Pour les articles homonymes, voirLa Tour de Nesle (homonymie).
| Type | Tournelle de l'ancienneenceinte de Paris |
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| Hauteur | Hauteur : 25 m Largeur : 10 m |
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Latour de Nesle [la tuʁ də nɛl], aujourd'hui disparue, était une destours d'angle de l'enceinte de Paris de Philippe Auguste, construite au début duXIIIe siècle. Elle était située à l'emplacement actuel du pavillon est de l'Institut de France.
Haute de 25 mètres et large de 10, la tour de Nesle possédait deux étages voûtés et deux étages plafonnés, avec au sommet, une plate-forme crénelée, à laquelle on accédait par un escalier à vis placé dans un tourillon qui lui était accolé, lui-même terminé par une seconde plate-forme, qui dépassait de beaucoup la précédente[2]. Pour plus de solidité, ces voûtes retombaient peut-être sur un pilier central.



La tour de Nesle fut construite vers 1200 sur la rive gauche de laSeine, face à latour du coin dupalais du Louvre, sur une sorte de butte inondée par le fleuve en hiver[N 1]. Elle est citée pour la première fois, dans une sentence arbitrale de 1210, sous le nom deTornella Philippi Hamelini supra Sequanam[2] soitTour de Philippe Hamelin sur la Seine[N 2],[3], du nom d’un prévôt de l’époque qui présida à sa construction.
C'était une des quatre principales tours de coin de l'enceinte de Philippe Auguste[4]. Elle terminait la clôture de la rive gauche de laSeine, côté aval, et faisait face à sa jumelle, latour du Coin, élevée au côté méridional de la porte duLouvre, sur l’autre rive du fleuve. Pour interdire le passage nocturne de bateaux, on tendait entre les deux tours de grosseschaînes supportées par des barques amarrées à de solides pieux, approximativement à l'emplacement de l’actuelpont des Arts[5]. Une imposante lanterne, suspendue à une potence, servait à éclairer le fleuve et les alentours, et constituait un des rares éclairages nocturnes de Paris jusqu'au milieu duXVe siècle[6]. Ses plateformes servaient de poste d'observation à unesentinelle qui, de là, pouvait surveiller la Seine et les abords des fortifications. Ses étages servaient vraisemblablement d'arsenal jusqu'au début duXVIe siècle[7]. SelonGustave Pessard, un souterrain reliait la tour à une maison située au 13 de larue de Nesle[8].

L'hôtel de Nesle[N 3] est acquis parPhilippe le Bel le pour 5 000 livres parisis auprès d'Amaury de Nesle,prévôt de l'Isle (abréviation de prévôt de l'Île de France), probablement le fondateur de l'hôtel, qui s'est engagé de faire ratifier l'acte par les enfants deGuyIer de Clermont de Nesle, son frère, mort maréchal de France[9]. L'hôtel de Nesle existait à la fin duXIIIe siècle car leconcierge de Nesle est mentionné parmi les contribuables dans le rôle de taille de Paris en 1292. Elle devint la propriété dePhilippe V de France qui, en 1319, en fit don à sa femmeJeanne II de Bourgogne. Cette dernière ordonna dans son testament qu'elle devrait être vendue pour financer la fondation ducollège de Bourgogne (1330). L'hôtel de Nesle a été acheté en 1330 parPhilippe de Valois et l'a donné à sa femme, une autreJeanne de Bourgogne, en 1332.Jean II en a fait sa demeure en 1350. Il y a fait trancher la tête àRaoul, comte d'Eu,connétable de France.Charles, régent pendant l'emprisonnement de son père à Londres, donna l'hôtel àCharles le Mauvais, roi de Navarre, et à sa sœurJeanne, en 1357.
En 1380,Charles VI donna l'hôtel à son oncle, leduc de Berry[10]. Celui-ci fait construire la Grande Galerie qui se trouvait le long de l'actuellerue de Nevers, en 1381[11]. Se trouvant trop à l'étroit dans l'hôtel, il a acheté sept arpents de terre de l'autre côté des fossés, le, et y fit construire lepetit séjour de Nesle, où il a placé ses écuries, qui a été détruit pendant laguerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.
La grande galerie du duc de Berry est un jalon dans l'histoire des galeries dans les hôtels seigneuriaux et les châteaux. Dans l'étude des galeries, le plus ancien exemple semble être l'ambulatorium magnum dupalais des papes d'Avignon qui avait une cheminée en son milieu. L'usage des galeries est donné par ce qu'écritFroissart dans sesChroniques sur une réception parGaston Fébus en 1388 dans son château d'Orthez, il indique qu'après le dîner celui-ci emmena ses hôtes dans la galerie pour bavarder et se divertir. La grande galerie perpendiculaire au logis ne relie aucune pièce et n'apporte aucun logement supplémentaire[12].
Le duc de Berry l'a habité jusqu'à sa mort en 1416. Charles VI l'a alors donné à sa femme,Isabeau de Bavière, qui a surtout séjourné à l'hôtel Saint-Paul jusqu'à sa mort en 1435.Charles VII, par lettres patentes du, en fit don au duc de BretagneFrançoisIer, mais le duc n'ayant pas d'héritier mâle, elle revint à la couronne en 1450. L'hôtel est donné parLouis XI àCharles le Téméraire qui y a demeuré. Après sa mort, en 1477, l'hôtel est réuni à la Couronne.FrançoisIer eu d'abord l'idée d'y installer un collège pour les lettres grecques, mais finalement, en 1523, il y installa le bailli de Paris pour un jugement des causes connues par le prévôt comme conservateur des privilèges de l'Université. Cette charge ayant été supprimée en 1526, l'hôtel resta inoccupé. En 1552,Henri II décida de vendre la propriété en plusieurs lots. Mais cette vente n'a pas été exécutée carCharles IX renouvela les lettres patentes d'aliénation en 1570.
L'hôtel de Nevers a été construit sur l'hôtel de Nesle, en 1582, en conservant la grande galerie du duc de Berry, comme en témoigne un dessin deClaude Chastillon exécuté avant 1616[13].
En 1571, unelettre patente enjoignit au propriétaire de la tour, leduc de Nevers de s’en départir en faveur de la ville de Paris[14].
À cette date, la ville loua à Balthasar Bordier, marchand,« La tour dite de Nesle, chambre, cellier, jardin, terrasse et autres petits édifices joignant ladite tour, pour neuf ans, moyennant trentelivres tournois par année. ». Une autre description, faite 31 ans plus tard, était fort différente : dans un bail de neuf ans, passé en avec Jacques Brocart, elle est décrite ainsi :« La tour de Nesle, consistant, au bas d'icelle, en une fosse ou prison, inutile à cause des eaux, une autre prison au-dessus, garnie de grille de fer, deux chambres au-dessus, une vis[N 4], une allée haute sur le mur. ». Il semble, qu’à cette époque, le rez-de-chaussée de la tour servait à abriter des filets de pêcheurs, et les étages supérieurs étaient occupés par des blanchisseuses qui étendaient leur linge sur de longues perches plantées horizontalement dans la vieille muraille, à proximité des fenêtres. En 1613, elle servit à tirer un feu d’artifice destiné à divertir le jeuneLouis XIII âgé de 12 ans[7] et, en 1660, sa plate-forme servit de support à une girandole[N 5] tirée à l'occasion du mariage deLouis XIV avecMarie-Thérèse d'Autriche.
La démolition de la tour de Nesle, envisagée dès 1659, ne fut effective qu’en 1663 ou 1665 pour permettre la construction de labibliothèque Mazarine et ducollège des Quatre-Nations[15].
La tour a été auXIVe siècle le lieu de rencontre des trois belles-filles dePhilippe le Bel et des amants de deux d'entre elles. Cet épisode est illustré notamment dans la saga historique — et romancée —Les Rois maudits deMaurice Druon.
À cet épisode historique s'est ajoutée, auXVe siècle, une légende selon laquelle une reine de France aurait fait de cette tour un lieu de débauche, à l'issue desquelles elle assassinait ses amants et les jetait à la Seine.François Villon y fait référence dans laBallade des dames du temps jadis, faisant improprement deBuridan une victime.
La réputation de la tour était telle qu'en 1846 ou 47, le nom deTour de Nesle fut donné à un bouge[16] infâme de larue du Pot-de-Fer où des repris de justice entraînaient des jeunes filles des quartiers voisins[7].
La Tour est représentée dans le tableau d'Antoine Caron,La Sibylle de Tibur (v. 1575-1580, Louvre)[17].
Les supposés meurtres et orgies perpétrés dans la Tour ont inspiré de nombreux auteurs :
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