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Tortue verte

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Chelonia mydas · Tortue verte, Tortue franche

Chelonia mydas
Description de cette image, également commentée ci-après
Tortue verte ou Tortue franche
Classification TFTSG
RègneAnimalia
EmbranchementChordata
ClasseReptilia
Sous-classeChelonii
OrdreTestudines
Sous-ordreCryptodira
Super-familleChelonioidea
FamilleCheloniidae
Sous-familleCheloniinae

Genre

Chelonia
Brongniart,1800

Espèce

Chelonia mydas
(Linnaeus,1758)

Statut de conservationUICN

(LC)(LC)
LCA2bd :Préoccupation mineure

StatutCITES

Sur l'annexe I de la CITESAnnexe I, Rév. du 06/06/1981

Chelonia mydas, unique représentant dugenreChelonia, est uneespèce detortues marines de lafamille desCheloniidae[1]. Enfrançais, elle est appeléetortue verte,tortue franche, chélonée marine, chélonée franche, cochon de mer[2].

Description

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Cettetortue marine est la plus grande desCheloniidae. Lacarapace mesure en moyenne 115 cm et l'animal pèse entre 80 et 130 kg. Certains spécimens peuvent atteindre un poids de 300 kg pour une longueur de carapace de 1,5 m. Sa carapace ovale est aplatie pour une meilleure hydrodynamique, et sa largeur est d'environ 88 % de sa longueur. Sa tête est petite et représente environ 20 % de la longueur de la carapace. Elle ne dispose que d'une seule paire d'écailles préfrontales. Le bord de sa mâchoire inférieure est grossièrement dentelé tandis que la mâchoire supérieure est munie de fortes crêtes sur la face interne.

Sadossière dispose de quatre plaques latérales, la paire antérieure est non contiguë à la plaque précentrale. Leplastron est constitué de quatre paires de plaques infra-marginales. Contrairement àEretmochelys imbricata (tortue imbriquée) et àCaretta, elle n'a qu'une seule griffe sur chaque nageoire. Celle-ci est très développée chez les mâles.

La dossière est brun olive, les plaques brillantes avec des taches radiaires jaunes, vertes et noires, le plastron est jaune pâle, crème ou blanchâtre.

La tortue verte est la seule tortue de mer à sortir de l'eau pour prendre des bains de soleil[3]. C’est aussi la plus rapide des tortues marines : elle peut atteindre une vitesse de près de35 km/h[4].

La maturité sexuelle peut être atteinte entre 8 et 15 ans.


  • Schémas d'une carapace.
    Schémas d'une carapace.
  • Chelonia mydas îles Similan, Thaïlande
    Chelonia mydasîles Similan, Thaïlande
  • Chelonia mydas
    Chelonia mydas
  • Chelonia mydas (Sabah, Malaisie)
    Chelonia mydas (Sabah, Malaisie)
  • Tortues vertes sur l'ile de Wang'an à Taiwan. Aout 2017.
    Tortues vertes sur l'ile deWang'an à Taiwan. Aout 2017.

Nourriture

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Tortue verte broutant un herbier marin

Jusqu'au stade juvénilebenthique, sûrement pour s'assurer une croissance la plus rapide possible, cette tortue est essentiellement zoophage, elle consomme des petits invertébrés et des œufs de poissons. Puis, elle broute presque exclusivement des plantes, desherbiers marins sur les fonds jusqu'à 30 m de profondeur. Ce régime alimentaire est supposé donner une couleur verdâtre à sa chair. Leur régime alimentaire majoritairement phytophage distingue les individus de cette espèce, en danger d'extinction, des autres tortues marines.
Mais elles peuvent aussi manger quelquesmollusques, deséponges, petites crevettes et des méduses.

Reproduction

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Quand elle a atteint sa maturité sexuelle, la femelle vient pondre tous les 3 à 6 ans sur la plage où elle est née (ou du secteur) puis elle retourne dans l'océan. Elle s'accouple près des plages et les femelles vont y pondre jusqu'à six fois, ce qui lui prendra environ un mois et demi. Elle commence par s'assurer de la sécurité de la plage depuis le bord de l'eau. Elle ne devra pas être bordée de végétation, ni trop large, ni trop étroite.

Une fois arrivée assez haut sur la plage, elle commence par creuser sa cavité corporelle, un trou d'une fois à une fois et demie son épaisseur, cette première phase dure environ vingt minutes. Puis elle creuse le puits de ponte avec ses pattes arrière, cette seconde partie du trou est peu large et profonde d'environ 70 cm, cette dernière phase dure vingt minutes à peu près.

Enfin, elle pond une centaine d'œufs (de 20 à 250), mous, de la taille d'une balle de golf soit de 5 à 6 g. Elle rebouche son trou après environ vingt minutes de ponte. Puis elle avance sur à peu près trois mètres dans n'importe quelle direction en jetant du sable derrière elle si bien qu'il est impossible de savoir où elle a pondu. Les trous restants sur la plage ne sont qu'un leurre. Elle retourne à la mer environ une heure et demie après avoir pondu. La durée d’incubation est de 45 à 70 jours suivant la température.

Une tortue verte adulte peut nager si nécessaire plus de 1 000 km entre sa zone de ponte et celle où elle se nourrit[5].


  • Femelle gravide gravissant une plage pour pondre.
    Femelle gravide gravissant une plage pour pondre.
  • Les « montées » laissent des traces caractéristiques dans le sable.
    Les« montées » laissent des traces caractéristiques dans le sable.
  • Tortue creusant son trou.
    Tortue creusant son trou.
  • Ponte.
    Ponte.
  • Juvénile de tortue verte.
    Juvénile de tortue verte.

Distribution et lieux de ponte

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Répartition des lieux de pontes de la tortue verte
  Fond bleu : présence de tortues vertes
  Point rouge : lieux de pontes principaux
  Point jaune : lieux de pontes secondaires

La Tortue verte est unetortue marine présente dans les eaux tropicales et tempérées de tous les océans, mais plus ou moins rare selon les régions. Elle préfère les eaux peu profondes et riches enzostères sans pour autant s'y circonscrire. Les adultes parcourent de très longues distances entre les herbiers et la zone de nidification. Contrairement aux autres tortues marines, les Tortues vertes peuvent prendre lesoleil sur les plages[6] comme d'autres reptiles marins.

Orientation et migration

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La tortue verte est capable de s’orienter grâce au champ magnétique terrestre. Dès la naissance, elle mémoriserait certaines caractéristiques magnétiques de son lieu d’origine.

Cette capacité lui permet, après plusieurs décennies passées en mer et après avoir parcouru des milliers de kilomètres, de revenir pondre sur la même plage que celle où elle est née. Ce phénomène est connu sous le nom de navigation magnétique et joue un rôle essentiel dans les migrations des tortues marines.

Prédateurs et menaces

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Comme beaucoup de gros animaux placides, la tortue verte sert souvent de véhicule auxrémoras communs.
Voir aussi :Tortue marine : Prédateurs.

La prédation animale agit surtout lors de l'éclosion des œufs car l'espèce est menacée par lescrabes,oiseaux etmammifères s'aventurant sur les plages. Mais, les œufs sont aussi directement menacés par lesinsectes. Une fois arrivées à l'eau, les jeunes tortues vertes ne sont pas encore en sécurité, elles deviennent les proies descéphalopodes (poulpes,calmars) et grospoissons.

Une fois le stade juvénile benthique atteint, ses prédateurs deviennent lesrequins et lescrocodiles marins au large de l'Australie mais surtout les hommes qui la pêchent, quelquefois par inadvertance mais surtout pour sa chair. La pollution est une menace certaine et la multiplication des maladies tel que lafibropapillomatose semble en témoigner[7]. Enfin la prédation sur les œufs reste très importante malgré certaines précautions prises par les autorités locales. Les autres menaces principales pesant sur cette espèce sont laprise accessoire (suffocation dans les filets de pêche) et l'étouffement par ingestion de plastique (confondu avec des méduses, proies communes des tortues vertes).

tortue verte pondant sur une plage de l'île Europa

Par exemple, sur les îlesTromelin etEuropa, situées respectivement à 600 km et 1 800 km deLa Réunion, lieux de ponte privilégiés par la tortue verte, on estime qu'un million de tortues naissent chaque année mais que leur taux de survie serait au bout de quelques jours inférieur à 1 % car elles sont dévorées par les oiseaux, les poissons carnassiers[8], etc. À cause du réchauffement climatique et de la pollution plastique, seul un œuf éclot sur 1 000 a une chance de devenir une tortue adulte[9].

Systématique

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Scène de ponte.
Une tortue vertealbinos àKélonia, unaquarium public deLa Réunion

Étymologie

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Leur nom de « tortue verte » leur vient de la couleur de leur graisse, légèrement verdâtre, du fait des algues qu'elles consomment.

Chelonia vient dugrecχελωνη,Chélonê, « tortue ».

Taxinomie

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La taxonomie de cette tortue a suivi l'évolution des connaissances sur la phylogénétique des tortues, qui a défini petit à petit des taxons plus précis. Cette espèce s'est donc retrouvée, tour à tour, classée dans lesTestudo par Linné 1758, puisChelonia. En1868, Bocourt décrit une autre tortue, la tortue franche duPacifique ou tortue noire qu'il nommeChelonia agassizi. Ces deux populations, bien que morphologiquement légèrement différentes, font partie de la même espèce.

Chelonia mydas admet les synonymes suivant :

  • Testudo mydasLinnaeus, 1758
  • Testudo viridisSchneider, 1783
  • Testudo japonicaSchneider, 1787
  • Testudo macropusGmelin, 1789
  • Testudo bomariiMayer, 1790
  • Testudo chloronotusBechstein, 1800
  • Testudo rugosaDaudin, 1801
  • Testudo cepedianaDaudin, 1801
  • Chelonia virgataschweigger, 1812
  • Caretta cepediiMerrem, 1820
  • Caretta esculentaMerrem, 1820
  • Caretta thunbergiiMerrem, 1820
  • Chelonia lachrymataCuvier, 1829
  • Chelonia maculosaCuvier, 1829
  • Chelonia bicarinataLesson, 1831
  • Chelonia marmorataDuméril & Bibron, 1835
  • Chelonia formosaGirard, 1858
  • Chelonia tenuisGirard, 1858
  • Chelonia albiventerNardo, 1864
  • Chelonia agassiziiBocourt, 1868
  • Chelonia lataPhilippi, 1887
  • Chelonia mydas carrinegraCaldwell, 1962

etChelonia

  • CheloneBrongniart, 1805
  • CheloniasRafinesque, 1814
  • ChelonaFleming, 1828
  • MydasCocteauin Cocteau & Bibron, 1838
  • MydaseaGervais, 1843
  • EucheloniaTschudi, 1846
  • MegemysGistel, 1848
  • EuchelysGistel, 1858

Classification phylogénétique

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Carapace deChelonia mydas
Article détaillé :Testudines (classification phylogénétique).

Les principaux groupes évolutifs relatifs sont décrites ci-dessous par phylogénie[10] selon Hirayama, 1997, 1998, Lapparent de Broin, 2000, and Parham, 2005 :

La Tortue verte et l'Homme

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Restes d'une scène de braconnage, àMayotte.
Tortue verte proposée à la vente sur un marché aux poissons auGhana.
Les tortues sont des espèces charismatiques, ce qui entraîne parfois des interactions non désirées de leur part.

Longtemps (et parfois encore) pourchassée pour la consommation de sa chair, pour la consommation de ses œufs (parfois même réputés aphrodisiaques[11]) ou pour l'utilisation de sa carapace, qui permet de fabriquer des objets enécaille de tortue (même si cette industrie concerne plutôt latortue imbriquée), la tortue verte est aujourd'hui le plus souvent protégée. L'espèce est également utilisée pour la préparation de sous-produits tels que l'huile, les cartilages (calipee) et le cuir. En outre comme les autres tortues marines, elle est menacée par la pêche et la pollution.

Sur l'île française de Mayotte, le braconnage de tortues vertes est quasiment industriel : on retrouve chaque année plus de 400 tortues dépecées sur les plages où elles viennent pondre, alimentant un important marché clandestin[12].

La consommation de tortues vertes est cependant risquée : ces animaux vivent très vieux et accumulent donc dans leur chair des années de toxines et métaux lourds non métabolisables, qui peuvent facilement rendre cette viande toxique, même après cuisson[13]. Ainsi, en novembre 2017 après qu'un pêcheur malgache a cuisiné pour son village une tortue d'1,20 m fraîchement pêchée, plus de 40 villageois sont tombés gravement malades et ont dû être hospitalisés en urgence, et 10 d'entre eux sont morts, notamment de jeunes enfants[14].

Plusieurs pays ont adopté des mesures allant de la protection partielle à la protection totale des œufs et des femelles adultes.

L'île dela Réunion abrite notamment le centreKélonia, à la fois aquarium, musée, et centre de recherche, d’intervention et de soins consacré aux tortues marines[15].

Protection

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Au niveau mondial, la tortue verte figure enListe rouge de l'UICN des espèces menacées, avec le statut« Espèce en danger d'extinction »[16]. Leur commerce est prohibé par l'Annexe I de laConvention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES)[17]. L'espèce est strictement protégée par la loi sur tout le territoire français[18].

EnFrance elle est concernée par unplan de restauration des tortues marines desAntilles françaises (plan local et régional qui concerne aussi d'autres tortues marines des Antilles Françaises (Tortue imbriquée, Tortue verte,Tortue luth,Tortue caouanne,Tortue olivâtre). Ce plan est subdivisé en :

  • unPlan de Restauration des Tortues Marines deGuadeloupe ;
  • unPlan de Restauration des Tortues Marines deMartinique ;
  • un projet de programme de coopération internationale à développer à échelle géographique plus large, voire planétaire afin de mieux prendre en compte lesmétapopulations et ladiversité génétique des espèces.

Publications originales

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Références taxonomiques et bases de données

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Liens externes

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Notes et références

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  1. TFTSG, consulté lors d'une mise à jour du lien externe.
  2. Ettôti blan outôti vé en créole[1].
  3. Collectif (trad. Michel Beauvais, Marcel Guedj, Salem Issad),Histoire naturelle [« The Natural History Book »], Flammarion,, 650 p.(ISBN 978-2-0813-7859-9), Tortue verte page 374
  4. Alain Diringer (préf. Marc Taquet),Mammifères marins et reptiles marins de l'océan Indien et du Pacifique,Éditions Orphie,, 272 p.(ISBN 979-10-298-0254-6), Tortue verte pages 170-172
  5. Marie-Paul Zierski et Philipp Röhlich,La grande encyclopédie des animaux, Terres éditions,, 320 p.(ISBN 978-2-35530-295-4), Tortue verte page 136
  6. (en)« Green Sea Turtle (Chelonia mydas) », National Geographic Society,
  7. (en)« Green turtle »,WWF
  8. Dominique Martiré et Franck Merlier,Guide des animaux des parcs animaliers, Belin,, 352 p.(ISBN 978-2-410-00922-4), Tortue verte page 237
  9. Carole Isoux, « Thaïlande: les tortues marines sont de retour à Phuket depuis le début du Covid-19 », surrfi.fr,
  10. « Chelonioinea turtles and relatives », Mikko's Phylogeny Archive(consulté le)
  11. David Graff et Javier Juste Ballesta, « Les tortues marines des îles du Golfe de Guinée »,Canopée,vol. 5,‎(lire en ligne)
  12. Ornella Lamberti (AFP), « A Mayotte, la difficile lutte contre le braconnage des tortues vertes », surSciences et Avenir,.
  13. Frédéric Ducarme, « Les tortues du lagon de Mayotte », surMayotteHebdo.com,.
  14. « Une tortue nous plonge dans l'horreur », surantsapeche.net,.
  15. « Site officiel de Kélonia ».
  16. UICN, consulté le 6 août 2021.
  17. CITES, consulté le 6 août 2021.
  18. MNHN & OFB [Ed]. 2003-présent.Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), Site web : https://inpn.mnhn.fr, consulté le 6 août 2021.

Bibliographie

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v ·m
Bon articleTortues (Testudines)
Tortues dulçaquicoles
Tortues marines
Tortues terrestres
Genres éteints
Aspects culturels
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