Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant lesréférences utiles à savérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ».
Latoponymie bretonne est latoponymie de laBretagne historique et se compose d'une part des toponymesbrittoniques et d'autre part des toponymes romans ou romanisés. Les appellatifs toponymiques et lesanthroponymes issus dubreton se concentrent essentiellement à l'ouest de laBretagne (Bretagne bretonnante) et les toponymes romans dans sa partie orientale et méridionale (Bretagne gallèse). La toponymie est globalement fixée à partir duXVe siècle, alors que lamicrotoponymie[Note 2] continue d'évoluer au rythme des échanges de terres, des modifications du cadastre, du développement des voies de communication (certains noms de lieux étant créés lors de la création de relais, d'auberges, de carrefours…) et des transcriptions erronées[2].
La sauvegarde dupatrimoine toponymique breton passe par la recension des toponymes et microtoponymes présents sur les cartes, documents écrits anciens ou modernes, et dans la mémoire populaire (enquête orale sur le terrain auprès des détenteurs de la mémoire locale) mais dont la signification des toponymes peut laisser apparaître quelques interprétations incertaines, par défaut de sources anciennes ou d'informations locales précises[3],[4].
La toponymie ancienne de la Bretagne est basée principalement sur deux catégories de toponymes selon leur langue d'origine :
Le toponymes romans ou romanisés, parmi lesquels on distingue
Les toponymes gaulois, c'est-à-dire indigènes et aux origines parfois très anciennes. Ils ont été créés à partir d'unelangue celtique continentale.
Les toponymes gallo-romans qui incorporent parfois des éléments de la langue vernaculaire, le gaulois, mais qui sont pour l'essentiel des créations à partir de la langue desuperstrat, lelatin vulgaire
Les toponymesbrittoniques, c'est-à-dire importés ou créés à partir d'unelangue celtique insulaire. Ils ont souvent été déformés lors de leur transcription etfrancisés à partir de l'Ancien Régime par des fonctionnaires envoyés par la capitale dans les administrations bretonnes, phénomène qui s'est accéléré à partir duXIXe siècle[5].
Note : il n'y a pas d'opposition réelle entre les deux catégories, car certains toponymes gaulois ont été bretonnisés, ce qui s'explique par la survivance probable du gaulois au moment de l'installation des Bretons originaires de l'Île de Bretagne, avant d'être francisés plus tardivement. De même, certains toponymes gallo-romans d'origine latine ont été bretonnisés (notamment dans leVannetais)
La toponymie de la Bretagne se caractérise aussi par la quasi-absence d'appellatifs germaniques, alors que l'on en trouve, certes de manière erratique, dans le Maine contigu ou encore en Anjou. En revanche, la diffusion des anthroponymes germaniques qui se sont fixés dans la toponymie, a eu lieu comme ailleurs.
Le suffixe-acum est unsuffixe formateur de toponymes typique des zones géographiques ayant connu un ancien peuplement delangue celtique.
Il remonte au celtique commun*-āko(n) (non attesté). La forme gauloise est parfois notée-acon (gallo-roman-ACU, notée en latin-acum ou-acus). La forme du brittonique devait être*-ōgo(n).
D'après des comparaisons étymologiques, c'est un suffixe d'adjectif à l'origine. L'emploi comme adjectif se vérifie aussi dans des inscriptions en langue gauloise et latine : il caractérise un sanctuaire (Anualonacu « au sanctuaire d'Anualō ») ; il définit un dieu par exemple :Mars Braciaca « dieu de la bière ? » ; il indique l'origine familiale de quelqu'un et situe des marins sur la colonne des Nautes (nautae Parisiaci « marins de chez les Parisii »). Il a donc une dimension également localisante. L'adjectif localisant devient substantivé comme dansd(e)ae Rosmertae Dubnocaratiaco « À la déesse Rosmerta de Dubnocaratiacum ». C'est cet emploi substantivé qui a donné naissance aux noms de lieux. Dans ce cas, Dubnocarati- ne peut être que le nom de personne Dubnocaratius, ce qui vérifie la thèse d'Henri d'Arbois de Jubainville sur l'origine des noms en-iacum.
Ce suffixe s'est perpétué dans les langues celtiques modernes après évolution phonétique : gallois-og, vieux breton-og (noté-oc) > breton-eug (noté-euc) >-ec / -eg, irlandais-ach.
Coligny <*Kolin-(i)āko- correspond peut-être au bretonkelennec (cf.Quelneuc), corniqueKelynek (cf. Callinick et Kelynack), galloisClynnog et Irlandaiscuilneach qui signifient « lieu planté de houx »
Normalement dans les régions delangue d'oïl,-(I)ACU a évolué phonétiquement en-ay, -é, -y, etc[Note 3], en passant par un stade-(i)ac à une époque mal déterminée.
Cette zone correspondrait à la zone de bilinguisme roman / breton. C'est le contact avec la langue bretonne qui a empêché l'évolution commune dans les dialectes d'oïl, cependant l'usage de la langue bretonne va être trop limité dans l’espace et le temps à l'est d’une ligne courant de Vannes à Saint-Malo (avec une pointe vers l’ouest au centre) pour provoquer la disparition du gallo-roman et le renouvellement complet de la toponymie[6]. En outre, dans la partie est et sud est du pays Rennais (Vitré,Fougères, etc.), où le breton n'a pas été parlé de façon traditionnelle,*-(I)ACU a généralement abouti à-é (cf. Vitré), tout comme dans le Maine ou en Anjou surtout (il n'y a aucun nom en-ac dans cette zone).
Cette zone correspondrait à la zone où l'on utilisait le breton sans parler de bilinguisme véritable, même s'il y eut certainement des îlots romans comme il y eut des îlots brittophones à l'est de Rennes. Ce n'est que plus tard que le roman s'étendit vers l'ouest. Le roman gagna vraisemblablement les portes des actuels départements des Côtes-d'Armor et du Morbihan vers leXIe – XIIe siècle, puis gagna le nord est des Côtes-d'Armor un siècle plus tard[7]. Les processus et les causes de son expansion sont mal connus. Les différentes guerres ou relations diverses favorisaient l'avancée du roman, langue plus valorisée.
De nombreux microtoponymes sont analogues à ceux que l'on rencontre uniquement en Normandie et parfois dans les départements contigus, car leur étymologie est scandinave. Ces toponymes sont concentrés sur la côte nord de la Haute Bretagne. Ils ont été décrits comme suit : la Hogue àAleth (Ille-et-Vilaine); la Hoguette àParamé (Ille-et-Vilaine); la Hoguette àRuca; le Nez àSaint-Coulomb (Ille-et-Vilaine); le Nez àParamé ((Ille-et-Vilaine); le Homme (Ille-et-Vilaine,Pleine-Fougères,Hulms 1160); le Dic àCherrueix (Ille-et-Vilaine); le Dic àPleurtuit (Ille-et-Vilaine); le Dick à Saint-Servan (Ille-et-Vilaine); le Bec-à-l'Âne, ruisseau àCherrueix (Ille-et-Vilaine); les Miels à Cancale (Ille-et-Vilaine); la Mielle àSaint-Coulomb, àParamé et àSaint-Lunaire (Ille-et-Vilaine), etc[10].
L'étymologie ultime de ces différents appellatifs toponymique est scandinave, il s'agit respectivement de :
haugr « élévation, hauteur, tas », d'où la Hogue, la Houguette. Le termehogue ouhougue est employé en Normandie avec ce sens au Moyen Âge et encore plus récemment àJersey[11]
nes « cap ». D'où le Nez, la graphie moderne étant inspirée par le françaisnez « appendice nasal »[11]
hol « cavité » ethola « trou dans la terre », d'où la Houlle, la Houle. Mot encore en usage au sens de « cavité dans les rochers » en normand, mais aussi en gallo. Ce terme est à l'origine du françaishoule (de la mer). L'étymonhola a donné le normandhoulette « terrier »[11]
díki « fossé rempli d'eau, talus, embanquement, canal », d'où le Dic, le Dick, mot resté d'usage courant en Normandie jusqu'à l'époque moderne[11]
hólmr « îlot, terrain entouré d'eau », d'où le Homme (et non pasl'homme qui désignel'orme cf. l'Homme-Mort). Mot utilisé en ancien normand sous la formehom, parfoishomme. Encore vivant à Guernesey sous la forme du diminutifhoumet « îlot, rocher, presqu'île »[11]
bekkr « ruisseau » d'où le Bec, quand ce n'est pas le mot qui désigne un bec au sens topographique[11].
L'article défini romanle,la apparaît dans les toponymes des régions delangue d'oïl autour de l'an mille, un des plus anciens exemples attestés est La Mare àSainte-Opportune-la-Mare (Eure,la Mara 1059 - 1066)[12]. Ces formations toponymiques romanes n'ont pas de rapport avec la présence des Vikings en Bretagne (tout comme dans les régions du sud de la Normandie)[Note 4], mais témoignent de l'influence du normand sur le gallo à partir de cette époque. Il va d'ailleurs contribuer à la disparition du breton dans les régions côtières situées à l'ouest du Couesnon et au nord de Rennes. Le gallo possède d'ailleurs quelques termes dialectaux d'origine scandinave, issus du normand.
Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par le livre d'Hervé Abalain,Noms de lieux bretons,Éditions Jean-Paul Gisserot,, 126 p.(lire en ligne) et d'Albert Deshayes,Dictionnaire des noms de lieux bretons, Douarnenez, Le Chasse-marée -ArMen,, 605 p.
Lestoponymes bretons sont le plus souvent composés de deux éléments : un premier élément descriptif sert à désigner un objet, le second élément détermine l'objet en question. Il peut s'agir d'un nom de personne, d'un nom commun, d'un adjectif. Par exemple :
Ti Yann (« la maison de Jean »),
Ti an Heol (« la maison du soleil, exposée au soleil »),
Ti Glas (« la maison bleue, couverte d'ardoises »).
L'écriture bretonne ayant été normalisée très récemment, celle des noms de lieu fait largement la part à la phonétique, parfois bretonne comme dans :
La répartition des toponymes brittoniques a servi à des historiens commeAurélien de Courson (1863),Joseph Loth (1907) etHenri Quilgars (1927) à établir la carte de la « bretonisation » de l'Armorique et à fixer la frontière linguistique dans la péninsule armoricaine à l'époque de l'émigration bretonne. Les recherches actuelles montrent que cette « bretonisation » se révèle« un phénomène beaucoup plus long, plus complexe et plus nuancé qu'on ne l'a souvent cru, et que l'idée d'une frontière orientale séparant la Bretagne des pays romans est une illusion. La présence bretonne, inexistante ou très faible entre Loire et Vilaine, est ailleurs inégale, avec des foyers importants dans le Léon, le Trégor, les pays de la Rance, l'ouest de la Cornouaille, des zones de plus faible influence à l'intérieur, un mélange équilibré avec des élémentsgallo-romains en d'autres endroits, comme le Vannetais, et laisse subsister des enclaves, franques de part et d'autre de Saint-Brieuc, gallo-romaines à Carentec et sur quelques points de la côte sud[13] ».
De nombreux toponymes bretons sont des témoins de la préhistoire[14] et de l'Antiquité :
Karn/carn/garn/kar/car[Note 5] : tas de pierre, monticule, cairn (Carnac,Carn,Carnoët,Pencarn,Pen-ar-Garn ouPenharn « l'extrémité du tertre »,Garn An Aod « tertre de la grève »,Garnilis « tertre de l'église »,Callac[Note 6])
Kruguel/cruguel : petit tumulus, tertre (Crugou,Crugan,Cruguel,Cruguellic,Crucuno ; les formesmutéesRuguel[Note 7] donnent les plurielsRuguello,Ruguellou et les dérivésKerruguel,Kerruc,Kerhuc,Kerrugon,Kerugou,Telgruc)
Lac'h/lec'hvaen : pierre plate,dolmen (Liaven,Liavéan,Liavine,Leaven,Kerlieven ,Kerleven ;Lelia,Lilia ouLia contraction de [lec'h lia] « l'endroit au dolmen »,Liaveur « grand Lia » ;Lec'h Bre « dolmen de la colline »,Kerlec'h,Kerlec'h,Leslec'h,Lesleac'h, les toponymes dans lesquels le motlec'h est en première position désignant généralement un lieu suivi du nom d'un résident)
Magoar/magoer/magor : muraille, ruines de l'époque gauloise ou gallo-romaine, voire postérieure, comme dans le françaisMézière[Note 8] (Magoar,Macaire,Magouaire,Magoureau, Porsmoguer,Ploumagoar,Ploumoguer)
Peulvaen/Maen : « pieu de pierre » qui désigne la stèle (le menhir) en breton, d'où les toponymes qui lui sont associés (Pelvain, Peulven, Menez Peulven « mont des stèles », Croaz Peulven « croisée des stèles », Liorzh ar peul « courtil du pieu »,ar Peulvini « les menhirs »)[15]
Run/rhun/ru/reun/rheun : colline, tertre, tumulus (diminutifsReunic,Runic,Reunigou,Runigou ; plurielsReuniou,Runiou,Runio ; Rungoat[Note 9] « tertre du bois »,Rumen « tertre de pierres »,Rumeur « grand tertre »,Run an Dol, « colline du dolmen »,Mezarun « champ de la colline »,Menez Rhun « mont de la colline »,Penareun,Pereuniou « sommet de la colline »). Les toponymeskruguel etrun font référence à des collines mais n'impliquent pas qu'il s'agisse à coup sûr de tumulus préhistoriques. Elles peuvent révéler l'étymologie d'une éminence à caractère sacralisant[16]
Beg/bec : pointe littorale de taille variable, de la simple tête de roche et au cap (Beg ar Raz :pointe du Raz ;Beg-ar-Gador : pointe de la Chaise ;Beg-Leger : embouchure duLéguer àLannion)
Enez/Inis/Eniz : île (Douarnenez « terre de l'île »,Térénez « la terre proche de l'île »[Note 10],Inis ar Gazeq « île de la jument »,Barnenez « sommet de l'île »,Enez Vriadîle de Bréhat,Gavrinis) ;inizan : îlien, insulaire, contracté en nizan
Gougoñv : grotte marine
Karreg/ garreg : rocher, récif (Le Garrec ; lieu-ditKarreg an tan àGouézec)
Kastell : château, falaise rocheuse (la pointe du Kastell sur le port deTrébeurden)
Penn : tête, bout, cap, extrémité, sommet (Penn-ar-Bed : littéralement « Bout du Monde », nom duFinistère en breton ; Pennenez « presqu'île »,Penvenez ouPen Méné « sommet de la colline »,Penmarc'h)
Gwazh/glaz/goas/voas/rouas : ruisseau (Daoulas,Goaz-al-louarn « ruisseau du renard »,Trélas « vallée du ruisseau »,An Hellas « vieux ruisseau »,Goasalan « ruisseau de la lande »)
Stank/stang : étang[Note 15] ou localement sens de barrage, lavoir, vallée plutôt encaissée et du cours d'eau qui y coule éventuellement (Le Stang et ses plurielsStankou,Stancou,Stanco ;Stank ar Goulined « vallée aux lapins »,Traon-Stang « val de l'étang »,Rostand « colline de l'étang »,Stang ar Foennec « val du pré »,Lostang « queue de l'étang »)
Stivell : source jaillissante (Goas-ar-Stivel « ruisseau de la source jaillissante »)
Treiz/treizh/trez/tres/tre/tri : passage de rivière, traversée par bac ou à gué, souvent traduit par Le Passage (Treizh ar C'hornôg « passe de l'Ouest »,Treizh ar Su « passe du Sud »,Kerantrech,Kerentréh,Keratri ouTrézéguer « village du passage »,Treissény « passage deSezni »,Costreiz « ancien passage »,Trezeloù « traverses »)
Bod/bot/bos/bou/vod/bo : touffe, buisson et par extension demeure, résidence d'une habitation importante envieux breton (Bodilis,Bodillo[Note 16],Botjaffré « demeure de Geoffroy »)[Note 17]
Govel : forge (Gouvello « forges »)
Gwasked : abri (Kervasquet « village de l'abri »)
Gwic/Gwig : bourg, issu du latinvicus (Guipavas « bourg de la vaste forêt »,Guidel)
Hent : chemin, voie (Hent koz « ancienne route »,Hent kamm « chemin tortueux »,C'hent ar linarien « le chemin des linatiers »)
Kastell : château (Castel Du « château noir » ;Kastellin, Châteaulin)
Kêr/'gêr/car et formes franciséesquer/guer[Note 18] : endroit fortifié, forteresse puis tout lieu habité (ville, village, ferme, hameau, etc.) (Kermoroc'h,Kerbors,Carfantain,Kerhel « village haut »[Note 19],Kerborgne « village du borgne »,Kerfréhour « village du marchand de fruits »,Kerlerien « village agréable »,Kergouallec « village du négligent »,Kermoran « village grand »,Kerprat « village du pré »,Kerbastar « domaine deBastard»[Note 20],Kermarec « village du chevalier »[Note 21]). Près de 18 200 noms de lieux contenant l'élément ker ont été recensés (9 250 dans le Finistère, 4 260 dans les Côtes d'Armor, 4 450 dans le Morbihan) selon le linguisteFrancis Gourvil[17].
Kleuz : fossé de retranchement (Kergleuz,Kergleuchou « village des fossés »)
Kroaz/croaz/groez/greiz/greis/creis[Note 22] : croix, croisée, croisement, milieu, centre (Le Croisic ouCroazig « la petite croix »,Kergroix ouKergroéz « village de la croix »,Creisker « centre-ville »,Kroaz-Hent « croisée des chemins »[Note 23])
Kure : vicaire (Kambr ar C'hure « maison du vicaire »,Coat ar c'hure « bois du vicaire »)
Lan(n) : ermitage, lieu sacré (Landivisiau « ermitage desaint Thivisiau »,Lamballe « ermitage de Paul »,Laurenan « ermitage deRonan »). Soixante-neuflan donnent lieu à la formation de paroisses et plusieurs centaines à des lieux-dits[18].
Leur/lor : aire, notamment aire à battre le grain (Leurangue,Loranguer)
Lez/li : lisière, bordure, ou cour (de justice), demeure d'un seigneur, d'un aristocrate villageois, lemachtiern (Lézardrieux,Lesconil,Lesneven,Leslay,Lescoat « orée d'un bois »,Lillouren « demeure de Louarn »[Note 24])
Lok/loc/log[Note 25] : lieu saint, ermitage, dépendance d'un monastère, dont beaucoup sont placés sous le vocable de saints aujourd'hui complètement oubliés ou évincés par des saints concurrents moins obscurs (Locolven « lieu dédié àGoulven »,Locminé,Locqueltas,Locmiquélic,Loctudy,Lochrist[Note 26]). Au total, les toponymistes ont recensé enBasse-Bretagne plus de 250 localités (hameaux, villages ou lieux-dits généralement dotés d'une chapelle) possédant ce préfixe, dont 17 communes du Finistère, 5 des Côtes d'Armor et 8 du Morbihan[Note 27].
Menec'h : moines (Menec'h-ty « maison des moines »[Note 28],Enizenac'h « Île-aux-Moines »,Manac'h-ti ouManati « maison du moine »,Keramanac'h « hameau du moine » ;Gouesnach littéralement « sous moine », i.e. « terre sous dépendance monastique »)
Milin/melin/meil/meilh/veil/veilh/vilin : moulin (Milin Avel « moulin à vent »,Brémelin « colline au moulin »,Traou ar Vilin « vallée du moulin »,Keravilin ouTromelin « village au moulin »,Milin ar Genkiz « moulin de la résidence », plage deKervillen àLa Trinité-sur-Mer[Note 29])
Tre/trev/tref : à l'origine habitation, puis groupe d'habitation et enfin lieu habité et cultivé, village,trève, église succursale (Trédaniel,Trégarantec,Trégastel,Treveneg « village de Gwezenneg[Note 32],Trevingard « village d'Ingard »[Note 33])
Ty/thi/thy/ti : maison (Ti Névès ouTy Névez « Maisonneuve »,Tizoul etTiplouz « maison au toit de chaume »,Ti Nod « maison du rivage »,Typri « maison de terre »,Ti Istribilh « maison sur la pente »,Ty Losquet « maison brûlée »,Ty Bras ar bourk « grande maison du bourg »,Ty Glas « maison bleue » etTy Ru « maison rouge »[Note 34],Letty ouLaety « maison du lait[Note 35] »,Klandi,Clandi ouClandy « maison de malades[Note 36] »,Tibidi « maison de prières »,Kerity « maison de charité »,Peneti « maison de pénitence, oratoire »), Pennti « pavillon ou maison sans dépendance, cottage ».
Maen/men/vaen/vain/ven/min : pierre (Ménec « endroit pierreux »,Menguen,Menven ouMinven « pierre blanche » faisant référence au quartz,maen griz « pierre grise » faisant référence au granit,Meurvaen etMen Meur « grande pierre »,Men gleuz « pierre fissurée »,Men Diaoul « pierre du diable », Toulmin ou Toulmain « trou de la pierre » qui évoque une carrière,Créménec « côte pierreuse , caillouteuse »,Rumen « tertre de pierre »)[Note 39]
Au temps dupaganisme celtique, la célébration durègne végétal a fécondé l'imaginaire populaire qui, en attribuant des pouvoirs à certaines plantes, a inspiré de nombreux lieux-dits.« En Bretagne, plus de 4 000 phytotoponymes ont été relevés, ce qui représente près d’un lieu-dit sur six[20] ».
Argoad : bocage (l'Argouët)
Askol/oskal (en vannetais) : chardon » (Plusquellec « paroisse du chardon »,Aucaleuc « chardonneraie », Kernasqueillec « hameau aux chardons »,Lannec an ascol « lande aux chardons »).
Ba(z)lan/Banal/bonnal : genêt ;balanec/balaneg : genêtière, genêtaie, lieu planté ou espace couvert de genêts (Plobannalec,Ploubazlanec,Bannalec,Balanec,Botbonnalec « touffe de genêt »,Toulbalena « trou où l'on ramasse le genêt »,HentBonaleu « chemin aux genêts »,Kerbanel ouKerbonalen « village aux genêts »)[Note 43]
Beuz/buz/beux/veuz/vuz : buis (Le Beuzit,Buzit,Bezidel,Veuzit,Vuzit,Runanveuzit « colline de la boissière »)[Note 44]
Haleg/aleg/alleg/elél/elleg/hellél/héleg/hellé/helleg/zhilig : saule (Kernalleguen,Keralec,Kerhellec,Ker(h)allec ouGuernaleg « village aux saules »,Hellégoat « bois de saules »,Helleguy « saulaie »,Parc hallec « champ de saules »)
Ivin/ivinenn/ignel/vign : if (Kerivin,Goasivinec,Kernivinen « village aux ifs »,Restivinen « lieu planté d'ifs »,Toulivinen,Yvignac,Inguiniel)
Kae : haie de clôture (Quémeur « grande haie »)
Kanabeg/ganabeg : chènevière », avec des francisations abusives en Canapé ou Canapet (Kerganapé)
Kef/kif/quif/queff : du bretonC'hef, tronc, souche (Lesquiffiou « manoir aux souches »,Kergueff « hameau de la souche »,Keff Du « souche noire »,Queff Yaouanc « jeune tronc »,Lein ar heff « sommet à la souche »,Quiffioec « lieu aux souches »)
Kelenn : houx (Pen-Quélen « bout de houx »,Quelneuc « houssaie » peut-être équivalent du gaulois*coliniaco- >Coligny)
Koad/coat/goat/koed/C'hoed/goet/gouet : bois (Coat-Losquet « bois brûlé »,Koad an Noz « bois de la nuit »,Coëtquidan)
Lann, plurielsLanno,Lano,Lannou,Lanio,Lanniou : lande d'ajoncs (Land,Laland,Lannic « petite lande »,Lanveur « grande lande »,Lanvian « petite lande »,Lanigou « petites landes »,Lanroz « lande du tertre »,Toulalan « trouée dans la lande », Landrein « lande de ronces »,Lann Justice « lande de justice »[Note 47],Lanvaux « lande du ruisseau »)
Liorzh/liors/luorzh :jardin, champ jouxtant l'habitation (Liors ar houill « jardin aux hannetons »,Liors ar hat « champ au lièvre »,Liors ar garout, « jardin du chemin à charrette »)
Maez/vaez/mez/mes,Mechoù (pluriel) : campagne,champ ouvert (Lesvaez « cour dans la campagne »,Mescalet « champ de Kaled »[Note 48],Mescam « champ bombé »,Mesdoun « champ profond »,Mesguen « champ sacré »,Mescouez,Mesgouès,Mesgouez, « champ sauvage » ou « champ non labouré »,Kervaes,Mesquer « village à la campagne » ou « faubourg »)[Note 49]
Park : champ clos par opposition àMaez (Parc-ar-Goff « champ du forgeron »)
Prad/prat,brad/brat (forme lénifiée),pradenn (singulatif) : pré, prairie (Trébrat « hameau du pré »,Penfra « bout du pré »,Prat « large pré »,Précazec « pré de la jument »)
Raden : fougères (Bod-Raden « buisson de fougères »,Radenec,Enez Raden « île de la fougère »)
Rest : « lieu de repos, asile », mais aussi « dépendance seigneuriale, demeure, ferme », ou « essart de lande, endroit nouvellement défriché » (Resto,Restermouel « demeure d'Armel »,Kerrestou)
Skav/skao/scao,Scaven (singulatif),Scavennou (pluriel) : sureaux (Squiffiec,Sco,Scoen,Poulskao « mare au sureau »,Kerscaven etKersco « village du sureau »,Botscao,Botsco,Bodsco,Boscave etBosco « buisson de sureaux » ou « demeure aux sureaux »)
Kan/karr : charrette (Toull Karr « passage de charrettes » correspondant souvent à l'entrée d'un champ,Carbont,Carpont ouCarpont « pont à charrettes »)
Kelleg : patronyme au sens de mâle (Keriellec,Kerguellec,Kergelleg)
Lost/host : bout, extremité, queue (Lostengoat,Lostanvern « bout du marais »,Lostallen « bout de l'étang »)
Louarn/lern (Hent al Louarn « chemin du renard »,Goarem Louarn « garenne du renard »,Quélern « village aux renards »)
Maer : maire au sens d'intendant du seigneur (Merdy, « maison du maire »,Hentig ar Merdi « chemin du maire »)
Neved : sanctuaire, endroit sacré
Rous : roux, teinte qui peut s'expliquer par une particularité liée à la géologie (nature ferrugineuse du terrain lui donnant cette couleur), à la flore (couleur des vieilles fougères ou des vieux ronciers), au patronyme (surnom attribué à un rouquin), etc. (Kerrous,Keranroux)
La nature, l'antéposition ou la postposition de l'adjectif ou du substantif[21] permettent parfois de donner des éléments de datation de l'habitat.
Avelek : venté (Ty-Avélec « maison exposée au vents »)
Bihan,vihan (formelénifiée) : petit (kervihan « petit village »)
Bras : grand
Cam/kam : courbe
Dalar/talar : sillon en tant que cordon de littoral outournière d'un champ (Kerdalar « maison sur le sillon », « maison du bout du champ »,Talarou « sillons sur plusieurs bords d'un champ »)
Dindan : au-dessous, sous
Don : profond (traoñ-Don « vallée profonde »)
Dreñv/dreon : derrière (Dreñv an Iliz « derrière l'église »)
Du : noir, sombre (Duault,Pouldu, Stang-Zu « étang sombre »,Brenduff « étang sombre », Kerdu « village noir », i. e. à l'ombre)
Etre : entre
Glaz/glas/c'hlas : vert (naturel) ou bleu (le paysGlazic,Kerlaz « hameau enpierres bleues »,hent-Glaz « chemin vert, abandonné ou empierré de schiste »)
Gorre : haut, partie supérieure (Gorréquer « village d'en haut »,Gorre Bloue « paroisse d'en haut »)
Gou : sous
Goueled : bas, partie inférieure ( Goulitkêr « village d'en bas »,Goueled ar Barrez « bas de la paroisse »)
Hen/han/hin : vieux, ancien (Hennebont « vieux pont »,Hengoat, « vieux bois »,Hellès,Hellez « vieille résidence seigneuriale »). Ce terme se montre à plus de 100 reprises antéposé dans la toponymie bretonne[Tanguy 1]
↑Élisabeth Ridel (op. cit. p. 47) écrit d'ailleurs à ce propos : « Malgré l'installation permanente de Vikings en Bretagne..., c'est uniquement en Normandie que l'on rencontre des toponymes d'origine scandinave bien identifiés, attestant non seulement l'implantation effective des Vikings, mais aussi l'usage de leur langue »
↑Peu répandu, le mot karn peut être confondu avec un homonyme. En effet, le bretonkarrhent ougarrhent (« chemin à charrette », « route carrossable ») apparaît parfois sous la forme évoluéekarront (Karront an Dero « chemin du chêne ») ou sous la forme contractéekarn,carn qui désigne un chemin rural (Carn ar C'hoat « chemin du bois »,Carn Ar Veil « chemin du moulin »). CfJean-Yves Eveillard,La pierre en Basse-Bretagne. Usages et représentations, Centre de recherche bretonne et celtique,,p. 13
↑Une dérivation decar semble être le termecal, relié aussi au sens de « rocheux » , et que l'on retrouve dans le toponyme Callac et le bretonkalet « dur » oukailh minerai. Il est issu comme le français caillou de l'indo-européen commun*kal. CfJean-Yves Le Moing,Noms de lieux de Bretagne, Bonneton,,p. 20
↑Précédé de l'article,krugell donne la forme mutée ar hruguel, la forme écrite étant habituellementruguel.
↑Terme issu du latinmaceria qui signifie « mur de pierres sèches », et de là « mur très ancien en ruines ». Le toponyme désigne souvent des constructions abandonnées lors desinvasions barbares et trouvées en ruines par lesBretons à leur installation en Armorique.
↑Et ses variantesRungoet,Reungoat,Rongoet,Rongouet.
↑Le vieux bretonkaer est apparenté au galloiscaer qui ne désigne que des lieux fortifiés, si bien qu'il n'atteit pas la cinquantaine dans la toponymie du Pays de Galles (exemple :Caernarfon).
↑Dérivé de Keriuhel. Iuhel est une variante présente enpays vannetais de l'adjectif uhel.
↑Exemple de nom « français » totalement « naturalisé ».
↑Plusieurs créations religieuses sont dues auTempliers.
↑« Le terme, si répandu en Bretagne, n'a marqué de façon assurée ni la toponymie du Pays de Galles ni celle de la Cornouaille anglaise ». Dans la péninsule armoricaine,« quelques toponymes de ce type ont pris une forme officielle enSaint- : Saint-Renan, en breton Locournan ; Saint-Michel-en-Grève, Lomikêl ; Saint- Mathieu, près du Conquet, Loumazé ; Saint-Ildut, en Sizun, Logullud, etc. ». CfFrancis Gourvil,Noms de famille bretons d'origine toponymique, Société archéologique du Finistère,,p. 23.
↑Menec'h-ty et ses variantes (Menec'hy,Minic'hy,Minihy) s'appliquent par extension à un lieu d'asile ou de refuge, en souvenir de la présence d'un ordre religieux).
↑Terme issu du latinplebs (« peuple »), mais qui désigne en Armorique la population chrétienne d'une paroisse (peuple de fidèles, par opposition au clergé).
↑Paroisse primitive qui est généralement suivie du nom d'un saint (Ploujean,Plounez…), d'un adjectif (Pleubian,Ploemeur…) dans 5 % des cas, d'un nom de lieu (Péaule) dans 5 % des cas, d'un nom commun (Plougastel,Ploumoguer,Plélan …) dans 15 % des cas. La formation des territoires paroissiaux est rédigée par des moines médiévaux qui ont écrit l'histoire de la Bretagne du Moyen Âge. Leurs récits légendaires, parfois tissés de faits réels, font souvent remonter cette formationaux premiers temps de la christianisation et ont recours à la légitimation religieuse en les dotant demythes de fondation selon lesquels chaque paroisse a été fondée par unsaint breton, et que toute organisation civile installée en parallèle est quasi inconnue ou inexistante (sinon dans des chartes tardives). CfJean-Yves Le Moing,Noms de lieux de Bretagne, Bonneton,,p. 91.
↑Ancien nom de personne breton formé sur la racineuueten,guethen, « combat »
↑Ingar ou Hinguer, serait un saint breton duVIe siècle qui avait une chapelle àLoguivy-Plougras. De nombreux toponymes ont comme déterminant un nom de personne ancien,« dont plusieurs sont connus comme saints patrons d'une autre paroisse ; mais il reste possible qu'un personnage laïc du même nom soit concerné, la dédicace éventuelle au saint patron étant une évolution naturelle lors de la création de la paroisse ou de la trève ». CfJean-Yves Le Moing,Noms de lieux de Bretagne, Bonneton,,p. 179.
↑Maisons couvertes respectivement d'ardoises et de tuiles.
↑Confusion possible avec le breton moderneLeti « auberge ».
↑En revanche bien que la graphie contemporaine soit d'aspect breton, Ros-sur-Couesnon et Roz-Landrieux semblent plutôt remonter, d'après les formes primitives du nom, au gallo-romanRAUS > ancien françaisros « roseau », bien qu'il ne faille pas exclure une influence du bretonroz. En effet, Roz-sur-Couesnon possède un coteau et la commune de Roz-Landrieux présente un dénivelé de 50 m.
↑La variante bélen se rencontre dans le Trégor, banal/banel en Cornouaille et bonal / bonel dans le Vannetais. CfJean-Marie Ploneis,La toponymie celtique, éditions du Félin,,p. 83.
↑Le buis est un arbuste introduit en Bretagne (pour ses qualités ornementales et debois de tournage) à l'époque de laguerre des Gaules. Ces toponymes (romanisés enBoissière,Boissay,Bessay,Bussières,Boissy, Bissay, Boixière) sont de bons indicateurs de sites archéologiques puisqu'ils apparaissent souvent à la proximité de sites gallo-romains où ils ont été plantés. Certains noms de paroisses tels queBeuzec ou Kerveuzeg sont deshagionymes.
↑Nom composé demaez et dekaled (anthroponyme et patronyme qui veut dire "dur, ferme, sévère", comme dansKerc'haled.
↑er-maez signifie « dehors ». En Bretagne, unChemin de la messe est souvent la francisation approximative d'unhent er-maez « chemin du dehors, chemin pour sortir (des bourgs) ».
↑a etb« Ainsi les Henguer, Cosquer et Kergoz bretons sont tous trois de "vieux villages", mais ce sont de vieux villages d'époques différentes. Le premier critère qui permet de le déterminer, c'est d'abord la place de l'adjectif, antéposé dans l'ancienne langue. Mais si Henguer et Cosquer appartiennent tous deux à la période ancienne, le premier est plus ancien que le second, le mot hen ayant été, en effet, supplanté par le terme koz vers leXIe siècle. En position antéposée celui-ci a pris une valeur péjorative au moins dès leXVIe siècle. En tant que tels, ces noms sont donc les témoins directs de trois périodes d'occupation : Henguer duHaut Moyen Age, Cosquer du début duBas Moyen Age et Kergoz de cette époque à nos jours ».Bernard Tanguy, « Les noms de lieux, mémoire du paysage »,Penn ar Bed,nos 148-149,,p. 47.
↑Jean-Christophe Cassard,Le siècle des Vikings en Bretagne, éditions Jean-Paul Gisserot, 1996, p. 110 (lire en ligne)[1]
↑abcde etfElisabeth Ridel,les Vikings et les mots : L'apport de l'ancien scandinave à la langue française, éditions Errance, Paris, 2009,p. 174-230-231-232-250.
↑Francis Gourvil, « Actes des colloques de la Société française d'onomastique/2 »,Témoins de la préhistoire dans la toponymie bretonne,,p. 63-71(lire en ligne).
↑Hervé Abalain,Noms de lieux bretons, éditions Jean-Paul Gisserot,,p. 38.
↑Jean-Marie Ploneis,La toponymie celtique, éditions du Félin,,p. 50.
Guy Souillet, « Dix ans de toponymie bretonne [Synthèse bibliographique de la décennie 1941-1951 ] : 1941-1951 »,Annales de Bretagne,t. 58,no 1,,p. 207-210(lire en ligne)
Jean-Yves Le Moing,Les noms de lieux de Haute-Bretagne, Coop Breizh, 1990, 480 p.
Erwan Vallerie,Traité de toponymie historique. Diazezoù studi istorel an anvioù-parrez, 1995, Le Relecq-Kerhuon, An Here, 3 vol.
Erwan Vallerie, « Le suffixe -ako, du gaulois au breton. Esquisse d’une approche matricielle »,Corona Monastica. Moines bretons de Landevennec : histoire et mémoire celtique. Mélanges offerts au père Marc Simon. Textes réunis par Louis Lemoine et Bernard Merdrignac, PUR, 2004, Rennes, p. 231-239.
Bertrand Luçon,Noms de lieux breton du Pays Nantais, Yoran Embanner, 2016, 516 p.
Michel Priziac,Les clés de la toponymie en Bretagne, 2021 , 89 p.
Albert Deshayes,Dictionnaire des noms de lieux bretons, Le ChasseMarée/Ar Men,, 1999, 605 p.
Divi Kervella,Petit guide des noms de lieux bretons, Coop Breizh, 2007, 120 p.