Tobrouk est le site d'une ancienne colonie grecque (Αντίπυργος, Antipyrgos) et, plus tard, d'une forteresse romaine gardant la frontière de laCyrénaïque. Il fut ensuite partie d'un petitdiocèse (Dioecesis Antipyrgensis) conquis par les armées d'Amr ibn al-As vers 643.
Tobrouk servit essentiellement d'étape pour les caravanes marchandes sous l'Empire ottoman.
En 1912[1], le port devint un poste militaire italien. Au début de laSeconde Guerre mondiale, le port va devenir un enjeu stratégique. Outre son port en eau profonde, il dispose d'une usine d'épuration d'eau. Il se trouve aussi à proximité de la frontière entre la Libye, alorscolonie italienne, et l'Égypte,ancien protectorat britannique et où se trouvaient encore de nombreuses troupes britanniques pour la protection du canal de Suez.
Après la déclaration de guerre par l'Italie contre leRoyaume-Uni, les escarmouches commencent dès 1940. Les troupes alliées (australiennes, néo-zélandaises, britanniques et françaises libres)s'emparent de Tobrouk le. L'Afrikakorps en entame lesiège le. Il dure jusqu'au : unebrigade d'infanterie polonaise vient alors renforcer les Britanniques.
Tobrouk rassemble des cimetières militaires français, britannique, allemand, australien, polonais et tchèque. Dans le cimetière français ont été inhumés les Français libres tués à labataille de Bir Hakeim et précédemment enterrés sur les lieux du siège. Dans la nécropole, une exposition permanente française rappelle l'histoire de la bataille[2].
Après-guerre, la ville est reconstruite, puis s'étend dans les années 1960 avec la construction d'un terminal pétrolier relié par oléoduc au champ pétrolifère deSarir(en).
La ville de Tobrouk s'est soulevée à partir du pendant larévolte libyenne de 2011. Une manifestation de jeunes ayant subi les tirs de la police causant 2 à 4 morts. Cela déclenche une révolte généralisée dans laquelle les manifestants s’arment de fusils de chasse. Devant l’attitude de la population et des tribus locales, les dirigeants des forces de sécurité décident très rapidement de fuir, laissant leurs hommes derrière eux et abandonnant leurs armes (la garnison était essentiellement composée de militaires locaux qui n’ont pas tiré sur la foule). Avant de partir, les fidèles de Kadhafi font sauter deux dépôts de munitions[3].
Le climat de Tobrouk est méditerranéen. La ville est située sur la côte méditerranéenne et bénéficie de l’influence maritime ce qui se traduit par des températures moins chaudes que les villes saharienne plus au sud[4].
Omar al-Mokhtar (1868-1931), cheikh musulman libyen ayant organisé la résistance armée à la colonisation italienne de la Libye, est né à Zanjhur, près de Tobrouk.
Huda El-Sarari (1974), une personnalité des médias libyens, journaliste libyenne, puis directrice de télévision lybienne et poète, est née à Tobrouk.
Iman al-Obeidi (1982), une jeune femme libyenne qui a été maltraitée par le gouvernement Kadhafi pendant la guerre civile libyenne, est originaire de Tobrouk. Elle est devenue ensuite avocate.
↑Libye : Un avenir incertain : Compte-rendu de mission d’évaluation auprès des belligérants libyens, Paris, Centre international de recherche et d’études sur leterrorisme et d’aide aux victimes du terrorisme/Centre Français de Recherche sur le Renseignement,, 44 p.(lire en ligne),p. 18.