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Todor Jivkov naît dans le villagebulgare dePravetz, dans une famille rurale.
En 1928, à 17 ans, il s'inscrit à l'union des jeunes populaires bulgare BSNM, une association intimement liée au Parti des travailleurs bulgares. L'année suivante, il obtient un emploi d'imprimeur à laDǎržavna pečatnica, l'imprimerie nationale duroyaume de Bulgarie àSofia.
Inauguration d'une usine àBotevgrad au début des années 1980.
Membre important de l'appareil policier de l'État après 1945, Todor Jivkov intègre lepolitburo duParti communiste bulgare en 1951 et devient chef du parti en 1954. Il manœuvre habillement àMoscou pour supplanter ses concurrents.
Président du Conseil des ministres de 1962 à 1971, il est chef de l'État bulgare du au. Sa politique est marquée par une grande stabilité, voire une stagnation, similaire àcelle deLéonid Brejnev, avec qui il entretient de bonnes relations.
Durant l'ère Jivkov, la Bulgarie a modelé sa politique intérieure sur celle de l'Union soviétique, avec des traités à long terme liant le développement économique de la Bulgarie à celui des Soviétiques. La Bulgarie a accordé la plus haute priorité au progrès scientifique et technologique et au développement des compétences commerciales propres à un État industriel. En 1948, environ 80 % de la population vivait de la terre, tandis qu'en 1988, moins d'un cinquième de la population active travaillait dans l'agriculture, le reste étant concentré dans l'industrie et le secteur des services[1].
Au début de l'année 1989, dans certaines régions à forte population d'origine turque, de graves affrontements ont eu lieu et ont fait des victimes, à la suite desquels le président du conseil d'État bulgare, Todor Jivkov, s'est adressé à la population pour encourager les Turcs bulgares à s'installer en Turquie[2]. Peu après son discours, la frontière avec la Turquie a été ouverte le 29 mai 1989 exclusivement pour les Turcs et les musulmans du pays et plus de 360 000 personnes ont quitté la Bulgarie communiste pour la Turquie entre le 30 mai 1989 et le 22 août 1989[3],[4] La Turquie a finalement fermé la frontière pour empêcher une nouvelle immigration de Turcs bulgares. Face aux difficultés d'installation en Turquie, 40 000 Turcs et Musulmans sont retournés en Bulgarie dans les trois premiers mois suivant leur arrivée. Ce processus s'est poursuivi et, à la fin de 1990, environ 150 000 personnes étaient rentrées en Bulgarie[5]
Le 10 novembre 1989, une révolution de palais des communistes réformateurs force Todor Jivkov à démissionner[6]. Le complot était prévu depuis plusieurs mois et n'est pas lié à lachute du mur de Berlin, qui a eu lieu la veille, bien qu'il s’inscrive dans le cadre de lachute des régimes communistes européens.
Peu après la chute du régime communiste, Todor Jivkov est arrêté et condamné à sept ans de prison pourdétournement de fonds ; du fait de son état de santé, il purge une partie de sa peine à domicile. Dans sesmémoires, il déclare ne rien regretter de ses actions mais critique vigoureusement laperestroïka[6].
Il meurt en 1998 des suites d'unepneumonie[7], alors qu’il était le dernier grand dirigeant communiste dubloc de l'Est encore vivant[6].
↑Tomasz Kamusella. 2018.Ethnic Cleansing During the Cold War: The Forgoten 1989 Expulsion of Turks from Communist Bulgaria (Ser: Routledge Studies in Modern European History). London: Routledge, 328pp.(ISBN9781138480520)