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Tisavar

33° 00′ 31″ N, 9° 36′ 58″ E
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Tisavar
Plan de Tisavar.
Période d'activité
Localité moderne
Unité présente
Dimension du fort
0,10 ha
Province romaine
Coordonnées
Carte

modifier -modifier le code -modifier WikidataDocumentation du modèle

Tisavar est unfortin romain de l'Antiquité tardive dont lesite archéologique se trouve près de l'oasis deKsar Ghilane sur le territoire dugouvernorat de Kébili, enTunisie[1],[2].

Il se trouve dans leGrand Erg oriental entre le fortin deBir Mahalla (de) etcentenarium de Tibubuci, à environ 75 km à l'ouest de la ville deTataouine.

Historique

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Limes Tripolitanus.

Le fortin est situé sur une colline isolée surplombant l'oued bel Recheb. Il est construit sur un affleurement rocheux lui permettant d'avoir une vue panoramique sur l'ensemble de la région. Longtemps, le site n'était accessible qu'à dos de chameau et en véhicules adaptés au désert. Une route goudronnée relie désormaisDouz ouMatmata à l'oasis deKsar Ghilane (anciennement Henchir el-Hagueuff), située à environ 3 km au sud du fortin.

Sa garnison était chargée de la sécurité et de la surveillance d'une portion duLimes Tripolitanus, enTripolitaine[3]. Les fortifications frontalières forment un système complexe de forts et de postes militaires[4].

Découverte du site

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En 1885, le site est découvert par le capitaine Marie Georges Henri Lachouque (1846-1928)[5], commandant de bataillon français et membre d'une unité cartographique[6]. L'inscription endommagée du fort est mise au jour à cette époque et décrite et complétée pour la première fois en 1887 par l'archéologueRené du Coudray de La Blanchère (1853-1896). Celui-ci mentionne également la localisation et la datation du site, se référant à Lachouque[7]. Un an plus tard seulement, en 1888, l'archéologue pionnierCharles-Joseph Tissot (1828-1884) présente son interprétation de la fortification, se référant également au rapport de Lachouque[8]. En 1892, l'historien etépigrapheRené Cagnat (1852–1937) publie pour la première fois le plan très simple du fort et de la dépendance attenante, qui avait été relevé par Lachouque, ainsi que deux croquis des deux ruines visibles[9].

Grand Erg près de Ksar Ghilane.

Ce n'est toutefois qu'en 1900 que le lieutenantGeorges Louis Gombeaud (de) (1870-1963) met au jour les vestiges du mur enfouis dans le sable et publie ses découvertes en 1901[10]. Les officiers font partie du personnel militaire affecté à l'archéologuePaul Gauckler (1866-1911) lors de ses campagnes de fouilles de deux ans sur leLimes Tripolitanus[11]. Les fouilles de 1900 mettent également au jour un fragment de lampe en terre cuite représentant le dieu égyptien-hellénistiqueSérapis-Hélios[12]. Les récits historiques et les recherches concernant ce petit fort divergent sur certains points, ainsi que sur certaines mesures et interprétations.

Labataille de Ksar Ghilane, durant lacampagne de Tunisie a lieu ici le, pendant laSeconde Guerre mondiale[13].

Ruines du fort romain.

Le projet franco-tunisien conjoint, mené de 1968 à 1970 pour explorer la partie sud tunisienne duLimes Tripolitanus de l'époque impériale moyenne remet la ville de garnison sur le devant de la scène scientifique. Cependant, l'historien de l'AntiquitéMaurice Euzennat (1926-2004) et l'archéologuePol Trousset s'en tiennent au plan historique. Apparemment, aucun relevé topographique moderne ni prospection systématique n'ont été entrepris à cette époque, ni depuis. De plus, des travaux de réparation et de restauration non documentés ont contribué à masquer en partie le tissu bâti antique[14].

En, le gouvernement tunisien, au nom des gouvernorats concernés, soumet une demande pour que le fortin de Tisavar, faisant partie dulimes romain dans le sud de la Tunisie, soit déclaré site dupatrimoine mondial de l'Unesco[15].

Description

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Mur d'enceinte

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Ruines du fort romain.

En, l'archéologueMichael Mackensen mesure pour la première fois depuis les premières fouilles la surface intérieure utile du fortin. Il détermine un espace clos de 25,40 × 34,80 m (soit0,08 ha. Lachouque indique toujours un diamètre extérieur de 25 × 30 m. Les premières recherches de Tissot, Cagnat et du lieutenant d'artillerie Henri Lecoy de La Marche ont adopté ces données tandis que, peu après, Gauckler donne également un diamètre extérieur de 30 × 40 m en se basant sur les fouilles de Gombeaud. Cette mesure est adoptée par la plupart des publications ultérieures. Mackensen calcule une dimension extérieure de 28 × 37,50 m à partir de ses nouvelles mesures, ce qui correspond à une surface bâtie de0,1 ha.

Son envergure et sa capacité découlent du plan de construction standardisé des garnisons romaines établi sous leprincipat. Outre le plan rectangulaire aux angles arrondis, comprenant chacune une tour, les casernes rectangulaires et les infrastructures nécessaires – entrepôts et réservoir d'eau (pièceR sur le plan) – sont disposées en vingt pièces autour d'une cour intérieure. Leurs murs arrière jouxtent le mur d'enceinte de 1,20 à 1,40 m d'épaisseur et d'une hauteur initiale d'environ 4 m, dont leparapet crénelé, mal conservé, était encore visible lors des premières fouilles. Avant la construction, lesarpenteurs romains avaient aligné le futur côté long de la fortification, situé sur une colline d'environ 40 × 40 m, presque exactement sur un axe ouest-est imaginaire. L'unique porte, à un seul carrefour, était construite au milieu du côté oriental, le plus étroit de la fortification. Gombeaud a mesuré sa hauteur à 3 m[16].

Porte d'entrée du fortin.

La porte voûtée subsistante sur le côté oriental du fort, étroit, est constituée de grands blocs decalcaire brut, taillés en forme de coin et adaptés à l'arche. L'arche mesure 3 m de haut à son sommet et sa largeur utile est de 2,25 m. Il n'y avait pas d'autres entrées vers l'intérieur du fort. À l'exception des éléments porteurs et de soutien essentiels, également composés en grande partie de grands blocs, les murs sont généralement construits enpierres de taille grossières et enmoellons. Un imposant bloc de pierre rectangulaire subsiste au-dessus d'une entrée intérieure et sert encore delinteau.

Une inscription y est gravée[17] :

« Iov(i) Opt(imo) Max(imo) Vic(tori) »

« ÀJupiter, le meilleur, le plus grand, le vainqueur »

Lechemin de ronde, qui longe lacourtine, était accessible par des escaliers situés aux quatre angles, ainsi que sur les côtés est et ouest. Mackensen suppose que Tisavar ne possédait ni tours d'angle ni tours intermédiaires.

Développement intérieur

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Pour accéder à l'intérieur depuis l'entrée, les soldats devaient d'abord traverser un couloir de 7 m de long formé par deux murs extérieurs de la caserne. Les vestiges de ces murs, encore largement plus hauts qu'un homme, permettent d'étudier de nombreux détails de construction qui ne se retrouvent plus sous cette forme dans d'autres petits forts tunisiens[18]. La grande cour intérieure du complexe est occupée par un bâtiment de commandement rectangulaire (principia) mesurant 12,60 × 7,40 m. À l'instar des bâtiments de commandement des forts plus importants, celui-ci possède une petite cour intérieure (désignée par la lettreA sur le plan). Un escalier indique que le bâtiment comportait au moins un étage. Au centre du petit fort se trouvait un sanctuaire dédié àJupiter, formant un ensemble avec le bâtiment de commandement et auquel il était accolé à l'est (sous la désignationE sur le plan).

Coin ouest duprincipia.

Au-dessus de l'entrée de ce sanctuaire, également située à l'est, figurait une inscription dédiée à Jupiter et à la déesse de la victoire,Victoria[19]. Cet espace cultuel était manifestement dépourvu de toit, et ses murs atteignaient au maximum 1,60 m de hauteur. À l'intérieur du sanctuaire se trouvaient desniches, dont l'une, entièrement enfouie sous le sable, abritait unautel dédié augénie du lieu de Tisavar. Les archéologues ont mis au jour les vestiges de huit autres autels, semblables ou presque semblables au premier. Les appartements du commandant, qui n'auraient pas pu être aménagés dans le petitprincipia, sont situés dans une pièce attenante au mur d'enceinte. La pièce marquéeR sur le plan du fort était uneciterne qui, selon les archéologues, contenait un peu plus de2 000 litres d'eau.

Bâtiments environnants

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À environ une dizaine de mètres, à l'est de la fortification, une petite fondation d'environ 9 m2 a été mise au jour ; il pourrait s'agir d'uneétable. D'autres vestiges de structure ont été découverts un peu plus à l'est : il s'agissait de plusieurs pièces contiguës, d'une longueur variable de 1,30 à 1,90 m. Ces pièces, de construction relativement rudimentaire, ne communiquaient pas entre elles et donnaient toutes sur le fort. Les archéologues se sont interrogés sur leur fonction,bergerie, étable générale ou ligne de défense avancée.

Inscription

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Tisavar, dont l'ancien nom a survécu sur deux inscriptions retrouvées dans le fort, est construit entre 184 et 191apr. J.-C.[20] sous le règne de l'empereurCommode (180-192), selon l'inscription du bâtiment également trouvée sur place[21] :

« [Imp(eratori) Cae]s(ari) M(arco) A[u]r(elio) Commodo [Antoni]no Pio Fel(ici) Aug(usto) Germa-

[nic(o) Sar]mat(ico) Britan(nico) maximo [---] l[eg(ato)] Aug(usti) pr(o) [pr]aet(ore) [---] sub cura Claudi(a?)n[i ---][procura]t(oris) Aug(usti) r[eg(ionis) The]ve-[stinae

[Empereurs] César M[arco] A[u]r[e]l[e] Commode [Antoni]no Pius Fel[ici] Aug[usto] Germanique Sarmate Britan[nic] maximus [---] légat] Aug[usto pr[o] [pr]aet[ore] [---] sous la garde de Claudius[a?]n[i ---] [procura]t[oris] Aug[usto] r[eg[ionis] The]ve-[stinae »

« Pour l'empereur Marcus Aurelius Commodus Antoninus, le Pieux, le Heureux, l'Exalté, le plus grand vainqueur de la Germanie, de la Sarmatie, de la Bretagne, […] Gouverneur [–––] sous la supervision de Claudius, Procurateur de la région thévestine. »

Outre l'inscription montrée ci-dessous, l'ancien nom de lieu, qui n'est mentionné ni dans l'Itinéraire d'Antonin ni dans latable de Peutinger, a été conservé sur leplâtre du mur par une inscription au pinceau[22] :

« [---] Tisavar [--- ]ta [--- ]cen [---] »

Garnison

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La garnison était constituée d'unevexillation de laLegio III Augusta stationnée au camp de Lambaesis. L'inscription dédicatoire d'un autre sanctuaire de Jupiter à l'extérieur du petit fort révèle, outre le nom du lieu, les noms des officiers actifs à cette époque[19] :

« Genio Ti-savar Aug(usto) s(acrum) Ulpius Pau-linus (centurio) leg(ionis) III Aug(ustae) v(otum) s(olvit) cumvex(illatione) cui praef(uit) Vibiano et Myrone opt(ionibus) »

« Dédié augenius Tisavar Augustus. Ulpius Paulinus,centurion de laLegio III Augusta, a accompli son vœu avec la vexillation qu'il commandait, avec les sous-officiers (optiones) Vibianus et Myron. »

Aperçu historique et datation

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Suite à l'occupation de laNumidie auIer siècle, l'armée romaine commence également à progresser enTripolitaine. Par conséquent, au début duIIe siècle, la construction de routes, de forts et d'ouvrages défensifs s'intensifie dans cette région. La région des lacs salés du sud de la Tunisie est reliée à l'extrême Sud par une route. Son point de départ est l'oasis de Telmine, où des inscriptions romaines de cette période ont également été découvertes. Son terminus se situe à l'emplacement actuel deRemada. De là, deux autres branches mènent vers les régions montagneuses (djebels) de Tripolitaine et vers le Sud, jusqu'à l'oasis deGhadamès, à l'ouest de la région désertique deHammadah al-Hamra (de). L'un des forts les plus occidentaux du programme de construction entrepris sous le règne de l'empereurHadrien (117-138) est Tisavar, construit à la fin duIIe siècle[23].

Les artefacts romains provenant des fouilles du fort se trouvent aumusée national du Bardo, àTunis[24].

Références

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(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé« Kleinkastell Tisavar »(voir la liste des auteurs).
  1. « Au cœur du Grand Erg Oriental tunisien à Tisavar », surmarhba.com,(consulté le).
  2. « Le fort de Tisavar », surtunisia-travel-guide.com(consulté le).
  3. (en)David Mattingly,Tripolitania, Ann Arbor, University of Michigan Press,, 265 p.(ISBN 978-0472106585).
  4. (de)Michael Mackensen, « Kastelle und Militärposten des späten 2. und 3. Jahrhunderts am „Limes Tripolitanus“ »,Der Limes,no 2,‎,p. 22(lire en ligne).
  5. « Marie Georges Henri Lachouque », surmilitary-photos.com(consulté le).
  6. Pol Trousset etMaurice Euzennat,Recherches sur le limes tripolitanus, du Chott el-Djerid à la frontière tuniso-libyenne, Paris,CNRS Éditions,, 179 p.(ISBN 978-2222015895),p. 93.
  7. René du Coudray de La Blanchère, « Découvertes archéologiques en Tunisie »,Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques,‎,p. 438 et suiv.(lire en ligne, consulté le).
  8. Charles-Joseph Tissot,Géographie comparée de la province romaine d'Afrique,t. 2, Paris,, 868 p.(lire en ligne),p. 706 et suiv.
  9. René Cagnat,L'armée romaine d'Afrique et l'occupation militaire de l'Afrique sous les empereurs, Paris, Ernest Leroux,, 802 p.(lire en ligne),p. 560.
  10. (de)Michael Mackensen etHans Roland Baldus (de),Militärlager oder Marmorwerkstätten : neue Untersuchungen im Ostbereich des Arbeits- und Steinbruchlagers von Simitthus/Chemtou, Mayence,Éditions Philipp von Zabern,, 170 p.(ISBN 978-3805334617),p. 70.
  11. Paul Gauckler, « Le Centenarium de Tibubuci (Ksar-Tarcine, Sud tunisien) »,CRAI,vol. 46,no 3,‎,p. 321–340(lire en ligne, consulté le).
  12. Laurent Bricault,Isis en Occident : actes du IIe Colloque international sur les études isiaques, Lyon III, 16–17 mai 2002, Leyde,Éditions Brill,, 510 p.(ISBN 978-9004132634),p. 238.
  13. François Ingold,Ceux de Leclerc en Tunisie, Paris, Office français d'édition,, 82 p.
  14. (de)Michael Mackensen, « Das commoduszeitliche Kleinkastell Tisavar/Ksar Rhilane am südtunesischen „limes Tripolitanus“ »,Kölner Jahrbuch,no 43,‎,p. 451–468(ISSN 0947-1553).
  15. « Frontières de l'Empire romain : Limes du Sud tunisien », surwhc.unesco.org(consulté le).
  16. Cagnat 1892,p. 558–561.
  17. CIL08, 22760.
  18. (de)Michael Mackensen, « Mannschaftsunterkünfte und Organisation einer severischen Legionsvexillation im tripolitanischen Kastell Gholaia/Bu Njem (Libyen) »,Germania,vol. 86,no 1,‎,p. 271–307(ISSN 0016-8874).
  19. a etbCIL08, 22759.
  20. Datation basée sur le titre deCommode selonMackensen 2006,p. 65.
  21. CIL08, 11048.
  22. CIL08, 22761.
  23. (de)Erwin M. Ruprechtsberger (de),Die römische Limeszone in Tripolitanien und der Kyrenaika : Tunesien - Libyen, eine Verteidigungslinie wie der Limes zwischen Rhein und Donau, Aalen,Musée du Limes d'Aalen,coll. « Schriften des Limesmuseums Aalen » (no 47),, 120 p.(OCLC 1332162380),p. 14-29.
  24. (en) G. J. F. Kater-Sibbes,Preliminary catalogue of Sarapis monuments : with a frontispiece, 12 maps and 33 plates, Leyde,Éditions Brill,, 230 p.(ISBN 978-9004037502),p. 141.

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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