Thorame-Haute se caractérise par l'étendue de ses terres agricoles plutôt inhabituelle dans les vallées alpines encaissées, et par son site orienté est-ouest, ce qui permet un bon ensoleillement.
On y trouve de grandes montagnes donnant de vastes pâturages (transhumances) et forêts (bois demélèze et depin).
laVaïre, dont les sources se situent sur son territoire à l'est vers les limites de la commune.
On dénombre aussi :
de nombreux torrents de montagne qui forment parfois une petite vallée, parmi ceux-ci on peut noter[13] :
le Riou, petit torrent qui traverse le village et rejoint leVerdon, son passage a été aménagé et recouvert au niveau de la place du village en 1907 ;
le Riou d’Ondres : petite vallée autrefois cultivée au pied du village du même nom ;
ainsi que plusieurs autres « rious » désignant un ruisseau, généralement accompagnés d'un adjectif (Riou Touert, Sec, Frey, de Cordoeil…) ;
le torrent de Ganon au nord marque la limite avec Beauvezer et enjambe la RD908 ;
les gorges de Saint-Pierre, site très encaissé, constituent les limites de la commune sur la rive gauche du Verdon (le sentier étant situé sur la commune de Beauvezer).
les ravins de saint-pierre, de la rate, du pasqueiret, de la valette,
On trouve aussi le lac des Sagnes (X2105003), « lac collinaire » artificiel créé dans les années 1960 servant à l’arrosage des champs à proximité duquel a été aménagé un espace ludique d'orientation[14].
Les animaux que l'on rencontre sont essentiellement des mammifères d'altitude tels lechevreuil, lemouflon et surtout lechamois, qui est plus répandu et chassé. On trouve aussi de nombreux sangliers et quelques cerfs.Parmi les petits gibiers, on peut citer lelièvre d'Europe et lelièvre variable (ou blanchard). Lamarmotte est également présente en altitude, sa chasse est interdite.En moyenne altitude, on trouve des espèces plus communes comme les renards, blaireaux et écureuils roux, chauves-souris…
Les arbres les plus fréquents sont les pins et lesmélèzes en altitude on trouve aussi des espèces de feuillus.
Parmi les espèces de fleurs d'altitude, on trouve legénépi, plante aromatique dont on tire une liqueur (sa cueillette est très réglementée), l'edelweiss, lagentiane, lelis martagon, le lis de Saint-Bruno, leCarline à feuilles d'acanthe (chardon communément appelé « soleil »).
Le territoire abrite aussi une variété de champignons parmi ceux comestibles : lelactaire délicieux (dit « sanguin »), lachanterelle et lamorille.
Le territoire dePeyresq est connu pour abriter des essences rares[15].
La commune se compose de plusieurs villages, hameaux et lieux-dits ayant chacun leur identité.On peut distinguer quatre villages principaux : Thorame, Ondres (qui appartiennent tous deux au territoire « historique » de Thorame), La Colle-Saint-Michel etPeyresq qui ont été rattachés en 1974.
Autour du village, de nouveaux lotissements se sont développés tels que le Collet-des-Fourches situé environ à un kilomètre du village sur la D52, les Aires, Font-Richasse, le Coulet, l'Auche… De nouveaux autour du centre ancien.
Thorame-Haute-Gare : s’y trouve la seule gare du Haut Verdon, la chapelle de Notre-Dame de la Fleur, quelques maisons autrefois affectées au personnel du chemin de fer et un ancien hôtel-restaurant.Train touristique à vapeur en gare de Thorame-Haute
Dans la vallée du Verdon, la commune compte encore plusieurs hameaux ou lieux-dits habités régulièrement tels que :
Branchaï : ancienne ferme constituée d’un long bâtiment situé à la limite de la commune en aval et au bord du Verdon ;
La Rivière : à proximité de la gare, ce hameau se compose de plusieurs maisons dont la plupart sont en ruine, d'autres régulièrement occupées. On y trouvait autrefois un four communal et la chapelle Saint-Louis. La ligne de chemin de fer est collée au hameau ; elle rejoint la gare toute proche par le viaduc ferroviaire de la Fleur. À quelques centaines de mètres en amont, un autre pont permet au train de pénétrer dans letunnel de la Colle-Saint-Michel ;
le Plan-de-Lys : ce lieu-dit se compose des ruines d’une ancienne scierie ; les installations pour le percement du tunnel de la voie ferrée y étaient implantées.
plus en amont, plusieurs fermes sont implantées en bordure du Verdon parmi lesquelles : Plan-de-Verdon, l'Iscle, Font-Chaude où se trouve le camping municipal du même nom.
le Fontanil est un hameau constitué d’une maison d’habitation, de deux bergeries, d’un four et de quelques petites constructions éparses ; il se situe au sommet du ravin de Guillaume à plus de 1 500 m d’altitude.
La Colle-Saint-Michel etPeyresq sont deux anciennes communes ayant fusionné entre elles en 1964 sous le nom deSaint-Michel-Peyresq, cette nouvelle commune est ensuite rattachée à Thorame en 1974. Elle s'étendait sur un territoire de 35,11 km2.
Le chef-lieu se situe à proximité de la route qui remonte la vallée du Verdon : la départementale 955 (en provenance deSaint-André-les-Alpes) qui devient la départementale 908 à partir de l'intersection de La Colle-Saint-Michel et en direction d'Allos.La D 908 rejoint la vallée de laVaïre (en direction d'Annot) par lecol de la Colle-Saint-Michel et remonte à son autre extrémité la haute vallée du Verdon. Avant la réforme de 1972, elles étaient toutes deux classées route nationale (RN 555 etRN 208).
Ladépartementale32 rejoint le village dePeyresq, l'intersection se situe après le village de La Colle-St-Michel lorsque l'on descend vers Annot.
Le chemin d'accès au village d'Ondres n'a jamais été classé comme route départementale en raison du trop faible nombre d'habitants à l'époque, ceci explique qu'il n'a jamais été goudronné et l'entretien reste à la charge de la commune.
Il existe également lahalte de Peyresq, celle-ci se situe à la limite de la commune, au bord du torrent de laVaïre, sans accès routier (à 2 heures de marche environ de ce village).
La commune de Thorame-Haute est exposée à quatre risques naturels[21] :
avalanche (mais ce risque n’est pas recensé dans le dossier départemental sur les risques majeurs)[22],
feu de forêt,
inondation,
mouvement de terrain : quelques versants de la commune sont concernés par un aléa moyen à fort[23].
La commune de Thorame-Haute n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture[22] ; aucunplan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune[22]> et leDicrim n’existe pas non plus[24].
La commune a été l’objet de deux arrêtés de catastrophe naturelle pour des inondations et des coulées de boue, en2009 et2011[21]. Le tremblement de terre du, dont l’épicentre était situé à Thorame (Sisfrance ne précise pas s’il s’agit de Thorame-Basse ou -Haute), avait une intensité macro-sismique ressentie de V sur l’échelle MSK (dormeurs réveillés, chutes d’objets). D’autres tremblements de terre ont été nettement ressentis à Thorame-Haute depuis un siècle, sans jamais atteindre cette force[25],[26].
Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Lecanton d'Allos-Colmars auquel appartient Thorame-Haute est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur lesséismes historiques[27], et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011[21].
Au, Thorame-Haute est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à7 niveaux définie par l'Insee en 2022[29].Elle est située hors unité urbaine[30] et hors attraction des villes[31],[32].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (94,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (96,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (47,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (24,7 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (23 %), zones agricoles hétérogènes (2,8 %), prairies (1,2 %),terres arables (0,7 %), zones urbanisées (0,3 %), mines, décharges et chantiers (0,3 %)[33].
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Le nom de la localité est mentionné sous les formes[civitas] Eturamina en 442[34] (concile de Vaison) ;Toramena en 1009[34] ;Toramine en 1035 ;Thoramenes auXVIIe siècle (cartes topographiques).
Charles Rostaing considère comme probable que le toponyme soit plus ancien que les Gaulois[35] (pré-celtique).Albert Dauzat propose d'interpréter le premier élément par un pré-latin*tor- ou latintorus « éminence » (élément bien représenté dans la toponymie de la partie sud de l'hexagone :Thoiras,Thorens-Glières,Thorrenc,le Thor, etc.), suivi dans ce cas par un suffixe pré-latin-mena[34]. Béatrice et Jean-Jacques Férié considèrent aussi que l'élément initialTor- ouTur- a une valeuroronymique, mais que le second élément-men- serait « d'origine obscure »[36].Ernest Nègre est le seul à prendre en compte la forme primitiveEturamina de 442 dans laquelle il voit une racine pré-celtique*etur et un suffixe de même origine, tous deux inanalysables en l'état des connaissances[37], qu’il serait possible de rapprocher d’Etruria (Étrurie).
Il s'avère que le déterminant n'a pas été choisi en fonction de l'altitude, mais en fonction du rang social des deux villages :Thorame-Haute était plus important administrativement parlant queThorame-Basse: ce fut le siège d'un évêché dès la fin de l'Antiquité et durant toute une partie du Haut Moyen Âge[38].
Parmi les multiples hypothèses dupassage des Alpes par Hannibal et son armée, la vallée du Verdon a été un trajet envisagé.
Les éléments peu probants sont des dénominations de tradition récente. On trouve sur le plateau de Serpégier un lieu surnommé le « camp d'Hannibal ». Sur Fours (commune actuelle d'Uvernet-Fours) on trouve également un lieu baptisé la "table d'Hannibal"[39]. Féraud rapporte qu'on aurait découvert à plusieurs époques des javelines et des casques[40].Une monnaie marseillaise en argent a été trouvée au Fouent Micoulaud[41] (plus vraisemblablement Font Nicoulaou, désignant un cours d'eau).
Le territoire d’Eturamina correspondrait à celui d'une des tribus figurant sur leTrophée des Alpes élevé par l'empereur Auguste àLa Turbie ayant résisté à l'Empire romain, avant d'être définitivement conquise[42]. Cette tribu serait celle desEguiturii (les Éguitures)[43], devenu unecivitas sous l’Empire romain. L’hypothèse ancienne, émise par Tisserand, est celle desVeamini[44]. Féraud partageait aussi cet avis : « 5° LesVeamini qui habitaient les bassins de Thorame-Haute et Thorame-Basse, et la petite vallée de l’Issole, ainsi que parait l’indiquer leur nom formé du celtique Vean, montagne, et min, rouge ; nom qui désigne un terrain rougeâtre comme l’est celui de Thorame. Quelques auteurs les placent pourtant dans la vallée de Fours. »[45]. Le village occupait peut être un ordre particulier dans la hiérarchie administrative gallo-romaine, avec le statut de "civitas" à l'instar de Glandèves (proche d’Entrevaux),Senensis (Senez) ouDinia (Digne). Eturamina est le chef-lieu de lacivitas Rigomagensium qui fait partie des huitcivitas de la province des Alpes Maritimes mentionnées dans laNoticia Galliarum.Louis Duchesne qui fait cette liaison avoue n'avoir pu déterminer pourquoi il y a une différence entre le nom de la civitas et celui de la chef-lieu[46].
Raoul Blanchard constate« l'existence aux premiers siècles romains d'un vicus Eguitaraminus qui n'est autre que Thorame, et qui évoque même une civitas préromaine du Haut-Verdon ; d'autre part, M. de Manteyer a fait observer que le patronage des églises de la région de Thorame était conforme à la formule du pape Sixte III (432-440) »[47].
Archéologie
Unetegula gravée (tuile romaine) découverte en 1934, et datée de la fin duIIe siècle ou du début duIIIe siècle[48], ainsi que des tombes mises au jour Grand-Rue (1934 et 1938), attestent d’une occupation à l’époque romaine. Le fort de Trancastel, dont l'origine est probablement romaine, complète le tableau de l’occupation du sol aux premiers siècles de notre ère.
Les principales découvertes archéologiques ont été faites au cœur du village lui-même et notamment le long du mur de l'église paroissiale, dans les années 1930, avec des tombes et des objets clairement identifiés d'époque romaine : vase et inscriptions sur tuile, conservées aumusée des Antiquités nationales deSaint-Germain-en-Laye. Mises en doute par Raymond Collier[49], ces découvertes permettent d’attester la pénétration de la culture gallo-romaine dans la vallée[48].
Des fondations peut-être antiques ont été découvertes à proximité de Notre-Dame du Serret, avec des pierres sculptées romaines[41]. De même, dans la rue du Peyran, un fragment de stèle funéraire remployée dans un mur serait daté duIer siècle, et une autre également en remploi serait mérovingienne[48].
Pour la fin de la périoderomaine,Eturamina (sans distinction entre Haute et Basse) est le nom de la cité épiscopale, établie de façon éphémère dans la vallée des Thorame au milieu duVe siècle[50],[51]. On trouve le nom de l'évêqueSévérianus, ce dernier a laissé son nom dans les conciles de Riez en 439 et de Vaison en 442[52].
L'ensemble de ces découvertes ont amené les autorités de l'État à prendre un arrêté dezone archéologique de saisine sur les dossiers d'urbanisme[53], couvrant un territoire assez large autour du village chef-lieu.
Après la chute de l’Empire romain, la vallée du haut Verdon connaît de nombreuses invasions durant plusieurs siècles : Vandales en 480, Ostrogoths en 508, Lombards en 570, des Sarrasins en 740, chassés en 885[54].
Cette période est aussi marquée par la naissance d'une légende liée à une « apparition céleste »[61] bien qu'on ignore la date précise, celle-ci est à l'origine de la chapelle de Notre-Dame de la Fleur et de son pèlerinage qui subsiste aujourd'hui encore le lundi de Pentecôte. Les récits dont on dispose aujourd'hui ont été largement déformés car reposant sur une tradition orale, et sont souvent très différents voire contradictoires. Un « esprit céleste » ou la Vierge Marie (selon les récits) serait apparu à un berger réputé pour être un bon chrétien qui gardait un troupeau de moutons et lui aurait demandé de faire bâtir la chapelle sur le lieu de l'apparition. Le choix du nom de "la Fleur" a également plusieurs explications, mais la plus répandue est qu'une fleur aurait été donnée au berger en guise de preuve. Auguste Testanière, donne une version différentes à la fin duXIXe siècle, il n'y est question ni de fleur, ni de Vierge[62]. Cette chapelle est implantée àThorame-Gare, le bâtiment actuel date des années 1930-1940, c'est l'œuvre de l'abbé Juvénal Pélissier, curé de la paroisse et dernier chapelain N.-D. de la Fleur qui l'a reconstruite seul durant une dizaine d'années. Le pèlerinage de Thorame a connu un essor important auXXe siècle et a bénéficié de la présence du chemin de fer.
À partir de 1556, la communauté de Thorame-Haute devient propriétaire des moulins, contre une rente servie aux Villeneuve, seigneurs du lieu[63].
Durant lesguerres de religion, lebaron d’Allemagne et ses huguenots combattent les troupes de Henry de Garde, le baron d’Allemagne s’empare du fort Saint-Georges le[55],[64]. L'église est détruite à cette occasion (ou en 1576 selon d'autres sources[65]) ; elle est reconstruite en 1598 et en 1603[64].
En 1630 une épidémie de peste est très meurtrière, on compte environ 90 décès contre 15 à 20 les années précédentes d’après les registres tenus par levicaire Pierre André Isnard ; le notaire enregistre 29 testaments en 1630 et encore 6 en 1631, contre un seul en 1628 et 1629[66]. Lors de la peste de 1720, le village fournit vingt-sept hommes pour garder lecordon sanitaire qui doit éviter la propagation de l’épidémie. Sept postes sont mis en place, notamment sur les ponts du Verdon. Le village est entouré d’unepalissade percée de trois portes gardées nuit et jour[67]. La construction de la chapelle Saint-Roch est reliée à l’un de ces épisodes[55].
Au XVIIe siècle, diverses affaires judiciaires (vols, larcins, querelles, tapages nocturnes) témoignent d'une vie communautaire parfois difficile[68].
À la fin de l’Ancien Régime, la communauté de Thorame-Haute dépendait de laviguerie deColmars[55].
Lors de la création du département desBasses-Alpes en 1790, le village est chef-lieu decanton[69] et fait partie des huit cantons du district de Castellane, mais le canton est supprimé en 1802. Lasociété patriotique de la commune fait partie des 21 premières créées dans les Basses-Alpes, au printemps 1792[70]. Le, il est décidé que les femmes y seront désormais invitées[71]. Pour suivre le décret de laConvention du25 vendémiairean II invitant les communes ayant des noms pouvant rappeler les souvenirs de la royauté, de laféodalité ou des superstitions, à les remplacer par d'autres dénominations, la commune de La Colle-Saint-Michel change de nom pourLa Collefroide[69]. Peiresc a également changé son orthographe enPeyresq (pour différencier le nom propre du village,Nicolas-Claude Fabri de Peiresc fut en effet le seigneur de ce village.
La Révolution et l’Empire apportent nombre d’améliorations, dont uneimposition foncière égale pour tous, et proportionnelle à la valeur des biens de chacun. Afin de la mettre en place sur des bases précises, la levée d’uncadastre est décidée. Laloi de finances du précise ses modalités, mais sa réalisation est longue à mettre en œuvre, les fonctionnaires du cadastre traitant les communes par groupes géographiques successifs. En 1827, lecadastre dit napoléonien de Thorame-Haute est achevé, ceux de La Colle-Saint-Michel et Peyresq le sont en 1838[72]. Lorsque le cadastre est achevé, la commune compte trois moulins : un à Ondres, un autre en contrebas de ce village, aux Ribes, et le moulin du Pont, moulin à farine plus tard converti en scierie[73]. Le moulin des Ribes a été fouillé en 2004 et 2012.
Le développement de petites et moyennes industries
Thorame comptait plusieursdraperies : on dénombre 6 fabriques en 1813 employant 15 ouvriers. La plus importante est celle de Honoré Datier qui ouvre en 1836, il s'agit d'un installation de taille avec du matériel moderne, sur le modèle de la fabrique Honnorat deSaint-André-de-Méouilles[75], elle emploie 18 ouvriers. Jean-Joseph Arnaud en ouvre une seconde peu après[76]. Elles emploient jusqu’à 24 ouvriers en 1858, mais ce nombre retombe en dessous de 10 dans les années 1870[77]. Toutes ferment avant 1880[78]. En 1841, la société Bonnet produisait 1 275 mètres de drap "burrel" en utilisant la force motrice du Verdon[79] et Datier, 3 350 mètres. Tous ces bâtiments sont aujourd'hui en ruine.
D'autres activités sont également développées comme la fabrique de carreaux de Benjamin Balp qui ferme définitivement en 1870, un abattoir, une mine de charbon dans la vallée du Verdon était également exploitée. À la fin duXIXe siècle, on trouve deux à trois moulin à farine[réf. nécessaire].
AuXXe siècle, plusieurs petites industries subsistent[81]. En 1924, il y a deux scieries, la scierie Arnaud (vendue à Lempereur en) ferme définitivement en 1928. L'usine hydraulique Jauffret produit de l'électricité pour la commune de 1913 à 1946.
La commune bénéficie au début duXXe siècle du passage duchemin de fer, même si la gare de Thorame-Haute est éloignée des villages. La construction a lieu dans lesannées 1900. Le percement du tunnel vers la vallée du Var mobilise de nombreux ouvriers, pour lesquels on construit un village près de la gare de Thorame-Haute. Le, une grève éclate pour demander lajournée de huit heures. Malgré les négociations, la grève cesse le, sans que les ouvriers n’aient rien obtenu[82]. La voie est menacée en par un glissement de terrain : une partie de la masse dupic de Rent s’effondre et recouvre les voies, avant que la terre soit évacuée. La montagne est stabilisée par un mur de soutènement de 114 m de long, épais de 1,5 m et renforcée de 7 contreforts de 27 à 33 m de profondeur[83].
Au cours de laPremière Guerre mondiale, la commune paye un lourd tribut qui accélère la perte de population déjà enclenchée depuis les années 1850.
Durant l'occupation de laSeconde Guerre mondiale, le Haut-Verdon participe activement à larésistance militaire. À la suite du premier débarquement allié, les ponts d'accès au village sont dynamités par les résistants le long du Verdon (pont Clot et pont du Villaron) pour couper l'accès à une colonne allemande qui cherche à rejoindre lecol d'Allos.Pour contourner l'obstacle, la colonne se fraye un passage dans la vallée de l'Issole elle aussi contrôlée par les résistants, et parvient à rejoindre Thorame-Haute. À la sortie du village, une attaque meurtrière pour les Allemands a lieu entre l'ancienne scierie Arnaud et le pont d'Ondres. En guise de représailles, le maire du village Louis Blanc, est pris en otage avec d'autres hommes lors d'un rassemblement de la population sur la place du village par les militaires qui se replient provisoirement sur le village. Plus tard, ils sont relâchés, mais quatre gendarmes deColmars[84] acquis à la cause des insurgés sont exécutés sur les lieux de l'attaque ; un monument commémoratif est élevé au lieu-dit le Pont d'Ondres.
Les années 1960-1970 sont marquées par la modernisation du village : travaux et mesures de salubrité publiques, voirie, création d'un lac artificiel aux Sagnes pour l'arrosage des terres agricoles, mais aussi pour le tourisme. La commune se dote de nouveaux équipements : salles des fêtes, poste, etc. L'agriculture se mécanise fortement et le nombre d'exploitation diminue rapidement au profit de plus grandes exploitations.
Le, la commune deSaint-Michel-Peyresq lui est rattachée (elle-même issue de la fusion des communes deLa Colle-Saint-Michel etPeyresq le). L'ambition de ce rapprochement était entre autres de créer une station de ski, mais les différentes études réalisées sur sa faisabilité et l'opposition résolue des habitants ont eu raison du projet.
Les années 1980 et 1990 sont marquées par un relatif déclin d'accueil de résidents secondaires qui semble aujourd'hui enrayé. Le nombre d'exploitations agricoles diminue assez rapidement dans les années 1990, même s'il reste encore important par comparaison aux communes voisines.
Aujourd'hui, la commune est marquée par une hausse modérée de la population et son rajeunissement. De nouvelles parcelles ont été construites. Plusieurs investissements importants sont engagés depuis les années 2000, tels que l'aménagement du jardin public au cœur du village, des travaux importants sur la toiture de l'église entièrement refaite en tuiles, la création d'une nouvelle école, ou encore la réfection des réseaux d'eau et d'assainissement.
Note sur le mode de désignation des maires depuis la Révolution de 1789
De1789 à1799, les agents municipaux (maires) sont élus au suffrage direct pour 2 ans et rééligibles, par les citoyens actifs de la commune, contribuables payant une contribution au moins égale à 3 journées de travail dans la commune. Sont éligibles ceux qui paient un impôt au moins équivalent à dix journées de travail.
De1799 à1848, la constitution du 22 frimaire an VIII () revient sur l’élection du maire, les maires sont nommés par lepréfet pour les communes de moins de 5 000 habitants. La Restauration instaure la nomination des maires et des conseillers municipaux. Après 1831, les maires sont nommés (par le roi pour les communes de plus de 3 000 habitants, par le préfet pour les plus petites), mais les conseillers municipaux sont élus pour six ans.
Du à1851, les maires sont élus par le conseil municipal pour les communes de moins de 6 000 habitants.
De1851 à1871, les maires sont nommés par le préfet, pour les communes de moins de 3 000 habitants et pour 5 ans à partir de1855.
Depuis1871, les maires sont élus par leconseil municipal à la suite de son élection au suffrage universel.
La commune fait l'objet d'une "Zone archéologique de saisine des dossiers d'urbanisme", en vertu de l'arrêté préfectoralno 04219-2006, en date du[104].
Adhésion aux organismes de coopération intercommunale
: dans un premier temps, fusion de Colle-Saint-Michel (selon l'orthographe de l'INSEE[109]) avec Peyresq, la nouvelle commune prend le nom deSaint-Michel-Peyresq (avec pour chef-lieu la Colle-Saint-Michel). Ces communes anciennes et nouvelle appartiennent aucanton de Saint-André-les-Alpes).
: dans un deuxième temps, Saint-Michel-Peyresq est rattachée à Thorame-Haute[110].Toutefois, le conseil municipal d'alors, opposé à cette décision imposée par le Préfet, obtient du Conseil d'État l'annulation de l'arrêté préfectoral et le rétablissement de la commune en 1976. En dépit de cette décision, le conseil municipal, rétabli dans ses fonctions, vote immédiatement le rattachement à Thorame-Haute, qui devient définitif cette même année.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[112]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[113].
La notion de feux renvoie sous l'Ancien Régime, à une base d'imposition pour la commune et/ou au nombre de familles vivant sur une communauté qui se partageaient les impôts. Son calcul a beaucoup évolué au cours des époques, mais pour les deux dénombrements retenus, il s'agit de feux équivalents à une famille.
Au recensement du, il y avait "153 habitants" (ou foyers) ; au, "156 feux ou chefs de famille"[réf. nécessaire].
La progression soudaine de la population en 1901 est due au percement du tunnel ferroviaire de La Colle-Saint-Michel sur laligne de Nice à Digne (ouTrain des Pignes)[116],[117], correspondant au dernier tronçon ouvert entre Puget-Théniers et Saint-André-de-Méouilles (aujourd'hui St-André-les-Alpes) : la main d'œuvre nombreuse a été installée au lieu-dit du Plan de Lys, tout près du hameau de La Rivière. Une école temporaire a même été ouverte pour l'occasion. Le recensement du1er mai fait état d'une population temporaire de 175 personnes.
En-dehors de cet évènement ponctuel, l'histoire démographique de Thorame-Haute, après la saignée desXIVe et XVe siècles et le long mouvement de croissance jusqu'au début duXIXe siècle, est marquée par une période d'« étale » où la population reste relativement stable à un niveau élevé. Cette période dure pendant toute la première moitié duXIXe siècle. L'exode rural provoque ensuite un mouvement de baisse de la population de longue durée. En 1921, la commune a perdu plus de la moitié de sa population par rapport à cette période[118]. Le mouvement de baisse ne s'interrompt définitivement qu'à la fin duXXe siècle : la commune a gagné une soixantaine d'habitants depuis 1999.
Comme de nombreuses communes du département, Thorame-Haute se dote d’écoles bien avant leslois Jules Ferry : en 1863, elle compte déjà deux écoles dispensant uneinstruction primaire aux garçons, situées au village chef-lieu et à Ondres[119]. Les filles ne sont pas concernées, laloi Falloux n’impose l’ouverture d’une école de filles que dans les communes de plus de 800 habitants. La situation ne change qu’avec la premièreloi Duruy (1867), qui abaisse ce seuil à 500 habitants[120] : l’instruction des filles est organisée au village entre 1867 et 1873[121]. La deuxième loi Duruy (1877) permet à la commune, grâce aux subventions de l’État, de reconstruire son école de Thorame-Haute[122].
Les deux communes de La Colle-Saint-Michel et Peyresq avaient elles aussi leurs écoles de garçons en 1863[119]. Dans ces deux communes peu peuplées, l’école n’ouvre ses portes aux filles qu’avec les lois Ferry[123].
En 2017 la commune dispose encore d'un école maternelle et primaire publique dépendant de l'Académie d'Aix-Marseille[124],[125].
Les établissements scolaires les plus proches sont à[126] :
Autres commerces et artisans : une boulangerie, une boucherie-épicerie avec une petite production artisanale.
On compte également quelques artisans (maçon, électricien, menuisier…)[131].
Industrie : actuellement, le seul établissement industriel de la commune est unegravière propriété du groupeEiffage, celle-ci produit notamment du béton et du goudron destiné majoritairement au marché local. Elle exploite plusieurs carrières dans la région notamment celle de la Colle à proximité immédiate du site de production au Plan-de-Verdon[132].
Le plateau de Champlatte dominant la vallée de la Vaïre.
À Thorame, le lac des Sagnes a servi de point d'attraction touristique mais son exploitation est aujourd'hui abandonnée ; il sert comme un lieu de balade en plein air. Ce lac est une retenue d'eau à usage agricole (irrigation), et son niveau est souvent faible à la sortie de l'été.
La période estivale est aussi l'occasion de manifestations sportives ou de loisir comme le Tour des deux Thorame, course à pied qui attire de nombreux participants, mais aussi VTT, championnat de moto-cross, régates de modèles réduit sur le lac des Sagnes…
Le village dePeyresq abrite des rencontres universitaires chaque été, animées par différentes associations du village ou basées en Belgique. La période estivale offre de nombreuses animations culturelles (festival, fêtes des villages…). La majorité des maisons sont la propriété des associations.
La commune attire depuis les années 1960-1970 de nombreux résidents secondaires, qui le plus souvent achètent une maison ou un appartement. En 2007, la commune comptait 461 logements dont 317 résidences secondaires, soit 68,8 % du total[137]). Cette proportion de logement a toutefois tendance à diminuer du fait de l'augmentation de population permanente.
Malgré la disparition de plusieurs commerces ces dernières années (bar, restaurant, bureau de tabac, garagiste), la commune compte encore plusieurs commerces :
en hôtellerie et restauration :
deux hôtels-restaurants, ainsi qu'une crêperie (en activité saisonnière ou permanente), ils sont situés au chef-lieu et à La Colle-Saint-Michel. L'un d'eux porte le labelBistrot de Pays Au bon accueil[138], il adhère à une charte dont le but est de « contribuer à la conservation et à l’animation du tissu économique et social en milieu rural par le maintien d’un lieu de vie du village »[139].
plusieurs gîtes, ainsi que deux campings (camping municipal de Fontchaude en bordure du Verdon, et camping à la ferme à La Colle).
une agence postale (anciennement bureau de plein exercice) dépendant du bureau de Saint-André-les-Alpes, ,
une école publique[140] comportant une classe primaire et une maternelle,
un bureau de l'ONF chargé notamment de la surveillance des forêts.
Plusieurs services publics ont disparu.
Perception
À la suite de laRévolution française, la commune a été le chef-lieu ducanton de Thorame formé par les deux communes homonymes de l'an II à 1811, (la population des deux villages était alors de plus de 1 500 habitants ; une perception a été maintenue sur la place jusqu'en[141].
Douanes
Avant le rattachement ducomté de Nice à la France en 1860, le chef-lieu et le village d'Ondres étaient à quelques heures de marche de la frontière (bien que Thorame n'était pas à proprement parler une ville frontière), comme Colmars et ses hameaux, une brigade ambulante des douanes rattachée à la capitainerie de Colmars était installée à Thorame et à Ondres[142].
Ponts et chaussées
Avant la réforme des Ponts et Chaussées dans les années 1960-70, le village accueillait une subdivision avec trois employés.
Saint-Julien, le titulaire de l’église paroissiale, le.
le dimanche de la Trinité.
Aujourd’hui ne subsiste que la Saint-Julien, fête patronale du village, (procession, bal, jeux, concours depétanque), célébrée chaque année le dimanche suivant le.
Autrefois le village organisait aussi sur la grande place une foire aux bestiaux qui se tenait annuellement jusque dans lesannées 1950 (le et le premier lundi d'octobre). De nos jours, la période estivale offre une programmation de manifestations culturelles, sportives et festives.
Pèlerinage de Notre-Dame de la Fleur :
La procession à Notre-Dame de la Fleur qui a lieu le dimanche de la Pentecôte se perpétue depuis plusieurs siècles, avec sa procession et les cérémonies religieuses au sanctuaire. Elle attire encore aujourd'hui de nombreux visiteurs.
Ondres célèbre sa fête le sous le vocable deSaint-Laurent.
À Peyresq, l’église est placée sous le vocable de Notre-Dame de l'Assomption, et la fête a lieu le.
L’église de la Colle-Saint-Michel est placée sous le vocable de Saint-Michel, la fête a lieu à la fin juillet.
D’après les Annales de Haute Provence (no 306,Le Haut Verdon[143]), s’appuyant sur les travaux du docteurSimon-Jude Honnorat[144], on peut identifier des termesprovençaux dont l’usage est plus localisé ; on distingue environ 2 500 termes pour le département dont 600 à l’usage très localisé (à l’échelle d’un village plus ou moins), et une soixantaine pour Thorame. Quelques exemples de locutions thoramiennes :
Arraire-mégier : attelage utilisé par deux propriétaires différents ayant chacun fourni un animal ;
La bandalau : rassemblement de personnes important ;
Devendua : champs en jachère ;
Dichassoular : cesser de moudre, céder le moulin ;
Entartugar : enivrer (au sujet du vin) ;
Eybou : petite faucille ;
Lou firiglou : lavande ;
Fouersis, fouerses : ciseaux à tondre les moutons ;
Ichancar : couper des arbustes à ras de la terre, essarter ;
Lou marroun : corde de poulies des granges (pour monter le foin) ;
Rassar : retirer avec un balai le blé sous la paille quand on foule ;
deux tableaux représentant la naissance et la mort du Christ attribué à Rouvier formant initialement le grand retable (la partie centrale du triptyque ayant disparu), datés du début duXVIIe siècle, classés monuments historiques au titre objet[150] ;
un tableau représentant saintAntoine et saintPaul-Ermite, daté du troisième quart duXVIIe siècle, classé monument historique au titre objet[151] ;
un tableau placé sur leretable et représentant l’institution durosaire, datant de la fin duXVIIe siècle, les deux éléments sont classés monument historique au titre objet[152].
uncalice en argent, duXVIIe siècle, qui pourrait être l’œuvre de l’orfèvre Lions de Riez (Lions Balthazar), et classé monument historique au titre objet[153] ;
une statue de laVierge à l'Enfant, en bois peint et doré, duXVIIIe siècle, classée monument historique au titre objet[154], elle est conservée dans la chapelle du Rosaire et menée en procession chaque année à la chapelle de Notre-Dame de la Fleur.
La chapelle de Notre-Dame du Serret dominant le village. Désaffectée, elle a été vendue commebien national à la Révolution avant d’être rachetée par la commune qui l’a utilisé dans les années 1930 comme hangar pour la batteuse communale. Son existence est attestée auXIIIe siècle comme en témoigne un document ancien qui la mentionne comme « église mutilée »[155],[55]. Elle fait aujourd'hui l'objet de travaux importants de rénovation menés par l'Association de sauvegarde du patrimoine culturel de Thorame-Haute qui en est locataire[156],[55] ;
son mobilier contenait une statue de la Vierge à l’Enfant, enalbâtre, classée monument historique au titre objet[154] et qui a été déplacée à l’église paroissiale ;
aux abords du chef-lieu
leschapelles Saint-Roch et Saint-Joseph, toutes deux situées à l’extérieur du village ;
La gare a donné son nom au lieu-dit : Thorame-Haute-Gare, mais localement on l'épelle aussi fréquemment "la Fleur" car c'est aussi le lieu d’implantation d’une chapelle miraculeuse aux origines médiévales[55] : Notre-Dame de la Fleur.
Chaque année a lieu pourPentecôte uneprocession au départ de l’église paroissiale avec la statue de la Vierge jusqu'à la chapelle, suivie par des cérémonies religieuses[157].
À l’occasion desjournées européennes du patrimoine, des 19 et, sur le thème dupatrimoine duXXe siècle, l’Association pour la sauvegarde du patrimoine culturel de Thorame-Haute a organisé une visite commentée de la chapelle Notre-Dame de la Fleur. L’exposition réalisée à l’occasion du traditionnel pèlerinage de Pentecôte " La nouvelle chapelle et ses trésors", a aussi permis d'y découvrir l’histoire de cet édifice : les vitraux dessinés par l’abbé Juvénal, à l’origine de cette chapelle, et les peintures murales dePhilippe Hosiasson, artiste d’origine juive, né à Odessa en Ukraine, qui s'était durant la Seconde guerre mondiale réfugié dans le Haut-Verdon et a, à la fin des années 1940, réalisé les peintures de la chapelle Notre-Dame de Fleur rebâtie par l’abbé Juvénal Pélissier[158].
Extrait deÀ l'ombre du clocher - Histoire d'un pays entre Var et Verdon (Les Éditions du Cabri) :
« Au quinzième siècle, un paisible laboureur vivait à Thorame, possesseur d'un modeste troupeau qu'il menait lui-même au pâturage. C'était un chrétien aux mœurs patriarcales. Un jour, il se présente devant les magistrats municipaux affirmant l'apparition d'esprits célestes qui ont marqué, à huit kilomètres de Thorame, l'emplacement d'une chapelle à construire en l'honneur de Marie. Il avait conduit son troupeau dans les parages abandonnés qui avaient fixé le choix de la Sainte Vierge, et pendant qu'il priait, une radieuse apparition ouvrant un coin du ciel, à l'endroit même qui avait été précédemment désigné, renouvelant elle-même sa demande d'un sanctuaire.
Une rose cueillie dans le jardin du ciel fut laissée au berger comme un signe authentique de sa vision, ce qui valut à Marie le titre de Notre-Dame de la Fleur. » Cette version diverge selon les auteurs. Il est impossible de dater précisément cet événement supposé et la construction de la chapelle initiale.
Le bâtiment actuel a été construit entre 1927 et 1947 (ou 1936-1947[55]) par l’abbé Juvénal Pélissier, curé de la paroisse de Thorame-Haute de 1925 à 1955 qui l'a reconstruite seul. Elle a été inaugurée par Monseigneur Cosme-Jorcin le[159]. Ses vitraux représentent différentes essences de fleurs de la vallée ainsi que plusieurs églises et chapelles du Haut Verdon et de la Vaïre. Sa toiture a la particularité d'être recouverte de plaques de cuivre.
à Peyresq
L’église Notre-Dame de l'Assomption dont lanef comprend deuxtravées voûtées en berceau brisé[160], est un monument historique inscrit[161]. Sa date de construction est malaisée à évaluer : son style correspond à la seconde moitié duXIIe siècle, mais l’archaïsme propre à la région la ferait plutôt remonter au milieu duXIIIe siècle pour Raymond Collier[160]. Sa façade est ornée d’uncadran solaire[162] avec la légende « vulnerant omnes, ultima necat » (enlatin :elles blessent toutes, la dernière tue)[148]. On trouve aussi à l'extérieur du village la petite chapelle Saint-Barthélémy et l'oratoire Saint-Restitu.
à Ondres
ÉgliseSaint-Laurent, qui est également le saint patron du village ; la paroisse d'Ondres était une succursale de celle de Thorame à partir de la fin duXVIIe siècle[55], l’actuelle église remonte auXIXe siècle seulement, la première datait de 1624[52], et se trouvait à côté du cimetière. On trouve également un oratoire Notre-Dame dans le village.
à La Colle-Saint-Michel
Ancienne église paroissiale sous le vocable de Saint-Michel, probablement duXIXe siècle[55]. Parmi son mobilier, un calice en argent, duXVIIIe siècle[163]. Dans la rue principale se trouve aussi l'oratoire Saint-Michel (dit aussi Sainte-Barbe).
Château de Tracastel (ou Tra Castel), désigné aussi comme Fort Saint-Georges, (aujourd'hui situé sur terrain privé) est donné comme château médiéval parRaymond Collier[164]. Restes du "château Saint-Georges", pour lequel lesbarons de Castellane prête hommage aucomte de Provence en 1126. Il est ruiné depuis 1574[165]. Comme de nombreux villages de la région, Thorame n'est pas épargnée par les guerres de religion (voir Histoire, section Moyen Âge). De nos jours subsistent quelques murs d'enceinte qui donnent une idée de son importance (les ruines s'étendent sur plus de 100 mètres de long). Au sommet des pans de murs renversés laissent à penser qu'il s'y trouvait une tour comme à Thorame-Basse (tour de Piégut).
Pont du Moulin et scierie (ancien moulin) vers 1900Classé MH(1977)
Le relief difficile impose la construction de nombreux ouvrages de franchissement, autant pour le réseau routier que pour le réseau ferroviaire. Les principaux signalés par la bibliographie sont :
lepont du Moulin, (ou ancien pont d’Ondres), est un pont muletier qui desservait le village d’Ondres. Il est construit en dos d’âne sur deux arches, ce qui est exceptionnel pour l’époque de sa construction (1685-1688, bien queRaymond Collier en voit trois[166]). Les arches très inégales ont 17 et 9 m de portée[167], pour une longueur totale de 41 m et une largeur de 2,3 m[168]. Il est classémonument historique[169]. Il est désaffecté en 1881 avec la construction d’une passerelle en bois longue, plus en amont[168] ; après plusieurs années de fermeture pour raison de sécurité, les poutres en bois ont été remplacés par des poutrelles d'acier ;
le pont de la Fleur, sur le Verdon, est cité dans l’ouvrage de Philippe Autran, Guy Barruol, Jacqueline Ursch,D'une rive à l'autre : les ponts de Haute-Provence de l’Antiquité à nos jours ;
petit pont sur le Riou Sec, situé sur un ancien chemin, tout près du pont du Moulin (milieuXIXe siècle)[170] ;
le viaduc ferroviaire de Thorame (dans le prolongement du passage à niveau de la gare) qui enjambe le Verdon d'une longueur totale de 88 m sur 3 arches ;
le pont du Plan de Lys à 2 arches de 20 m et long de 61 m[172] sur le Verdon qui permet au train de pénétrer dans le tunnel ;
letunnel de la Colle-Saint-Michel : long de 3 457 mètres, son tracé définitif a été arrêté en 1898, les travaux commencent en 1900 ;
Marché sur la place du village aux maisons encore recouvertes des toitures traditionnels (vers 1900).
Du point de vue de la couverture traditionnelle des maisons, Thorame-Haute se trouve à la transition entre les zones provençale (tuile romaine) et couverture enbardeau, tout en étant du côté du bardeau[173],[174]. Toutefois, depuis une soixantaine d'années, la tôle occupe une place importante ; latôle ondulée d'acier, ayant tendance à rouiller, est progressivement remplacée par de la tôle plate colorée.
Avant l'arrivée de nouveaux matériaux de couvertures les toitures du village de Thorame étaient couvertes de tuiles de « type écaille », tuiles plates dont la partie inférieure était parfois arrondie, notamment sur les édifices religieux. La toiture de l'église paroissiale était entièrement recouverte de ces tuiles, celles-ci étaient colorées et vernies formant un motif en forme de chevrons. La toiture a été remplacée dans les années 2000 par des tuiles assez ressemblantes. Deux anciennes tuiles récupérées par l'association pour la sauvegarde du patrimoine culturel de Thorame-Haute, présentaient des gravures sur la face inférieure dont l’une avec la date 1770. Aujourd'hui, les toitures en tuiles anciennes ont quasiment disparu (la toiture de N. D. du Serret a été remplacée avec des tuiles anciennes). À l'extérieur du village, des cabanes situées dans les champs présentent plus souvent des couvertures en bardeaux demélèze. Les chapelles Saint-Roch et Saint-Joseph sont également couvertes de bardeaux. Les autres villages de la commune sont aussi couverts en bois, plus présent en altitude (Peyresq, Ondres, La Colle).
Autres éléments d'architecture édilitaire et civile :
Sur une maison de la Grand'rue, se trouve un cadran solaire daté de 1741, portant l'inscriptionpense à toute heure à ton éternelle demeure[175]. Sur la place principale, deuxcadrans solaires similaires, au décor à colonnes, datent de1815 : l'un porte la légende « Mortels, vos plaisirs sans nombre se perdent avec mon ombre»[176] ; l’autre, restauré en 1990, porte la légende « Gnomoni umbra horis croesi horas aequat egeni » (enlatin :l’ombre dugnomon donne des heures égales aux riches et aux pauvres) ; le cadran de la rue du Subret, daté de 1818, est en très mauvais état[177].
Autres :
Place de Thorame-Haute vers 1900.
trois maisons du chef-lieu sont datées d'après leurlinteau d’avant 1650 (dont la maison à la gorgone près de l'église), et trois autres duXVIIIe siècle[178] ;
6 fontaines dont 2 accompagnées d’un lavoir et 1 lavoir seul, au chef-lieu, fontaine lavoir à Ondres, Peyresq et La Colle, abreuvoir à Ondres, La Colle et Peyresq ;
La commune compte de nombreuses associations. Sur Thorame :
l'Association du syndicat libre de Serpeigier : elle relève de la loi du. Elle regroupe lesayants droit indivis descendants de familles thoramiennes depuis sa création en 1793. Elle a pour but d’assurer la surveillance et la réalisation dans les meilleures conditions possibles l’assiette et le martelage des coupes, la vente des produits forestiers et d’employer le produit des coupes à des utilités collectives de la commune. Il s'agit en quelque sorte de "subventions". L’origine de cette organisation est un procès opposant les habitants à leur créancier auXVIIIe siècle.
l'association Patrimoine culturel de Thorame-Haute[181], crée en 1991 parLucienne Roubin, elle contribue à la préservation du patrimoine sous toutes ses formes et documente l'histoire et les monuments locaux[182].
l'Association pour la sauvegarde du Pont du Moulin de Thorame-Haute, crée en 2017 par Marc Jauniaux. Elle a pour but de promouvoir toute activité propre à sauvegarder et entretenir le pont du moulin de Thorame-Haute et ses alentours[183].
La saint-Hubert thoramienne, société de chasse créée en.
Les villages et hameaux :
Les Amis de La Colle-Saint-Michel.
L'Association pour la sauvegarde d'Ondres, son pont et son environnement.
À Peyresq, plusieurs associations relevant du droit belge (association sans but lucratif ASBL) mais reconnues en France, parmi elles :
Juvénal Pellissier (abbé)[186], né à Allos le, curé de Méailles et Peyresq en 1920, puis de Thorame-Haute, Peyresq et La Colle-Saint-Michel de 1925 à 1955, Chapelain de Notre-Dame de la Fleur. Il était très actif et a reconstruit personnellement la chapelle Notre-Dame de la Fleur entre 1936 et 1945 ; c'est le neveu du chanoineJean-Esprit Pellissier, curé d'Allos et historien de cette commune, son frère est également connu comme prêtre.
Raymond de Caluwé (abbé), né à Lokeren (Belgique) le, décédé le, ancien missionnaire, curé de Beauvezer et Thorame-Haute de 1955 à 1977, dernier Chapelain de Notre-Dame de la Fleur. Prêtre d'origine belge à la personnalité atypique, passionné d'électronique, il a participé à l'installation de la télévision pour le village avant l'arrivée du service public.
Pierre François de Pazery de Thorame et ses deux neveux Joseph Thomas et Jules Honoré Cyprien, tous trois prêtres, issus du dernier seigneur du village, sont morts massacrés le à laprison des Carmes deParis durant laRévolution française[187].
Klébert Cortez, maire dans les années 1950-1960, il a contribué à la modernisation du village et à imposer des règles en matière de salubrité publique et d'hygiène.
Artistes :
Melchior Liboà, chanteur originaire du village (mélange de rock et chanson française).
Chroniques du Pays de Thorame-Haute un site une histoire des hommes, Félix Jaume, publié par l’Association syndicale libre de Serpégier,, et déposé aux Archives départementales (121 pages) accompagné deAnnexes Documents et transcriptions (182 pages) ;
Notre-Dame de la Fleur sa légende sa statue ses pèlerinages, Félix Jaume, publié par le Comité de gestion de Notre-Dame de la Fleur (95 pages), également déposé aux Archives départementales.
Voir aussi au sujet d'Ondres :Un village de haute provence Ondres 1734-1789 Tome 1 (1989) La question du pont, (orthographe exacte de la couverture), produit par l'Association pour la sauvegarde du pont d'Ondres Haute vallée du Verdon (65 pages).
Présentation des villages de la commune : histoire, patrimoine, activités, hébergement, restauration... par l'[Association "Patrimoine Culturel de Thorame-Haute" Association "Patrimoine Culturel de Thorame-Haute"]
Le patrimoine architectural et mobilier des communes sur le site officiel duministère français de la Culture (Bases Mérimée, Palissy, Mémoire, ArchiDoc), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (archives photographiques) diffusion RMN, et service régional de l'inventaire général de la direction de la Culture et du Patrimoine de la Région PACA
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