la langue française avec l'Île-de-France et est souvent prise comme référence pour son absence d'accent.
« Les bons Tourangeaux sont simples comme leur vie, doux comme l’air qu’ils respirent, et forts comme le sol puissant qu’ils fertilisent. On ne voit sur leurs traits bruns ni la froide immobilité du Nord, ni la vivacité grimacière du Midi ; leur visage a, comme leur caractère, quelque chose de la candeur du vrai peuple de Saint Louis ; leurs cheveux châtains sont encore longs et arrondis autour des oreilles comme les statues de pierre de nos vieux rois ; leur langage est le plus pur français, sans lenteur, sans vitesse, sans accent ; le berceau de la langue est là, près du berceau de la monarchie[7]. »
— Alfred de Vigny,Cinq-Mars ou Une conjuration sous Louis XIII, 1826
Malgré tout, quelques mots du tourangeau ou d'ancien français subsistent encore aujourd'hui, tel que : « une arnapée » (une grosse pluie), « les drôles » ou « les drouillères », au féminin, (les enfants), etc.
La batellerie a toujours une place de premier ordre sur la Loire comme sur le cher. Les bateaux à fond plat tels que lestoues, lesfûtreaux ou encore lesgabares font partie des symboles de la Loire depuis des siècles pour le transport de marchandises, la pêche ou les loisirs. Des associations comme « Les bateliers du cher » construisent encore des bateaux traditionnels pour la navigation de plaisance.
LeTours Football Club (TFC) était le club phare de la Touraine. Il a évolué en Régional 1 lors de sa dernière saison 2024-2025. La section féminine principale était leTours Football Club Féminin, évoluant en troisième division nationale.
Du véron jusqu'à l'olive (d'origine inconnue).
Carnaval de Manthelan, plus grand carnaval de la région, créé en 1869. En effet, depuis 151 ans, les carnavaliers de Manthelan préparent de septembre jusqu’à la date du carnaval des chars géants qui défilent par la suite dans les rues du village de 1 400 âmes. Chaque année, des milliers de personnes viennent admirer le défilé de chars accompagné de nombreux groupes musicaux. Cette manifestation et l'engagement des bénévoles a valu au carnaval sa place dans le Patrimoine culturel immatériel national.
Pour développer son économie sur le plan local, la CCI de Touraine a choisi de mettre en place un dispositif nommé « Achat Touraine »[8]. À travers une plateforme dédiée en ligne, les commerçants ont la possibilité de disposer d'un véritable site de commerce en ligne, afin de leur permettre de développer leurs ventes en ligne et en magasin.
La Touraine est une importante région viticole, produisant plusieurs vins classés, tels les AOC Vouvray, Chinon, Bourgueil, Saint-Nicolas-de-Bourgueil, Montlouis-sur-Loire et bien sûr Touraine et ses déclinaisons (Touraine-Amboise, Touraine-Chenonceaux, Touraine-Azay-le-Rideau, Touraine-Noble Joué).
« La mollesse de l'air, la beauté du climat, une certaine facilité d'existence et la bonhommie des mœurs y étouffent bientôt le sentiment des arts, y rétrécissent le plus vaste cœur, y corrodent la plus tenace des volontés »
La région du Val de Loire avec ses châteaux (tels que le Château-la-Vallière,le Château des Sept Tours), ses paysages et son vignoble est une région très touristique. En 2000, l'Unesco a fait du Val de Loire un espace majeur du patrimoine de l’humanité en l’inscrivant, au titre des paysages culturels. Sur près de 250 kilomètres est en effet constitué un ensemble unique, mélange de richesses naturelles et d’interventions humaines.

La Touraine présente un important patrimoine historique grâce à sa riche histoire : la Dynastie des Rois franco-anglaisPlantagenêt,la Renaissance importée d’Italie, les échanges commerciaux tous azimuts portés par le cours de la Loire… La richesse architecturale couvre une période courant du Moyen Âge, dont la plus parfaite illustration est la présence des forteresses de Loches et de Chinon, jusqu’à l’entre deux guerres (Château de Candé àMonts, lieu du mariage du Duc de Windsor et de Wallis Simpson en 1937), en passant par le témoignage de la Renaissance que constituent leschâteaux d'Amboise,de Chenonceau,Château-Gaillard (Amboise) oud'Azay-le-Rideau.
La Loire offre des lieux aux lignes en mouvement continu, des îles et des bancs de sable aux reliefs changeants qui donnent l’impression d’un tableau en perpétuelle évolution. Sa lumière si particulière a attiré des peintres dontWilliam Turner. Les abords du fleuve ont été spécialement aménagés pour accueillir l'itinéraire « La Loire à Vélo » (section du tronçon completEuroVelo 6). Pour naviguer sur le fleuve, deux possibilités existent : bateaux-promenades (notamment des gabares) et canoë-kayak.
Par ordre chronologique.
6 - J.L. CHALMEL,Chronologie de l'Histoire de la Touraine, 1818 - CLD NORMAND 1973