Sadossière dispose de quatre plaques latérales, la paire antérieure est non contiguë à la plaque précentrale. Leplastron est constitué de quatre paires de plaques infra-marginales. Contrairement àEretmochelys imbricata (tortue imbriquée) et àCaretta, elle n'a qu'une seule griffe sur chaque nageoire. Celle-ci est très développée chez les mâles.
La dossière est brun olive, les plaques brillantes avec des taches radiaires jaunes, vertes et noires, le plastron est jaune pâle, crème ou blanchâtre.
La tortue verte est la seule tortue de mer à sortir de l'eau pour prendre des bains de soleil[3]. C’est aussi la plus rapide des tortues marines : elle peut atteindre une vitesse de près de35km/h[4].
La maturité sexuelle peut être atteinte entre 8 et 15 ans.
Jusqu'au stade juvénilebenthique, sûrement pour s'assurer une croissance la plus rapide possible, cette tortue est essentiellement zoophage, elle consomme des petits invertébrés et des œufs de poissons. Puis, elle broute presque exclusivement des plantes, desherbiers marins sur les fonds jusqu'à 30 m de profondeur. Ce régime alimentaire est supposé donner une couleur verdâtre à sa chair. Leur régime alimentaire majoritairement phytophage distingue les individus de cette espèce, en danger d'extinction, des autres tortues marines. Mais elles peuvent aussi manger quelquesmollusques, deséponges, petites crevettes et des méduses.
Quand elle a atteint sa maturité sexuelle, la femelle vient pondre tous les 3 à 6 ans sur la plage où elle est née (ou du secteur) puis elle retourne dans l'océan. Elle s'accouple près des plages et les femelles vont y pondre jusqu'à six fois, ce qui lui prendra environ un mois et demi. Elle commence par s'assurer de la sécurité de la plage depuis le bord de l'eau. Elle ne devra pas être bordée de végétation, ni trop large, ni trop étroite.
Une fois arrivée assez haut sur la plage, elle commence par creuser sa cavité corporelle, un trou d'une fois à une fois et demie son épaisseur, cette première phase dure environ vingt minutes. Puis elle creuse le puits de ponte avec ses pattes arrière, cette seconde partie du trou est peu large et profonde d'environ 70 cm, cette dernière phase dure vingt minutes à peu près.
Enfin, elle pond une centaine d'œufs (de 20 à 250), mous, de la taille d'une balle de golf soit de 5 à 6 g. Elle rebouche son trou après environ vingt minutes de ponte. Puis elle avance sur à peu près trois mètres dans n'importe quelle direction en jetant du sable derrière elle si bien qu'il est impossible de savoir où elle a pondu. Les trous restants sur la plage ne sont qu'un leurre. Elle retourne à la mer environ une heure et demie après avoir pondu. La durée d’incubation est de 45 à 70 jours suivant la température.
Répartition des lieux de pontes de la tortue verte Fond bleu : présence de tortues vertes Point rouge : lieux de pontes principaux Point jaune : lieux de pontes secondaires
La Tortue verte est unetortue marine présente dans les eaux tropicales et tempérées de tous les océans, mais plus ou moins rare selon les régions. Elle préfère les eaux peu profondes et riches enzostères sans pour autant s'y circonscrire. Les adultes parcourent de très longues distances entre les herbiers et la zone de nidification. Contrairement aux autres tortues marines, les Tortues vertes peuvent prendre lesoleil sur les plages[6] comme d'autres reptiles marins.
La tortue verte est capable de s’orienter grâce au champ magnétique terrestre. Dès la naissance, elle mémoriserait certaines caractéristiques magnétiques de son lieu d’origine.
Cette capacité lui permet, après plusieurs décennies passées en mer et après avoir parcouru des milliers de kilomètres, de revenir pondre sur la même plage que celle où elle est née. Ce phénomène est connu sous le nom de navigation magnétique et joue un rôle essentiel dans les migrations des tortues marines.
La prédation animale agit surtout lors de l'éclosion des œufs car l'espèce est menacée par lescrabes,oiseaux etmammifères s'aventurant sur les plages. Mais, les œufs sont aussi directement menacés par lesinsectes. Une fois arrivées à l'eau, les jeunes tortues vertes ne sont pas encore en sécurité, elles deviennent les proies descéphalopodes (poulpes,calmars) et grospoissons.
Une fois le stade juvénile benthique atteint, ses prédateurs deviennent lesrequins et lescrocodiles marins au large de l'Australie mais surtout les hommes qui la pêchent, quelquefois par inadvertance mais surtout pour sa chair. La pollution est une menace certaine et la multiplication des maladies tel que lafibropapillomatose semble en témoigner[7]. Enfin la prédation sur les œufs reste très importante malgré certaines précautions prises par les autorités locales. Les autres menaces principales pesant sur cette espèce sont laprise accessoire (suffocation dans les filets de pêche) et l'étouffement par ingestion de plastique (confondu avec des méduses, proies communes des tortues vertes).
tortue verte pondant sur une plage de l'île Europa
Par exemple, sur les îlesTromelin etEuropa, situées respectivement à 600 km et 1 800 km deLa Réunion, lieux de ponte privilégiés par la tortue verte, on estime qu'un million de tortues naissent chaque année mais que leur taux de survie serait au bout de quelques jours inférieur à 1 % car elles sont dévorées par les oiseaux, les poissons carnassiers[8], etc. À cause du réchauffement climatique et de la pollution plastique, seul un œuf éclot sur 1 000 a une chance de devenir une tortue adulte[9].
La taxonomie de cette tortue a suivi l'évolution des connaissances sur la phylogénétique des tortues, qui a défini petit à petit des taxons plus précis. Cette espèce s'est donc retrouvée, tour à tour, classée dans lesTestudo par Linné 1758, puisChelonia. En1868, Bocourt décrit une autre tortue, la tortue franche duPacifique ou tortue noire qu'il nommeChelonia agassizi. Ces deux populations, bien que morphologiquement légèrement différentes, font partie de la même espèce.
Les principaux groupes évolutifs relatifs sont décrites ci-dessous par phylogénie[10] selon Hirayama, 1997, 1998, Lapparent de Broin, 2000, and Parham, 2005 :
infra-ordre Procoelocryptodira
super-familleChelonioideaOppel, 1811 c’est-à-dire les tortues marines à carapace
Restes d'une scène de braconnage, àMayotte.Tortue verte proposée à la vente sur un marché aux poissons auGhana.Les tortues sont des espèces charismatiques, ce qui entraîne parfois des interactions non désirées de leur part.
Longtemps (et parfois encore) pourchassée pour la consommation de sa chair, pour la consommation de ses œufs (parfois même réputés aphrodisiaques[11]) ou pour l'utilisation de sa carapace, qui permet de fabriquer des objets enécaille de tortue (même si cette industrie concerne plutôt latortue imbriquée), la tortue verte est aujourd'hui le plus souvent protégée. L'espèce est également utilisée pour la préparation de sous-produits tels que l'huile, les cartilages (calipee) et le cuir. En outre comme les autres tortues marines, elle est menacée par la pêche et la pollution.
Sur l'île française de Mayotte, le braconnage de tortues vertes est quasiment industriel : on retrouve chaque année plus de 400 tortues dépecées sur les plages où elles viennent pondre, alimentant un important marché clandestin[12].
Plusieurs pays ont adopté des mesures allant de la protection partielle à la protection totale des œufs et des femelles adultes.
L'île dela Réunion abrite notamment le centreKélonia, à la fois aquarium, musée, et centre de recherche, d’intervention et de soins consacré aux tortues marines[15].
unPlan de Restauration des Tortues Marines deGuadeloupe ;
unPlan de Restauration des Tortues Marines deMartinique ;
un projet de programme de coopération internationale à développer à échelle géographique plus large, voire planétaire afin de mieux prendre en compte lesmétapopulations et ladiversité génétique des espèces.
Linnaeus, 1758 :Systema naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, ed. 10 (texte intégral).