| Tinchebray-Bocage | |
Vallée du Noireau au sud du bourg de Tinchebray. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Orne |
| Arrondissement | Argentan |
| Intercommunalité | Communauté de communes Domfront Tinchebray Interco (siège) |
| Maire Mandat | Josette Porquet 2020-2026 |
| Code postal | 61800 |
| Code commune | 61486 |
| Démographie | |
| Population municipale | 4 813 hab.(2023) |
| Densité | 53 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 48° 45′ 46″ nord, 0° 44′ 03″ ouest |
| Altitude | Min. 132 m Max. 324 m |
| Superficie | 90,88 km2 |
| Type | Bourg rural |
| Unité urbaine | Tinchebray-Bocage (ville isolée) |
| Aire d'attraction | Flers (commune de la couronne) |
| Élections | |
| Départementales | Canton de Domfront en Poiraie |
| Législatives | Troisième circonscription |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | www.tinchebray.fr |
| modifier | |
Tinchebray-Bocage est unecommune française située dans ledépartement de l'Orne enrégionNormandie, peuplée de 4 813 habitants[Note 1]. Elle est créée le par la fusion de sept communes, sous le régime juridique descommunes nouvelles. Les communes deBeauchêne,Frênes,Larchamp,Saint-Cornier-des-Landes,Saint-Jean-des-Bois,Tinchebray etYvrandes deviennent descommunes déléguées.
Située à l'ouest duBocage flérien, Tinchebray-Bocage est au cœur d'une plus vaste région, leBocage normand. L'atlas des paysages de la Basse-Normandie place la commune au cœur de l'unité deshauts pays de l'ouest ornais et du mortainais située majoritairement au nord-ouest dudépartement de l'Orne et caractérisée par un« paysage rude marqué par un relief complexe modelé par les cours d'eau qui en divergent comme d'un château d'eau »[1].
Le territoire est traversé par laligne de partage des eaux, le nord dans le bassin de l'Orne avec leNoireau, et le sud dans le bassin de la Loire avec l'Égrenne et laVarenne. Le point le plus bas, 132 m, est à la sortie du Noireau à Frênes et le plus haut à Saint-Cornier-des-Landes, 324 m, entrela Noë-Chesnay etles Monts.
Le climat est océanique, comme dans tout l'Ouest de la France, mais la pluviométrie annuelle de Tinchebray-Bocage est plus importante et avoisine les 1 100 mm à l'ouest du territoire[2] avec de 190 à200 jours de pluie par an. Les hautes terres de Saint-Cornier-des-Landes, situées sur une crête à 316 m d'altitude, ont un bioclimat "hyper-humide" caractérisé par des précipitations abondantes toute l'année qui se manifeste par la présence de hêtre[3] (bois de fouteaux dans les textes anciens, micro-toponyme :Foutelaie).
Le massif granitique deChanu avec ses points les plus élevés s'étend jusqu'au sud de Frênes au Mont-Crespin, 312 m d'altitude et à l'est de Tinchebray à la Gautierrerie, 309 m. Un autre petit massif degranodiorite est très étroit à Larchamp, plus large entre Saint-Jean-des-Bois etSaint-Clair-de-Halouze. Une crête descornéennes plus résistantes à l'érosion que les granites traverse: Saint-Cornier-des-Landes, Yvrandes et Saint-Jean-des-Bois[4]. Le minerai de fer est à l'affleurement pour le synclinal Mortain-Domfront-Bagnoles à Larchamp[5].
La commune est traversée par laligne de partage des eaux entre lesbassins hydrographiquesSeine-Normandie etLoire-Bretagne. Elle est drainée par un bras de l'égrenne, le Noireau, l'Egrenne, la Halouze, la Durance[7], le ruisseau de Blandouet[8], le ruisseau de Vautige[9], le ruisseau des Nussons[10], le Troitre[11], les Huttereaux[12], le Barbrelle[13], un bras du Noireau[14], le cours d'eau 01 de la Dierrie[15], le cours d'eau 01 de la Goulière[16], le cours d'eau 01 de la Grande Corbière[17], le cours d'eau 01 de la Jouannerie[18], le cours d'eau 01 des Cent Ancres[19], le cours d'eau 01 des Châtaigniers[20], le cours d'eau 01 du Bourg Jouvin[21], le cours d'eau 02 de Beaulieu[22], le cours d'eau 03 de la commune d'Yvrandes[23], le cours d'eau 07 des Landes[24], le cours d'eau 14 du Moulin[25], le fossé 01 de la Crière du Nord[26], le fossé 01 de l'Abbaye de Belle Etoile[27], le fossé 01 du Bourg Lopin[28], le Moulin d'Yvrande[29], le Noireau[30], le ruisseau de Corruelle[31], le ruisseau de Froidebise[32], le ruisseau de Glaire[33], le ruisseau de la Commune de passé[34], le ruisseau de la Doitee[35], le ruisseau de la Fontaine de la Depoiserie[36], le ruisseau de la Fontaine des forgettes[37], le ruisseau de la Gaillardière[38], le ruisseau de Monbayer[39], le ruisseau des Fontaines[40] et divers autres petits cours d'eau[41],[Carte 1].
LeNoireau, d'une longueur de 43 km, prend sa source dans la commune deSaint-Christophe-de-Chaulieu et se jette dans l'Orne àMénil-Hubert-sur-Orne, après avoir traversé15 communes[42].
L'Égrenne, d'une longueur de 37 km, prend sa source dans la commune deChaulieu et se jette dans laVarenne àSaint-Mars-d'Égrenne, après avoir traversédix communes[43].
LaHalouze, d'une longueur de 15 km, prend sa source dans la commune et se jette dans laVarenne àSaint-Bômer-les-Forges, après avoir traversésix communes[44].

Pour des articles plus généraux, voirClimat de la Normandie etClimat de l'Orne.
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de typeclimat océanique franc, selon une étude duCentre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant lapériode 1971-2000[45]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon laclassification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[46]. Par ailleursMétéo-France publie en 2020 une nouvelle typologie desclimats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à unclimat océanique[47] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[48]. Elle est en outre dans lazone H1a au titre de laréglementation environnementale 2020 des constructions neuves[49],[50].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de10,3 °C, avec uneamplitude thermique annuelle de13,2 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 018 mm, avec14,2 jours de précipitations en janvier et8,4 jours en juillet[45]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur lastation météorologique deMétéo-France la plus proche, sur la commune deVire Normandie à14 km àvol d'oiseau[51], est de11,3 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 931,4 mm[52],[53]. La température maximale relevée sur cette station est de39,3 °C, atteinte le ; la température minimale est de−16,6 °C, atteinte le[Note 3].
Au, Tinchebray-Bocage est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[54].Elle appartient à l'unité urbaine de Tinchebray-Bocage[Note 4], une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée[55],[56]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Flers, dont elle est une commune de la couronne[Note 5],[56]. Cette aire, qui regroupe 38 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[57],[58].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (94,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (95,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (55,4 %), zones agricoles hétérogènes (31 %),terres arables (8,3 %), forêts (2,6 %), zones urbanisées (2,3 %), mines, décharges et chantiers (0,3 %)[59]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Tinchebray-Bocage reprend le nom de la commune principale,Tinchebray, et le motbocage qui définit le paysage commun à tous[60].

La commune est créée le par un arrêté préfectoral du[61], par la fusion de sept communes, sous le régime juridique descommunes nouvelles instauré par la loino 2010-1563 du deréforme des collectivités territoriales. Les communes deBeauchêne,Frênes,Larchamp,Saint-Cornier-des-Landes,Saint-Jean-des-Bois,Tinchebray etYvrandes deviennent descommunes déléguées et Tinchebray est le chef-lieu de la commune nouvelle.
La voie antique qui reliaitAugustodurum (Bayeux) etVieux-la-Romaine (Vieux) àJublains etVindunum (Le Mans) servait de limite à Larchamp, Beauchêne, Saint-Cornier-des-Landes, Tinchebray et Frênes[62],[63].
Les territoires de Tinchebray, Saint-Jean-des-Bois, Saint-Cornier-des-Landes et Beauchêne viennent en partie du déboisement de laforêt de la Lande Pourrie, celui d'Yvrandes y était totalement inclus.
Les hameaux anciens sont souvent issus de masures (vavassories, aînesses), terres enroture données contre redevances et devoirs par le seigneur à une famille représentée par un aîné qui tient le rôle de prévôt et lesaveux, participe aux gages-plèges de la seigneurie. Certaines familles ont laissé leurs noms comme les Degrenne : la Degrennerie à Tinchebray, Aubry : l'Aubrière à Larchamp, Dumaine : la Dumainerie à Saint-Cornier-des-Landes, Aumont : la fieffe Aumont à Beauchêne[64].
Entre 1793 et le Consulat, le bocage contrairement au reste de la Normandie qui reste calme, est le théâtre d'une guérilla sporadique, difficile à réprouver et toujours impitoyable. Lachouannerie normande s'identifie aux autres résistances au régime révolutionnaire, de la Vendée, de l'Anjou, du Maine et de la Bretagne. Elle reçoit l'appui et la complicité d'une large partie des populations rurales. Quant au danger qu'elle présentait, il fallut en finir avec l'assassinat de son chefLouis de Frotté[65]. La bourgeoisie de Tinchebray est largement républicaine alors que la campagne reste fidèle à Dieu et au roi.
En 1790, les ecclésiastiques obligés de prêter le serment civique, quittent leurs presbytères, partent à l'étranger ou restent dans le pays et commencent une vie clandestine. Considérés comme des martyrs, leur influence augmente. Ils sont remplacés par des prêtres jureurs qui face à l'hostilité de la population partent et ferment les églises.
En, la levée de 300 000 hommes sur tout le territoire ouvre une période de résistance par le refus massif de répondre à l'appel militaire. À Saint-Jean-des-Bois,Michelot Moulin (Michel Moulin), fils d'un taillandier aisé, réquisitionné pour rejoindre les forces républicaines obtient des armes par ruse, déserte et entre dans la clandestinité avec ses compagnons, creusant des souterrains, désarmant les patriotes deLandisacq,Chanu et Saint-Cornier-des-Landes pendant que ceux de Flers désarment Saint-Jean-des-Bois. Sa division occupe les régions deVire,Condé-sur-Noireau etDomfront avec 1 200 à 1 500 hommes.
En, Michelot Moulin libère de laprison royale de Tinchebray l'abbé Dulaurant condamné à la guillotine. En, Hoche met en place un système de défense avec des colonnes mobiles de 50 à60 hommes à Saint-Cornier-des-Landes au Val de Préaux.
Le, Louis de Frotté attaque Tinchebray avec800 chouans et y met le feu.150 républicains ont fortifié la ville, lachapelle Saint-Rémi de Tinchebray servant de citadelle, d'observatoire et de refuge pour les femmes, les enfants et les vieillards. Bilan : 84 maisons brûlées, 2 républicains tués, 20 officiers et environ 80 chouans tués.
Le,bataille du Val de Préaux à Saint-Cornier-des-Landes et Chanu, 2000 chouans cachés dans la forêt de Saint-Jean-des-Bois attaquent 1500 républicains. Les républicains abandonnent trois voitures et 10 à 11 prisonniers, un gros butin d'armes, de munitions et de vivres.
Le, Louis de Frotté est fusillé. Entre 1815 et 1824, la royauté récompense les anciens chouans, les veuves et les enfants dont Michelot Moulin[66].
Le travail du fer est attesté dans la région de Tinchebray-Bocage depuis leXIIe siècle. Sur un métier de ferron présent auXVe siècle se superpose, entreLa Chapelle-Biche etSaint-Bômer-les-Forges, à l'est, etSaint-Jean-des-Bois etGer, à l'ouest, une forte activité métallurgique[67].
Dans ce pays montueux, aux terres maigres, au climat pluvieux, aux chemins impraticables en hiver[68], où le minerai est abondant et les forêts nombreuses, le travail du fer est un complément de l'agriculture bien adapté au caractère normand par sa pratique à domicile et nécessaire par son apport financier[67].
Au début duXXIe siècle, le système productif local représente 80 % de la production française d'outils de jardin et 25 % de la quincaillerie du bâtiment[79].
| Période | Identité | Étiquette | Qualité | |
|---|---|---|---|---|
| janvier 2015[80] | juillet 2017 | Jérôme Nury | UMP-LR[81] | Vice-président duconseil général, président de lacommunauté de communes, maire sortant deTinchebray |
| juillet 2017[82] | en cours | Josette Porquet[83] | DVD | Retraitée de la fonction publique hospitalière |
Leconseil municipal est composé de trente-trois membres dont le maire et huit adjoints[83].
| Nom | Code Insee | Intercommunalité | Superficie (km2) | Population (dernièrepop. de réf.) | Densité (hab./km2) |
|---|---|---|---|---|---|
| Tinchebray (siège) | 61486 | Domfront Tinchebray Interco | 26,52 | 2 533(2023) | 96 |
| Beauchêne | 61031 | Domfront Tinchebray Interco | 10,42 | 226(2023) | 22 |
| Frênes | 61177 | Domfront Tinchebray Interco | 13,31 | 859(2023) | 65 |
| Larchamp | 61223 | Domfront Tinchebray Interco | 8,41 | 281(2023) | 33 |
| Saint-Cornier-des-Landes | 61377 | Domfront Tinchebray Interco | 11,96 | 600(2023) | 50 |
| Saint-Jean-des-Bois | 61410 | Domfront Tinchebray Interco | 9,93 | 178(2023) | 18 |
| Yvrandes | 61513 | Domfront Tinchebray Interco | 10,33 | 136(2023) | 13 |
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis sa création.
En 2023, la commune comptait 4 813 habitants[Note 6], en évolution de −2,43 % par rapport à 2017 (Orne : −2,88 %,France horsMayotte : +2,36 %).
| 2013 | 2018 | 2023 |
|---|---|---|
| 5 052 | 4 902 | 4 813 |


L'activité industrielle de Tinchebray-Bocage fait l'objet d'importants dossiers dans l'Inventaire général du Patrimoine industriel de Basse-Normandie,patrimoine industriel de l'Orne.

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| Plus de 3 500 habitants | |
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