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Thrace occidentale

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Pour les articles homonymes, voirThrace (homonymie).

La division actuelle de la Thrace.

LaThrace occidentale ouThrace égéenne ouThrace grecque est la partie sud-ouest de laThrace située le long de lamer Égée. De nos jours, elle fait partie de lapériphériegrecque deMacédoine-Orientale-et-Thrace.

Géographie

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La Thrace égéenne constitue la partie sud-ouest de laThrace. Elle comprend les territoires situées au sud des versants méridionaux desRhodopes et au nord de lamer Égée (plus l'île deSamothrace), à l'est du fleuveMesta et à l'ouest du fleuveMaritsa.

Sur le plan politico-administratif, la Thrace occidentale fait partie de laRépublique hellénique. Elle est divisée entre lesnomes d'Évros, duRhodope et deXanthi, qui constituent la partie orientale de lapériphérie deMacédoine-Orientale-et-Thrace.

Histoire

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LesThraces s'installent dans tout le sud-est de lapéninsule balkanique et donnent — ultérieurement — leur nom à la région.Homère mentionne dans l'Iliade que plusieurs tribus thraces — dont lesCicones — installées dans l'actuelle Thrace égéenne prennent part à laGuerre de Troie. Les Cicones forment dans la région un puissant royaume. AuVIIe siècle av. J.-C., le littoral est colonisé par lesGrecs, qui fondent la ville deMaronia. AuVIe siècle av. J.-C., lesOdryses incluent la région dans leurroyaume. En 343-342 av. J.-C., la Thrace tombe sous l'hégémonie duroyaume de Macédoine. Après la mort d'Alexandre le Grand, celle-ci perdra progressivement l'intérieur des terres et ne conservera que le littoral. La région fut conquise, progressivement, par l'Empire romain, d'abord avec la liquidation duroyaume de Macédoine en -146 puis avec la conquête du dernier royaume des Odryses en 46apr. J.-C. La Thrace méridionale fut intégrée à laprovince romaine de Thrace.

À la suite de la conquête du sud desBalkans par l'Empire ottoman auXIVe siècle, la région fut incluse dans la province turque deRoumélie. Des populations turcophones provenant d'Asie mineure s'y installèrent. La proximité de la région d'Istanbul et sa facilité d'accès, la forte présence turque, l'islamisation forcée et les règles particulières du dhîmat contribuèrent à une progressive islamisation des populations bulgares de la région qui furent désignés par le nom dePomaks.

Après la proclamation de l'exarchat bulgare en 1870, par unfirman du sultan, la Thrace occidentale y est incluse. Lors des traités deSan Stefano et deBerlin (1878) — qui aboutirent à la reconstitution d'uneBulgarie autonome — la Thrace égéenne demeura au sein de l'Empire ottoman (vilayet d'Andrinople).

Carte ethnographique de la Thrace méridionale (Vilayet d'Andrinople) réalisée par l'ethnographe bulgare Lyubomir Miletich en1912. En gris, Bulgares, en brun Grecs et en orange Turcs.
Drapeau duGouvernement provisoire de Thrace occidentale

À la veille desGuerres balkaniques (1912-1913), la population de la Thrace égéenne était d’environ 234 700 habitants. Elle était constituée essentiellement deBulgares orthodoxes ou islamisés (Pomaks) et deTurcs, les populationsgrecques étant majoritaires dans quelques bourgs le long de laMaritsa et du littoral égéen. La région comprenait, également, des minoritésarméniennes,juives (Séfarades) ettziganes.

La composition ethnico-religieuse était la suivante[1]:

La population de Thrace occidentale en 1913
Nombre%
Musulmans (Turcs, Bulgares, Roms, etc.)185 00078,82
Bulgares orthodoxes25 50010,86
Grecs orthodoxes22 0009,37
Juifs, Arméniens etc.2 2000,94
Total234 700100

Il est à noter qu'il est difficile d'interpréter ces chiffres, de manière rigoureuse, car le termeturcs a souvent été utilisé à la place de celui demusulmans, pour désigner toutes les populations islamisées, quelle que soit leur origine ethnique. C'est ainsi que les Bulgares restés chrétiens-orthodoxes appelaient "turcs" tant les populations d'origine turque que les populations bulgares islamisées (Pomaks) qui avaient adopté la religion et le mode de vie de l'occupant turc auquel elles étaient fidèles.

Lors de laPremière Guerre balkanique, la région fut conquise par les troupes bulgares - qui faisaient partie de laLigue balkanique (Bulgarie,Grèce,Serbie etMonténégro) - sur les troupes ottomanes. Après laSeconde Guerre balkanique, letraité de Bucarest laissa la Thrace occidentale à laBulgarie qui acquit, ainsi, un accès direct à laMer Égée et à laMéditerranée. Une éphémèreRépublique turque de Thrace occidentale exista, pendant 56 jours, à l'automne 1913.

Ordonnance et règlement de l'Organisation révolutionnaire intérieure thrace (1923).

À la suite de la défaite des puissances centrales - dont la Bulgarie et la Turquie faisaient partie - lors de laPremière Guerre mondiale, letraité de Neuilly (1919) rattacha la Thrace occidentale à laGrèce ce qui entraîna des "échanges de populations" entre la Grèce et la Bulgarie et l'octroi de la citoyenneté grecque aux Bulgares restés sur place. Letraité de Sèvres (1920) fit des musulmans de Thrace occidentale des citoyens grecs. À la suite dutraité de Lausanne (1923) d'importants "échanges de populations" eurent lieu entre la Grèce et la Turquie (1,6 million de grecs d'Asie mineure contre 385 000 musulmans de Grèce). La population turque de la région était la seule à ne pas être concernée par ces échanges mais de nombreux Bulgares islamisés, se sentant rejetés par les Bulgares orthodoxes, préférèrent partir en Turquie, dont la population était plus proche sur le plan de la religion et du mode de vie. Ces Pomaks constituèrent l'essentiel des "Turcs" transférés de Grèce en Turquie. Depuis 1923, les musulmans de Thrace occidentale, bénéficient, en Grèce, du statut de minorité religieuse.

Pendant laSeconde Guerre mondiale, la Bulgarie récupéra la région mais, après sa capitulation, elle dut la rendre à la Grèce.

  • La Thrace occidentale en 431 av. J.-C.
    La Thrace occidentale en 431 av. J.-C.
  • La Thrace occidentale en 200 av. J.-C.
    La Thrace occidentale en 200 av. J.-C.
  • La Thrace dans l'empire ottoman.
    La Thrace dans l'empire ottoman.
  • La Thrace lors des traités de San Stefano et de Berlin.
    La Thrace lors des traités de San Stefano et de Berlin.
  • La Thrace occidentale de 1878 à 1912.
    La Thrace occidentale de 1878 à 1912.
  • La Thrace occidentale de 1913 à 1919.
    La Thrace occidentale de 1913 à 1919.
  • La Thrace occidentale après le traité de Neuilly (1919).
    La Thrace occidentale après letraité de Neuilly (1919).
  • La Thrace occidentale pendant la Seconde Guerre mondiale.
    La Thrace occidentale pendant la Seconde Guerre mondiale.

Religions

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En 1923, la frontière entre la Turquie moderne et la Grèce se fige quasi définitivement lors du traité de Lausanne, signé le 24 juillet, après un transfert de population entre les deux pays, une partie des Grecs de Turquie étant chassé du pays pour la Grèce tandis que la plupart des Grecs musulmans sont expulsés vers la Turquie.

A l’issue de cet accord, la communauté grecque d’Istanbul peut se maintenir tout comme la minorité musulmane de Thrace occidentale. Cette dernière forme une communauté d'environ 120 000 à 150 000 personnes[2].

Particularité unique en Europe, elle est la seule région européenne qui possède lacharia dans ses textes officiels. La loi religieuse musulmane s’applique depuis 1923 et perdure depuis alors même que dans la Turquie voisine, la laïcisation du droit imposée parAtaturk, ne reconnaissait plus de statut particulier à la religion musulmane[2]. Dans cette région, le traité de Lausanne de 1923 laisse aux troismuftis de Thrace les pleins pouvoirs pour tout ce qui concerne les affaires familiales (mariages, héritages, tutelles), domaines où les règles de droit musulman sont toujours appliquées[2]. Ainsi, en matière sociale ou familiale, la loi religieuse musulmane est appliquée de plein droit, même si l'une des parties du litige demande que ce soit le droit civil grec qui s'applique[2].

Néanmoins, selonStéphane Papi, chercheur et professeur en droit public, « les décisions de justice rendues par les muftis sont de plus en plus conformes au droit commun. Si, en théorie, larépudiation ou lapolygamie sont possibles, les divorces se font le plus souvent par consentement mutuel et la polygamie n'existe plus. »[2]

Notes et références

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  1. Katrin BoeckhVon den Balkankriegen zum Ersten Weltkrieg - Kleinstaatenpolitik und ethnische Selbstbestimmung am Balkan, Munich, Oldenbourg (SchriftenreiheSüdosteuropäische Arbeiten, 97), 1996,(ISBN 3-486-56173-1),p. 77. L’auteur utilise les chiffres d’un recensement ottoman de 1910 et indique que ceux-ci correspondent à peu près à des statistiques grecques de 1912, données par Dimitri Pentzopoulos,The Balkan Exchange of Minorities, Athènes, Publications du Centre de sciences sociales d'Athènes, 1,p. 31 s.
  2. abcd eteUn Etat européen applique la charia: la Grèce, Pierre Magnan, geopolis.francetvinfo.fr, 20 octobre 2016

Articles connexes

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