Pour les articles homonymes, voirToque (équitation),Toque (football) etToque (capoeira).
Ne doit pas être confondu avecToquée.

Latoque est initialement une coiffure, dont le nom d'origine espagnole apparaît auXVe siècle. Il s'agit alors d'unbonnet cylindrique à bords relevés, desoie auXVe siècle (la toque dupage) et develours noir auXVIe siècle.
Selon leTrésor de la langue française duCNRS[1], il s'agit d'un emprunt à l'espagnoltoca, désignant une coiffure d'étoffe depuis leXIe siècle, mot lui-même d'origine incertaine, peut-être orientale (cf. l'arabeطاقية taqia signifiant « chapeau »).
En France, la toque ducuisinier est encalicot blanc, presque sans bords, monumentale, verticale et plissée. Elle est inventée en1821 parMarie-Antoine Carême, lors de son séjour à Vienne au service delord Charles Stewart. Auparavant, les cuisiniers portaient un bonnet de coton[2]. Un disciple de Carême,Auguste Escoffier, choisit de créer unebrigade au sein de laquelle il se distingue en portant, non plus un bonnet de coton, mais la plus haute toque blanche pour avantager sa taille et marquer son rang, ce qui devient l'apanage duchef de cuisine désormais surnommé gros bonnet[3].
Par mesure d'hygiène, elle est maintenant constituée depapier ou deviscose, en non-tissé et jetable.
On ne la confond pas avec lecalot ou lacharlotte, protégeant aussi le travail alimentaire des cheveux.
Emblématique du métier, elle désigne la distinction des pairs et sa récompense :« Un tel chef obtient la toque d'argent[4]. »
La toque sera celle du juge[pas clair], en tissu — froncée, garnie d'une cordelière, d'un plumet ou d'un joyau, portée en panache sousNapoléon Ier, où elle connaît un regain de faveur —, puis deviendra une coiffe d'habillement courant.
La toque de l'avocat correspondait au chapeau porté par les avocats.Auparavant[Quand ?], ils portaient la toque afin de plaider et de manifester un signe d'indépendance, et les cartons de toques servaient de boite aux lettres. À la fin du XIXᵉ siècle, la toque tomba en désuétude. De nos jours, elle n'est plus portée. Le nom de « toque » est resté afin de désigner le casier dans lequel l'avocat reçoit son courrier professionnel dans les locaux de l'ordre des avocats. À chaque avocat est attribué un numéro de toque[5].